vendredi 24 mai 2019

On peut pas plaire à tout le monde

Récemment, alors que je discutais avec d'autres écrivains du concept de la diversité en littérature ( ça veut dire refléter la réalité dans nos textes et ne pas mettre seulement des personnages blancs, québécois de souche, hétérosexuels, etc.), l'un d'eux m'a lancé : "Le problème, c'est que si on fait ça, y'a des gens qui vont se plaindre qu'on a pas le droit, qu'on les approprie..."

C'est un point... qui mérite, je crois, d'être discuté.

Voyez-vous, dans ce genre de contexte, on tombe dans une situation pour laquelle les anglophones ont une très belle expression : damned if you do, damned if you don't (damné si vous le faites, damné si vous ne le faites pas). Vous ne représentez que des gens qui vous ressemble? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc. Vous représentez des gens qui ne vous ressemble pas et on vous reproche la manière dont vous l'avez faite? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc, en plus d'un appropriateur culturel!

Savez-vous quoi? Tant qu'à moi, vous devriez y aller quand même pour la seconde option! Dans le premier cas, tous ceux qui vous liront pourront vous reprocher, avec raison, votre manque de réalisme et de sensibilité sociologique et culturelle. Tandis que dans le second cas, surtout si vous avez fait des recherches honnêtes (oui, ça implique d'aller parler avec des gens qui ne vous ressemblent pas, même si c'est intimidant), je parie qu'il y aura autant de gens heureux de lire vos efforts que de gens qui vous les reprocheront.

Et pour vous protéger de ceux qui vous feront des reproches, j'ai une petite formule magique à vous apprendre. Trois phrases. Dites sincèrement (mais voilà, faudra être sincère), elles règlent pas mal tous les problèmes. Les voici : "Je suis désolée si je vous ai offensé. Qu'est-ce que j'ai écrit qui vous dérange? Comment est-ce que je pourrais m'améliorer dans un prochain texte?"

Comme écrivain, comme artiste, on ne peut jamais plaire à tout le monde. Mais je pense que ce n'est pas une raison pour fuir devant les situations qui ouvrent à la critique. Sinon, on avancera jamais. Notre société est belle et riche à cause de sa diversité. Il faut apprendre à la mettre en scène dans notre littérature (parce qu'en introduisant les différences dans l'imaginaire collectif, on contribue à leur acceptation). Même si ça implique que ce sera pas parfait du premier coup.

mercredi 22 mai 2019

Transitions

Je crois que je n'en ai pas parlé ici, mais mon chum, après huit ans chez le même employeur, a décidé d'aller changer d'air. Une opportunité en or s'est présentée chez Unity, la compagnie qui développe l'éditeur de jeux vidéos avec lequel il travaillait déjà depuis quelques années pour ses projets personnels!

Bref, mon chéri vient de trouver sa job de rêve! :) Technologies motivantes, projets motivants, salaire motivant (note aux employeurs : ça veut dire élevé!) et on espère que les collègues seront tout aussi motivants.

Seul bémol : il doit recommencer à travailler cinq jours par semaine, ses semaines de travail seront un peu plus longues et, surtout, le bureau est sur l'île de Montréal, ce qui veut dire deux heures de déplacement par jour (en transport en commun, parce qu'en voiture ce serait tout aussi long, peut-être même plus, et plus stressant!). Donc, mon chéri sera désormais parti de la maison beaucoup plus longtemps chaque jour. Il pourra déposer la puce à la garderie le matin, mais je devrai aller la chercher le soir. À pieds. Parce que la voiture sera au terminus incitatif, d'où mon chum sera parti pour Montréal. O.o

Ouf! Les prochains mois s'annoncent longs. Je ne sais pas si la puce sera capable de faire tout le trajet de retour à pieds avec moi à tous les soirs. Or, elle est trop grande pour la poussette désormais et un peu trop malhabile en vélo pour que ce soit une option. Et je préfère ne pas compter sur le bus, aux horaires parfois fantaisistes.

Heureusement, tout va rentrer dans l'ordre quand la puce commencera l'école (en septembre) : un autobus viendra la cueillir le matin et la redéposer le soir. En attendant, faudra s'adapter. Mettons que pour le prochain quatre mois, j'ai l'impression qu'on va vivre une longue (et pas trop pénible, j'espère) transition.

Ne vous étonnez pas si les billets sont irréguliers pour un moment. (Bon déjà que mercredi et vendredi, c'est pu la régularité qu'on avait, je sais, je sais... :p ) J'vais essayer de m'arranger pour que l'écriture, elle, ne souffre pas trop!

vendredi 17 mai 2019

Décoder l'humain

Depuis que je suis maman, je me dis qu'être parent est un exercice extrêmement intéressant pour un écrivain. En effet, ça nous donne mille occasions de décoder l'humain.

Au début, on commence par des exercices faciles : le petit bout d'humain hurle et on doit deviner s'il a faim, chaud, froid, soif, mal quelque part, une couche souillée ou envie d'un câlin.

Puis le petit bout d'humain grandit et commence à maîtriser le langage. Cependant, en cas de situation complexe, il revient à son mode d'expression premier : le hurlement. À nous de comprendre pourquoi. Quelle tension psychologie a amené cette régression? Un ami qui a volé un jouet? Une frustration devant un objet difficile à manipuler? Un sentiment d'abandon devant maman qui lit son livre au lieu de nous regarder? (Pas que ce soit arrivé pour vrai, voyons *tousse*)

Arrive le moment où l'humain en formation hurle rarement. À la place, dans les moments de grand stress psychologique, il frappe, mord, griffe ou insulte. Il faut donc éviter de se faire blesser (par les coups, hein, parce que les insultes d'un enfant de 3-4 ans, ça donne surtout envie de rire), tout en décryptant la situation. Pourquoi mon enfant m'en veut-il soudain? Est-il vraiment fâché contre moi ou est-il tout simplement fatigué? L'ai-je négligé, insulté involontairement ou a-t-il passé une mauvaise journée à la garderie?

Et c'est là que ça devient fascinant. Parce qu'on découvre que, dès 3-4 ans, l'humain, lorsqu'il est malheureux, a tendance à réagir agressivement envers les gens les plus proches de lui, ceux qui l'aiment le plus. Même s'ils n'ont rien à voir dans son malheur.

Oui, d'accord,on nous a déjà expliqué ce mécanisme (en tout cas, je l'avais vu dans mes cours de psychologie au cégep), mais dans une situation réelle, lorsque notre meilleur ami nous criait des bêtises, on avait tendance à l'oublier. On se repliait sur notre blessure, crachait à notre tour quelques insultes et l'appel à l'aide inconscient du meilleur ami passait sous silence.

Sauf que le parent ne peut pas ignorer l'appel à l'aide de son enfant. Pour éviter les coups, il faut ouvrir grand les bras, les refermer autour de la petite boule de furie et, même si on est nous-même fâché, lui murmurer "Je t'aime, je vois que tu vas pas bien, je t'aime, arrête de me frapper, je t'aime, ça va aller, on va s'expliquer..." Au bout d'un moment, ça finit par fonctionner, la furie se calme et on peut ensuite obtenir le fin mot de l'histoire.

Et puis, un jour, un ami adulte nous pète un plomb et au lieu de nous replier sur nous-même, de réagir à l'agression par l'agression, on applique notre réflexe de parent, on ouvre les bras et on dit "Qu'est-ce qui ne va pas? Pourquoi tu réagis comme ça? Je t'aime, moi."

Pis là on obtient une vraie réponse, sur laquelle bâtir une meilleure relation ou qui aidera notre ami à passer à travers un moment difficile. Pis on est bien fiers d'avoir appris à décoder l'humain. On se dit que ça va servir dans un prochain roman...

En fait, on est tellement fiers qu'on écrit un billet de blogue qui avoue, essentiellement, que depuis deux ans on traite nos amis comme des enfants de trois ans... Mais des enfants de trois ans qu'on aime de tout notre coeur! ;)

mercredi 15 mai 2019

Mes madames (2)

Je vous ai déjà parlé de "mes madames", c'est-à-dire le groupe de jeunes retraitées de ma ville à qui je donne des ateliers d'écriture depuis maintenant deux ans (groupe qui comprend désormais un papa en congé de paternité, alors ce n'est plus vraiment un groupe de madames, mais on a décidé que le féminin l'emportait encore! lol!).

Deux ans avec, en moyenne, trois heures d'atelier d'écriture par mois, plus un devoir à faire à la maison... Mine de rien, on en a couvert de la matière avec ce groupe!

Les différents narrateurs, les manières de créer des personnages, les dialogues, les descriptions, le schéma narratif, les figures de style, la science-fiction, le fantastique, la poésie, le conte, le texte historique, la recherche...

Quand je commence à recevoir des courriels qui ressemblent à ça :

Je pensais écrire ma nouvelle avec un narrateur choral qui parlera des personnages au "vous", pour bien impliquer le lecteur dans le récit, qu'est-ce que tu en penses? 

ou à ça :

Je veux couvrir une assez longue période de temps... Penses-tu que je pourrais y aller par fragment, en ordre chronologique, mais avec des ellipses un peu brusque, pour ne pas perdre de temps en transition?

C'est signe que "mes madames" sont rendues plus aguerries que certains écrivains débutants qui fréquentent les ateliers courts ou que je dirige pour Brins d'Éternité!

Comme on l'a dit dans Écrire et publier au Québec, il n'y a pas d'âge pour apprendre à écrire! :) J'en vois la preuve régulièrement avec mes ateliers et c'est génial de penser que j'y ai contribué!

vendredi 10 mai 2019

Exposer sa douleur

J'ai toujours un malaise quand je lis des messages sur Facebook comme "Déjà deux ans que tu es partie, tu me manques tellement grand-maman!"

Je ne doute pas de la sincérité de la peine de la personne qui écrit ça, mais en même temps... ben je trouve que ça montre que, non, la douleur n'est plus si forte, le manque si aigu.

Pourquoi?

Parce que, sept ans après avoir perdu ma mère, quatre ans après avoir perdu ma grand-mère, je ne me verrais pas mettre un tel message sur Facebook. Je sais que je n'arriverais pas à gérer ensuite les commentaires de quasi-inconnus et que les messages maladroits, même d'encouragement, me feraient trop mal. Ici, c'est moins pire, l'audience sera plus limitée, mais sur Facebook...

Je sais que je finirais avec des larmes qui me dévalent les joues sans que je puisse les contenir, pliée en deux comme après un direct au plexus, recroquevillée autour de cris qui ne veulent pas sortir. (Ou qui ne peuvent pas, sous peine de traumatiser à jamais ma puce qui joue à mes côtés!)

Je me sens déjà de même quand je lis les messages de mes cousins qui, eux, ne se privent pas d'écrire à quel point ma mère leur manque. À quel point notre grand-mère est présente dans leurs pensées. Je sais qu'ils s'attendraient à ce que je renchérisse, à ce que j'en rajoute, que j'approuve, que je commente, que je "like"... Mais je peux pas. Parce que ma maman et ma grand-maman méritent plus qu'un clic sur un bouton. Parce que ça ferait trop mal d'essayer de réduire ma douleur de ne plus les avoir près de moi à un commentaire ou un statut sur Facebook.

Parce que la seule qui peut comprendre à quel point je me sens abandonnée, orpheline, depuis que ces deux femmes-là sont parties de ma vie, c'est ma petite soeur. Mais elle, au moins, elle a une grande soeur.

Cela étant dit... Bonne fête des mères à tous! En fin de semaine, si vous le pouvez, faites un câlin à votre maman de ma part. xxx

mardi 7 mai 2019

Extrait de maltraitement de texte

Alors je ne vous ferai pas un récapitulatif du Boréal, parce que j'en serais bien incapable, sauf pour dire que ce fut génial! Je n'ai pas assisté à assez de table-ronde (parce que j'étais occupée à jaser ou à lire des textes pour l'écriture sur place), mais j'ai eu beaucoup de plaisir à animer la mienne et à participer à deux autres. À part ça, j'en suis arrivée au stade où je peux repérer sans peine les nouveaux venus au congrès (parce que ce sont ceux qui ne me sautent pas dessus en criant "Gen!!!!!!" pour me faire la bise) et où me semble que j'ai des sujets de conversation avec tous les anciens, alors je me sens comme un poisson dans l'eau! Ok, ça me donne aussi l'impression de faire partie des meubles et de recevoir un petit coup de vieux, mais c'est pas grave, c'est juste réconfortant d'être parmi "les miens" pendant toute une fin de semaine.

Puisque j'ai touché un mot au sujet des tables-rondes... L'une de celles où je participais était le maltraitement de texte. Le principe de ce panel est que Yves Meynard, notre animateur, envoie à quatre participants, quelques jours avant le congrès, des extraits de très mauvais livres publiés. Il nous demande d'écrire des continuités crédibles à ces extraits. Durant la table-ronde, l'extrait original est lu, ainsi que les continuités proposées par les participants et la continuité originale. Le public doit ensuite deviner quel est le morceau original. Tâche à laquelle il échoue toujours! Cette année, le public a cru que les textes de Francine Pelletier étaient les vrais.

De mon côté, je suis vraiment nulle à ce jeu, finissant année après année bonne dernière. Je crois qu'Yves me réinvite surtout parce qu'il finit par y avoir un moment (très comique) où je suis trop pliée en deux de rire pour continuer à lire l'extrait que je dois présenter.

Cette année, je pensais que j'avais joué un bon tour à un autre participant, car j'ai écrit un texte très loufoque... Malheur à moi : le hasard a voulu que je doive rire de mon propre texte!!! Et oui, je suis le genre de personne qui rit de ses propres jokes! :p (Ça fait toujours au moins une personne!)

Puisque personne n'a donc pu entendre ce texte correctement, je vous le mets ci-dessous. Imaginez-vous essayer de lire ça à haute voix, avec intonations appropriées, devant une salle déjà hilare des textes précédents, alors que vous avez vous-mêmes les larmes au yeux tellement vous riez depuis une heure... Ben c'est ça. J'ai pas pu.

La consigne était d'écrire une texte d'environ 200 mots, où tous les noms de personnages finiraient en -ar, et qui se terminerait avec les mots suivants : "... une sorte de poche métallique tressée. Horrible filet! Un nid? Une gigantesque nacelle grise? Montgolfière insolite! Résille catastrophique!" Ça m'a décidément trop bien inspirée...

* * *
Lorrenar, déboussolé, contempla son environnement. Qu'est-ce que c'était que ce tube à section carrée? Une prison ouverte aux deux bouts? Une ruelle intérieure? Débauche de murs! Alternance de portes! Un couloir, voilà, c'était un couloir.

— Ton implant cérébral s'embrouille encore? lui demanda Michelar.

Il avait deviné, en voyant Lorrenar tâter les murs avec effroi, que les connexions neurales artificielles de ce dernier lui avaient livré des interprétations erronées des stimuli captés par ses sens. Cela lui arrivait de plus en plus souvent, pauvre Lorrenar. Éventuellement, les pannes de lexique seraient permanentes.

— Il faut vraiment que tu te payes cette mise à jour! ajouta Michelar.

— Si on réussit notre coup, c'est la première chose que je ferai, je te le serment solennel, vœux séculier, promets.

— Ça s'arrange pas, ton affaire, Lorrenar.

— Ouvre la porte, Michelar, sinon ça n'ira jamais en s'améliorant, s'amieutant… ah non, s'améliorant c'était bon. Tu sais que c'est pire quand je suis nerveux.

Répondant à l'invitation de son compère voleur, Michelar se pencha sur ses crochets métalliques, ses électro-aimants et ses cadrans numériques, le tout accroché à la porte qu'ils essayaient d'ouvrir, car derrière ils espéraient trouver une cargaison de puces mnémoniques vierges, une denrée rare et précieuse.

— Je l'ai! Arrgggggg!

Une manipulation de Michelar avait provoqué un déclic encourageant, vite suivit par un bruit d'électricité et une odeur de cochon brûlé. Michelar cria et s'écroula, tandis que la porte s'ouvrait. Lorrenar, paniqué, se retrouva face au contenu de la pièce, une sorte de poche métallique tressée. Horrible filet! Un nid? Une gigantesque nacelle grise? Montgolfière insolite! Résille catastrophique!

vendredi 3 mai 2019

Tranche de vie (38)

Je suis debout devant un miroir, en train d'inspecter les résultats de mon shampooing colorant fait la veille. Ma puce se plante à côté de moi.

Elle - Qu'est-ce que tu fais maman?

Moi - Je regarde si ma teinture a bien caché mes cheveux gris.

Elle, du haut de ses quatre ans - Pourquoi?

Moi - Parce que j'en ai beaucoup, mais ils sont pas très bien placés, alors c'est pas joli, donc je les cache. Quand j'en aurai plus, un peu partout, je les cacherai plus. J'aurai des belles mèches argentées!

Elle - Ah oui, ça va être beau. J'ai hâte que tu fasses ça!

Puis elle s'étire... et met sa main sur mon épaule.

Elle - Maman! Regarde, je suis tellement grande, je touche ton épaule!

Moi, qui n'en revient pas parce que je devais bien avoir six ans, si c'est pas sept, quand j'ai réussi à faire ça avec ma mère - Wow! C'est vrai!

D'accord, j'suis petite, mais tout de même! Elle ne peut pas pousser aussi vite!?!

Elle, jouant avec une de mes couettes  - Ça va être quand que tu vas avoir des cheveux en argent?

Moi, marmonnant entre mes dents - Si tu continues à grandir de même, ça risque d'être bientôt!

Elle - Quoi?

J'lui ai fait un câlin. C'était plus simple. ;)

mercredi 1 mai 2019

Boréal 2019!

C'est le congrès Boréal en fin de semaine!

Ce sera un petit congrès relativement tranquille pour moi cette année. (Surtout si on compare avec l'an dernier, où je prenais part à l'organisation!!!).

Je participerai au maltraitement de texte (une activité hilarante où des participants doivent, à partir d'un extrait d'un mauvais livre, tenter d'écrire la suite la plus crédible possible, tandis que le public vote pour les suites proposées et essaie d'identifier la vraie).

J'animerai une table-ronde (sur la représentativité).

Je participerai à une autre table (sur la situation actuel de l'écriture et de la publication au Québec).

Et je serai juge pour le concours d'écriture sur place.

Je suis contente, parce que toute la programmation a l'air passionnante, alors j'aurais détesté ne pas pouvoir y assister!

Cela dit, les conversations de couloir (et autour des repas) restent toujours mes moments favoris des congrès! :)

Au plaisir de vous y voir! (Et de jaser! ;)

vendredi 26 avril 2019

Et c'est terminé (bis!)

Ouf!

C'est fait!

Pour la seconde fois, voilà que j'ai mis le point final à mon roman policier. En d'autres mots : la réécriture est terminée!

*insérer ici une danse de la joie, mais courte, parce que l'auteure est fatiguée*

Dire que j'avais entamé cette réécriture en la croyant superficielle... Je transformais un indice en un autre et ça finissait là...

Sauf que ça s'est révélé exhaustif comme exercice. J'ai rajouté des scènes (10 000 mots de plus), réécrit à peu près toutes les phrases, reficelé des éléments par-ci, par-là, rajouté des personnages, bougé des dialogues de place...

Le boulot est pas encore fini (je dois imprimer tout ça, traquer les coquilles, les répétitions, les bouts mal recousus), mais y'a quand même un gros poids qui vient de s'enlever de mes épaules. J'ai poussé le projet aussi loin que je le pouvais en travaillant seule (et avec mes premiers lecteurs). Mon indice infaillible pour le savoir : la seule pensée de le modifier à nouveau me donne des nausées! Advienne que pourra, ce sera donc cette version que je présenterai à des éditeurs.

J'vais pas vous cacher que ça me terrifie. Est-ce qu'il trouvera preneur? Ai-je fait tout ça pour rien? Je ressens également un grand vide. Après quatre mois à travailler intensément sur ce roman-là, je vais faire quoi maintenant?

Je suppose que je vais m'attaquer au second roman, mon truc réaliste, qui traîne et qui a besoin d'une réécriture... Vais-je le transformer en récit de genre? J'y réfléchis encore...

Ce qui veut dire que je rédigerai sans doute quelques nouvelles pendant que je cogite! ;)

mercredi 24 avril 2019

Derniers milles

Le roman policier est sur ses derniers milles.

Si tout va bien, je vais finir cette semaine.

Je suis plongée dans "la zone" comme ça ne m'était pas arrivée depuis longtemps : au diable l'entraînement, j'oublie de manger, mes cafés refroidissent (quand je pense à m'en faire) et les tâches ménagères se feront plus tard!

J'ai l'impression que ma tête va éclater, que j'ai du mal à y faire entrer tous les petits morceaux d'intrigue qu'il me reste à placer. Ça tourne en boucle, en permanence.

Un roman policier, ça culmine. Et la culmination est d'autant plus délicate lors de la réécriture, quand on a déplacé des petits bouts ici et là pour les replacer ailleurs. Je connaissais la réécriture importante de type "démolition au marteau piqueur", celle délicatement chirurgicale de type "broderie" ou "tricotage"... Cette fois-ci, je fais de la courte-pointe!

J'aimerais croire qu'une fois que je vais avoir fini cette révision, j'aurai une version pas mal finale.

Mais je vais être réaliste : ça va prendre une bonne relecture, à tête reposée, pour m'assurer que j'ai tout bien replacé, que les coutures tiendront sans être trop apparentes... Il y aura sans doute aussi pas mal de coquilles à corriger, car j'ai presque tout réécrit au cours de la révision. Entre le début de la rédaction et la fin, il s'était écoulé six ans, soit au moins deux éternités stylistiques! Je suis pas mal contente du résultat, même si ce sera jamais parfait...

Assez parlé, je m'y replonge!

À bientôt!

lundi 22 avril 2019

Finalistes

Les finalistes des prix Boréal 2019 sont connus!

(La liste complète est ici)

Cette année, j'ai la chance de me retrouver en finale pour deux nouvelles, mais également pour mes critiques (je dois avoir été trop gentille! lol!) et pour le blogue (vous voulez vraiment que je mette le design à jour, hein? hihihihi!).

En plus, Brins d'éternité, la revue dans laquelle j'ai le plaisir de m'impliquer depuis des années (comme critique et directrice littéraire ces derniers temps) apparaît non seulement comme "meilleur ouvrage connexe", mais trois des cinq nouvelles finalistes ont paru dans ses pages!

Pour faire mieux connaître les textes primés (et permettre un vote éclairé à ceux qui ne les auraient pas lus), la revue a décidé de les rendre disponibles gratuitement jusqu'à la date du congrès (le 5 mai).

Pour les télécharger, vous pouvez donc passer par le site de la revue ou directement par ici. (Vous en faites pas : le fichier est sécuritaire.)

Bonne lecture!

vendredi 19 avril 2019

Printemps!

Le printemps est arrivé!

Juste à temps pour la longue fin de semaine de Pâques!

Si ma grand-maman était encore de ce monde, elle me dirait sans doute que c'est normal qu'on ait eu un hiver tardif : Pâques était tardif lui aussi cette année. (Elle croyait que le calendrier lunaire était plus précis que le solaire pour prédire les saisons... Faudrait faire une étude statistique de la question.)

Cette année, mon chum a décidé de s'accorder une fin de semaine de 4 jours, alors on va pouvoir se détendre faire des promenades manger du chocolat en famille!

Et se préparer à quelques changements qui s'annoncent.

Reposez-vous bien! Joyeuses Pâques!

mercredi 17 avril 2019

Question existentielle (1)

Question existentielle de fille qui prend vraiment souvent des autobus voyageurs :

Pourquoi, alors qu'il reste de la place ailleurs dans le bus, les bancs de chaque côté de la porte des toilettes sont-ils toujours entièrement occupés?

O.o

vendredi 12 avril 2019

La Maison qui rend fou rencontre le Jour de la marmotte

Avant-hier, mon chum a reçu un "nouvel avis de cotisation" de l'agence du revenu du Canada. On lui réclamait de l'argent (200$) sous prétexte que j'avais, en 2017, gagné plus que ce que je prétendais. La joke : le "montant pour revenu net de conjoint" qui m'était attribué ne faisait aucun sens. J'avais beau m'enlever des déductions, doubler des montants ici ou là (parce que l'ARC a tendance à vouloir compter en double nos revenus de droits d'auteur), j'arrivais jamais au même chiffre qu'eux.

Alors on a pris notre courage à deux mains et on a appelé. Après 20 minutes à attendre en ligne, un agent a confirmé à mon chum que mon revenu avait bel et bien été recalculé. J'ai donc demandé à lui parler pour savoir comment (n'ayant pas encore reçu le papier avec le détail des changements, mais voulant battre le fer pendant qu'on avait la ligne!). L'agent a commencé à m'expliquer, m'a mise en attente pour aller vérifier un détail et... la ligne a été coupée.

Bon, recomposition, re-attente, 30 minutes cette fois, et l'agent qui décroche voit la note au dossier et me dit que je dois parler à un agent de niveau 2. Il me transfère. Re-re-attente.

L'agent qui décroche a un fort accent et semble plus ou moins à l'aise en français et en me reposant des questions de confidentialité, il me balance un chiffre qui n'a aucun rapport. Je le répète, en me demandant d'où il le sort. Il me dit que c'est moi qui viens de lui dire. Euh... non! À partir de là, la conversation dérape, le gars ne m'écoute pas, parle par-dessus moi, m'interrompt, répond à côté de mes questions... Je fouille dans mes papiers, j'essaie de lui expliquer qu'ils ont encore compté mes feuillets T5 comme des revenus de placement alors que ça en est pas... Comble de malheur, je regarde un Relevé 3 et non un T5 en lui parlant, alors quand je lui dis, vous voyez bien, la case H est indiquée, il me répond que je lui dis des choses qui ne sont pas dans mon dossier, que j'échoue l'épreuve de confidentialité et il met fin à l'appel. O.o

Une vrai Maison qui rend fou!!!

Après avoir poussé un hurlement ou deux pour faire sortir le trop plein, je rappelle. Re-re-re-attente de 30 minutes. Re-agent qui décroche et escalade mon appel à un agent de niveau 2. Voilà, c'est le Jour de la marmotte! Re-re-alouette-attente. En espérant ne pas retomber sur le même gars!

Mais non, cette fois, l'agente a un accent français, porte le prénom de Céleste et, miracle! ça lui va bien, car c'est un ange. En 5 minutes, les formalités de confirmation d'identité sont expédiées, on a trouvé où est le problème (ils m'ont effectivement ajouté des revenus de placement, alors que les montants des T5 qui les dérangent ont été comptés dans mon revenu de travailleuse autonome, puisque ce sont des droits d'auteur) et on a même trouvé d'où venait le montant pas rapport dans l'avis de cotisation de mon chum. Il s'agit, tenez-vous bien, du montant de base pour époux ou conjoint de fait à charge (c'est-à-dire pour le conjoint écrivain qui a gagné à peu près juste assez d'argent pour payer les frais de garderie en 2017!) MOINS mon "nouveau" revenu net, tel qu'ils l'ont calculé en me considérant deux fois mes droits d'auteur. O.o

Heureusement, Céleste a vérifié et m'a donné raison (je m'en doutais, il est arrivé la même chose avec ma déclaration de 2013). Je n'ai donc plus qu'à leur écrire une jolie lettre qui met le tout noir sur blanc, qui leur demande de remettre mon revenu dans son état initial et d'arrêter d'essayer de quêter 200$ de plus à mon chum.

Pfffffff! Faire mes impôts, je trouve jamais ça trop pénible, mais chaque fois que je dois effectuer un parcours du combattant du genre, pour finalement me rendre compte que je connais les règles mieux que les personnes qui révisent ma réclamation et me réclament de l'argent pour de prétendues erreurs, ça, ça me rend folle! O.o

Je me demande combien de gens paient juste pour pas se donner le trouble de s'obstiner avec eux?

Et vous, ça va?

mercredi 10 avril 2019

Salon du livre de Québec

Comme je publie dans le prochain Solaris et qu'on m'a invitée au lancement de la revue, je vais faire un passage éclair au salon du livre de Québec en fin de semaine. J'y serai seulement le samedi, aux heures et kiosques suivants : 
14h à 16h - Du Phoenix
17h à 18h - Six Brumes
18h à 20h - Alire (pour Solaris)

Hésitez pas à passer me dire bonjour!


(Pis je vais essayer de ne pas me perdre entre le terminus de bus et le centre des congrès cette fois-ci! O.o Déjà, j'ai noté la bonne adresse, ça devrait aider!!! ... Quoi? Je ne vous avais pas parlé de la fois où j'avais noté l'adresse des bureaux administratifs du salon, dans le Vieux Québec, et où j'ai dû m'arrêter dans une officine touristique pour qu'on me remette sur le bon chemin? Ah ben, euh... maintenant vous savez! lol!)


vendredi 5 avril 2019

C'est le temps d'appuyer Copibec

Pendant le salon du livre de Trois-Rivières, des représentants de Copibec m'ont remis (ainsi qu'à mes deux co-auteurs de Écrire et publier au Québec) un document d'information et une invitation à diffuser cette information sur mon blogue. Tiens donc, ça concernait une question de droit. Je sais pas pourquoi quelqu'un a pensé à moi pour faire un peu de vulgarisation juridique... *sifflement innocent*

Plus sérieusement, je sais pas si vous vous souvenez, mais, en 2012, le gouvernement fédéral conservateur a "modernisé" la Loi sur le droit d'auteur. Entre autres modifications, il a élargi la notion de "l'utilisation équitable" (et donc gratuite) d'une oeuvre.

C'est quoi cette histoire-là?

L'utilisation équitable, c'est un concept un peu flou, mal défini dans la loi. À l'origine (avant 2012), cette utilisation équitable d'une oeuvre protégée par les droits d'auteurs était réservée aux fins d'études, de recherches, de compte-rendu et de communication des nouvelles, tant que cet usage ne permettait pas un gain d'argent. Autrement dit, on permettrait aux chercheurs, étudiants, critiques artistiques et journalistes de copier, sans frais et sans que ça viole le droit d'auteur, des extraits d'oeuvres et d'en insérer des citations dans leurs travaux et articles, à condition d'indiquer la source originale (et à condition que la présence de la citation ne soit pas un argument de vente).

Jusque là, c'était logique. Personne ne veut empêcher un étudiant de photocopier un chapitre d'un ouvrage de référence (de toute manière, la bibliothèque verse probablement un montant à Copibec pour avoir le droit d'avoir un photocopieur sur place), de l'emporter chez lui pour le lire et de le citer dans son travail de recherche. De la même manière, on est bien contents quand un journaliste cite un paragraphe du roman à la fin de son article sur un écrivain.

Dans les situations qui n'étaient pas couvertes par la notion d'utilisation équitable, notamment le secteur de l'éducation (où les profs reproduisent des articles ou des chapitres de livre dans leurs recueils de textes ou leur matériel pédagogique), on pouvait demander à Copibec une "licence d'utilisation" générale (qui permettait, en échange de frais annuels, de copier jusqu'à 10% des ouvrages de référence ou des articles entiers ou des chapitres entiers) ou alors une "autorisation particulière" (si on voulait reproduire plus largement une oeuvre précise, par exemple 3 chapitres d'un livre qui n'en compte que 4).

Cependant, en 2012, le concept d'utilisation équitable a été élargi. Il est maintenant permis de reproduire des extraits d'oeuvre à des fins de parodie, de satire... ou d'éducation. C'est surtout cette dernière exception qui intéresse les écrivains.

On peut imaginer que le gouvernement voulait éviter au prof qui présente à ses élèves une image ou un poème trouvé vite-vite la veille sur Internet de se faire taper sur les doigts parce qu'il n'a pas respecté les droits d'auteur. Malheureusement, les institutions d'enseignement n'ont pas compris les choses de la même façon.

Plusieurs ont décidé que ce qui était auparavant couvert par les licences d'utilisation générales de Copibec était désormais gratuit.

Et c'est là que les écrivains se sont mis à souffrir.

Au Québec, on a été relativement épargnés. Copibec a perdu 50% des licences payées par les universités (vous vous souvenez peut-être des poursuites intentées contre l'Université Laval?) et 20% de celles payées par les cégeps. Dans le reste du Canada, les redevances perçues par Access Copyright (la version anglophone de Copibec) ont chuté de 80%.

Le pire dans tout ça? À ce qu'on me dit, les redevances payées à Copibec (et donc aux auteurs et éditeurs) sous forme de licences générales ou d'autorisations particulières ne représentaient même pas 1% des budgets de fonctionnement des institutions d'enseignement. Ce n'est donc pas une économie importante... mais c'est une économie qui pourrait faire très mal à la longue, parce qu'en appauvrissant (encore) les créateurs, on court le risque qu'ils produisent moins de bon matériel pédagogique dans le futur!

C'est bien beau tout ça et vous êtes convaincus que ça n'a pas de bon sens, mais vous vous demandez ce que vous pouvez y faire? Après tout, la loi est déjà en vigueur...

Eh bien, justement, la loi va être réexaminée cette année afin de mesurer ses impacts sur les créateurs. Ce serait donc le moment de se faire entendre et de demander que l'exception pour l'éducation soit clarifiée et que les institutions d'enseignement recommencent à payer des licences pour utiliser nos oeuvres.

Ça vous intéresse? Signez là!

mercredi 3 avril 2019

Mises en nomination pour les prix Aurora-Boréal

Eh bien, mine de rien, le congrès Boréal (rendez-vous annuel des amateurs de fantastique, fantasy, horreur et science-fiction) est dans moins d'un mois.

Pendant que l'équipe court partout pour préparer les derniers détails (oh que je ne les envie pas!) de cette édition historique (parce que c'est le 40e anniversaire et parce que le congrès se tiendra pour la première fois à Sherbrooke), c'est le moment de leur donner un coup de main en votant pour les mises en nomination des prix Aurora-Boréal.

La liste des titres éligibles est ici.

Et le bulletin pour voter est là.

Si jamais vous ne savez pas quoi mettre dans une catégorie, pas de problème : laissez-la vide. Ou alors dépêchez-vous de mettre la main sur les ouvrages dont les titres vous intriguent le plus : vous avez jusqu'au 12 avril pour voter.

Comme souvent, je suis éligible dans la catégorie des nouvelles (avec trois textes, ce qui est toujours un peu problématique, puisque les appuis que je pourrais avoir seront divisés... personnellement, je crois que mon préféré cette année est L'épée et le templier... je dis ça, hein, je dis rien! :) ainsi que dans la catégorie des ouvrages connexes (mais je ne crois pas qu'un critique ait déjà gagné! lol!) et de la fanédition (pour ce blogue, si vous l'avez trouvé utile cette année... tenez, je promets que si je gagne, je reverrai, enfin, le design! lol!).

Alors, on se voit à Sherbrooke pour le congrès? (Si vous n'êtes pas encore inscrits, c'est par ici!)

(Non, il n'y avait pas une vente de parenthèses dans mon quartier (je ne vois pas ce qui vous fait penser ça (mais j'avoue que j'ai un peu abusé))). :p

vendredi 29 mars 2019

Livres de la Terre Fracturée / The Broken Earth de N.K. Jemisin

J'ai entendu parler de la trilogie de science-fiction The Broken Earth/ Les Livres de la Terre Fracturée de N.K. Jemisin lorsque le premier tome a gagné le prix Hugo.

Je l'ai mise sur ma (très très longue) liste de livres à lire.

Puis le deuxième tome a gagné le prix Hugo de l'année suivante.

Et le troisième tome l'année d'après.

C'était du jamais vu!

J'ai posé des questions autour de moi. On m'a dit que c'était pleinement mérité. On m'a dit que c'était bon, mais ptêt pas si bon que ça, que le jury du Hugo avait des œillères parce l'auteure était une femme noire et que ce qu'elle écrivait était dans l'air du temps. On m'a dit que c'était pas vraiment de la science-fiction. On m'a dit que c'était clairement de l'afro-futurisme (courant de la science-fiction porté par des auteurs d'origine africaine). On m'a dit que c'était pas vraiment de l'afro-futurisme, puisque l'auteure a grandi aux États-Unis et vit à Brooklyn. On m'a dit que l'écriture était magnifique. On m'a dit, comme si c'était un défaut, que l'écriture était déroutante.

Convaincue par les étoiles que je voyais dans ceux qui louangeaient l'oeuvre, j'ai pris un pari. J'ai demandé la trilogie comme cadeau de Noël.

Et elle est restée sur ma table de chevet, submergée sous les services de presse à critiquer et les livres de référence à lire pour mes projets d'écriture en cours ou mes ateliers.

Au début du mois, j'ai finalement terminé mes recherches pour mes projets en cours. Puis j'ai oublié le service de presse que je lisais (le seul que j'avais encore à critiquer) à une fête d'amis de ma fille (heureusement, on me l'a rapporté depuis). Bref, pour la première fois depuis longtemps, je n'avais rien d'urgent à lire.

Alors je me suis aventurée dans cette Broken Earth...

Cliquez ici pour acheter
Wow! J'y suis encore. J'ai avalé les deux premiers tomes avec avidité et j'attends avec impatience de finir de rédiger ce billet pour replonger dans le troisième. Je suis éblouie par l'écriture, par la technique, par l'univers créé, par la force de cette société orientée vers la survie, par le vocabulaire utilisé, juste assez décalé pour nous dépayser, mais sans utiliser de vrais néologismes ou alors si peu... Je suis émerveillée par cette manière de parler de survie, de racisme, d'esclavage et de changements climatiques sans avoir l'air d'y toucher. Tout est tellement imbriqué, interrelié que je n'ose pas aborder un seul élément, de peur de déflorer l'intrigue, de vous voler le plaisir de vous y plonger, d'être dépaysé, puis de saisir le fil, peu à peu, tout doucement... De voir le monde s'éteindre sous vos yeux, pour la dernière fois...

Ce n'est pas pour rien que ça a gagné trois prix Hugo!

mercredi 27 mars 2019

Trois-Rivières et jeu vidéo

Ma chère Isa ayant accepté de donner un lift à la piétonne que je suis, je vais être à Trois-Rivières en fin de semaine pour le salon du livre. Je n'ai pas de nouveauté (j'attends toujours après mon album jeunesse), mais ça va me permettre de reprendre le rythme, avant la sortie de la réédition du Chasseur, prévue pour plus tard cette année.

Mes heures seront les suivantes :

Samedi
12h à 14h - Éditions du Phoenix
14h à 18h - Éditions des Six Brumes

Dimanche
10h à 12h - Éditions des Six Brumes
12h à 13h - Éditions du Phoenix

Passez me faire un petit coucou!

D'ici là, si vous avez quelques minutes de libre et que ça vous tente de découvrir ce que deux programmeurs senior, qui trippent à fond sur les jeux vidéos, sont capables de concocter en 48 heures de travail intensif, je vous invite à essayer Homonculus, soit le résultat du gamejam que mon chum et un ami ont gagné récemment!

https://paxnarok.itch.io/homonculus
Un gamejam, si vous êtes curieux, c'est comme un concours d'écriture sur place, mais pour des programmeurs : ils ont un temps fixe, un thème et une contrainte à respecter et doivent créer un jeu à partir de tout ça. Ils peuvent utiliser des outils gratuits, mais rien de payant ou de déjà fait. Dans ce cas-ci, ils avaient 48 heures, le thème était "atmosphérique" et la contrainte "souris seulement".

Le résultat est vraiment impressionnant. Et comme ça se joue dans votre navigateur, avec la souris, c'est pas trop difficile, même pour les handicapés de la manette comme moi! lol!

jeudi 21 mars 2019

Bonjour, je suis écrivaine

Pour les nouveaux venus sur ce blogue... 

Bonjour, je m'appelle Geneviève Blouin et même si plein de gens viennent de me découvrir via un billet de blogue, je suis avant tout une écrivaine (j'ai gagné, entre autres, un prix Aurora-Boréal et le Prix Canada-Japon 2016 pour mes romans et mes nouvelles). C'est comme ça que je gagne ma vie maintenant. Côté formation, j'ai une maîtrise en histoire et une ceinture noire en taekwondo (d'où le poing dans le titre du blogue).

Et oui, je vis de ma plume (ou, enfin, la plume suffit à mes besoins, car mes boulots alimentaires de jadis m'ont permis de rembourser mon hypothèque), même si la majorité des gens qui ont lu mon billet n'avaient jamais entendu parler de moi avant.

Vous trouvez que j'ai fait oeuvre utile avec mon billet? Vous aimez ma manière de rechercher mon sujet avant d'écrire? Ou alors vous aimez ma façon de rédiger et de penser? Ou voulez m'encourager, découvrir ce que je fais, peut-être me rapporter un dollar ou deux? La liste de mes publications est. Y'en a pas mal pour tous les goûts! Pour des échantillons pré-achat, j'ai des textes disponibles en ligne, en mode expérimentation littéraire, fantastique, chanson de geste et fantasy-pratchettienne.

Bonne lecture! Et vous reviendrez me voir, j'suis pas sorteuse. ;)

Pour les habitués... 

Désolée, chers lecteurs. J'ai laissé le billet précédent en ligne plus longtemps qu'à mon habitude, parce qu'il circulait beaucoup... et, je dois vous avouer, parce que j'étais prise dans le tourbillon des messages Facebook, courriels, commentaires, discussions Messenger et autres qu'il a généré. (Ouais, c'est pas cette semaine que mon roman policier aura avancé!) Et aussi parce que je ne savais pas trop comment poursuivre. Mes billets sont en moyenne vus 30 ou 50 fois si je ne les partage pas, 200 fois si je les partage sur Facebook, tandis que "Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019" est rendu à 2500 vues et ça monte toujours.

Alors j'ai décidé de me présenter, au cas où ça intéresserait certains de ces nouveaux lecteurs.

À vous, je vais confier que je trouve la situation salement ironique. Mes études en histoire m'ont formée aux méthodes de recherche. J'ai pas trouvé de boulot comme historienne, alors je suis devenue secrétaire juridique. Là, j'ai utilisé mes capacités de recherche pour soutenir mes avocats et j'ai appris à lire le jargon légal. À temps perdu, j'ai commencé à publier. Éventuellement, j'ai pu larguer le boulot de secrétaire et je suis devenue écrivaine à temps plein. J'ai gardé le blogue pour m'amuser et jaser d'écriture, à temps perdu. Et dans ma carrière d'écrivaine, l'un de mes textes qui aura eu le plus de visibilité (sinon le plus, car il se rapproche du total des ventes de Hanaken), c'est un billet de blogue en forme de recherche juridico-historique que j'ai faite rapidement, pour me rassurer moi-même dans ma démarche créative. O_o

Oh well! :p Je vais prendre ça avec philosophie. On est la somme de nos expériences, hein? :p

mardi 19 mars 2019

Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019

Alors, pour résumer, un écrivain québécois et son éditeur sont présentement mis en accusation pour production et distribution de pornographie juvénile. (Je ne mets pas les noms ici, parce que je veux éviter les armées de troll des deux camps, mais googlez si vous savez pas de qui je parle.) Ce à quoi la plupart des écrivains réagissent avec étonnement:  "Quoi? Un écrivain de fiction peut être arrêté à cause de ses mots?!?" Tandis que d'autres s'indignent : "C'est ça, hein, on est rendus là, on peut pu rien écrire asteure!" Et quelques-uns s'inquiètent : "Ce sera qui le prochain? J'ai tué trois personnes dans mon dernier roman, est-ce qu'on va m'accuser de meurtre?"

N'étant pas épargnée par ces inquiétudes (même si je suis moins surprise que beaucoup par la tournure des événements), j'ai décidé de puiser dans mon double passé d'historienne et de secrétaire juridique et de me livrer à quelques recherches pour essayer de faire le tour de la question. Ce qui m'intéressait : qu'est-ce qu'on ne peut vraiment pas écrire en 2019? J'ai structuré le billet autour des arguments que j'entends le plus souvent ces jours-ci (et auxquels j'ai répondu à la pièce sur Facebook et ailleurs). Prière de lire en entier avant de commenter, histoire de ne pas les répéter.

Note d'usage : je ne suis pas avocate. Ceci ne représente pas un avis juridique. Juste un résumé, au meilleur de mes capacités de lecture et de raisonnement. 

Cette histoire est une attaque à notre liberté créative!

Désolée. J'ai cherché, mais légalement parlant, la liberté de création, ça n'a pas l'air d'exister au Canada. C'est plutôt un sous-produit de la liberté d'expression (garantie par l'Article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés).

C'est de la censure!

Oui, au sens où on veut interdire la diffusion de quelque chose... et non, car ce n'est pas une décision arbitraire, mais juridique, basée sur une loi bien définie.

En fait, il n'y a plus d'organisme de censure au Canada, ni au Québec (depuis les années 50 environ). Plus personne ne surveille tout ce qui se publie (alors que ça s'est fait jadis). Pour les films, on les surveille, mais seulement pour les classer par catégorie, pas pour les interdire. Dans tous les cas, le pouvoir de faire appliquer les limites légales à la liberté d'expression revient à l'appareil judiciaire, qui n'ouvre une enquête que lorsqu'il y a des plaintes et si la plainte est fondée en droit. (C'est-à-dire qu'il y a une loi pour soutenir la plainte.) En théorie, ça veut dire que vous pourriez écrire quelque chose qui brise des lois, mais si personne ne se plaint, vous ne serez jamais inquiété.

C'est une attaque à notre liberté d'expression d'abord!

Pas vraiment. Comme j'ai dit plus haut, il y a des limites légales, la liberté d'expression n'est pas absolue. Elle est limitée par d'autres droits, dont celui à la vie privée, à l'image, à la réputation ou à la sécurité. 

Quand on écrit de la fiction, on devrait pouvoir faire ce qu'on veut!

Et on le peut... presque. (On est le 18e pays le mieux classé au monde au sujet de la liberté de la presse et les écrivains sont toujours plus libres que les journalistes.)

Franchement, faut faire pas mal exprès pour enfreindre le droit à la vie privée, à la réputation ou à la sécurité des gens dans nos romans! Faudrait utiliser les vrais noms des gens, leurs vraies descriptions, raconter des vrais faits à leur sujet, puis les mêler avec des fausses histoires destinées à leur nuire (ça serait une atteinte à la réputation) ou alors donner leur adresse (atteinte à la vie privée) ou raconter dans le détail comment on les tuerait (ils pourraient craindre pour leur sécurité). Pis faudrait aussi omettre l'avertissement d'usage au début du livre qui dit "Tous les personnages représentés ici sont fictifs ou utilisés fictivement..."

Cependant, il y a deux manières d'enfreindre le droit à la sécurité qui sont bien connues et sanctionnées par le Code criminel : l'appel à la haine (envers un groupe de personnes) et l'obscénité (ce qui recouvre la pornographie juvénile).

Encore une fois, tant qu'à moi, pour être accusé d'avoir appelé à la haine dans un texte de fiction, faut pas mal le chercher. Il ne suffit pas de mettre les mots dans la bouche d'un personnage à quelques occasions. Il faudrait, à ce que je comprends, avoir l'air d'accord avec ce personnage et interpeller le lecteur afin qu'il agisse en conséquence.

L'obscénité, ça c'est large et subjectif! Ça ne devrait pas s'appliquer à l'art. Surtout aux trucs d'horreur. Rémy Couture a été accusé de ça et acquitté

En effet, l'obscénité, c'est large et subjectif. C'est pour ça que des modifications relativement récentes au Code criminel (je crois que ça date justement d'après l'affaire Rémy Couture) pointent vers l'idée que, dans le cas de l'obscénité, il faut prouver qu'il y a eu dommage au bien du public pour porter des accusations.

Donc si c'est de l'art, de la fiction, et que personne n'est blessé, c'est ok?

À ce que je comprends, oui.

Bon, ben alors cette accusation de pornographie juvénile, c'est n'importe quoi! Aucun enfant n'a été molesté pour faire le roman.

Malheureusement, l'argument "c'est de la fiction" n'est pas valable quand on parle de la pornographie (juvénile ou pas). Parce que la pornographie, par essence, est du domaine du fantasme, c'est fictif, c'est arrangé. (Désolée de péter la bulle de certains ici, mais même dans un film porno où vous voyez tout en gros plan, ça reste de la fiction, parce que y'a ben des chances que l'actrice soit pas vraiment en train de jouir. Et on parlera pas de la probabilité, pour qui que ce soit, de répondre à la porte en petite tenue...)

En d'autres mots, meurtre signifie "tuer quelqu'un". Le meurtre fictif ne tue personne alors ce n'est plus un meurtre et donc ce n'est pas un crime. Pornographique signifie "apte à provoquer une excitation sexuelle". Alors fictive ou pas, si ça reste potentiellement excitant pour ceux dont c'est les goûts, c'est de la porno. La pornographie normale, on l'a légalisée, alors ce n'est plus un problème. Mais la pornographie juvénile demeure interdite. Sous toutes ses formes, même à l'écrit, c'est spécifié dans le Code criminel.

Mais les passages en cause ne m'excitent pas, ils m'écoeurent. 

À moins que vous soyez pédophile, j'ai l'impression que cet argument n'est pas vraiment recevable. La pornographie lesbiennes ne m'excite pas, mais ça veut juste dire que je ne suis pas lesbienne! (Imaginez, si on acceptait cette défense-là, un photographe non-pédophile pourrait créer des images de porno juvénile et les vendre, sous prétexte que lui, ça l'excite pas. On prend en compte l'intention de la personne, mais aussi le contenu et son impact potentiel sur d'autres personnes.)

(MISE À JOUR 5) Mais le photographe ou le réalisateur de film utiliserait des vrais enfants.

Pas nécessairement, de nos jours. Avec ce qu'on arrive à faire en animation 3D, on pourrait faire des scènes de porno juvénile 100% de synthèse et extrêmement réalistes. Et, à ce que je comprends, même en étant 100% artificielles et fictives, ces images resteraient illégales.

Pourquoi on n'a pas légalisé la pornographie juvénile fictive si elle ne fait de mal à personne?

Parce que le système judiciaire considère qu'en laissant de la pornographie juvénile (même fictive) circuler, il y a un risque d'alimenter les fantasmes des pédophiles, de leur donner une légitimité sociale. (On a vu avec les tueries en Nouvelle-Zélande que lorsque les gens ne se sentent plus seuls dans leurs opinions déviantes, ça augmente les chances qu'ils passent aux actes). En plus, cela risque de compliquer le travail des policiers, qui devront essayer de démêler faits et fictions. Donc toute porno juvénile est considérée comme un danger pour la sécurité des enfants et du bien public.

Mais un roman ne rendra pas les gens pédophiles! Et si ça nourrit vraiment leurs fantasmes, pourquoi ça ne nous dérange pas de mettre des tueurs en série en scène dans des romans? Leurs fantasmes à eux, on n'a pas peur de les nourrir?

Je me suis posé la question... Et un petit tour sur le site de Statistiques Canada m'a donné une piste platement statistique : il y a eu 660 homicides au Canada en 2017 et aucun attribuable (pour le moment) à un tueur en série (ou 6 si on compte le massacre de la mosquée de Québec). La même année, il y a eu 8046 infractions sexuelles contre les enfants. Sachant que les agressions sexuelles sur les enfants sont parmi les crimes les moins dénoncés, il y a clairement plus de pédophiles potentiels dans notre société que de meurtriers potentiels. De là l'intérêt de ne pas nourrir leurs fantasmes avec des textes aisément accessibles.

J'ai lu/vu bien pire que ce qui est écrit dans ce bouquin là!

Franchement, ça m'étonnerait (ou bien c'était pas légal non plus!). J'ai lu la majorité des exemples donnés comme "pires" et aucun ne l'était (même pas Sade ou Kristof, quoiqu'ils soient ex-aequo par moment). À ce que je comprends de mes diverses lectures récentes et de la jurisprudence (pas juste de l'article de loi) il faut rencontrer trois critères pour qu'un passage soit considéré comme de la pornographie juvénile.
1- Il faut mettre en scène un mineur (qui n'a pas consenti ou n'a pas l'âge de consentir) et un adulte
2- Qui se livrent à une activité sexuelle
3- De manière très explicite (avec description des gestes et/ou organes génitaux)
Bref, faut pas juste évoquer, il faut décrire en détails.

(MISE À JOUR 3) Tes critères pour déterminer ce qui est de la porno ne sont pas bons. Il faut que l'objet principal du texte, son intention, soit sexuel. Là c'est juste une page. 

La question de l'objet principal, c'est ce que je lis dans la loi moi aussi. Mais ce n'est pas cité dans tous les textes de vulgarisation (dont celui d'Éducaloi, que je cite plus haut). Pourquoi? Je vous avoue mon ignorance (et ma perplexité). Sans doute parce qu'il y a eu de la jurisprudence à cet effet. Pensez-y : on n'accepterait pas une scène hyper graphique d'une minute dans un film, même si ce n'était pas le but général du film. Et si on n'accepte pas une minute dans un film, ça se peut qu'on n'accepte pas une page dans un livre... Surtout que selon mes souvenirs du livre (j'ai lu le passage en cause et j'ai survolé le reste très vite) il n'y a pas seulement un seul abus d'enfant. Mais dans tous les cas, je ne dis pas que ceux qui poursuivent ont raison. Je dis qu'ils pourraient (noter le conditionnel) avoir des assises légales. Une chose m'apparaît sûre : si les personnages avaient été majeurs, il n'y en aurait pas eu.

Stephen King, Patrick Senécal et GRRR Martin font bien pire. 

Non, ils ne décrivent jamais en détails. Ils évoquent, c'est parfois pire pour notre imagination, mais ils ne décrivent pas.

Sade doit se retourner dans sa tombe. 

Je suis sûre que l'auteur présentement accusé est heureux d'être comparé à un homme qui a réellement fait l'apologie de la pédophilie. O.o

Y'a pas une exception dans la loi qui dit que c'est ok si c'est de l'art?

Oui. C'est pour ça qu'on a encore des textes de Sade. Et c'est pour ça que j'ai été étonnée moi aussi de voir l'auteur accusé. Par contre, à ce que je comprends, même pour des raisons artistiques, il y a une certaine dose de pornographie qui est tolérée. Il faut que cela soutienne l'oeuvre, que ce soit nécessaire... Il pourrait être jugé que l'auteur a dépassé les limites tolérées pour des raisons artistiques (ici, oui, c'est vrai, on tombe dans le jugement de "bon goût") ou alors l'appareil judiciaire se servira de ce cas pour tracer une ligne et rappeler aux artistes que la limite, elle est là. (J'espère qu'ils feront ça sans détruire la vie de l'auteur!)

Ouais, pauvre auteur, il ne voulait pas faire de quoi d'illégal.

J'en doute pas! Malheureusement, selon notre système légal, nul ne doit ignorer la loi. Les autoroutes sont parsemées de panneaux nous rappelant la limite à ne pas dépasser... Peut-être qu'il faudrait un avertissement au sujet des limites de la liberté d'expression intégré à nos traitements de texte... (C'est un peu pour pallier ce manque que j'écris cet interminable billet de blogue!)

Je trouve qu'on infantilise les gens en leur disant que lire ci ou ça c'est mal. 

J'suis pas tout à fait en désaccord... Mais d'autres personnes trouvent qu'on les infantilise en leur demandant d'enregistrer leurs armes à feu ou de ne pas rouler trop vite sur telle ou telle rue. La vie en société vient avec des règles et des lois. Des affaires comme celle qui nous préoccupe sont une occasion de voir si ces règles et lois sont encore actuelles ou si elles doivent être modifiées. (Cela dit, je suis bien contente de ne pas être la personne mise en accusation pendant qu'on étudie la question!)

Pourquoi est-ce qu'on hiérarchise un crime par rapport à un autre? Pourquoi on décide que la porno c'est ok, mais la porno juvénile, non?

Parce que le Code criminel moderne passe son temps à hiérarchiser les crimes. On n'est pas condamné pour le même nombre d'années si on tue quelqu'un par accident ou délibérément. On devrait s'en réjouir. Y'a eu des époques où quasiment tous les crimes étaient punis de mort! De nos jours, les crimes touchant les enfants sont considérés les pires, pour des raisons morales... mais aussi de survie de l'espèce humaine.

Les livres qui viennent d'ailleurs ont des passe-droits, ils peuvent écrire ce qu'ils veulent et ensuite le vendre ici. 

Sachant que 162 pays sur 180 ont des lois plus sévères que les nôtres au sujet de ce qu'on peut y imprimer, non, les auteurs étrangers n'ont pas de passe-droits. En plus, les douanes empêchent parfois l'entrée au pays de livres qui contreviennent à nos lois. (C'est rare et controversé et ça concerne principalement le Canada anglais, mais ça arrive.) Et puis, dans tous les cas, l'important si vous vivez et écrivez ici, c'est les lois d'ici, non?

Donc si je tue des gens dans mes livres, même en les torturant atrocement, j'suis ok?

Oui.

Mais non, je suis pas ok : les écoles veulent pas de mes livres! Et y'a des gens qui se plaignent que je ne devrais pas être imprimé!

Ah là, c'est pas le même débat. Ce n'est pas, techniquement, de la censure : personne ne vous a empêché d'écrire ce que vous vouliez et de le publier. Par contre, pour des raisons de goût et de morale personnelle, des gens ont le droit de décider qu'ils ne veulent pas diffuser vos livres ou les acheter pour eux ou leurs enfants. Ils ont même le droit d'encourager les gens à vous boycotter ou votre éditeur à vous abandonner (mais ils ne peuvent rien forcer).

De la même manière, des afro-descendants avaient le droit de crier à l'appropriation culturelle et de protester pour que le spectacle SLAV soit annulé. Qu'ils aient raison ou tort, Robert Lepage n'a jamais été menacé de prison, on est restés hors des questions juridiques et criminelles, parce que Lepage n'avait pas enfreint les limites de la liberté d'expression. (Notez que si les protestataires avaient écrit des menaces de mort à Lepage, c'est eux qui auraient été passibles de poursuite criminelles, car leur liberté d'expression aurait empiété sur le droit à la sécurité de Lepage.)

Cette histoire ouvre quand même une porte à d'autres plaintes du genre. 

Je n'en ai pas l'impression. La loi sur la pornographie juvénile existe depuis longtemps et n'a à peu près jamais servi pour des textes littéraires. Fallait quand même un texte extrême, dans une collection dédiée à l'extrême pour enfreindre les critères d'une des rares lois criminelles qui balisent la liberté d'expression. (Si ça se trouve, les policiers reçoivent souvent des plaintes de gens qui trouvent que des textes vont trop loin, mais on en entend jamais parler parce qu'aucune loi n'est enfreinte et ça revient juste à une question de goût.)

N'empêche... On est rendus là!

Ce qui me fascine avec cette affirmation "On est rendus là", c'est que les gens qui l'écrivent veulent dire "On est rendus tellement bien pensants qu'on arrête un écrivain qui a décrit explicitement des viols d'enfant dans son roman". Alors que moi, historienne, je lis "On est rendus tellement libres de créer ce qu'on veut que des gens ont pensé qu'on pouvait décrire explicitement un viol d'enfant et s'en tirer sans problème."

Remarquez, du point de vue de la liberté de création, c'est magnifique d'être rendus à croire qu'aucune loi ne s'applique au contenu de la fiction ou, en tout cas, qu'aucune loi ne devrait s'appliquer. Je suis heureuse de vivre à cette époque-ci!

Malheureusement, et cette affaire-ci nous le rappelle brutalement, c'est faux. Nous devons encore éviter les atteintes à la réputation, les appels à la haine... et la pornographie juvénile. La suite de l'histoire nous indiquera si ce troisième interdit sera, à l'avenir, maintenu ou abandonné ou plus nettement encadré.

MISE À JOUR : J'ai oublié un autre truc interdit : (parlez-moi de l'éléphant au milieu du salon!) le plagiat. Vous n'avez pas le droit d'écrire une fiction qui est la copie de celle d'un autre auteur. Mais bon,j'pense que cet interdit-là, depuis l'affaire Robinson, on était au courant. 

MISE À JOUR 2 : Je ne suis même pas sûre que j'ai le droit de citer ceci, n'étant pas avocate, mais quand je parle de jurisprudence (à une occasion plus haut dans le texte), c'est à ce jugement que je fais référence. Il m'a été mis sous les yeux par quelqu'un qui semblait mieux connaître le sujet que moi. Il ne concerne cependant pas la littérature et vous verrez que la question des intentions de "l'artiste" est prise en compte par certains juges et non par d'autres. Et l'article du Code criminel est là. À part ça, j'ai lu des articles de vulgarisation. Je n'ai pas fait une recherche exhaustive de la jurisprudence, parce que je ne suis pas formée pour le faire... Pis j'ai un roman à écrire! (Maintenant que je sais ce que je peux y mettre...)

MISE À JOUR 4 : Vous vous demandez qui a écrit ce texte? Réponse ici

MISE À JOUR 6 : Les commentaires de ce billet ne sont pas fermés, mais je me réserve le droit de ne pas publier ceux qui répéteraient des commentaires déjà faits ou m'obligeraient à répondre en répétant le contenu du billet. Si je ne vous ai pas convaincus, c'est sans doute parce que je n'essayais pas (j'essayais de me rassurer moi-même au sujet des impacts de cette affaire). Et puis, un moment donné, j'ai des romans à écrire! ;) 

vendredi 15 mars 2019

Mal de tête et bons réflexes

Mercredi dernier, je devais donner un atelier à mes dames de la bibliothèque (appellation qu'on va garder, même si le groupe compte maintenant un gars de mon âge!).

Sauf que je me suis levée avec un mal de tête, qui n'a pas passé malgré des advils, de l'eau froide, du café, du yoga, des advils ET des tylenols... bref, tous les trucs que j'ai pu envisager.

Comme il était trop tard pour essayer de reporter le tout, je suis allée quand même, dopée aux advils et quand même l'esprit pas mal embrumé.

Comble de malheur, je devais, ce jour-là, examiner, analyser et commenter les schémas narratifs que mes participantes avaient préparer pour la nouvelle qu'elles vont écrire dans les prochaines semaines.

Ça allait quand même pas si mal, jusqu'à ce que je tombe sur le schéma d'une participante, qui me semblait partir dans tous les sens.

J'ai donc essayé de la réenligner, en me fiant sur ce qu'elle m'avait dit de son histoire à l'atelier précédent.

Je voyais bien qu'il y avait de la résistance de sa part (alors que d'habitude elle accueille super bien les commentaires) et que je lui demandais de tout repenser.

C'est alors que mon participant est intervenu et a posé la question que j'aurais dû poser :

"Mais qu'est-ce que tu veux raconter exactement?" lui a-t-il demandé.

À partir de là, évidemment, tout est devenu plus clair.

Ma capacité à inculquer des bons réflexes à mes ateliéristes : 1
Ma capacité d'analyse littéraire quand j'ai mal à la tête : 0

J'peux pas dire que je suis fière de moi mettons. Une chance que mon groupe est composé de personnes absolument indulgentes et adorables (et qui lisent ce blogue, lol!).

Enfin. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas ennuyée de l'époque où je pouvais juste appeler au travail pour dire "je file pas, je reste chez nous aujourd'hui", mais là, ce fut le cas. Heureusement, quelques jours de décongestionnants plus tard, je vais mieux. J'ai un oeil qui pleure sans arrêt par contre, j'espère que lui aussi va se placer bientôt!

mercredi 13 mars 2019

Après les livres, les films

Voilà des années que, comme beaucoup d'auteurs, je ne lis plus avec l'esprit parfaitement détendu.

J'analyse, je décortique les phrases, je repère les effets de style, les petites tricheries destinées à entretenir le suspense, bref, je vois les ficelles, je devine l'envers du décor et ça détruit un peu la magie des livres.

Un peu seulement. Car un bon livre bien écrit fait oublier toutes ces ficelles et m'emporte sans problème.

Récemment, afin d'accumuler du matériel pour les ateliers que je donne, je me suis mise à lire sur la scénarisation.

Oh boy!

Voilà je viens de me ruiner les films (surtout les films américains) à jamais!

Disons que la structure de base d'un film (le scénario) ressemble beaucoup à la structure de base d'un texte (le schéma narratif), mais en plus codifié, en plus rigide. Bref, en plus prévisible. C'est pas des ficelles qu'on aperçoit lorsqu'on connaît le truc, mais des câbles à bateau!

Cela dit, j'ai quand même appris des éléments intéressants. Notamment le fait qu'on encourage les scénaristes à écrire des scènes qui "fonctionnent" sur le plan émotif, même si du point de vue de la pure logique, ça grince un brin.

Avouez que ça explique bien des choses!

vendredi 8 mars 2019

Tu vas en tirer un texte

Le plus gros désavantage quand t'es écrivaine, c'est que lorsque tu vis de quoi de difficile pis que tu es bien enfoncée dans la déprime, il finit toujours par se trouver une personne bien intentionnée (et qui te connaît bien) pour te dire "Tu vas voir, dans quelques mois, ça va être fini, pis tu vas en tirer un super beau texte."

C'est hyper frustrant!

Premièrement, parce que ça donne l'impression que ce qui t'arrive n'est pas si grave, que tu le mérites un peu, voire que tu l'as cherché et que si ta vie allait bien, tu n'écrirais pas.

Deuxièmement, parce que c'est vrai.

Tu peux jurer tes grands dieux que non, cette épreuve-là fait juste te faire chier, ralentir tes projets, ruiner ta santé, engloutir tes économies, tôt ou tard, elle va se répercuter dans un de tes textes. Pis ça sera sans doute un de tes meilleurs.

Dans six mois, un an, dix ans, l'inspiration va te tomber dessus comme une tonne de briques, tu vas te mettre à écrire pis ça va te prendre une page ou deux avant de te rendre compte de ce que tu es en train de faire, d'où te viennent ces idées, mais tu vas le terminer ce texte.

En pestant contre la personne qui te l'avait prédit.

Bref, si les oreilles vous cillent ces jours-ci, c'est à cause de moi. :p

mercredi 6 mars 2019

Religion vs spiritualité

Durant mes études en histoire, on nous a présenté ainsi les concepts de religion et de spiritualité : 

Religion = Système de pratiques et de croyances organisées, en usage dans un groupe ou une communauté, devant mettre en relation avec le divin.

Spiritualité = Quête de sens et de valeurs prenant en compte l'opposition du corps et de l'esprit, ainsi que la relation de l'individu à un tout. 

En gros, dans une religion, on vous explique c'est quoi le sens de votre vie, quelles valeurs entretenir et quelle est votre place dans le monde. La spiritualité, elle, vous pointe les questions, vous propose une série de réponses possible et vous laisse choisir les vôtres. 

La plupart des croyances Orientales qu'on nomme "religions" (shintoïsme et bouddhisme surtout) sont en fait des spiritualités : non contraignantes, peu organisées, elles ont peu de rituels fixes, peu de discours au sujet du divin, mais elles laissent une grande place à l'individu, à ses réponses et ses interprétations. 

En Occident, la religion (catholique) a longtemps été la seule source de spiritualité et elle était très dirigiste. Comme tout système, cette religion a fini par connaître des dérives, alors on l'a mise à la porte et on ne veut pas la voir revenir. Cela a créé une intolérance envers tout ce qui est ou nous semble religieux.

Or, à voir les gens se lancer corps et âmes dans la dernière diète à la mode, le nouveau traitement miracle, les conseils d'un comptable vedette, l'obsession du rangement d'une shintoïste convaincue, les lubies d'une célébrité ou d'une autre, j'me dis... Ptêt que ces gens-là auraient besoin d'un peu de spiritualité?

Tsé, une raison mystique pour aimer son prochain comme soi-même et pour prendre soin de son corps et de son esprit davantage que de son char?

J'peux-tu présenter un projet de loi pour que toute la province se mette au yoga?

vendredi 1 mars 2019

Les Griffes et les Crocs (Tooth and Claw) de Jo Walton

Pendant mes vacances au Mexique, je me suis permis (chose de plus en plus rare) de lire deux livres qui n'étaient pas des bouquins théoriques, ni des services de presse, ni de la recherche pour un prochain projet.

Bref, j'ai lu deux livres pour me détendre.

Le premier, ce fut Des fleurs pour Algernon/ Flowers for Algernon (je l'ai lu en anglais), un classique que je me promettais de lire depuis longtemps. (C'était d'ailleurs une suggestion d'Isabelle Lauzon, qui avait adoré sa lecture.) Que dire de ce livre... Ce n'était pas surprenant (c'est le désavantage des classiques : on devine facilement leurs rebondissements), mais c'était magnifiquement écrit (l'auteur transforme subtilement son style pour refléter l'évolution du personnage dont on lit le journal) et tellement touchant! Bref, si vous ne l'avez pas encore lu, lisez-le.

Ma deuxième lecture de détente fut Les Griffes et les Crocs/ Tooth and Claw (lu en anglais car la traduction français vient tout juste de sortir) de Jo Walton. Je n'avais aucune idée dans quoi je m'embarquais avec cette lecture. Je connais Jo Walton (une anglo-montréalaise d'origines galloises) depuis plusieurs années à travers les Congrès Boréal et je trouve que c'est une femme passionnante, mais je n'avais encore rien lu de sa plume. Je vais vous avouer que, comme souvent lorsque je fréquente longtemps un autre auteur sans le lire, j'avais une petite réticence : j'apprécie tellement la dame, allais-je être déçue de ses écrits?

Wow! Pas le moins du monde! On m'avait recommandé Tooth and Claw il y a un an ou deux en me disant que c'était "un roman où tous les personnages sont des dragons". Depuis, le roman dormait dans ma pile de livre à lire. Je l'ai ramassé un peu au hasard avant de partir au Mexique, parce que "c'était (enfin) son tour".

Je vais vous dire un secret : depuis l'université (où une amie m'a introduite au genre), de temps en temps, surtout quand je me sens émotionnellement à bout, j'apprécie de lire un roman (ou de voir un film) de Jane Austen ou d'autres auteurs victoriens. (Ok, Austen est pré-victorienne, mais bon, c'est du même tonneau : des histoires où la politique et l'argent complique les mariages, au mépris des sentiments de tous, mais où ça finit bien.)

Or, je suis partie au Mexique vraiment à plat émotionnellement. Et j'ai découvert, en ouvrant Tooth and Claw, que Jo Walton avait comme projet d'écrire un roman victorien où tous les personnages seraient des dragons, afin de rendre effectives et biologiques les règles (préservation de l'honneur des jeunes filles, compétition cruelle entre héritiers, etc) qui sous-tendaient la société victorienne. Je savais dès lors que je serais en bonne compagnie!

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Le roman s'ouvre sur la mort d'un patriarche et la délicate opération consistant à partager sa dépouille entre ses héritiers, qui ont tous très hâte de dévorer leur part. Or, le mari de l'un des soeurs décide de s'approprier plus que son dû, avide de la croissance que la chair des dragons procure à qui l'absorbe. Cependant, les enfants non encore mariés de la famille ont besoin de grandir pour asseoir leur statut et se protéger des attaques en société... La table est mise pour une intrigue politico-légale qui bousculera la vie de tous.

J'ai adoré ma lecture! Jo Walton a une plume magnifique et elle a su rendre sa société draconique cohérente et crédible, tout en dotant ses personnages de sentiments parfaitement humains. Ce fut un régal d'un bout à l'autre. Si vous avez envie de goûter au roman victorien, mais en gardant un délicieux côté fantastique, je vous le recommande sans réserve! Mon seul regret : j'en aurais pris un deuxième tome.

Cela dit, les vacances n'auraient pas été assez longues. Là je dois retourner à mes lectures de travail. Alors mes prochaines appréciations paraîtront plutôt dans les pages de Solaris et de Brins d'Éternité! ;)

mercredi 27 février 2019

Figurines et jeux de société

Je n'en ai pas parlé énormément ici, mais mon chum adore les jeux de société, surtout les jeux stratégiques de la nouvelle vague, des affaires à grand déploiement avec cartes, figurines, plateaux de jeux détaillés et règles qui prennent une heure ou deux à lire. (Nos préférés : Game of Thrones - oui, le jeu tiré des bouquins - et Gloomhaven.)

Avec le temps, il m'a contaminée et j'aime ça autant que lui. Avec le temps, les jeux de société ont pris la place que les jeux de rôle occupaient jadis dans nos vies (avec le gros avantage qu'il n'y a pas grand chose à préparer et que tout le monde s'amuse, y'en a pas un qui est l'esclave de service/ maître de jeu! lol!). On a un groupe d'amis qui débarque chez nous un soir par semaine, une fois la puce couchée, et on joue jusqu'à trop tard. On s'est même acheté, récemment, une nouvelle table de salle à dîner, afin d'avoir plus d'espace pour jouer.

Bref, on aime les jeux de société.

Cependant, récemment, mon chum regardait notre jeu de Gloomhaven en soupirant. C'est que, voyez-vous, tout le jeu est magnifique, sauf les figurines représentant nos personnages. Celles-ci sont en banal plastique gris.

Il y a moyen de les peindre, on le sait, mais on avait l'impression que c'était hors de nos capacités artistiques.

Mon chum a donc commencé à faire des recherches... Combien ça coûterait de faire peindre nos figurines par des professionnels?

Quand j'ai vu les prix, je me suis mise à faire mes propres recherches... Quelles sont les techniques pour peindre des figurines rapidement et avec un bon résultat quand on est plutôt empotée du pinceau?

Réponse : c'est pas si compliqué que ça. Tellement qu'après avoir vu mes premiers essais (et j'avais amplement de vieilles figurines à la maison pour me pratiquer), mon chum a décidé de s'y mettre lui aussi.

On a maintenant une nouvelle activité de couple à faire entre deux séances de jeu.

Pis nos figurines ont de la gueule! :p (Ok, c'est pas parfait, mais le secret que nous avons découvert, c'est que même une figurine mal peinte est plus jolie qu'une figurine grise.)

SPOILER ALERT : La photo ci-dessous ne représente pas seulement les classes de base du jeu.

Nos quatre personnages actuels de Gloomhaven. 

PS : Ne me demandez pas pourquoi il n'y a plus de billet les lundis. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais on dirait que l'heure que je consacrais jadis, quelque part dans ma fin de semaine, à rédiger un billet pour le lundi a disparu. Si je la retrouve, les billets reviendront! :p

vendredi 22 février 2019

Année maigre

Ouais, ben, mon DPP de cette année m'a rappelé que l'an dernier a été une année maigre sur le plan des publications (mais assez exceptionnelle sur le plan des revenus, puisque j'ai largement dépassé les 10 000$ nécessaires pour boucler mon budget). En plus, selon les règles du DPP, "Écrire et publier au Québec" ne compte pas, car il s'agit d'un guide pratique... même si on a essayé de le présenter comme un essai. Ben quoi, des auteurs s'essaient... :p

Heureusement, l'année qui vient s'annonce mieux.

Je vais publier une nouvelle dans le prochain Solaris.

"Le Chasseur" sera réédité sous forme de recueil de nouvelles, avec plusieurs autres textes fantastiques et/ou noirs. (Le titre pour le moment est "Le Chasseur et autres noirceurs".) 

Mon album pour enfant devrait (enfin) voir le jour. (L'illustratrice que je convoitais a accepté!)

Et j'avance dans mes réécritures de roman.

J'ai peu d'animations à l'horaire, ce qui m'angoisse sur le plan financier, mais me libère du temps pour écrire et pour participer à des ateliers donnés par d'autres.

Coudonc... Les années se suivent et ne se ressemblent pas! :p

Et vous, ça s'annonce comment?

mercredi 20 février 2019

J'ai le blues du bleu

J'étais donc partie dans le Sud pour combattre le blues hivernal, qui tapait plutôt fort cette année.

J'ai passé une semaine à emmagasiner du soleil, de la mer turquoise et du ciel bleu, sans avoir à me soucier de cuisiner, laver des vêtements, nettoyer la vaisselle ou même faire mon lit.

Le bonheur!

Et puis je suis revenue, dans deux pieds de neige, avec trois valises pleines de linge sale, une puce chigneuse, un frigo vide, mon ordinateur qui buggait (il avait mal digéré une mise à jour) et le travail accumulé pendant mon absence...

Ouch!

Bref, depuis, je ne suis pas aussi énergique que je l'avais espéré. J'ai le blues du bleu.

Avouez, on l'aurait à moins...

Vue depuis la piscine de l'hôtel
Soleil levant sur l'océan
Pyramide maya d'Ek-Balam
À l'assaut! (120 marches, pfff, y'a rien là!)
Portrait de famille au sommet de la pyramide.
La puce était crevée, pauvre chouette, mais très fière de s'être rendue.
Et la descente était vertigineuse!
La puce a descendu la majorité sur les fesses, pour finir dans mes bras.
Mais on a tous survécu (comme en témoigne mon pied)

Enfin, ma déprime devrait se placer un moment donné. Sans doute quand il y aura pu de neige! lolol! En attendant, je me résigne à reprendre la routine. Un jour, l'horaire du blogue va redevenir régulier, promis. ;)

(Aux comiques qui auraient envie de me dire "t'as juste à y retourner l'an prochain", sachez que ça ne correspond ni à mes valeurs, les trajets en avions étant polluants, ni à mon budget d'écrivaine. Cela dit, si vous m'offrez le voyage, je paierai les crédits-carbone pour compenser. :p )

mercredi 13 février 2019

Je travaillais donc sur...

Alors, la raison pour laquelle le blogue a été aussi silencieux, c'est que je travaillais sur...

Mon dépaysement.

Ma détente.

Ma famille.

Mon bronzage.

Mon inspiration.

Mon espagnol.

Ma tolérance à l'alcool.


Bref, avec les restes de la bourse Canada-Japon et une part appréciable de mes économies, on est partis une semaine au Mexique dans un tout-inclus, oublier nos dégâts d'eau, se remplir les yeux de beauté, absorber un peu de chaleur, noter quelques anecdotes et créer quelques souvenirs d'enfance à ma puce.

Réussite sur toute la ligne!



(Si on exclut le fait que ma puce n'a jamais fait de sieste et revient donc du voyage hyper-marabout. Oh well, ça devrait se placer avant même que son bronzage pâlisse.)

vendredi 1 février 2019

Chut! J'vous le dirai plus tard!

Ne vous étonnez pas si c'est tranquille ici pour les deux prochaines semaines.

J'suis tellement dans le jus que j'ai, pour l'une des première fois de ma carrière littéraire (sinon la première fois), raté une date de tombée! Bon, c'était celle de la critique de mon 5e service de presse du trimestre, les 4 autres ayant été livrées à temps, mais tout de même, ça montre à quel point je suis débordée.

Et là, lundi, en plus du reste, je dois aller inscrire ma puce à la maternelle... Hiiiiiii!

On s'entends-tu que, dans ma tête, c'est elle que j'ai l'impression d'envoyer à l'école?

Un bébé qui marche à peine!!!
Alors que, dans le fond, c'est plutôt cette puce-ci :

Une grande fille, très fière d'avoir reçu un sac d'école pour Noël!
Reality check : il s'est écoulé trois ans et demi entre les deux photos. Ouch! C'est vrai que plus on vieillit, plus le temps passe vite!!!

Alors, pour une fois, je vais admettre que non seulement les jours filent, mais qu'en plus ils ne sont pas extensibles et je vais laisser le blogue de côté tandis que je travaille sur... Chutttt! C'est un secret! J'vous le dirai plus tard, quand ce sera terminé!

J'vous assure que c'est positif. Et que c'est très bon pour l'écrivaine.

On se revoit bientôt!

mercredi 30 janvier 2019

Le dit du Musè (25)

Musè : n.m., du grec ancien "mousai", source d'inspiration. 
(Ou masculinisation du mot muse inventée de toutes pièces)


Conversation de fin de journée avec mon chum

Lui - Gen, ça a été aujourd'hui?

Moi - Oui, pourquoi?

Lui - Parce que y'a pas eu de billet de blogue.

Moi - Arrggggggllllll!!!!

Lui - T'as un don avec les mots, tu devrais devenir écrivaine. 

Moi - ... 

lundi 28 janvier 2019

Tétrapilectomie

Tétrapilectomie.

L'art de couper les cheveux en quatre.

Voilà un mot, trouvé au hasard de mes errances sur le net, que je vais conserver précieusement dans mon lexique personnel, juste à côté de capilotracté et périssologue. :p

Si vous avez d'autres suggestions du même tonneau, je suis preneuse! hihihihihihi!


vendredi 25 janvier 2019

Retour sur mes réflexions modes (4) - linge mou

Alors, il y a trois ans, après la naissance de ma fille, j'ai entrepris une démarche pour épurer ma garde-robe et, surtout, la garnir de vêtements adaptés à ma vie d'écrivaine-maman. (J'ai commencé par ici, eut une illumination là, puis constaté les avantages ici et terminé, croyais-je, ma réflexion !)

Depuis, les mois ont passé. Ma fille a grandi. Les jeux à quatre pattes sont du passé. Et j'ai commencé à assumer davantage mon statut d'écrivaine. Alors le besoin de me cacher, de m'habiller plus "normalement" a pas mal disparu.

Résultat? Désormais, j'ai quasiment un uniforme de travail! lol!

L'hiver, il s'agit de :
Leggings (ou jeans extensible) + grand tshirt + gros bas tricottés et veste de laine.

L'été :
Leggings (ou jeans extensible ou cuissards) + grand tshirt ou robe courte.

Et voilà le travail! Pis me semble que ça va très bien avec mon objectif d'avoir l'air d'une ballerine/ trekkeuse/ martial artist! :p (Les pantalons extensibles étant pratiques pour tout ce beau monde! lol!)

Y'a une occasion spéciale? Je rajoute un collier ou je change ma veste pour quelque chose de plus élégant (mon amie Valérie, durant son séjour au Japon, m'a d'ailleurs magasiné une authentique veste haori que j'ai hâte d'étrenner!).

Seul désavantage de ces vêtements hyper confortables (que je peux porter autant pour travailler que pour paresser ou pour faire du yoga) c'est qu'ils apportent un peu de confusion et donnent lieux à des dialogues du genre :

Mon chum, un soir - Hum... T'es encore habillée ou t'es en pyjama?

Moi - J'ai une brassière.

Lui - Ah ok, facque t'es encore habillée. Ça te tenterais-tu d'aller à la boîte aux lettres?

Je crois que je vais investir dans de vrais pyjamas! lol!

mercredi 23 janvier 2019

Jujubes... santé!

J'ai une confession à faire : j'aime les jujubes. Les sucrés, les surettes, les nounours, les cerises, les vers, les grenouilles, les gros pieds, alouettes! Encore maintenant, et malgré le fait que ma dent sucrée s'est calmée avec les ans, si vous me laissez assise devant un plat de jujubes, ceux-ci vont disparaître, lentement, mais régulièrement. Tous. Peu importe la taille du plat.

Résultat : je n'achète JAMAIS de jujubes.

Fait amusant : ma cocotte, qui est relativement raisonnable dans ses envies de sucré pour une enfant de cet âge, a définitivement hérité de mon amour pour les bonbons gélatineux, car à chaque Halloween ce sont ceux qu'elle réclame en premier.

Or, au dernier Halloween, il y a avait, parmi les petits sachets de jujubes, des emballages de "collations aux fruits", soit des jujubes à peine sucrés (évidemment que j'y ai goûté! ce sont des JUJUBES!) faits, selon le fabricant, à l'aide de vrai jus de fruit (et de 75 autres additifs).

L'idée m'a intéressée. C'était donc possible de créer des jujubes avec autre chose que du sucre pur et du colorant? Voilà qui augurait des collations véritablement santé et, surtout, un moyen d'initier ma cocotte aux saveurs des fruits, et peut-être même des légumes, qu'elle refusait de goûter... J'ai commencé à chercher des recettes. Et j'en ai trouvé quelques-unes, dont plusieurs basées non seulement sur des jus, mais sur des purées de fruit et de légumes! (Donc une mixture qui contiendrait encore des fibres!)

J'ai fait plusieurs tests et je suis parvenue à une recette facile et rapide et... super nutritive!

Jujubes santé

2/3 tasse de purée de fruits
facultatif : sirop d'érable et/ou miel et/ou jus de citron et/ou colorant alimentaire
2 sachets de gélatine (ou 2 c. à soupe)
1/3 tasse d'eau bouillante

Méthode :
- Mettre la purée de fruits dans un bol. (Ça peut être de la compote commerciale ou de la purée de fruits et légumes maison, ça peut même une partie de votre mélange à smoothie avec du yogourt dedans, l'important c'est que ça ait la consistance d'une compote de pomme. Les ingrédients peuvent sortir du frigo, mais ils ne doivent pas être encore gelés.)
- Ajuster la saveur à l'aide d'un peu de sirop d'érable ou de miel ou de jus de citron. Mettre quelques gouttes de colorant alimentaire si désiré.
- Ajouter la gélatine et bien mélanger.
- Verser l'eau bouillante sur le tout et mélanger à nouveau.
- Verser dans des moules à bonbon en silicone (ou dans un moule à gâteau recouvert de papier parchemin).
- Mettre 15 minutes au congélateur le temps que ça fige.
- Démouler délicatement.

Compote de pommes + yogourt aux fraises + une goutte de colorant bleu
La texture ne sera pas exactement celle des vrais jujubes. On est plus proche d'un genre de jello trop pris. Mon chum (qui n'est pas un fan de jujube) a trouvé le résultat immonde, mais, pour mon goût, il était fort acceptable. Et ma puce, elle, n'avait pas assez de ses deux mains pour vider les plats! Parfait! Je viens de trouver le dessert idéal pour ses futures boîtes à lunch!

Une fois figé, les jujubes gardent leur texture même à la température de la pièce. Par contre, surtout s'ils contiennent du yogourt, je conseille de les garder au frais.

En théorie, ils devraient se conserver une semaine. En pratique, les miens disparaissent dans l'heure suivante.

Bon, je vous laisse, je vais aller préparer des dinosaures épinards-banane! :p