vendredi 13 septembre 2019

Petits plaisirs d'écrivain

La vie d'écrivain est parfois faite de petits plaisirs...

Tomber sur son livre sur les tablettes d'une librairie, alors qu'on le croyait disparu des rayons depuis longtemps.

Croiser ses livres sur les rayons d'une bibliothèque et voir, à leur usure, qu'ils ont été souvent lus.

Découvrir une bonne critique d'une de nos parutions.

Recevoir les esquisses de la page couverture de la prochaine publication. (Par la super talentueuse, et ultra sympathique, Talhi Briones.)

Dans ce cas-ci, Le Chasseur et autres noirceurs, bientôt en prévente, aux Éditions des Six Brumes. Il s'agit d'une réédition du Chasseur, dont le texte a été remanié, ainsi que cinq autres nouvelles, publiées ici et là en revue. Oh et un inédit!

Mon premier recueil de nouvelles solo! J'ai tellement hâte de l'avoir en main!!! :D

Là-dessus, je vous souhaite une bonne fin de semaine! Profitez-bien des petits plaisirs de la vie, même si vous êtes pas écrivains! hihihihi!

(En cas de doute, ou de déprime, un café ou un thé chaud par un matin frisquet, c'est toujours gagnant! Pis je dis ça de même, mais une goutte d'extrait de caramel dans un café latté, c'est divin!)

mercredi 11 septembre 2019

Tranche de vie (40) - Prime scolaire

Ma fille a donc commencé l'école...

Et devinez ce qui vient avec en prime avec des journées complètes dans un établissement scolaire?

Des lunchs! 180 jours de lunchs!

(Entendez-vous un gémissement découragé ici?)

Des lunchs sans noix, bien sûr. Et sans salade de pâtes (parce que les pâtes sans gluten, c'est dégueulasse un fois refroidies). Et sans trop de sucre. Et, idéalement, sans trop de déchet (donc pas de pattes d'ours pré-emballées, de jus ou yogourts ou compotes individuels pour nous).

(Le gémissement devrait être devenu des sanglots de désespoir!)

Heureusement, à date, ça se passe bien. Ma cocotte a de l'appétit, elle ne rechigne pas devant le manque de variété (en fait, elle l'exige), son bento (Yumbox) et sa boîte à jus lavable (Drink in the Box) ne présentent pas de fuites... Bref, je devrais survivre.

Et j'ai découvert une vérité peu connue!

En effet, sachez qu'il est désormais prouvé qu'un sandwich au jambon découpé en forme d'étoile goûte meilleur - et disparaît plus vite le midi - que le même sandwich platement rectangulaire. (Pour éviter de gaspiller les retailles, je les mets aussi dans la boîte à lunch!)

Ben coudonc, mes emporte-pièces ne servent plus seulement à faire des biscuits maintenant! lol! Ça prend une minute de plus lui faire son sandwich, mais ça décuple son bonheur. Pourquoi l'en priverais-je?

(Note : oui, je sais, je la gâte trop. Mais bon, on se refait pas! ;)

lundi 9 septembre 2019

Torture spéciale pour écrivain

Dimanche matin, en me levant, j'ai vu que j'avais reçu, à 5h30 du matin, un message automatisé du CALQ qui me disait qu'il y avait "du nouveau dans mon dossier".

J'ai tout de suite compris ce que ça signifiait : le dossier de bourse déposé 3 mois plus tôt venait (enfin) de recevoir son verdict.

J'ai aussitôt installé ma fille devant la télé et j'ai accédé au site du CALQ...

Pour découvrir qu'il était en maintenance pour la matinée.

Nooooooooooooooooooooon!

J'ai passé la journée sur des chardons ardents. Ai essayé d'accédé trois fois au site, toujours sans succès.

Finalement, à 15h45, la bouche sèche, les mains tremblantes, j'ai pu avoir accès à mon dossier...

Et J'AI EU LA BOURSE!!! :D

(Insérez ici une danse de la joie)

Pour les six prochains mois, ma subsistance est donc assurée et je serai en résidence à ma bibliothèque municipale, où je donnerai une série d'ateliers d'écriture, en plus de procéder à quelques séances d'écriture en direct.

Vous dire que j'ai hâte, ça commence même pas à couvrir le bonheur que je ressens!!!

Et là, si tous les autres trucs en attente pouvaient débloquer d'aussi belle manière, me semble que ça serait génial!

vendredi 6 septembre 2019

J'attends...

Ces jours-ci, me semble que tout ce que je fais, c'est attendre.

J'attends que des décisions se prennent.

J'attends des réponses d'éditeur.

J'attends des réponses de demandes de bourse.

J'attends de m'habituer à la routine de l'école, qui a raccourci mes journées.

J'attends d'avoir complété la réécriture en cours pour m'attaquer à mes projets suivants, pour tomber à nouveau dans la création pure, qui me manque tellement!

J'attends des publications qui s'en viennent : le prochain Solaris, où je publierai une nouvelle déconstruite, inspirée d'un terme informatique (si si!); la réédition du Chasseur sous forme de recueil de nouvelles, qui devrait paraître en février; l'album jeunesse dont j'espère que j'aurai un jour des nouvelles.

Bref, c'est pas palpitant. Les journées se traînent un peu. Chaque nouveau courriel m'emplit d'espoir... vite déçu parce que c'est juste une enième notification Facebook, même si je pensais avoir désactivé toutes les alertes possibles, mais semblerait qu'il en reste une ou deux quelque part...

Hep, c'est ça aussi (en fait, c'est ça beaucoup!) la vie d'écrivaine!

mercredi 4 septembre 2019

Fin d'été


Tu cours
Pousse tendre dans le soleil
Mouchetée de curiosité et de crème glacée fondue
À portée d'inquiétude
J'allonge ma fatigue pour te rattraper
Menotte collante et précieuse, poisseuse
Sourire de balançoires
Moue d'heure du coucher
Horizon scolaire
Un jour tu courras plus vite que moi


(Oui, c'est une tentative de poème. Non, j'suis pas malade. C'était un devoir d'atelier. Pour la première fois, j'en suis contente. Je ne serai jamais poète, mais je trouve que j'ai beaucoup progressé. On est encore un peu trop dans le signifiant, mais il y a des jeux de sens et de sons agréables. Et puis, bon, ça reflète mon été!)

vendredi 30 août 2019

Bacon de tofu

Ben oui, c'est un billet! Mettons que j'suis à moitié revenue de mes vacances. Mais j'ai pas fini de les digérer et la rentrée de ma fille non plus. Alors vous avez droit à une recette. Parce que c'est de circonstances (j'viens de parler de digestion!). Et parce que, de temps en temps, surtout l'été, en vacances, il me pogne une envie de sandwich BLT.

Le problème, c'est que y'a jamais de bacon chez nous. Parce qu'on est pas vraiment des fans de bacon. C'est juste trop gras pour notre goût.

Par contre, on a toujours des blocs de tofu ferme.

Alors au début des vacances, je me suis dit "il doit bien y avoir moyen de faire du bacon de tofu"?

J'ai cherché... et je suis tombée là-dessus.

Bon, il me manquait certains ingrédients (notamment la levure alimentaire, parce que le goût me lève le coeur, et la fumée liquide, parce que c'est dur à trouver sans gluten), les quantités ne me semblaient pas tout à fait au point, alors j'ai improvisé un peu et... Wow! Le résultat était super. Non, ça goûte pas exactement pareil comme du vrai bacon, mais... Ben j'pense pas racheter de vrai bacon avant un boutte! C'est à la fois craquant et moelleux, salé, sucré, fumé...Vous êtes sceptiques? Essayez, on s'en rejasera!

Bacon de tofu

- 1 bloc de tofu ferme, pressé (la méthode complète est ici, mais juste pressé entre les mains pour faire sortir le plus gros du jus, ça fait la job) et coupé en tranches très très fines
- 4 c. à soupe de sauce soya
- 3 c. à soupe de sirop d'érable
- 2 c. à soupe d'huile d'olive
- 2 c. à thé de poudre d'ail
- 1 c. à thé de paprika doux fumé

Mélangez les cinq derniers ingrédients, mettez les tranches de tofu à mariner dedans, en vous assurant de bien les enrober.

Puis, préchauffez le four à 375F. (Donc oui, le temps de marinade est égal au temps que votre four met à chauffer. Si jamais vous avez un four trop performant, 15 minutes, ça suffit.)

Quand le four est chaud, étalez les tranches de tofu sur une plaque à pâtisserie recouverte d'une feuille de cuisson réutilisable légèrement huilée. (Ou sur un papier parchemin huilé. Ou direct sur la plaque huilée si vous aimez frotter!)

Enfournez pour 10 minutes, retournez les tranches, cuisez à nouveau 10 minutes. (Évidemment, si vos tranches sont très fines ou très épaisses, le temps de cuisson sera à ajuster.)

Mangez chaud, tiède ou froid, dans un sandwich avec salade, tomate et mayonnaise. Puis essayez de ne pas vous en refaire un deuxième (on a échoué).

Les tranches deviennent plus fermes en refroidissant. Les restes (genre de la deuxième recette) coupés en petits morceaux sont absolument délicieux dans une salade césar! Ils se conservent une bonne semaine au frigo.

Pour une version plus "déjeuner", je prévois essayer une variante avec moins d'épices et plus de sirop d'érable, puis servir ça avec des oeufs et des toasts. (J'en bave d'avance!)

Et vous, prêts à tenter l'expérience?

vendredi 16 août 2019

Vacances! (ou presque)

Le changement de job récent de mon chum signifie qu'on n'aura pas vraiment de vacances en famille cet été (c'est correct : on en a eu cet hiver avec le Mexique!).

Par contre, comme ma fille entre à l'école le 29 août, je voulais quand même lui donner un break de la garderie, des consignes, de la vie de groupe et des horaires.

Donc, à partir de ce soir et jusqu'à la rentrée, ma puce sera en vacances avec moi à la maison. (Et non "ma puce et moi seront en vacances à la maison". Si vous ne voyez pas la nuance... Vous êtes libres pour faire du gardiennage? :p )

Devoirs de maman obligent, ce blogue sera donc silencieux pour les deux prochaines semaines. Attendez-vous également à un calme plat sur Facebook et à un certain retard dans les réponses de courriel.

Inutile de spécifier que j'écrirai sans doute pas non plus, hein? (Ça me décourage et les deux semaines ne sont même pas entamées!)

Bref, amusez-vous bien et on se revoit/relit après "mes" vacances! ;)

mercredi 14 août 2019

Pourquoi les jeunes écrivains font des longues séries

L'autre jour, sur un regroupement d'écrivains dont je fais partie, un jeune auteur a posé la question "Pourquoi les jeunes écrivains ont le réflexe d'écrire des longues séries?"

On lui a donné plusieurs très bonnes réponses :

- Influence de la télé et des séries déjà publiées (on veut copier ce modèle épisodique).

- Impératif commercial (les éditeurs, surtout en jeunesse et en jeune adulte, aiment les séries parce que chaque nouveau tome incite à ramener les précédents sur les tablettes).

- Demande des lecteurs (quand ils aiment le livre, ils en veulent un autre avec les mêmes personnages!).

- Histoire trop longue pour tenir en un seul tome.

- Univers qui a demandé tellement de temps à développer que les auteurs veulent y replonger.

Mais, tant qu'à moi, on a discuté de quelques éléments dont les aspirants écrivains n'ont pas conscience (notamment les impératifs commerciaux) et on a oublié l'élément primordial (qui se rappelle à moi chaque fois qu'un débutant m'envoie un de ses textes) : parce que les jeunes écrivains ne savent tout simplement pas faire court!

Que ce soit en nouvelle ou en roman, ils veulent TOUT raconter. Les vies personnelles de leurs huit personnages principaux avant le début de leur quête pour retrouver les six joyaux de la couronne perdue. (En partant, est-ce qu'on pourrait couper à quatre personnages et trois joyaux? On sauverait bien deux tomes!) L'histoire de tous les royaumes de leur continent et la biologie de toutes leurs races inventées. Les légendes entourant les méchants qui ont caché les joyaux. Et le sombre passé de la couronne démantelée. Et le menu des auberges. Et la couleur des murs. Et le détail des broderies de la robe de la princesse (parce qu'ils se sont déjà fabriquée la même pour les cosplay). Et le protocole pour recevoir des mains de ladite princesse l'épée enchantée qui servira à abattre le dernier gardien du dernier joyau (celui qu'ils récupéreront dans le tome 8). Et les règles de la magie, bien sûr, ou même des magies, parce que les anciens dieux pis les nouveaux... Ah c'est vrai, faut parler des dieux aussi...

Bref, ça finit pu!

Et souvent, la mise en scène n'est pas au point. Chaque élément que l'auteur trouve important nous est présenté séparément (et souvent raconté plutôt que montré). Les personnages, un par un. Les légendes, une à une. La biologie de l'un. Le menu de l'auberge. On fait un détour par une chapelle pour jaser religion (quand ça nous est pas balancé dans une longue info dump au hasard d'un sentier). Ils n'ont pas le réflexe de créer un chapitre où personnage A entend personnage B, de passage dans son village, raconter quelques légendes avant de discuter avec la serveuse du menu, parce qu'en tant que membre de la race X ou de la religion Z, il ne peut pas avaler de gluten.

Résultat : ils écrivent longuement, mais c'est vide. Il ne se passe rien. Et quand on leur fait remarquer, ils rajoutent des péripéties (personnage A se fait voler sa bourse et doit courir derrière le voleur), pour insuffler un peu d'action... ce qui rallonge encore le texte!

Et savez-vous quoi? Je crois que c'est parfaitement normal. En tant qu'écrivain, on passe tous par là! (Oui, il y a, dans les tréfonds de mon ordinateur, une série de fantasy en plusieurs tomes! Parlez-en à mon chum, il s'étouffera à moitié de rire en disant "les oiseaux"...) Que celui qui n'a pas écrit 50 000 mots absolument superflus juste pour le plaisir de ne plus être soumis à des productions écrites de 500 mots jette la première pierre! En plus, souvent les jeunes écrivains se racontent leur histoire au fur et à mesure qu'ils l'écrivent. Ils n'ont pas appris à se faire des fiches de personnages, des fiches de villes, des notes sur l'écologie. Ils ont besoin de mettre toutes leurs explications dans le texte.

Cependant, après s'être payé ce luxe de mots, cette détente, je crois qu'il faut que les jeunes écrivains réapprennent à faire court. À économiser, non pas leurs mots, mais la patience, l'intérêt et le temps de leur lecteur. Je ne dis pas qu'ils ne peuvent pas écrire une série en 7 tomes de 200 000 mots chacun. Cependant, il faudra qu'il s'y passe énormément d'événements utiles à une intrigue complexe (et idéalement, que chaque tome contienne sont intrigue propre, liées aux autres par un grand arc narratif). Pas que le premier tome serve juste à présenter les personnages.

(Mais Tolkien, lui? C'est ça qu'il a fait! Ça lui prend tout le premier livre, pour... Ben oui, mais revenez-en de Tolkien! Y'é mort depuis longtemps! Pis on a appris bien des choses sur la mise en scène et les procédés narratifs depuis.)

S'il ne se passe rien dans le tome 1, ça risque de faire une série qui va s'écraser, faute d'intérêt des lecteurs et de ventes, et dans laquelle l'éditeur (triste constat sur les pratiques éditoriales actuelles) mettra la hache.

Maintenant, comment apprendre cette économie aux jeunes écrivains? Comment leur faire découvrir les joies de la mise en scène judicieuse? Je suppose que passer à travers leurs romans avec une tronçonneuse est une méthode possible, mais ça requiert une personne désirant se dévouer à lire et charcuter les 7 tomes de 200 000 mots ci-haut mentionnés! Et un écrivain qui a envie de réécrire le tout ensuite! (En sachant qu'il a probablement vieilli et évolué pendant l'écriture et que son tome 1 ne lui plaira peut-être plus tellement.)

Personnellement, j'ai appris en ateliers, grâce à la nouvelle.

C'est merveilleux la nouvelle, parce que vous avez un nombre fixe de mots (mais quand même plus généreux que les limites des maudites productions écrites du secondaire) et vous devez y faire entrer une histoire. Quand je relis mes premiers textes, ouille, mettons qu'en 3000 mots j'arrivais pas à raconter grand chose. Surtout quand je compare avec ce que j'ai fait ensuite en 1000 mots!

Pour moi, c'est ça le secret : il faut mettre les jeunes écrivains au contact de la forme brève. Parce que c'est un laboratoire d'expérimentation, parce que c'est moins décourageant à retravailler, parce que c'est (un peu) plus facile à faire publier, mais, surtout, parce que ça nous apprend à aller à l'essentiel, à mettre en scène, à évoquer, à condenser.

Cela dit, je conseille de ne pas trop s'attarder à la forme brève une fois qu'on a compris le principe, sinon on risque de se retrouver, quarante nouvelles plus tard, à bûcher sur ses romans, parce que maudit que c'est long de produire 60 000 mots... :p

vendredi 9 août 2019

Personnages instantanés : les noms

Ah, les noms de personnage!

Je sais pas pour vous, mais moi mes personnages principaux ont très rapidement un nom, qui a souvent plusieurs significations. Un mélange de gens que j'ai connus et qui avaient ce prénom ou ce nom de famille, de racines anciennes du prénom, d'histoire de la famille, de jeu de sonorité...

Bref, le personnage principal, ça va, je sais comment il s'appelle. (Et j'aurai donc tout un casse-tête devant moi si je dois modifier son nom, mais ça c'est une autre histoire!)

Mais les personnages secondaires, eux? Les quatre collègues de travail, les huit amis, le professeur de yoga... Ouille! Là ça devient difficile. (Et encore plus si je suis en train d'écrire une nouvelle et que ces personnages n'apparaîtront que pour une phrase ou deux!)

J'aimerais bien vous dire que j'ai trouvé un truc extraordinaire pour baptiser rapidement mes personnages, mais... non.

J'ai cependant quelques outils qui m'aident.

En partant, j'essaie de m'arranger pour que chaque prénom de personnage (ou nom de famille si c'est ce qui est utilisé dans la nouvelle) commence par une lettre différente. À la longue, j'ai trouvé que les lecteurs confondaient moins facilement Misaki, Satô et Yamaki (ou Marie, Julie et Caroline) que Yukié, Yoshi et Yamaki (que Marie, Mélanie et Mélissa). Quand, pour une raison ou une autre, j'ai deux noms qui commencent par la même lettre, j'essaie de varier les longueurs et les graphies (Marie et Mélissandre seront privilégié par rapport à Mélanie et Mélissa mettons, de même que Dubé et Duponcelle plutôt que Dubé et Dupré).

Donc quand je veux un nouveau nom de personnage, je regarde ce qui existe déjà dans ma nouvelle et je procède par élimination. Personne n'a de prénom commençant par E? Parfait, le collègue de travail va s'appeler Éliot.

Éliot ne me plaît pas et je n'ai pas d'idée pour un prénom masculin commençant par E? L'ami Google est un allié précieux quand vient le temps de trouver des "prénoms commençant par E"...

Vous ne trouvez toujours pas? Ni Étienne, ni Émile, ni Édouard ne vous tente? Peut-être que vous vous restreignez sans vous en rendre compte. Votre personnage a-t-il besoin d'être un québécois francophone? (Un peu de diversité, on le rappelle, ça ne fait pas de mal et c'est plus réaliste. Et avec des personnages secondaires, vous n'aurez pas trop de recherches à faire.)

C'est bien beau mais vous ne connaissez ou des prénoms grecs ou arabes ou autres? Rappelez Google à la rescousse. Ou alors Wikipédia! Une petite recherche au sujet d'un pays, de sa culture et de son histoire me livre toujours une foule de noms de famille et de prénoms utilisables.

Et quand rien ne fonctionne, c'est le moment d'aller visiter Google Translate. Je veux un personnage d'origine finlandaise qui est un ami fidèle? Ça se dit comment "fidèle" en finnois? La réponse ne me plaît pas? Et s'il était plutôt "loyal"? Ou Danois plutôt que Finlandais? Ou nommé à contre-pied de sa personnalité, avec "frivole"?

D'accord, si vous utilisez cette méthode pour baptiser vos personnages, les lecteurs qui parlent la langue choisie risquent de rire dans leur barbe, mais... Bon, de un, ils ne seront sans doute pas nombreux. De deux, qui n'a pas rencontré une anglophone prénommée Chastity ou Joy?

Parfois, je ne vais même pas fouiller si loin. Je me garde une liste de noms de famille et de prénoms de gens que j'apprécie. Lorsque j'ai à baptiser un personnage sympathique, j'y pige le prénom de l'une et le nom de famille de l'autre (et ça fait souvent deux heureux d'un coup, la plupart des gens aimant lire leur nom dans les écrits des auteurs qu'ils connaissent, en plus de me laisser la liberté de créer un véritable personnage).

Lorsque j'ai à baptiser un personnage antipathique ou un cadavre, j'use pas mal du même procédé, quitte à déformer certains noms trop reconnaissables. Est-ce que je suis le genre d'écrivaine rancunière qui héberge un document intitulé "noms de futurs cadavres" dans les tréfonds de son ordinateur et qui y inscrit le nom de ses ennemis dans le but avoué de les tuer un jour, préférablement de manière fort souffrante, dans un texte? Voyons donc, vous me connaissez mal!

J'ai assez bonne mémoire pour ne pas avoir à les noter! :p

Blague à part, c'était l'ensemble de mes trucs et outils pour baptiser les personnages de moindre importance de mes récits (sans qu'ils finissent par tous s'appeler Julie et Bob). Et vous, est-ce que vous avez des astuces de baptême (à ne pas confondre avec des baptêmes d'astuce) à partager?

MISE À JOUR : Un ami, sur Facebook, m'a dirigée vers ce site : www.fakenamegenerator.com C'est tout simplement génial! Merci Félix!

mercredi 7 août 2019

Personnages instantanés : la transplantation

Les personnages principaux de nos histoires, on y réfléchit. On leur invente un passé, une famille, des amis, des ennemis, des études, des passe-temps, une couleur préférée, on répond à leur place à des tests de personnalité pour savoir s'ils sont plus Stark que Lannister, etc. (Ou, entk, on devrait faire tout ça!)

Par contre, des fois on a juste besoin de "la meilleure amie de service", du "barman habituel" ou d'un "collègue de travail", bref d'un personnage secondaire auquel on n'a pas nécessairement réfléchi beaucoup, qui ne sera pas là longtemps, mais pour lequel on aimerait quand même éviter le cliché absolu. Après tout, on doit donner l'impression que, pour notre personnage principal, ce personnage secondaire est vrai, substantiel, qu'il occupe une place dans sa vie. Surtout si les deux doivent avoir une conversation importante!

Dans ce temps-là, mon truc pour créer un "personnage instantané", c'est la transplantation de personnalité.

Qu'est-ce que j'entends par là?

Je commence par déterminer l'apparence et le sexe du personnage. (Souvent ça veut dire que je vais me balader sur Google Image ou que je revois des images de film.)

Ensuite, je passe mentalement en revue les gens que je connais et j'essaie de voir qui aurait une la personnalité appropriée (ou la personnalité la moins appropriée) pour tenir le rôle.

Et quand j'ai trouvé quelqu'un à mon goût, je transplante sa personnalité dans mon personnage, sans me soucier que le sexe ou le genre ou l'apparence concordent. Je transforme les gars en fille, les filles en gars, les hétéros en homos, je change les couleurs de peau, de cheveux, j'ajoute des tatouages... Et je vois si ça fonctionne. Souvent, ça me demande d'ajuster un peu les scènes ou les descriptions. Et c'est parfait! Car ça signifie que je m'éloigne du cliché. Que j'enrichis mon récit.

Pourquoi je fais ça? Pourquoi je n'utilise pas simplement les gens que je connais comme personnage?
Pour trois raisons :
1- Je ne veux pas qu'ils se reconnaissent et qu'ils soient peinés ou insultés si j'utilise de moins beaux côtés de leur personnalité ou des anecdotes moins glorieuses.
2- Pour introduire de la diversité. Parce qu'entre les écrivains habillés en mou et les informaticiens semi-hipster, mes amis tendent à se ressembler.
2- Pour faire d'eux de véritables personnages, en prenant l'essence de leur personnalité et en m'inspirant de leur histoire, mais sans m'embarrasser des détails.

Et voilà! Dix minutes de réflexion plus tard, je suis prête à écrire la scène de confidences à la meilleure amie. Restera juste à lui trouver un nom à cette meilleure amie... :p  (Ça, c'est un autre casse-tête et de la matière pour un autre billet!)

vendredi 2 août 2019

Insuffler du vrai dans le faux

Plus je lis des textes d'aspirants auteurs, plus ça me frappe : la plupart d'entre eux sont vides.

Oh, il s'y produit des événements, des thèmes importants sont abordés, les personnages sont parfois très bien détaillés, mais... mais il manque quelque chose.

Et puis, dernièrement, je suis tombée sur un texte qui était différent. Celui-là sonnait bien. Il sonnait entier. Il sonnait... vrai! On l'a donc accepté pour publication.

En faisant la direction littéraire du texte avec l'auteur, il m'a demandé si j'avais aimé tel petit détail au début du texte, car c'était une anecdote qu'il avait empruntée à sa grand-mère. Et c'était justement le détail qui m'avait donné envie de poursuivre ma lecture!

J'ai toujours mis beaucoup de vrai dans mes textes. Parfois, c'était mes expériences, parfois des morceaux de la vie de gens de mon entourage. Je croyais que ça faisait de moi une auteure paresseuse, sans imagination, qui préférait travestir la réalité plutôt que d'inventer. J'étais prête à l'admettre : je ne suis sans doute pas l'écrivaine la plus créative.

Pourquoi le serais-je? On dit souvent que la réalité dépasse la fiction.

Et il ne faut pas oublier que la fiction se nourrit de réalité.

De faits réels, d'anecdotes réelles, mais surtout de sentiments réels, de sensations réelles. Par exemple, vous n'avez peut-être pas peur de la bête innommable à tentacules qui vit au fond de l'eau, mais peut-être que les araignées provoquent en vous une terreur paralysante... Placez donc cette terreur dans le corps de votre personnage et vous aurez une bonne base pour écrire la suite!

Je crois qu'il ne faut pas hésiter à insuffler beaucoup de nous-mêmes dans nos écrits. Quitte à craindre que des gens se reconnaissent, quitte à se faire demander ensuite si on pense vraiment ci ou ça, quitte à écrire tout et son contraire. En tout cas, pour ma part, plus les années passent, plus je pige dans mes expériences et plus mes textes reçoivent des compliments!

Qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce que c'est le prix à payer pour que nos fictions sonnent vraies?

Ou alors j'suis vraiment juste une auteure paresseuse?

mercredi 31 juillet 2019

Avantage insoupçonné

J'ai donc découpé le premier jet de mon manuscrit en fragments, que je réarrange et réécrit tranquillement. (Y'a 4% du travail de fait environ... oui, c'est long, merci, je sais que j'écris à la vitesse d'une tortue rhumatisante, vous m'apprenez rien!).

Dès le début, je me disais que ça m'aiderait d'avoir les morceaux de papier en main, de pouvoir les réarranger physiquement.

En effet, c'est pas mal utile. Je peux les classer conceptuellement, mais aussi visuellement. Je vois tout de suite quand les piles de papier sont trop hautes ici par rapport à là-bas. Je peux prendre un bout de texte, le déplacer et regarder s'il s'insère bien, si les transitions vont couler...

Et, avantage insoupçonné, j'ai désormais le plaisir, quand je termine de réécrire une scène, de pouvoir froisser le bout de papier sur laquelle elle était inscrite et le jeter (au recyclage)!

Heille! C'est tellement gratifiant de froisser du papier non pas parce que ce qu'on vient d'écrire est mauvais, mais bien parce que c'est terminé!

J'pense que pour mes projets suivants, je vais me garder du papier brouillon à portée de la main et en froisser des feuilles quand j'aurai bien travaillé! hihihihi!

Et vous, avez-vous des manières encourageantes de souligner la progression de vos projets d'écriture? Quelque chose de plus gratifiant qu'un décompte des scènes sur votre blogue ou sur Facebook, là! :p

vendredi 26 juillet 2019

Pourquoi je ne ferai jamais l'école à la maison

Y'a des jours où je lis des articles et des études concernant le système scolaire québécois et où je me dis : "Je vais pas envoyer ma fille là-dedans?!? Elle est super intelligente, je suis très éduquée et mon chum aussi... Je pourrais la garder avec moi et lui faire l'école à la maison..."

Bon, d'habitude cet état d'esprit dure jusqu'à ce que mon adorable puce (qui a hérité de la vivacité d'esprit de ses parents, mais aussi de leur force de caractère) me pète une crise. Bref, ça prend au maximum 24 heures. :p

Remarquez, y'a d'autre fois où j'ai juste à me rappeler l'état de ma santé mentale et de ma patience après une semaine en tête à tête avec ma fille chérie (où je ne peux ni écrire, ni prendre un repas en silence) pour que j'écarte l'idée.

Reste que, de temps à autre, elle me revient.

Puis l'éducatrice de la garderie me remet un rapport d'évaluation où ma cocotte obtient des résultats largement supérieurs aux attentes pour son âge dans tous les domaines, sauf un : la géométrie. Ma puce ne semble pas avoir tous les acquis nécessaires pour l'entrée à la maternelle. Et l'éducatrice me note :

"Se pourrait-il que personne ne lui ait expliqué c'est quoi un rectangle?"

Oups! :p

C'est alors que je me souviens c'est quoi le rôle fondamental de l'école : apprendre à tout le monde les mêmes connaissances de base.

Pour le reste, on suppléera à la maison. En sachant que même si on a des lacunes et qu'on oublie un truc ou deux, à l'école il y aura plusieurs profs qui se relaieront et s'assureront de passer en revue l'essentiel.

mercredi 24 juillet 2019

J'suis trop fatiguée pour l'écrire sur Facebook

Tu sais que tu es fatiguée des réseaux sociaux quand tu prends même plus la peine d'essayer de corriger un membre de ta famille qui milite pour le mouvement anti-vaccin, en pleine ressurgessence de la rougeole.

Mais tout de même pas assez fatiguée pour ne pas écrire un texte ici (où ledit membre ne le lira pas, mais où peut-être que ça pourra aider certaines personnes qui veulent réfléchir à la question).

Présentement, parce que 10 personnes sont mortes lors d'une campagne de vaccination contre la dengue aux Philippes, les anti-vax pavoisent. "Les vaccins tuent" disent-ils.

Sauf que quand on lit l'article, on comprend que le vaccin était encore en développement et la compagnie a arrêté les essais en catastrophe dès les premiers décès et est retournée en laboratoire pour régler le problème.

Et pendant ce temps-là, la population des Philippines a tellement peur des vaccins qu'il y a eu une éclosion de rougeole qui a tué au moins 300 personnes. Alors que le vaccin contre la rougeole est complètement au point depuis les années 60. (Et en fait on pouvait inoculer contre la rougeole dès 1840, mais c'était pas avec une seringue.)

Il y a aussi Protégez-vous qui publie un article au sujet du "Scandale de la grippe A" fomenté par l'OMS. Le scandale est-il que le vaccin contre la grippe A ne marchait pas? Non. Qu'il était nocif? Non. Qu'il a tué quelqu'un? Non. Le scandale, c'est que l'OMS a abaissé ses critères de ce qu'est une pandémie juste avant que la grippe A n'éclose. Ils ont alors déclaré la pandémie et les compagnies pharmaceutiques s'en sont mis plein les poches.  Et si leur vaccin avait été mauvais, ils auraient été à l'abri des poursuites, étant donné l'état d'urgence. Bon, quelqu'un s'en est sans doute fait graisser la patte dans cette histoire. Mais... L'OMS a révisé ses critères depuis. Et le vaccin marchait.

Soit dit en passant, je ne l'ai pas pris ce vaccin-là à l'époque, malgré le tsunami médiatique. La grippe n'était pas un risque mortel pour moi et mon entourage à ce moment-là. Le taux de mortalité était bas et les risques de complications permanentes aussi. (D'ailleurs, j'ai fini par la pogner et je suis là pour vous en parler).

Par contre, ma puce a eu tous ses vaccins (rougeole, rubéole, polio, scarlatine, coqueluche, oreillon, varicelle, gastro-entérite, méningite, hépatite...) et, depuis sa naissance, toute ma famille se fait vacciner chaque année contre la grippe (ce que nous n'avions jamais fait avant). Pour deux raisons : 1- parce que ma puce est en contact avec de très jeunes enfants à la garderie, pour qui une grippe pourrait être mortelle et/ou entraîner des complications et 2- parce que je vois plus souvent un ami à la santé pulmonaire précaire (Luc pour ne pas le nommer).

Je suis historienne. Les statistiques de mortalité et de séquelle au sujet de la rougeole, de la rubéole, de la polio, de la scarlatine, des oreillons et de la variole, je les connais bien. Elles sont effrayantes. Beaucoup d'anti-vax, pour appuyer leur refus des vaccins, brandissent le fait que la mortalité avait diminué avec les mesures d'hygiène, avant l'entrée en scène des vaccins, et donc qu'on n'a pas besoin des vaccins.

Premièrement, ils ne prennent pas en compte l'inoculation (parce qu'ils ne savent pas c'est quoi) qui n'était pas un vaccin, mais fonctionnait de la même manière (en gros, on vous grattait la peau jusqu'au sang et on vous mettait un peu de virus atténué dans la plaie pour vous immuniser).

Deuxièmement, ils ne savent pas que la mortalité avait diminué, oui, mais que ça voulait souvent juste dire que plus de gens vivaient avec des séquelles permanentes.

Pour la rougeole, ça veut dire la perte de la vue ou la surdité ou d'autres affections neurologiques, pour la polio vous avez tout un assortiment de membres paralysés ou atrophiés, pour la variole y'a les défigurations, la perte de la vue encore, pour les oreillons c'est l'infertilité masculine... Bref, toutes des affaires qu'on veut pour nos enfants, non?

Non.

Je veux même pas que ma puce vive ce que j'ai vécu, c'est-à-dire de pogner la varicelle à 13 ans (alors qu'on pensait que je l'avais eue bébé), de devoir dormir avec des mitaines de four dans les mains pour ne pas se gratter, de passer la journée dans un bain remplit de calamine, de ne pas pouvoir manger parce qu'on a des boutons dans la bouche, d'avoir peur que mes yeux soient touchés... et maintenant que je suis plus vieille, de craindre qu'un jour j'aie des poussées de zona.

Bref, j'suis trop fatiguée pour l'écrire sur Facebook, mais croyez-en une historienne : les vaccins sont nécessaires et efficaces et bien moins risqués que les maladies contre lesquelles ils protègent. Faites vacciner vos enfants!

Ptêt pas contre la grippe (on le sait, il est pas toujours efficace ce vaccin-là) ou contre des maladies tropicales (pour lesquelles les vaccins ne sont pas toujours au point), mais au moins contre les fléaux des siècles passés qui n'attendent qu'une baisse de notre vigilance pour resurgir.

vendredi 19 juillet 2019

État des travaux


L'art de prendre un manuscrit et de le découper en lambeaux

Un jour, ces bouts de papier vont redevenir un roman, si si...

(J'essaie de m'en convaincre moi-même, je vous dirai si ça fonctionne!)

mercredi 17 juillet 2019

L'habitude de noter

Quand j'ai quitté l'emploi dans le domaine juridique où j'étais restée pendant 4 ans, mes collègues m'ont donné une pile de carnets blancs. Six ou sept en tout.

Cinq ans plus tard (c'est-à-dire il y a deux ans), je ne les avais pas encore tous utilisés. Mais j'achevais ma réserve.

Mes dames de l'atelier m'ont alors fait un super beau cadeau : un autre pile de carnets. Six ou sept, encore une fois.

Je me suis dit que j'en aurais bien pour une décennie! Après tout, à présent que je suis écrivaine à temps plein, je suis toujours devant mon ordinateur, alors pourquoi prendrais-je des notes à la main?

Sauf que...

Sauf que je ne suis pas toujours devant mon ordinateur, loin de là. Je vais faire des animations, je voyage (un tout petit peu), je pars en camping ou en randonnée, je regarde ma fille jouer, je visite des musées, j'assiste à des spectacles, j'attends ma fille pendant ses cours de danse ou de natation, je me déplace pour des salons du livre et, surtout, je lis des livres de référence, sur des sujets pouvant servir (immédiatement ou hypothétiquement) à des romans. Et dans toutes ces situations, je prends des notes!

C'est une habitude que j'ai prise. Je pourrais me fier à ma mémoire, mais noter l'information et, surtout, mes impressions, mes idées me permet de tout emmagasiner pour plus tard. Ensuite, je peux y revenir de manière structurée si le besoin s'en fait sentir ou, plus probablement, m'en servir pour laisser jouer le "chaos créatif" et feuilleter mes carnets au hasard, grappillant ici et là des idées et des bribes d'informations, jusqu'à ce que deux éléments entrent en collision et donnent naissance à une histoire...

Écrire un petit peu à la main, sur un coin de table, ça m'évite aussi de devenir folle quand je dois passer plusieurs jours sans toucher à mon ordinateur. Je note des phrases qui iront plus loin dans le roman, des bouts d'idée attrapées au vol, des dialogues entre deux personnages qui ne trouveront jamais leur place dans le texte final, etc. Jadis, j'aurais laissé ces idées tourner en boucle dans ma tête jusqu'à ce que je puisse m'asseoir devant mon écran et les noter. À présent, je les écris. Et, miracle (ou malédiction) aussitôt qu'elles quittent mon esprit, il y en a une ou deux autres qui se bousculent pour prendre leur place. Mes projets avancent ainsi à petits pas, même lorsque je ne travaille pas!

Alors voilà, tout cela pour dire que, deux ans plus tard, la pile de carnets achève déjà!

Remarquez, c'est pas grave : ça me fera plaisir d'en acheter un ou deux moi-même, pour changer! hihihihihi!

Et vous, quelle place les notes manuscrites occupent-elles dans votre processus créatif? Ou dans votre vie tout court?

vendredi 12 juillet 2019

Archaïque blancheur

(Attention, j'ai écrit ce billet pour documenter un phénomène socio-historique qui me fascine par son universalité et me désole et me dégoûte en raison de ses conséquences, qu'on vit encore aujourd'hui. Rien de ce qui suit n'excuse les exactions des colonisateurs, esclavagistes et autres nazis! Si la lecture de ce billet offense qui que soit, je m'en excuse. Écrivez-moi, on en jasera et j'ajusterai les formulations!)

L'expression white privilege (privilège blanc) circule de plus en plus sur les réseaux sociaux. Vous l'avez peut-être rencontrée. Elle désigne les avantages dont on bénéficie (le plus souvent sans s'en rendre compte) lorsqu'on a la peau blanche (comme moi) et qu'on vit en Occident. Notamment...

Les policiers sont moins agressifs et harcelants à notre endroit. 
Les employeurs préfèrent nos candidatures. 
Les inconnus nous perçoivent moins souvent comme des menaces potentielles.
Les employés de magasin sont moins soupçonneux et plus serviables.
Personne ne trouve étrange de nous voir circuler dans un quartier chic. 

Bref, on se retrouve de facto avec un statut plus élevé. Et surtout, on se perçoit nous-même comme étant la norme de l'humanité, puisqu'on forme la majorité de la population aperçue au quotidien.

(Je plaide coupable ici : j'ai pensé comme ça longtemps! Et c'est normal : c'est ainsi qu'on est élevés. Cependant, si on prend l'ethnie humaine la plus courante comme étalon de la normalité, ben la norme humaine devrait être indo-asiatique.)

D'où ça vient ce white privilege? Du fait qu'on forme la population majoritaire des pays développés, en partie, et donc qu'on est très représentés dans tous les produits culturels et la publicité. Mais c'est surtout un héritage de la colonisation. Après tout, les Blancs sont débarqués en conquérants un peu partout dans le monde pour en piller les richesses, ce qui leur a permis de développer leurs mères-patries, tout en forçant les populations locales à la servilité ou à la criminalité. La colonisation se justifiait grâce à des théories eugénistes et racistes qui hiérarchisaient les "races" humaines, plaçant l'homme Blanc au-dessus de tous. 

Certes, ces théories eugénistes-là servaient surtout à valider la supériorité des hommes qui les ont formulées, mais elles ne sortaient pas de nulle part. Elles ont profité, pour se former et s'implanter, d'un préjugé favorable aux peaux blanches qui existait déjà, partout dans le monde. En effet, croire que la peau blanche était "meilleure", c'était une pensée commune en Occident, mais également dans des pays qui n'avaient jamais vu d'Occidentaux!

Pourquoi? Eh bien, la peau humaine, je ne vous apprends rien, devient plus foncée lorsqu'on l'expose au soleil. Et ce, peu importe sa teinte de départ.

Dans toutes les civilisations sédentaires pré-industrielles (enfin, celles pour lesquelles nous avons des traces écrites, donc la Mésopotamie, la Grèce, Rome, la Chine, le Japon, l'Inde, l'empire Inca, l'Égypte, la Nubie et même l'Europe du Moyen-Âge), le gros de la population travaillait dans les champs ou sur des bateaux, sous les rayons du soleil, tandis que les intellectuels et les nobles, soit les gens de statut supérieur, demeuraient à l'ombre.

Résultat : les nobles étaient plus pâles que le "petit peuple". Dans toutes ces cultures, un teint clair est donc devenu peu à peu un trait recherché, un signe de supériorité matérielle et intellectuelle, parfois même (dans les régimes où la noblesse s'appuyait sur une mythologie religieuse) de faveur divine. Bref, une forme de "white privilege" archaïque!

Imaginez maintenant la réaction des peuples orientaux, américains (pré-colombiens) et africains lorsqu'ils ont vu débarquer des gens encore plus pâles que leurs nobles les plus oisifs! Imaginez la facilité avec laquelle ces Blancs ont pu traiter les populations locales avec hauteur et condescendance. Oh, la noblesse s'est sentie menacée et a voulu riposter, mais les Blancs ayant une technologie leur permettant de se défendre contre cette minorité rebelle, ce fut en vain.

(Autre petite note : ce préjugé favorable aux peaux blanches n'existait pas vraiment chez les peuples de chasseurs semi-nomades, beaucoup moins hiérarchisés, où les chefs devaient participer aux efforts. Car, comme le souligne Prospéryne en commentaire, ce favoritisme pour les teints clairs n'était, au fond, qu'un symptôme du rapport hiérarchisé à l'autorité, duquel les colonisateurs ont également tiré partie. Cependant, avec quels types d'autochtones les colonisateurs Blancs ont-ils éprouvés le plus de problèmes? Avec les peuples de chasseurs semi-nomades, notamment les Aborigènes d'Australie et les Premières Nations canadiennes. Tiens donc!)

Des fois, je me demande ce que serait devenu le monde si l'humanité avait valorisé le travail physique plutôt que l'oisiveté, le teint foncé plutôt que la pâleur. (Ah tiens, y'a une uchronie à écrire j'pense!)

J'ai l'impression qu'une grande partie de l'humanité aurait présentement une vie beaucoup plus facile. 

mercredi 10 juillet 2019

Chine et Japon

Il faut que j'en parle, parce que j'en peux plus...

Voulez-vous ben me dire pourquoi autant de gens confondent la Chine et le Japon?

Oui, les deux pays sont peuplés d'Asiatiques et ils ont eu des liens historiques, mais la ressemblance s'arrête là! Vous ne confondez pas les Français et les Britanniques, non?

Les Chinois et les Japonais ne parlent pas la même langue, n'habitent pas le même espace et, surtout, surtout, ils n'ont pas la même culture!

Quoi? Leur écriture se ressemble? En partie, d'accord, parce qu'ils utilisent tous les deux les idéogrammes inventés par les Chinois (auquels les Japonais ont ajouté deux syllabaires), mais... euh, revoir ma remarque au sujet des Français et des Britanniques. On utilise le même alphabet et pourtant c'est pas la même langue!

N'écoutant que mon grand coeur - et mon impatience - j'ai décidé de vous faire une petite liste des différences culturelles entre la Chine et le Japon, histoire de vous démêler pour de bon :

Chine ancienne
- premier pays de la région à avoir développé une culture écrite
- Grande Muraille
- tombeau impérial avec les statues de guerriers en terre cuite
- réduction des pieds des femmes
- empereurs avec gigantesques harems
- bureaucratie intense et examens nationaux
- population agraire où avoir des fils est très important
- a des guerriers, mais c'est un métier et non une caste
- a des courtisanes, mais elles sont aussi des prostituées
- pays d'origine du kung fu
- religion : surtout un bouddhisme bon vivant

Japon ancien
- s'est laissé influencer par la Chine au début de son histoire
- samouraïs (caste de guerriers)
- suicides rituels
- geisha (courtisanes qui ne sont pas des prostituées)
- ninja (et mythes associés)
- sabres redoutables (katana)
- estampes (parfois érotiques)
- cérémonie de thé
- empereur qui ne gouverne pas vraiment
- shogun qui détient le pouvoir militaire
- population d'agriculteurs, mais aussi de pêcheurs
- emphase moindre sur l'importance des fils, car l'adoption est courante
- pays d'origine du karaté, jiujitsu (qui donnera le judo) et du kendo
- on s'incline pour se saluer
- religion : plusieurs, notamment un bouddhisme ascétique (zen) et l'animisme (shinto)

Chine moderne
- surpeuplée partout
- régime communiste assoupli
- a pratiqué la limitation des naissances
- droits humains bafoués
- censure
- pollution importante
- manières choquantes (pour nous) en public : les gens crachent par terre et bousculent
- la langue tonale est souvent parlée à fort volume, car les inflexions sont importantes pour la compréhension
- parlant de langue, il y en a deux principales : le mandarin et le cantonais, plus des dialectes locaux

Japon moderne
- zones urbaines surpeuplées, vastes parcs préservés
- démocratie
- amour (parfois démesuré) pour les bandes-dessinées, les animés et les jeux vidéo
- terrain fertile pour les modes vestimentaires étranges, comme le gothique pastel
- société sexiste en cours de changement
- grand respect de la nature
- politesse et propreté extrêmes (pour nous) : pas de parfums forts, port de gants pas tous les officiels, respect scrupuleux des files d'attente
- la langue agglutinante donne l'impression que les femmes pépient comme des oiseaux, tandis que les hommes parlent du fond de la gorge, sans trop remuer les lèvres

Voilà, c'est caricatural et simplifié au possible, mais ça devrait vous aider!

Question d'examen pour voir si vous avez compris : le film Les 47 ronins, ça se passe en Chine ou au Japon? :p

Question bonus : pis les Hanaken, eux?

vendredi 5 juillet 2019

37... et c'est tout

Demain, c'est ma fête!

*musique* Bonne fête à moi, bonne fête à moi, bonne fê-te, bon-ne fêêê-te, bon-ne fêêêê-te à moi!

Je vais avoir 37 ans.

...

C'est tout, y'a rien à dire d'autre. Parce que... parlez-moi d'un chiffre pas rapport! Trop loin de 35 pour qu'on se dise encore que la mi-trentaine est proche, trop loin de 40 pour qu'on s'en inquiète vraiment.

Mes 36 ans ont été une année d'attente. J'ai finalisé énormément de projets (un recueil de nouvelles, un roman policier, trois nouvelles et il y a aussi mon album jeunesse), mais pour le moment ils sont perdus dans les limbes éditoriales. J'attends avec impatience que tout débloque.

Ce fut aussi une année de formation : j'ai donné énormément d'ateliers (ce qui me demande toujours de me perfectionner moi-même avant d'essayer d'expliquer des notions aux autres) et j'ai commencé à faire de la direction littéraire plus régulièrement.

Pour l'année à venir, je me souhaite que les projets débloquent (les uns après les autres de préférence, pas tous en même temps!) et j'espère avoir aussi l'occasion de retourner faire un atelier avec Élisabeth Vonarburg. (Celui de cette année vient de finir et je suis tellement triste de l'avoir raté!) Si ma dernière demande de bourse pouvait marcher, ce serait pas de refus non plus!

Ah pis que la santé et la forme physique se maintiennent (idéalement sans trop d'effort de ma part! lol!), histoire de pouvoir continuer à profiter à fond de la vie qu'on est s'est bâtie, mon chum et moi, autour de notre amour, de nos projets de création et du rire de ma puce. :)

Bises à vous, chers lecteurs! J'espère aussi que vous continuerez de me lire!
(Pas de doute, mon anniversaire me rend sentimentale! lol!)

mercredi 3 juillet 2019

Commencer par la C4

Je sais pas pour les autres écrivains, mais moi le résumé ou quatrième de couverture ou C4 (pour les intimes), c'est d'ordinaire la dernière affaire que j'écris.

Sur un coin de table.

En sacrant.

Parce que l'éditeur attend après pour envoyer le roman au montage.

J'haïs ça écrire des C4. Faut non seulement résumer l'histoire, mais la vendre au lecteur. C'est un exercice de marketing. J'suis nulle là-dedans.

(La section "bio" de la C4 est moins souffrante à écrire parce que la pression commerciale est moindre : j'suis pas à vendre! lol!)

Mais bon, après avoir égrené un chapelet, versé quelques litres de sueur et demandé l'aide de Vincent, d'Isa, de Luc ou de toute autre victime personne qui s'adonne à passer à portée de voix ou de clavier, je réussis à pondre quelque chose de potable.

En espérant que, pour le roman suivant, l'éditeur ait un service des communications qui s'en chargera (ce n'est pas encore arrivé).

Cependant, dans les derniers jours, il s'est produit un phénomène bizarre. L'élan qui m'habitait pour ma réécriture s'est tari. Je n'arrivais plus à avancer. Les doutes me paralysaient. Et dans ma tête, quand j'essayais de me mettre au travail, tournait en boucle des bribes de... résumé!!! O.o

Me trouvant un peu ridicule, je me suis donc mise à écrire la C4 du projet. Puis à la réécrire, la réagencer, la polir, jusqu'à ce que, enfin, j'en arrive au genre de résumé qui m'attirerait, moi. Qui ferait que, dans une librairie, je tendrais la main vers ce roman, même s'il ne relève pas des genres de l'imaginaire.

Et l'étincelle du retravail s'est rallumée. L'élan est revenu.

Comme quoi on écrit toujours les livres qu'on voudrait lire! ;)

Cela dit, vous m'auriez dit qu'un jour je commencerais la réécriture d'un projet avec la C4, je ne vous aurais pas cru! O.o

vendredi 28 juin 2019

J'suis déprimée, donc tout va bien

Bon, j'ai commencé la relecture/redécoupage de mon roman.

J'en ai les 2/3 de fait.

À première vue, tout devra être réécrit, phrase à phrase, même si les idées de fond vont rester.

J'ai extrait l'ossature et repéré les nombreuses scènes satellites.

Donc, présentement, y'a des morceaux de papier étalés partout sur la table de cuisine (qui me sert de table de travail et qui menace de devenir trop petite pour cet usage) et je ne sais pas pantoute comment je vais réussir à donner un ordre à toutes ces scènes disparates.

J'ai jamais essayé d'éclater un texte à ce point. J'adore lire des romans mosaïques, mais j'ai peur de ne pas savoir en écrire un.

En plus, je suis découragée de mon histoire. Persuadée que ce roman est une merde ultra-commune, avec des personnages ordinaires et niaiseux, qui ne mérite pas d'être réécrit, parce qu'il n'intéressera jamais personne. Après tout, il a déjà été refusé, c'est signe qu'il est particulièrement mauvais!

(Je sais, je sais, ça veut pas nécessairement dire ça, mais... Bon, mon chum et Luc ayant déjà eu droit à ce discours misérabilisme, je m'excuse d'avance à toutes les personnes qui croiseront ma route dans le prochain mois, parce que vous risquez d'y goûter aussi!)

Ah, mais minute, attendez que je consulte mon processus créatif... Mouais, sachant que j'ai ptêt 10% du travail de réécriture de fait, la dépression est arrivée pile dans les temps! O.o

Heureusement, y'a un truc qui m'encourage. Un signe positif au milieu du marasme (habituel) qui m'a envahie : j'ai beau chialer et déprimer au sujet du roman, je continue à y travailler. Mieux encore : j'ai envie de le retravailler.

Juste pour voir si, finalement, il n'est ptêt pas si nul...

mercredi 26 juin 2019

Copibec a encore besoin d'appuis

Je vous expliquais, début avril, que Copibec avait besoin d'appuis, parce que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie qui avait "mis à jour" la Loi sur le droit d'auteur en 2012 (avec des conséquences catastrophiques pour les auteurs) s'apprêtait à la réviser.

Il fallait, ai-je dit, faire savoir qu'on était d'accord avec la position de Copibec, que l'exception pour l'utilisation équitable en éducation devait être resserrée, afin que les auteurs soient payés lorsque leurs oeuvres sont utilisées dans un cadre pédagogique.

Peu de temps après, le Comité permanent du patrimoine canadien a déposé un rapport qui allait dans le même sens que les observations de Copibec et des auteurs : la nouvelle mouture de la Loi sur le droit d'auteur mettait la situation financière des artistes (déjà fragile) en grand péril.

Comme d'autres, j'ai poussé un soupir de soulagement en voyant ce rapport. Bon, me suis-je dit, si le patrimoine canadien est de notre bord, ça devrait bien aller...

Ah, ben non finalement. Parce que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie n'a même pas pris la peine de lire le rapport du Comité permanent du patrimoine canadien!!! C'est à se demander comment ils ont fait leur "examen" des impacts de la loi! (Ça semble incroyable? Le communiqué de Copibec est ici et cite les divers rapports et intervenants.)

Le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie ne propose donc aucune solution pour aider les auteurs. Le statu quo ne les dérange pas (eux!). Pire, ils proposent un élargissement de la notion d'utilisation équitable.

Après ça, y'en a qui se plaignent que les artistes vivent "aux crochets des subventions gouvernementales". Ouais ben, si les lois ne légalisaient pas le vol de nos oeuvres et que les Comités (financés aussi par vos taxes) lisaient leurs propres rapports, ptêt qu'on n'en aurait pas besoin des bourses et des subventions.

En attendant, si vous aimez avoir de l'art dans vos vies, n'oubliez pas de signer le manifeste de Copibec "Une vie sans art, vraiment?" M'étonnerait que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie le lise, mais ptêt que les élus, eux, en prendront connaissance avant de voter.

vendredi 21 juin 2019

Ce genre de réécriture

Je viens de plonger dans la réécriture de mon roman réaliste.

Mon but : l'éclater. Sortir du récit toutes les scènes racontées en flash-back et les mettre en prise directe. Et pas nécessairement dans l'ordre chronologique. Je veux brouiller les frontières, celles entre le présent et le passé, celles entre les personnages et... tiens donc, ptêt aussi celles entre le réel et l'imaginé.

Ouais, mon roman réaliste ne sera peut-être plus si réaliste que ça. (Chassez le naturel et il revient au galop! lol!)

En attendant, je m'enligne pour ce genre de réécriture :

Mes outils : une version papier, des ciseaux, du papier collant, des post-it
et des trombones de couleur... ah pis un grand café glacé!
J'me souviens pas avoir déjà ressenti le besoin de travailler avec une version papier pour remettre mes idées en ordre, mais là, c'est la seule méthode qui m'apparaît juste. Ça va être un joyeux chaos tantôt! O.o

mercredi 19 juin 2019

Tranche de vie (39) - Continuités et changements

Lundi, n'écoutant que ma volonté de créer des souvenirs d'enfance à ma fille et prenant mon courage à deux mains, j'ai amené ma puce à La Ronde.

Où je n'avais pas mis les pieds depuis une dizaine d'années.

J'ai donc pu observer le parc avec mon oeil d'historienne, c'est-à-dire en notant les changements, mais également les éléments de continuité.

Premier élément de continuité : la file aux guichets avance à une lenteur de tortue rhumatisante. L'attente est encore plus pénible quand vous devez gérer une enfant de 4 ans qui a juste hâte de voir la Grande Roue!

Premier changement : si les prix d'entrée sont encore plus prohibitifs qu'avant (70$ pour un adulte, 55$ pour un enfant!!!), au moins ils nous vendent désormais le "passeport-saison" pour exactement le même prix! Bon, tant qu'à payer pour une journée dont la longueur sera limitée par la résistance de ma puce, autant avoir l'option de pouvoir revenir.

Autre changement : l'omniprésence des applications pour cellulaire, destinées à gérer votre achat de billet, votre passeport-saison fraîchement acheté, vos memberships, passes flash (je sais toujours pas ce que c'est), coupe file, passeports resto et autres manières de vous quémander un peu plus d'argent. O.o Pfiou! On était pas rentrées que j'étais déjà épuisée. (Et que je me sentais un peu dinosaure, jusqu'à ce que je remarque que les ados qui m'entouraient semblaient aussi perdus que moi!)

Deuxième élément de continuité : la foule a beau avoir l'air immense à l'entrée, une fois les tourniquets du site passés, ça se disperse et ça devient tout à fait tolérable (en tout cas, ce l'était, mais on était un lundi avant la fin des classes).

Changement impossible à manquer : il y a plein de nouveaux manèges! Tant du côté des enfants (où bien des classiques ont été revampés et rebaptisés) que de celui des adultes.

Par contre, les zones thématiques, comme le fort western et le village médiéval sont rendus pas mal diluées sous les panneaux d'affichage. Et la musique diffusée est plutôt uniforme à la grandeur du site. (Alors que je me souvenais d'une petite musique guillerette dans le village médiéval et d'employés de resto qui portaient des chapeaux style "Robin des bois").

Tout de même, je ne me sentais pas trop dépaysée... Et puis est arrivé le moment de dîner.

Bon, il n'y a plus de McDonald depuis le début de la saison, je le savais, on m'avait prévenue. Après un moment d'hésitation, j'ai trouvé un équivalent afin que ma puce puisse manger les croquettes de poulet qu'elle me réclamait. J'ai commandé un burger pour moi. Puis je suis passée à la caisse...

Caissière - Trente-trois et dix sept!

Moi, interloquée - Dix-sept vous avez dit?

Caissière - Non, trente-trois dollars. Et dix-sept sous.

Moi, ne pouvant retenir une exclamation  - Ouch!

Je ne sais pas si je dois classer le prix faramineux de ce repas sous la rubrique des continuités - manger à La Ronde a toujours coûté un bras - ou des changements - maintenant, apparemment, ils veulent nos DEUX bras!!! O.o

Qu'est-ce que je ferais pas pour ma puce, hein?

Son opinion de la journée :)

Et puis, on ne se le cachera pas : un parc d'attractions, c'est un lieu inspirant. ;)

vendredi 14 juin 2019

Trempette chaude aux épinards et artichauts

Peu après le diagnostic de mon chum, on dirait que tous les restaurants que nous fréquentions ont mis au menu des "trempettes chaudes aux épinards". Comme ils les servent avec des craquelins de blé, on n'a jamais pu y goûter. 

Alors j'ai cherché, testé plusieurs recettes et je suis arrivée à cette version simplifiée, mais délicieuse, d'une trempette chaude aux épinards et artichauts. Elle est même relativement santé. (Enfin, pour une trempette du genre). Elle peut servir d'entrée à partager durant l'apéro (pour 5 ou 6 personnes) ou de lunch léger (pour 2 ou 3 adultes). 

(Avertissement à l'intention des intolérants au lactose : j'pense que juste la liste des ingrédients peut vous faire faire une crise! lol!)

Trempette chaude aux épinards et artichauts

250g (un paquet) de fromage à la crème léger, ramolli
¼ tasse de mayonnaise
¼ tasse de yogourt nature
une pincée de poivre
1 tasse d'épinards hachés surgelés, décongelés et bien égouttés
1 boîte de coeurs d'artichauts hachés
3 oignons verts hachés
1 tasse de mozarella râpé
1 boîte de haricots blancs (facultatif, mais ajoute des protéines)

Passez le fromage à la crème 30 secondes au micro-onde pour le ramollir, puis mélangez-le avec la mayonnaise, le yogourt nature et le poivre jusqu'à ce que ce soit homogène. 

Ajoutez tous les autres ingrédients et mélangez délicatement.

Étalez dans un plat en pyrex allant au four (personnellement, je prends un plat à tarte de 10 pouces) et cuire 30 minutes à 350F (ou jusqu'à ce que ce soit bouillonnant, bien fondu et légèrement doré). 

Je suggère de servir cette trempette absolument décadente avec des chips de maïs non salées et un verre de rosé, mais rendus là, c'est vous qui voyez! ;) 

mercredi 12 juin 2019

Bilan de mi-année

Bon, on est en juin, sixième mois de l'année. Ce serait un bon moment pour déterrer mes objectifs et résolutions énoncés en janvier et de voir où j'en suis... (J'vous préviens : y'a des bonnes nouvelles à la fin de ce post)

Alors, mon objectif numéro 4 était de "M'aventurer". Je voulais faire des nouvelles activités, visiter de nouveaux endroits...Les vacances en famille au Mexique (d'accord, c'est pas super exotique un tout inclus, mais j'étais jamais allée dans le Sud, alors c'était tout de même une découverte) et quelques visites de musée ont partiellement comblé cet objectif. Je me promets d'autres explorations.

L'objectif 3 était "Faire de l'exercice". Ce n'est pas encore parfait, mais j'ai pas mal réussi à établir une routine où, les jours d'écriture, je prends une pause vers 11h pour trente minutes de yoga, d'elliptique, de course, de marche... Bref, d'un truc actif. Effet secondaire de cette augmentation de mon activité physique : je m'ennuie sans bon sens des arts martiaux!!! J'ai particulièrement envie de taper dans quelque chose. (Gardez ça en tête si vous me croisez! :p)

L'objectif 2 "Écrire tous les jours" est un échec absolu. Les fins de semaine et les lundis (bref, quand ma puce est avec moi), je ne trouve pas une minute pour écrire pendant qu'elle est réveillée et une fois qu'elle dort je suis beaucoup trop crevée. C'est encore pire depuis que mon chum a commencé sa nouvelle job, parce qu'il est à la maison moins longtemps, alors ma puce s'ennuie de lui et compense en me collant deux fois plus. Je la comprends et je m'efforce de combler son besoin de contacts, mais... ben ça vide, alors l'écriture en souffre. Tant pis, je me rattrape les journées de garderie!

D'ailleurs... L'objectif numéro 1 était de "Terminer la réécriture de mes deux romans". Ben ici je peux faire une petite danse de la joie!!! J'AI FINI LE ROMAN POLICIER! Après six ans de niaisage, écriture, repententage, réécriture, gossage et autres révisions, le voilà parti vivre sa vie (ou rencontrer une fin funeste) dans les boîtes de courriels d'éditeurs! Ouf! J'me souviens pas avoir été aussi heureuse de terminer enfin un projet.

Et j'suis en plein dans les temps : comme on est en juin, ça me laisse six mois pour réécrire le deuxième roman! :)

... Et j'peux même prendre une petite semaine de repos entre les deux, histoire d'écrire du neuf et de m'aérer les neurones! (Ce sera pas un luxe!)

Parce que, bon, je vais l'avouer : je commence à être tannée de réécrire au lieu de créer, mais en même temps c'est ridicule de garder dans mes tiroirs des manuscrits auxquels je crois encore et qui demandent juste un peu de temps... Cela dit, en 2020, je me promets d'écrire seulement du nouveau! (Ça tombe bien, j'ai commencé mes recherches pour un projet de fou! ;)

vendredi 7 juin 2019

Catharsys et monstration

Petite capsule historico-culturelle ce matin.

Dans le théâtre grec antique, souvent cité comme justificatif de "cette oeuvre est ptêt dégueulasse, mais c'est à des fin de catharsis", il était interdit de faire couler le sang (même fictif) sur scène. On ne mettait pas la violence en scène. On l'évoquait, on la racontait, mais on ne la montrait pas.

(En passant, une simple recherche Google sur le thème "théâtre grec" mène à cette information.)

Et, pourtant, on a inventé à la même époque le concept de catharsis (l'effet de « purification » produit sur les spectateurs par une représentation dramatique, comme si vivre des émotions par fiction interposée nous évitait d'avoir envie de les éprouver réellement ou nous préparait à y réagir.)

Comme quoi on peut atteindre la catharsis sans la monstration (le fait de montrer).

C'est juste moi ou y'a des producteurs de film d'horreur qui devraient réfléchir à la question? :p

Ok, j'suis ptêt trop cérébrale (ou fondamentalement "antique" dans mes sensibilités), mais les trucs gores m'effraient nettement moins que les histoires d'horreur psychologiques ou que les bons vieux films où, faute de budget, on ne voyait jamais le monstre. J'm'en ennuie, des fois.

mercredi 5 juin 2019

Un autre été sans été?

En 1816, une éruption volcanique a causé une "année sans été" planétaire (et un "été sans été" local). Il a fait gris, pluvieux, frette (environ 0,4 degré sous les normales, ce qui a été assez pour causer des famines, soit dit en passant).

Cet été tristounet a entraîné bien des problèmes socio-économiques.

Mais il a également poussé une bande d'écrivains (Mary Shelley, son mari Percy, sa demi-soeur Claire Clairmont et l'amant de celle-ci Lord Byron, ainsi que leur ami Polidori) à s'enfermer dans une villa pour écrire sans discontinuer des histoires de peur pendant tout l'été.

Bref, dans la tête de tous les amoureux de la littérature, l'été sans été de 1816 reste célèbre parce qu'il nous a donné Frankenstein.

En ce 4 juin plutôt frisquet (le réchauffement climatique, c'est pour les autres, le Québec, en bonne société distincte, a décidé de se refroidir à la place!), après des mois d'avril et de mai salement pluvieux (où, pour une fois, on ne s'est vraiment pas découverts d'un fil!), je commence à me demander si on s'enligne pas pour un second "été sans été".

Auquel cas, je crois que je vais me mettre à la recherche de quelques amis, et d'une villa, histoire que la grisaille ne soit pas tout à fait perdue! :p

vendredi 31 mai 2019

Somniloquie

Depuis qu'elle est toute petite, ma puce parle en dormant.

Pendant longtemps, c'était juste mignon : elle marmonnait, indistinctement, tout bas. Et, de temps à autre, surnageait un mot appris durant la journée.

Puis les mots se sont faits plus forts, plus distincts, mais c'est resté mignon. Passer devant la chambre de ton enfant au milieu de la nuit et entendre "Je t'aime maman", y'a de quoi ravir un coeur de parent. (J'ai aussi entendu des "Y'é où mon dragon?" et autre "Mon oreiller vole!" qui m'ont bien faire rire.)

Cependant, ces derniers temps, c'est devenu plus intense. Les mots sont devenus des cris. Et si se faire réveiller par un "JE T'AIME MAMAN!" hurlé au milieu de la nuit, c'est pas trop inquiétant, quand c'est plutôt "AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH LÂCHE-MOI!" ça réveille croche en maudit!

Qui c'est qui a bondi de son lit et a déboulé dans la chambre de sa fille à 2h30 du matin, en panique totale? Ouais, vous avez deviné : c'est moi!

Ma puce, elle, dormait à poings fermés.

Mon chum aussi d'ailleurs. O.o

C'était à se demander si je l'avais rêvé! (Mais non : le cri a été répété, moins fort, deux minutes plus tard et j'étais bien réveillée.)

Ouf! Heureusement, la puce ne fait pas ça toutes les nuits! Mais j'espère que ça va lui passer! (J'ai peu d'espoir : mon chum aussi parle en dormant, mais il a la politesse de marmonner! :p )

mercredi 29 mai 2019

Observation d'un phénomène social

Avec l'affaire de l'auteur accusé de pornographie juvénile, je me suis retrouvée, un peu involontairement, aux premiers rangs pour observer un phénomène social : les vagues qui agitent parfois les médias sociaux.

Je n'ai pas pris position pour ou contre cette histoire (quoique je sois définitivement contre les appels à la panique et que je sois très triste pour le pauvre auteur!). J'ai écrit un (long) billet pour remettre le tout en contexte historique et judiciaire, et pour me donner, à moi-même, la paix d'esprit nécessaire pour continuer à créer.

Mais j'ai vu le phénomène médiatique se dérouler.

J'ai vu des gens, qui n'avaient ni lu la loi, ni lu le livre, réagir avec passion... et approximation.

J'ai vu des gens qui comparaient des pommes avec des oranges.

J'ai vu de la désinformation être semée et reprise allègrement.

J'ai vu des gens, en position d'autorité et/ou bien informés, qui laissaient planer le doute et la peur, comme si cette histoire allait faire boule de neige et les emporter tous.

J'ai vu défiler des opinions, mais très peu de faits. Ceux que j'ai eu, je suis allée les chercher moi-même.

J'ai vu des gens se demander qui était cette prof qui avait fait la première plainte, avec une envie évidente de pouvoir s'en prendre à elle. Des gens qui ne voyaient pas que les articles plus récents parlaient de plaintes au pluriel. Ils cherchaient un coupable et étaient prêts à tirer sur le messager.

J'ai reçu des messages privés de plusieurs personnes qui étaient heureuses de mon initiative et me remerciaient de mon travail de recherche, mais n'avaient pas envie de le dire publiquement, par crainte des retombées, ne serait-ce que les milliers de messages qu'ils auraient à gérer! (Et, on s'entend, je ne défendais pas une position controversée!)

J'ai vu des gens m'accuser à mots voilés (ou pas) de malhonnêteté intellectuelle voire de paresse, parce que je faisais des raccourcis (le texte était déjà assez long) et que je n'avais pas pris en note et cité tous les sites, lois et jugements parcourus (dites, si vous en voulez plus, faites vos recherches, c'est pas dur, suffit de taper "pornographie juvénile lois (ou jugements) canada" dans Google). J'ai compris la fatigue récente du Pharmachien!

J'ai vu des gens m'écrire de longs textes, qui disaient en essence que, peu importe les faits que je citais, je ne les ferais pas changer d'avis. Je ne sais pas s'ils se rendent compte que le temps que j'ai pris à les lire, c'est du temps pour travailler que je ne retrouverai jamais.

J'ai vu des gens chercher l'exemple, LE truc que je n'avais pas lu et dont je ne pourrais pas discuter, pour me prouver que le livre accusé n'était pas si pire que ça. (Et oui, ces exemples existent, je n'en doute pas, mais ils ne sont pas couramment disponibles sur les tablettes du Walmart.)

J'ai vu mon texte, que je crois raisonné et nuancé, être lu quelque 5000 fois... Pendant que les opinions sans nuance de gens médiatisés, mais pas nécessairement informés, étaient lues et aimées dix fois plus.

J'ai perdu des amis. (Remarquez, si je perds des amis parce que je demande qu'on réfléchisse et qu'on se calme, c'est ptêt des amis que je préfère ne pas avoir.)

Bref, j'ai pu observer, de près, à quel point un appel à la raison et des mots rassurants ça peut passer dans le vide. À quel point les gens semblent préférer réagir que réfléchir. À quel point la peur de perdre des libertés individuelles et immédiates (écrire ce qu'on veut, lire ce qu'on veut) semble être le moteur pour mobiliser les gens.

Ce n'est pas rassurant (c'est même terrorisant) tout ça, mais, le sachant... Ptêt qu'on pourrait organiser une vraie campagne de peur au sujet des changements climatiques? :p Étudier la montée du prix des denrées en raison des changements du climat et leur expliquer ce que ça donnera si ça continue comme ça? Forcer les gens à s'indigner? Montrer ce qu'ils perdront comme libertés?

En attendant, vous pouvez être sûrs que tout ça va m'inspirer au moins un texte!

vendredi 24 mai 2019

On peut pas plaire à tout le monde

Récemment, alors que je discutais avec d'autres écrivains du concept de la diversité en littérature ( ça veut dire refléter la réalité dans nos textes et ne pas mettre seulement des personnages blancs, québécois de souche, hétérosexuels, etc.), l'un d'eux m'a lancé : "Le problème, c'est que si on fait ça, y'a des gens qui vont se plaindre qu'on a pas le droit, qu'on les approprie..."

C'est un point... qui mérite, je crois, d'être discuté.

Voyez-vous, dans ce genre de contexte, on tombe dans une situation pour laquelle les anglophones ont une très belle expression : damned if you do, damned if you don't (damné si vous le faites, damné si vous ne le faites pas). Vous ne représentez que des gens qui vous ressemble? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc. Vous représentez des gens qui ne vous ressemble pas et on vous reproche la manière dont vous l'avez faite? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc, en plus d'un appropriateur culturel!

Savez-vous quoi? Tant qu'à moi, vous devriez y aller quand même pour la seconde option! Dans le premier cas, tous ceux qui vous liront pourront vous reprocher, avec raison, votre manque de réalisme et de sensibilité sociologique et culturelle. Tandis que dans le second cas, surtout si vous avez fait des recherches honnêtes (oui, ça implique d'aller parler avec des gens qui ne vous ressemblent pas, même si c'est intimidant), je parie qu'il y aura autant de gens heureux de lire vos efforts que de gens qui vous les reprocheront.

Et pour vous protéger de ceux qui vous feront des reproches, j'ai une petite formule magique à vous apprendre. Trois phrases. Dites sincèrement (mais voilà, faudra être sincère), elles règlent pas mal tous les problèmes. Les voici : "Je suis désolée si je vous ai offensé. Qu'est-ce que j'ai écrit qui vous dérange? Comment est-ce que je pourrais m'améliorer dans un prochain texte?"

Comme écrivain, comme artiste, on ne peut jamais plaire à tout le monde. Mais je pense que ce n'est pas une raison pour fuir devant les situations qui ouvrent à la critique. Sinon, on avancera jamais. Notre société est belle et riche à cause de sa diversité. Il faut apprendre à la mettre en scène dans notre littérature (parce qu'en introduisant les différences dans l'imaginaire collectif, on contribue à leur acceptation). Même si ça implique que ce sera pas parfait du premier coup.

mercredi 22 mai 2019

Transitions

Je crois que je n'en ai pas parlé ici, mais mon chum, après huit ans chez le même employeur, a décidé d'aller changer d'air. Une opportunité en or s'est présentée chez Unity, la compagnie qui développe l'éditeur de jeux vidéos avec lequel il travaillait déjà depuis quelques années pour ses projets personnels!

Bref, mon chéri vient de trouver sa job de rêve! :) Technologies motivantes, projets motivants, salaire motivant (note aux employeurs : ça veut dire élevé!) et on espère que les collègues seront tout aussi motivants.

Seul bémol : il doit recommencer à travailler cinq jours par semaine, ses semaines de travail seront un peu plus longues et, surtout, le bureau est sur l'île de Montréal, ce qui veut dire deux heures de déplacement par jour (en transport en commun, parce qu'en voiture ce serait tout aussi long, peut-être même plus, et plus stressant!). Donc, mon chéri sera désormais parti de la maison beaucoup plus longtemps chaque jour. Il pourra déposer la puce à la garderie le matin, mais je devrai aller la chercher le soir. À pieds. Parce que la voiture sera au terminus incitatif, d'où mon chum sera parti pour Montréal. O.o

Ouf! Les prochains mois s'annoncent longs. Je ne sais pas si la puce sera capable de faire tout le trajet de retour à pieds avec moi à tous les soirs. Or, elle est trop grande pour la poussette désormais et un peu trop malhabile en vélo pour que ce soit une option. Et je préfère ne pas compter sur le bus, aux horaires parfois fantaisistes.

Heureusement, tout va rentrer dans l'ordre quand la puce commencera l'école (en septembre) : un autobus viendra la cueillir le matin et la redéposer le soir. En attendant, faudra s'adapter. Mettons que pour le prochain quatre mois, j'ai l'impression qu'on va vivre une longue (et pas trop pénible, j'espère) transition.

Ne vous étonnez pas si les billets sont irréguliers pour un moment. (Bon déjà que mercredi et vendredi, c'est pu la régularité qu'on avait, je sais, je sais... :p ) J'vais essayer de m'arranger pour que l'écriture, elle, ne souffre pas trop!

vendredi 17 mai 2019

Décoder l'humain

Depuis que je suis maman, je me dis qu'être parent est un exercice extrêmement intéressant pour un écrivain. En effet, ça nous donne mille occasions de décoder l'humain.

Au début, on commence par des exercices faciles : le petit bout d'humain hurle et on doit deviner s'il a faim, chaud, froid, soif, mal quelque part, une couche souillée ou envie d'un câlin.

Puis le petit bout d'humain grandit et commence à maîtriser le langage. Cependant, en cas de situation complexe, il revient à son mode d'expression premier : le hurlement. À nous de comprendre pourquoi. Quelle tension psychologie a amené cette régression? Un ami qui a volé un jouet? Une frustration devant un objet difficile à manipuler? Un sentiment d'abandon devant maman qui lit son livre au lieu de nous regarder? (Pas que ce soit arrivé pour vrai, voyons *tousse*)

Arrive le moment où l'humain en formation hurle rarement. À la place, dans les moments de grand stress psychologique, il frappe, mord, griffe ou insulte. Il faut donc éviter de se faire blesser (par les coups, hein, parce que les insultes d'un enfant de 3-4 ans, ça donne surtout envie de rire), tout en décryptant la situation. Pourquoi mon enfant m'en veut-il soudain? Est-il vraiment fâché contre moi ou est-il tout simplement fatigué? L'ai-je négligé, insulté involontairement ou a-t-il passé une mauvaise journée à la garderie?

Et c'est là que ça devient fascinant. Parce qu'on découvre que, dès 3-4 ans, l'humain, lorsqu'il est malheureux, a tendance à réagir agressivement envers les gens les plus proches de lui, ceux qui l'aiment le plus. Même s'ils n'ont rien à voir dans son malheur.

Oui, d'accord,on nous a déjà expliqué ce mécanisme (en tout cas, je l'avais vu dans mes cours de psychologie au cégep), mais dans une situation réelle, lorsque notre meilleur ami nous criait des bêtises, on avait tendance à l'oublier. On se repliait sur notre blessure, crachait à notre tour quelques insultes et l'appel à l'aide inconscient du meilleur ami passait sous silence.

Sauf que le parent ne peut pas ignorer l'appel à l'aide de son enfant. Pour éviter les coups, il faut ouvrir grand les bras, les refermer autour de la petite boule de furie et, même si on est nous-même fâché, lui murmurer "Je t'aime, je vois que tu vas pas bien, je t'aime, arrête de me frapper, je t'aime, ça va aller, on va s'expliquer..." Au bout d'un moment, ça finit par fonctionner, la furie se calme et on peut ensuite obtenir le fin mot de l'histoire.

Et puis, un jour, un ami adulte nous pète un plomb et au lieu de nous replier sur nous-même, de réagir à l'agression par l'agression, on applique notre réflexe de parent, on ouvre les bras et on dit "Qu'est-ce qui ne va pas? Pourquoi tu réagis comme ça? Je t'aime, moi."

Pis là on obtient une vraie réponse, sur laquelle bâtir une meilleure relation ou qui aidera notre ami à passer à travers un moment difficile. Pis on est bien fiers d'avoir appris à décoder l'humain. On se dit que ça va servir dans un prochain roman...

En fait, on est tellement fiers qu'on écrit un billet de blogue qui avoue, essentiellement, que depuis deux ans on traite nos amis comme des enfants de trois ans... Mais des enfants de trois ans qu'on aime de tout notre coeur! ;)

mercredi 15 mai 2019

Mes madames (2)

Je vous ai déjà parlé de "mes madames", c'est-à-dire le groupe de jeunes retraitées de ma ville à qui je donne des ateliers d'écriture depuis maintenant deux ans (groupe qui comprend désormais un papa en congé de paternité, alors ce n'est plus vraiment un groupe de madames, mais on a décidé que le féminin l'emportait encore! lol!).

Deux ans avec, en moyenne, trois heures d'atelier d'écriture par mois, plus un devoir à faire à la maison... Mine de rien, on en a couvert de la matière avec ce groupe!

Les différents narrateurs, les manières de créer des personnages, les dialogues, les descriptions, le schéma narratif, les figures de style, la science-fiction, le fantastique, la poésie, le conte, le texte historique, la recherche...

Quand je commence à recevoir des courriels qui ressemblent à ça :

Je pensais écrire ma nouvelle avec un narrateur choral qui parlera des personnages au "vous", pour bien impliquer le lecteur dans le récit, qu'est-ce que tu en penses? 

ou à ça :

Je veux couvrir une assez longue période de temps... Penses-tu que je pourrais y aller par fragment, en ordre chronologique, mais avec des ellipses un peu brusque, pour ne pas perdre de temps en transition?

C'est signe que "mes madames" sont rendues plus aguerries que certains écrivains débutants qui fréquentent les ateliers courts ou que je dirige pour Brins d'Éternité!

Comme on l'a dit dans Écrire et publier au Québec, il n'y a pas d'âge pour apprendre à écrire! :) J'en vois la preuve régulièrement avec mes ateliers et c'est génial de penser que j'y ai contribué!

vendredi 10 mai 2019

Exposer sa douleur

J'ai toujours un malaise quand je lis des messages sur Facebook comme "Déjà deux ans que tu es partie, tu me manques tellement grand-maman!"

Je ne doute pas de la sincérité de la peine de la personne qui écrit ça, mais en même temps... ben je trouve que ça montre que, non, la douleur n'est plus si forte, le manque si aigu.

Pourquoi?

Parce que, sept ans après avoir perdu ma mère, quatre ans après avoir perdu ma grand-mère, je ne me verrais pas mettre un tel message sur Facebook. Je sais que je n'arriverais pas à gérer ensuite les commentaires de quasi-inconnus et que les messages maladroits, même d'encouragement, me feraient trop mal. Ici, c'est moins pire, l'audience sera plus limitée, mais sur Facebook...

Je sais que je finirais avec des larmes qui me dévalent les joues sans que je puisse les contenir, pliée en deux comme après un direct au plexus, recroquevillée autour de cris qui ne veulent pas sortir. (Ou qui ne peuvent pas, sous peine de traumatiser à jamais ma puce qui joue à mes côtés!)

Je me sens déjà de même quand je lis les messages de mes cousins qui, eux, ne se privent pas d'écrire à quel point ma mère leur manque. À quel point notre grand-mère est présente dans leurs pensées. Je sais qu'ils s'attendraient à ce que je renchérisse, à ce que j'en rajoute, que j'approuve, que je commente, que je "like"... Mais je peux pas. Parce que ma maman et ma grand-maman méritent plus qu'un clic sur un bouton. Parce que ça ferait trop mal d'essayer de réduire ma douleur de ne plus les avoir près de moi à un commentaire ou un statut sur Facebook.

Parce que la seule qui peut comprendre à quel point je me sens abandonnée, orpheline, depuis que ces deux femmes-là sont parties de ma vie, c'est ma petite soeur. Mais elle, au moins, elle a une grande soeur.

Cela étant dit... Bonne fête des mères à tous! En fin de semaine, si vous le pouvez, faites un câlin à votre maman de ma part. xxx

mardi 7 mai 2019

Extrait de maltraitement de texte

Alors je ne vous ferai pas un récapitulatif du Boréal, parce que j'en serais bien incapable, sauf pour dire que ce fut génial! Je n'ai pas assisté à assez de table-ronde (parce que j'étais occupée à jaser ou à lire des textes pour l'écriture sur place), mais j'ai eu beaucoup de plaisir à animer la mienne et à participer à deux autres. À part ça, j'en suis arrivée au stade où je peux repérer sans peine les nouveaux venus au congrès (parce que ce sont ceux qui ne me sautent pas dessus en criant "Gen!!!!!!" pour me faire la bise) et où me semble que j'ai des sujets de conversation avec tous les anciens, alors je me sens comme un poisson dans l'eau! Ok, ça me donne aussi l'impression de faire partie des meubles et de recevoir un petit coup de vieux, mais c'est pas grave, c'est juste réconfortant d'être parmi "les miens" pendant toute une fin de semaine.

Puisque j'ai touché un mot au sujet des tables-rondes... L'une de celles où je participais était le maltraitement de texte. Le principe de ce panel est que Yves Meynard, notre animateur, envoie à quatre participants, quelques jours avant le congrès, des extraits de très mauvais livres publiés. Il nous demande d'écrire des continuités crédibles à ces extraits. Durant la table-ronde, l'extrait original est lu, ainsi que les continuités proposées par les participants et la continuité originale. Le public doit ensuite deviner quel est le morceau original. Tâche à laquelle il échoue toujours! Cette année, le public a cru que les textes de Francine Pelletier étaient les vrais.

De mon côté, je suis vraiment nulle à ce jeu, finissant année après année bonne dernière. Je crois qu'Yves me réinvite surtout parce qu'il finit par y avoir un moment (très comique) où je suis trop pliée en deux de rire pour continuer à lire l'extrait que je dois présenter.

Cette année, je pensais que j'avais joué un bon tour à un autre participant, car j'ai écrit un texte très loufoque... Malheur à moi : le hasard a voulu que je doive rire de mon propre texte!!! Et oui, je suis le genre de personne qui rit de ses propres jokes! :p (Ça fait toujours au moins une personne!)

Puisque personne n'a donc pu entendre ce texte correctement, je vous le mets ci-dessous. Imaginez-vous essayer de lire ça à haute voix, avec intonations appropriées, devant une salle déjà hilare des textes précédents, alors que vous avez vous-mêmes les larmes au yeux tellement vous riez depuis une heure... Ben c'est ça. J'ai pas pu.

La consigne était d'écrire une texte d'environ 200 mots, où tous les noms de personnages finiraient en -ar, et qui se terminerait avec les mots suivants : "... une sorte de poche métallique tressée. Horrible filet! Un nid? Une gigantesque nacelle grise? Montgolfière insolite! Résille catastrophique!" Ça m'a décidément trop bien inspirée...

* * *
Lorrenar, déboussolé, contempla son environnement. Qu'est-ce que c'était que ce tube à section carrée? Une prison ouverte aux deux bouts? Une ruelle intérieure? Débauche de murs! Alternance de portes! Un couloir, voilà, c'était un couloir.

— Ton implant cérébral s'embrouille encore? lui demanda Michelar.

Il avait deviné, en voyant Lorrenar tâter les murs avec effroi, que les connexions neurales artificielles de ce dernier lui avaient livré des interprétations erronées des stimuli captés par ses sens. Cela lui arrivait de plus en plus souvent, pauvre Lorrenar. Éventuellement, les pannes de lexique seraient permanentes.

— Il faut vraiment que tu te payes cette mise à jour! ajouta Michelar.

— Si on réussit notre coup, c'est la première chose que je ferai, je te le serment solennel, vœux séculier, promets.

— Ça s'arrange pas, ton affaire, Lorrenar.

— Ouvre la porte, Michelar, sinon ça n'ira jamais en s'améliorant, s'amieutant… ah non, s'améliorant c'était bon. Tu sais que c'est pire quand je suis nerveux.

Répondant à l'invitation de son compère voleur, Michelar se pencha sur ses crochets métalliques, ses électro-aimants et ses cadrans numériques, le tout accroché à la porte qu'ils essayaient d'ouvrir, car derrière ils espéraient trouver une cargaison de puces mnémoniques vierges, une denrée rare et précieuse.

— Je l'ai! Arrgggggg!

Une manipulation de Michelar avait provoqué un déclic encourageant, vite suivit par un bruit d'électricité et une odeur de cochon brûlé. Michelar cria et s'écroula, tandis que la porte s'ouvrait. Lorrenar, paniqué, se retrouva face au contenu de la pièce, une sorte de poche métallique tressée. Horrible filet! Un nid? Une gigantesque nacelle grise? Montgolfière insolite! Résille catastrophique!

vendredi 3 mai 2019

Tranche de vie (38)

Je suis debout devant un miroir, en train d'inspecter les résultats de mon shampooing colorant fait la veille. Ma puce se plante à côté de moi.

Elle - Qu'est-ce que tu fais maman?

Moi - Je regarde si ma teinture a bien caché mes cheveux gris.

Elle, du haut de ses quatre ans - Pourquoi?

Moi - Parce que j'en ai beaucoup, mais ils sont pas très bien placés, alors c'est pas joli, donc je les cache. Quand j'en aurai plus, un peu partout, je les cacherai plus. J'aurai des belles mèches argentées!

Elle - Ah oui, ça va être beau. J'ai hâte que tu fasses ça!

Puis elle s'étire... et met sa main sur mon épaule.

Elle - Maman! Regarde, je suis tellement grande, je touche ton épaule!

Moi, qui n'en revient pas parce que je devais bien avoir six ans, si c'est pas sept, quand j'ai réussi à faire ça avec ma mère - Wow! C'est vrai!

D'accord, j'suis petite, mais tout de même! Elle ne peut pas pousser aussi vite!?!

Elle, jouant avec une de mes couettes  - Ça va être quand que tu vas avoir des cheveux en argent?

Moi, marmonnant entre mes dents - Si tu continues à grandir de même, ça risque d'être bientôt!

Elle - Quoi?

J'lui ai fait un câlin. C'était plus simple. ;)

mercredi 1 mai 2019

Boréal 2019!

C'est le congrès Boréal en fin de semaine!

Ce sera un petit congrès relativement tranquille pour moi cette année. (Surtout si on compare avec l'an dernier, où je prenais part à l'organisation!!!).

Je participerai au maltraitement de texte (une activité hilarante où des participants doivent, à partir d'un extrait d'un mauvais livre, tenter d'écrire la suite la plus crédible possible, tandis que le public vote pour les suites proposées et essaie d'identifier la vraie).

J'animerai une table-ronde (sur la représentativité).

Je participerai à une autre table (sur la situation actuel de l'écriture et de la publication au Québec).

Et je serai juge pour le concours d'écriture sur place.

Je suis contente, parce que toute la programmation a l'air passionnante, alors j'aurais détesté ne pas pouvoir y assister!

Cela dit, les conversations de couloir (et autour des repas) restent toujours mes moments favoris des congrès! :)

Au plaisir de vous y voir! (Et de jaser! ;)

vendredi 26 avril 2019

Et c'est terminé (bis!)

Ouf!

C'est fait!

Pour la seconde fois, voilà que j'ai mis le point final à mon roman policier. En d'autres mots : la réécriture est terminée!

*insérer ici une danse de la joie, mais courte, parce que l'auteure est fatiguée*

Dire que j'avais entamé cette réécriture en la croyant superficielle... Je transformais un indice en un autre et ça finissait là...

Sauf que ça s'est révélé exhaustif comme exercice. J'ai rajouté des scènes (10 000 mots de plus), réécrit à peu près toutes les phrases, reficelé des éléments par-ci, par-là, rajouté des personnages, bougé des dialogues de place...

Le boulot est pas encore fini (je dois imprimer tout ça, traquer les coquilles, les répétitions, les bouts mal recousus), mais y'a quand même un gros poids qui vient de s'enlever de mes épaules. J'ai poussé le projet aussi loin que je le pouvais en travaillant seule (et avec mes premiers lecteurs). Mon indice infaillible pour le savoir : la seule pensée de le modifier à nouveau me donne des nausées! Advienne que pourra, ce sera donc cette version que je présenterai à des éditeurs.

J'vais pas vous cacher que ça me terrifie. Est-ce qu'il trouvera preneur? Ai-je fait tout ça pour rien? Je ressens également un grand vide. Après quatre mois à travailler intensément sur ce roman-là, je vais faire quoi maintenant?

Je suppose que je vais m'attaquer au second roman, mon truc réaliste, qui traîne et qui a besoin d'une réécriture... Vais-je le transformer en récit de genre? J'y réfléchis encore...

Ce qui veut dire que je rédigerai sans doute quelques nouvelles pendant que je cogite! ;)

mercredi 24 avril 2019

Derniers milles

Le roman policier est sur ses derniers milles.

Si tout va bien, je vais finir cette semaine.

Je suis plongée dans "la zone" comme ça ne m'était pas arrivée depuis longtemps : au diable l'entraînement, j'oublie de manger, mes cafés refroidissent (quand je pense à m'en faire) et les tâches ménagères se feront plus tard!

J'ai l'impression que ma tête va éclater, que j'ai du mal à y faire entrer tous les petits morceaux d'intrigue qu'il me reste à placer. Ça tourne en boucle, en permanence.

Un roman policier, ça culmine. Et la culmination est d'autant plus délicate lors de la réécriture, quand on a déplacé des petits bouts ici et là pour les replacer ailleurs. Je connaissais la réécriture importante de type "démolition au marteau piqueur", celle délicatement chirurgicale de type "broderie" ou "tricotage"... Cette fois-ci, je fais de la courte-pointe!

J'aimerais croire qu'une fois que je vais avoir fini cette révision, j'aurai une version pas mal finale.

Mais je vais être réaliste : ça va prendre une bonne relecture, à tête reposée, pour m'assurer que j'ai tout bien replacé, que les coutures tiendront sans être trop apparentes... Il y aura sans doute aussi pas mal de coquilles à corriger, car j'ai presque tout réécrit au cours de la révision. Entre le début de la rédaction et la fin, il s'était écoulé six ans, soit au moins deux éternités stylistiques! Je suis pas mal contente du résultat, même si ce sera jamais parfait...

Assez parlé, je m'y replonge!

À bientôt!

lundi 22 avril 2019

Finalistes

Les finalistes des prix Boréal 2019 sont connus!

(La liste complète est ici)

Cette année, j'ai la chance de me retrouver en finale pour deux nouvelles, mais également pour mes critiques (je dois avoir été trop gentille! lol!) et pour le blogue (vous voulez vraiment que je mette le design à jour, hein? hihihihi!).

En plus, Brins d'éternité, la revue dans laquelle j'ai le plaisir de m'impliquer depuis des années (comme critique et directrice littéraire ces derniers temps) apparaît non seulement comme "meilleur ouvrage connexe", mais trois des cinq nouvelles finalistes ont paru dans ses pages!

Pour faire mieux connaître les textes primés (et permettre un vote éclairé à ceux qui ne les auraient pas lus), la revue a décidé de les rendre disponibles gratuitement jusqu'à la date du congrès (le 5 mai).

Pour les télécharger, vous pouvez donc passer par le site de la revue ou directement par ici. (Vous en faites pas : le fichier est sécuritaire.)

Bonne lecture!