jeudi 21 mars 2019

Bonjour, je suis écrivaine

Pour les nouveaux venus sur ce blogue... 

Bonjour, je m'appelle Geneviève Blouin et même si plein de gens viennent de me découvrir via un billet de blogue, je suis avant tout une écrivaine (j'ai gagné, entre autres, un prix Aurora-Boréal et le Prix Canada-Japon 2016 pour mes romans et mes nouvelles). C'est comme ça que je gagne ma vie maintenant. Côté formation, j'ai une maîtrise en histoire et une ceinture noire en taekwondo (d'où le poing dans le titre du blogue).

Et oui, je vis de ma plume (ou, enfin, la plume suffit à mes besoins, car mes boulots alimentaires de jadis m'ont permis de rembourser mon hypothèque), même si la majorité des gens qui ont lu mon billet n'avaient jamais entendu parler de moi avant.

Vous trouvez que j'ai fait oeuvre utile avec mon billet? Vous aimez ma manière de rechercher mon sujet avant d'écrire? Ou alors vous aimez ma façon de rédiger et de penser? Ou voulez m'encourager, découvrir ce que je fais, peut-être me rapporter un dollar ou deux? La liste de mes publications est. Y'en a pas mal pour tous les goûts! Pour des échantillons pré-achat, j'ai des textes disponibles en ligne, en mode expérimentation littéraire, fantastique, chanson de geste et fantasy-pratchettienne.

Bonne lecture! Et vous reviendrez me voir, j'suis pas sorteuse. ;)

Pour les habitués... 

Désolée, chers lecteurs. J'ai laissé le billet précédent en ligne plus longtemps qu'à mon habitude, parce qu'il circulait beaucoup... et, je dois vous avouer, parce que j'étais prise dans le tourbillon des messages Facebook, courriels, commentaires, discussions Messenger et autres qu'il a généré. (Ouais, c'est pas cette semaine que mon roman policier aura avancé!) Et aussi parce que je ne savais pas trop comment poursuivre. Mes billets sont en moyenne vus 30 ou 50 fois si je ne les partage pas, 200 fois si je les partage sur Facebook, tandis que "Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019" est rendu à 2500 vues et ça monte toujours.

Alors j'ai décidé de me présenter, au cas où ça intéresserait certains de ces nouveaux lecteurs.

À vous, je vais confier que je trouve la situation salement ironique. Mes études en histoire m'ont formée aux méthodes de recherche. J'ai pas trouvé de boulot comme historienne, alors je suis devenue secrétaire juridique. Là, j'ai utilisé mes capacités de recherche pour soutenir mes avocats et j'ai appris à lire le jargon légal. À temps perdu, j'ai commencé à publier. Éventuellement, j'ai pu larguer le boulot de secrétaire et je suis devenue écrivaine à temps plein. J'ai gardé le blogue pour m'amuser et jaser d'écriture, à temps perdu. Et dans ma carrière d'écrivaine, l'un de mes textes qui aura eu le plus de visibilité (sinon le plus, car il se rapproche du total des ventes de Hanaken), c'est un billet de blogue en forme de recherche juridico-historique que j'ai faite rapidement, pour me rassurer moi-même dans ma démarche créative. O_o

Oh well! :p Je vais prendre ça avec philosophie. On est la somme de nos expériences, hein? :p

mardi 19 mars 2019

Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019

Alors, pour résumer, un écrivain québécois et son éditeur sont présentement mis en accusation pour production et distribution de pornographie juvénile. (Je ne mets pas les noms ici, parce que je veux éviter les armées de troll des deux camps, mais googlez si vous savez pas de qui je parle.) Ce à quoi la plupart des écrivains réagissent avec étonnement:  "Quoi? Un écrivain de fiction peut être arrêté à cause de ses mots?!?" Tandis que d'autres s'indignent : "C'est ça, hein, on est rendus là, on peut pu rien écrire asteure!" Et quelques-uns s'inquiètent : "Ce sera qui le prochain? J'ai tué trois personnes dans mon dernier roman, est-ce qu'on va m'accuser de meurtre?"

N'étant pas épargnée par ces inquiétudes (même si je suis moins surprise que beaucoup par la tournure des événements), j'ai décidé de puiser dans mon double passé d'historienne et de secrétaire juridique et de me livrer à quelques recherches pour essayer de faire le tour de la question. Ce qui m'intéressait : qu'est-ce qu'on ne peut vraiment pas écrire en 2019? J'ai structuré le billet autour des arguments que j'entends le plus souvent ces jours-ci (et auxquels j'ai répondu à la pièce sur Facebook et ailleurs). Prière de lire en entier avant de commenter, histoire de ne pas les répéter.

Note d'usage : je ne suis pas avocate. Ceci ne représente pas un avis juridique. Juste un résumé, au meilleur de mes capacités de lecture et de raisonnement. 

Cette histoire est une attaque à notre liberté créative!

Désolée. J'ai cherché, mais légalement parlant, la liberté de création, ça n'a pas l'air d'exister au Canada. C'est plutôt un sous-produit de la liberté d'expression (garantie par l'Article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés).

C'est de la censure!

Oui, au sens où on veut interdire la diffusion de quelque chose... et non, car ce n'est pas une décision arbitraire, mais juridique, basée sur une loi bien définie.

En fait, il n'y a plus d'organisme de censure au Canada, ni au Québec (depuis les années 50 environ). Plus personne ne surveille tout ce qui se publie (alors que ça s'est fait jadis). Pour les films, on les surveille, mais seulement pour les classer par catégorie, pas pour les interdire. Dans tous les cas, le pouvoir de faire appliquer les limites légales à la liberté d'expression revient à l'appareil judiciaire, qui n'ouvre une enquête que lorsqu'il y a des plaintes et si la plainte est fondée en droit. (C'est-à-dire qu'il y a une loi pour soutenir la plainte.) En théorie, ça veut dire que vous pourriez écrire quelque chose qui brise des lois, mais si personne ne se plaint, vous ne serez jamais inquiété.

C'est une attaque à notre liberté d'expression d'abord!

Pas vraiment. Comme j'ai dit plus haut, il y a des limites légales, la liberté d'expression n'est pas absolue. Elle est limitée par d'autres droits, dont celui à la vie privée, à l'image, à la réputation ou à la sécurité. 

Quand on écrit de la fiction, on devrait pouvoir faire ce qu'on veut!

Et on le peut... presque. (On est le 18e pays le mieux classé au monde au sujet de la liberté de la presse et les écrivains sont toujours plus libres que les journalistes.)

Franchement, faut faire pas mal exprès pour enfreindre le droit à la vie privée, à la réputation ou à la sécurité des gens dans nos romans! Faudrait utiliser les vrais noms des gens, leurs vraies descriptions, raconter des vrais faits à leur sujet, puis les mêler avec des fausses histoires destinées à leur nuire (ça serait une atteinte à la réputation) ou alors donner leur adresse (atteinte à la vie privée) ou raconter dans le détail comment on les tuerait (ils pourraient craindre pour leur sécurité). Pis faudrait aussi omettre l'avertissement d'usage au début du livre qui dit "Tous les personnages représentés ici sont fictifs ou utilisés fictivement..."

Cependant, il y a deux manières d'enfreindre le droit à la sécurité qui sont bien connues et sanctionnées par le Code criminel : l'appel à la haine (envers un groupe de personnes) et l'obscénité (ce qui recouvre la pornographie juvénile).

Encore une fois, tant qu'à moi, pour être accusé d'avoir appelé à la haine dans un texte de fiction, faut pas mal le chercher. Il ne suffit pas de mettre les mots dans la bouche d'un personnage à quelques occasions. Il faudrait, à ce que je comprends, avoir l'air d'accord avec ce personnage et interpeller le lecteur afin qu'il agisse en conséquence.

L'obscénité, ça c'est large et subjectif! Ça ne devrait pas s'appliquer à l'art. Surtout aux trucs d'horreur. Rémy Couture a été accusé de ça et acquitté

En effet, l'obscénité, c'est large et subjectif. C'est pour ça que des modifications relativement récentes au Code criminel (je crois que ça date justement d'après l'affaire Rémy Couture) pointent vers l'idée que, dans le cas de l'obscénité, il faut prouver qu'il y a eu dommage au bien du public pour porter des accusations.

Donc si c'est de l'art, de la fiction, et que personne n'est blessé, c'est ok?

À ce que je comprends, oui.

Bon, ben alors cette accusation de pornographie juvénile, c'est n'importe quoi! Aucun enfant n'a été molesté pour faire le roman.

Malheureusement, l'argument "c'est de la fiction" n'est pas valable quand on parle de la pornographie (juvénile ou pas). Parce que la pornographie, par essence, est du domaine du fantasme, c'est fictif, c'est arrangé. (Désolée de péter la bulle de certains ici, mais même dans un film porno où vous voyez tout en gros plan, ça reste de la fiction, parce que y'a ben des chances que l'actrice soit pas vraiment en train de jouir. Et on parlera pas de la probabilité, pour qui que ce soit, de répondre à la porte en petite tenue...)

En d'autres mots, meurtre signifie "tuer quelqu'un". Le meurtre fictif ne tue personne alors ce n'est plus un meurtre et donc ce n'est pas un crime. Pornographique signifie "apte à provoquer une excitation sexuelle". Alors fictive ou pas, si ça reste potentiellement excitant pour ceux dont c'est les goûts, c'est de la porno. La pornographie normale, on l'a légalisée, alors ce n'est plus un problème. Mais la pornographie juvénile demeure interdite. Sous toutes ses formes, même à l'écrit, c'est spécifié dans le Code criminel.

Mais les passages en cause ne m'excitent pas, ils m'écoeurent. 

À moins que vous soyez pédophile, j'ai l'impression que cet argument n'est pas vraiment recevable. La pornographie lesbiennes ne m'excite pas, mais ça veut juste dire que je ne suis pas lesbienne! (Imaginez, si on acceptait cette défense-là, un photographe non-pédophile pourrait créer des images de porno juvénile et les vendre, sous prétexte que lui, ça l'excite pas. On prend en compte l'intention de la personne, mais aussi le contenu et son impact potentiel sur d'autres personnes.)

(MISE À JOUR 5) Mais le photographe ou le réalisateur de film utiliserait des vrais enfants.

Pas nécessairement, de nos jours. Avec ce qu'on arrive à faire en animation 3D, on pourrait faire des scènes de porno juvénile 100% de synthèse et extrêmement réalistes. Et, à ce que je comprends, même en étant 100% artificielles et fictives, ces images resteraient illégales.

Pourquoi on n'a pas légalisé la pornographie juvénile fictive si elle ne fait de mal à personne?

Parce que le système judiciaire considère qu'en laissant de la pornographie juvénile (même fictive) circuler, il y a un risque d'alimenter les fantasmes des pédophiles, de leur donner une légitimité sociale. (On a vu avec les tueries en Nouvelle-Zélande que lorsque les gens ne se sentent plus seuls dans leurs opinions déviantes, ça augmente les chances qu'ils passent aux actes). En plus, cela risque de compliquer le travail des policiers, qui devront essayer de démêler faits et fictions. Donc toute porno juvénile est considérée comme un danger pour la sécurité des enfants et du bien public.

Mais un roman ne rendra pas les gens pédophiles! Et si ça nourrit vraiment leurs fantasmes, pourquoi ça ne nous dérange pas de mettre des tueurs en série en scène dans des romans? Leurs fantasmes à eux, on n'a pas peur de les nourrir?

Je me suis posé la question... Et un petit tour sur le site de Statistiques Canada m'a donné une piste platement statistique : il y a eu 660 homicides au Canada en 2017 et aucun attribuable (pour le moment) à un tueur en série (ou 6 si on compte le massacre de la mosquée de Québec). La même année, il y a eu 8046 infractions sexuelles contre les enfants. Sachant que les agressions sexuelles sur les enfants sont parmi les crimes les moins dénoncés, il y a clairement plus de pédophiles potentiels dans notre société que de meurtriers potentiels. De là l'intérêt de ne pas nourrir leurs fantasmes avec des textes aisément accessibles.

J'ai lu/vu bien pire que ce qui est écrit dans ce bouquin là!

Franchement, ça m'étonnerait (ou bien c'était pas légal non plus!). J'ai lu la majorité des exemples donnés comme "pires" et aucun ne l'était (même pas Sade ou Kristof, quoiqu'ils soient ex-aequo par moment). À ce que je comprends de mes diverses lectures récentes et de la jurisprudence (pas juste de l'article de loi) il faut rencontrer trois critères pour qu'un passage soit considéré comme de la pornographie juvénile.
1- Il faut mettre en scène un mineur (qui n'a pas consenti ou n'a pas l'âge de consentir) et un adulte
2- Qui se livrent à une activité sexuelle
3- De manière très explicite (avec description des gestes et/ou organes génitaux)
Bref, faut pas juste évoquer, il faut décrire en détails.

(MISE À JOUR 3) Tes critères pour déterminer ce qui est de la porno ne sont pas bons. Il faut que l'objet principal du texte, son intention, soit sexuel. Là c'est juste une page. 

La question de l'objet principal, c'est ce que je lis dans la loi moi aussi. Mais ce n'est pas cité dans tous les textes de vulgarisation (dont celui d'Éducaloi, que je cite plus haut). Pourquoi? Je vous avoue mon ignorance (et ma perplexité). Sans doute parce qu'il y a eu de la jurisprudence à cet effet. Pensez-y : on n'accepterait pas une scène hyper graphique d'une minute dans un film, même si ce n'était pas le but général du film. Et si on n'accepte pas une minute dans un film, ça se peut qu'on n'accepte pas une page dans un livre... Surtout que selon mes souvenirs du livre (j'ai lu le passage en cause et j'ai survolé le reste très vite) il n'y a pas seulement un seul abus d'enfant. Mais dans tous les cas, je ne dis pas que ceux qui poursuivent ont raison. Je dis qu'ils pourraient (noter le conditionnel) avoir des assises légales. Une chose m'apparaît sûre : si les personnages avaient été majeurs, il n'y en aurait pas eu.

Stephen King, Patrick Senécal et GRRR Martin font bien pire. 

Non, ils ne décrivent jamais en détails. Ils évoquent, c'est parfois pire pour notre imagination, mais ils ne décrivent pas.

Sade doit se retourner dans sa tombe. 

Je suis sûre que l'auteur présentement accusé est heureux d'être comparé à un homme qui a réellement fait l'apologie de la pédophilie. O.o

Y'a pas une exception dans la loi qui dit que c'est ok si c'est de l'art?

Oui. C'est pour ça qu'on a encore des textes de Sade. Et c'est pour ça que j'ai été étonnée moi aussi de voir l'auteur accusé. Par contre, à ce que je comprends, même pour des raisons artistiques, il y a une certaine dose de pornographie qui est tolérée. Il faut que cela soutienne l'oeuvre, que ce soit nécessaire... Il pourrait être jugé que l'auteur a dépassé les limites tolérées pour des raisons artistiques (ici, oui, c'est vrai, on tombe dans le jugement de "bon goût") ou alors l'appareil judiciaire se servira de ce cas pour tracer une ligne et rappeler aux artistes que la limite, elle est là. (J'espère qu'ils feront ça sans détruire la vie de l'auteur!)

Ouais, pauvre auteur, il ne voulait pas faire de quoi d'illégal.

J'en doute pas! Malheureusement, selon notre système légal, nul ne doit ignorer la loi. Les autoroutes sont parsemées de panneaux nous rappelant la limite à ne pas dépasser... Peut-être qu'il faudrait un avertissement au sujet des limites de la liberté d'expression intégré à nos traitements de texte... (C'est un peu pour pallier ce manque que j'écris cet interminable billet de blogue!)

Je trouve qu'on infantilise les gens en leur disant que lire ci ou ça c'est mal. 

J'suis pas tout à fait en désaccord... Mais d'autres personnes trouvent qu'on les infantilise en leur demandant d'enregistrer leurs armes à feu ou de ne pas rouler trop vite sur telle ou telle rue. La vie en société vient avec des règles et des lois. Des affaires comme celle qui nous préoccupe sont une occasion de voir si ces règles et lois sont encore actuelles ou si elles doivent être modifiées. (Cela dit, je suis bien contente de ne pas être la personne mise en accusation pendant qu'on étudie la question!)

Pourquoi est-ce qu'on hiérarchise un crime par rapport à un autre? Pourquoi on décide que la porno c'est ok, mais la porno juvénile, non?

Parce que le Code criminel moderne passe son temps à hiérarchiser les crimes. On n'est pas condamné pour le même nombre d'années si on tue quelqu'un par accident ou délibérément. On devrait s'en réjouir. Y'a eu des époques où quasiment tous les crimes étaient punis de mort! De nos jours, les crimes touchant les enfants sont considérés les pires, pour des raisons morales... mais aussi de survie de l'espèce humaine.

Les livres qui viennent d'ailleurs ont des passe-droits, ils peuvent écrire ce qu'ils veulent et ensuite le vendre ici. 

Sachant que 162 pays sur 180 ont des lois plus sévères que les nôtres au sujet de ce qu'on peut y imprimer, non, les auteurs étrangers n'ont pas de passe-droits. En plus, les douanes empêchent parfois l'entrée au pays de livres qui contreviennent à nos lois. (C'est rare et controversé et ça concerne principalement le Canada anglais, mais ça arrive.) Et puis, dans tous les cas, l'important si vous vivez et écrivez ici, c'est les lois d'ici, non?

Donc si je tue des gens dans mes livres, même en les torturant atrocement, j'suis ok?

Oui.

Mais non, je suis pas ok : les écoles veulent pas de mes livres! Et y'a des gens qui se plaignent que je ne devrais pas être imprimé!

Ah là, c'est pas le même débat. Ce n'est pas, techniquement, de la censure : personne ne vous a empêché d'écrire ce que vous vouliez et de le publier. Par contre, pour des raisons de goût et de morale personnelle, des gens ont le droit de décider qu'ils ne veulent pas diffuser vos livres ou les acheter pour eux ou leurs enfants. Ils ont même le droit d'encourager les gens à vous boycotter ou votre éditeur à vous abandonner (mais ils ne peuvent rien forcer).

De la même manière, des afro-descendants avaient le droit de crier à l'appropriation culturelle et de protester pour que le spectacle SLAV soit annulé. Qu'ils aient raison ou tort, Robert Lepage n'a jamais été menacé de prison, on est restés hors des questions juridiques et criminelles, parce que Lepage n'avait pas enfreint les limites de la liberté d'expression. (Notez que si les protestataires avaient écrit des menaces de mort à Lepage, c'est eux qui auraient été passibles de poursuite criminelles, car leur liberté d'expression aurait empiété sur le droit à la sécurité de Lepage.)

Cette histoire ouvre quand même une porte à d'autres plaintes du genre. 

Je n'en ai pas l'impression. La loi sur la pornographie juvénile existe depuis longtemps et n'a à peu près jamais servi pour des textes littéraires. Fallait quand même un texte extrême, dans une collection dédiée à l'extrême pour enfreindre les critères d'une des rares lois criminelles qui balisent la liberté d'expression. (Si ça se trouve, les policiers reçoivent souvent des plaintes de gens qui trouvent que des textes vont trop loin, mais on en entend jamais parler parce qu'aucune loi n'est enfreinte et ça revient juste à une question de goût.)

N'empêche... On est rendus là!

Ce qui me fascine avec cette affirmation "On est rendus là", c'est que les gens qui l'écrivent veulent dire "On est rendus tellement bien pensants qu'on arrête un écrivain qui a décrit explicitement des viols d'enfant dans son roman". Alors que moi, historienne, je lis "On est rendus tellement libres de créer ce qu'on veut que des gens ont pensé qu'on pouvait décrire explicitement un viol d'enfant et s'en tirer sans problème."

Remarquez, du point de vue de la liberté de création, c'est magnifique d'être rendus à croire qu'aucune loi ne s'applique au contenu de la fiction ou, en tout cas, qu'aucune loi ne devrait s'appliquer. Je suis heureuse de vivre à cette époque-ci!

Malheureusement, et cette affaire-ci nous le rappelle brutalement, c'est faux. Nous devons encore éviter les atteintes à la réputation, les appels à la haine... et la pornographie juvénile. La suite de l'histoire nous indiquera si ce troisième interdit sera, à l'avenir, maintenu ou abandonné ou plus nettement encadré.

MISE À JOUR : J'ai oublié un autre truc interdit : (parlez-moi de l'éléphant au milieu du salon!) le plagiat. Vous n'avez pas le droit d'écrire une fiction qui est la copie de celle d'un autre auteur. Mais bon,j'pense que cet interdit-là, depuis l'affaire Robinson, on était au courant. 

MISE À JOUR 2 : Je ne suis même pas sûre que j'ai le droit de citer ceci, n'étant pas avocate, mais quand je parle de jurisprudence (à une occasion plus haut dans le texte), c'est à ce jugement que je fais référence. Il m'a été mis sous les yeux par quelqu'un qui semblait mieux connaître le sujet que moi. Il ne concerne cependant pas la littérature et vous verrez que la question des intentions de "l'artiste" est prise en compte par certains juges et non par d'autres. Et l'article du Code criminel est là. À part ça, j'ai lu des articles de vulgarisation. Je n'ai pas fait une recherche exhaustive de la jurisprudence, parce que je ne suis pas formée pour le faire... Pis j'ai un roman à écrire! (Maintenant que je sais ce que je peux y mettre...)

MISE À JOUR 4 : Vous vous demandez qui a écrit ce texte? Réponse ici

vendredi 15 mars 2019

Mal de tête et bons réflexes

Mercredi dernier, je devais donner un atelier à mes dames de la bibliothèque (appellation qu'on va garder, même si le groupe compte maintenant un gars de mon âge!).

Sauf que je me suis levée avec un mal de tête, qui n'a pas passé malgré des advils, de l'eau froide, du café, du yoga, des advils ET des tylenols... bref, tous les trucs que j'ai pu envisager.

Comme il était trop tard pour essayer de reporter le tout, je suis allée quand même, dopée aux advils et quand même l'esprit pas mal embrumé.

Comble de malheur, je devais, ce jour-là, examiner, analyser et commenter les schémas narratifs que mes participantes avaient préparer pour la nouvelle qu'elles vont écrire dans les prochaines semaines.

Ça allait quand même pas si mal, jusqu'à ce que je tombe sur le schéma d'une participante, qui me semblait partir dans tous les sens.

J'ai donc essayé de la réenligner, en me fiant sur ce qu'elle m'avait dit de son histoire à l'atelier précédent.

Je voyais bien qu'il y avait de la résistance de sa part (alors que d'habitude elle accueille super bien les commentaires) et que je lui demandais de tout repenser.

C'est alors que mon participant est intervenu et a posé la question que j'aurais dû poser :

"Mais qu'est-ce que tu veux raconter exactement?" lui a-t-il demandé.

À partir de là, évidemment, tout est devenu plus clair.

Ma capacité à inculquer des bons réflexes à mes ateliéristes : 1
Ma capacité d'analyse littéraire quand j'ai mal à la tête : 0

J'peux pas dire que je suis fière de moi mettons. Une chance que mon groupe est composé de personnes absolument indulgentes et adorables (et qui lisent ce blogue, lol!).

Enfin. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas ennuyée de l'époque où je pouvais juste appeler au travail pour dire "je file pas, je reste chez nous aujourd'hui", mais là, ce fut le cas. Heureusement, quelques jours de décongestionnants plus tard, je vais mieux. J'ai un oeil qui pleure sans arrêt par contre, j'espère que lui aussi va se placer bientôt!

mercredi 13 mars 2019

Après les livres, les films

Voilà des années que, comme beaucoup d'auteurs, je ne lis plus avec l'esprit parfaitement détendu.

J'analyse, je décortique les phrases, je repère les effets de style, les petites tricheries destinées à entretenir le suspense, bref, je vois les ficelles, je devine l'envers du décor et ça détruit un peu la magie des livres.

Un peu seulement. Car un bon livre bien écrit fait oublier toutes ces ficelles et m'emporte sans problème.

Récemment, afin d'accumuler du matériel pour les ateliers que je donne, je me suis mise à lire sur la scénarisation.

Oh boy!

Voilà je viens de me ruiner les films (surtout les films américains) à jamais!

Disons que la structure de base d'un film (le scénario) ressemble beaucoup à la structure de base d'un texte (le schéma narratif), mais en plus codifié, en plus rigide. Bref, en plus prévisible. C'est pas des ficelles qu'on aperçoit lorsqu'on connaît le truc, mais des câbles à bateau!

Cela dit, j'ai quand même appris des éléments intéressants. Notamment le fait qu'on encourage les scénaristes à écrire des scènes qui "fonctionnent" sur le plan émotif, même si du point de vue de la pure logique, ça grince un brin.

Avouez que ça explique bien des choses!

vendredi 8 mars 2019

Tu vas en tirer un texte

Le plus gros désavantage quand t'es écrivaine, c'est que lorsque tu vis de quoi de difficile pis que tu es bien enfoncée dans la déprime, il finit toujours par se trouver une personne bien intentionnée (et qui te connaît bien) pour te dire "Tu vas voir, dans quelques mois, ça va être fini, pis tu vas en tirer un super beau texte."

C'est hyper frustrant!

Premièrement, parce que ça donne l'impression que ce qui t'arrive n'est pas si grave, que tu le mérites un peu, voire que tu l'as cherché et que si ta vie allait bien, tu n'écrirais pas.

Deuxièmement, parce que c'est vrai.

Tu peux jurer tes grands dieux que non, cette épreuve-là fait juste te faire chier, ralentir tes projets, ruiner ta santé, engloutir tes économies, tôt ou tard, elle va se répercuter dans un de tes textes. Pis ça sera sans doute un de tes meilleurs.

Dans six mois, un an, dix ans, l'inspiration va te tomber dessus comme une tonne de briques, tu vas te mettre à écrire pis ça va te prendre une page ou deux avant de te rendre compte de ce que tu es en train de faire, d'où te viennent ces idées, mais tu vas le terminer ce texte.

En pestant contre la personne qui te l'avait prédit.

Bref, si les oreilles vous cillent ces jours-ci, c'est à cause de moi. :p

mercredi 6 mars 2019

Religion vs spiritualité

Durant mes études en histoire, on nous a présenté ainsi les concepts de religion et de spiritualité : 

Religion = Système de pratiques et de croyances organisées, en usage dans un groupe ou une communauté, devant mettre en relation avec le divin.

Spiritualité = Quête de sens et de valeurs prenant en compte l'opposition du corps et de l'esprit, ainsi que la relation de l'individu à un tout. 

En gros, dans une religion, on vous explique c'est quoi le sens de votre vie, quelles valeurs entretenir et quelle est votre place dans le monde. La spiritualité, elle, vous pointe les questions, vous propose une série de réponses possible et vous laisse choisir les vôtres. 

La plupart des croyances Orientales qu'on nomme "religions" (shintoïsme et bouddhisme surtout) sont en fait des spiritualités : non contraignantes, peu organisées, elles ont peu de rituels fixes, peu de discours au sujet du divin, mais elles laissent une grande place à l'individu, à ses réponses et ses interprétations. 

En Occident, la religion (catholique) a longtemps été la seule source de spiritualité et elle était très dirigiste. Comme tout système, cette religion a fini par connaître des dérives, alors on l'a mise à la porte et on ne veut pas la voir revenir. Cela a créé une intolérance envers tout ce qui est ou nous semble religieux.

Or, à voir les gens se lancer corps et âmes dans la dernière diète à la mode, le nouveau traitement miracle, les conseils d'un comptable vedette, l'obsession du rangement d'une shintoïste convaincue, les lubies d'une célébrité ou d'une autre, j'me dis... Ptêt que ces gens-là auraient besoin d'un peu de spiritualité?

Tsé, une raison mystique pour aimer son prochain comme soi-même et pour prendre soin de son corps et de son esprit davantage que de son char?

J'peux-tu présenter un projet de loi pour que toute la province se mette au yoga?

vendredi 1 mars 2019

Les Griffes et les Crocs (Tooth and Claw) de Jo Walton

Pendant mes vacances au Mexique, je me suis permis (chose de plus en plus rare) de lire deux livres qui n'étaient pas des bouquins théoriques, ni des services de presse, ni de la recherche pour un prochain projet.

Bref, j'ai lu deux livres pour me détendre.

Le premier, ce fut Des fleurs pour Algernon/ Flowers for Algernon (je l'ai lu en anglais), un classique que je me promettais de lire depuis longtemps. (C'était d'ailleurs une suggestion d'Isabelle Lauzon, qui avait adoré sa lecture.) Que dire de ce livre... Ce n'était pas surprenant (c'est le désavantage des classiques : on devine facilement leurs rebondissements), mais c'était magnifiquement écrit (l'auteur transforme subtilement son style pour refléter l'évolution du personnage dont on lit le journal) et tellement touchant! Bref, si vous ne l'avez pas encore lu, lisez-le.

Ma deuxième lecture de détente fut Les Griffes et les Crocs/ Tooth and Claw (lu en anglais car la traduction français vient tout juste de sortir) de Jo Walton. Je n'avais aucune idée dans quoi je m'embarquais avec cette lecture. Je connais Jo Walton (une anglo-montréalaise d'origines galloises) depuis plusieurs années à travers les Congrès Boréal et je trouve que c'est une femme passionnante, mais je n'avais encore rien lu de sa plume. Je vais vous avouer que, comme souvent lorsque je fréquente longtemps un autre auteur sans le lire, j'avais une petite réticence : j'apprécie tellement la dame, allais-je être déçue de ses écrits?

Wow! Pas le moins du monde! On m'avait recommandé Tooth and Claw il y a un an ou deux en me disant que c'était "un roman où tous les personnages sont des dragons". Depuis, le roman dormait dans ma pile de livre à lire. Je l'ai ramassé un peu au hasard avant de partir au Mexique, parce que "c'était (enfin) son tour".

Je vais vous dire un secret : depuis l'université (où une amie m'a introduite au genre), de temps en temps, surtout quand je me sens émotionnellement à bout, j'apprécie de lire un roman (ou de voir un film) de Jane Austen ou d'autres auteurs victoriens. (Ok, Austen est pré-victorienne, mais bon, c'est du même tonneau : des histoires où la politique et l'argent complique les mariages, au mépris des sentiments de tous, mais où ça finit bien.)

Or, je suis partie au Mexique vraiment à plat émotionnellement. Et j'ai découvert, en ouvrant Tooth and Claw, que Jo Walton avait comme projet d'écrire un roman victorien où tous les personnages seraient des dragons, afin de rendre effectives et biologiques les règles (préservation de l'honneur des jeunes filles, compétition cruelle entre héritiers, etc) qui sous-tendaient la société victorienne. Je savais dès lors que je serais en bonne compagnie!

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Le roman s'ouvre sur la mort d'un patriarche et la délicate opération consistant à partager sa dépouille entre ses héritiers, qui ont tous très hâte de dévorer leur part. Or, le mari de l'un des soeurs décide de s'approprier plus que son dû, avide de la croissance que la chair des dragons procure à qui l'absorbe. Cependant, les enfants non encore mariés de la famille ont besoin de grandir pour asseoir leur statut et se protéger des attaques en société... La table est mise pour une intrigue politico-légale qui bousculera la vie de tous.

J'ai adoré ma lecture! Jo Walton a une plume magnifique et elle a su rendre sa société draconique cohérente et crédible, tout en dotant ses personnages de sentiments parfaitement humains. Ce fut un régal d'un bout à l'autre. Si vous avez envie de goûter au roman victorien, mais en gardant un délicieux côté fantastique, je vous le recommande sans réserve! Mon seul regret : j'en aurais pris un deuxième tome.

Cela dit, les vacances n'auraient pas été assez longues. Là je dois retourner à mes lectures de travail. Alors mes prochaines appréciations paraîtront plutôt dans les pages de Solaris et de Brins d'Éternité! ;)

mercredi 27 février 2019

Figurines et jeux de société

Je n'en ai pas parlé énormément ici, mais mon chum adore les jeux de société, surtout les jeux stratégiques de la nouvelle vague, des affaires à grand déploiement avec cartes, figurines, plateaux de jeux détaillés et règles qui prennent une heure ou deux à lire. (Nos préférés : Game of Thrones - oui, le jeu tiré des bouquins - et Gloomhaven.)

Avec le temps, il m'a contaminée et j'aime ça autant que lui. Avec le temps, les jeux de société ont pris la place que les jeux de rôle occupaient jadis dans nos vies (avec le gros avantage qu'il n'y a pas grand chose à préparer et que tout le monde s'amuse, y'en a pas un qui est l'esclave de service/ maître de jeu! lol!). On a un groupe d'amis qui débarque chez nous un soir par semaine, une fois la puce couchée, et on joue jusqu'à trop tard. On s'est même acheté, récemment, une nouvelle table de salle à dîner, afin d'avoir plus d'espace pour jouer.

Bref, on aime les jeux de société.

Cependant, récemment, mon chum regardait notre jeu de Gloomhaven en soupirant. C'est que, voyez-vous, tout le jeu est magnifique, sauf les figurines représentant nos personnages. Celles-ci sont en banal plastique gris.

Il y a moyen de les peindre, on le sait, mais on avait l'impression que c'était hors de nos capacités artistiques.

Mon chum a donc commencé à faire des recherches... Combien ça coûterait de faire peindre nos figurines par des professionnels?

Quand j'ai vu les prix, je me suis mise à faire mes propres recherches... Quelles sont les techniques pour peindre des figurines rapidement et avec un bon résultat quand on est plutôt empotée du pinceau?

Réponse : c'est pas si compliqué que ça. Tellement qu'après avoir vu mes premiers essais (et j'avais amplement de vieilles figurines à la maison pour me pratiquer), mon chum a décidé de s'y mettre lui aussi.

On a maintenant une nouvelle activité de couple à faire entre deux séances de jeu.

Pis nos figurines ont de la gueule! :p (Ok, c'est pas parfait, mais le secret que nous avons découvert, c'est que même une figurine mal peinte est plus jolie qu'une figurine grise.)

SPOILER ALERT : La photo ci-dessous ne représente pas seulement les classes de base du jeu.

Nos quatre personnages actuels de Gloomhaven. 

PS : Ne me demandez pas pourquoi il n'y a plus de billet les lundis. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais on dirait que l'heure que je consacrais jadis, quelque part dans ma fin de semaine, à rédiger un billet pour le lundi a disparu. Si je la retrouve, les billets reviendront! :p

vendredi 22 février 2019

Année maigre

Ouais, ben, mon DPP de cette année m'a rappelé que l'an dernier a été une année maigre sur le plan des publications (mais assez exceptionnelle sur le plan des revenus, puisque j'ai largement dépassé les 10 000$ nécessaires pour boucler mon budget). En plus, selon les règles du DPP, "Écrire et publier au Québec" ne compte pas, car il s'agit d'un guide pratique... même si on a essayé de le présenter comme un essai. Ben quoi, des auteurs s'essaient... :p

Heureusement, l'année qui vient s'annonce mieux.

Je vais publier une nouvelle dans le prochain Solaris.

"Le Chasseur" sera réédité sous forme de recueil de nouvelles, avec plusieurs autres textes fantastiques et/ou noirs. (Le titre pour le moment est "Le Chasseur et autres noirceurs".) 

Mon album pour enfant devrait (enfin) voir le jour. (L'illustratrice que je convoitais a accepté!)

Et j'avance dans mes réécritures de roman.

J'ai peu d'animations à l'horaire, ce qui m'angoisse sur le plan financier, mais me libère du temps pour écrire et pour participer à des ateliers donnés par d'autres.

Coudonc... Les années se suivent et ne se ressemblent pas! :p

Et vous, ça s'annonce comment?

mercredi 20 février 2019

J'ai le blues du bleu

J'étais donc partie dans le Sud pour combattre le blues hivernal, qui tapait plutôt fort cette année.

J'ai passé une semaine à emmagasiner du soleil, de la mer turquoise et du ciel bleu, sans avoir à me soucier de cuisiner, laver des vêtements, nettoyer la vaisselle ou même faire mon lit.

Le bonheur!

Et puis je suis revenue, dans deux pieds de neige, avec trois valises pleines de linge sale, une puce chigneuse, un frigo vide, mon ordinateur qui buggait (il avait mal digéré une mise à jour) et le travail accumulé pendant mon absence...

Ouch!

Bref, depuis, je ne suis pas aussi énergique que je l'avais espéré. J'ai le blues du bleu.

Avouez, on l'aurait à moins...

Vue depuis la piscine de l'hôtel
Soleil levant sur l'océan
Pyramide maya d'Ek-Balam
À l'assaut! (120 marches, pfff, y'a rien là!)
Portrait de famille au sommet de la pyramide.
La puce était crevée, pauvre chouette, mais très fière de s'être rendue.
Et la descente était vertigineuse!
La puce a descendu la majorité sur les fesses, pour finir dans mes bras.
Mais on a tous survécu (comme en témoigne mon pied)

Enfin, ma déprime devrait se placer un moment donné. Sans doute quand il y aura pu de neige! lolol! En attendant, je me résigne à reprendre la routine. Un jour, l'horaire du blogue va redevenir régulier, promis. ;)

(Aux comiques qui auraient envie de me dire "t'as juste à y retourner l'an prochain", sachez que ça ne correspond ni à mes valeurs, les trajets en avions étant polluants, ni à mon budget d'écrivaine. Cela dit, si vous m'offrez le voyage, je paierai les crédits-carbone pour compenser. :p )

mercredi 13 février 2019

Je travaillais donc sur...

Alors, la raison pour laquelle le blogue a été aussi silencieux, c'est que je travaillais sur...

Mon dépaysement.

Ma détente.

Ma famille.

Mon bronzage.

Mon inspiration.

Mon espagnol.

Ma tolérance à l'alcool.


Bref, avec les restes de la bourse Canada-Japon et une part appréciable de mes économies, on est partis une semaine au Mexique dans un tout-inclus, oublier nos dégâts d'eau, se remplir les yeux de beauté, absorber un peu de chaleur, noter quelques anecdotes et créer quelques souvenirs d'enfance à ma puce.

Réussite sur toute la ligne!



(Si on exclut le fait que ma puce n'a jamais fait de sieste et revient donc du voyage hyper-marabout. Oh well, ça devrait se placer avant même que son bronzage pâlisse.)

vendredi 1 février 2019

Chut! J'vous le dirai plus tard!

Ne vous étonnez pas si c'est tranquille ici pour les deux prochaines semaines.

J'suis tellement dans le jus que j'ai, pour l'une des première fois de ma carrière littéraire (sinon la première fois), raté une date de tombée! Bon, c'était celle de la critique de mon 5e service de presse du trimestre, les 4 autres ayant été livrées à temps, mais tout de même, ça montre à quel point je suis débordée.

Et là, lundi, en plus du reste, je dois aller inscrire ma puce à la maternelle... Hiiiiiii!

On s'entends-tu que, dans ma tête, c'est elle que j'ai l'impression d'envoyer à l'école?

Un bébé qui marche à peine!!!
Alors que, dans le fond, c'est plutôt cette puce-ci :

Une grande fille, très fière d'avoir reçu un sac d'école pour Noël!
Reality check : il s'est écoulé trois ans et demi entre les deux photos. Ouch! C'est vrai que plus on vieillit, plus le temps passe vite!!!

Alors, pour une fois, je vais admettre que non seulement les jours filent, mais qu'en plus ils ne sont pas extensibles et je vais laisser le blogue de côté tandis que je travaille sur... Chutttt! C'est un secret! J'vous le dirai plus tard, quand ce sera terminé!

J'vous assure que c'est positif. Et que c'est très bon pour l'écrivaine.

On se revoit bientôt!

mercredi 30 janvier 2019

Le dit du Musè (25)

Musè : n.m., du grec ancien "mousai", source d'inspiration. 
(Ou masculinisation du mot muse inventée de toutes pièces)


Conversation de fin de journée avec mon chum

Lui - Gen, ça a été aujourd'hui?

Moi - Oui, pourquoi?

Lui - Parce que y'a pas eu de billet de blogue.

Moi - Arrggggggllllll!!!!

Lui - T'as un don avec les mots, tu devrais devenir écrivaine. 

Moi - ... 

lundi 28 janvier 2019

Tétrapilectomie

Tétrapilectomie.

L'art de couper les cheveux en quatre.

Voilà un mot, trouvé au hasard de mes errances sur le net, que je vais conserver précieusement dans mon lexique personnel, juste à côté de capilotracté et périssologue. :p

Si vous avez d'autres suggestions du même tonneau, je suis preneuse! hihihihihihi!


vendredi 25 janvier 2019

Retour sur mes réflexions modes (4) - linge mou

Alors, il y a trois ans, après la naissance de ma fille, j'ai entrepris une démarche pour épurer ma garde-robe et, surtout, la garnir de vêtements adaptés à ma vie d'écrivaine-maman. (J'ai commencé par ici, eut une illumination là, puis constaté les avantages ici et terminé, croyais-je, ma réflexion !)

Depuis, les mois ont passé. Ma fille a grandi. Les jeux à quatre pattes sont du passé. Et j'ai commencé à assumer davantage mon statut d'écrivaine. Alors le besoin de me cacher, de m'habiller plus "normalement" a pas mal disparu.

Résultat? Désormais, j'ai quasiment un uniforme de travail! lol!

L'hiver, il s'agit de :
Leggings (ou jeans extensible) + grand tshirt + gros bas tricottés et veste de laine.

L'été :
Leggings (ou jeans extensible ou cuissards) + grand tshirt ou robe courte.

Et voilà le travail! Pis me semble que ça va très bien avec mon objectif d'avoir l'air d'une ballerine/ trekkeuse/ martial artist! :p (Les pantalons extensibles étant pratiques pour tout ce beau monde! lol!)

Y'a une occasion spéciale? Je rajoute un collier ou je change ma veste pour quelque chose de plus élégant (mon amie Valérie, durant son séjour au Japon, m'a d'ailleurs magasiné une authentique veste haori que j'ai hâte d'étrenner!).

Seul désavantage de ces vêtements hyper confortables (que je peux porter autant pour travailler que pour paresser ou pour faire du yoga) c'est qu'ils apportent un peu de confusion et donnent lieux à des dialogues du genre :

Mon chum, un soir - Hum... T'es encore habillée ou t'es en pyjama?

Moi - J'ai une brassière.

Lui - Ah ok, facque t'es encore habillée. Ça te tenterais-tu d'aller à la boîte aux lettres?

Je crois que je vais investir dans de vrais pyjamas! lol!

mercredi 23 janvier 2019

Jujubes... santé!

J'ai une confession à faire : j'aime les jujubes. Les sucrés, les surettes, les nounours, les cerises, les vers, les grenouilles, les gros pieds, alouettes! Encore maintenant, et malgré le fait que ma dent sucrée s'est calmée avec les ans, si vous me laissez assise devant un plat de jujubes, ceux-ci vont disparaître, lentement, mais régulièrement. Tous. Peu importe la taille du plat.

Résultat : je n'achète JAMAIS de jujubes.

Fait amusant : ma cocotte, qui est relativement raisonnable dans ses envies de sucré pour une enfant de cet âge, a définitivement hérité de mon amour pour les bonbons gélatineux, car à chaque Halloween ce sont ceux qu'elle réclame en premier.

Or, au dernier Halloween, il y a avait, parmi les petits sachets de jujubes, des emballages de "collations aux fruits", soit des jujubes à peine sucrés (évidemment que j'y ai goûté! ce sont des JUJUBES!) faits, selon le fabricant, à l'aide de vrai jus de fruit (et de 75 autres additifs).

L'idée m'a intéressée. C'était donc possible de créer des jujubes avec autre chose que du sucre pur et du colorant? Voilà qui augurait des collations véritablement santé et, surtout, un moyen d'initier ma cocotte aux saveurs des fruits, et peut-être même des légumes, qu'elle refusait de goûter... J'ai commencé à chercher des recettes. Et j'en ai trouvé quelques-unes, dont plusieurs basées non seulement sur des jus, mais sur des purées de fruit et de légumes! (Donc une mixture qui contiendrait encore des fibres!)

J'ai fait plusieurs tests et je suis parvenue à une recette facile et rapide et... super nutritive!

Jujubes santé

2/3 tasse de purée de fruits
facultatif : sirop d'érable et/ou miel et/ou jus de citron et/ou colorant alimentaire
2 sachets de gélatine (ou 2 c. à soupe)
1/3 tasse d'eau bouillante

Méthode :
- Mettre la purée de fruits dans un bol. (Ça peut être de la compote commerciale ou de la purée de fruits et légumes maison, ça peut même une partie de votre mélange à smoothie avec du yogourt dedans, l'important c'est que ça ait la consistance d'une compote de pomme. Les ingrédients peuvent sortir du frigo, mais ils ne doivent pas être encore gelés.)
- Ajuster la saveur à l'aide d'un peu de sirop d'érable ou de miel ou de jus de citron. Mettre quelques gouttes de colorant alimentaire si désiré.
- Ajouter la gélatine et bien mélanger.
- Verser l'eau bouillante sur le tout et mélanger à nouveau.
- Verser dans des moules à bonbon en silicone (ou dans un moule à gâteau recouvert de papier parchemin).
- Mettre 15 minutes au congélateur le temps que ça fige.
- Démouler délicatement.

Compote de pommes + yogourt aux fraises + une goutte de colorant bleu
La texture ne sera pas exactement celle des vrais jujubes. On est plus proche d'un genre de jello trop pris. Mon chum (qui n'est pas un fan de jujube) a trouvé le résultat immonde, mais, pour mon goût, il était fort acceptable. Et ma puce, elle, n'avait pas assez de ses deux mains pour vider les plats! Parfait! Je viens de trouver le dessert idéal pour ses futures boîtes à lunch!

Une fois figé, les jujubes gardent leur texture même à la température de la pièce. Par contre, surtout s'ils contiennent du yogourt, je conseille de les garder au frais.

En théorie, ils devraient se conserver une semaine. En pratique, les miens disparaissent dans l'heure suivante.

Bon, je vous laisse, je vais aller préparer des dinosaures épinards-banane! :p

lundi 21 janvier 2019

Tranche de vie (37)

C'était un jeudi, jour où mon chum travaille sur ses projets personnels plutôt que sur son boulot régulier. La puce était à la garderie. On terminait de dîner en buvant tranquillement du thé.

Lui - Ça me fait tellement du bien ces jeudi-là! Je sais pas ce que je ferais sans...

Il a fait une pause d'un instant, puis a repris :

Lui - ... plus de cash, probablement.

Moi - Pis on le dépenserait sur quoi? La seule chose qu'on fait moins souvent que nos amis plus fortunés, c'est voyager. Pis t'aime pas voyager, ça te stresse.

Lui - On pourrait faire plus de sortie. Tsé, théâtre, cinéma, musée...

Moi - C'est quand la dernière fois qu'on a renoncé à une sortie par manque de moyens?

Lui - Euh... Jamais?

Moi - En plein ça! Facque continue à profiter de tes jeudis.

C'est pas qu'on soit riches. Mais dans notre vie de jeunes parents écolos aux goûts simples, ce qui nous manque pour sortir plus, c'est pas l'argent, c'est la gardienne! :p

Remarquez, si on était assez riches, on pourrait ptêt avoir une nounou à demeure. Hum...

vendredi 18 janvier 2019

Comment ça avance la réécriture?

Alors, depuis le 1er janvier, je travaille assidûment sur la réécriture de mon roman policier.

Comment ça avance? J'en ai le tiers de fait et...

C'est de la marde! C'est mauvais! Je perds mon temps! Ça vaut pas la peine! Personne ne voudra publier ça!

... 

Hum... Tiens donc, ça me dit quelque chose cet état d'esprit...

Attendez une minute que j'aille relire mon processus créatif normal...

Ah ouais, ok.

Bon, comme je disais, j'en ai le tiers de fait. :p

mercredi 16 janvier 2019

Tranche de vie (36)

L'autre jour, à l'épicerie, un homme a apostrophé mon chum :

Inconnu - Hé, t'es le fils de D. Chevalier, hein?

Mon chum - Euh, oui... Oh! Monsieur C!

S'en est suivie une assez longue conversation, d'où il est ressorti que le Monsieur C en question, qui était visiblement un peu plus âgé que nous, faisait du taekwon-do avec mon chum et son papa il y a de cela plusieurs, plusieurs, plusieurs années (c'est-à-dire que mon chum était encore au secondaire... et non, à cette époque, on ne sortait pas encore ensemble!). 

Monsieur C s'est finalement éloigné. Mon chum, souriant comme on l'est souvent après ce genre de rencontre de hasard, s'est tourné vers moi. 

Lui - Wow! J'en reviens pas, ça faisait tellement longtemps... Pis il m'a reconnu en plus! Il est bon! J'dois pas avoir trop changé entk. 

Moi - Hum, chéri?

Lui - Oui?

Moi - J'veux pas péter ta bulle, mais c'est ton père qu'il a reconnu en te regardant. 

Mon chum, interloqué, s'est livré à un petit calcul mental. 

Lui - Ouch! J'pense que t'as raison. Pis j'ai quasiment l'âge que mon père avait à l'époque! On est ben vieux!!!

J'ai ri. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'autre? Avec notre héritière qui grandit d'un pouce à chaque fois qu'on cligne des yeux, difficile de nier le temps qui passe. 

Pis d'ailleurs, puisqu'on en parle, y'a une autre année qui vient de s'écouler pour mon chéri. 

Bonne fête, mon amour!

Fais-toi en pas trop des années qui s'accumulent. Ça veut juste dire qu'on a passé une douzaine de mois de plus à rire et à déconner ensemble. Pis tu seras toujours plus beau que ton papa! ;) xxx

lundi 14 janvier 2019

Un geste à la fois

Le sort de notre planète me préoccupe. Surtout, je l'avoue, depuis que j'ai une fille. Je m'inquiète souvent de savoir dans quel monde elle grandira.

Quand j'ai entendu parler du mode de vie zéro déchet, j'ai été séduite... pour déchanter aussitôt.

Car les produits sans gluten nécessaires à mon chum arrivent presque tous, pour des raisons de sécurité, sous double emballage de plastique.

Or, s'il y a un truc dont parlent tous les fans du zéro déchet, c'est de l'épicerie sans déchet, où on achète des produits en vrac, dans des contenants réutilisables... Voilà qui est impossible pour nous.

Pendant un temps, j'ai donc classé cette philosophie du "zéro déchet" dans la filière du "pas pour moi".

Puis j'ai réfléchi. D'accord, je ne pourrais pas adopter complètement cette philosophie, mais... mais je pouvais peut-être faire quand même quelques gestes! Réduire mes déchets, sans les éliminer.

Je me suis donc lancée.

J'ai commencé par examiner nos pratiques actuelles : on herbicycle (c'est-à-dire qu'on est bien trop paresseux pour ramasser le gazon ou les feuilles, on les laisse se décomposer), j'ai toujours lavé les vêtements à l'eau froide, on n'utilise pas de vaisselle jetable, on possède une seule voiture et on ne l'utilise pas pour rien... On était quand même bien partis côté mode de vie écolo.

Histoire de réduire les déchets inévitables, on s'est mis à opter pour de plus gros format de nourriture, j'ai acheté des contenants réutilisables pour les lunchs (mais pas en verre, parce que ça pèse une tonne et que je suis gaffeuse), des tasses à café réutilisables, des couches lavables pour ma puce, des pailles en inox et en plastique lavable (avant même que ce soit la mode), un vaporisateur à huile réutilisable plutôt qu'une bonne vieille canne de PAM, des feuilles de cuisson lavables et réutilisables pour remplacer le papier parchemin (qui est omniprésent chez nous, parce que la bouffe sans gluten, ça colle!)...

Ces petits changements sont maintenant bien intégrés dans ma vie. Je suis prête pour le petit geste suivant...

Mais lequel choisir? Avez-vous des suggestions?

vendredi 11 janvier 2019

Où je jase (encore) de yoga

Le yoga est un drôle d'exercice.

Les premières fois que j'en ai fait, j'ai trouvé ça facile. Suffisait de contorsionner mon corps dans la bonne pose. Après la danse, y'avait rien là.

Puis j'ai refait du yoga et j'ai trouvé ça relaxant. Une fois la pose prise, suffisait d'attendre le changement de position en respirant profondément. Après les arts martiaux, y'avait rien là.

Depuis deux ans, je fais du yoga de manière quasiment quotidienne. Et là... découverte! Finalement, il ne suffit pas de prendre la pose et de bien respirer pour faire du yoga. Il faut rester présent à chaque moment de chaque mouvement, garder tous les muscles en éveil, empêcher son esprit de vagabonder...

Bref, le yoga est une discipline bizarre qui devient plus difficile avec la pratique. O.o

Qui l'aurait cru? Pas moi entk! :p

mercredi 9 janvier 2019

La règle de trois (personnages)

(Ah ben, ce billet aurait dû se mettre en ligne tout seul à 7h30, bizarre... J'vais devoir arrêter de rire de mon chum, qui a toujours de la misère avec la mise à jour automatique de son site! :p )

Tous les artistes le savent : l'art aime les chiffres impairs (parce que la symétrie devient vite trop prévisible) et le chiffre trois (ou les triangles) semble séduire particulièrement l'esprit humain.

En littérature, cette règle du trois se rencontre sous diverses formes...

Une intrigue ayant, idéalement, un début, un milieu et une fin, la trilogie est la formule courante (et rebattue!) pour raconter toute histoire de longue haleine.

À l'intérieur d'un texte, une énumération drôle reposera souvent sur trois éléments, deux normaux et un loufoque. Genre : Il y a des choses à faire avant de recevoir des invités chez vous : le ménage, le lavage, le déminage.

Un groupe de trois personnages, c'est souvent l'idéal dans un récit. (C'est ce que j'appelle la règle des trois personnages.) Si on en met quatre, les dialogues deviennent confus, le lecteur risque de confondre les deux personnages les plus semblables ou d'oublier le personnage resté silencieux dans un coin et qui intervient à mi-scène. Mais à trois, ça passe mieux et ça permet beaucoup d'interaction sociales (triangles amoureux, désaccords divers, etc). Après tout, two is company, three's a crowd comme disent les anglos. (Deux c'est de la compagnie, trois c'est une foule). Donc avec trois personnages, un auteur peut aller chercher un effet de groupe, de diversité de réactions et de points de vue, sans emmêler son lecteur.

Attention, je ne dis pas que c'est impossible de créer des plus gros groupes de personnage de manière harmonieuse ou que votre récit entier doit compter seulement trois personnages! (Ça deviendrait monotone vite!) Cependant, les interactions à trois sont plus facile à gérer narrativement et il est plus facile de définir trois personnalités distinctes que quatre.

Donc si vous sentez que votre texte n'est pas tout à fait ce qu'il devrait être et que vous avez un groupe de quatre personnages, essayez de le réduire à trois. Vous pourriez être surpris du résultat!

Il doit sûrement y avoir d'autres utilisations littéraires de la règle de trois, mais comme je voulais surtout vous parler des personnages, mon esprit a arrêté de fonctionner après avoir trouvé les deux autres exemples! :p (Gênez-vous pas pour les mentionner en commentaires!)

lundi 7 janvier 2019

Tranche de vie (35)

Ma puce est une enfant adorable, rieuse, éveillée, qui coopère bien...

Quand elle ne pète pas une crise!

Heureusement, ça n'arrive pas trop souvent. Depuis qu'elle a deux ans (âge du début des crises de bacon épiques), on lui a appris des mécanismes pour se contrôler : prendre de grandes respirations, parler au lieu de crier pour expliquer ce qui ne va pas, crier (au lieu de taper) quand plus rien ne va et taper dans un oreiller (plutôt que sur ses parents) quand faut que le trop plein sorte.

Jusqu'ici, ces mécanismes faisaient merveille.

Seulement, voilà, la puce a désormais quatre ans, âge connu comme la mini-adolescence parce qu'il allie les grosses crises de bébé d'un enfant de deux-trois ans avec l'esprit de rébellion de l'adolescent de quatorze ans. Résultat de cette alliance maudite : désormais, quand la puce pète un plomb, tout ce qu'on lui suggère (respirer, parler, aller réfléchir dans un coin isolé et sécuritaire, arrêter d'essayer de mordre maman, etc) est refusé. Elle perd tout contrôle, crie, hurle et lance des coups dans tous les sens!

Fatiguée de cet état des choses, hier soir, alors que la puce se débattait comme un diable dans l'eau bénite pour ne pas moucher son nez, et que je commençais à craindre pour l'intégrité des murs de ma maison (ça fait les rénovations, bonyenne!) je lui ai dit : "Surtout, continue de taper dans les murs, là, tape surtout pas dans ton oreiller. Non, non, je veux pas que tu tapes dans ton oreiller!"

C'est alors que les petits poings de ma cocotte se sont mis à s'abattre sur ledit oreiller! Eh ben... J'ai donc décidé de pousser ma luck : "Fais pas des grandes respirations non plus, hein, je veux pas. C'est interdit les grandes respirations! Je veux pas que tu te calmes en respirant, bon!"

Et, avec l'esprit de contradiction typique des ados qui jurent qu'ils n'ont pas besoin de tuque en hiver mais en portent tout l'été, ma puce s'est mise à respirer lentement, profondément, et elle s'est aussitôt calmée. Crise terminée.

Coudonc, je pensais que la psychologie inversée, fallait que ça soit un peu plus subtil que ça. O.o (Mais je vais réutiliser le truc!)

vendredi 4 janvier 2019

Sophisme vs syllogisme

Quand vous êtes en couple depuis longtemps, on dirait qu'un moment donné, les mêmes discussions creuses et plutôt frivoles reviennent. Parfois, vous vous retrouvez même d'un côté différent du débat.

En l’occurrence, chez nous, la différence entre sophisme et syllogisme revient sur le tapis à peu près tous les 5 ans. (Oui, je sais, on est des nerds!)

Ça commence toujours de la même manière : l'un de nous utilise sophisme ou syllogisme, l'autre lui dit qu'il ne l'a pas utilisé de la bonne façon.

Et une semaine plus tard, l'un de nous deux a pris 5 minutes pour vérifier la définition du terme et la donne à l'autre, qui soutient souvent avoir utilisé le bon terme.

Le pire, c'est que je suis pas mal sûre que j'avais fait un billet là-dessus il y a quelques années, mais je ne le retrouve plus.

Alors, note à future-moi :
- un sophisme, c'est un raisonnement fallacieux, qui a l'air vrai, mais ne l'est pas
- un syllogisme, c'est le raisonnement A=C, B=C, donc A=B... et il peut être sophistique ou pas!

(Le pire, c'est que je sais que je sais la distinction : j'ai gagné une bourse, jadis, en faisant un travail de philo sur les sophistes qui m'avait valu une note parfaite parce que je l'avais fait sous la forme d'un discours sophistique! :p )

mercredi 2 janvier 2019

Objectifs et résolutions 2019

Bienvenue 2019! On ne parlera plus de ta prédécesseure, d'un coup qu'elle se sente interpellée et qu'elle ait envie de s'attarder!

Chers lecteurs, pour l'année 2019, je vous souhaite de la santé, de l'énergie et de l'inspiration! Ah pis de ces petits bonheurs quotidiens qu'on oublie trop souvent d'apprécier, comme le café chaud et les longues douches! ;)

Pour ma part, en 2019, je me promets divers trucs, mais surtout... 

1- Terminer la réécriture de mes deux romans

Ils ont assez traîné, ça suffit, ce sera donc mon objectif principal de l'année. Peu importe ce que je ferai par ailleurs, je me promets de les terminer dans les douze prochains mois. Et plus vite si je le peux! Je ne sais pas si ni où ils seront publiés ensuite, mais je n'en suis même pas là. Je veux juste les finir, bonyenne!

2- Écrire tous les jours

Depuis que ma fille est à la garderie, j'écris les jours où elle n'est pas avec moi et, le reste du temps, il est rare que j'allume mon ordinateur. C'est une fort mauvaise habitude! D'accord, j'ai désormais la chance d'avoir du temps dédié pour écrire et oui, c'est beaucoup plus facile d'avancer mes projets dans ces conditions-là, mais si j'avais attendu ça, jadis, quand j'ai commencé, eh bien je n'aurais jamais commencé! Donc, plus d'excuse. Je vais voler le truc de Guillaume Voisine et écrire désormais au moins 30 minutes par jour. Je sais qu'une fois lancée, j'y consacrerai bien plus qu'une demi-heure!

3- Faire de l'activité physique

Ce fut une habitude pendant si longtemps que je n'ai pas remarqué lorsqu'elle a disparu de mon horaire. Mais là, ça suffit le niaisage! Je ne promets pas d'en faire tous les jours (ça risquerait d'entrer en compétition avec l'écriture), mais que ce soit de la marche rapide, du yoga ou des arts martiaux, voire de la course, je vais ramener l'activité physique dans mes journées, à raison d'au moins 2h30 par semaine (soit le minimum recommandé par Santé Canada, c'est donc pas la mer à boire!).

4- M'aventurer

Il me semble que ça fait un bout de temps que je ne n'ai rien fait de totalement nouveau, rien appris de complètement neuf. Alors en 2019, je vais essayer de partir à l'aventure, physiquement ou intellectuellement. Qui sait ce qui en ressortira? Déjà, je sais que je vais vivre toute une aventure par personne interposée : cette année, ma puce va entrer à l'école! O.o Whoa! Le temps passe vite quand on se lève inhumainement tôt! :p

Ouais, alors je regarde ça et mes objectifs sont donc de travailler pis de m'entraîner. Pas super originaux... Enfin, tant pis : je sens que c'est de ça que j'ai besoin, alors je ne vais pas m'inventer un objectif farfelu juste pour le principe. :p

Et vous, vos objectifs 2019 ressemblent à quoi?