vendredi 6 décembre 2019

Tranche de vie (42)

Programme prévu de cette journée où j'avais bien besoin d'une pause:

- Me préparer tranquillement
- Sauter dans un bus
- Aller faire du lèche-vitrine à Montréal en buvant un café
- Me rendre compte que j'ai oublié de faire un billet de blogue
- Donner un atelier en fin d'après-midi
- Souper et verre avec un ami

Programme révisé de la journée :

- Me préparer tranquillement
- Consulter mes courriels en chemin vers le bus
- Retourner à la maison parce qu'un client veut que je révise un document
- Boire un café en attendant ledit document
- Écrire un billet de blogue
- Lèche-vitrine en péril
- Atelier toujours prévu à la même heure
- Le verre sera bon en fin de journée!

Paraît que la beauté d'être travailleuse autonome, c'est qu'on choisit nos horaires! :p

Pause remise au 13 décembre! :p

mercredi 4 décembre 2019

Notion du temps

Je n'ai jamais eu une excellente notion du temps. Il y a des gens (comme Vincent) qui peuvent deviner approximativement quelle heure il est, à n'importe quel moment de la journée, même après s'être réveillés d'une sieste.

Moi, il me faut une montre et diverses alarmes pour m'éviter d'être en retard. Surtout si je viens de me réveiller. Ou si je suis en train de jaser avec des amis autour d'une bière (comme certains de mes départs précipités de lancements et autres soirées le soulignent).

Par contre, d'habitude, j'arrive quand même à bien gérer mes journées. J'ai une bonne idée, quand je m'attaque à une tâche, du temps qu'il me faudra pour l'exécuter.

Cela dit, ces temps-ci, même cette capacité n'est plus tout à fait au point. Je commence un truc, je suis distraite, je pars dans la lune, je relis la même phrase huit fois... Et j'arrive au bout de mes journées en ayant à peine accompli une tâche ou deux de mon interminable liste! Le tout, à un des moments les plus occupés de l'année.

Je sais que ce manque de concentration et d'application est causé par tout ce qui se passe dans ma vie en ce moment, mais... ouf! C'est pas de tout repos.

Et ça me fait oublier de préparer des billets de blogue pour le lundi.

Ou m'incite à en écrire un pour le mercredi, alors que je devrais plutôt attaquer la tâche numéro un sur ma liste de la journée.

Heureusement, comme aurait dit ma grand-mère, je vais arriver au 1er janvier en même temps que tout le monde! O.o

lundi 2 décembre 2019

Aventures de célibataire (1)

Ça y est. Même pas une semaine que l'annonce officielle est faite et, déjà, les réalités de la vie de femme célibataire dans notre monde moderne me tombent dessus comme une tonne de briques, entraînant leur lot d'anecdotes plus ou moins comiques. Pour résumer, j'ai un peu (beaucoup) l'impression d'avoir été plongée sans avertissement dans une fosse aux requins.

Étant donné que ma philosophie de vie est "mieux vaut en rire que d'en pleurer", j'ai décidé que j'en tirerais au moins une série de billets! :p

Quoi de mieux, pour commencer, qu'un message d'intérêt public?

Alors, messieurs, soyez prévenus que le message suivant :

Allôôô 😍❤️😘... 🤤

ne constitue aucunement une manière acceptable d'entrer en relation avec une personne du sexe opposé. Ni, en fait, avec aucun être humain.

De plus, le dernier smiley est redondant, on avait compris, merci.

(Ouf! Je sens que ça va être pénible.)

vendredi 29 novembre 2019

Sorcellerie et pleine conscience

Le constat de mercredi me fait bien rire, surtout parce qu'à travers mes études en histoire et différents projets, j'ai étudié beaucoup le phénomène des chasses aux sorcières anciennes, ainsi que la résurgence des sorcières modernes.

Ce qui me fascine autour de la figure de la sorcière, c'est toute la notion du rituel.

Les sorcières de jadis n'étaient ni plus ni moins superstitieuses que les autres habitants de leur village. Parfois, elles étaient plus éduquées. Parfois, leurs remèdes étaient mieux faits. Mais la plupart du temps, la différence était que ces femmes dérangeaient, qu'elles croyaient peut-être un peu plus que la moyenne au pouvoir de leurs rituels.

Les sorcières modernes reprennent cette idée : il ne faut pas de pouvoir magique pour être une sorcière. Et même, il n'est pas nécessaire de formaliser les rituels ou d'utiliser des cristaux et des baguettes magiques. Ce qui différencie la sorcière de la personne normale, c'est l'intention. Lorsqu'une sorcière s'allume des chandelles et se fait couler un bain chaud parfumé au sel de lavande, elle a l'intention d'en faire un rituel destiné à se détendre. Lorsqu'elle prépare une tisane pour guérir un rhume, si elle ajoute une incantation, elle signale à son patient qu'elle croit à sa décoction, qu'elle a l'intention de le guérir... Et le patient est, de fait, déjà apaisé. (Ou alors il rigole, mais le rire c'est bon pour la santé!)

Si vous êtes en train de vous dire "c'est juste une affaire d'effet placebo et d'auto-hypnose"... Ben je suis tout à fait d'accord avec vous!

Mais je vois beaucoup de liens aussi avec la pleine conscience (le fait de s'arrêter, de devenir conscient de ses gestes), qui a déjà prouvé (et continue de prouver) ses bienfaits pour diminuer le stress et l'anxiété. Si la sorcière considère que se faire couler un bain est un rituel d'apaisement, chaque geste de ce rituel sera étudié, préparé... conscient. Pendant qu'elle fera une incantation de guérison sur une tasse de tisane, elle sera consciente de ses mots, présente pour son "patient", qui l'écoutera et, donc, sera pleinement conscient, lui aussi, du moment.

Bref, je ne crois pas me mettre de sitôt à assembler un grimoire, hihihihi! (Ne vous inquiétez pas pour moi.) Mais je vois des liens de parenté entre la résurgence de la sorcellerie et la montée de la popularité de la pleine conscience. Les deux phénomènes me semblent découler de la redécouverte de la force des rituels et du rôle de l'esprit dans notre santé générale. De la constatation aussi que nos ancêtres, même lorsqu'ils ne savaient pas trop pourquoi ils posaient tel ou tel geste ritualisé, n'étaient ni stupides, ni fous.

Et ça, l'historienne est toujours heureuse de pouvoir le démontrer.

mercredi 27 novembre 2019

Se redéfinir

Ce qui se passe dans ma vie depuis quelques mois (si vous avez manqué le billet de lundi, allez lire, je vous attends) me force à me redéfinir. Qui suis-je exactement? Selon ma psy, c'est une question qu'on se pose moins souvent qu'on le devrait. Et on doit y répondre papier et crayon en main. Tant qu'à faire, pourquoi ne pas me livrer à l'exercice sur mon blogue. Alors, je suis...

Une écrivaine.

Une mère dévouée.

Une célibataire indépendante.

Adepte du yoga et de la méditation.

Habituée à traiter les petits bobos.

À se défendre seule.

Qui aime voir passer les cycles de la nature.

Marcher en forêt.

Qui accepte avec fatalisme et sérénité les changements amenés par le temps.

Qui applique de l'huile de lavande dans les cheveux de sa fille pour éloigner les poux.

Qui soigne son rhume avec des tisanes.

Allume des chandelles pour s'apaiser.

Plantera bientôt de la sauge sur son balcon.

S'amuse à broder des pentacles.

Possède deux jeux de tarot.

Et des bracelets de cristaux...

Euh... Attendez un peu... Ça y est, j'suis une sorcière!!! Hihihihi! :p

lundi 25 novembre 2019

Presque 20 ans

Bon, ben, je crois avoir fait des annonces individuelles à toutes les personnes qui risquaient de sauter un battement cardiaque ou de tomber en bas de leur chaise en lisant ceci, alors autant disséminer la nouvelle à ceux qui ne savent pas encore, rendre ça officiel...

Alors voilà, après presque 20 années de vie commune, Vincent, au bout d'une certaine période de réflexion, a réalisé qu'il n'est plus amoureux de moi.

Nous sommes donc en processus de séparation.

Dire que ça me secoue, c'est un euphémisme. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai autant délaissé le blogue depuis septembre. Difficile de venir vous jaser de tout et de rien quand ma vie est chamboulée à ce point.

Cependant, la séparation se passe bien... enfin, aussi bien que possible. Nous cohabitons sans nous lancer des assiettes par la tête et nous pensons avant tout au bien-être de notre puce. Diviser tous les trucs mis en commun depuis vingt ans n'est pas une partie de plaisir cela dit, surtout quand on parle du contenu de nos bibliothèques. (Je sais qu'il y en a une gang parmi vous qui comprennent!)

Vincent déménagera dans les mois à venir, puis nous mettrons la maison en vente et j'aménagerai ensuite avec ma puce dans un nouveau chez moi. Afin d'éviter à notre fille un trop gros choc, nous ne changerons ni de ville, ni même, si tout va bien, de quartier.

Pour ceux qui s'inquiètent : j'ai des amis géniaux et je consulte une psychologue, alors émotionnellement, c'est dur, mais je garde la tête hors de l'eau. Et pour ceux que ma carrière littéraire préoccuperaient : même financièrement, ça va aller pour moi. Enfin, pour les premières années (vive les restes d'héritage et les économies!). Ensuite, je verrai si je peux demeurer écrivaine à temps plein ou si je dois retourner dans le merveilleux (beurk!) monde du travail alimentaire.

Oh well... Tempora mutantur.

lundi 18 novembre 2019

Salon du livre de Montréal

Mon wifi est réparé! Yé! Juste avant le salon du livre de Montréal! Oups, j'en profiterai pas beaucoup cette semaine. :p

Parce que, bon, le salon de Montréal, ça m'occupe toujours pas mal, mais cette année, en plus, je vais donner un coup de main à Copibec pour faire passer leur message. Et le vendredi, je vais profiter d'une journée pédagogique pour amener ma puce avec moi.

Voici donc les moments où vous pourrez me voir au salon :

Mercredi
19h - Cocktail d'ouverture du salon

Jeudi
10h à 11h - Six Brumes (stand 101)
(entre les deux, je serai sans doute présente une heure ou deux chez Copibec)
19h30 à 20h - Cocktail chez Copibec (stand 751)

Vendredi
Cherchez du côté des spectacles pour enfant si vous voulez me croiser! hihihihi!

Samedi :
11h à 12h - Six Brumes (stand 101)
15h à 16h -Six Brumes (stand 101)
18h à 20h - Alire - événement des revues (stand 656)

jeudi 14 novembre 2019

Pas de wifi

Pourquoi suis-je silencieuse depuis lundi?

Parce que, pour une raison encore à déterminer, le réseau sans fil de la maison ne fonctionne plus.

Jadis, avant que tout le monde se mette à traîner un téléphone intelligent, j'ai souvent déconné que je passais tellement de temps devant mon ordinateur que je vivais pratiquement avec mon câble réseau branché dans le bras.

Ouais, ben, j'aimerais que ça puisse se faire, parce que là ni ma télé, ni mon laptop, ni mon téléphone n'ont d'accès Internet. Je me retrouve donc 28 fois par jour à me dire "Je vais chercher ce truc sur Google grâce à l'écran le plus proche et... Aaaaah, non, je peux pas!"

Alors je lis et c'est bien sympathique, et puis j'ai réussi à me brancher directement sur le modem pour travailler un peu (c'est donc un de nos bidules internes de la maison qui fonctionne mal), mais... disons que je me sens un peu déphasée par rapport à d'habitude. Toutes ces informations qui sont normalement à la portée de mes doigts m'échappent! Faut que, gulp, j'attende avant d'avoir mes réponses!

Je ne pensais pas que j'étais rendue si dépendante de mes bidules, mais... ça a l'air que oui. Disons, pour ceux qui connaissent Coeur Circuit/ Short Circuit, que j'me sens comme Numéro 5 en mal de données!

Et j'avais évidemment oublié de prévoir des billets de blogue d'avance! :p

Et vous, comment ça va quand on vous déconnecte de force de l'Internet? Vous ressentez le manque ou pas?

lundi 11 novembre 2019

Sprint d'écriture

Bon, ça suffit les recettes, hein? Et si on jasait d'écriture, même si ce n'est pas toujours facile...

Parce que oui, on le sait tous, parfois, lorsqu'on écrit, on a du mal à avancer dans un texte. La phrase suivante n'est jamais exactement celle qu'on veut, alors on se retrouve bloqués. Ou alors on a tellement peu de temps pour écrire, c'est décourageant, rien ne progresse. Il peut aussi arriver qu'on soit tout simplement distraits : Facebook, les courriels, le lavage... 

Mon truc dans ce temps-là? Faire un sprint. 

Un sprint d'écriture, c'est une période de 30 minutes pendant laquelle on se coupe de TOUT : Facebook, courriel, tâches ménagères, je crois même que je ne répondrais pas à la porte ou au téléphone. On évite aussi les dictionnaires de synonyme, les recherches sur Wikipédia ou dans des ouvrages de références, Antidote, bref tout ce qui pourrait nous distraire, nous éparpiller, nous ralentir. Quitte à se mettre des notes entre parenthèse dans le texte, comme (trouver un synonyme) ou (vérifier la couleur des cheveux du personnage). 

Quand on déclare un sprint, on se met une minuterie et, pour la demi-heure suivante, on se force à écrire, sans regarder l'horloge, sans se préoccuper de comment on fait ou des détails qu'on couche sur papier. On écrit, c'est tout. On sort le texte de notre tête. 

Lorsque le temps est écoulé et que la minuterie sonne, on se lève de sa chaise, on s'étire, si on y tient on peut aller jeter un oeil à ce qu'on a laissé en plan, puis on se relit. Maintenant qu'on a du texte, qu'on a matérialisé notre histoire, on peut corriger, faire des recherches pour les détails négligés, peaufiner... 

Et, surtout, souvent, découvrir qu'on n'écrit pas si mal que ça lorsqu'on se laisse aller. 

Vous êtes prêts? Allez, à go on se lance! ;)

jeudi 7 novembre 2019

Biscuits citrouille et M&M

Disons que vous êtes comme moi et qu'en cette semaine qui suit l'Halloween, et qui reçoit sa première neige, vous avez envie d'un petit quelque chose de sucré. Et que si ce "quelque chose" permettait de passer un peu des bonbons récoltés, tout en n'étant pas trop dommageable pour la santé, ce serait encore mieux... Ben dans ce cas-là, j'ai la recette parfaite pour vous!


Thé + biscuit = bonheur
Biscuits citrouille et M&M

1/2 tasse de beurre ou de margarine végétalienne
1/3 tasse de cassonade
1/2 tasse de purée de citrouille
1 c. à thé d'extrait de vanille
2 c. à soupe de lait
2 c. à soupe de purée de dattes ou de sirop d'érable
¼ c. à thé de cannelle
une pincée de muscade
une pincée de girofle moulue
1 tasse de farine avec ou sans gluten
(mélange sans gluten suggéré : 2/3 t. sorgho, 1/3 t. fécule de patate et ½ c. thé de xanthane)
¼ c. à thé de poudre à pâte
1/8 c. à thé de sel
½ tasse de M&M, smarties ou autres chocolat

Crémez le beurre avec le sucre, ajoutez la purée de citrouille, puis les autres ingrédients jusqu'aux épices et mélangez bien.

Ajoutez la farine et les autres ingrédients secs (sauf les chocolats) en un tas sur le dessus et mélangez-les un peu ensemble avant de les incorporer au reste du mélange. (Ça c'est ma méthode de paresseuse pour éviter de salir deux bols!)

Terminez en incorporant les M&M ou autres chocolats.

Déposez 12 cuillerées de pâte sur une plaque à biscuit recouverte de papier parchemin et aplatissez à la fourchette.

Cuire 14 à 16 minutes à 350 F.

Les biscuits sont très mous en sortant du four, mais se raffermissent ensuite. 

(Pssst! Cette recette vous rappelle quelque chose? Normal, ce sont mes biscuits Red Velvet qui m'ont servi d'inspiration!)

lundi 4 novembre 2019

Dernier blitz pour la prévente!

Il ne reste que onze jours à la prévente des Six Brumes!

Alors si vous êtes intéressés, c'est le moment de participer et de vous assurer ainsi une livraison régulière de livres dans votre boîte aux lettres tout au long de l'année 2019 et 2020! (Avec un peu de chance, vous pourriez même recevoir mon Chasseur avant Noël ;)

Regardez comme il va être beau!

mercredi 30 octobre 2019

Retour à la vie

Pourquoi parle-t-on autant de morts vivants et de retour à la vie autour de l'Halloween? J'ai mon explication. C'est que voyez-vous...

On assassine...

Puis ça se réincarne!
J'vous laisse, j'ai des scones à la citrouille à déguster!

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Recette (à la demande de Valérie) inspirée de cette recette :

2 tasses farine
(version sans gluten : 1½ de sorgho, ½ fécule patate, 1 c. à thé xanthane)
1 cuillère à soupe (oui, oui, à soupe) de poudre à pâte
½ cuillère à thé de sel
½ cuillère à thé cannelle
¼ cuillère à thé clou de girofle moulu
¼ cuillère à thé de muscade
¼ tasse de cassonade
7 cuillères à soupe de beurre froid
½ tasse de purée de citrouille
1 oeuf
3 cuillères à soupe de sirop d'érable
3 cuillères à soupe de lait
½ cuillère à thé de jus de citron (ça active la poudre à pâte)

Chauffer le four à 350F
Mélanger tous les ingrédients secs
Y couper le beurre jusqu'à ce que ce soit granuleux
Ajouter le reste des ingrédients, bien mélanger
Verser dans un moule à tarte, inciser la pâte pour faire 6 ou 8 pointes
Cuire 20 à 25 minutes au four

Note : j'ai aucune idée de la texture de pâte que vous obtiendrez avec de la farine normale! En version sans gluten, on dirait que la pâte à modeler ben collante. Si vous essayez, vous m'en donnerez des nouvelles. (Et vous me direz si c'est aussi divinement bon!)

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Si vous voulez ma méthode pour la purée de citrouille : couper les citrouilles en deux, enlevez graines et filaments), mettez-les côté coupé vers le bas sur une plaque, puis enfournez à 350F pendant environ 1 heure ou jusqu'à ce que la citrouille devienne molle et que vous puissiez détacher la chair à la cuillère et l'écraser à la fourchette. Voilà, c'est de la purée. Je congèle en portions d'une demi-tasse.

lundi 28 octobre 2019

Couverture du Chasseur

Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, voici la version finale de la couverture du Chasseur.

Oeuvre de Talhi Briones
Ça faisait longtemps que j'avais pas eu un tel coup de coeur pour une illustration!

J'ai juste hâte de le tenir dans mes mains. Il devrait être imprimé en janvier... Alors si vous aussi vous avez hâte, hésitez pas à le précommander! ;)

mercredi 23 octobre 2019

Fractale Citrouille 2019


Qu'est-ce que c'est que cette photo ce matin? Eh bien, laissez-moi faire un peu d'histoire... 

Pour la communauté SFFQ, la période de 2005 à 2010 a été marquée par l'apparition de blogues. L'un des plus connus et fréquentés fut Fractale Framboise, fondé en 2005 par trois enthousiastes de la science-fiction et du fantastique, soit l'auteur et conteur Éric Gauthier, le critique et auteur Christian Sauvé et l'illustratrice Laurine Spehner.

Leur blogue avait la particularité, en octobre, de changer de couleur, de prendre le nom "Fractale Citrouille" et de nous lancer le défi de publier, en commentaires, des petites histoires de peur comptant 31 mots exactement.

Toute bonne chose devant avoir une fin (oui, je sais, je ne semble pas l'avoir compris), les trois comparses ont décidé de fermer Fractale Framboise au début de 2019. Seulement voilà, octobre étant bien entamé, cette tradition des petites historiettes d'horreur me manquait (surtout après avoir entendu Éric lire quelques-unes de ses oeuvres à l'occasion du Salon du livre de l'Estrie). J'ai donc demandé aux trois fractaliens originaux s'ils me donnaient la permission de poursuivre la tradition... 

Non seulement ils ont dit oui, mais ils m'ont aussi fait cadeau du visuel approprié! :)

Alors bienvenus dans cette édition 2019 du défi Fractale Citrouille (avouez que là vous êtes heureux que je continue de bloguer, hein?). Vous avez 31 mots, pas un de plus, pas un de moins pour nous faire rire, frisonner, grimacer, sur le thème de la peur, de l'étrange, de l'horreur... bref, c'est l'Halloween, amusez-vous! (Les commentaires de ce billet resteront ouverts jusqu'au 1er novembre.)

mercredi 16 octobre 2019

Atelier, résidence, salon

Bonjour chers lecteurs!

En passant, si c'est tranquille ici, c'est juste parce que votre blogueuse préférée (rappel : ça c'est moi) court partout.

Après une journée de résidence, suivie d'une journée d'atelier, suivie d'une fin de semaine d'atelier, suivie d'une autre journée de résidence, là j'ai deux jours pour reprendre mon souffle (et aller cuisiner de la croustade aux pommes avec la classe de maternelle de ma fille), avant de plonger dans une fin de semaine de salon... qui serait suivie par une journée de résidence...

Retour à l'horaire normal mercredi prochain. Genre (comme dit désormais ma fille à toutes les deux phrases, gentil aperçu de son adolescence). Ou ptêt vendredi.

Pour ceux qui se demandent comment s'est passé d'atelier senpai, ce fut...

Intense

Mais fort satisfaisant!

vendredi 11 octobre 2019

Atelier court, prise 5

On a tous nos rituels de l'Action de Grâces.

Pour plusieurs, ça signifie passer du bon temps en famille. Cuisiner des trucs aux épices d'automne. Aller marcher dehors et profiter des derniers jours de lumière dorée, avant que le froid ne s'installe...

Moi je vais m'enfermer pendant trois jours avec une gang d'écrivains, pis on transpire en gang sur nos textes! Hihihihi!

À chacun ses traditions, hein?

Ça fait maintenant cinq ans que le rituel est établi. Cinq années depuis qu'Élisabeth m'a légué l'atelier court, dont elle était un peu fatiguée de s'occuper. En théorie, c'est un atelier "de débutants", avec des auteurs qui ont peu ou pas publié, et il est "court" car il se déroule sur trois jours, ce qui est peu en comparaison de l'atelier des auteurs avancés (où certains participants ont publié des romans) qui, lui, dure une grosse semaine.

En pratique, avec les ans, c'est devenu un atelier d'intermédiaires. Oui, certains participants n'ont rien publié, mais ils ne sont pas loin. Souvent, après un ou deux ateliers, ça y est, ça débloque. (Et j'suis super fière d'eux!)

Et puis, bon, appeler ça un atelier "court", alors qu'il s'offre de plus en plus de "classe de maître" d'une seule journée, ça commence à être trompeur.

Bref, pour souligner mes cinq années de monitrice d'atelier, j'ai envie, cette année, de donner un meilleur nom à cette tradition de l'Action de Grâces. Je commence à penser à l'atelier senpai (puisqu'Élisabeth Vonarburg restera toujours ma sensei d'écriture)...

Vous en dites quoi?

Et je cogite aussi sur la création d'un vrai atelier court pour véritables débutants. Un truc d'une journée, dans la lignée de ce que j'offre en bibliothèque depuis bientôt trois ans... Y'aurait des intéressés?

mercredi 9 octobre 2019

Salade d'oranges

Des fois on tombe sur une recette et on se dit "Voyons donc, c'est ben trop niaiseux, les ingrédients sont ben trop disparates, ça peut pas donner de quoi d'intéressant". En tout cas, c'est ce que j'ai pensé quand j'ai lu, en feuilletant un de mes livres de recettes au hasard, une recette de salade d'oranges.

Et puis, octobre est arrivé. Me suis mise à courir partout. Ma fille a ramené un autre rhume de l'école. Je l'ai un peu attrapé. Les oranges cara-cara étaient en vente. Je ne savais plus quoi me faire pour dîner, mais fallait que ça prenne 5 minutes et, idéalement, que ça aide mon rhume...

Bref, j'ai essayé la salade d'oranges... Pis c'était bon! 

Donc, j'vous inflige la recette. Vous m'en donnerez des nouvelles.

Salade d'oranges à l'italienne
(pour une portion d'accompagnement)

1 grosse orange pelée et coupée en morceaux
¼ tasse d'olives kalamata dénoyautées tranchées
un filet d'huile d'olive
une bonne pincée de poivre

Mélangez, laissez reposer 5-10 minutes pour que les saveurs se mélangent, puis mangez. 

Voilà, aussi niaiseux que ça. C'est coloré, sucré, salé, poivré, fruité, acide, vinaigré, bref, un party pour les papilles. Le secret, en fait, c'est le poivre qui lie les saveurs ensemble. Pis s'il vous faut une salade-repas, doublez les quantités et rajoutez du fromage de chèvre émietté (ou du feta, mais gare à la surdose de sel). Tadam!

vendredi 4 octobre 2019

Octobre est toujours chargé

Je ne sais pas ce que je fais à mes horaires, mais depuis trois ans, ça ne manque pas, j'arrive au début d'octobre et, juste à voir mon calendrier, me v'là essoufflée!

Ateliers en bibliothèque, atelier de trois jours, salon du livre de l'Estrie, lancement de Brins d'Éternité, remises de critiques pour Solaris, une animation scolaire ou deux...

Sans compter l'incontournable sortie aux pommes avec ma puce, la confection de tartes aux pommes et de purée de citrouille, la préparation pour l'Halloween, les journées sous la doudou parce qu'on a pogné un petit rhume...

Tarte aux pommes Honey Crips...
variété de pomme tellement croquante et sucrée,
on se demande pourquoi il en existe d'autres!!!

Et, cette année, les séances d'écriture devant public liées à ma bourse!

Heureusement que c'est mon mois préféré de l'année, avec ses belles couleurs et sa température juste assez fraîches pour qu'on ait envie de s'emmitoufler, mais pas assez pour qu'on gèle malgré nos vestes et manteaux! J'cours partout, mais je garde le moral!

Par contre, des fois j'oublie de mettre mes billets en ligne! :p

Et vous, octobre, ça va?

mercredi 2 octobre 2019

Une fille et du compost

Ma ville a - enfin - organisé la collecte des déchets compostables.

Désormais, quand j'épluche mes légumes ou que je me mouche, tout ça va dans le bac de compost. Résultat, mes poubelles sont désormais réduites à presque rien et...

Attendez, non, je reprends...

Désormais, quand j'épluche des légumes ou que je me mouche, je jette le tout dans la poubelle, je la referme, je sacre, je récupère épluchure ou kleenex souillé et je les mets dans le bac à compost, avant de me laver compulsivement les mains, parce que - beurk! - je viens de fouiller dans les poubelles! :p

Ok, on se refait pas : j'suis tête en l'air et j'en ai pour un bon mois avant de m'habituer!

Reste que y'a désormais presque rien dans mes poubelles. Quelques emballages alimentaires en plastique non recyclable - j'ai beau les éviter comme la peste, il y en a toujours quelques-uns - et mes deux barquettes de viande hebdomadaire en polystyrène. Même pas un sac complet par semaine. Pas pire pantoute. :)

Là j'espère juste qu'il y aura pas une gang de morons qui vont trier leurs poubelles tout croche et faire dérailler le projet de compostage!

lundi 30 septembre 2019

Une semaine sans billet

Lecteurs - Oh là là! Une semaine depuis le dernier billet! Que se passe-t-il? T'es malade, Gen?

Moi - Non, juste... vraiment occupée!

Lecteurs - Ben là, comment ça?

Moi - La semaine dernière, j'ai pratiquement pas touché à mon ordinateur! Je devais superviser des travaux chez moi, donner un coaching à Montréal, ce qui, avec le temps de déplacement, me bouffe ma trop courte journée, aller dîner avec un ami à Montréal le lendemain, alors autre journée disparue dans du transport et vendredi ma puce était en congé pédagogique.

Lecteurs - T'aurais dû nous raconter tout ça!

Moi - Euh... C'est pas un peu plate?

Lecteurs - Pas pire que bien d'autres billets, tsé.

Moi - Hum... Ouais... Ok. Bon, je vais prendre un peu plus de temps pour vous écrire à l'avenir, promis. Quitte à répéter des statuts Facebook.

Lecteurs - Parfait. Aujourd'hui, tu vas nous parler de quoi?

Moi - Heu... J'vous ai dit que je me suis mise à la boxe?

Lecteurs - Ben non, raconte-nous ça!

Moi - J'avais envie d'une activité sportive de soir. Vincent s'entraîne au bureau alors il avait pas l'énergie pour le faire avec moi. J'ai cherché un gym d'arts martiaux pas loin de chez moi avec un cours qui fittait dans mon horaire et... Le seul truc possible, c'était un cours de boxe pour femmes. J'étais pas super emballée sur le coup. Pas de coups de pied, pis juste des femmes dans le cours, j'étais un peu hors de mon élément.

Lecteurs - Pis, finalement, c'est comment?

Moi - Génial! J'apprends enfin la technique des mouvements de tête des boxeurs qui m'avait toujours impressionnée! Le cours est à moitié rempli d'ados qui ont visiblement besoin d'acquérir de la confiance en elles et à moitié de trentenaires qui veulent se mettre en forme. Pas de ptits coqs qui veulent se prouver. C'est... relaxant!

Lecteurs - Tu vas y retourner?

Moi - Oh yeah! Ça fait du bien de sentir que je retrouve mes réflexes de guerrière.

Lecteurs - Oh... Tsé, pour l'histoire de "c'est pas plus plate que d'autres de tes billets" là?

Moi - Oui?

Lecteurs - Ça se voulait pas une insulte. Pas du tout. T'es pas fâchée, hein?

:p

lundi 23 septembre 2019

La prévente est lancée!

Photo de Éditions Les Six Brumes.

Les éditions des Six Brumes viennent de lancer leur pré-vente, dont Le chasseur et autres noirceurs fait partie!

Le concept de la prévente? Vous commandez d'avance les livres qui vous tentent (je vous recommande À l'Est de l'apocalypse, un recueil collectifs où les diverses voix des auteurs ont été intégrées de manière fort ingénieuse), vous les payez maintenant et vous les recevez avant même qu'ils ne soient en vente dans les librairies. Au passage, vous pouvez obtenir certains avantages exclusifs (des livres dédicacés, des petits extra, voire la chance de devenir un personnage d'une nouvelle littéraire...). Et comme vous aurez versé le montant de vos achats avant la mise en vente, eh bien vous aidez l'éditeur à payer ses frais (correcteurs, graphistes, illustrateurs, impression).

Bref, c'est un concept où tout le monde trouve son compte!

(En plus, si vous commandez Le Chasseur et autres noirceurs, il devrait vous être livré en décembre, soit comme un cadeau de Noël à vous de vous! ;)

Pour plus de détails, c'est par ici : https://sixbrumes.com/prevente/

Oh, un mot sur la contrepartie "devenez un personnage de nouvelle" : ce sera un travail collaboratif entre la personne qui en fera l'achat et l'auteure (c'est-à-dire moi! lol!). L'acheteur pourra décider que j'utilise son nom ou son surnom, ainsi que son apparence ou l'apparence qu'il aurait toujours voulu avoir, de même que son caractère ou le caractère qu'il s'imagine.... bref, ce sera le moment de s'amuser! Ou encore il pourra offrir le tout à une autre personne. Le rôle de ce personnage sur mesure sera à déterminer, mais il ne s'agira pas d'un personnage muet entraperçu dans le fond d'une pièce, je vous le promets! (Ce ne sera pas non plus le rôle d'une victime de meurtre sanglant, alors inutile d'acheter la contrepartie afin de m'inciter à assassiner, sur papier, votre patron désagréable. N'ouvrons pas la porte aux poursuites, s'il-vous-plaît. Si vous voulez que j'assassine littérairement quelqu'un, vous payez-moi une bière et on en discutera discrètement! hihihihihi! ;) )

Teaser exclusif de la couverture :

Illustration par Talhi Briones

vendredi 20 septembre 2019

Résidence d'écriture - partie 1

Bon, alors, me demande-t-on, cette bourse du CALQ, c'était pour quoi?

Eh bien, voyez-vous, j'ai toujours rêvé de faire une résidence d'écriture. Or, il ne s'en offre pas dans ma région (la Montérégie-Ouest, soit celle qui n'est pas collée sur Longueuil). Et les résidences éloignées, avec ma puce ce serait un peu difficile.

Alors j'ai profité d'un programme régional du CALQ pour faire un partenariat avec ma bibliothèque municipale et me patenter une résidence d'écriture autour du thème "Deuils, transitions et transformations".

Le volet principal de cette résidence est l'écriture de mon roman réaliste, que j'espère achever avant que les fonds ne soient dépensés! hihihihi! (Je l'ai commencé dès le dépôt de la demande, histoire de ne pas prendre de chance!)

Le second volet est la démystification - la transformation du point de vue - sur le travail de l'écrivaine.

Cette démystification se fera via deux activités (qui devaient se tenir en même temps, mais étant donné les contraintes administratives de la bibliothèque, ça ne fonctionnera pas) :

1- Des séances d'écriture publique. En effet, les mardis après-midi d'octobre (soit les 8, 15, 22 et 29 de 12h30 à 14h30) et les samedi matins de novembre (les 9, 16, 30, ainsi que le 7 décembre, de 10h à 12h), je serai à la bibliothèque de ma ville (La Prairie pour ne pas la nommer), un projecteur branché sur mon écran, et je travaillerai sous les yeux du public. Ça devrait montrer aux gens que l'écriture implique bien des corrections, des notes, des recours à Antidote, des boulettes de papier, mais pas de muses ou autres inspirations divines. (Et ça m'évitera, deux heures par semaine, la tentation d'aller sur Facebook! :p )

2- Des ateliers d'écriture gratuits (pour les résidents de la ville) destinés à un public adulte, mais aussi, si on arrive à l'organiser, pour des adolescents. Ceux-ci se tiendront de janvier à juin. Le but théorique des ateliers était de montrer aux participants que tout le monde peut écrire. J'espérais aussi - vilaine pilleuse de vies - me nourrir des anecdotes et idées des participants afin d'enrichir mon roman. En pratique, comme l'écriture risque d'être dans sa dernière phase, il s'agira plutôt d'une exploration, en groupe, des thèmes du roman.

Alors voilà, c'est ce qui va m'occuper (et payer mes comptes) pendant les sept-huit prochains mois! J'suis excitée, car c'est seulement la deuxième fois que je serai payée pour écrire (la première fois, ce fut une bourse pour Hanaken 2). Mais je sais, d'expérience, que ne pas avoir à me préoccuper de trouver des contrats pendant plusieurs mois, c'est très libérateur.

Et d'habitude, ça veut dire que les contrats se mettent à pleuvoir! lololol!

Je vous tiendrai au courant du déroulement de ma résidence!

mercredi 18 septembre 2019

Vive l'automne!

L'automne a toujours été ma saison préférée.

Mais depuis que je suis écrivaine à temps plein, je l'aime encore davantage.

L'été, tout est arrêté dans le milieu de l'édition. Les salariés sont en vacances. Les jurys des bourses aussi. Il n'y a pas de salons. Pas d'animations scolaires. L'écrivain écrit, seul dans son coin. Et il attend.

Et puis septembre arrive. Et les réponses déboulent.

J'ai appris que j'aurais ma bourse la semaine dernière.

On travaille sur la couverture du recueil du Chasseur.

Et voilà que je découvre qu'un de mes textes a été accepté pour publication dans un numéro spécial de Solaris, qui rendra hommage à l'oeuvre de Joël Champetier! Je suis profondément touchée que ma plume soit jugée digne de lui rendre hommage ainsi.

On m'a aussi écrit que mon roman policier, pour lequel j'attendais désespérément un accusé de réception chez un de mes éditeurs favoris, est présentement entre les mains de l'éditrice. On n'a pas cru nécessaire de me faire passer par le premier filtre du comité de lecture. (Youhouhou!) Par contre, ce faisant, on a aussi oublié de m'envoyer l'accusé-réception standard. (Oups!)

Enfin, on m'a invitée en Mauricie, le temps d'un entretien-croisé avec un auteur de la région. Ce sera au printemps, je vous donnerai des détails quand j'en aurai.

Oh et j'attends aussi la confirmation de trois écoles pour des animations scolaires...

Pis je m'organise pour aller au Salon du livre de l'Estrie, où j'animerai une table-ronde le vendredi soir.

Bref, y'a pas de doute : l'automne est arrivé. Les feuilles se décrochent des arbres et les écrivains de leurs claviers! hihihihi!

Au plaisir de vous croiser!

lundi 16 septembre 2019

Tranche de vie (41)

Soit dit en passant...

Mettre des gouttes dans les yeux d'un enfant qui ne veut pas, c'est une job pour deux personnes.

Trois si on compte celle qui doit répondre à la porte pour rassurer les voisins à l'effet que, non, on est pas en train d'écorcher vive ma puce, juste soigner son début de conjonctivite.

Pffffff!

Le tout, même si l'enfant convient, après coup, que les gouttes font du bien!

C'est quand l'âge de raison déjà?!?

vendredi 13 septembre 2019

Petits plaisirs d'écrivain

La vie d'écrivain est parfois faite de petits plaisirs...

Tomber sur son livre sur les tablettes d'une librairie, alors qu'on le croyait disparu des rayons depuis longtemps.

Croiser ses livres sur les rayons d'une bibliothèque et voir, à leur usure, qu'ils ont été souvent lus.

Découvrir une bonne critique d'une de nos parutions.

Recevoir les esquisses de la page couverture de la prochaine publication. (Par la super talentueuse, et ultra sympathique, Talhi Briones.)

Dans ce cas-ci, Le Chasseur et autres noirceurs, bientôt en prévente, aux Éditions des Six Brumes. Il s'agit d'une réédition du Chasseur, dont le texte a été remanié, ainsi que cinq autres nouvelles, publiées ici et là en revue. Oh et un inédit!

Mon premier recueil de nouvelles solo! J'ai tellement hâte de l'avoir en main!!! :D

Là-dessus, je vous souhaite une bonne fin de semaine! Profitez-bien des petits plaisirs de la vie, même si vous êtes pas écrivains! hihihihi!

(En cas de doute, ou de déprime, un café ou un thé chaud par un matin frisquet, c'est toujours gagnant! Pis je dis ça de même, mais une goutte d'extrait de caramel dans un café latté, c'est divin!)

mercredi 11 septembre 2019

Tranche de vie (40) - Prime scolaire

Ma fille a donc commencé l'école...

Et devinez ce qui vient avec en prime avec des journées complètes dans un établissement scolaire?

Des lunchs! 180 jours de lunchs!

(Entendez-vous un gémissement découragé ici?)

Des lunchs sans noix, bien sûr. Et sans salade de pâtes (parce que les pâtes sans gluten, c'est dégueulasse un fois refroidies). Et sans trop de sucre. Et, idéalement, sans trop de déchet (donc pas de pattes d'ours pré-emballées, de jus ou yogourts ou compotes individuels pour nous).

(Le gémissement devrait être devenu des sanglots de désespoir!)

Heureusement, à date, ça se passe bien. Ma cocotte a de l'appétit, elle ne rechigne pas devant le manque de variété (en fait, elle l'exige), son bento (Yumbox) et sa boîte à jus lavable (Drink in the Box) ne présentent pas de fuites... Bref, je devrais survivre.

Et j'ai découvert une vérité peu connue!

En effet, sachez qu'il est désormais prouvé qu'un sandwich au jambon découpé en forme d'étoile goûte meilleur - et disparaît plus vite le midi - que le même sandwich platement rectangulaire. (Pour éviter de gaspiller les retailles, je les mets aussi dans la boîte à lunch!)

Ben coudonc, mes emporte-pièces ne servent plus seulement à faire des biscuits maintenant! lol! Ça prend une minute de plus lui faire son sandwich, mais ça décuple son bonheur. Pourquoi l'en priverais-je?

(Note : oui, je sais, je la gâte trop. Mais bon, on se refait pas! ;)

lundi 9 septembre 2019

Torture spéciale pour écrivain

Dimanche matin, en me levant, j'ai vu que j'avais reçu, à 5h30 du matin, un message automatisé du CALQ qui me disait qu'il y avait "du nouveau dans mon dossier".

J'ai tout de suite compris ce que ça signifiait : le dossier de bourse déposé 3 mois plus tôt venait (enfin) de recevoir son verdict.

J'ai aussitôt installé ma fille devant la télé et j'ai accédé au site du CALQ...

Pour découvrir qu'il était en maintenance pour la matinée.

Nooooooooooooooooooooon!

J'ai passé la journée sur des chardons ardents. Ai essayé d'accédé trois fois au site, toujours sans succès.

Finalement, à 15h45, la bouche sèche, les mains tremblantes, j'ai pu avoir accès à mon dossier...

Et J'AI EU LA BOURSE!!! :D

(Insérez ici une danse de la joie)

Pour les six prochains mois, ma subsistance est donc assurée et je serai en résidence à ma bibliothèque municipale, où je donnerai une série d'ateliers d'écriture, en plus de procéder à quelques séances d'écriture en direct.

Vous dire que j'ai hâte, ça commence même pas à couvrir le bonheur que je ressens!!!

Et là, si tous les autres trucs en attente pouvaient débloquer d'aussi belle manière, me semble que ça serait génial!

vendredi 6 septembre 2019

J'attends...

Ces jours-ci, me semble que tout ce que je fais, c'est attendre.

J'attends que des décisions se prennent.

J'attends des réponses d'éditeur.

J'attends des réponses de demandes de bourse.

J'attends de m'habituer à la routine de l'école, qui a raccourci mes journées.

J'attends d'avoir complété la réécriture en cours pour m'attaquer à mes projets suivants, pour tomber à nouveau dans la création pure, qui me manque tellement!

J'attends des publications qui s'en viennent : le prochain Solaris, où je publierai une nouvelle déconstruite, inspirée d'un terme informatique (si si!); la réédition du Chasseur sous forme de recueil de nouvelles, qui devrait paraître en février; l'album jeunesse dont j'espère que j'aurai un jour des nouvelles.

Bref, c'est pas palpitant. Les journées se traînent un peu. Chaque nouveau courriel m'emplit d'espoir... vite déçu parce que c'est juste une enième notification Facebook, même si je pensais avoir désactivé toutes les alertes possibles, mais semblerait qu'il en reste une ou deux quelque part...

Hep, c'est ça aussi (en fait, c'est ça beaucoup!) la vie d'écrivaine!

mercredi 4 septembre 2019

Fin d'été


Tu cours
Pousse tendre dans le soleil
Mouchetée de curiosité et de crème glacée fondue
À portée d'inquiétude
J'allonge ma fatigue pour te rattraper
Menotte collante et précieuse, poisseuse
Sourire de balançoires
Moue d'heure du coucher
Horizon scolaire
Un jour tu courras plus vite que moi


(Oui, c'est une tentative de poème. Non, j'suis pas malade. C'était un devoir d'atelier. Pour la première fois, j'en suis contente. Je ne serai jamais poète, mais je trouve que j'ai beaucoup progressé. On est encore un peu trop dans le signifiant, mais il y a des jeux de sens et de sons agréables. Et puis, bon, ça reflète mon été!)

vendredi 30 août 2019

Bacon de tofu

Ben oui, c'est un billet! Mettons que j'suis à moitié revenue de mes vacances. Mais j'ai pas fini de les digérer et la rentrée de ma fille non plus. Alors vous avez droit à une recette. Parce que c'est de circonstances (j'viens de parler de digestion!). Et parce que, de temps en temps, surtout l'été, en vacances, il me pogne une envie de sandwich BLT.

Le problème, c'est que y'a jamais de bacon chez nous. Parce qu'on est pas vraiment des fans de bacon. C'est juste trop gras pour notre goût.

Par contre, on a toujours des blocs de tofu ferme.

Alors au début des vacances, je me suis dit "il doit bien y avoir moyen de faire du bacon de tofu"?

J'ai cherché... et je suis tombée là-dessus.

Bon, il me manquait certains ingrédients (notamment la levure alimentaire, parce que le goût me lève le coeur, et la fumée liquide, parce que c'est dur à trouver sans gluten), les quantités ne me semblaient pas tout à fait au point, alors j'ai improvisé un peu et... Wow! Le résultat était super. Non, ça goûte pas exactement pareil comme du vrai bacon, mais... Ben j'pense pas racheter de vrai bacon avant un boutte! C'est à la fois craquant et moelleux, salé, sucré, fumé...Vous êtes sceptiques? Essayez, on s'en rejasera!

Bacon de tofu

- 1 bloc de tofu ferme, pressé (la méthode complète est ici, mais juste pressé entre les mains pour faire sortir le plus gros du jus, ça fait la job) et coupé en tranches très très fines
- 4 c. à soupe de sauce soya
- 3 c. à soupe de sirop d'érable
- 2 c. à soupe d'huile d'olive
- 2 c. à thé de poudre d'ail
- 1 c. à thé de paprika doux fumé

Mélangez les cinq derniers ingrédients, mettez les tranches de tofu à mariner dedans, en vous assurant de bien les enrober.

Puis, préchauffez le four à 375F. (Donc oui, le temps de marinade est égal au temps que votre four met à chauffer. Si jamais vous avez un four trop performant, 15 minutes, ça suffit.)

Quand le four est chaud, étalez les tranches de tofu sur une plaque à pâtisserie recouverte d'une feuille de cuisson réutilisable légèrement huilée. (Ou sur un papier parchemin huilé. Ou direct sur la plaque huilée si vous aimez frotter!)

Enfournez pour 10 minutes, retournez les tranches, cuisez à nouveau 10 minutes. (Évidemment, si vos tranches sont très fines ou très épaisses, le temps de cuisson sera à ajuster.)

Mangez chaud, tiède ou froid, dans un sandwich avec salade, tomate et mayonnaise. Puis essayez de ne pas vous en refaire un deuxième (on a échoué).

Les tranches deviennent plus fermes en refroidissant. Les restes (genre de la deuxième recette) coupés en petits morceaux sont absolument délicieux dans une salade césar! Ils se conservent une bonne semaine au frigo.

Pour une version plus "déjeuner", je prévois essayer une variante avec moins d'épices et plus de sirop d'érable, puis servir ça avec des oeufs et des toasts. (J'en bave d'avance!)

Et vous, prêts à tenter l'expérience?

vendredi 16 août 2019

Vacances! (ou presque)

Le changement de job récent de mon chum signifie qu'on n'aura pas vraiment de vacances en famille cet été (c'est correct : on en a eu cet hiver avec le Mexique!).

Par contre, comme ma fille entre à l'école le 29 août, je voulais quand même lui donner un break de la garderie, des consignes, de la vie de groupe et des horaires.

Donc, à partir de ce soir et jusqu'à la rentrée, ma puce sera en vacances avec moi à la maison. (Et non "ma puce et moi seront en vacances à la maison". Si vous ne voyez pas la nuance... Vous êtes libres pour faire du gardiennage? :p )

Devoirs de maman obligent, ce blogue sera donc silencieux pour les deux prochaines semaines. Attendez-vous également à un calme plat sur Facebook et à un certain retard dans les réponses de courriel.

Inutile de spécifier que j'écrirai sans doute pas non plus, hein? (Ça me décourage et les deux semaines ne sont même pas entamées!)

Bref, amusez-vous bien et on se revoit/relit après "mes" vacances! ;)

mercredi 14 août 2019

Pourquoi les jeunes écrivains font des longues séries

L'autre jour, sur un regroupement d'écrivains dont je fais partie, un jeune auteur a posé la question "Pourquoi les jeunes écrivains ont le réflexe d'écrire des longues séries?"

On lui a donné plusieurs très bonnes réponses :

- Influence de la télé et des séries déjà publiées (on veut copier ce modèle épisodique).

- Impératif commercial (les éditeurs, surtout en jeunesse et en jeune adulte, aiment les séries parce que chaque nouveau tome incite à ramener les précédents sur les tablettes).

- Demande des lecteurs (quand ils aiment le livre, ils en veulent un autre avec les mêmes personnages!).

- Histoire trop longue pour tenir en un seul tome.

- Univers qui a demandé tellement de temps à développer que les auteurs veulent y replonger.

Mais, tant qu'à moi, on a discuté de quelques éléments dont les aspirants écrivains n'ont pas conscience (notamment les impératifs commerciaux) et on a oublié l'élément primordial (qui se rappelle à moi chaque fois qu'un débutant m'envoie un de ses textes) : parce que les jeunes écrivains ne savent tout simplement pas faire court!

Que ce soit en nouvelle ou en roman, ils veulent TOUT raconter. Les vies personnelles de leurs huit personnages principaux avant le début de leur quête pour retrouver les six joyaux de la couronne perdue. (En partant, est-ce qu'on pourrait couper à quatre personnages et trois joyaux? On sauverait bien deux tomes!) L'histoire de tous les royaumes de leur continent et la biologie de toutes leurs races inventées. Les légendes entourant les méchants qui ont caché les joyaux. Et le sombre passé de la couronne démantelée. Et le menu des auberges. Et la couleur des murs. Et le détail des broderies de la robe de la princesse (parce qu'ils se sont déjà fabriquée la même pour les cosplay). Et le protocole pour recevoir des mains de ladite princesse l'épée enchantée qui servira à abattre le dernier gardien du dernier joyau (celui qu'ils récupéreront dans le tome 8). Et les règles de la magie, bien sûr, ou même des magies, parce que les anciens dieux pis les nouveaux... Ah c'est vrai, faut parler des dieux aussi...

Bref, ça finit pu!

Et souvent, la mise en scène n'est pas au point. Chaque élément que l'auteur trouve important nous est présenté séparément (et souvent raconté plutôt que montré). Les personnages, un par un. Les légendes, une à une. La biologie de l'un. Le menu de l'auberge. On fait un détour par une chapelle pour jaser religion (quand ça nous est pas balancé dans une longue info dump au hasard d'un sentier). Ils n'ont pas le réflexe de créer un chapitre où personnage A entend personnage B, de passage dans son village, raconter quelques légendes avant de discuter avec la serveuse du menu, parce qu'en tant que membre de la race X ou de la religion Z, il ne peut pas avaler de gluten.

Résultat : ils écrivent longuement, mais c'est vide. Il ne se passe rien. Et quand on leur fait remarquer, ils rajoutent des péripéties (personnage A se fait voler sa bourse et doit courir derrière le voleur), pour insuffler un peu d'action... ce qui rallonge encore le texte!

Et savez-vous quoi? Je crois que c'est parfaitement normal. En tant qu'écrivain, on passe tous par là! (Oui, il y a, dans les tréfonds de mon ordinateur, une série de fantasy en plusieurs tomes! Parlez-en à mon chum, il s'étouffera à moitié de rire en disant "les oiseaux"...) Que celui qui n'a pas écrit 50 000 mots absolument superflus juste pour le plaisir de ne plus être soumis à des productions écrites de 500 mots jette la première pierre! En plus, souvent les jeunes écrivains se racontent leur histoire au fur et à mesure qu'ils l'écrivent. Ils n'ont pas appris à se faire des fiches de personnages, des fiches de villes, des notes sur l'écologie. Ils ont besoin de mettre toutes leurs explications dans le texte.

Cependant, après s'être payé ce luxe de mots, cette détente, je crois qu'il faut que les jeunes écrivains réapprennent à faire court. À économiser, non pas leurs mots, mais la patience, l'intérêt et le temps de leur lecteur. Je ne dis pas qu'ils ne peuvent pas écrire une série en 7 tomes de 200 000 mots chacun. Cependant, il faudra qu'il s'y passe énormément d'événements utiles à une intrigue complexe (et idéalement, que chaque tome contienne sont intrigue propre, liées aux autres par un grand arc narratif). Pas que le premier tome serve juste à présenter les personnages.

(Mais Tolkien, lui? C'est ça qu'il a fait! Ça lui prend tout le premier livre, pour... Ben oui, mais revenez-en de Tolkien! Y'é mort depuis longtemps! Pis on a appris bien des choses sur la mise en scène et les procédés narratifs depuis.)

S'il ne se passe rien dans le tome 1, ça risque de faire une série qui va s'écraser, faute d'intérêt des lecteurs et de ventes, et dans laquelle l'éditeur (triste constat sur les pratiques éditoriales actuelles) mettra la hache.

Maintenant, comment apprendre cette économie aux jeunes écrivains? Comment leur faire découvrir les joies de la mise en scène judicieuse? Je suppose que passer à travers leurs romans avec une tronçonneuse est une méthode possible, mais ça requiert une personne désirant se dévouer à lire et charcuter les 7 tomes de 200 000 mots ci-haut mentionnés! Et un écrivain qui a envie de réécrire le tout ensuite! (En sachant qu'il a probablement vieilli et évolué pendant l'écriture et que son tome 1 ne lui plaira peut-être plus tellement.)

Personnellement, j'ai appris en ateliers, grâce à la nouvelle.

C'est merveilleux la nouvelle, parce que vous avez un nombre fixe de mots (mais quand même plus généreux que les limites des maudites productions écrites du secondaire) et vous devez y faire entrer une histoire. Quand je relis mes premiers textes, ouille, mettons qu'en 3000 mots j'arrivais pas à raconter grand chose. Surtout quand je compare avec ce que j'ai fait ensuite en 1000 mots!

Pour moi, c'est ça le secret : il faut mettre les jeunes écrivains au contact de la forme brève. Parce que c'est un laboratoire d'expérimentation, parce que c'est moins décourageant à retravailler, parce que c'est (un peu) plus facile à faire publier, mais, surtout, parce que ça nous apprend à aller à l'essentiel, à mettre en scène, à évoquer, à condenser.

Cela dit, je conseille de ne pas trop s'attarder à la forme brève une fois qu'on a compris le principe, sinon on risque de se retrouver, quarante nouvelles plus tard, à bûcher sur ses romans, parce que maudit que c'est long de produire 60 000 mots... :p

vendredi 9 août 2019

Personnages instantanés : les noms

Ah, les noms de personnage!

Je sais pas pour vous, mais moi mes personnages principaux ont très rapidement un nom, qui a souvent plusieurs significations. Un mélange de gens que j'ai connus et qui avaient ce prénom ou ce nom de famille, de racines anciennes du prénom, d'histoire de la famille, de jeu de sonorité...

Bref, le personnage principal, ça va, je sais comment il s'appelle. (Et j'aurai donc tout un casse-tête devant moi si je dois modifier son nom, mais ça c'est une autre histoire!)

Mais les personnages secondaires, eux? Les quatre collègues de travail, les huit amis, le professeur de yoga... Ouille! Là ça devient difficile. (Et encore plus si je suis en train d'écrire une nouvelle et que ces personnages n'apparaîtront que pour une phrase ou deux!)

J'aimerais bien vous dire que j'ai trouvé un truc extraordinaire pour baptiser rapidement mes personnages, mais... non.

J'ai cependant quelques outils qui m'aident.

En partant, j'essaie de m'arranger pour que chaque prénom de personnage (ou nom de famille si c'est ce qui est utilisé dans la nouvelle) commence par une lettre différente. À la longue, j'ai trouvé que les lecteurs confondaient moins facilement Misaki, Satô et Yamaki (ou Marie, Julie et Caroline) que Yukié, Yoshi et Yamaki (que Marie, Mélanie et Mélissa). Quand, pour une raison ou une autre, j'ai deux noms qui commencent par la même lettre, j'essaie de varier les longueurs et les graphies (Marie et Mélissandre seront privilégié par rapport à Mélanie et Mélissa mettons, de même que Dubé et Duponcelle plutôt que Dubé et Dupré).

Donc quand je veux un nouveau nom de personnage, je regarde ce qui existe déjà dans ma nouvelle et je procède par élimination. Personne n'a de prénom commençant par E? Parfait, le collègue de travail va s'appeler Éliot.

Éliot ne me plaît pas et je n'ai pas d'idée pour un prénom masculin commençant par E? L'ami Google est un allié précieux quand vient le temps de trouver des "prénoms commençant par E"...

Vous ne trouvez toujours pas? Ni Étienne, ni Émile, ni Édouard ne vous tente? Peut-être que vous vous restreignez sans vous en rendre compte. Votre personnage a-t-il besoin d'être un québécois francophone? (Un peu de diversité, on le rappelle, ça ne fait pas de mal et c'est plus réaliste. Et avec des personnages secondaires, vous n'aurez pas trop de recherches à faire.)

C'est bien beau mais vous ne connaissez ou des prénoms grecs ou arabes ou autres? Rappelez Google à la rescousse. Ou alors Wikipédia! Une petite recherche au sujet d'un pays, de sa culture et de son histoire me livre toujours une foule de noms de famille et de prénoms utilisables.

Et quand rien ne fonctionne, c'est le moment d'aller visiter Google Translate. Je veux un personnage d'origine finlandaise qui est un ami fidèle? Ça se dit comment "fidèle" en finnois? La réponse ne me plaît pas? Et s'il était plutôt "loyal"? Ou Danois plutôt que Finlandais? Ou nommé à contre-pied de sa personnalité, avec "frivole"?

D'accord, si vous utilisez cette méthode pour baptiser vos personnages, les lecteurs qui parlent la langue choisie risquent de rire dans leur barbe, mais... Bon, de un, ils ne seront sans doute pas nombreux. De deux, qui n'a pas rencontré une anglophone prénommée Chastity ou Joy?

Parfois, je ne vais même pas fouiller si loin. Je me garde une liste de noms de famille et de prénoms de gens que j'apprécie. Lorsque j'ai à baptiser un personnage sympathique, j'y pige le prénom de l'une et le nom de famille de l'autre (et ça fait souvent deux heureux d'un coup, la plupart des gens aimant lire leur nom dans les écrits des auteurs qu'ils connaissent, en plus de me laisser la liberté de créer un véritable personnage).

Lorsque j'ai à baptiser un personnage antipathique ou un cadavre, j'use pas mal du même procédé, quitte à déformer certains noms trop reconnaissables. Est-ce que je suis le genre d'écrivaine rancunière qui héberge un document intitulé "noms de futurs cadavres" dans les tréfonds de son ordinateur et qui y inscrit le nom de ses ennemis dans le but avoué de les tuer un jour, préférablement de manière fort souffrante, dans un texte? Voyons donc, vous me connaissez mal!

J'ai assez bonne mémoire pour ne pas avoir à les noter! :p

Blague à part, c'était l'ensemble de mes trucs et outils pour baptiser les personnages de moindre importance de mes récits (sans qu'ils finissent par tous s'appeler Julie et Bob). Et vous, est-ce que vous avez des astuces de baptême (à ne pas confondre avec des baptêmes d'astuce) à partager?

MISE À JOUR : Un ami, sur Facebook, m'a dirigée vers ce site : www.fakenamegenerator.com C'est tout simplement génial! Merci Félix!

mercredi 7 août 2019

Personnages instantanés : la transplantation

Les personnages principaux de nos histoires, on y réfléchit. On leur invente un passé, une famille, des amis, des ennemis, des études, des passe-temps, une couleur préférée, on répond à leur place à des tests de personnalité pour savoir s'ils sont plus Stark que Lannister, etc. (Ou, entk, on devrait faire tout ça!)

Par contre, des fois on a juste besoin de "la meilleure amie de service", du "barman habituel" ou d'un "collègue de travail", bref d'un personnage secondaire auquel on n'a pas nécessairement réfléchi beaucoup, qui ne sera pas là longtemps, mais pour lequel on aimerait quand même éviter le cliché absolu. Après tout, on doit donner l'impression que, pour notre personnage principal, ce personnage secondaire est vrai, substantiel, qu'il occupe une place dans sa vie. Surtout si les deux doivent avoir une conversation importante!

Dans ce temps-là, mon truc pour créer un "personnage instantané", c'est la transplantation de personnalité.

Qu'est-ce que j'entends par là?

Je commence par déterminer l'apparence et le sexe du personnage. (Souvent ça veut dire que je vais me balader sur Google Image ou que je revois des images de film.)

Ensuite, je passe mentalement en revue les gens que je connais et j'essaie de voir qui aurait une la personnalité appropriée (ou la personnalité la moins appropriée) pour tenir le rôle.

Et quand j'ai trouvé quelqu'un à mon goût, je transplante sa personnalité dans mon personnage, sans me soucier que le sexe ou le genre ou l'apparence concordent. Je transforme les gars en fille, les filles en gars, les hétéros en homos, je change les couleurs de peau, de cheveux, j'ajoute des tatouages... Et je vois si ça fonctionne. Souvent, ça me demande d'ajuster un peu les scènes ou les descriptions. Et c'est parfait! Car ça signifie que je m'éloigne du cliché. Que j'enrichis mon récit.

Pourquoi je fais ça? Pourquoi je n'utilise pas simplement les gens que je connais comme personnage?
Pour trois raisons :
1- Je ne veux pas qu'ils se reconnaissent et qu'ils soient peinés ou insultés si j'utilise de moins beaux côtés de leur personnalité ou des anecdotes moins glorieuses.
2- Pour introduire de la diversité. Parce qu'entre les écrivains habillés en mou et les informaticiens semi-hipster, mes amis tendent à se ressembler.
2- Pour faire d'eux de véritables personnages, en prenant l'essence de leur personnalité et en m'inspirant de leur histoire, mais sans m'embarrasser des détails.

Et voilà! Dix minutes de réflexion plus tard, je suis prête à écrire la scène de confidences à la meilleure amie. Restera juste à lui trouver un nom à cette meilleure amie... :p  (Ça, c'est un autre casse-tête et de la matière pour un autre billet!)

vendredi 2 août 2019

Insuffler du vrai dans le faux

Plus je lis des textes d'aspirants auteurs, plus ça me frappe : la plupart d'entre eux sont vides.

Oh, il s'y produit des événements, des thèmes importants sont abordés, les personnages sont parfois très bien détaillés, mais... mais il manque quelque chose.

Et puis, dernièrement, je suis tombée sur un texte qui était différent. Celui-là sonnait bien. Il sonnait entier. Il sonnait... vrai! On l'a donc accepté pour publication.

En faisant la direction littéraire du texte avec l'auteur, il m'a demandé si j'avais aimé tel petit détail au début du texte, car c'était une anecdote qu'il avait empruntée à sa grand-mère. Et c'était justement le détail qui m'avait donné envie de poursuivre ma lecture!

J'ai toujours mis beaucoup de vrai dans mes textes. Parfois, c'était mes expériences, parfois des morceaux de la vie de gens de mon entourage. Je croyais que ça faisait de moi une auteure paresseuse, sans imagination, qui préférait travestir la réalité plutôt que d'inventer. J'étais prête à l'admettre : je ne suis sans doute pas l'écrivaine la plus créative.

Pourquoi le serais-je? On dit souvent que la réalité dépasse la fiction.

Et il ne faut pas oublier que la fiction se nourrit de réalité.

De faits réels, d'anecdotes réelles, mais surtout de sentiments réels, de sensations réelles. Par exemple, vous n'avez peut-être pas peur de la bête innommable à tentacules qui vit au fond de l'eau, mais peut-être que les araignées provoquent en vous une terreur paralysante... Placez donc cette terreur dans le corps de votre personnage et vous aurez une bonne base pour écrire la suite!

Je crois qu'il ne faut pas hésiter à insuffler beaucoup de nous-mêmes dans nos écrits. Quitte à craindre que des gens se reconnaissent, quitte à se faire demander ensuite si on pense vraiment ci ou ça, quitte à écrire tout et son contraire. En tout cas, pour ma part, plus les années passent, plus je pige dans mes expériences et plus mes textes reçoivent des compliments!

Qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce que c'est le prix à payer pour que nos fictions sonnent vraies?

Ou alors j'suis vraiment juste une auteure paresseuse?

mercredi 31 juillet 2019

Avantage insoupçonné

J'ai donc découpé le premier jet de mon manuscrit en fragments, que je réarrange et réécrit tranquillement. (Y'a 4% du travail de fait environ... oui, c'est long, merci, je sais que j'écris à la vitesse d'une tortue rhumatisante, vous m'apprenez rien!).

Dès le début, je me disais que ça m'aiderait d'avoir les morceaux de papier en main, de pouvoir les réarranger physiquement.

En effet, c'est pas mal utile. Je peux les classer conceptuellement, mais aussi visuellement. Je vois tout de suite quand les piles de papier sont trop hautes ici par rapport à là-bas. Je peux prendre un bout de texte, le déplacer et regarder s'il s'insère bien, si les transitions vont couler...

Et, avantage insoupçonné, j'ai désormais le plaisir, quand je termine de réécrire une scène, de pouvoir froisser le bout de papier sur laquelle elle était inscrite et le jeter (au recyclage)!

Heille! C'est tellement gratifiant de froisser du papier non pas parce que ce qu'on vient d'écrire est mauvais, mais bien parce que c'est terminé!

J'pense que pour mes projets suivants, je vais me garder du papier brouillon à portée de la main et en froisser des feuilles quand j'aurai bien travaillé! hihihihi!

Et vous, avez-vous des manières encourageantes de souligner la progression de vos projets d'écriture? Quelque chose de plus gratifiant qu'un décompte des scènes sur votre blogue ou sur Facebook, là! :p

vendredi 26 juillet 2019

Pourquoi je ne ferai jamais l'école à la maison

Y'a des jours où je lis des articles et des études concernant le système scolaire québécois et où je me dis : "Je vais pas envoyer ma fille là-dedans?!? Elle est super intelligente, je suis très éduquée et mon chum aussi... Je pourrais la garder avec moi et lui faire l'école à la maison..."

Bon, d'habitude cet état d'esprit dure jusqu'à ce que mon adorable puce (qui a hérité de la vivacité d'esprit de ses parents, mais aussi de leur force de caractère) me pète une crise. Bref, ça prend au maximum 24 heures. :p

Remarquez, y'a d'autre fois où j'ai juste à me rappeler l'état de ma santé mentale et de ma patience après une semaine en tête à tête avec ma fille chérie (où je ne peux ni écrire, ni prendre un repas en silence) pour que j'écarte l'idée.

Reste que, de temps à autre, elle me revient.

Puis l'éducatrice de la garderie me remet un rapport d'évaluation où ma cocotte obtient des résultats largement supérieurs aux attentes pour son âge dans tous les domaines, sauf un : la géométrie. Ma puce ne semble pas avoir tous les acquis nécessaires pour l'entrée à la maternelle. Et l'éducatrice me note :

"Se pourrait-il que personne ne lui ait expliqué c'est quoi un rectangle?"

Oups! :p

C'est alors que je me souviens c'est quoi le rôle fondamental de l'école : apprendre à tout le monde les mêmes connaissances de base.

Pour le reste, on suppléera à la maison. En sachant que même si on a des lacunes et qu'on oublie un truc ou deux, à l'école il y aura plusieurs profs qui se relaieront et s'assureront de passer en revue l'essentiel.

mercredi 24 juillet 2019

J'suis trop fatiguée pour l'écrire sur Facebook

Tu sais que tu es fatiguée des réseaux sociaux quand tu prends même plus la peine d'essayer de corriger un membre de ta famille qui milite pour le mouvement anti-vaccin, en pleine ressurgessence de la rougeole.

Mais tout de même pas assez fatiguée pour ne pas écrire un texte ici (où ledit membre ne le lira pas, mais où peut-être que ça pourra aider certaines personnes qui veulent réfléchir à la question).

Présentement, parce que 10 personnes sont mortes lors d'une campagne de vaccination contre la dengue aux Philippes, les anti-vax pavoisent. "Les vaccins tuent" disent-ils.

Sauf que quand on lit l'article, on comprend que le vaccin était encore en développement et la compagnie a arrêté les essais en catastrophe dès les premiers décès et est retournée en laboratoire pour régler le problème.

Et pendant ce temps-là, la population des Philippines a tellement peur des vaccins qu'il y a eu une éclosion de rougeole qui a tué au moins 300 personnes. Alors que le vaccin contre la rougeole est complètement au point depuis les années 60. (Et en fait on pouvait inoculer contre la rougeole dès 1840, mais c'était pas avec une seringue.)

Il y a aussi Protégez-vous qui publie un article au sujet du "Scandale de la grippe A" fomenté par l'OMS. Le scandale est-il que le vaccin contre la grippe A ne marchait pas? Non. Qu'il était nocif? Non. Qu'il a tué quelqu'un? Non. Le scandale, c'est que l'OMS a abaissé ses critères de ce qu'est une pandémie juste avant que la grippe A n'éclose. Ils ont alors déclaré la pandémie et les compagnies pharmaceutiques s'en sont mis plein les poches.  Et si leur vaccin avait été mauvais, ils auraient été à l'abri des poursuites, étant donné l'état d'urgence. Bon, quelqu'un s'en est sans doute fait graisser la patte dans cette histoire. Mais... L'OMS a révisé ses critères depuis. Et le vaccin marchait.

Soit dit en passant, je ne l'ai pas pris ce vaccin-là à l'époque, malgré le tsunami médiatique. La grippe n'était pas un risque mortel pour moi et mon entourage à ce moment-là. Le taux de mortalité était bas et les risques de complications permanentes aussi. (D'ailleurs, j'ai fini par la pogner et je suis là pour vous en parler).

Par contre, ma puce a eu tous ses vaccins (rougeole, rubéole, polio, scarlatine, coqueluche, oreillon, varicelle, gastro-entérite, méningite, hépatite...) et, depuis sa naissance, toute ma famille se fait vacciner chaque année contre la grippe (ce que nous n'avions jamais fait avant). Pour deux raisons : 1- parce que ma puce est en contact avec de très jeunes enfants à la garderie, pour qui une grippe pourrait être mortelle et/ou entraîner des complications et 2- parce que je vois plus souvent un ami à la santé pulmonaire précaire (Luc pour ne pas le nommer).

Je suis historienne. Les statistiques de mortalité et de séquelle au sujet de la rougeole, de la rubéole, de la polio, de la scarlatine, des oreillons et de la variole, je les connais bien. Elles sont effrayantes. Beaucoup d'anti-vax, pour appuyer leur refus des vaccins, brandissent le fait que la mortalité avait diminué avec les mesures d'hygiène, avant l'entrée en scène des vaccins, et donc qu'on n'a pas besoin des vaccins.

Premièrement, ils ne prennent pas en compte l'inoculation (parce qu'ils ne savent pas c'est quoi) qui n'était pas un vaccin, mais fonctionnait de la même manière (en gros, on vous grattait la peau jusqu'au sang et on vous mettait un peu de virus atténué dans la plaie pour vous immuniser).

Deuxièmement, ils ne savent pas que la mortalité avait diminué, oui, mais que ça voulait souvent juste dire que plus de gens vivaient avec des séquelles permanentes.

Pour la rougeole, ça veut dire la perte de la vue ou la surdité ou d'autres affections neurologiques, pour la polio vous avez tout un assortiment de membres paralysés ou atrophiés, pour la variole y'a les défigurations, la perte de la vue encore, pour les oreillons c'est l'infertilité masculine... Bref, toutes des affaires qu'on veut pour nos enfants, non?

Non.

Je veux même pas que ma puce vive ce que j'ai vécu, c'est-à-dire de pogner la varicelle à 13 ans (alors qu'on pensait que je l'avais eue bébé), de devoir dormir avec des mitaines de four dans les mains pour ne pas se gratter, de passer la journée dans un bain remplit de calamine, de ne pas pouvoir manger parce qu'on a des boutons dans la bouche, d'avoir peur que mes yeux soient touchés... et maintenant que je suis plus vieille, de craindre qu'un jour j'aie des poussées de zona.

Bref, j'suis trop fatiguée pour l'écrire sur Facebook, mais croyez-en une historienne : les vaccins sont nécessaires et efficaces et bien moins risqués que les maladies contre lesquelles ils protègent. Faites vacciner vos enfants!

Ptêt pas contre la grippe (on le sait, il est pas toujours efficace ce vaccin-là) ou contre des maladies tropicales (pour lesquelles les vaccins ne sont pas toujours au point), mais au moins contre les fléaux des siècles passés qui n'attendent qu'une baisse de notre vigilance pour resurgir.

vendredi 19 juillet 2019

État des travaux


L'art de prendre un manuscrit et de le découper en lambeaux

Un jour, ces bouts de papier vont redevenir un roman, si si...

(J'essaie de m'en convaincre moi-même, je vous dirai si ça fonctionne!)

mercredi 17 juillet 2019

L'habitude de noter

Quand j'ai quitté l'emploi dans le domaine juridique où j'étais restée pendant 4 ans, mes collègues m'ont donné une pile de carnets blancs. Six ou sept en tout.

Cinq ans plus tard (c'est-à-dire il y a deux ans), je ne les avais pas encore tous utilisés. Mais j'achevais ma réserve.

Mes dames de l'atelier m'ont alors fait un super beau cadeau : un autre pile de carnets. Six ou sept, encore une fois.

Je me suis dit que j'en aurais bien pour une décennie! Après tout, à présent que je suis écrivaine à temps plein, je suis toujours devant mon ordinateur, alors pourquoi prendrais-je des notes à la main?

Sauf que...

Sauf que je ne suis pas toujours devant mon ordinateur, loin de là. Je vais faire des animations, je voyage (un tout petit peu), je pars en camping ou en randonnée, je regarde ma fille jouer, je visite des musées, j'assiste à des spectacles, j'attends ma fille pendant ses cours de danse ou de natation, je me déplace pour des salons du livre et, surtout, je lis des livres de référence, sur des sujets pouvant servir (immédiatement ou hypothétiquement) à des romans. Et dans toutes ces situations, je prends des notes!

C'est une habitude que j'ai prise. Je pourrais me fier à ma mémoire, mais noter l'information et, surtout, mes impressions, mes idées me permet de tout emmagasiner pour plus tard. Ensuite, je peux y revenir de manière structurée si le besoin s'en fait sentir ou, plus probablement, m'en servir pour laisser jouer le "chaos créatif" et feuilleter mes carnets au hasard, grappillant ici et là des idées et des bribes d'informations, jusqu'à ce que deux éléments entrent en collision et donnent naissance à une histoire...

Écrire un petit peu à la main, sur un coin de table, ça m'évite aussi de devenir folle quand je dois passer plusieurs jours sans toucher à mon ordinateur. Je note des phrases qui iront plus loin dans le roman, des bouts d'idée attrapées au vol, des dialogues entre deux personnages qui ne trouveront jamais leur place dans le texte final, etc. Jadis, j'aurais laissé ces idées tourner en boucle dans ma tête jusqu'à ce que je puisse m'asseoir devant mon écran et les noter. À présent, je les écris. Et, miracle (ou malédiction) aussitôt qu'elles quittent mon esprit, il y en a une ou deux autres qui se bousculent pour prendre leur place. Mes projets avancent ainsi à petits pas, même lorsque je ne travaille pas!

Alors voilà, tout cela pour dire que, deux ans plus tard, la pile de carnets achève déjà!

Remarquez, c'est pas grave : ça me fera plaisir d'en acheter un ou deux moi-même, pour changer! hihihihihi!

Et vous, quelle place les notes manuscrites occupent-elles dans votre processus créatif? Ou dans votre vie tout court?

vendredi 12 juillet 2019

Archaïque blancheur

(Attention, j'ai écrit ce billet pour documenter un phénomène socio-historique qui me fascine par son universalité et me désole et me dégoûte en raison de ses conséquences, qu'on vit encore aujourd'hui. Rien de ce qui suit n'excuse les exactions des colonisateurs, esclavagistes et autres nazis! Si la lecture de ce billet offense qui que soit, je m'en excuse. Écrivez-moi, on en jasera et j'ajusterai les formulations!)

L'expression white privilege (privilège blanc) circule de plus en plus sur les réseaux sociaux. Vous l'avez peut-être rencontrée. Elle désigne les avantages dont on bénéficie (le plus souvent sans s'en rendre compte) lorsqu'on a la peau blanche (comme moi) et qu'on vit en Occident. Notamment...

Les policiers sont moins agressifs et harcelants à notre endroit. 
Les employeurs préfèrent nos candidatures. 
Les inconnus nous perçoivent moins souvent comme des menaces potentielles.
Les employés de magasin sont moins soupçonneux et plus serviables.
Personne ne trouve étrange de nous voir circuler dans un quartier chic. 

Bref, on se retrouve de facto avec un statut plus élevé. Et surtout, on se perçoit nous-même comme étant la norme de l'humanité, puisqu'on forme la majorité de la population aperçue au quotidien.

(Je plaide coupable ici : j'ai pensé comme ça longtemps! Et c'est normal : c'est ainsi qu'on est élevés. Cependant, si on prend l'ethnie humaine la plus courante comme étalon de la normalité, ben la norme humaine devrait être indo-asiatique.)

D'où ça vient ce white privilege? Du fait qu'on forme la population majoritaire des pays développés, en partie, et donc qu'on est très représentés dans tous les produits culturels et la publicité. Mais c'est surtout un héritage de la colonisation. Après tout, les Blancs sont débarqués en conquérants un peu partout dans le monde pour en piller les richesses, ce qui leur a permis de développer leurs mères-patries, tout en forçant les populations locales à la servilité ou à la criminalité. La colonisation se justifiait grâce à des théories eugénistes et racistes qui hiérarchisaient les "races" humaines, plaçant l'homme Blanc au-dessus de tous. 

Certes, ces théories eugénistes-là servaient surtout à valider la supériorité des hommes qui les ont formulées, mais elles ne sortaient pas de nulle part. Elles ont profité, pour se former et s'implanter, d'un préjugé favorable aux peaux blanches qui existait déjà, partout dans le monde. En effet, croire que la peau blanche était "meilleure", c'était une pensée commune en Occident, mais également dans des pays qui n'avaient jamais vu d'Occidentaux!

Pourquoi? Eh bien, la peau humaine, je ne vous apprends rien, devient plus foncée lorsqu'on l'expose au soleil. Et ce, peu importe sa teinte de départ.

Dans toutes les civilisations sédentaires pré-industrielles (enfin, celles pour lesquelles nous avons des traces écrites, donc la Mésopotamie, la Grèce, Rome, la Chine, le Japon, l'Inde, l'empire Inca, l'Égypte, la Nubie et même l'Europe du Moyen-Âge), le gros de la population travaillait dans les champs ou sur des bateaux, sous les rayons du soleil, tandis que les intellectuels et les nobles, soit les gens de statut supérieur, demeuraient à l'ombre.

Résultat : les nobles étaient plus pâles que le "petit peuple". Dans toutes ces cultures, un teint clair est donc devenu peu à peu un trait recherché, un signe de supériorité matérielle et intellectuelle, parfois même (dans les régimes où la noblesse s'appuyait sur une mythologie religieuse) de faveur divine. Bref, une forme de "white privilege" archaïque!

Imaginez maintenant la réaction des peuples orientaux, américains (pré-colombiens) et africains lorsqu'ils ont vu débarquer des gens encore plus pâles que leurs nobles les plus oisifs! Imaginez la facilité avec laquelle ces Blancs ont pu traiter les populations locales avec hauteur et condescendance. Oh, la noblesse s'est sentie menacée et a voulu riposter, mais les Blancs ayant une technologie leur permettant de se défendre contre cette minorité rebelle, ce fut en vain.

(Autre petite note : ce préjugé favorable aux peaux blanches n'existait pas vraiment chez les peuples de chasseurs semi-nomades, beaucoup moins hiérarchisés, où les chefs devaient participer aux efforts. Car, comme le souligne Prospéryne en commentaire, ce favoritisme pour les teints clairs n'était, au fond, qu'un symptôme du rapport hiérarchisé à l'autorité, duquel les colonisateurs ont également tiré partie. Cependant, avec quels types d'autochtones les colonisateurs Blancs ont-ils éprouvés le plus de problèmes? Avec les peuples de chasseurs semi-nomades, notamment les Aborigènes d'Australie et les Premières Nations canadiennes. Tiens donc!)

Des fois, je me demande ce que serait devenu le monde si l'humanité avait valorisé le travail physique plutôt que l'oisiveté, le teint foncé plutôt que la pâleur. (Ah tiens, y'a une uchronie à écrire j'pense!)

J'ai l'impression qu'une grande partie de l'humanité aurait présentement une vie beaucoup plus facile. 

mercredi 10 juillet 2019

Chine et Japon

Il faut que j'en parle, parce que j'en peux plus...

Voulez-vous ben me dire pourquoi autant de gens confondent la Chine et le Japon?

Oui, les deux pays sont peuplés d'Asiatiques et ils ont eu des liens historiques, mais la ressemblance s'arrête là! Vous ne confondez pas les Français et les Britanniques, non?

Les Chinois et les Japonais ne parlent pas la même langue, n'habitent pas le même espace et, surtout, surtout, ils n'ont pas la même culture!

Quoi? Leur écriture se ressemble? En partie, d'accord, parce qu'ils utilisent tous les deux les idéogrammes inventés par les Chinois (auquels les Japonais ont ajouté deux syllabaires), mais... euh, revoir ma remarque au sujet des Français et des Britanniques. On utilise le même alphabet et pourtant c'est pas la même langue!

N'écoutant que mon grand coeur - et mon impatience - j'ai décidé de vous faire une petite liste des différences culturelles entre la Chine et le Japon, histoire de vous démêler pour de bon :

Chine ancienne
- premier pays de la région à avoir développé une culture écrite
- Grande Muraille
- tombeau impérial avec les statues de guerriers en terre cuite
- réduction des pieds des femmes
- empereurs avec gigantesques harems
- bureaucratie intense et examens nationaux
- population agraire où avoir des fils est très important
- a des guerriers, mais c'est un métier et non une caste
- a des courtisanes, mais elles sont aussi des prostituées
- pays d'origine du kung fu
- religion : surtout un bouddhisme bon vivant

Japon ancien
- s'est laissé influencer par la Chine au début de son histoire
- samouraïs (caste de guerriers)
- suicides rituels
- geisha (courtisanes qui ne sont pas des prostituées)
- ninja (et mythes associés)
- sabres redoutables (katana)
- estampes (parfois érotiques)
- cérémonie de thé
- empereur qui ne gouverne pas vraiment
- shogun qui détient le pouvoir militaire
- population d'agriculteurs, mais aussi de pêcheurs
- emphase moindre sur l'importance des fils, car l'adoption est courante
- pays d'origine du karaté, jiujitsu (qui donnera le judo) et du kendo
- on s'incline pour se saluer
- religion : plusieurs, notamment un bouddhisme ascétique (zen) et l'animisme (shinto)

Chine moderne
- surpeuplée partout
- régime communiste assoupli
- a pratiqué la limitation des naissances
- droits humains bafoués
- censure
- pollution importante
- manières choquantes (pour nous) en public : les gens crachent par terre et bousculent
- la langue tonale est souvent parlée à fort volume, car les inflexions sont importantes pour la compréhension
- parlant de langue, il y en a deux principales : le mandarin et le cantonais, plus des dialectes locaux

Japon moderne
- zones urbaines surpeuplées, vastes parcs préservés
- démocratie
- amour (parfois démesuré) pour les bandes-dessinées, les animés et les jeux vidéo
- terrain fertile pour les modes vestimentaires étranges, comme le gothique pastel
- société sexiste en cours de changement
- grand respect de la nature
- politesse et propreté extrêmes (pour nous) : pas de parfums forts, port de gants pas tous les officiels, respect scrupuleux des files d'attente
- la langue agglutinante donne l'impression que les femmes pépient comme des oiseaux, tandis que les hommes parlent du fond de la gorge, sans trop remuer les lèvres

Voilà, c'est caricatural et simplifié au possible, mais ça devrait vous aider!

Question d'examen pour voir si vous avez compris : le film Les 47 ronins, ça se passe en Chine ou au Japon? :p

Question bonus : pis les Hanaken, eux?

vendredi 5 juillet 2019

37... et c'est tout

Demain, c'est ma fête!

*musique* Bonne fête à moi, bonne fête à moi, bonne fê-te, bon-ne fêêê-te, bon-ne fêêêê-te à moi!

Je vais avoir 37 ans.

...

C'est tout, y'a rien à dire d'autre. Parce que... parlez-moi d'un chiffre pas rapport! Trop loin de 35 pour qu'on se dise encore que la mi-trentaine est proche, trop loin de 40 pour qu'on s'en inquiète vraiment.

Mes 36 ans ont été une année d'attente. J'ai finalisé énormément de projets (un recueil de nouvelles, un roman policier, trois nouvelles et il y a aussi mon album jeunesse), mais pour le moment ils sont perdus dans les limbes éditoriales. J'attends avec impatience que tout débloque.

Ce fut aussi une année de formation : j'ai donné énormément d'ateliers (ce qui me demande toujours de me perfectionner moi-même avant d'essayer d'expliquer des notions aux autres) et j'ai commencé à faire de la direction littéraire plus régulièrement.

Pour l'année à venir, je me souhaite que les projets débloquent (les uns après les autres de préférence, pas tous en même temps!) et j'espère avoir aussi l'occasion de retourner faire un atelier avec Élisabeth Vonarburg. (Celui de cette année vient de finir et je suis tellement triste de l'avoir raté!) Si ma dernière demande de bourse pouvait marcher, ce serait pas de refus non plus!

Ah pis que la santé et la forme physique se maintiennent (idéalement sans trop d'effort de ma part! lol!), histoire de pouvoir continuer à profiter à fond de la vie qu'on est s'est bâtie, mon chum et moi, autour de notre amour, de nos projets de création et du rire de ma puce. :)

Bises à vous, chers lecteurs! J'espère aussi que vous continuerez de me lire!
(Pas de doute, mon anniversaire me rend sentimentale! lol!)

mercredi 3 juillet 2019

Commencer par la C4

Je sais pas pour les autres écrivains, mais moi le résumé ou quatrième de couverture ou C4 (pour les intimes), c'est d'ordinaire la dernière affaire que j'écris.

Sur un coin de table.

En sacrant.

Parce que l'éditeur attend après pour envoyer le roman au montage.

J'haïs ça écrire des C4. Faut non seulement résumer l'histoire, mais la vendre au lecteur. C'est un exercice de marketing. J'suis nulle là-dedans.

(La section "bio" de la C4 est moins souffrante à écrire parce que la pression commerciale est moindre : j'suis pas à vendre! lol!)

Mais bon, après avoir égrené un chapelet, versé quelques litres de sueur et demandé l'aide de Vincent, d'Isa, de Luc ou de toute autre victime personne qui s'adonne à passer à portée de voix ou de clavier, je réussis à pondre quelque chose de potable.

En espérant que, pour le roman suivant, l'éditeur ait un service des communications qui s'en chargera (ce n'est pas encore arrivé).

Cependant, dans les derniers jours, il s'est produit un phénomène bizarre. L'élan qui m'habitait pour ma réécriture s'est tari. Je n'arrivais plus à avancer. Les doutes me paralysaient. Et dans ma tête, quand j'essayais de me mettre au travail, tournait en boucle des bribes de... résumé!!! O.o

Me trouvant un peu ridicule, je me suis donc mise à écrire la C4 du projet. Puis à la réécrire, la réagencer, la polir, jusqu'à ce que, enfin, j'en arrive au genre de résumé qui m'attirerait, moi. Qui ferait que, dans une librairie, je tendrais la main vers ce roman, même s'il ne relève pas des genres de l'imaginaire.

Et l'étincelle du retravail s'est rallumée. L'élan est revenu.

Comme quoi on écrit toujours les livres qu'on voudrait lire! ;)

Cela dit, vous m'auriez dit qu'un jour je commencerais la réécriture d'un projet avec la C4, je ne vous aurais pas cru! O.o

vendredi 28 juin 2019

J'suis déprimée, donc tout va bien

Bon, j'ai commencé la relecture/redécoupage de mon roman.

J'en ai les 2/3 de fait.

À première vue, tout devra être réécrit, phrase à phrase, même si les idées de fond vont rester.

J'ai extrait l'ossature et repéré les nombreuses scènes satellites.

Donc, présentement, y'a des morceaux de papier étalés partout sur la table de cuisine (qui me sert de table de travail et qui menace de devenir trop petite pour cet usage) et je ne sais pas pantoute comment je vais réussir à donner un ordre à toutes ces scènes disparates.

J'ai jamais essayé d'éclater un texte à ce point. J'adore lire des romans mosaïques, mais j'ai peur de ne pas savoir en écrire un.

En plus, je suis découragée de mon histoire. Persuadée que ce roman est une merde ultra-commune, avec des personnages ordinaires et niaiseux, qui ne mérite pas d'être réécrit, parce qu'il n'intéressera jamais personne. Après tout, il a déjà été refusé, c'est signe qu'il est particulièrement mauvais!

(Je sais, je sais, ça veut pas nécessairement dire ça, mais... Bon, mon chum et Luc ayant déjà eu droit à ce discours misérabilisme, je m'excuse d'avance à toutes les personnes qui croiseront ma route dans le prochain mois, parce que vous risquez d'y goûter aussi!)

Ah, mais minute, attendez que je consulte mon processus créatif... Mouais, sachant que j'ai ptêt 10% du travail de réécriture de fait, la dépression est arrivée pile dans les temps! O.o

Heureusement, y'a un truc qui m'encourage. Un signe positif au milieu du marasme (habituel) qui m'a envahie : j'ai beau chialer et déprimer au sujet du roman, je continue à y travailler. Mieux encore : j'ai envie de le retravailler.

Juste pour voir si, finalement, il n'est ptêt pas si nul...