vendredi 12 juillet 2019

Archaïque blancheur

(Attention, j'ai écrit ce billet pour documenter un phénomène socio-historique qui me fascine par son universalité et me désole et me dégoûte en raison de ses conséquences, qu'on vit encore aujourd'hui. Rien de ce qui suit n'excuse les exactions des colonisateurs, esclavagistes et autres nazis! Si la lecture de ce billet offense qui que soit, je m'en excuse. Écrivez-moi, on en jasera et j'ajusterai les formulations!)

L'expression white privilege (privilège blanc) circule de plus en plus sur les réseaux sociaux. Vous l'avez peut-être rencontrée. Elle désigne les avantages dont on bénéficie (le plus souvent sans s'en rendre compte) lorsqu'on a la peau blanche (comme moi) et qu'on vit en Occident. Notamment...

Les policiers sont moins agressifs et harcelants à notre endroit. 
Les employeurs préfèrent nos candidatures. 
Les inconnus nous perçoivent moins souvent comme des menaces potentielles.
Les employés de magasin sont moins soupçonneux et plus serviables.
Personne ne trouve étrange de nous voir circuler dans un quartier chic. 

Bref, on se retrouve de facto avec un statut plus élevé. Et surtout, on se perçoit nous-même comme étant la norme de l'humanité, puisqu'on forme la majorité de la population aperçue au quotidien.

(Je plaide coupable ici : j'ai pensé comme ça longtemps! Et c'est normal : c'est ainsi qu'on est élevés. Cependant, si on prend l'ethnie humaine la plus courante comme étalon de la normalité, ben la norme humaine devrait être indo-asiatique.)

D'où ça vient ce white privilege? Du fait qu'on forme la population majoritaire des pays développés, en partie, et donc qu'on est très représentés dans tous les produits culturels et la publicité. Mais c'est surtout un héritage de la colonisation. Après tout, les Blancs sont débarqués en conquérants un peu partout dans le monde pour en piller les richesses, ce qui leur a permis de développer leurs mères-patries, tout en forçant les populations locales à la servilité ou à la criminalité. La colonisation se justifiait grâce à des théories eugénistes et racistes qui hiérarchisaient les "races" humaines, plaçant l'homme Blanc au-dessus de tous. 

Certes, ces théories eugénistes-là servaient surtout à valider la supériorité des hommes qui les ont formulées, mais elles ne sortaient pas de nulle part. Elles ont profité, pour se former et s'implanter, d'un préjugé favorable aux peaux blanches qui existait déjà, partout dans le monde. En effet, croire que la peau blanche était "meilleure", c'était une pensée commune en Occident, mais également dans des pays qui n'avaient jamais vu d'Occidentaux!

Pourquoi? Eh bien, la peau humaine, je ne vous apprends rien, devient plus foncée lorsqu'on l'expose au soleil. Et ce, peu importe sa teinte de départ.

Dans toutes les civilisations sédentaires pré-industrielles (enfin, celles pour lesquelles nous avons des traces écrites, donc la Mésopotamie, la Grèce, Rome, la Chine, le Japon, l'Inde, l'empire Inca, l'Égypte, la Nubie et même l'Europe du Moyen-Âge), le gros de la population travaillait dans les champs ou sur des bateaux, sous les rayons du soleil, tandis que les intellectuels et les nobles, soit les gens de statut supérieur, demeuraient à l'ombre.

Résultat : les nobles étaient plus pâles que le "petit peuple". Dans toutes ces cultures, un teint clair est donc devenu peu à peu un trait recherché, un signe de supériorité matérielle et intellectuelle, parfois même (dans les régimes où la noblesse s'appuyait sur une mythologie religieuse) de faveur divine. Bref, une forme de "white privilege" archaïque!

Imaginez maintenant la réaction des peuples orientaux, américains (pré-colombiens) et africains lorsqu'ils ont vu débarquer des gens encore plus pâles que leurs nobles les plus oisifs! Imaginez la facilité avec laquelle ces Blancs ont pu traiter les populations locales avec hauteur et condescendance. Oh, la noblesse s'est sentie menacée et a voulu riposter, mais les Blancs ayant une technologie leur permettant de se défendre contre cette minorité rebelle, ce fut en vain.

(Autre petite note : ce préjugé favorable aux peaux blanches n'existait pas vraiment chez les peuples de chasseurs semi-nomades, beaucoup moins hiérarchisés, où les chefs devaient participer aux efforts. Car, comme le souligne Prospéryne en commentaire, ce favoritisme pour les teints clairs n'était, au fond, qu'un symptôme du rapport hiérarchisé à l'autorité, duquel les colonisateurs ont également tiré partie. Cependant, avec quels types d'autochtones les colonisateurs Blancs ont-ils éprouvés le plus de problèmes? Avec les peuples de chasseurs semi-nomades, notamment les Aborigènes d'Australie et les Premières Nations canadiennes. Tiens donc!)

Des fois, je me demande ce que serait devenu le monde si l'humanité avait valorisé le travail physique plutôt que l'oisiveté, le teint foncé plutôt que la pâleur. (Ah tiens, y'a une uchronie à écrire j'pense!)

J'ai l'impression qu'une grande partie de l'humanité aurait présentement une vie beaucoup plus facile. 

mercredi 10 juillet 2019

Chine et Japon

Il faut que j'en parle, parce que j'en peux plus...

Voulez-vous ben me dire pourquoi autant de gens confondent la Chine et le Japon?

Oui, les deux pays sont peuplés d'Asiatiques et ils ont eu des liens historiques, mais la ressemblance s'arrête là! Vous ne confondez pas les Français et les Britanniques, non?

Les Chinois et les Japonais ne parlent pas la même langue, n'habitent pas le même espace et, surtout, surtout, ils n'ont pas la même culture!

Quoi? Leur écriture se ressemble? En partie, d'accord, parce qu'ils utilisent tous les deux les idéogrammes inventés par les Chinois (auquels les Japonais ont ajouté deux syllabaires), mais... euh, revoir ma remarque au sujet des Français et des Britanniques. On utilise le même alphabet et pourtant c'est pas la même langue!

N'écoutant que mon grand coeur - et mon impatience - j'ai décidé de vous faire une petite liste des différences culturelles entre la Chine et le Japon, histoire de vous démêler pour de bon :

Chine ancienne
- premier pays de la région à avoir développé une culture écrite
- Grande Muraille
- tombeau impérial avec les statues de guerriers en terre cuite
- réduction des pieds des femmes
- empereurs avec gigantesques harems
- bureaucratie intense et examens nationaux
- population agraire où avoir des fils est très important
- a des guerriers, mais c'est un métier et non une caste
- a des courtisanes, mais elles sont aussi des prostituées
- pays d'origine du kung fu
- religion : surtout un bouddhisme bon vivant

Japon ancien
- s'est laissé influencer par la Chine au début de son histoire
- samouraïs (caste de guerriers)
- suicides rituels
- geisha (courtisanes qui ne sont pas des prostituées)
- ninja (et mythes associés)
- sabres redoutables (katana)
- estampes (parfois érotiques)
- cérémonie de thé
- empereur qui ne gouverne pas vraiment
- shogun qui détient le pouvoir militaire
- population d'agriculteurs, mais aussi de pêcheurs
- emphase moindre sur l'importance des fils, car l'adoption est courante
- pays d'origine du karaté, jiujitsu (qui donnera le judo) et du kendo
- on s'incline pour se saluer
- religion : plusieurs, notamment un bouddhisme ascétique (zen) et l'animisme (shinto)

Chine moderne
- surpeuplée partout
- régime communiste assoupli
- a pratiqué la limitation des naissances
- droits humains bafoués
- censure
- pollution importante
- manières choquantes (pour nous) en public : les gens crachent par terre et bousculent
- la langue tonale est souvent parlée à fort volume, car les inflexions sont importantes pour la compréhension
- parlant de langue, il y en a deux principales : le mandarin et le cantonais, plus des dialectes locaux

Japon moderne
- zones urbaines surpeuplées, vastes parcs préservés
- démocratie
- amour (parfois démesuré) pour les bandes-dessinées, les animés et les jeux vidéo
- terrain fertile pour les modes vestimentaires étranges, comme le gothique pastel
- société sexiste en cours de changement
- grand respect de la nature
- politesse et propreté extrêmes (pour nous) : pas de parfums forts, port de gants pas tous les officiels, respect scrupuleux des files d'attente
- la langue agglutinante donne l'impression que les femmes pépient comme des oiseaux, tandis que les hommes parlent du fond de la gorge, sans trop remuer les lèvres

Voilà, c'est caricatural et simplifié au possible, mais ça devrait vous aider!

Question d'examen pour voir si vous avez compris : le film Les 47 ronins, ça se passe en Chine ou au Japon? :p

Question bonus : pis les Hanaken, eux?

vendredi 5 juillet 2019

37... et c'est tout

Demain, c'est ma fête!

*musique* Bonne fête à moi, bonne fête à moi, bonne fê-te, bon-ne fêêê-te, bon-ne fêêêê-te à moi!

Je vais avoir 37 ans.

...

C'est tout, y'a rien à dire d'autre. Parce que... parlez-moi d'un chiffre pas rapport! Trop loin de 35 pour qu'on se dise encore que la mi-trentaine est proche, trop loin de 40 pour qu'on s'en inquiète vraiment.

Mes 36 ans ont été une année d'attente. J'ai finalisé énormément de projets (un recueil de nouvelles, un roman policier, trois nouvelles et il y a aussi mon album jeunesse), mais pour le moment ils sont perdus dans les limbes éditoriales. J'attends avec impatience que tout débloque.

Ce fut aussi une année de formation : j'ai donné énormément d'ateliers (ce qui me demande toujours de me perfectionner moi-même avant d'essayer d'expliquer des notions aux autres) et j'ai commencé à faire de la direction littéraire plus régulièrement.

Pour l'année à venir, je me souhaite que les projets débloquent (les uns après les autres de préférence, pas tous en même temps!) et j'espère avoir aussi l'occasion de retourner faire un atelier avec Élisabeth Vonarburg. (Celui de cette année vient de finir et je suis tellement triste de l'avoir raté!) Si ma dernière demande de bourse pouvait marcher, ce serait pas de refus non plus!

Ah pis que la santé et la forme physique se maintiennent (idéalement sans trop d'effort de ma part! lol!), histoire de pouvoir continuer à profiter à fond de la vie qu'on est s'est bâtie, mon chum et moi, autour de notre amour, de nos projets de création et du rire de ma puce. :)

Bises à vous, chers lecteurs! J'espère aussi que vous continuerez de me lire!
(Pas de doute, mon anniversaire me rend sentimentale! lol!)

mercredi 3 juillet 2019

Commencer par la C4

Je sais pas pour les autres écrivains, mais moi le résumé ou quatrième de couverture ou C4 (pour les intimes), c'est d'ordinaire la dernière affaire que j'écris.

Sur un coin de table.

En sacrant.

Parce que l'éditeur attend après pour envoyer le roman au montage.

J'haïs ça écrire des C4. Faut non seulement résumer l'histoire, mais la vendre au lecteur. C'est un exercice de marketing. J'suis nulle là-dedans.

(La section "bio" de la C4 est moins souffrante à écrire parce que la pression commerciale est moindre : j'suis pas à vendre! lol!)

Mais bon, après avoir égrené un chapelet, versé quelques litres de sueur et demandé l'aide de Vincent, d'Isa, de Luc ou de toute autre victime personne qui s'adonne à passer à portée de voix ou de clavier, je réussis à pondre quelque chose de potable.

En espérant que, pour le roman suivant, l'éditeur ait un service des communications qui s'en chargera (ce n'est pas encore arrivé).

Cependant, dans les derniers jours, il s'est produit un phénomène bizarre. L'élan qui m'habitait pour ma réécriture s'est tari. Je n'arrivais plus à avancer. Les doutes me paralysaient. Et dans ma tête, quand j'essayais de me mettre au travail, tournait en boucle des bribes de... résumé!!! O.o

Me trouvant un peu ridicule, je me suis donc mise à écrire la C4 du projet. Puis à la réécrire, la réagencer, la polir, jusqu'à ce que, enfin, j'en arrive au genre de résumé qui m'attirerait, moi. Qui ferait que, dans une librairie, je tendrais la main vers ce roman, même s'il ne relève pas des genres de l'imaginaire.

Et l'étincelle du retravail s'est rallumée. L'élan est revenu.

Comme quoi on écrit toujours les livres qu'on voudrait lire! ;)

Cela dit, vous m'auriez dit qu'un jour je commencerais la réécriture d'un projet avec la C4, je ne vous aurais pas cru! O.o

vendredi 28 juin 2019

J'suis déprimée, donc tout va bien

Bon, j'ai commencé la relecture/redécoupage de mon roman.

J'en ai les 2/3 de fait.

À première vue, tout devra être réécrit, phrase à phrase, même si les idées de fond vont rester.

J'ai extrait l'ossature et repéré les nombreuses scènes satellites.

Donc, présentement, y'a des morceaux de papier étalés partout sur la table de cuisine (qui me sert de table de travail et qui menace de devenir trop petite pour cet usage) et je ne sais pas pantoute comment je vais réussir à donner un ordre à toutes ces scènes disparates.

J'ai jamais essayé d'éclater un texte à ce point. J'adore lire des romans mosaïques, mais j'ai peur de ne pas savoir en écrire un.

En plus, je suis découragée de mon histoire. Persuadée que ce roman est une merde ultra-commune, avec des personnages ordinaires et niaiseux, qui ne mérite pas d'être réécrit, parce qu'il n'intéressera jamais personne. Après tout, il a déjà été refusé, c'est signe qu'il est particulièrement mauvais!

(Je sais, je sais, ça veut pas nécessairement dire ça, mais... Bon, mon chum et Luc ayant déjà eu droit à ce discours misérabilisme, je m'excuse d'avance à toutes les personnes qui croiseront ma route dans le prochain mois, parce que vous risquez d'y goûter aussi!)

Ah, mais minute, attendez que je consulte mon processus créatif... Mouais, sachant que j'ai ptêt 10% du travail de réécriture de fait, la dépression est arrivée pile dans les temps! O.o

Heureusement, y'a un truc qui m'encourage. Un signe positif au milieu du marasme (habituel) qui m'a envahie : j'ai beau chialer et déprimer au sujet du roman, je continue à y travailler. Mieux encore : j'ai envie de le retravailler.

Juste pour voir si, finalement, il n'est ptêt pas si nul...

mercredi 26 juin 2019

Copibec a encore besoin d'appuis

Je vous expliquais, début avril, que Copibec avait besoin d'appuis, parce que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie qui avait "mis à jour" la Loi sur le droit d'auteur en 2012 (avec des conséquences catastrophiques pour les auteurs) s'apprêtait à la réviser.

Il fallait, ai-je dit, faire savoir qu'on était d'accord avec la position de Copibec, que l'exception pour l'utilisation équitable en éducation devait être resserrée, afin que les auteurs soient payés lorsque leurs oeuvres sont utilisées dans un cadre pédagogique.

Peu de temps après, le Comité permanent du patrimoine canadien a déposé un rapport qui allait dans le même sens que les observations de Copibec et des auteurs : la nouvelle mouture de la Loi sur le droit d'auteur mettait la situation financière des artistes (déjà fragile) en grand péril.

Comme d'autres, j'ai poussé un soupir de soulagement en voyant ce rapport. Bon, me suis-je dit, si le patrimoine canadien est de notre bord, ça devrait bien aller...

Ah, ben non finalement. Parce que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie n'a même pas pris la peine de lire le rapport du Comité permanent du patrimoine canadien!!! C'est à se demander comment ils ont fait leur "examen" des impacts de la loi! (Ça semble incroyable? Le communiqué de Copibec est ici et cite les divers rapports et intervenants.)

Le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie ne propose donc aucune solution pour aider les auteurs. Le statu quo ne les dérange pas (eux!). Pire, ils proposent un élargissement de la notion d'utilisation équitable.

Après ça, y'en a qui se plaignent que les artistes vivent "aux crochets des subventions gouvernementales". Ouais ben, si les lois ne légalisaient pas le vol de nos oeuvres et que les Comités (financés aussi par vos taxes) lisaient leurs propres rapports, ptêt qu'on n'en aurait pas besoin des bourses et des subventions.

En attendant, si vous aimez avoir de l'art dans vos vies, n'oubliez pas de signer le manifeste de Copibec "Une vie sans art, vraiment?" M'étonnerait que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie le lise, mais ptêt que les élus, eux, en prendront connaissance avant de voter.

vendredi 21 juin 2019

Ce genre de réécriture

Je viens de plonger dans la réécriture de mon roman réaliste.

Mon but : l'éclater. Sortir du récit toutes les scènes racontées en flash-back et les mettre en prise directe. Et pas nécessairement dans l'ordre chronologique. Je veux brouiller les frontières, celles entre le présent et le passé, celles entre les personnages et... tiens donc, ptêt aussi celles entre le réel et l'imaginé.

Ouais, mon roman réaliste ne sera peut-être plus si réaliste que ça. (Chassez le naturel et il revient au galop! lol!)

En attendant, je m'enligne pour ce genre de réécriture :

Mes outils : une version papier, des ciseaux, du papier collant, des post-it
et des trombones de couleur... ah pis un grand café glacé!
J'me souviens pas avoir déjà ressenti le besoin de travailler avec une version papier pour remettre mes idées en ordre, mais là, c'est la seule méthode qui m'apparaît juste. Ça va être un joyeux chaos tantôt! O.o

mercredi 19 juin 2019

Tranche de vie (39) - Continuités et changements

Lundi, n'écoutant que ma volonté de créer des souvenirs d'enfance à ma fille et prenant mon courage à deux mains, j'ai amené ma puce à La Ronde.

Où je n'avais pas mis les pieds depuis une dizaine d'années.

J'ai donc pu observer le parc avec mon oeil d'historienne, c'est-à-dire en notant les changements, mais également les éléments de continuité.

Premier élément de continuité : la file aux guichets avance à une lenteur de tortue rhumatisante. L'attente est encore plus pénible quand vous devez gérer une enfant de 4 ans qui a juste hâte de voir la Grande Roue!

Premier changement : si les prix d'entrée sont encore plus prohibitifs qu'avant (70$ pour un adulte, 55$ pour un enfant!!!), au moins ils nous vendent désormais le "passeport-saison" pour exactement le même prix! Bon, tant qu'à payer pour une journée dont la longueur sera limitée par la résistance de ma puce, autant avoir l'option de pouvoir revenir.

Autre changement : l'omniprésence des applications pour cellulaire, destinées à gérer votre achat de billet, votre passeport-saison fraîchement acheté, vos memberships, passes flash (je sais toujours pas ce que c'est), coupe file, passeports resto et autres manières de vous quémander un peu plus d'argent. O.o Pfiou! On était pas rentrées que j'étais déjà épuisée. (Et que je me sentais un peu dinosaure, jusqu'à ce que je remarque que les ados qui m'entouraient semblaient aussi perdus que moi!)

Deuxième élément de continuité : la foule a beau avoir l'air immense à l'entrée, une fois les tourniquets du site passés, ça se disperse et ça devient tout à fait tolérable (en tout cas, ce l'était, mais on était un lundi avant la fin des classes).

Changement impossible à manquer : il y a plein de nouveaux manèges! Tant du côté des enfants (où bien des classiques ont été revampés et rebaptisés) que de celui des adultes.

Par contre, les zones thématiques, comme le fort western et le village médiéval sont rendus pas mal diluées sous les panneaux d'affichage. Et la musique diffusée est plutôt uniforme à la grandeur du site. (Alors que je me souvenais d'une petite musique guillerette dans le village médiéval et d'employés de resto qui portaient des chapeaux style "Robin des bois").

Tout de même, je ne me sentais pas trop dépaysée... Et puis est arrivé le moment de dîner.

Bon, il n'y a plus de McDonald depuis le début de la saison, je le savais, on m'avait prévenue. Après un moment d'hésitation, j'ai trouvé un équivalent afin que ma puce puisse manger les croquettes de poulet qu'elle me réclamait. J'ai commandé un burger pour moi. Puis je suis passée à la caisse...

Caissière - Trente-trois et dix sept!

Moi, interloquée - Dix-sept vous avez dit?

Caissière - Non, trente-trois dollars. Et dix-sept sous.

Moi, ne pouvant retenir une exclamation  - Ouch!

Je ne sais pas si je dois classer le prix faramineux de ce repas sous la rubrique des continuités - manger à La Ronde a toujours coûté un bras - ou des changements - maintenant, apparemment, ils veulent nos DEUX bras!!! O.o

Qu'est-ce que je ferais pas pour ma puce, hein?

Son opinion de la journée :)

Et puis, on ne se le cachera pas : un parc d'attractions, c'est un lieu inspirant. ;)

vendredi 14 juin 2019

Trempette chaude aux épinards et artichauts

Peu après le diagnostic de mon chum, on dirait que tous les restaurants que nous fréquentions ont mis au menu des "trempettes chaudes aux épinards". Comme ils les servent avec des craquelins de blé, on n'a jamais pu y goûter. 

Alors j'ai cherché, testé plusieurs recettes et je suis arrivée à cette version simplifiée, mais délicieuse, d'une trempette chaude aux épinards et artichauts. Elle est même relativement santé. (Enfin, pour une trempette du genre). Elle peut servir d'entrée à partager durant l'apéro (pour 5 ou 6 personnes) ou de lunch léger (pour 2 ou 3 adultes). 

(Avertissement à l'intention des intolérants au lactose : j'pense que juste la liste des ingrédients peut vous faire faire une crise! lol!)

Trempette chaude aux épinards et artichauts

250g (un paquet) de fromage à la crème léger, ramolli
¼ tasse de mayonnaise
¼ tasse de yogourt nature
une pincée de poivre
1 tasse d'épinards hachés surgelés, décongelés et bien égouttés
1 boîte de coeurs d'artichauts hachés
3 oignons verts hachés
1 tasse de mozarella râpé
1 boîte de haricots blancs (facultatif, mais ajoute des protéines)

Passez le fromage à la crème 30 secondes au micro-onde pour le ramollir, puis mélangez-le avec la mayonnaise, le yogourt nature et le poivre jusqu'à ce que ce soit homogène. 

Ajoutez tous les autres ingrédients et mélangez délicatement.

Étalez dans un plat en pyrex allant au four (personnellement, je prends un plat à tarte de 10 pouces) et cuire 30 minutes à 350F (ou jusqu'à ce que ce soit bouillonnant, bien fondu et légèrement doré). 

Je suggère de servir cette trempette absolument décadente avec des chips de maïs non salées et un verre de rosé, mais rendus là, c'est vous qui voyez! ;) 

mercredi 12 juin 2019

Bilan de mi-année

Bon, on est en juin, sixième mois de l'année. Ce serait un bon moment pour déterrer mes objectifs et résolutions énoncés en janvier et de voir où j'en suis... (J'vous préviens : y'a des bonnes nouvelles à la fin de ce post)

Alors, mon objectif numéro 4 était de "M'aventurer". Je voulais faire des nouvelles activités, visiter de nouveaux endroits...Les vacances en famille au Mexique (d'accord, c'est pas super exotique un tout inclus, mais j'étais jamais allée dans le Sud, alors c'était tout de même une découverte) et quelques visites de musée ont partiellement comblé cet objectif. Je me promets d'autres explorations.

L'objectif 3 était "Faire de l'exercice". Ce n'est pas encore parfait, mais j'ai pas mal réussi à établir une routine où, les jours d'écriture, je prends une pause vers 11h pour trente minutes de yoga, d'elliptique, de course, de marche... Bref, d'un truc actif. Effet secondaire de cette augmentation de mon activité physique : je m'ennuie sans bon sens des arts martiaux!!! J'ai particulièrement envie de taper dans quelque chose. (Gardez ça en tête si vous me croisez! :p)

L'objectif 2 "Écrire tous les jours" est un échec absolu. Les fins de semaine et les lundis (bref, quand ma puce est avec moi), je ne trouve pas une minute pour écrire pendant qu'elle est réveillée et une fois qu'elle dort je suis beaucoup trop crevée. C'est encore pire depuis que mon chum a commencé sa nouvelle job, parce qu'il est à la maison moins longtemps, alors ma puce s'ennuie de lui et compense en me collant deux fois plus. Je la comprends et je m'efforce de combler son besoin de contacts, mais... ben ça vide, alors l'écriture en souffre. Tant pis, je me rattrape les journées de garderie!

D'ailleurs... L'objectif numéro 1 était de "Terminer la réécriture de mes deux romans". Ben ici je peux faire une petite danse de la joie!!! J'AI FINI LE ROMAN POLICIER! Après six ans de niaisage, écriture, repententage, réécriture, gossage et autres révisions, le voilà parti vivre sa vie (ou rencontrer une fin funeste) dans les boîtes de courriels d'éditeurs! Ouf! J'me souviens pas avoir été aussi heureuse de terminer enfin un projet.

Et j'suis en plein dans les temps : comme on est en juin, ça me laisse six mois pour réécrire le deuxième roman! :)

... Et j'peux même prendre une petite semaine de repos entre les deux, histoire d'écrire du neuf et de m'aérer les neurones! (Ce sera pas un luxe!)

Parce que, bon, je vais l'avouer : je commence à être tannée de réécrire au lieu de créer, mais en même temps c'est ridicule de garder dans mes tiroirs des manuscrits auxquels je crois encore et qui demandent juste un peu de temps... Cela dit, en 2020, je me promets d'écrire seulement du nouveau! (Ça tombe bien, j'ai commencé mes recherches pour un projet de fou! ;)

vendredi 7 juin 2019

Catharsys et monstration

Petite capsule historico-culturelle ce matin.

Dans le théâtre grec antique, souvent cité comme justificatif de "cette oeuvre est ptêt dégueulasse, mais c'est à des fin de catharsis", il était interdit de faire couler le sang (même fictif) sur scène. On ne mettait pas la violence en scène. On l'évoquait, on la racontait, mais on ne la montrait pas.

(En passant, une simple recherche Google sur le thème "théâtre grec" mène à cette information.)

Et, pourtant, on a inventé à la même époque le concept de catharsis (l'effet de « purification » produit sur les spectateurs par une représentation dramatique, comme si vivre des émotions par fiction interposée nous évitait d'avoir envie de les éprouver réellement ou nous préparait à y réagir.)

Comme quoi on peut atteindre la catharsis sans la monstration (le fait de montrer).

C'est juste moi ou y'a des producteurs de film d'horreur qui devraient réfléchir à la question? :p

Ok, j'suis ptêt trop cérébrale (ou fondamentalement "antique" dans mes sensibilités), mais les trucs gores m'effraient nettement moins que les histoires d'horreur psychologiques ou que les bons vieux films où, faute de budget, on ne voyait jamais le monstre. J'm'en ennuie, des fois.

mercredi 5 juin 2019

Un autre été sans été?

En 1816, une éruption volcanique a causé une "année sans été" planétaire (et un "été sans été" local). Il a fait gris, pluvieux, frette (environ 0,4 degré sous les normales, ce qui a été assez pour causer des famines, soit dit en passant).

Cet été tristounet a entraîné bien des problèmes socio-économiques.

Mais il a également poussé une bande d'écrivains (Mary Shelley, son mari Percy, sa demi-soeur Claire Clairmont et l'amant de celle-ci Lord Byron, ainsi que leur ami Polidori) à s'enfermer dans une villa pour écrire sans discontinuer des histoires de peur pendant tout l'été.

Bref, dans la tête de tous les amoureux de la littérature, l'été sans été de 1816 reste célèbre parce qu'il nous a donné Frankenstein.

En ce 4 juin plutôt frisquet (le réchauffement climatique, c'est pour les autres, le Québec, en bonne société distincte, a décidé de se refroidir à la place!), après des mois d'avril et de mai salement pluvieux (où, pour une fois, on ne s'est vraiment pas découverts d'un fil!), je commence à me demander si on s'enligne pas pour un second "été sans été".

Auquel cas, je crois que je vais me mettre à la recherche de quelques amis, et d'une villa, histoire que la grisaille ne soit pas tout à fait perdue! :p

vendredi 31 mai 2019

Somniloquie

Depuis qu'elle est toute petite, ma puce parle en dormant.

Pendant longtemps, c'était juste mignon : elle marmonnait, indistinctement, tout bas. Et, de temps à autre, surnageait un mot appris durant la journée.

Puis les mots se sont faits plus forts, plus distincts, mais c'est resté mignon. Passer devant la chambre de ton enfant au milieu de la nuit et entendre "Je t'aime maman", y'a de quoi ravir un coeur de parent. (J'ai aussi entendu des "Y'é où mon dragon?" et autre "Mon oreiller vole!" qui m'ont bien faire rire.)

Cependant, ces derniers temps, c'est devenu plus intense. Les mots sont devenus des cris. Et si se faire réveiller par un "JE T'AIME MAMAN!" hurlé au milieu de la nuit, c'est pas trop inquiétant, quand c'est plutôt "AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH LÂCHE-MOI!" ça réveille croche en maudit!

Qui c'est qui a bondi de son lit et a déboulé dans la chambre de sa fille à 2h30 du matin, en panique totale? Ouais, vous avez deviné : c'est moi!

Ma puce, elle, dormait à poings fermés.

Mon chum aussi d'ailleurs. O.o

C'était à se demander si je l'avais rêvé! (Mais non : le cri a été répété, moins fort, deux minutes plus tard et j'étais bien réveillée.)

Ouf! Heureusement, la puce ne fait pas ça toutes les nuits! Mais j'espère que ça va lui passer! (J'ai peu d'espoir : mon chum aussi parle en dormant, mais il a la politesse de marmonner! :p )

mercredi 29 mai 2019

Observation d'un phénomène social

Avec l'affaire de l'auteur accusé de pornographie juvénile, je me suis retrouvée, un peu involontairement, aux premiers rangs pour observer un phénomène social : les vagues qui agitent parfois les médias sociaux.

Je n'ai pas pris position pour ou contre cette histoire (quoique je sois définitivement contre les appels à la panique et que je sois très triste pour le pauvre auteur!). J'ai écrit un (long) billet pour remettre le tout en contexte historique et judiciaire, et pour me donner, à moi-même, la paix d'esprit nécessaire pour continuer à créer.

Mais j'ai vu le phénomène médiatique se dérouler.

J'ai vu des gens, qui n'avaient ni lu la loi, ni lu le livre, réagir avec passion... et approximation.

J'ai vu des gens qui comparaient des pommes avec des oranges.

J'ai vu de la désinformation être semée et reprise allègrement.

J'ai vu des gens, en position d'autorité et/ou bien informés, qui laissaient planer le doute et la peur, comme si cette histoire allait faire boule de neige et les emporter tous.

J'ai vu défiler des opinions, mais très peu de faits. Ceux que j'ai eu, je suis allée les chercher moi-même.

J'ai vu des gens se demander qui était cette prof qui avait fait la première plainte, avec une envie évidente de pouvoir s'en prendre à elle. Des gens qui ne voyaient pas que les articles plus récents parlaient de plaintes au pluriel. Ils cherchaient un coupable et étaient prêts à tirer sur le messager.

J'ai reçu des messages privés de plusieurs personnes qui étaient heureuses de mon initiative et me remerciaient de mon travail de recherche, mais n'avaient pas envie de le dire publiquement, par crainte des retombées, ne serait-ce que les milliers de messages qu'ils auraient à gérer! (Et, on s'entend, je ne défendais pas une position controversée!)

J'ai vu des gens m'accuser à mots voilés (ou pas) de malhonnêteté intellectuelle voire de paresse, parce que je faisais des raccourcis (le texte était déjà assez long) et que je n'avais pas pris en note et cité tous les sites, lois et jugements parcourus (dites, si vous en voulez plus, faites vos recherches, c'est pas dur, suffit de taper "pornographie juvénile lois (ou jugements) canada" dans Google). J'ai compris la fatigue récente du Pharmachien!

J'ai vu des gens m'écrire de longs textes, qui disaient en essence que, peu importe les faits que je citais, je ne les ferais pas changer d'avis. Je ne sais pas s'ils se rendent compte que le temps que j'ai pris à les lire, c'est du temps pour travailler que je ne retrouverai jamais.

J'ai vu des gens chercher l'exemple, LE truc que je n'avais pas lu et dont je ne pourrais pas discuter, pour me prouver que le livre accusé n'était pas si pire que ça. (Et oui, ces exemples existent, je n'en doute pas, mais ils ne sont pas couramment disponibles sur les tablettes du Walmart.)

J'ai vu mon texte, que je crois raisonné et nuancé, être lu quelque 5000 fois... Pendant que les opinions sans nuance de gens médiatisés, mais pas nécessairement informés, étaient lues et aimées dix fois plus.

J'ai perdu des amis. (Remarquez, si je perds des amis parce que je demande qu'on réfléchisse et qu'on se calme, c'est ptêt des amis que je préfère ne pas avoir.)

Bref, j'ai pu observer, de près, à quel point un appel à la raison et des mots rassurants ça peut passer dans le vide. À quel point les gens semblent préférer réagir que réfléchir. À quel point la peur de perdre des libertés individuelles et immédiates (écrire ce qu'on veut, lire ce qu'on veut) semble être le moteur pour mobiliser les gens.

Ce n'est pas rassurant (c'est même terrorisant) tout ça, mais, le sachant... Ptêt qu'on pourrait organiser une vraie campagne de peur au sujet des changements climatiques? :p Étudier la montée du prix des denrées en raison des changements du climat et leur expliquer ce que ça donnera si ça continue comme ça? Forcer les gens à s'indigner? Montrer ce qu'ils perdront comme libertés?

En attendant, vous pouvez être sûrs que tout ça va m'inspirer au moins un texte!

vendredi 24 mai 2019

On peut pas plaire à tout le monde

Récemment, alors que je discutais avec d'autres écrivains du concept de la diversité en littérature ( ça veut dire refléter la réalité dans nos textes et ne pas mettre seulement des personnages blancs, québécois de souche, hétérosexuels, etc.), l'un d'eux m'a lancé : "Le problème, c'est que si on fait ça, y'a des gens qui vont se plaindre qu'on a pas le droit, qu'on les approprie..."

C'est un point... qui mérite, je crois, d'être discuté.

Voyez-vous, dans ce genre de contexte, on tombe dans une situation pour laquelle les anglophones ont une très belle expression : damned if you do, damned if you don't (damné si vous le faites, damné si vous ne le faites pas). Vous ne représentez que des gens qui vous ressemble? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc. Vous représentez des gens qui ne vous ressemble pas et on vous reproche la manière dont vous l'avez faite? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc, en plus d'un appropriateur culturel!

Savez-vous quoi? Tant qu'à moi, vous devriez y aller quand même pour la seconde option! Dans le premier cas, tous ceux qui vous liront pourront vous reprocher, avec raison, votre manque de réalisme et de sensibilité sociologique et culturelle. Tandis que dans le second cas, surtout si vous avez fait des recherches honnêtes (oui, ça implique d'aller parler avec des gens qui ne vous ressemblent pas, même si c'est intimidant), je parie qu'il y aura autant de gens heureux de lire vos efforts que de gens qui vous les reprocheront.

Et pour vous protéger de ceux qui vous feront des reproches, j'ai une petite formule magique à vous apprendre. Trois phrases. Dites sincèrement (mais voilà, faudra être sincère), elles règlent pas mal tous les problèmes. Les voici : "Je suis désolée si je vous ai offensé. Qu'est-ce que j'ai écrit qui vous dérange? Comment est-ce que je pourrais m'améliorer dans un prochain texte?"

Comme écrivain, comme artiste, on ne peut jamais plaire à tout le monde. Mais je pense que ce n'est pas une raison pour fuir devant les situations qui ouvrent à la critique. Sinon, on avancera jamais. Notre société est belle et riche à cause de sa diversité. Il faut apprendre à la mettre en scène dans notre littérature (parce qu'en introduisant les différences dans l'imaginaire collectif, on contribue à leur acceptation). Même si ça implique que ce sera pas parfait du premier coup.

mercredi 22 mai 2019

Transitions

Je crois que je n'en ai pas parlé ici, mais mon chum, après huit ans chez le même employeur, a décidé d'aller changer d'air. Une opportunité en or s'est présentée chez Unity, la compagnie qui développe l'éditeur de jeux vidéos avec lequel il travaillait déjà depuis quelques années pour ses projets personnels!

Bref, mon chéri vient de trouver sa job de rêve! :) Technologies motivantes, projets motivants, salaire motivant (note aux employeurs : ça veut dire élevé!) et on espère que les collègues seront tout aussi motivants.

Seul bémol : il doit recommencer à travailler cinq jours par semaine, ses semaines de travail seront un peu plus longues et, surtout, le bureau est sur l'île de Montréal, ce qui veut dire deux heures de déplacement par jour (en transport en commun, parce qu'en voiture ce serait tout aussi long, peut-être même plus, et plus stressant!). Donc, mon chéri sera désormais parti de la maison beaucoup plus longtemps chaque jour. Il pourra déposer la puce à la garderie le matin, mais je devrai aller la chercher le soir. À pieds. Parce que la voiture sera au terminus incitatif, d'où mon chum sera parti pour Montréal. O.o

Ouf! Les prochains mois s'annoncent longs. Je ne sais pas si la puce sera capable de faire tout le trajet de retour à pieds avec moi à tous les soirs. Or, elle est trop grande pour la poussette désormais et un peu trop malhabile en vélo pour que ce soit une option. Et je préfère ne pas compter sur le bus, aux horaires parfois fantaisistes.

Heureusement, tout va rentrer dans l'ordre quand la puce commencera l'école (en septembre) : un autobus viendra la cueillir le matin et la redéposer le soir. En attendant, faudra s'adapter. Mettons que pour le prochain quatre mois, j'ai l'impression qu'on va vivre une longue (et pas trop pénible, j'espère) transition.

Ne vous étonnez pas si les billets sont irréguliers pour un moment. (Bon déjà que mercredi et vendredi, c'est pu la régularité qu'on avait, je sais, je sais... :p ) J'vais essayer de m'arranger pour que l'écriture, elle, ne souffre pas trop!

vendredi 17 mai 2019

Décoder l'humain

Depuis que je suis maman, je me dis qu'être parent est un exercice extrêmement intéressant pour un écrivain. En effet, ça nous donne mille occasions de décoder l'humain.

Au début, on commence par des exercices faciles : le petit bout d'humain hurle et on doit deviner s'il a faim, chaud, froid, soif, mal quelque part, une couche souillée ou envie d'un câlin.

Puis le petit bout d'humain grandit et commence à maîtriser le langage. Cependant, en cas de situation complexe, il revient à son mode d'expression premier : le hurlement. À nous de comprendre pourquoi. Quelle tension psychologie a amené cette régression? Un ami qui a volé un jouet? Une frustration devant un objet difficile à manipuler? Un sentiment d'abandon devant maman qui lit son livre au lieu de nous regarder? (Pas que ce soit arrivé pour vrai, voyons *tousse*)

Arrive le moment où l'humain en formation hurle rarement. À la place, dans les moments de grand stress psychologique, il frappe, mord, griffe ou insulte. Il faut donc éviter de se faire blesser (par les coups, hein, parce que les insultes d'un enfant de 3-4 ans, ça donne surtout envie de rire), tout en décryptant la situation. Pourquoi mon enfant m'en veut-il soudain? Est-il vraiment fâché contre moi ou est-il tout simplement fatigué? L'ai-je négligé, insulté involontairement ou a-t-il passé une mauvaise journée à la garderie?

Et c'est là que ça devient fascinant. Parce qu'on découvre que, dès 3-4 ans, l'humain, lorsqu'il est malheureux, a tendance à réagir agressivement envers les gens les plus proches de lui, ceux qui l'aiment le plus. Même s'ils n'ont rien à voir dans son malheur.

Oui, d'accord,on nous a déjà expliqué ce mécanisme (en tout cas, je l'avais vu dans mes cours de psychologie au cégep), mais dans une situation réelle, lorsque notre meilleur ami nous criait des bêtises, on avait tendance à l'oublier. On se repliait sur notre blessure, crachait à notre tour quelques insultes et l'appel à l'aide inconscient du meilleur ami passait sous silence.

Sauf que le parent ne peut pas ignorer l'appel à l'aide de son enfant. Pour éviter les coups, il faut ouvrir grand les bras, les refermer autour de la petite boule de furie et, même si on est nous-même fâché, lui murmurer "Je t'aime, je vois que tu vas pas bien, je t'aime, arrête de me frapper, je t'aime, ça va aller, on va s'expliquer..." Au bout d'un moment, ça finit par fonctionner, la furie se calme et on peut ensuite obtenir le fin mot de l'histoire.

Et puis, un jour, un ami adulte nous pète un plomb et au lieu de nous replier sur nous-même, de réagir à l'agression par l'agression, on applique notre réflexe de parent, on ouvre les bras et on dit "Qu'est-ce qui ne va pas? Pourquoi tu réagis comme ça? Je t'aime, moi."

Pis là on obtient une vraie réponse, sur laquelle bâtir une meilleure relation ou qui aidera notre ami à passer à travers un moment difficile. Pis on est bien fiers d'avoir appris à décoder l'humain. On se dit que ça va servir dans un prochain roman...

En fait, on est tellement fiers qu'on écrit un billet de blogue qui avoue, essentiellement, que depuis deux ans on traite nos amis comme des enfants de trois ans... Mais des enfants de trois ans qu'on aime de tout notre coeur! ;)

mercredi 15 mai 2019

Mes madames (2)

Je vous ai déjà parlé de "mes madames", c'est-à-dire le groupe de jeunes retraitées de ma ville à qui je donne des ateliers d'écriture depuis maintenant deux ans (groupe qui comprend désormais un papa en congé de paternité, alors ce n'est plus vraiment un groupe de madames, mais on a décidé que le féminin l'emportait encore! lol!).

Deux ans avec, en moyenne, trois heures d'atelier d'écriture par mois, plus un devoir à faire à la maison... Mine de rien, on en a couvert de la matière avec ce groupe!

Les différents narrateurs, les manières de créer des personnages, les dialogues, les descriptions, le schéma narratif, les figures de style, la science-fiction, le fantastique, la poésie, le conte, le texte historique, la recherche...

Quand je commence à recevoir des courriels qui ressemblent à ça :

Je pensais écrire ma nouvelle avec un narrateur choral qui parlera des personnages au "vous", pour bien impliquer le lecteur dans le récit, qu'est-ce que tu en penses? 

ou à ça :

Je veux couvrir une assez longue période de temps... Penses-tu que je pourrais y aller par fragment, en ordre chronologique, mais avec des ellipses un peu brusque, pour ne pas perdre de temps en transition?

C'est signe que "mes madames" sont rendues plus aguerries que certains écrivains débutants qui fréquentent les ateliers courts ou que je dirige pour Brins d'Éternité!

Comme on l'a dit dans Écrire et publier au Québec, il n'y a pas d'âge pour apprendre à écrire! :) J'en vois la preuve régulièrement avec mes ateliers et c'est génial de penser que j'y ai contribué!

vendredi 10 mai 2019

Exposer sa douleur

J'ai toujours un malaise quand je lis des messages sur Facebook comme "Déjà deux ans que tu es partie, tu me manques tellement grand-maman!"

Je ne doute pas de la sincérité de la peine de la personne qui écrit ça, mais en même temps... ben je trouve que ça montre que, non, la douleur n'est plus si forte, le manque si aigu.

Pourquoi?

Parce que, sept ans après avoir perdu ma mère, quatre ans après avoir perdu ma grand-mère, je ne me verrais pas mettre un tel message sur Facebook. Je sais que je n'arriverais pas à gérer ensuite les commentaires de quasi-inconnus et que les messages maladroits, même d'encouragement, me feraient trop mal. Ici, c'est moins pire, l'audience sera plus limitée, mais sur Facebook...

Je sais que je finirais avec des larmes qui me dévalent les joues sans que je puisse les contenir, pliée en deux comme après un direct au plexus, recroquevillée autour de cris qui ne veulent pas sortir. (Ou qui ne peuvent pas, sous peine de traumatiser à jamais ma puce qui joue à mes côtés!)

Je me sens déjà de même quand je lis les messages de mes cousins qui, eux, ne se privent pas d'écrire à quel point ma mère leur manque. À quel point notre grand-mère est présente dans leurs pensées. Je sais qu'ils s'attendraient à ce que je renchérisse, à ce que j'en rajoute, que j'approuve, que je commente, que je "like"... Mais je peux pas. Parce que ma maman et ma grand-maman méritent plus qu'un clic sur un bouton. Parce que ça ferait trop mal d'essayer de réduire ma douleur de ne plus les avoir près de moi à un commentaire ou un statut sur Facebook.

Parce que la seule qui peut comprendre à quel point je me sens abandonnée, orpheline, depuis que ces deux femmes-là sont parties de ma vie, c'est ma petite soeur. Mais elle, au moins, elle a une grande soeur.

Cela étant dit... Bonne fête des mères à tous! En fin de semaine, si vous le pouvez, faites un câlin à votre maman de ma part. xxx

mardi 7 mai 2019

Extrait de maltraitement de texte

Alors je ne vous ferai pas un récapitulatif du Boréal, parce que j'en serais bien incapable, sauf pour dire que ce fut génial! Je n'ai pas assisté à assez de table-ronde (parce que j'étais occupée à jaser ou à lire des textes pour l'écriture sur place), mais j'ai eu beaucoup de plaisir à animer la mienne et à participer à deux autres. À part ça, j'en suis arrivée au stade où je peux repérer sans peine les nouveaux venus au congrès (parce que ce sont ceux qui ne me sautent pas dessus en criant "Gen!!!!!!" pour me faire la bise) et où me semble que j'ai des sujets de conversation avec tous les anciens, alors je me sens comme un poisson dans l'eau! Ok, ça me donne aussi l'impression de faire partie des meubles et de recevoir un petit coup de vieux, mais c'est pas grave, c'est juste réconfortant d'être parmi "les miens" pendant toute une fin de semaine.

Puisque j'ai touché un mot au sujet des tables-rondes... L'une de celles où je participais était le maltraitement de texte. Le principe de ce panel est que Yves Meynard, notre animateur, envoie à quatre participants, quelques jours avant le congrès, des extraits de très mauvais livres publiés. Il nous demande d'écrire des continuités crédibles à ces extraits. Durant la table-ronde, l'extrait original est lu, ainsi que les continuités proposées par les participants et la continuité originale. Le public doit ensuite deviner quel est le morceau original. Tâche à laquelle il échoue toujours! Cette année, le public a cru que les textes de Francine Pelletier étaient les vrais.

De mon côté, je suis vraiment nulle à ce jeu, finissant année après année bonne dernière. Je crois qu'Yves me réinvite surtout parce qu'il finit par y avoir un moment (très comique) où je suis trop pliée en deux de rire pour continuer à lire l'extrait que je dois présenter.

Cette année, je pensais que j'avais joué un bon tour à un autre participant, car j'ai écrit un texte très loufoque... Malheur à moi : le hasard a voulu que je doive rire de mon propre texte!!! Et oui, je suis le genre de personne qui rit de ses propres jokes! :p (Ça fait toujours au moins une personne!)

Puisque personne n'a donc pu entendre ce texte correctement, je vous le mets ci-dessous. Imaginez-vous essayer de lire ça à haute voix, avec intonations appropriées, devant une salle déjà hilare des textes précédents, alors que vous avez vous-mêmes les larmes au yeux tellement vous riez depuis une heure... Ben c'est ça. J'ai pas pu.

La consigne était d'écrire une texte d'environ 200 mots, où tous les noms de personnages finiraient en -ar, et qui se terminerait avec les mots suivants : "... une sorte de poche métallique tressée. Horrible filet! Un nid? Une gigantesque nacelle grise? Montgolfière insolite! Résille catastrophique!" Ça m'a décidément trop bien inspirée...

* * *
Lorrenar, déboussolé, contempla son environnement. Qu'est-ce que c'était que ce tube à section carrée? Une prison ouverte aux deux bouts? Une ruelle intérieure? Débauche de murs! Alternance de portes! Un couloir, voilà, c'était un couloir.

— Ton implant cérébral s'embrouille encore? lui demanda Michelar.

Il avait deviné, en voyant Lorrenar tâter les murs avec effroi, que les connexions neurales artificielles de ce dernier lui avaient livré des interprétations erronées des stimuli captés par ses sens. Cela lui arrivait de plus en plus souvent, pauvre Lorrenar. Éventuellement, les pannes de lexique seraient permanentes.

— Il faut vraiment que tu te payes cette mise à jour! ajouta Michelar.

— Si on réussit notre coup, c'est la première chose que je ferai, je te le serment solennel, vœux séculier, promets.

— Ça s'arrange pas, ton affaire, Lorrenar.

— Ouvre la porte, Michelar, sinon ça n'ira jamais en s'améliorant, s'amieutant… ah non, s'améliorant c'était bon. Tu sais que c'est pire quand je suis nerveux.

Répondant à l'invitation de son compère voleur, Michelar se pencha sur ses crochets métalliques, ses électro-aimants et ses cadrans numériques, le tout accroché à la porte qu'ils essayaient d'ouvrir, car derrière ils espéraient trouver une cargaison de puces mnémoniques vierges, une denrée rare et précieuse.

— Je l'ai! Arrgggggg!

Une manipulation de Michelar avait provoqué un déclic encourageant, vite suivit par un bruit d'électricité et une odeur de cochon brûlé. Michelar cria et s'écroula, tandis que la porte s'ouvrait. Lorrenar, paniqué, se retrouva face au contenu de la pièce, une sorte de poche métallique tressée. Horrible filet! Un nid? Une gigantesque nacelle grise? Montgolfière insolite! Résille catastrophique!

vendredi 3 mai 2019

Tranche de vie (38)

Je suis debout devant un miroir, en train d'inspecter les résultats de mon shampooing colorant fait la veille. Ma puce se plante à côté de moi.

Elle - Qu'est-ce que tu fais maman?

Moi - Je regarde si ma teinture a bien caché mes cheveux gris.

Elle, du haut de ses quatre ans - Pourquoi?

Moi - Parce que j'en ai beaucoup, mais ils sont pas très bien placés, alors c'est pas joli, donc je les cache. Quand j'en aurai plus, un peu partout, je les cacherai plus. J'aurai des belles mèches argentées!

Elle - Ah oui, ça va être beau. J'ai hâte que tu fasses ça!

Puis elle s'étire... et met sa main sur mon épaule.

Elle - Maman! Regarde, je suis tellement grande, je touche ton épaule!

Moi, qui n'en revient pas parce que je devais bien avoir six ans, si c'est pas sept, quand j'ai réussi à faire ça avec ma mère - Wow! C'est vrai!

D'accord, j'suis petite, mais tout de même! Elle ne peut pas pousser aussi vite!?!

Elle, jouant avec une de mes couettes  - Ça va être quand que tu vas avoir des cheveux en argent?

Moi, marmonnant entre mes dents - Si tu continues à grandir de même, ça risque d'être bientôt!

Elle - Quoi?

J'lui ai fait un câlin. C'était plus simple. ;)

mercredi 1 mai 2019

Boréal 2019!

C'est le congrès Boréal en fin de semaine!

Ce sera un petit congrès relativement tranquille pour moi cette année. (Surtout si on compare avec l'an dernier, où je prenais part à l'organisation!!!).

Je participerai au maltraitement de texte (une activité hilarante où des participants doivent, à partir d'un extrait d'un mauvais livre, tenter d'écrire la suite la plus crédible possible, tandis que le public vote pour les suites proposées et essaie d'identifier la vraie).

J'animerai une table-ronde (sur la représentativité).

Je participerai à une autre table (sur la situation actuel de l'écriture et de la publication au Québec).

Et je serai juge pour le concours d'écriture sur place.

Je suis contente, parce que toute la programmation a l'air passionnante, alors j'aurais détesté ne pas pouvoir y assister!

Cela dit, les conversations de couloir (et autour des repas) restent toujours mes moments favoris des congrès! :)

Au plaisir de vous y voir! (Et de jaser! ;)

vendredi 26 avril 2019

Et c'est terminé (bis!)

Ouf!

C'est fait!

Pour la seconde fois, voilà que j'ai mis le point final à mon roman policier. En d'autres mots : la réécriture est terminée!

*insérer ici une danse de la joie, mais courte, parce que l'auteure est fatiguée*

Dire que j'avais entamé cette réécriture en la croyant superficielle... Je transformais un indice en un autre et ça finissait là...

Sauf que ça s'est révélé exhaustif comme exercice. J'ai rajouté des scènes (10 000 mots de plus), réécrit à peu près toutes les phrases, reficelé des éléments par-ci, par-là, rajouté des personnages, bougé des dialogues de place...

Le boulot est pas encore fini (je dois imprimer tout ça, traquer les coquilles, les répétitions, les bouts mal recousus), mais y'a quand même un gros poids qui vient de s'enlever de mes épaules. J'ai poussé le projet aussi loin que je le pouvais en travaillant seule (et avec mes premiers lecteurs). Mon indice infaillible pour le savoir : la seule pensée de le modifier à nouveau me donne des nausées! Advienne que pourra, ce sera donc cette version que je présenterai à des éditeurs.

J'vais pas vous cacher que ça me terrifie. Est-ce qu'il trouvera preneur? Ai-je fait tout ça pour rien? Je ressens également un grand vide. Après quatre mois à travailler intensément sur ce roman-là, je vais faire quoi maintenant?

Je suppose que je vais m'attaquer au second roman, mon truc réaliste, qui traîne et qui a besoin d'une réécriture... Vais-je le transformer en récit de genre? J'y réfléchis encore...

Ce qui veut dire que je rédigerai sans doute quelques nouvelles pendant que je cogite! ;)

mercredi 24 avril 2019

Derniers milles

Le roman policier est sur ses derniers milles.

Si tout va bien, je vais finir cette semaine.

Je suis plongée dans "la zone" comme ça ne m'était pas arrivée depuis longtemps : au diable l'entraînement, j'oublie de manger, mes cafés refroidissent (quand je pense à m'en faire) et les tâches ménagères se feront plus tard!

J'ai l'impression que ma tête va éclater, que j'ai du mal à y faire entrer tous les petits morceaux d'intrigue qu'il me reste à placer. Ça tourne en boucle, en permanence.

Un roman policier, ça culmine. Et la culmination est d'autant plus délicate lors de la réécriture, quand on a déplacé des petits bouts ici et là pour les replacer ailleurs. Je connaissais la réécriture importante de type "démolition au marteau piqueur", celle délicatement chirurgicale de type "broderie" ou "tricotage"... Cette fois-ci, je fais de la courte-pointe!

J'aimerais croire qu'une fois que je vais avoir fini cette révision, j'aurai une version pas mal finale.

Mais je vais être réaliste : ça va prendre une bonne relecture, à tête reposée, pour m'assurer que j'ai tout bien replacé, que les coutures tiendront sans être trop apparentes... Il y aura sans doute aussi pas mal de coquilles à corriger, car j'ai presque tout réécrit au cours de la révision. Entre le début de la rédaction et la fin, il s'était écoulé six ans, soit au moins deux éternités stylistiques! Je suis pas mal contente du résultat, même si ce sera jamais parfait...

Assez parlé, je m'y replonge!

À bientôt!

lundi 22 avril 2019

Finalistes

Les finalistes des prix Boréal 2019 sont connus!

(La liste complète est ici)

Cette année, j'ai la chance de me retrouver en finale pour deux nouvelles, mais également pour mes critiques (je dois avoir été trop gentille! lol!) et pour le blogue (vous voulez vraiment que je mette le design à jour, hein? hihihihi!).

En plus, Brins d'éternité, la revue dans laquelle j'ai le plaisir de m'impliquer depuis des années (comme critique et directrice littéraire ces derniers temps) apparaît non seulement comme "meilleur ouvrage connexe", mais trois des cinq nouvelles finalistes ont paru dans ses pages!

Pour faire mieux connaître les textes primés (et permettre un vote éclairé à ceux qui ne les auraient pas lus), la revue a décidé de les rendre disponibles gratuitement jusqu'à la date du congrès (le 5 mai).

Pour les télécharger, vous pouvez donc passer par le site de la revue ou directement par ici. (Vous en faites pas : le fichier est sécuritaire.)

Bonne lecture!

vendredi 19 avril 2019

Printemps!

Le printemps est arrivé!

Juste à temps pour la longue fin de semaine de Pâques!

Si ma grand-maman était encore de ce monde, elle me dirait sans doute que c'est normal qu'on ait eu un hiver tardif : Pâques était tardif lui aussi cette année. (Elle croyait que le calendrier lunaire était plus précis que le solaire pour prédire les saisons... Faudrait faire une étude statistique de la question.)

Cette année, mon chum a décidé de s'accorder une fin de semaine de 4 jours, alors on va pouvoir se détendre faire des promenades manger du chocolat en famille!

Et se préparer à quelques changements qui s'annoncent.

Reposez-vous bien! Joyeuses Pâques!

mercredi 17 avril 2019

Question existentielle (1)

Question existentielle de fille qui prend vraiment souvent des autobus voyageurs :

Pourquoi, alors qu'il reste de la place ailleurs dans le bus, les bancs de chaque côté de la porte des toilettes sont-ils toujours entièrement occupés?

O.o

vendredi 12 avril 2019

La Maison qui rend fou rencontre le Jour de la marmotte

Avant-hier, mon chum a reçu un "nouvel avis de cotisation" de l'agence du revenu du Canada. On lui réclamait de l'argent (200$) sous prétexte que j'avais, en 2017, gagné plus que ce que je prétendais. La joke : le "montant pour revenu net de conjoint" qui m'était attribué ne faisait aucun sens. J'avais beau m'enlever des déductions, doubler des montants ici ou là (parce que l'ARC a tendance à vouloir compter en double nos revenus de droits d'auteur), j'arrivais jamais au même chiffre qu'eux.

Alors on a pris notre courage à deux mains et on a appelé. Après 20 minutes à attendre en ligne, un agent a confirmé à mon chum que mon revenu avait bel et bien été recalculé. J'ai donc demandé à lui parler pour savoir comment (n'ayant pas encore reçu le papier avec le détail des changements, mais voulant battre le fer pendant qu'on avait la ligne!). L'agent a commencé à m'expliquer, m'a mise en attente pour aller vérifier un détail et... la ligne a été coupée.

Bon, recomposition, re-attente, 30 minutes cette fois, et l'agent qui décroche voit la note au dossier et me dit que je dois parler à un agent de niveau 2. Il me transfère. Re-re-attente.

L'agent qui décroche a un fort accent et semble plus ou moins à l'aise en français et en me reposant des questions de confidentialité, il me balance un chiffre qui n'a aucun rapport. Je le répète, en me demandant d'où il le sort. Il me dit que c'est moi qui viens de lui dire. Euh... non! À partir de là, la conversation dérape, le gars ne m'écoute pas, parle par-dessus moi, m'interrompt, répond à côté de mes questions... Je fouille dans mes papiers, j'essaie de lui expliquer qu'ils ont encore compté mes feuillets T5 comme des revenus de placement alors que ça en est pas... Comble de malheur, je regarde un Relevé 3 et non un T5 en lui parlant, alors quand je lui dis, vous voyez bien, la case H est indiquée, il me répond que je lui dis des choses qui ne sont pas dans mon dossier, que j'échoue l'épreuve de confidentialité et il met fin à l'appel. O.o

Une vrai Maison qui rend fou!!!

Après avoir poussé un hurlement ou deux pour faire sortir le trop plein, je rappelle. Re-re-re-attente de 30 minutes. Re-agent qui décroche et escalade mon appel à un agent de niveau 2. Voilà, c'est le Jour de la marmotte! Re-re-alouette-attente. En espérant ne pas retomber sur le même gars!

Mais non, cette fois, l'agente a un accent français, porte le prénom de Céleste et, miracle! ça lui va bien, car c'est un ange. En 5 minutes, les formalités de confirmation d'identité sont expédiées, on a trouvé où est le problème (ils m'ont effectivement ajouté des revenus de placement, alors que les montants des T5 qui les dérangent ont été comptés dans mon revenu de travailleuse autonome, puisque ce sont des droits d'auteur) et on a même trouvé d'où venait le montant pas rapport dans l'avis de cotisation de mon chum. Il s'agit, tenez-vous bien, du montant de base pour époux ou conjoint de fait à charge (c'est-à-dire pour le conjoint écrivain qui a gagné à peu près juste assez d'argent pour payer les frais de garderie en 2017!) MOINS mon "nouveau" revenu net, tel qu'ils l'ont calculé en me considérant deux fois mes droits d'auteur. O.o

Heureusement, Céleste a vérifié et m'a donné raison (je m'en doutais, il est arrivé la même chose avec ma déclaration de 2013). Je n'ai donc plus qu'à leur écrire une jolie lettre qui met le tout noir sur blanc, qui leur demande de remettre mon revenu dans son état initial et d'arrêter d'essayer de quêter 200$ de plus à mon chum.

Pfffffff! Faire mes impôts, je trouve jamais ça trop pénible, mais chaque fois que je dois effectuer un parcours du combattant du genre, pour finalement me rendre compte que je connais les règles mieux que les personnes qui révisent ma réclamation et me réclament de l'argent pour de prétendues erreurs, ça, ça me rend folle! O.o

Je me demande combien de gens paient juste pour pas se donner le trouble de s'obstiner avec eux?

Et vous, ça va?

mercredi 10 avril 2019

Salon du livre de Québec

Comme je publie dans le prochain Solaris et qu'on m'a invitée au lancement de la revue, je vais faire un passage éclair au salon du livre de Québec en fin de semaine. J'y serai seulement le samedi, aux heures et kiosques suivants : 
14h à 16h - Du Phoenix
17h à 18h - Six Brumes
18h à 20h - Alire (pour Solaris)

Hésitez pas à passer me dire bonjour!


(Pis je vais essayer de ne pas me perdre entre le terminus de bus et le centre des congrès cette fois-ci! O.o Déjà, j'ai noté la bonne adresse, ça devrait aider!!! ... Quoi? Je ne vous avais pas parlé de la fois où j'avais noté l'adresse des bureaux administratifs du salon, dans le Vieux Québec, et où j'ai dû m'arrêter dans une officine touristique pour qu'on me remette sur le bon chemin? Ah ben, euh... maintenant vous savez! lol!)


vendredi 5 avril 2019

C'est le temps d'appuyer Copibec

Pendant le salon du livre de Trois-Rivières, des représentants de Copibec m'ont remis (ainsi qu'à mes deux co-auteurs de Écrire et publier au Québec) un document d'information et une invitation à diffuser cette information sur mon blogue. Tiens donc, ça concernait une question de droit. Je sais pas pourquoi quelqu'un a pensé à moi pour faire un peu de vulgarisation juridique... *sifflement innocent*

Plus sérieusement, je sais pas si vous vous souvenez, mais, en 2012, le gouvernement fédéral conservateur a "modernisé" la Loi sur le droit d'auteur. Entre autres modifications, il a élargi la notion de "l'utilisation équitable" (et donc gratuite) d'une oeuvre.

C'est quoi cette histoire-là?

L'utilisation équitable, c'est un concept un peu flou, mal défini dans la loi. À l'origine (avant 2012), cette utilisation équitable d'une oeuvre protégée par les droits d'auteurs était réservée aux fins d'études, de recherches, de compte-rendu et de communication des nouvelles, tant que cet usage ne permettait pas un gain d'argent. Autrement dit, on permettrait aux chercheurs, étudiants, critiques artistiques et journalistes de copier, sans frais et sans que ça viole le droit d'auteur, des extraits d'oeuvres et d'en insérer des citations dans leurs travaux et articles, à condition d'indiquer la source originale (et à condition que la présence de la citation ne soit pas un argument de vente).

Jusque là, c'était logique. Personne ne veut empêcher un étudiant de photocopier un chapitre d'un ouvrage de référence (de toute manière, la bibliothèque verse probablement un montant à Copibec pour avoir le droit d'avoir un photocopieur sur place), de l'emporter chez lui pour le lire et de le citer dans son travail de recherche. De la même manière, on est bien contents quand un journaliste cite un paragraphe du roman à la fin de son article sur un écrivain.

Dans les situations qui n'étaient pas couvertes par la notion d'utilisation équitable, notamment le secteur de l'éducation (où les profs reproduisent des articles ou des chapitres de livre dans leurs recueils de textes ou leur matériel pédagogique), on pouvait demander à Copibec une "licence d'utilisation" générale (qui permettait, en échange de frais annuels, de copier jusqu'à 10% des ouvrages de référence ou des articles entiers ou des chapitres entiers) ou alors une "autorisation particulière" (si on voulait reproduire plus largement une oeuvre précise, par exemple 3 chapitres d'un livre qui n'en compte que 4).

Cependant, en 2012, le concept d'utilisation équitable a été élargi. Il est maintenant permis de reproduire des extraits d'oeuvre à des fins de parodie, de satire... ou d'éducation. C'est surtout cette dernière exception qui intéresse les écrivains.

On peut imaginer que le gouvernement voulait éviter au prof qui présente à ses élèves une image ou un poème trouvé vite-vite la veille sur Internet de se faire taper sur les doigts parce qu'il n'a pas respecté les droits d'auteur. Malheureusement, les institutions d'enseignement n'ont pas compris les choses de la même façon.

Plusieurs ont décidé que ce qui était auparavant couvert par les licences d'utilisation générales de Copibec était désormais gratuit.

Et c'est là que les écrivains se sont mis à souffrir.

Au Québec, on a été relativement épargnés. Copibec a perdu 50% des licences payées par les universités (vous vous souvenez peut-être des poursuites intentées contre l'Université Laval?) et 20% de celles payées par les cégeps. Dans le reste du Canada, les redevances perçues par Access Copyright (la version anglophone de Copibec) ont chuté de 80%.

Le pire dans tout ça? À ce qu'on me dit, les redevances payées à Copibec (et donc aux auteurs et éditeurs) sous forme de licences générales ou d'autorisations particulières ne représentaient même pas 1% des budgets de fonctionnement des institutions d'enseignement. Ce n'est donc pas une économie importante... mais c'est une économie qui pourrait faire très mal à la longue, parce qu'en appauvrissant (encore) les créateurs, on court le risque qu'ils produisent moins de bon matériel pédagogique dans le futur!

C'est bien beau tout ça et vous êtes convaincus que ça n'a pas de bon sens, mais vous vous demandez ce que vous pouvez y faire? Après tout, la loi est déjà en vigueur...

Eh bien, justement, la loi va être réexaminée cette année afin de mesurer ses impacts sur les créateurs. Ce serait donc le moment de se faire entendre et de demander que l'exception pour l'éducation soit clarifiée et que les institutions d'enseignement recommencent à payer des licences pour utiliser nos oeuvres.

Ça vous intéresse? Signez là!

mercredi 3 avril 2019

Mises en nomination pour les prix Aurora-Boréal

Eh bien, mine de rien, le congrès Boréal (rendez-vous annuel des amateurs de fantastique, fantasy, horreur et science-fiction) est dans moins d'un mois.

Pendant que l'équipe court partout pour préparer les derniers détails (oh que je ne les envie pas!) de cette édition historique (parce que c'est le 40e anniversaire et parce que le congrès se tiendra pour la première fois à Sherbrooke), c'est le moment de leur donner un coup de main en votant pour les mises en nomination des prix Aurora-Boréal.

La liste des titres éligibles est ici.

Et le bulletin pour voter est là.

Si jamais vous ne savez pas quoi mettre dans une catégorie, pas de problème : laissez-la vide. Ou alors dépêchez-vous de mettre la main sur les ouvrages dont les titres vous intriguent le plus : vous avez jusqu'au 12 avril pour voter.

Comme souvent, je suis éligible dans la catégorie des nouvelles (avec trois textes, ce qui est toujours un peu problématique, puisque les appuis que je pourrais avoir seront divisés... personnellement, je crois que mon préféré cette année est L'épée et le templier... je dis ça, hein, je dis rien! :) ainsi que dans la catégorie des ouvrages connexes (mais je ne crois pas qu'un critique ait déjà gagné! lol!) et de la fanédition (pour ce blogue, si vous l'avez trouvé utile cette année... tenez, je promets que si je gagne, je reverrai, enfin, le design! lol!).

Alors, on se voit à Sherbrooke pour le congrès? (Si vous n'êtes pas encore inscrits, c'est par ici!)

(Non, il n'y avait pas une vente de parenthèses dans mon quartier (je ne vois pas ce qui vous fait penser ça (mais j'avoue que j'ai un peu abusé))). :p

vendredi 29 mars 2019

Livres de la Terre Fracturée / The Broken Earth de N.K. Jemisin

J'ai entendu parler de la trilogie de science-fiction The Broken Earth/ Les Livres de la Terre Fracturée de N.K. Jemisin lorsque le premier tome a gagné le prix Hugo.

Je l'ai mise sur ma (très très longue) liste de livres à lire.

Puis le deuxième tome a gagné le prix Hugo de l'année suivante.

Et le troisième tome l'année d'après.

C'était du jamais vu!

J'ai posé des questions autour de moi. On m'a dit que c'était pleinement mérité. On m'a dit que c'était bon, mais ptêt pas si bon que ça, que le jury du Hugo avait des œillères parce l'auteure était une femme noire et que ce qu'elle écrivait était dans l'air du temps. On m'a dit que c'était pas vraiment de la science-fiction. On m'a dit que c'était clairement de l'afro-futurisme (courant de la science-fiction porté par des auteurs d'origine africaine). On m'a dit que c'était pas vraiment de l'afro-futurisme, puisque l'auteure a grandi aux États-Unis et vit à Brooklyn. On m'a dit que l'écriture était magnifique. On m'a dit, comme si c'était un défaut, que l'écriture était déroutante.

Convaincue par les étoiles que je voyais dans ceux qui louangeaient l'oeuvre, j'ai pris un pari. J'ai demandé la trilogie comme cadeau de Noël.

Et elle est restée sur ma table de chevet, submergée sous les services de presse à critiquer et les livres de référence à lire pour mes projets d'écriture en cours ou mes ateliers.

Au début du mois, j'ai finalement terminé mes recherches pour mes projets en cours. Puis j'ai oublié le service de presse que je lisais (le seul que j'avais encore à critiquer) à une fête d'amis de ma fille (heureusement, on me l'a rapporté depuis). Bref, pour la première fois depuis longtemps, je n'avais rien d'urgent à lire.

Alors je me suis aventurée dans cette Broken Earth...

Cliquez ici pour acheter
Wow! J'y suis encore. J'ai avalé les deux premiers tomes avec avidité et j'attends avec impatience de finir de rédiger ce billet pour replonger dans le troisième. Je suis éblouie par l'écriture, par la technique, par l'univers créé, par la force de cette société orientée vers la survie, par le vocabulaire utilisé, juste assez décalé pour nous dépayser, mais sans utiliser de vrais néologismes ou alors si peu... Je suis émerveillée par cette manière de parler de survie, de racisme, d'esclavage et de changements climatiques sans avoir l'air d'y toucher. Tout est tellement imbriqué, interrelié que je n'ose pas aborder un seul élément, de peur de déflorer l'intrigue, de vous voler le plaisir de vous y plonger, d'être dépaysé, puis de saisir le fil, peu à peu, tout doucement... De voir le monde s'éteindre sous vos yeux, pour la dernière fois...

Ce n'est pas pour rien que ça a gagné trois prix Hugo!

mercredi 27 mars 2019

Trois-Rivières et jeu vidéo

Ma chère Isa ayant accepté de donner un lift à la piétonne que je suis, je vais être à Trois-Rivières en fin de semaine pour le salon du livre. Je n'ai pas de nouveauté (j'attends toujours après mon album jeunesse), mais ça va me permettre de reprendre le rythme, avant la sortie de la réédition du Chasseur, prévue pour plus tard cette année.

Mes heures seront les suivantes :

Samedi
12h à 14h - Éditions du Phoenix
14h à 18h - Éditions des Six Brumes

Dimanche
10h à 12h - Éditions des Six Brumes
12h à 13h - Éditions du Phoenix

Passez me faire un petit coucou!

D'ici là, si vous avez quelques minutes de libre et que ça vous tente de découvrir ce que deux programmeurs senior, qui trippent à fond sur les jeux vidéos, sont capables de concocter en 48 heures de travail intensif, je vous invite à essayer Homonculus, soit le résultat du gamejam que mon chum et un ami ont gagné récemment!

https://paxnarok.itch.io/homonculus
Un gamejam, si vous êtes curieux, c'est comme un concours d'écriture sur place, mais pour des programmeurs : ils ont un temps fixe, un thème et une contrainte à respecter et doivent créer un jeu à partir de tout ça. Ils peuvent utiliser des outils gratuits, mais rien de payant ou de déjà fait. Dans ce cas-ci, ils avaient 48 heures, le thème était "atmosphérique" et la contrainte "souris seulement".

Le résultat est vraiment impressionnant. Et comme ça se joue dans votre navigateur, avec la souris, c'est pas trop difficile, même pour les handicapés de la manette comme moi! lol!

jeudi 21 mars 2019

Bonjour, je suis écrivaine

Pour les nouveaux venus sur ce blogue... 

Bonjour, je m'appelle Geneviève Blouin et même si plein de gens viennent de me découvrir via un billet de blogue, je suis avant tout une écrivaine (j'ai gagné, entre autres, un prix Aurora-Boréal et le Prix Canada-Japon 2016 pour mes romans et mes nouvelles). C'est comme ça que je gagne ma vie maintenant. Côté formation, j'ai une maîtrise en histoire et une ceinture noire en taekwondo (d'où le poing dans le titre du blogue).

Et oui, je vis de ma plume (ou, enfin, la plume suffit à mes besoins, car mes boulots alimentaires de jadis m'ont permis de rembourser mon hypothèque), même si la majorité des gens qui ont lu mon billet n'avaient jamais entendu parler de moi avant.

Vous trouvez que j'ai fait oeuvre utile avec mon billet? Vous aimez ma manière de rechercher mon sujet avant d'écrire? Ou alors vous aimez ma façon de rédiger et de penser? Ou voulez m'encourager, découvrir ce que je fais, peut-être me rapporter un dollar ou deux? La liste de mes publications est. Y'en a pas mal pour tous les goûts! Pour des échantillons pré-achat, j'ai des textes disponibles en ligne, en mode expérimentation littéraire, fantastique, chanson de geste et fantasy-pratchettienne.

Bonne lecture! Et vous reviendrez me voir, j'suis pas sorteuse. ;)

Pour les habitués... 

Désolée, chers lecteurs. J'ai laissé le billet précédent en ligne plus longtemps qu'à mon habitude, parce qu'il circulait beaucoup... et, je dois vous avouer, parce que j'étais prise dans le tourbillon des messages Facebook, courriels, commentaires, discussions Messenger et autres qu'il a généré. (Ouais, c'est pas cette semaine que mon roman policier aura avancé!) Et aussi parce que je ne savais pas trop comment poursuivre. Mes billets sont en moyenne vus 30 ou 50 fois si je ne les partage pas, 200 fois si je les partage sur Facebook, tandis que "Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019" est rendu à 2500 vues et ça monte toujours.

Alors j'ai décidé de me présenter, au cas où ça intéresserait certains de ces nouveaux lecteurs.

À vous, je vais confier que je trouve la situation salement ironique. Mes études en histoire m'ont formée aux méthodes de recherche. J'ai pas trouvé de boulot comme historienne, alors je suis devenue secrétaire juridique. Là, j'ai utilisé mes capacités de recherche pour soutenir mes avocats et j'ai appris à lire le jargon légal. À temps perdu, j'ai commencé à publier. Éventuellement, j'ai pu larguer le boulot de secrétaire et je suis devenue écrivaine à temps plein. J'ai gardé le blogue pour m'amuser et jaser d'écriture, à temps perdu. Et dans ma carrière d'écrivaine, l'un de mes textes qui aura eu le plus de visibilité (sinon le plus, car il se rapproche du total des ventes de Hanaken), c'est un billet de blogue en forme de recherche juridico-historique que j'ai faite rapidement, pour me rassurer moi-même dans ma démarche créative. O_o

Oh well! :p Je vais prendre ça avec philosophie. On est la somme de nos expériences, hein? :p

mardi 19 mars 2019

Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019

Alors, pour résumer, un écrivain québécois et son éditeur sont présentement mis en accusation pour production et distribution de pornographie juvénile. (Je ne mets pas les noms ici, parce que je veux éviter les armées de troll des deux camps, mais googlez si vous savez pas de qui je parle.) Ce à quoi la plupart des écrivains réagissent avec étonnement:  "Quoi? Un écrivain de fiction peut être arrêté à cause de ses mots?!?" Tandis que d'autres s'indignent : "C'est ça, hein, on est rendus là, on peut pu rien écrire asteure!" Et quelques-uns s'inquiètent : "Ce sera qui le prochain? J'ai tué trois personnes dans mon dernier roman, est-ce qu'on va m'accuser de meurtre?"

N'étant pas épargnée par ces inquiétudes (même si je suis moins surprise que beaucoup par la tournure des événements), j'ai décidé de puiser dans mon double passé d'historienne et de secrétaire juridique et de me livrer à quelques recherches pour essayer de faire le tour de la question. Ce qui m'intéressait : qu'est-ce qu'on ne peut vraiment pas écrire en 2019? J'ai structuré le billet autour des arguments que j'entends le plus souvent ces jours-ci (et auxquels j'ai répondu à la pièce sur Facebook et ailleurs). Prière de lire en entier avant de commenter, histoire de ne pas les répéter.

Note d'usage : je ne suis pas avocate. Ceci ne représente pas un avis juridique. Juste un résumé, au meilleur de mes capacités de lecture et de raisonnement. 

Cette histoire est une attaque à notre liberté créative!

Désolée. J'ai cherché, mais légalement parlant, la liberté de création, ça n'a pas l'air d'exister au Canada. C'est plutôt un sous-produit de la liberté d'expression (garantie par l'Article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés).

C'est de la censure!

Oui, au sens où on veut interdire la diffusion de quelque chose... et non, car ce n'est pas une décision arbitraire, mais juridique, basée sur une loi bien définie.

En fait, il n'y a plus d'organisme de censure au Canada, ni au Québec (depuis les années 50 environ). Plus personne ne surveille tout ce qui se publie (alors que ça s'est fait jadis). Pour les films, on les surveille, mais seulement pour les classer par catégorie, pas pour les interdire. Dans tous les cas, le pouvoir de faire appliquer les limites légales à la liberté d'expression revient à l'appareil judiciaire, qui n'ouvre une enquête que lorsqu'il y a des plaintes et si la plainte est fondée en droit. (C'est-à-dire qu'il y a une loi pour soutenir la plainte.) En théorie, ça veut dire que vous pourriez écrire quelque chose qui brise des lois, mais si personne ne se plaint, vous ne serez jamais inquiété.

C'est une attaque à notre liberté d'expression d'abord!

Pas vraiment. Comme j'ai dit plus haut, il y a des limites légales, la liberté d'expression n'est pas absolue. Elle est limitée par d'autres droits, dont celui à la vie privée, à l'image, à la réputation ou à la sécurité. 

Quand on écrit de la fiction, on devrait pouvoir faire ce qu'on veut!

Et on le peut... presque. (On est le 18e pays le mieux classé au monde au sujet de la liberté de la presse et les écrivains sont toujours plus libres que les journalistes.)

Franchement, faut faire pas mal exprès pour enfreindre le droit à la vie privée, à la réputation ou à la sécurité des gens dans nos romans! Faudrait utiliser les vrais noms des gens, leurs vraies descriptions, raconter des vrais faits à leur sujet, puis les mêler avec des fausses histoires destinées à leur nuire (ça serait une atteinte à la réputation) ou alors donner leur adresse (atteinte à la vie privée) ou raconter dans le détail comment on les tuerait (ils pourraient craindre pour leur sécurité). Pis faudrait aussi omettre l'avertissement d'usage au début du livre qui dit "Tous les personnages représentés ici sont fictifs ou utilisés fictivement..."

Cependant, il y a deux manières d'enfreindre le droit à la sécurité qui sont bien connues et sanctionnées par le Code criminel : l'appel à la haine (envers un groupe de personnes) et l'obscénité (ce qui recouvre la pornographie juvénile).

Encore une fois, tant qu'à moi, pour être accusé d'avoir appelé à la haine dans un texte de fiction, faut pas mal le chercher. Il ne suffit pas de mettre les mots dans la bouche d'un personnage à quelques occasions. Il faudrait, à ce que je comprends, avoir l'air d'accord avec ce personnage et interpeller le lecteur afin qu'il agisse en conséquence.

L'obscénité, ça c'est large et subjectif! Ça ne devrait pas s'appliquer à l'art. Surtout aux trucs d'horreur. Rémy Couture a été accusé de ça et acquitté

En effet, l'obscénité, c'est large et subjectif. C'est pour ça que des modifications relativement récentes au Code criminel (je crois que ça date justement d'après l'affaire Rémy Couture) pointent vers l'idée que, dans le cas de l'obscénité, il faut prouver qu'il y a eu dommage au bien du public pour porter des accusations.

Donc si c'est de l'art, de la fiction, et que personne n'est blessé, c'est ok?

À ce que je comprends, oui.

Bon, ben alors cette accusation de pornographie juvénile, c'est n'importe quoi! Aucun enfant n'a été molesté pour faire le roman.

Malheureusement, l'argument "c'est de la fiction" n'est pas valable quand on parle de la pornographie (juvénile ou pas). Parce que la pornographie, par essence, est du domaine du fantasme, c'est fictif, c'est arrangé. (Désolée de péter la bulle de certains ici, mais même dans un film porno où vous voyez tout en gros plan, ça reste de la fiction, parce que y'a ben des chances que l'actrice soit pas vraiment en train de jouir. Et on parlera pas de la probabilité, pour qui que ce soit, de répondre à la porte en petite tenue...)

En d'autres mots, meurtre signifie "tuer quelqu'un". Le meurtre fictif ne tue personne alors ce n'est plus un meurtre et donc ce n'est pas un crime. Pornographique signifie "apte à provoquer une excitation sexuelle". Alors fictive ou pas, si ça reste potentiellement excitant pour ceux dont c'est les goûts, c'est de la porno. La pornographie normale, on l'a légalisée, alors ce n'est plus un problème. Mais la pornographie juvénile demeure interdite. Sous toutes ses formes, même à l'écrit, c'est spécifié dans le Code criminel.

Mais les passages en cause ne m'excitent pas, ils m'écoeurent. 

À moins que vous soyez pédophile, j'ai l'impression que cet argument n'est pas vraiment recevable. La pornographie lesbiennes ne m'excite pas, mais ça veut juste dire que je ne suis pas lesbienne! (Imaginez, si on acceptait cette défense-là, un photographe non-pédophile pourrait créer des images de porno juvénile et les vendre, sous prétexte que lui, ça l'excite pas. On prend en compte l'intention de la personne, mais aussi le contenu et son impact potentiel sur d'autres personnes.)

(MISE À JOUR 5) Mais le photographe ou le réalisateur de film utiliserait des vrais enfants.

Pas nécessairement, de nos jours. Avec ce qu'on arrive à faire en animation 3D, on pourrait faire des scènes de porno juvénile 100% de synthèse et extrêmement réalistes. Et, à ce que je comprends, même en étant 100% artificielles et fictives, ces images resteraient illégales.

Pourquoi on n'a pas légalisé la pornographie juvénile fictive si elle ne fait de mal à personne?

Parce que le système judiciaire considère qu'en laissant de la pornographie juvénile (même fictive) circuler, il y a un risque d'alimenter les fantasmes des pédophiles, de leur donner une légitimité sociale. (On a vu avec les tueries en Nouvelle-Zélande que lorsque les gens ne se sentent plus seuls dans leurs opinions déviantes, ça augmente les chances qu'ils passent aux actes). En plus, cela risque de compliquer le travail des policiers, qui devront essayer de démêler faits et fictions. Donc toute porno juvénile est considérée comme un danger pour la sécurité des enfants et du bien public.

Mais un roman ne rendra pas les gens pédophiles! Et si ça nourrit vraiment leurs fantasmes, pourquoi ça ne nous dérange pas de mettre des tueurs en série en scène dans des romans? Leurs fantasmes à eux, on n'a pas peur de les nourrir?

Je me suis posé la question... Et un petit tour sur le site de Statistiques Canada m'a donné une piste platement statistique : il y a eu 660 homicides au Canada en 2017 et aucun attribuable (pour le moment) à un tueur en série (ou 6 si on compte le massacre de la mosquée de Québec). La même année, il y a eu 8046 infractions sexuelles contre les enfants. Sachant que les agressions sexuelles sur les enfants sont parmi les crimes les moins dénoncés, il y a clairement plus de pédophiles potentiels dans notre société que de meurtriers potentiels. De là l'intérêt de ne pas nourrir leurs fantasmes avec des textes aisément accessibles.

J'ai lu/vu bien pire que ce qui est écrit dans ce bouquin là!

Franchement, ça m'étonnerait (ou bien c'était pas légal non plus!). J'ai lu la majorité des exemples donnés comme "pires" et aucun ne l'était (même pas Sade ou Kristof, quoiqu'ils soient ex-aequo par moment). À ce que je comprends de mes diverses lectures récentes et de la jurisprudence (pas juste de l'article de loi) il faut rencontrer trois critères pour qu'un passage soit considéré comme de la pornographie juvénile.
1- Il faut mettre en scène un mineur (qui n'a pas consenti ou n'a pas l'âge de consentir) et un adulte
2- Qui se livrent à une activité sexuelle
3- De manière très explicite (avec description des gestes et/ou organes génitaux)
Bref, faut pas juste évoquer, il faut décrire en détails.

(MISE À JOUR 3) Tes critères pour déterminer ce qui est de la porno ne sont pas bons. Il faut que l'objet principal du texte, son intention, soit sexuel. Là c'est juste une page. 

La question de l'objet principal, c'est ce que je lis dans la loi moi aussi. Mais ce n'est pas cité dans tous les textes de vulgarisation (dont celui d'Éducaloi, que je cite plus haut). Pourquoi? Je vous avoue mon ignorance (et ma perplexité). Sans doute parce qu'il y a eu de la jurisprudence à cet effet. Pensez-y : on n'accepterait pas une scène hyper graphique d'une minute dans un film, même si ce n'était pas le but général du film. Et si on n'accepte pas une minute dans un film, ça se peut qu'on n'accepte pas une page dans un livre... Surtout que selon mes souvenirs du livre (j'ai lu le passage en cause et j'ai survolé le reste très vite) il n'y a pas seulement un seul abus d'enfant. Mais dans tous les cas, je ne dis pas que ceux qui poursuivent ont raison. Je dis qu'ils pourraient (noter le conditionnel) avoir des assises légales. Une chose m'apparaît sûre : si les personnages avaient été majeurs, il n'y en aurait pas eu.

Stephen King, Patrick Senécal et GRRR Martin font bien pire. 

Non, ils ne décrivent jamais en détails. Ils évoquent, c'est parfois pire pour notre imagination, mais ils ne décrivent pas.

Sade doit se retourner dans sa tombe. 

Je suis sûre que l'auteur présentement accusé est heureux d'être comparé à un homme qui a réellement fait l'apologie de la pédophilie. O.o

Y'a pas une exception dans la loi qui dit que c'est ok si c'est de l'art?

Oui. C'est pour ça qu'on a encore des textes de Sade. Et c'est pour ça que j'ai été étonnée moi aussi de voir l'auteur accusé. Par contre, à ce que je comprends, même pour des raisons artistiques, il y a une certaine dose de pornographie qui est tolérée. Il faut que cela soutienne l'oeuvre, que ce soit nécessaire... Il pourrait être jugé que l'auteur a dépassé les limites tolérées pour des raisons artistiques (ici, oui, c'est vrai, on tombe dans le jugement de "bon goût") ou alors l'appareil judiciaire se servira de ce cas pour tracer une ligne et rappeler aux artistes que la limite, elle est là. (J'espère qu'ils feront ça sans détruire la vie de l'auteur!)

Ouais, pauvre auteur, il ne voulait pas faire de quoi d'illégal.

J'en doute pas! Malheureusement, selon notre système légal, nul ne doit ignorer la loi. Les autoroutes sont parsemées de panneaux nous rappelant la limite à ne pas dépasser... Peut-être qu'il faudrait un avertissement au sujet des limites de la liberté d'expression intégré à nos traitements de texte... (C'est un peu pour pallier ce manque que j'écris cet interminable billet de blogue!)

Je trouve qu'on infantilise les gens en leur disant que lire ci ou ça c'est mal. 

J'suis pas tout à fait en désaccord... Mais d'autres personnes trouvent qu'on les infantilise en leur demandant d'enregistrer leurs armes à feu ou de ne pas rouler trop vite sur telle ou telle rue. La vie en société vient avec des règles et des lois. Des affaires comme celle qui nous préoccupe sont une occasion de voir si ces règles et lois sont encore actuelles ou si elles doivent être modifiées. (Cela dit, je suis bien contente de ne pas être la personne mise en accusation pendant qu'on étudie la question!)

Pourquoi est-ce qu'on hiérarchise un crime par rapport à un autre? Pourquoi on décide que la porno c'est ok, mais la porno juvénile, non?

Parce que le Code criminel moderne passe son temps à hiérarchiser les crimes. On n'est pas condamné pour le même nombre d'années si on tue quelqu'un par accident ou délibérément. On devrait s'en réjouir. Y'a eu des époques où quasiment tous les crimes étaient punis de mort! De nos jours, les crimes touchant les enfants sont considérés les pires, pour des raisons morales... mais aussi de survie de l'espèce humaine.

Les livres qui viennent d'ailleurs ont des passe-droits, ils peuvent écrire ce qu'ils veulent et ensuite le vendre ici. 

Sachant que 162 pays sur 180 ont des lois plus sévères que les nôtres au sujet de ce qu'on peut y imprimer, non, les auteurs étrangers n'ont pas de passe-droits. En plus, les douanes empêchent parfois l'entrée au pays de livres qui contreviennent à nos lois. (C'est rare et controversé et ça concerne principalement le Canada anglais, mais ça arrive.) Et puis, dans tous les cas, l'important si vous vivez et écrivez ici, c'est les lois d'ici, non?

Donc si je tue des gens dans mes livres, même en les torturant atrocement, j'suis ok?

Oui.

Mais non, je suis pas ok : les écoles veulent pas de mes livres! Et y'a des gens qui se plaignent que je ne devrais pas être imprimé!

Ah là, c'est pas le même débat. Ce n'est pas, techniquement, de la censure : personne ne vous a empêché d'écrire ce que vous vouliez et de le publier. Par contre, pour des raisons de goût et de morale personnelle, des gens ont le droit de décider qu'ils ne veulent pas diffuser vos livres ou les acheter pour eux ou leurs enfants. Ils ont même le droit d'encourager les gens à vous boycotter ou votre éditeur à vous abandonner (mais ils ne peuvent rien forcer).

De la même manière, des afro-descendants avaient le droit de crier à l'appropriation culturelle et de protester pour que le spectacle SLAV soit annulé. Qu'ils aient raison ou tort, Robert Lepage n'a jamais été menacé de prison, on est restés hors des questions juridiques et criminelles, parce que Lepage n'avait pas enfreint les limites de la liberté d'expression. (Notez que si les protestataires avaient écrit des menaces de mort à Lepage, c'est eux qui auraient été passibles de poursuite criminelles, car leur liberté d'expression aurait empiété sur le droit à la sécurité de Lepage.)

Cette histoire ouvre quand même une porte à d'autres plaintes du genre. 

Je n'en ai pas l'impression. La loi sur la pornographie juvénile existe depuis longtemps et n'a à peu près jamais servi pour des textes littéraires. Fallait quand même un texte extrême, dans une collection dédiée à l'extrême pour enfreindre les critères d'une des rares lois criminelles qui balisent la liberté d'expression. (Si ça se trouve, les policiers reçoivent souvent des plaintes de gens qui trouvent que des textes vont trop loin, mais on en entend jamais parler parce qu'aucune loi n'est enfreinte et ça revient juste à une question de goût.)

N'empêche... On est rendus là!

Ce qui me fascine avec cette affirmation "On est rendus là", c'est que les gens qui l'écrivent veulent dire "On est rendus tellement bien pensants qu'on arrête un écrivain qui a décrit explicitement des viols d'enfant dans son roman". Alors que moi, historienne, je lis "On est rendus tellement libres de créer ce qu'on veut que des gens ont pensé qu'on pouvait décrire explicitement un viol d'enfant et s'en tirer sans problème."

Remarquez, du point de vue de la liberté de création, c'est magnifique d'être rendus à croire qu'aucune loi ne s'applique au contenu de la fiction ou, en tout cas, qu'aucune loi ne devrait s'appliquer. Je suis heureuse de vivre à cette époque-ci!

Malheureusement, et cette affaire-ci nous le rappelle brutalement, c'est faux. Nous devons encore éviter les atteintes à la réputation, les appels à la haine... et la pornographie juvénile. La suite de l'histoire nous indiquera si ce troisième interdit sera, à l'avenir, maintenu ou abandonné ou plus nettement encadré.

MISE À JOUR : J'ai oublié un autre truc interdit : (parlez-moi de l'éléphant au milieu du salon!) le plagiat. Vous n'avez pas le droit d'écrire une fiction qui est la copie de celle d'un autre auteur. Mais bon,j'pense que cet interdit-là, depuis l'affaire Robinson, on était au courant. 

MISE À JOUR 2 : Je ne suis même pas sûre que j'ai le droit de citer ceci, n'étant pas avocate, mais quand je parle de jurisprudence (à une occasion plus haut dans le texte), c'est à ce jugement que je fais référence. Il m'a été mis sous les yeux par quelqu'un qui semblait mieux connaître le sujet que moi. Il ne concerne cependant pas la littérature et vous verrez que la question des intentions de "l'artiste" est prise en compte par certains juges et non par d'autres. Et l'article du Code criminel est là. À part ça, j'ai lu des articles de vulgarisation. Je n'ai pas fait une recherche exhaustive de la jurisprudence, parce que je ne suis pas formée pour le faire... Pis j'ai un roman à écrire! (Maintenant que je sais ce que je peux y mettre...)

MISE À JOUR 4 : Vous vous demandez qui a écrit ce texte? Réponse ici

MISE À JOUR 6 : Les commentaires de ce billet ne sont pas fermés, mais je me réserve le droit de ne pas publier ceux qui répéteraient des commentaires déjà faits ou m'obligeraient à répondre en répétant le contenu du billet. Si je ne vous ai pas convaincus, c'est sans doute parce que je n'essayais pas (j'essayais de me rassurer moi-même au sujet des impacts de cette affaire). Et puis, un moment donné, j'ai des romans à écrire! ;)