Je ne sais pas si c'est ma (lointaine) formation en écriture dramatique qui me pousse à le remarquer, mais il me semble que je rencontre souvent, dans mes lectures, des dialogues qui n'ont pas été ancrés dans le récit.
Lorsqu'on écrit pour le théâtre (ou la télé ou les films), on doit, au début de chaque scène, donner en didascalie (nom du texte qui n'est pas destiné à être lu par les comédiens) des indications de temps, de lieux et, idéalement, la mise en situation des personnages. Exemple :
Chambre à coucher du couple, le matin, l'épouse se coiffe tandis que l'époux noue sa cravate.
ÉPOUSE - Chéri, est-ce que tu me trouves grosse?
ÉPOUX - Est-ce qu'il y a une bonne réponse à cette question?
Voilà, la scène (et son dialogue) est ancrée, on sait où et quand elle a lieu, on devine même certaines indications non dites (si l'homme noue sa cravate, il doit s'en aller travailler, car on porte rarement une cravate pour paresser chez soi...).
Je crois que lorsqu'on écrit un roman, il est important de donner les mêmes indications au lecteur. Évidemment, on ne peut pas (et je dirais même que, à moins d'un concept narratif particulier, on ne doit pas) les balancer de manière aussi schématique qu'avec les didascalies, mais il faut, d'une manière ou d'une autre, inclure ces éléments dans la scène. Et, idéalement, au tout début. Apprendre après une page de texte que les personnages se parlent à travers les barreaux d'une prison peut déboussoler le lecteur qui les imaginait plutôt tranquillement assis dans leur salon!
Je crois qu'il faut aussi entrecouper le dialogue de gestes, d'événements, de descriptions des émotions ou des sensations des personnages. Sinon, on finit vite par avoir l'impression que lesdits personnages ne sont que des bouches qui parlent, des esprits désincarnés suspendus dans un vide intersidéral.
Ou alors je suis la seule à penser de même?
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vendredi 16 décembre 2016
mercredi 22 juillet 2015
Les Trois Mousquetaires, en amoureux
Samedi soir passé, mon chum et moi avons eu droit à notre première soirée en amoureux depuis la naissance de la puce. On était sortis dîner quelque fois, mais c'était la première fois qu'on laissait à quelqu'un d'autre la (délicate) responsabilité de mettre notre petite fille au lit. Ça s'est super bien passé pour la gardienne, alors on va pouvoir se permettre de remettre ça! :)
Toujours est-il que samedi passé, nous sommes sortis au théâtre, pour voir la pièce Les Trois Mousquetaires, présentée par le TNM en collaboration avec le Festival Juste Pour Rire. Nos billets étaient achetés depuis presque un an, car j'avais sauté sur l'occasion dès que j'avais appris que la pièce serait présentée...
Le scénario vous rappelle quelque chose? Pas étonnant : l'an dernier à pareille date, nous sommes allés voir Cyrano de Bergerac, dans des circonstances presque identiques (TNM, co-production FJPR, billets achetés depuis longtemps).
Et comme l'an dernier, nous avons été très satisfaits de notre soirée! :) On a rit en masse! :)
Bon, le texte des Trois Mousquetaires n'est pas aussi jouissif que la pièce d'Edmond Rostand, la mise en scène et la caractérisation de certains personnages touchaient parfois au burlesque, mais c'est toujours un plaisir de voir du théâtre classique à grand déploiement, servi par des comédiens au sommet de leur art, dans des décors ingénieux et des costumes qui ne cherchent pas à être véridiques, mais seulement à ravir le regard. (Je sais que la beauté du théâtre c'est qu'on peut monter une pièce avec un minimum de moyens, mais... mais c'est drôlement plus chouette quand le budget est là!)
Chapeau d'ailleurs à la mise en scène qui nous a parfois présenté jusqu'à cinq combats à l'épée en simultané! Bon, fallait pas trop s'attarder aux gestes de chacun de ces duels, mais le coup d'œil valait le détour! :)
Du côté des comédiens, je retiens Julie Le Breton, qui nous a donné une impressionnante Milady de Winter (et qui s'est fait bardasser sur un temps rare, c'est rare que les femmes ont des rôles aussi physiques!), ainsi que Guillaume Cyr, parfait en Porthos. Les autres étaient tous bons, mais ces deux-là étaient géniaux.
Bref, je sais pas s'il reste des billets, mais si c'est le cas et que vous n'avez jamais vu une adaptation des Trois Mousquetaires au théâtre, celle-ci vaut amplement le prix des sièges!
En plus, contrairement à tout ce qui s'est fait en films et en séries télés dans les dernières années, on y raconte la très riche histoire originale des Trois Mousquetaires sans essayer de la réinventer! Un régal! :)
Toujours est-il que samedi passé, nous sommes sortis au théâtre, pour voir la pièce Les Trois Mousquetaires, présentée par le TNM en collaboration avec le Festival Juste Pour Rire. Nos billets étaient achetés depuis presque un an, car j'avais sauté sur l'occasion dès que j'avais appris que la pièce serait présentée...
Le scénario vous rappelle quelque chose? Pas étonnant : l'an dernier à pareille date, nous sommes allés voir Cyrano de Bergerac, dans des circonstances presque identiques (TNM, co-production FJPR, billets achetés depuis longtemps).
Et comme l'an dernier, nous avons été très satisfaits de notre soirée! :) On a rit en masse! :)
Bon, le texte des Trois Mousquetaires n'est pas aussi jouissif que la pièce d'Edmond Rostand, la mise en scène et la caractérisation de certains personnages touchaient parfois au burlesque, mais c'est toujours un plaisir de voir du théâtre classique à grand déploiement, servi par des comédiens au sommet de leur art, dans des décors ingénieux et des costumes qui ne cherchent pas à être véridiques, mais seulement à ravir le regard. (Je sais que la beauté du théâtre c'est qu'on peut monter une pièce avec un minimum de moyens, mais... mais c'est drôlement plus chouette quand le budget est là!)
Chapeau d'ailleurs à la mise en scène qui nous a parfois présenté jusqu'à cinq combats à l'épée en simultané! Bon, fallait pas trop s'attarder aux gestes de chacun de ces duels, mais le coup d'œil valait le détour! :)
Du côté des comédiens, je retiens Julie Le Breton, qui nous a donné une impressionnante Milady de Winter (et qui s'est fait bardasser sur un temps rare, c'est rare que les femmes ont des rôles aussi physiques!), ainsi que Guillaume Cyr, parfait en Porthos. Les autres étaient tous bons, mais ces deux-là étaient géniaux.
Bref, je sais pas s'il reste des billets, mais si c'est le cas et que vous n'avez jamais vu une adaptation des Trois Mousquetaires au théâtre, celle-ci vaut amplement le prix des sièges!
En plus, contrairement à tout ce qui s'est fait en films et en séries télés dans les dernières années, on y raconte la très riche histoire originale des Trois Mousquetaires sans essayer de la réinventer! Un régal! :)
lundi 21 juillet 2014
Cyrano - Enfin!
Vous vous en souvenez peut-être pas, mais l'année dernière, à pareille date, je m'enthousiasmais parce que le TNM avait mis Cyrano de Bergerac à l'affiche pour sa saison 2014.
J'avais aussitôt acheté des billets. Des maudits bons billets. Pas mal chers. Pour le vendredi soir 18 juillet 2014, soit le premier vendredi où la pièce serait à l'affiche. Une date pas trop loin de ma fête. Je voulais nous gâter mon chéri et moi. Depuis le temps qu'on aime Cyrano!
Sauf qu'en juillet 2013, les plans de bébé stagnaient depuis des années. Je ne pouvais pas me douter qu'un an plus tard, je serais en fin de grossesse. À 37 semaines et demi de grossesse précisément. 37 semaines... Comme dans "bébé est à terme et pourrait arriver n'importe quand, y compris pendant la scène du balcon"!
Qu'à cela ne tienne! Dès que je me suis rendue compte du problème potentiel, j'ai fait un pacte avec la puce. "À moins d'urgence médicale, ma chérie, tu restes dans mon bedon jusqu'au 19 juillet, ok? Après ça, c'est quand tu veux."
J'ai eu peur de ne pas arriver à contrôler mon diabète et que les médecins décident de provoquer l'accouchement d'avance. Ça ne s'est pas produit. J'ai eu peur que ma tension artérielle monte trop haut, dégénère en pré-éclampsie et force les médecins à provoquer l'accouchement d'avance. Là encore, je m'en suis sauvée.
Et la puce a respecté notre pacte.
Alors vendredi soir, mon chum, ma bedaine et moi, sommes allés au théâtre! :)
C'était fascinant de voir enfin cette pièce prendre vie grâce à des comédiens professionnels. Jusque là, j'en avais monté des extraits au cégep et j'avais écouté un nombre déraisonnable de fois l'adaptation cinématographique mettant Depardieu en vedette, mais cela n'avait pas la magie d'une vraie représentation théâtrale. La version du TNM valait l'année d'attente, le prix des billets... et l'inconfort des bancs du théâtre, vraiment pas conçus pour une bedaine de neuf mois de grossesse! :p
Habitués au ton très sombre de l'adaptation cinématographique, on a d'abord été un peu déstabilisés par l'allure très burlesque du premier acte, mais ensuite le jeu de tous les comédiens, tel que requis, a lentement glissé vers un registre plus retenu et émotif. Cyrano est, après tout, une histoire où l'on doit passer du rire aux larmes. Et les deux ont été au rendez-vous.
Par moment, on a senti un peu que la pièce n'en était qu'à sa troisième représentation, car la musique d'accompagnement couvrait parfois un peu le texte (sans importance pour nous : on le connaît par coeur, mais il faudrait penser à baisser le son), il y a eu quelques accrochages au niveau des gestes (les hommes devront notamment s'entraîner à rengainer leurs épées) et le texte n'était pas toujours parfaitement fluide dans la bouche de certains comédiens (pas évident de prononcer des alexandrins aussi ornés de manière à bien en faire ressortir le sens et l'émotion), mais il n'y avait rien là pour gâcher notre plaisir. Et même, je dirais que ces petites imperfections, qui nous rappellent qu'on est au théâtre et qu'on regarde des êtres de chair qui performent en direct, n'ont fait que souligner l'excellence des comédiens.
Impossible de ne pas admirer Patrice Robitaille en Cyrano, qui se donne à fond et termine la pièce à bout de souffle et de forces... soit en parfaite harmonie avec son personnage. Magalie Lépine-Blondeau est une excellente Roxane, qui sait nous faire croire à son désespoir lorsque sa façade de précieuse écervelée vole en éclat. François-Xavier Dufour, enfin, nous offre un Christian parfait (la scène sur le banc avec Roxane, où il ne sait comment lui parler, était tout simplement géniale!). Les autres comédiens font presque tous double ou triple emploi et s'en tirent à merveille, soutenus par des costumes flamboyants (hourra pour le budget costume du TNM) qui les aident à créer ces multiples identités (on se demande encore par contre pourquoi certains costumes et armes de l'acte 4 évoquaient autant l'esthétique de la Première Guerre).
Finalement, la mise en scène très physique et l'ingénieux dispositif scénique complètent l'expérience et font de cette version de Cyrano de Bergerac une pièce à voir.
Je dirais même à revoir, mais on va être réaliste : la puce risque de naître avant que je me trouve d'autres billets! ;)
J'avais aussitôt acheté des billets. Des maudits bons billets. Pas mal chers. Pour le vendredi soir 18 juillet 2014, soit le premier vendredi où la pièce serait à l'affiche. Une date pas trop loin de ma fête. Je voulais nous gâter mon chéri et moi. Depuis le temps qu'on aime Cyrano!
Sauf qu'en juillet 2013, les plans de bébé stagnaient depuis des années. Je ne pouvais pas me douter qu'un an plus tard, je serais en fin de grossesse. À 37 semaines et demi de grossesse précisément. 37 semaines... Comme dans "bébé est à terme et pourrait arriver n'importe quand, y compris pendant la scène du balcon"!
Qu'à cela ne tienne! Dès que je me suis rendue compte du problème potentiel, j'ai fait un pacte avec la puce. "À moins d'urgence médicale, ma chérie, tu restes dans mon bedon jusqu'au 19 juillet, ok? Après ça, c'est quand tu veux."
J'ai eu peur de ne pas arriver à contrôler mon diabète et que les médecins décident de provoquer l'accouchement d'avance. Ça ne s'est pas produit. J'ai eu peur que ma tension artérielle monte trop haut, dégénère en pré-éclampsie et force les médecins à provoquer l'accouchement d'avance. Là encore, je m'en suis sauvée.
Et la puce a respecté notre pacte.
Alors vendredi soir, mon chum, ma bedaine et moi, sommes allés au théâtre! :)
C'était fascinant de voir enfin cette pièce prendre vie grâce à des comédiens professionnels. Jusque là, j'en avais monté des extraits au cégep et j'avais écouté un nombre déraisonnable de fois l'adaptation cinématographique mettant Depardieu en vedette, mais cela n'avait pas la magie d'une vraie représentation théâtrale. La version du TNM valait l'année d'attente, le prix des billets... et l'inconfort des bancs du théâtre, vraiment pas conçus pour une bedaine de neuf mois de grossesse! :p
Habitués au ton très sombre de l'adaptation cinématographique, on a d'abord été un peu déstabilisés par l'allure très burlesque du premier acte, mais ensuite le jeu de tous les comédiens, tel que requis, a lentement glissé vers un registre plus retenu et émotif. Cyrano est, après tout, une histoire où l'on doit passer du rire aux larmes. Et les deux ont été au rendez-vous.
Par moment, on a senti un peu que la pièce n'en était qu'à sa troisième représentation, car la musique d'accompagnement couvrait parfois un peu le texte (sans importance pour nous : on le connaît par coeur, mais il faudrait penser à baisser le son), il y a eu quelques accrochages au niveau des gestes (les hommes devront notamment s'entraîner à rengainer leurs épées) et le texte n'était pas toujours parfaitement fluide dans la bouche de certains comédiens (pas évident de prononcer des alexandrins aussi ornés de manière à bien en faire ressortir le sens et l'émotion), mais il n'y avait rien là pour gâcher notre plaisir. Et même, je dirais que ces petites imperfections, qui nous rappellent qu'on est au théâtre et qu'on regarde des êtres de chair qui performent en direct, n'ont fait que souligner l'excellence des comédiens.
Impossible de ne pas admirer Patrice Robitaille en Cyrano, qui se donne à fond et termine la pièce à bout de souffle et de forces... soit en parfaite harmonie avec son personnage. Magalie Lépine-Blondeau est une excellente Roxane, qui sait nous faire croire à son désespoir lorsque sa façade de précieuse écervelée vole en éclat. François-Xavier Dufour, enfin, nous offre un Christian parfait (la scène sur le banc avec Roxane, où il ne sait comment lui parler, était tout simplement géniale!). Les autres comédiens font presque tous double ou triple emploi et s'en tirent à merveille, soutenus par des costumes flamboyants (hourra pour le budget costume du TNM) qui les aident à créer ces multiples identités (on se demande encore par contre pourquoi certains costumes et armes de l'acte 4 évoquaient autant l'esthétique de la Première Guerre).
Finalement, la mise en scène très physique et l'ingénieux dispositif scénique complètent l'expérience et font de cette version de Cyrano de Bergerac une pièce à voir.
Je dirais même à revoir, mais on va être réaliste : la puce risque de naître avant que je me trouve d'autres billets! ;)
mercredi 10 juillet 2013
Cyrano
J'ai appris que le TNM allait monter Cyrano de Bergerac au cours de sa prochaine saison. Je voue un amour profond à cette pièce de théâtre. J'en ai joué des extraits plusieurs fois. J'en connais des grands bouts par coeur... En fait, d'habitude je dis que je la connais "pratiquement par coeur", mais Keven m'a prouvé que c'est pas vrai, alors je précise : je connais la scène dans le théâtre, la tirade des nez, le duel en vers, l'aveu à Le Bret, l'aveu de Roxane, le monologue des non mercis, la chanson des cadets, le récit du combat de la porte de Nesle, l'entretien de Roxane et de Christian, la scène du balcon, une partie des élucubrations de Cyrano distrayant De Guiche, le festin de campagne, la mort de Christian, la mort de Cyrano... et quelques morceaux éparpillés ici et là.
- Je comprends maintenant, c'est clair...
- Diaphane
- Madeleine Robin, ta cousine.
- Oui, Roxane.
- Mais c'est merveilleux! Tu l'aimes, dis-le lui. Tu t'es couvert de gloire à ses yeux aujourd'hui!
- Regarde-moi mon cher et dis-moi quelle espérance pourrais bien me laisser cette protubérance?
Allez, comment peut-on ne pas aimer ce jeu des alexandrins démembrés et le rythme qui se crée lorsque les comédiens se relancent pour compléter les vers? Mon chum est rapidement tombé sous le charme lui aussi (une chance, parce qu'en plus de relire souvent la pièce, je regarde régulièrement la version filmée...).
Enfin, bref, en apprenant que la pièce allait être présentée à Montréal, je me suis dit que je devais convaincre mon chum d'y aller. Même si c'est un peu ridicule, parce qu'on connaît tellement le texte qu'on risque d'avoir du mal à ne pas le réciter à mi-voix en même temps que les comédiens...
- Vous m'offrez du brouet quand j'espérais des crèmes. Dites un peu comment vous m'aimez?
- Mais... beaucoup!
Alors, l'autre soir, en faisant le souper, je lui ai lancé, l'air de ne pas y toucher :
- J'ai vu que le TNM allait monter Cyrano de Bergerac au cours de sa prochaine saison.
Mon chum m'a répondu aussitôt :
- Ok, on y va!
Euh... Bon, ben, y'a des fois où il est plus facile à persuader que d'autres! ;)
Après recherches, les représentations sont prévues seulement pour juillet 2014. Coudonc, d'ici-là je devrais avoir le temps d'apprendre quelques autres scènes! ;)
- Je comprends maintenant, c'est clair...
- Diaphane
- Madeleine Robin, ta cousine.
- Oui, Roxane.
- Mais c'est merveilleux! Tu l'aimes, dis-le lui. Tu t'es couvert de gloire à ses yeux aujourd'hui!
- Regarde-moi mon cher et dis-moi quelle espérance pourrais bien me laisser cette protubérance?
Allez, comment peut-on ne pas aimer ce jeu des alexandrins démembrés et le rythme qui se crée lorsque les comédiens se relancent pour compléter les vers? Mon chum est rapidement tombé sous le charme lui aussi (une chance, parce qu'en plus de relire souvent la pièce, je regarde régulièrement la version filmée...).
Enfin, bref, en apprenant que la pièce allait être présentée à Montréal, je me suis dit que je devais convaincre mon chum d'y aller. Même si c'est un peu ridicule, parce qu'on connaît tellement le texte qu'on risque d'avoir du mal à ne pas le réciter à mi-voix en même temps que les comédiens...
- Vous m'offrez du brouet quand j'espérais des crèmes. Dites un peu comment vous m'aimez?
- Mais... beaucoup!
Alors, l'autre soir, en faisant le souper, je lui ai lancé, l'air de ne pas y toucher :
- J'ai vu que le TNM allait monter Cyrano de Bergerac au cours de sa prochaine saison.
Mon chum m'a répondu aussitôt :
- Ok, on y va!
Euh... Bon, ben, y'a des fois où il est plus facile à persuader que d'autres! ;)
Après recherches, les représentations sont prévues seulement pour juillet 2014. Coudonc, d'ici-là je devrais avoir le temps d'apprendre quelques autres scènes! ;)
jeudi 19 janvier 2012
Carnage de Polanski
Je suis allée voir le film "Carnage" réalisé par Polanski, à partir de la pièce "Le dieu du carnage". J'avais été déçue de manquer la pièce lorsque le TNM l'a présentée l'an passé, alors dès que j'ai entendu parler du film, je me suis précipitée pour le voir.
L'histoire est simple : deux couples de parents se rencontrent, pour discuter du fait que le fils de l'un des deux couples a frappé le fils de l'autre couple.
Évidemment, la discussion commencée sous une jolie couche de vernis civilisé, entre "adultes", dérape peu à peu. Les vraies natures des personnages, que l'on devinait à peine au début de l'histoire, apparaissent tranquillement, ainsi que les dynamiques relationnelles des deux couples.
Le tout, vous le devinez sans doute, finit en un joyeux bordel.
J'ai trouvé ce film génial. Le texte à lui seul vaut le détour, dégoulinant d'hypocrisie bien intentionnée, de contraintes sociales, discutant de relation de couple et de rapport entre les sexes sous le prétexte de la parentalité. Sur le plan cinématographique, le huis clos est bien rendu, avec ces cadrages propres à Polanski qui ne nous donnent jamais l'impression de regarder un objet construit, mais plutôt de regarder vivre des gens réels à leur insu. Texte et image ont dû être exigeants pour les comédiens, qui jouent en demi-teintes et en subtilité, rarement hors champs même lorsqu'ils sont silencieux, comme au théâtre... Et leur performance est fantastique! (Une critique que j'ai lu disait que Kate Winslet était mauvaise, mais c'est simplement qu'elle ne crève pas l'écran, contrairement à Jodie Foster et à Christoph Waltz qui ont hérité des deux rôles forts de la distribution).
Je vous recommande chaudement ce film. Profitez-en, il est encore à l'affiche. On y rit beaucoup, parfois jaune, tout en pensant à certaines personnes de notre connaissance... ;)
L'histoire est simple : deux couples de parents se rencontrent, pour discuter du fait que le fils de l'un des deux couples a frappé le fils de l'autre couple.
Évidemment, la discussion commencée sous une jolie couche de vernis civilisé, entre "adultes", dérape peu à peu. Les vraies natures des personnages, que l'on devinait à peine au début de l'histoire, apparaissent tranquillement, ainsi que les dynamiques relationnelles des deux couples.
Le tout, vous le devinez sans doute, finit en un joyeux bordel.
J'ai trouvé ce film génial. Le texte à lui seul vaut le détour, dégoulinant d'hypocrisie bien intentionnée, de contraintes sociales, discutant de relation de couple et de rapport entre les sexes sous le prétexte de la parentalité. Sur le plan cinématographique, le huis clos est bien rendu, avec ces cadrages propres à Polanski qui ne nous donnent jamais l'impression de regarder un objet construit, mais plutôt de regarder vivre des gens réels à leur insu. Texte et image ont dû être exigeants pour les comédiens, qui jouent en demi-teintes et en subtilité, rarement hors champs même lorsqu'ils sont silencieux, comme au théâtre... Et leur performance est fantastique! (Une critique que j'ai lu disait que Kate Winslet était mauvaise, mais c'est simplement qu'elle ne crève pas l'écran, contrairement à Jodie Foster et à Christoph Waltz qui ont hérité des deux rôles forts de la distribution).
Je vous recommande chaudement ce film. Profitez-en, il est encore à l'affiche. On y rit beaucoup, parfois jaune, tout en pensant à certaines personnes de notre connaissance... ;)
dimanche 17 octobre 2010
L'Opéra de Quat'sous au TNM
Environ une fois par année, Vincent et moi nous payons une sortie au théâtre. D'ordinaire, on choisit une pièce classique, au Théâtre du Nouveau Monde. Pourquoi un classique? Tout simplement pour être sûrs de ne pas être déçus. Pourquoi au TNM? Parce qu'ils ont du budget. Oui, je sais, on peut faire des pièces fantastiques avec des cubes de bois peints en noir et des comédiens habillés en collants. Je le sais, j'en ai fait et j'en ai vu au cégep. Sauf que tant qu'à sortir au théâtre une fois par année, on a envie de voir la grande magie du théâtre : des éclairages astucieux, des costumes à couper le souffle, des décors intelligents, une mise en scène à grand déploiement, des comédiens nombreux...
Cette année, un peu par hasard, j'ai décidé que nous irions voir l'Opéra de Quat'sous de Bretch. Bon, ce n'est qu'après avoir réservé les billets que j'ai réalisé que la pièce s'apparentait plus à la comédie musicale (genre que nous n'aimons pas beaucoup) qu'au théâtre. Peu importe, me suis-je dit. C'est Bretch. Et c'est le TNM. Ils vont bien réussir à faire de quoi d'intéressant avec ça...
Erreur.
En 15 ans de fréquentation du TNM, je n'ai jamais été aussi déçue par une pièce. Premièrement, l'histoire de l'Opéra de Quat'sous est faible et l'intrigue manque de ressort. Donc, il faut que la performance sur scène rachète l'histoire. Malheureusement, ça n'a pas été le cas hier soir.
Le texte français donnait une impression de maladresse et de manque de naturel, avec des changements de registre de langue inexplicables au sein des répliques d'un même personnage. Les comédiens criaient au lieu de projeter leur voix. La mise en scène était lourde, burlesque et répétitive. La plupart du temps, les didascalies (les indications de mise en scène incluses dans le texte de la pièce) nous étaient données par les comédiens. Chaque chanson était donc annoncée, ce qui les empêchait de se fondre dans l'action et coupait constamment le rythme de la pièce. (Par exemple, à un moment, une comédienne a pris le micro et nous a annoncé "Grâce à une chanson, Polly fait comprendre à ses parents qu'elle est bel et bien mariée à Mac", puis elle nous a chanté ladite chanson! Ben là, on avait compris, merci.)
Les décors étaient corrects et les costumes correspondaient à l'ambiance, mais ils manquaient de finition et caractérisaient peu les personnages. Les éclairages étaient très peu subtils. Finalement, le recours à des micros durant les chansons était décevant. On ne va pas au théâtre pour entendre des voix métallisées par un micro. On va au théâtre pour voir vivre des comédiens.
Bref, ce fut une soirée complètement ratée. Avoir su, j'aurais donné mes billets. Je n'étais pas vraiment en état de rester assise droite pendant 3 heures. Ça a pris beaucoup de codéine pour m'en remettre...
Le pire, c'est de penser qu'on a manqué un UFC pour y aller!
Cette année, un peu par hasard, j'ai décidé que nous irions voir l'Opéra de Quat'sous de Bretch. Bon, ce n'est qu'après avoir réservé les billets que j'ai réalisé que la pièce s'apparentait plus à la comédie musicale (genre que nous n'aimons pas beaucoup) qu'au théâtre. Peu importe, me suis-je dit. C'est Bretch. Et c'est le TNM. Ils vont bien réussir à faire de quoi d'intéressant avec ça...
Erreur.
En 15 ans de fréquentation du TNM, je n'ai jamais été aussi déçue par une pièce. Premièrement, l'histoire de l'Opéra de Quat'sous est faible et l'intrigue manque de ressort. Donc, il faut que la performance sur scène rachète l'histoire. Malheureusement, ça n'a pas été le cas hier soir.
Le texte français donnait une impression de maladresse et de manque de naturel, avec des changements de registre de langue inexplicables au sein des répliques d'un même personnage. Les comédiens criaient au lieu de projeter leur voix. La mise en scène était lourde, burlesque et répétitive. La plupart du temps, les didascalies (les indications de mise en scène incluses dans le texte de la pièce) nous étaient données par les comédiens. Chaque chanson était donc annoncée, ce qui les empêchait de se fondre dans l'action et coupait constamment le rythme de la pièce. (Par exemple, à un moment, une comédienne a pris le micro et nous a annoncé "Grâce à une chanson, Polly fait comprendre à ses parents qu'elle est bel et bien mariée à Mac", puis elle nous a chanté ladite chanson! Ben là, on avait compris, merci.)
Les décors étaient corrects et les costumes correspondaient à l'ambiance, mais ils manquaient de finition et caractérisaient peu les personnages. Les éclairages étaient très peu subtils. Finalement, le recours à des micros durant les chansons était décevant. On ne va pas au théâtre pour entendre des voix métallisées par un micro. On va au théâtre pour voir vivre des comédiens.
Bref, ce fut une soirée complètement ratée. Avoir su, j'aurais donné mes billets. Je n'étais pas vraiment en état de rester assise droite pendant 3 heures. Ça a pris beaucoup de codéine pour m'en remettre...
Le pire, c'est de penser qu'on a manqué un UFC pour y aller!
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