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vendredi 5 décembre 2025

Les techniques de rhétorique toxique

Quelqu'une (allo Claude!) m'a fait remarquer que je vous ai balancé un tas de mots anglais dans mon dernier billet. Il s'agissait de termes référant à des techniques de rhétorique toxique utilisées abondamment sur les réseaux sociaux. Surtout par les hommes, mais pas seulement. Et (ça c'est intéressant) elles ne sont même pas toujours utilisées consciemment! (Les sophistes de l'Antiquité grecque seraient impressionnés : leurs techniques fallacieuses sont passées dans l'usage courant!)

En passant, les termes sont en anglais, parce que les réseaux sociaux sont majoritairement anglophones et que la rhétorique toxique y fleurit, donc c'est aussi en anglais qu'on l'étudie. Je vais donner les traductions quand je les connais. 

Voyez-vous, ces techniques sont tellement passées dans l'usage, on les subit tellement souvent (tant de la part de gens qu'on rencontre en ligne que de politiciens ou de personnes bornées croisées dans nos vies quotidiennes) qu'on en vient à ne plus les voir! Alors mettons-les bien à plat pour savoir les repérer. (Et, comme écrivain, pour pouvoir les utiliser dans nos textes!)

AVERTISSEMENT : la lecture de la suite de ce billet pourrait vous faire perdre du respect pour beaucoup de gens... qui ne le méritaient déjà pas. 

Voyons donc ce que veux dire...

Trolling [Troller]: On commence avec une facile. Ça veut dire "faire le troll" ou passer des commentaires juste pour faire réagir. La version polie s'appelle "jouer à l'avocat du diable", mais dans tous les cas, c'est une tactique destinée à faire fâcher l'interlocuteur en lui sortant des énormités et des clichés. Le trolling peut sembler bénin, mais lorsque plusieurs s'organisent en réseaux ou font appel à des faux comptes (automatisés ou non), ça peut créer un effet de meute paniquant pour la personne qui reçoit le tout. La parade? La fonction "bloquer". 

Doxing ou Doxxing : Action de dévoiler en ligne les informations personnelles de quelqu'un, par exemple son lieu de travail ou de domicile. Au Canada, surtout si ça s'accompagne d'encouragement à aller déranger la personne "en vrai", ça peut être considéré comme une atteinte à la vie privée, du harcèlement, de l'incitation à la haine ou de la mise en danger d'autrui et donc déboucher sur des accusations criminelles. Bref, si on vous doxx, dénoncez à la police!

Mansplaining [Mecsplication] : C'est le gars qui vous explique (à vous, femmes de tout âge ou rarement jeunes hommes), souvent sur un ton docte, paternaliste et avec moulte grands mots savants (parfois erronément), un truc au sujet duquel la personne qui reçoit l'explication est plus qualifiée et informée que le mecspliqueur. Mon exemple préféré, c'est le gars - devenu meme - qui était pas d'accord avec Margaret Atwood sur l'interprétation à donner à Handmaid's Tale et qui lui a dit de lire le livre au lieu de se fier à la série télé... Un autre exemple courant, c'est les hommes qui viennent expliquer que non, non, ce n'est pas du mansplaining, c'est juste une manière de discuter... avec un peu de (mal)chance, on en aura un en commentaire de ce billet. :p La parade? Rire, ignorer ou, si vous y tenez, répondre avec un lien vers vos diplômes/thèses/articles qui prouvent que le monsieur n'est pas l'expert qu'il croit être.   

Whataboutism [Qu'en-est-ilisme] : Ceci est une manière de détourner une conversation. Vous vous inquiétez du sort des vaches? On vous fait remarquer que vous vous foutez des poulets. Vous parler d'un génocide en Israël, on vous répond que vous vous accommodez de celui au Soudan. Si vous faites l'erreur de répondre, vous voilà parti loin de votre sujet. La parade? Répondre "ce n'est pas mon sujet aujourd'hui". 

Cherry picking [Picorage/Picossage] : Vous avez fait un long post très argumenté et la personne vous reprend sur un détail qui n'était peut-être pas aussi parfaitement nuancé qu'il aurait dû? Ou alors quelqu'un présente juste les chiffres et les preuves qui soutiennent sa position et non l'ensemble des données? Dans les deux cas, vous êtes en présence de cherry picking, soit une sélection malhonnête des données à mettre en lumière, dans le but de faire perdre la vue d'ensemble du sujet. La solution? Signaler que la personne picosse et recadrer le sujet.

Ad hominem et/ou Ad personam : Il y a une légère nuance entre les deux termes, nuances qui varie si on est anglophone ou francophone (tsé histoire de faire simple), mais dans tous les cas, on s'en prend à la cohérence des propos de la personne (ex: ah tiens, t'es pour la censure maintenant, pourtant l'autre jour...) ou leur expression (ex : quand tu sauras écrire...) ou à la crédibilité de la personne (ex : on sait ben, tu travailles pour...), bref c'est l'individu qui s'exprime qui est attaqué, on ne répond pas à ses propos. Il ne sert pas à grand chose d'argumenter avec les gens qui utilisent ce genre de procédé. J'aime bien leur répondre "ad hominem" et terminer l'échange là-dessus. Ça les force à googler. :p 

Tone policing [Police du ton] : C'est une variante de l'Ad hominem/personam où on s'en prend au ton de la personne, qu'on accuse d'être trop émotif, trop agressif, trop extrême, pas assez poli, etc. Comme si toute émotion empêchait de réfléchir. C'est très souvent utilisé contre les femmes. (Exemple récent : Magali Picard à qui on demande "baisser le ton".) La parade? Répondre une variante de : "Avoir des émotions est humain et n'empêche pas ma matière grise de fonctionner. Au lieu d'attaquer mon ton, répondez à mes arguments." 

Sealioning : La personne a l'air bien intentionnée, même si on se demande sous quelle roche elle a vécu depuis 20 ans pour découvrir tout juste le sujet (de l'identité de genre, du patriarcat, des féminicides, etc). Elle pose des questions ouvertes, vous demande vos preuves, semble vous écouter, revient avec d'autres questions, veut d'autres preuves... mais il n'y a pas moyen de la convaincre, vous avez l'impression de parler dans le vide et... et vous perdez votre temps. C'est le but ultime de la tactique : vous faire perdre un temps fou, vous épuiser, vous donner envie de ne plus jamais aborder ce sujet publiquement, parce que c'est trop long de gérer ensuite ce genre de réaction. La parade? Inviter (plus ou moins poliment) la personne à googler (ou à lire vos anciens billets/posts/articles) pour s'éduquer.

Moving the goal post [Déplacer l'objectif] : La personne vous demande de lui présenter des preuves de A. Vous vous exécutez. La personne dit que d'accord, mais il faut aussi prouver B. Vous le faites. Mais là, ça prouve pas C... Un peu comme le sealioning, la technique n'a pas de fin et vise surtout à vous épuiser ou à vous faire sentir inadéquat. Ce genre de comportement existe aussi en dehors des simples discussions, par exemple si votre patron vous demande de terminer tel dossier pour telle date et une fois que vous l'avez fait, il vous dit qu'il aurait aussi voulu tel autre dossier... Ou alors quand un gouvernement annule un programme de voie rapide pour la résidence permanente au mépris des gens qui comptaient dessus. La parade? Faire remarquer que les exigences changent constamment et que ce n'est pas votre problème. Ou répondre "Moving the goal post" à la seconde demande et laisser la personne googler. 

Gaslighting [Détournement cognitif] : C'est une forme de manipulation où on vous fait douter de vos perceptions. Pour que ça fonctionne, il faut que vous ayez confiance dans la personne qui tente de détourner vos perceptions. La forme la plus banale (mais quand même problématique) de gaslighting qu'on peut rencontrer, c'est un parent qui dit à un enfant "mais non, ça fait pas mal, t'as pas à pleurer pour ça". La forme courante sur les réseaux sociaux, c'est de se faire dire que notre perception des choses est biaisée par notre "chambre d'écho" et que tel expert, lui, dit le contraire. Une autre forme courante de gaslighting, ces temps-ci, ce sont les politiciens et les journalistes qui insistent pour dire que notre pouvoir d'achat s'améliore - en se basant sur des médianes et des moyennes - tandis qu'un tiers des locataires sont en insécurité alimentaire. Ou qui prétendent que tous les maux viennent de l'immigration, alors qu'on sait que plein de services allaient déjà mal avant. 
Le problème avec le gaslighting c'est que ce sont les gens de bonne foi, ceux qui se remettent constamment en question, qui sont empathiques et ouverts à considérer le point de vue des autres qui y sont les plus vulnérables. À force de se faire répéter sans cesse des trucs qu'on croit faux, on en vient à se demander si ce sont nos croyances qui sont problématiques, puis à ne plus se fier à nos perceptions ni à nos souvenirs (qui seront remis en doute ou niés) ni même à nos émotions (parce qu'on nous dit que, mais non, t'es pas en colère, t'as pas de raison de l'être). Être exposés à long terme au gaslighting dans une relation intime (souvent un couple) ou même dans la société, cela peut mener à des troubles anxieux, de la dépression et une estime de soi à zéro. (Ne me demandez pas comment je sais.)  La parade? Trouver des validations externes à nos perceptions et émotions. L'arme préférée de ceux qui gaslight, c'est l'isolement de la victime. 

Dog whistle/ Dogwhistling [Dilogie ou sous-discours]: Il s'agit de l'art d'énoncer des propos qui semblent innocents, mais qui contiennent un message codé, une insulte ou une menace voilée envers certaines personnes. Surtout connue pour ses utilisations en politique (comme quand on parle de "Canadiens de souche" ou de "Canadiens traditionnels" pour exclure les gens issus de l'immigration ou le fameux "Stand back and stand by" de Trump à l'intention des Proud Boys), la tactique existe aussi dans des contextes plus banal (pensons à un homme qui dirait à sa mère, durant un souper de famille, "ah, tu réussis tellement bien tes tartes, toi, maman" avec un regard en coin à sa conjointe, qu'il n'a pas accusée ouvertement de brûler les siennes, mais qui se sentira sans doute humiliée). Couplée au gaslighting ("mais non voyons, c'est pas ça que je voulais dire, pourquoi tu sur-réagis?"), cette tactique peut être d'une violence psychologique assez intense. La parade? Nommer ce qui est impliqué dans le message pour mettre en lumière les intentions. 

Voilà, ça fait le tour des principales tactiques de rhétorique toxique qu'on rencontre sur les réseaux sociaux ou dans notre vie quotidienne. Ce qui est intéressant, c'est qu'une fois qu'on s'exerce à les voir, on ne peut plus les manquer et on sait avec qui éviter à l'avenir de discuter, alors... bon ménage dans vos contacts! ;)  

PS : Si j'en ai oubliées, lâchez-vous lousse dans les commentaires! 

mardi 27 octobre 2020

Ce qu'on ne peut pas écrire en 2020

 Alors, finalement, l'écrivain qui a été accusé de production de pornographie juvénile (cas que j'évoquais dans mon billet "Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019") a été acquitté, ainsi que son éditeur. (Et le délai pour faire appel est dépassé, donc on est bien sortis de cette histoire!)

Ouf! C'est un soulagement, on ne se le cachera pas. (Bravo à l'écrivain de s'être accroché. Je le nomme pas pour m'éviter des hordes de troll, mais je lui lève mon chapeau, parce qu'il a traversé des heures crissement sombres alors que le rouleau compresseur de notre système de justice lui passait sur le corps.) On va se poser moins de questions en prenant la plume désormais! 

Suite à ça, qu'est-ce qu'on peut ou ne peut pas écrire en 2020?

J'ai lu le jugement (vous pouvez m'imiter si vous voulez, ou lire un résumé ici) et, à ce que j'en comprends, en gros, avant 2005, un écrit (même artistique) était jugé pédopornographique s'il conseillait ou préconisait les activités sexuelles avec des mineurs. Après 2005, la loi a été modifiée et il suffisait de les décrire. Le juge a trouvé qu'enlever les mots "conseille ou préconise" rendait l'article trop large, portait une trop grande atteinte à la liberté d'expression en fonction du but visé (protéger les enfants en interdisant la porno juvénile) et donc était anticonstitutionnel. (À noter, la nuance entre "décrire" ou "évoquer" n'a jamais été abordée.)

Donc, le juge a suspendu l'application de cet article de loi et, dès lors, il a pu prononcer un acquittement bienvenu. 

Maintenant, mes connaissances de ce genre de cas sont trop floues pour que je puisse vous dire si l'article est invalidé durablement au complet (ce serait étonnant et ça aurait motivé un appel du jugement) ou si c'est juste la modification de 2005 qui est suspendue. Prenez pas de chance, considérez que c'est juste la modification. (Moi c'est ce que je vais faire!)

Alors, suite à la conclusion de cette affaire, qu'est-ce que vous ne pouvez pas écrire en 2020?

- Des incitations à la haine.

- Des atteintes à la réputation, à la vie privée ou à la sécurité des gens.

- Des plagiats.

- Des scènes de sexe avec mineur qui conseillent ou préconisent la pédophilie. 

- Des histoires de pandémie parce qu'on est écoeurés en maudit. (Ah non, ça c'est pas dans la loi! lolol! Mais on pourra exercer notre droit de lecteur de ne pas vous lire! :p ) 

Maintenant, à vos claviers tout le monde!

PS : En passant, ça ne sert à rien de m'écrire pour me dire - en termes plus ou moins injurieux - à quel point j'étais dans le champ avec mon analyse première. 1- J'suis pas juriste, c'était mon exercice de réflexion, pour mes besoins personnels d'écrivaine qui avait pas le goût d'être la prochaine accusée. 2- J'avais analysé les lois qui étaient en vigueur et qui avaient permis l'accusation. Comme ça a pris une suspension d'articles de loi pour prononcer l'acquittement pis que je possède pas exactement cette autorité-là, j'pense que j'étais pas trop perdue! O.o 

mercredi 25 mars 2020

Mon conseil : écrivez

On est pas tous égaux devant la pandémie.

Pour les gens sans enfant payés à rester à la maison avec leur amoureux, c'est la vie de chalet. 

Pour les gens avec enfants payés à rester à la maison, c'est un peu le chaos, mais c'est aussi du beau temps en famille.

Pour les gens avec enfants qui doivent télétravailler ou, pire, continuer à aller travailler, c'est un peu beaucoup le bordel.

Pour les employés des services de santé, la tâche est herculéenne et l'épuisement guette.

Pour ceux qui n'ont plus de revenu, l'angoisse financière est étouffante.

Pour les célibataires et les esseulés, le manque de contact humain est un vide souffrant.

Pour ceux qui sont loin de leurs êtres chers, l'inquiétude ronge le coeur.

Quand un proche est atteint, le monde semble trembler sur ses bases.

Peu importe notre situation, la situation est anormale.

Mon conseil d'auteure : prenez un carnet et écrivez. Faites un journal. Notez vos pensées. Les belles, les noires, les craintes, l'épuisement, les moments de pauses, les moments doux, les moments de drame, les heures esseulées... Mettez-vous à la poésie, aux chansons, à la philosophie... Peu importe que ce soit bon ou mauvais, pertinent ou pas.

Écrivez, ça servira plus tard à vous rappeler. 

Écrivez, ça vous tiendra lieu de thérapie.

Écrivez...

Mais de grâce, ne mettez pas tout ça en ligne en direct. On est tous dans la même galère, alors la marche à suivre c'est "ta gueule pis rame". :p

lundi 2 décembre 2019

Aventures de célibataire (1)

Ça y est. Même pas une semaine que l'annonce officielle est faite et, déjà, les réalités de la vie de femme célibataire dans notre monde moderne me tombent dessus comme une tonne de briques, entraînant leur lot d'anecdotes plus ou moins comiques. Pour résumer, j'ai un peu (beaucoup) l'impression d'avoir été plongée sans avertissement dans une fosse aux requins.

Étant donné que ma philosophie de vie est "mieux vaut en rire que d'en pleurer", j'ai décidé que j'en tirerais au moins une série de billets! :p

Quoi de mieux, pour commencer, qu'un message d'intérêt public?

Alors, messieurs, soyez prévenus que le message suivant :

Allôôô 😍❤️😘... 🤤

ne constitue aucunement une manière acceptable d'entrer en relation avec une personne du sexe opposé. Ni, en fait, avec aucun être humain.

De plus, le dernier smiley est redondant, on avait compris, merci.

(Ouf! Je sens que ça va être pénible.)

mercredi 26 juin 2019

Copibec a encore besoin d'appuis

Je vous expliquais, début avril, que Copibec avait besoin d'appuis, parce que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie qui avait "mis à jour" la Loi sur le droit d'auteur en 2012 (avec des conséquences catastrophiques pour les auteurs) s'apprêtait à la réviser.

Il fallait, ai-je dit, faire savoir qu'on était d'accord avec la position de Copibec, que l'exception pour l'utilisation équitable en éducation devait être resserrée, afin que les auteurs soient payés lorsque leurs oeuvres sont utilisées dans un cadre pédagogique.

Peu de temps après, le Comité permanent du patrimoine canadien a déposé un rapport qui allait dans le même sens que les observations de Copibec et des auteurs : la nouvelle mouture de la Loi sur le droit d'auteur mettait la situation financière des artistes (déjà fragile) en grand péril.

Comme d'autres, j'ai poussé un soupir de soulagement en voyant ce rapport. Bon, me suis-je dit, si le patrimoine canadien est de notre bord, ça devrait bien aller...

Ah, ben non finalement. Parce que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie n'a même pas pris la peine de lire le rapport du Comité permanent du patrimoine canadien!!! C'est à se demander comment ils ont fait leur "examen" des impacts de la loi! (Ça semble incroyable? Le communiqué de Copibec est ici et cite les divers rapports et intervenants.)

Le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie ne propose donc aucune solution pour aider les auteurs. Le statu quo ne les dérange pas (eux!). Pire, ils proposent un élargissement de la notion d'utilisation équitable.

Après ça, y'en a qui se plaignent que les artistes vivent "aux crochets des subventions gouvernementales". Ouais ben, si les lois ne légalisaient pas le vol de nos oeuvres et que les Comités (financés aussi par vos taxes) lisaient leurs propres rapports, ptêt qu'on n'en aurait pas besoin des bourses et des subventions.

En attendant, si vous aimez avoir de l'art dans vos vies, n'oubliez pas de signer le manifeste de Copibec "Une vie sans art, vraiment?" M'étonnerait que le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie le lise, mais ptêt que les élus, eux, en prendront connaissance avant de voter.

vendredi 5 avril 2019

C'est le temps d'appuyer Copibec

Pendant le salon du livre de Trois-Rivières, des représentants de Copibec m'ont remis (ainsi qu'à mes deux co-auteurs de Écrire et publier au Québec) un document d'information et une invitation à diffuser cette information sur mon blogue. Tiens donc, ça concernait une question de droit. Je sais pas pourquoi quelqu'un a pensé à moi pour faire un peu de vulgarisation juridique... *sifflement innocent*

Plus sérieusement, je sais pas si vous vous souvenez, mais, en 2012, le gouvernement fédéral conservateur a "modernisé" la Loi sur le droit d'auteur. Entre autres modifications, il a élargi la notion de "l'utilisation équitable" (et donc gratuite) d'une oeuvre.

C'est quoi cette histoire-là?

L'utilisation équitable, c'est un concept un peu flou, mal défini dans la loi. À l'origine (avant 2012), cette utilisation équitable d'une oeuvre protégée par les droits d'auteurs était réservée aux fins d'études, de recherches, de compte-rendu et de communication des nouvelles, tant que cet usage ne permettait pas un gain d'argent. Autrement dit, on permettrait aux chercheurs, étudiants, critiques artistiques et journalistes de copier, sans frais et sans que ça viole le droit d'auteur, des extraits d'oeuvres et d'en insérer des citations dans leurs travaux et articles, à condition d'indiquer la source originale (et à condition que la présence de la citation ne soit pas un argument de vente).

Jusque là, c'était logique. Personne ne veut empêcher un étudiant de photocopier un chapitre d'un ouvrage de référence (de toute manière, la bibliothèque verse probablement un montant à Copibec pour avoir le droit d'avoir un photocopieur sur place), de l'emporter chez lui pour le lire et de le citer dans son travail de recherche. De la même manière, on est bien contents quand un journaliste cite un paragraphe du roman à la fin de son article sur un écrivain.

Dans les situations qui n'étaient pas couvertes par la notion d'utilisation équitable, notamment le secteur de l'éducation (où les profs reproduisent des articles ou des chapitres de livre dans leurs recueils de textes ou leur matériel pédagogique), on pouvait demander à Copibec une "licence d'utilisation" générale (qui permettait, en échange de frais annuels, de copier jusqu'à 10% des ouvrages de référence ou des articles entiers ou des chapitres entiers) ou alors une "autorisation particulière" (si on voulait reproduire plus largement une oeuvre précise, par exemple 3 chapitres d'un livre qui n'en compte que 4).

Cependant, en 2012, le concept d'utilisation équitable a été élargi. Il est maintenant permis de reproduire des extraits d'oeuvre à des fins de parodie, de satire... ou d'éducation. C'est surtout cette dernière exception qui intéresse les écrivains.

On peut imaginer que le gouvernement voulait éviter au prof qui présente à ses élèves une image ou un poème trouvé vite-vite la veille sur Internet de se faire taper sur les doigts parce qu'il n'a pas respecté les droits d'auteur. Malheureusement, les institutions d'enseignement n'ont pas compris les choses de la même façon.

Plusieurs ont décidé que ce qui était auparavant couvert par les licences d'utilisation générales de Copibec était désormais gratuit.

Et c'est là que les écrivains se sont mis à souffrir.

Au Québec, on a été relativement épargnés. Copibec a perdu 50% des licences payées par les universités (vous vous souvenez peut-être des poursuites intentées contre l'Université Laval?) et 20% de celles payées par les cégeps. Dans le reste du Canada, les redevances perçues par Access Copyright (la version anglophone de Copibec) ont chuté de 80%.

Le pire dans tout ça? À ce qu'on me dit, les redevances payées à Copibec (et donc aux auteurs et éditeurs) sous forme de licences générales ou d'autorisations particulières ne représentaient même pas 1% des budgets de fonctionnement des institutions d'enseignement. Ce n'est donc pas une économie importante... mais c'est une économie qui pourrait faire très mal à la longue, parce qu'en appauvrissant (encore) les créateurs, on court le risque qu'ils produisent moins de bon matériel pédagogique dans le futur!

C'est bien beau tout ça et vous êtes convaincus que ça n'a pas de bon sens, mais vous vous demandez ce que vous pouvez y faire? Après tout, la loi est déjà en vigueur...

Eh bien, justement, la loi va être réexaminée cette année afin de mesurer ses impacts sur les créateurs. Ce serait donc le moment de se faire entendre et de demander que l'exception pour l'éducation soit clarifiée et que les institutions d'enseignement recommencent à payer des licences pour utiliser nos oeuvres.

Ça vous intéresse? Signez là!

mardi 19 mars 2019

Ce qu'on ne peut pas écrire en 2019

Alors, pour résumer, un écrivain québécois et son éditeur sont présentement mis en accusation pour production et distribution de pornographie juvénile. (Je ne mets pas les noms ici, parce que je veux éviter les armées de troll des deux camps, mais googlez si vous savez pas de qui je parle.) Ce à quoi la plupart des écrivains réagissent avec étonnement:  "Quoi? Un écrivain de fiction peut être arrêté à cause de ses mots?!?" Tandis que d'autres s'indignent : "C'est ça, hein, on est rendus là, on peut pu rien écrire asteure!" Et quelques-uns s'inquiètent : "Ce sera qui le prochain? J'ai tué trois personnes dans mon dernier roman, est-ce qu'on va m'accuser de meurtre?"

N'étant pas épargnée par ces inquiétudes (même si je suis moins surprise que beaucoup par la tournure des événements), j'ai décidé de puiser dans mon double passé d'historienne et de secrétaire juridique et de me livrer à quelques recherches pour essayer de faire le tour de la question. Ce qui m'intéressait : qu'est-ce qu'on ne peut vraiment pas écrire en 2019? J'ai structuré le billet autour des arguments que j'entends le plus souvent ces jours-ci (et auxquels j'ai répondu à la pièce sur Facebook et ailleurs). Prière de lire en entier avant de commenter, histoire de ne pas les répéter.

Note d'usage : je ne suis pas avocate. Ceci ne représente pas un avis juridique. Juste un résumé, au meilleur de mes capacités de lecture et de raisonnement. 

Cette histoire est une attaque à notre liberté créative!

Désolée. J'ai cherché, mais légalement parlant, la liberté de création, ça n'a pas l'air d'exister au Canada. C'est plutôt un sous-produit de la liberté d'expression (garantie par l'Article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés).

C'est de la censure!

Oui, au sens où on veut interdire la diffusion de quelque chose... et non, car ce n'est pas une décision arbitraire, mais juridique, basée sur une loi bien définie.

En fait, il n'y a plus d'organisme de censure au Canada, ni au Québec (depuis les années 50 environ). Plus personne ne surveille tout ce qui se publie (alors que ça s'est fait jadis). Pour les films, on les surveille, mais seulement pour les classer par catégorie, pas pour les interdire. Dans tous les cas, le pouvoir de faire appliquer les limites légales à la liberté d'expression revient à l'appareil judiciaire, qui n'ouvre une enquête que lorsqu'il y a des plaintes et si la plainte est fondée en droit. (C'est-à-dire qu'il y a une loi pour soutenir la plainte.) En théorie, ça veut dire que vous pourriez écrire quelque chose qui brise des lois, mais si personne ne se plaint, vous ne serez jamais inquiété.

C'est une attaque à notre liberté d'expression d'abord!

Pas vraiment. Comme j'ai dit plus haut, il y a des limites légales, la liberté d'expression n'est pas absolue. Elle est limitée par d'autres droits, dont celui à la vie privée, à l'image, à la réputation ou à la sécurité. 

Quand on écrit de la fiction, on devrait pouvoir faire ce qu'on veut!

Et on le peut... presque. (On est le 18e pays le mieux classé au monde au sujet de la liberté de la presse et les écrivains sont toujours plus libres que les journalistes.)

Franchement, faut faire pas mal exprès pour enfreindre le droit à la vie privée, à la réputation ou à la sécurité des gens dans nos romans! Faudrait utiliser les vrais noms des gens, leurs vraies descriptions, raconter des vrais faits à leur sujet, puis les mêler avec des fausses histoires destinées à leur nuire (ça serait une atteinte à la réputation) ou alors donner leur adresse (atteinte à la vie privée) ou raconter dans le détail comment on les tuerait (ils pourraient craindre pour leur sécurité). Pis faudrait aussi omettre l'avertissement d'usage au début du livre qui dit "Tous les personnages représentés ici sont fictifs ou utilisés fictivement..."

Cependant, il y a deux manières d'enfreindre le droit à la sécurité qui sont bien connues et sanctionnées par le Code criminel : l'appel à la haine (envers un groupe de personnes) et l'obscénité (ce qui recouvre la pornographie juvénile).

Encore une fois, tant qu'à moi, pour être accusé d'avoir appelé à la haine dans un texte de fiction, faut pas mal le chercher. Il ne suffit pas de mettre les mots dans la bouche d'un personnage à quelques occasions. Il faudrait, à ce que je comprends, avoir l'air d'accord avec ce personnage et interpeller le lecteur afin qu'il agisse en conséquence.

L'obscénité, ça c'est large et subjectif! Ça ne devrait pas s'appliquer à l'art. Surtout aux trucs d'horreur. Rémy Couture a été accusé de ça et acquitté

En effet, l'obscénité, c'est large et subjectif. C'est pour ça que des modifications relativement récentes au Code criminel (je crois que ça date justement d'après l'affaire Rémy Couture) pointent vers l'idée que, dans le cas de l'obscénité, il faut prouver qu'il y a eu dommage au bien du public pour porter des accusations.

Donc si c'est de l'art, de la fiction, et que personne n'est blessé, c'est ok?

À ce que je comprends, oui.

Bon, ben alors cette accusation de pornographie juvénile, c'est n'importe quoi! Aucun enfant n'a été molesté pour faire le roman.

Malheureusement, l'argument "c'est de la fiction" n'est pas valable quand on parle de la pornographie (juvénile ou pas). Parce que la pornographie, par essence, est du domaine du fantasme, c'est fictif, c'est arrangé. (Désolée de péter la bulle de certains ici, mais même dans un film porno où vous voyez tout en gros plan, ça reste de la fiction, parce que y'a ben des chances que l'actrice soit pas vraiment en train de jouir. Et on parlera pas de la probabilité, pour qui que ce soit, de répondre à la porte en petite tenue...)

En d'autres mots, meurtre signifie "tuer quelqu'un". Le meurtre fictif ne tue personne alors ce n'est plus un meurtre et donc ce n'est pas un crime. Pornographique signifie "apte à provoquer une excitation sexuelle". Alors fictive ou pas, si ça reste potentiellement excitant pour ceux dont c'est les goûts, c'est de la porno. La pornographie normale, on l'a légalisée, alors ce n'est plus un problème. Mais la pornographie juvénile demeure interdite. Sous toutes ses formes, même à l'écrit, c'est spécifié dans le Code criminel.

Mais les passages en cause ne m'excitent pas, ils m'écoeurent. 

À moins que vous soyez pédophile, j'ai l'impression que cet argument n'est pas vraiment recevable. La pornographie lesbiennes ne m'excite pas, mais ça veut juste dire que je ne suis pas lesbienne! (Imaginez, si on acceptait cette défense-là, un photographe non-pédophile pourrait créer des images de porno juvénile et les vendre, sous prétexte que lui, ça l'excite pas. On prend en compte l'intention de la personne, mais aussi le contenu et son impact potentiel sur d'autres personnes.)

(MISE À JOUR 5) Mais le photographe ou le réalisateur de film utiliserait des vrais enfants.

Pas nécessairement, de nos jours. Avec ce qu'on arrive à faire en animation 3D, on pourrait faire des scènes de porno juvénile 100% de synthèse et extrêmement réalistes. Et, à ce que je comprends, même en étant 100% artificielles et fictives, ces images resteraient illégales.

Pourquoi on n'a pas légalisé la pornographie juvénile fictive si elle ne fait de mal à personne?

Parce que le système judiciaire considère qu'en laissant de la pornographie juvénile (même fictive) circuler, il y a un risque d'alimenter les fantasmes des pédophiles, de leur donner une légitimité sociale. (On a vu avec les tueries en Nouvelle-Zélande que lorsque les gens ne se sentent plus seuls dans leurs opinions déviantes, ça augmente les chances qu'ils passent aux actes). En plus, cela risque de compliquer le travail des policiers, qui devront essayer de démêler faits et fictions. Donc toute porno juvénile est considérée comme un danger pour la sécurité des enfants et du bien public.

Mais un roman ne rendra pas les gens pédophiles! Et si ça nourrit vraiment leurs fantasmes, pourquoi ça ne nous dérange pas de mettre des tueurs en série en scène dans des romans? Leurs fantasmes à eux, on n'a pas peur de les nourrir?

Je me suis posé la question... Et un petit tour sur le site de Statistiques Canada m'a donné une piste platement statistique : il y a eu 660 homicides au Canada en 2017 et aucun attribuable (pour le moment) à un tueur en série (ou 6 si on compte le massacre de la mosquée de Québec). La même année, il y a eu 8046 infractions sexuelles contre les enfants. Sachant que les agressions sexuelles sur les enfants sont parmi les crimes les moins dénoncés, il y a clairement plus de pédophiles potentiels dans notre société que de meurtriers potentiels. De là l'intérêt de ne pas nourrir leurs fantasmes avec des textes aisément accessibles.

J'ai lu/vu bien pire que ce qui est écrit dans ce bouquin là!

Franchement, ça m'étonnerait (ou bien c'était pas légal non plus!). J'ai lu la majorité des exemples donnés comme "pires" et aucun ne l'était (même pas Sade ou Kristof, quoiqu'ils soient ex-aequo par moment). À ce que je comprends de mes diverses lectures récentes et de la jurisprudence (pas juste de l'article de loi) il faut rencontrer trois critères pour qu'un passage soit considéré comme de la pornographie juvénile.
1- Il faut mettre en scène un mineur (qui n'a pas consenti ou n'a pas l'âge de consentir) et un adulte
2- Qui se livrent à une activité sexuelle
3- De manière très explicite (avec description des gestes et/ou organes génitaux)
Bref, faut pas juste évoquer, il faut décrire en détails.

(MISE À JOUR 3) Tes critères pour déterminer ce qui est de la porno ne sont pas bons. Il faut que l'objet principal du texte, son intention, soit sexuel. Là c'est juste une page. 

La question de l'objet principal, c'est ce que je lis dans la loi moi aussi. Mais ce n'est pas cité dans tous les textes de vulgarisation (dont celui d'Éducaloi, que je cite plus haut). Pourquoi? Je vous avoue mon ignorance (et ma perplexité). Sans doute parce qu'il y a eu de la jurisprudence à cet effet. Pensez-y : on n'accepterait pas une scène hyper graphique d'une minute dans un film, même si ce n'était pas le but général du film. Et si on n'accepte pas une minute dans un film, ça se peut qu'on n'accepte pas une page dans un livre... Surtout que selon mes souvenirs du livre (j'ai lu le passage en cause et j'ai survolé le reste très vite) il n'y a pas seulement un seul abus d'enfant. Mais dans tous les cas, je ne dis pas que ceux qui poursuivent ont raison. Je dis qu'ils pourraient (noter le conditionnel) avoir des assises légales. Une chose m'apparaît sûre : si les personnages avaient été majeurs, il n'y en aurait pas eu.

Stephen King, Patrick Senécal et GRRR Martin font bien pire. 

Non, ils ne décrivent jamais en détails. Ils évoquent, c'est parfois pire pour notre imagination, mais ils ne décrivent pas.

Sade doit se retourner dans sa tombe. 

Je suis sûre que l'auteur présentement accusé est heureux d'être comparé à un homme qui a réellement fait l'apologie de la pédophilie. O.o

Y'a pas une exception dans la loi qui dit que c'est ok si c'est de l'art?

Oui. C'est pour ça qu'on a encore des textes de Sade. Et c'est pour ça que j'ai été étonnée moi aussi de voir l'auteur accusé. Par contre, à ce que je comprends, même pour des raisons artistiques, il y a une certaine dose de pornographie qui est tolérée. Il faut que cela soutienne l'oeuvre, que ce soit nécessaire... Il pourrait être jugé que l'auteur a dépassé les limites tolérées pour des raisons artistiques (ici, oui, c'est vrai, on tombe dans le jugement de "bon goût") ou alors l'appareil judiciaire se servira de ce cas pour tracer une ligne et rappeler aux artistes que la limite, elle est là. (J'espère qu'ils feront ça sans détruire la vie de l'auteur!)

Ouais, pauvre auteur, il ne voulait pas faire de quoi d'illégal.

J'en doute pas! Malheureusement, selon notre système légal, nul ne doit ignorer la loi. Les autoroutes sont parsemées de panneaux nous rappelant la limite à ne pas dépasser... Peut-être qu'il faudrait un avertissement au sujet des limites de la liberté d'expression intégré à nos traitements de texte... (C'est un peu pour pallier ce manque que j'écris cet interminable billet de blogue!)

Je trouve qu'on infantilise les gens en leur disant que lire ci ou ça c'est mal. 

J'suis pas tout à fait en désaccord... Mais d'autres personnes trouvent qu'on les infantilise en leur demandant d'enregistrer leurs armes à feu ou de ne pas rouler trop vite sur telle ou telle rue. La vie en société vient avec des règles et des lois. Des affaires comme celle qui nous préoccupe sont une occasion de voir si ces règles et lois sont encore actuelles ou si elles doivent être modifiées. (Cela dit, je suis bien contente de ne pas être la personne mise en accusation pendant qu'on étudie la question!)

Pourquoi est-ce qu'on hiérarchise un crime par rapport à un autre? Pourquoi on décide que la porno c'est ok, mais la porno juvénile, non?

Parce que le Code criminel moderne passe son temps à hiérarchiser les crimes. On n'est pas condamné pour le même nombre d'années si on tue quelqu'un par accident ou délibérément. On devrait s'en réjouir. Y'a eu des époques où quasiment tous les crimes étaient punis de mort! De nos jours, les crimes touchant les enfants sont considérés les pires, pour des raisons morales... mais aussi de survie de l'espèce humaine.

Les livres qui viennent d'ailleurs ont des passe-droits, ils peuvent écrire ce qu'ils veulent et ensuite le vendre ici. 

Sachant que 162 pays sur 180 ont des lois plus sévères que les nôtres au sujet de ce qu'on peut y imprimer, non, les auteurs étrangers n'ont pas de passe-droits. En plus, les douanes empêchent parfois l'entrée au pays de livres qui contreviennent à nos lois. (C'est rare et controversé et ça concerne principalement le Canada anglais, mais ça arrive.) Et puis, dans tous les cas, l'important si vous vivez et écrivez ici, c'est les lois d'ici, non?

Donc si je tue des gens dans mes livres, même en les torturant atrocement, j'suis ok?

Oui.

Mais non, je suis pas ok : les écoles veulent pas de mes livres! Et y'a des gens qui se plaignent que je ne devrais pas être imprimé!

Ah là, c'est pas le même débat. Ce n'est pas, techniquement, de la censure : personne ne vous a empêché d'écrire ce que vous vouliez et de le publier. Par contre, pour des raisons de goût et de morale personnelle, des gens ont le droit de décider qu'ils ne veulent pas diffuser vos livres ou les acheter pour eux ou leurs enfants. Ils ont même le droit d'encourager les gens à vous boycotter ou votre éditeur à vous abandonner (mais ils ne peuvent rien forcer).

De la même manière, des afro-descendants avaient le droit de crier à l'appropriation culturelle et de protester pour que le spectacle SLAV soit annulé. Qu'ils aient raison ou tort, Robert Lepage n'a jamais été menacé de prison, on est restés hors des questions juridiques et criminelles, parce que Lepage n'avait pas enfreint les limites de la liberté d'expression. (Notez que si les protestataires avaient écrit des menaces de mort à Lepage, c'est eux qui auraient été passibles de poursuite criminelles, car leur liberté d'expression aurait empiété sur le droit à la sécurité de Lepage.)

Cette histoire ouvre quand même une porte à d'autres plaintes du genre. 

Je n'en ai pas l'impression. La loi sur la pornographie juvénile existe depuis longtemps et n'a à peu près jamais servi pour des textes littéraires. Fallait quand même un texte extrême, dans une collection dédiée à l'extrême pour enfreindre les critères d'une des rares lois criminelles qui balisent la liberté d'expression. (Si ça se trouve, les policiers reçoivent souvent des plaintes de gens qui trouvent que des textes vont trop loin, mais on en entend jamais parler parce qu'aucune loi n'est enfreinte et ça revient juste à une question de goût.)

N'empêche... On est rendus là!

Ce qui me fascine avec cette affirmation "On est rendus là", c'est que les gens qui l'écrivent veulent dire "On est rendus tellement bien pensants qu'on arrête un écrivain qui a décrit explicitement des viols d'enfant dans son roman". Alors que moi, historienne, je lis "On est rendus tellement libres de créer ce qu'on veut que des gens ont pensé qu'on pouvait décrire explicitement un viol d'enfant et s'en tirer sans problème."

Remarquez, du point de vue de la liberté de création, c'est magnifique d'être rendus à croire qu'aucune loi ne s'applique au contenu de la fiction ou, en tout cas, qu'aucune loi ne devrait s'appliquer. Je suis heureuse de vivre à cette époque-ci!

Malheureusement, et cette affaire-ci nous le rappelle brutalement, c'est faux. Nous devons encore éviter les atteintes à la réputation, les appels à la haine... et la pornographie juvénile. La suite de l'histoire nous indiquera si ce troisième interdit sera, à l'avenir, maintenu ou abandonné ou plus nettement encadré.

MISE À JOUR : J'ai oublié un autre truc interdit : (parlez-moi de l'éléphant au milieu du salon!) le plagiat. Vous n'avez pas le droit d'écrire une fiction qui est la copie de celle d'un autre auteur. Mais bon,j'pense que cet interdit-là, depuis l'affaire Robinson, on était au courant. 

MISE À JOUR 2 : Je ne suis même pas sûre que j'ai le droit de citer ceci, n'étant pas avocate, mais quand je parle de jurisprudence (à une occasion plus haut dans le texte), c'est à ce jugement que je fais référence. Il m'a été mis sous les yeux par quelqu'un qui semblait mieux connaître le sujet que moi. Il ne concerne cependant pas la littérature et vous verrez que la question des intentions de "l'artiste" est prise en compte par certains juges et non par d'autres. Et l'article du Code criminel est là. À part ça, j'ai lu des articles de vulgarisation. Je n'ai pas fait une recherche exhaustive de la jurisprudence, parce que je ne suis pas formée pour le faire... Pis j'ai un roman à écrire! (Maintenant que je sais ce que je peux y mettre...)

MISE À JOUR 4 : Vous vous demandez qui a écrit ce texte? Réponse ici

MISE À JOUR 6 : Les commentaires de ce billet ne sont pas fermés, mais je me réserve le droit de ne pas publier ceux qui répéteraient des commentaires déjà faits ou m'obligeraient à répondre en répétant le contenu du billet. Si je ne vous ai pas convaincus, c'est sans doute parce que je n'essayais pas (j'essayais de me rassurer moi-même au sujet des impacts de cette affaire). Et puis, un moment donné, j'ai des romans à écrire! ;) 

mercredi 22 novembre 2017

Les fausses idées sur le minimalisme

Mon chum et moi avons un mode de vie plutôt minimaliste... enfin, autant qu'il est possible d'être minimaliste quand on a une grande maison en banlieue. Disons que le fameux "En as-tu vraiment besoin?" qui a transformé un comptable en célébrité, ben on l'applique depuis longtemps.

Souvent, quand je parle de notre mode de vie, les gens me trouvent bizarres. Et quand je suggère à certaines personnes (surtout des amis surendettés) d'essayer d'adopter certaines solutions minimalistes pour se faciliter la vie, les objections fusent. Des objections nées de fausses idées...

1) Je ne peux pas être minimaliste, je tiens trop à...

Mon cellulaire, ma coiffeuse, nos deux voitures, nos sorties au restaurant, notre collection de films, nos voyages... La liste des choses que les gens ne s'imaginent pas capable de couper est très longue. Trop longue. L'idée derrière le minimalisme n'est pas d'éliminer tous les petits luxes et les plaisirs et de garder uniquement le strict nécessaire pour vivre! L'idée, c'est de ne garder que ce qui est essentiel à votre bonheur.

Le principe est simple : contrairement à ce que les agences de publicité tentent de nous faire croire, on ne peut pas tout avoir dans la vie. Pour éviter de s'endetter, il faut donc s'efforcer d'obtenir uniquement ce qu'on veut vraiment. Seriez-vous prêts à payer moins cher pour votre cellulaire, quitte à vous passer d'un forfait de données, pour pouvoir conserver vos sorties au restaurant? Votre collection de films, êtes-vous prêts à la prêter à un ami qui vous donnerait, en échange, libre accès à sa bibliothèque? Vous avez besoin de deux voitures, d'accord, mais est-ce qu'il faut absolument que ce soit deux gros modèles? Peut-être que l'une des deux pourrait être une sous-compacte, moins chère, plus économique et écologique... Au lieu de payer le gros prix pour un restaurant, un massage, une coiffure, peut-être y a-t-il possibilité d'exploiter les écoles de métier qui se trouvent à proximité? (Ça demande un peu de recherche, mais ensuite vous pouvez souvent obtenir des services professionnels pour une fraction du prix.) Ou alors, peut-être y a-t-il certaines choses que vous pouvez apprendre à faire vous-mêmes? (Changer ses pneus, c'est pas si compliqué!)

Être minimaliste, au fond, ça se résume à effectuer une série de choix, qui permettront au bout du compte d'effectuer le choix ultime : travailler moins ou moins longtemps ou dans un emploi moins payant mais plus gratifiant. (En passant, tous les auteurs que je connais appliquent certains principes du minimalisme).

2) Si tout le monde était minimaliste, l'économie s'effondrerait.

Non, mais c'est vrai qu'elle devrait se réajuster. Les minimalistes n'aiment pas s'endetter ou surconsommer et ils essaient d'acheter des produits durables et respectueux de l'environnement, quitte à les payer plus cher. Entre vous et moi, si tout le monde faisait pareil, les industries seraient obligées de s'adapter et la planète se porterait rapidement mieux! (Pis quand on cherche un produit durable, ils seraient plus faciles à dénicher!)

3) Les minimalistes ne payent pas d'impôt et si tout le monde les imite, l'État va faire faillite.

Mais non! Être minimaliste ne veut pas dire être pauvre ou vivoter sur le bras de l'État. Oui, il y a des minimalistes extrêmes qui n'achètent jamais d'objet neuf ou qui plongent dans les poubelles de centre d'achat à la recherche de leur nourriture, mais ce sont des cas rares (et trop publicisés à mon goût). Quelqu'un peut gagner beaucoup d'argent (et payer beaucoup d'impôts) et être minimaliste. La caractéristique principale du minimaliste, c'est qu'il ne dépense pas plus que ce qu'il gagne et qu'il s'efforce de faire des économies pour parer aux coups durs. Il a aussi tendance à avoir des loisirs sportifs ou créatifs qui ne lui coûtent pas très cher et qui le maintiennent en bonne santé physique et mentale.

Et savez-vous quoi? Des gens moins stressés par leur travail et leur endettement, plus en forme physiquement et mentalement, ben au bout du compte, ça va voir le médecin moins souvent et ça coûte moins cher à l'État.

4) J'ai des enfants et Noël s'en vient, alors le minimalisme, hein...

L'idée derrière le Noël minimalisme, c'est "Donner peu, mais donner mieux" (à moins qu'inonder vos proches de cadeaux fasse partie de vos priorités pour assurer votre bonheur... voir le point 1 ci-haut!). Évidemment, si vos enfants sont habitués à recevoir un déluge de gogosses du Dollorama dans leurs bas de Noël et trois-quatre gros cadeaux sous le sapin, couper tout ça drastiquement risque de faire mal. Par contre, vous pouvez déjà commencer à réduire les quantités petit à petit et, surtout, à changer la nature des présents. Acheter un seul gros cadeau de type "jouet" et, pour le reste, se concentrer sur des trucs créatifs ou réutilisables, comme du matériel d'art, des livres, des jeux de société, des casses-têtes, de l'équipement de sport (traîneau, patins, ballons, raquettes, etc).

Pour les cadeaux aux adultes qui nous sont chers, on tente en premier d'en réduire le nombre (le troisième cousin de la fesse gauche qu'on voit une fois par an, on est ptêt pas obligés de lui donner quelque chose), puis de se concentrer sur des petits cadeaux significatifs (petit montant sur une carte-cadeau de son café préféré, un livre, une bonne bouteille de vin, un signet personnalisé, une tasse élégante ou amusante, du thé, de la bouffe maison, etc) en pensant à des trucs personnalisés, durables, réutilisables ou, au contraire, consommables. Bref, on évite d'acheter 24 plats de service qui iront prendre de la poussière dans leurs armoires. Ou d'investir des gros montants qu'on n'a pas.

Et, surtout, on prend le temps de réunir tous ceux qu'on aime autour de la table pour le souper, le brunch, le dîner, le déjeuner, un cocktail, un café... Bref, on passe du temps avec eux au lieu de dépenser de l'argent qu'on n'a pas (et de les forcer à faire pareil).

Le minimalisme, c'est pas compliqué, c'est pas douloureux, c'est pas extrême, ça ne menace ni l'économie, ni le gouvernement, ni la magie de Noël. La seule chose que le minimalisme risque de mettre sérieusement à mal, c'est votre compagnie de crédit. Avouez que vous en brailleriez pas! ;)

Quelles autres objections en défaveur du minimalisme avez-vous entendues?

vendredi 27 octobre 2017

Assurance maladie grave

Petit post un peu technique aujourd'hui. Qui ne concerne vraiment que les travailleurs autonomes à faible revenus que sont les écrivains.

Récemment, mon chum et moi avons annulé l'assurance vie et l'assurance invalidité qui était accolées à notre prêt hypothécaire, parce que les sommes en jeu n'en valaient plus la peine : une vraie assurance vie sera plus payante en cas de besoin (en plus de coûter moins cher par mois) et l'assurance invalidité que mon chum possède avec son emploi est plus avantageuse. Nous nous sommes ensuite mis à la recherche de produits de remplacement.

Le volet de l'assurance vie a été relativement vite réglé : nos finances étant saines, on veut seulement que, si l'un de nous deux décède pendant qu'Éliane est encore dépendante financièrement, l'autre reçoive un montant d'argent lui permettant de souffler pendant quelques années. Alors on s'est pris chacun une petite couverture temporaire pour les 20 prochaines années. (Et on a soigneusement ignoré les conseils du vendeur qui nous poussait à prendre un montant assurant, pour le reste de nos jours!, un remplacement complet de nos salaires... qu'on ne dépense déjà pas en entier!)

Par contre, nous nous sommes ensuite retrouvés devant un problème épineux : si jamais je tombais gravement malade, qu'allions-nous faire? Entendons-nous, ce n'est pas la perte de mon salaire annuel qui mettrait nos finances en danger, mais plutôt les jours de travail que Vincent pourrait manquer, les frais de garderie qui augmenteraient, l'aide à domicile qu'il nous faudrait (parce que le lavage, la vaisselle et la bouffe ne se font pas tous seuls!), etc. Étant donné mon salaire et mon statut de travailleuse autonome, une assurance invalidité était hors de question (pour des primes mensuelles qui m'auraient mangé 20% de mon revenu, j'aurais eu droit à quelques années d'une rente équivalant à 50% de mon revenu... j'vous laisse faire les maths).

J'ai donc effectué quelques recherches (parce qu'il est toujours mieux de savoir ce qu'on veut AVANT de parler avec un vendeur d'assurances) et je suis tombée sur un concept très intéressant : l'assurance maladie grave. En gros, c'est une assurance qui vous verse un montant d'argent fixe (typiquement entre 25 000 et 75 000) si jamais on vous diagnostique un cancer, la sclérose en plaque ou une autre maladie invalidante (mais pas nécessairement mortelle) du genre ou encore si vous êtes victimes d'un malaise cardiaque ou cérébral.

La beauté de cette assurance : les primes sont relativement basses (parce que le montant ne sera versé qu'une seule fois) et la couverture dépend de votre contrat, pas de votre revenu. On s'entends-tu que, quand on vit de sa plume, la perspective de recevoir 25 000$ en cas de maladie grave, ça nous enlève ben des inquiétudes? (pis comme c'est non imposable, ça tofferait longtemps!)

Bref, je me suis tournée vers cette formule-là pour m'assurer un peu de paix d'esprit. Et là je partage la bonne nouvelle parce que si vous êtes dans le même genre de situation que moi (travailleur autonome sans assurance avec un enfant à charge), ça pourra peut-être vous être utile.

vendredi 11 août 2017

Le 12 août je... pars en vacances

Depuis ses débuts, je suis une grande fan de la journée "le 12 août j'achète un livre québécois".

Mon seul problème avec cette journée, c'est qu'elle a tendance à mal tomber.

Parce que comme j'ai accouché lors de la première édition, depuis ce temps-là, je passe mon 12 août à célébrer les anniversaires de ma puce! Hihihihi! En plus, cette année, le 12 août marquera le début des vacances en famille, alors...

Qu'à cela ne tienne, j'ai fait mon magasinage à l'avance!

Cette année, je me suis gâtée en achetant trois titres que je voulais depuis longtemps (parce que tout le monde en a parlé et qu'ils sont bardés de prix, alors ma curiosité est piquée), mais que je n'avais pas encore eu le temps de me procurer, c'est à dire "La femme qui fuit" d'Anaïs Barbeau-Lavalette, "Le plongeur" de Stéphane Larue et "L'affaire Mélodie Cormier" de Gullaume Morrissette. Deux romans de littérature générale et un roman policier. Pas de roman de science-fiction ou de fantastique... on se demande ben pourquoi, hein? ;)

Évidemment, il y aura aussi des livres québécois parmi les cadeaux de fête de ma puce. (Deux albums de la série "Cajoline", soit "Fini les colères" et "Le partage"... hé que c'est le fun qu'elle soit encore à l'âge où ça ne lui dérange pas que ses lectures lui passent des messages pas subtils! lolol!)

Et vous, qu'allez-vous acheter lors du 12 août? Si vous voulez des idées, signalez-vous dans les commentaires, j'suis sûre qu'on pourra vous aider!

Cela dit, demain, je plie bagages (pour aller pique-nique au parc) et je ne promets donc rien pour la fréquence de parution des billets dans les trois prochaines semaines!

Pour me faire pardonner, je vous laisse sur une photo de la puce, prise dans la plus grande discrétion (ça explique le cadrage incluant un gros bout de mur blanc) pour ne pas la déranger alors qu'elle est occupée à une activité qui fait fondre mon cœur de maman-écrivaine :

Elle lit une histoire à son gros ours!

lundi 3 octobre 2016

Concours d'écriture!

Vous voulez écrire, mais vous ne savez pas par où commencer?

Et si vous commenciez par une petite nouvelle de 1000 mots?

Ensuite, vous pourriez la soumettre au concours de l'Ermite de Rigaud. :)

Les prix sont sympathiques, le juge aussi, et ça commence à être une tradition bien établie dans le petit milieu de la blogosphère SFFQ! :)

Date limite : 1er novembre.

(PS : J'ai l'air de faire de la pub pour le concours, mais en fait je me sers de ce billet comme d'un rappel à moi-même pour ne pas oublier de participer! Hihihihi! ;)

jeudi 22 octobre 2015

Solution simple contre le "phishing"

Vous connaissez le phénomène du "phishing"? Ces faux courriels de banques, hotmail, Paypal, ITunes et autres qu'on vous envoie avec un lien vous demandant de "vérifier vos informations", souvent sous la menace que vos comptes soient désactivés?

Ils commencent à être de mieux en mieux fait. Avant, il suffisait d'examiner la qualité du français ou l'adresse de l'expéditeur pour percer le subterfuge à jour.

Mais l'autre jour, j'ai reçu un courriel de "supposément Paypal" qui m'a fait me poser des questions. L'adresse d'expédition était un peu louche, mais elle contenait bien "paypal" dans son nom. Le français était bon. Le loge de l'entreprise était présent. Le lien sur lequel on voulait que je clique semblait, selon l'adresse affichée en "mouse over", mener à une page qui aurait pu faire partie du vrai site.

Hum...

Puis mes yeux se sont posés sur l'adresse à laquelle le message avait été expédié. Il faut que vous compreniez : j'ai trois adresses courriel, même si tous les messages atterrissent dans une seule boîte. Il y a l'adresse que je donne sur le blogue et dans tous les endroits où je me doute qu'on va m'envoyer un milliard d'infolettres (et pour laquelle le filtre anti-SPAM est au maximum), une que mes amis possèdent et qui sert aussi à mes communications professionnelles et une, la plus ancienne, que personne ou presque ne connaît, sauf mes institutions financières.  

Et le courriel douteux ne s'adressait pas à cette dernière adresse. C'était donc du phishing.

Devant la bonne facture du courriel, j'ai été pas mal contente d'avoir, malgré moi, mis en place ce moyen simple d'éviter de me faire prendre.

Alors je le partage, d'un coup que ça vous tenterait de m'imiter. Je sais pas comment ça marche avec les autres fournisseurs, mais avec Outlook/Hotmail, c'est simple en mautadine de se créer des adresses liées. Le plus compliqué sera de changer vos adresses auprès de votre banque.

Je rêve au jour où le phishing ne sera plus rentable et passera de mode. Je n'aime pas le style d'écriture des princes algériens en exil! :p

vendredi 1 août 2014

Avez-vous 5 minutes pour sauver une vie?

L'histoire de Joël Champetier, pour ceux qui le ne connaissent pas, est peut-être moins attendrissante que celle de Mai Duong, la jeune mère de famille vietnamienne dont on a tant parlé.

Joël, la cinquantaine, n'a pas d'enfant, c'est un écrivain et un scénariste qu'on ne connaît pas autant qu'il le mériterait, ainsi que l'actuel (et parfois redouté) directeur littéraire de Solaris.

Mais c'est un mari dévoué et aimant, ainsi que le grand frère spirituel ou l'oncle inspirant de toute une génération de jeunes écrivains, parmi lesquels je suis fière de pouvoir me compter.

Sa quête est la même que celle de la jeune vietnamienne : atteint de leucémie, il cherche présentement un donneur de cellules souches génétiquement compatible.

Jusqu'à maintenant, les recherches dans sa famille et dans les banques de donneurs ont échoué.

Alors si vous lisez ceci, que vous avez entre 18 et 35 ans et que vous êtes en bonne santé, suivez donc ce lien et inscrivez-vous au registre des donneurs de cellules souches d'Héma-Québec.

S'inscrire comme donneur potentiel n'engage à presque rien : on vous enverra des Q-Tips que vous devrez vous passer à l'intérieur des joues et retourner à Héma-Québec. Les chances qu'on vous appelle au cours de votre vie, pour Joël ou un autre, sont minimes, car il est difficile de trouver deux personnes compatibles. Et, dans la majorité des cas, si jamais on vous appelle ce ne sera pas pour un don de moelle osseuse (une procédure invasive), mais bien pour un don de cellules souches, ce qui s'apparente à un simple don de sang.

L'inscription au registre prend un gros 5 minutes. Je le sais : je viens de le faire.

Alors, dites-moi, avez-vous 5 minutes pour sauver une vie?

MISE À JOUR :
On cherche en particulier des gens ayant comme ancêtres:
- des HARTON du bas du Fleuve ou d'Allemagne
- des LAFRANCE
- des CHAMPETIERS de FRANCE
- des DEIDIER de FRANCE
Contactez Héma-Québec par internet ou au 1-800-565-6635 si vous avez entre 18 et 35 ans et êtes en bonne santé.

mercredi 9 juillet 2014

Un concours pour les écrivains jeunesses en devenir

Avis à tous ceux qui rêvent d'écrire des romans jeunesse, mais qui, pour le moment, n'ont pas publié de livre : il existe un concours juste pour vous!

En effet, chaque année la revue Lurelu organise un concours de nouvelles destinées à un jeune public. Les prix sont alléchants!

Comme beaucoup d'écrivains (à ce que j'ai compris), j'ai appris l'existence du concours après avoir publié mon premier roman! Alors là je partage l'information. Parce que le lectorat de Lurelu (qui compte pas mal d'éditeurs jeunesse) est toujours à l'affût des bonnes plumes dans le domaine de la littérature jeunesse. Le concours est donc une excellente façon de se faire connaître.

Vous avez jusqu'au 31 août pour participer!

Tous les détails sont ici : http://www.lurelu.net/concourslitt.html

Ah, avant que certains ne se plaignent : évidemment, pour participer, il faut s'abonner à la revue. Mais si vous trippez littérature jeunesse et que vous n'avez jamais mis le nez dans un Lurelu, vous manquez vraiment quelque chose!

samedi 14 janvier 2012

Message aux utilisateurs de Blogger - Mise à jour

Si vous avez soudainement moins de commentaires que d'habitude, il est possible que ce soit parce que vous utilisez les commentaires en format "Message ci-dessous intégré".

Personnellement, je ne peux plus commenter sur les blogues qui utilisent cette mise en page (soit ceux d'Isa et de Prospéryne) : les pages ne s'affichent pas.

Alors si vous constatez ce problème sur votre blogue, allez dans vos paramètres, onglet "commentaires" et sélectionnez un autre format.

Et voilà, problème réglé! :)

jeudi 25 mars 2010

Faire du bénévolat pour son employeur

Une connaissance, offusquée, m'a raconté, en fin de semaine, que malgré le fait qu'elle arrive une demi-heure plus tôt chaque jour au boulot (sans l'inscrire comme du temps supplémentaire) elle a dû rendre des comptes lorsqu'elle a décidé de quitter une heure plus tôt un vendredi soir sans le mentionner sur sa fiche de paie.

Alors qu'elle était estomacquée de ce qu'elle qualifie comme de l'ingratitude de la part de son employeur, moi je suis plutôt tombée sur le cul en constatant sa propre naïveté. Jamais elle n'a inscrit les quelques deux heures qu'elle faisait en surplus à chaque semaine comme du temps supplémentaire. Parce que, m'a-t-elle dit, ça lui faisait plaisir de les faire et elle considérait donc qu'elle n'avait pas à se faire payer pour.

Tout le monde, semble-t-il, était au courant qu'elle faisait ces heures, mais aucune preuve "bureaucratique" de leur réalité n'a été consignée. Ainsi, lorsqu'elle a décidé de raccourcir sa journée de travail pour allonger sa fin de semaine, l'employeur, qui a trouvé que c'était un mauvais exemple, a eu beau jeu de lui tomber dessus.

Voilà qui confirme ce que j'ai toujours pensé : ne donnez rien à votre employeur, surtout pas votre temps. Si vous voulez faire du bénévolat, faites-le pour quelqu'un qui ne pourrait pas vous payer.

mercredi 24 février 2010

SOS Jean-Louis Trudel

Aidez Jean-Louis Trudel à récupérer son statut d'individu unique sur Facebook.

Cliquez ici, lisez son billet et signalez l'imposteur à Facebook.

Soit dit en passant, j'ai tu dit que j'aimais pas Facebook?

Addendum
Pssst! Le sujet du jour est plutôt ci-dessous, si y'a des intéressés par mon coup de gueule d'aujourd'hui... 

Re-Addendum
Il semble que les choses se soient placées pour Jean-Louis

mercredi 11 novembre 2009

Pas besoin d'écouter la fin

Quand on vous pose une question qui commence de la façon suivante :

"Heille, toi qui est (insérez ici votre spécialité : historien, écrivain, programmeur...) peux-tu me dire..."

Vous n'avez pas besoin d'écouter la fin de la question. La réponse est claire : non, vous ne pourrez pas dire à cette personne ce qu'elle veut savoir. Seule une encyclopédie/un dictionnaire/un manuel de programmation ou, dans les pires cas, une cartomancienne pourrait connaître LE détail que la personne désire connaître.

En fait, elle veut même pas le connaître, elle veut juste vous prouver, d'ordinaire devant une tablée de collègues ou pendant un souper de famille, que vous avez étudié pour rien.

Mais au moins vous, avec vos études inutiles, vous ne confondez pas une historienne avec une paléontologue...