lundi 7 novembre 2022

Salon du livre de Montréal, puis ralentissement

Comme chaque année, après une belle récolte de citrouilles, je constate que le salon du livre de Montréal approche à grands pas! Et j'ai hâte! Mon horaire de dédicaces sera chargé (vous pouvez le consulter ici), partagé entre mes trois éditeurs : Alire, les Six Brumes... et KO/Phoenix qui renaît de ses cendres (c'est thématique au moins!). Je serai donc présente au salon tous les jours, mais souvent une heure ou deux à la fois seulement (sauf le samedi, où je fais garder ma fille pour pouvoir fêter dignement la reprise des événements en personne!). 

Ce salon marquera la fin du rush de fou que l'automne a constitué pour moi. Une période de frénésie à laquelle j'étais mal préparée : l'été avait été occupé, sans vrai repos, alors le stress et la fatigue me sont rentrés dedans comme jamais. 

J'ai donc décidé de ralentir pour décembre et janvier. J'ai refusé quelques offres, mis fin (la mort dans l'âme) à ma disponibilité pour être bénévole à l'école de ma fille, évité d'envoyer des dossiers pour certaines ouvertures... 

C'est dur comme travailleuse autonome de dire "non". J'ai toujours peur que les offres ne reviennent pas. De découvrir, dans deux ou trois ans, que je n'ai plus d'argent, que je dois reprendre un boulot alimentaire, alors que si j'avais accepté ce contrat-là...

Mais faut apprendre à équilibrer angoisses pour le futur et soins du présent. Et mon corps, en ce moment, m'envoie plusieurs signaux qu'il n'en peut plus. Je fais des œdèmes et des urticaires que notre système de santé surchargé ne sait pas trop comment régler. À date, me reposer semble être le meilleur remède. Je vais donc m'y employer. 

Et, qui sait, écrire un peu... ;)

mardi 18 octobre 2022

Fractale citrouille 2022

 


Oyez! Oyez!

Octobre est à nos portes et, conformément à la tradition, la Citrouille Fractale réclame vos offrandes. 

Vous avez donc 31 mots, pas un de plus, pas un de moins, pour nous faire rire, frissonner, grimacer, sur le thème de la peur de l'étrange de l'horreur... c'est l'Halloween, amusons-nous! 

(Les commentaires de ce billet resteront ouverts jusqu'au 1er novembre.)

mardi 11 octobre 2022

Salon du livre de l'Estrie

En fin de semaine, me voilà de retour au Salon du livre de l'Estrie! Premier salon en présentiel depuis la pandémie! J'ai hâte!!! Même si ça va aussi être le premier salon où j'amène ma puce. Gloups. Souhaitons-lui bonne patience.

Mon horaire : 


Ça c'est au kiosque 6-7 (éditions Alire). Si jamais vous me manquez de peu, venez jeter un oeil à côté, au kiosque 8, chez les Six Brumes, j'y serai le samedi jusqu'à 17h30 et le dimanche jusqu'à 13h!

Méthode alternative pour me repérer dans le salon : dites très fort "moi j'aime pas les dragons" et suivez les cris de fillette indignée, je devrais être juste à côté. :p 

jeudi 6 octobre 2022

Automne intense

Je sais que je suis pas super originale, mais l'automne est vraiment ma saison préférée. Les jours rafraîchissent, mais il fait encore bon de flâner dehors, les nuits froides invitent à se coller sous la couette avec l'amoureux, les arbres se parent de leurs plus belles couleurs, les étals du marché débordent de légumes frais...

J'ai juste envie de ralentir, de passer la journée à lire emmitouflée dans une grosse veste, de cuisiner des plats mijotés qui vont embaumer la maison...

Mais, d'un début d'automne à l'autre, je ne peux rien faire de tout ça! Tandis que la Nature ralentit et somnole, je dois enclencher la vitesse supérieure : préparer la rentrée de la puce à l'école, mettre la touche finale aux titres à éditer ou à publier, planifier les ateliers, donner les ateliers, planifier les salons, assister aux salons, aux lancements, faire de la promotion sur les réseaux sociaux... 

C'est déjà intense d'habitude, mais cette année, c'est exceptionnel : ayant participé aux numéros d'été et d'automne de Solaris et publiant mon roman entre les deux, sans compter la prévente des Six Brumes parce que j'ai également une nouvelle dans un de leur collectif, me semble que ça fait des semaines que je suis en permanence en mode "promotion". Et en coulisse, je travaille à l'édition de quatre romans... 


Si mon roman vous intrigue, Alire a publié une entrevue en trois parties à son sujet. C'est ici : première, deuxième et troisième partie. 

À paraître

Ouf! Je ne me plains pas : être aussi occupée, ça tombe dans la catégorie des "beaux problèmes", mais j'ai hâte que le salon du livre de l'Estrie soit passé, histoire que ça se calme un peu!

J'espère qu'il y aura encore des feuilles dans les arbres...

lundi 26 septembre 2022

Tant qu'à être damnée...

Le Mouroir des anges paraîtra la semaine prochaine chez Alire. 

Entre deux moments d'exaltation, j'ai parfois des poussées d'angoisse. 

Voyez-vous, ce roman met en scène un trio de personnages créés en 2012, bien avant qu'on parle d'appropriation culturelle et de l'absence de diversité parmi les artistes québécois et dans les produits culturels du Québec. L'une de mes personnages est une québécoise "de souche" (quoiqu'à demi-Irlandaise), l'autre une Japonaise. Le dernier est Noir. 

En écrivant ces personnages, je représentais le monde tel que je le voyais : j'ai toujours vécu dans la banlieue montréalaise, dans des quartiers plutôt multi-ethniques et j'avais envie de mettre en scène des personnages qui font écho à mon quotidien. Je voulais aussi, avec mon personnage japonais, exploiter les années de recherche faites pour écrire mes Hanaken (non mais! lol!).

J'ai consulté mon ami.e Noir.e (iel existe pour vrai, vous en faites pas) pour ne pas dire trop de niaiseries, en sachant que ce ne serait pas parfait. Qu'il doit rester des clichés racistes et des micro-agressions ou des propos que des gens jugeront qu'il n'était pas ma place de tenir. J'ai eu la tentation, au dernier moment, de passer une couche de peinture blanche sur tout ça. Après tout, ça ne changerait pas grand chose à l'histoire. 

Et puis je me suis dit que non, justement, c'est parce que ça ne changeait pas grand chose que ça devait rester. Parce qu'on reproche souvent à la littérature québécoise d'être uniformément blanche. 

Damned if you do, damned if you don't. 

J'en suis venue à la conclusion que tant qu'à être damnée, je préfère que ce soit en essayant de faire mieux, quitte à me planter, plutôt qu'en restant cantonnée dans mon confort.

J'espère que ce sera reçu ainsi. Si c'est pas le cas, si je vous ai blessé, venez m'en jaser. Je ne pourrai pas changer ce roman-là, mais je vous promets de faire mieux avec le prochain.

mardi 20 septembre 2022

Noms de personnage et argument d'autorité

Il y a un élément sur lequel j'insiste souvent en direction littéraire : l'importance d'utiliser des noms de personnage (ou de lieux importants ou de race, etc) facilement différenciable au premier regard. Parce que beaucoup de bons lecteurs lisent les mots "en bloc" plutôt que lettres à lettres, alors après quelques pages Anastasia et Améliana risquent de se confondre, de même que Neige et Nébule, Robert et Roger, etc. 

La manière la plus simple pour introduire une distinction, c'est de varier les premières lettres des mots. Ou, à défaut, d'avoir des différences de longueurs marquées (on confondra rarement Bob et Beaumarchais). 

Ces trucs m'ont été donnés par un prof de cégep et ils me suivent depuis. 

Un jour, la provenance de cette notion, alors que je suggérais un changement de nom de personnage, a été ridiculisée. Ben voyons, insister pour utiliser des trucs de cégep dans une direction littéraire professionnelle d'un auteur qui n'en est pas à ses premières armes!

Je n'avais pas insisté. Tant pis pour les lecteurs que ça embrouillerait. 

Mais récemment, j'ai écouté une entrevue avec Margaret Atwood où elle donnait EXACTEMENT ce même avis : il faut utiliser des noms aisément différenciables. Et les mêmes trucs pour éviter l'écueil. 

Bon, dorénavant, je ferai appel à l'argument d'autorité. Les trucs, dirai-je, viennent de Margaret Atwood. Je vais arrêter de mentionner mon prof de cégep. 

Même si c'était Claude Beausoleil. 

lundi 29 août 2022

Densification et vie de famille

Alors que je travaille dans le coin du salon qui me sert de bureau, des écouteurs sur les oreilles, et que ma fille regarde la télé à deux pas de moi (elle aussi avec des écouteurs), permettez-moi une réflexion plus urbanistique que littéraire... 

(En fait, je m'excuse surtout pour d'éventuels nouveaux venus sur le blogue, les autres étant habitués que j'y jacasse de sujets d'actualité.)

Voyez-vous, on parle beaucoup de l'importance de densifier les villes ces temps-ci. Des bienfaits pour l'écologie et pour la qualité de vie des gens.

Malheureusement, ce deuxième aspect n'est pas souvent cru. On voit beaucoup de commentaire comme "je ne veux pas vivre dans une tour" (voire "dans une cage à lapin") ou "on va pas s'empiler les uns sur les autres pour faire plaisir aux urbanistes" (vous préférez attendre sur les routes pour faire plaisir aux vendeurs de char?) et mon préféré "c'est joli vivre dans petit quand on est célibataire, mais avec une famille ça prend une cour". 

J'aimerais ça vous en parler quelques minutes, de cette idée (très privilégiée) qu'élever une famille ça prend une cour (comme si y'avait pas plein de gens qui avaient des enfants dans des logements!). Parce que, voyez-vous, j'ai déjà pensé de même moi aussi. J'ai grandi dans une maison de banlieue avec cour et sous-sol. Puis j'ai passé mes années d'étudiantes dans un trois et demi pourri en demi-sous-sol avec pas de cour pis des voisins bruyants. Je m'étais dit que jamais plus je ne vivrais avec des voisins au-dessus ou à côté. 

Je me suis acheté une grosse maison : quatre chambres, trois salles de bain, un sous-sol, une cour... J'ai eu ma fille. J'ai eu des dégâts d'eau. J'ai passé des fins de semaine à entretenir le terrain. À faire le ménage. À peindre des murs. Changer des toilettes vieillissantes. À magasiner le déneigeur, le tondeur de gazon, l'installateur pour la fenêtre à changer ici puis là... À envisager d'installer une piscine dans la cour, mais à reculer devant les coûts et les tâches que ça ajouterait... Chaque fois que je voulais sortir jouer dans ma cour avec ma fille, j'étais confrontée à une tâche ou une autre qui était à faire ou n'était pas faite ou alors au fait qu'il y avait pas de balançoire ou de banc ou d'autres équipements pour elle, parce qu'on avait jamais le temps ou le budget ou juste l'énergie de s'en occuper...

Et puis, j'ai divorcé. Je n'avais plus les moyens d'avoir une maison. De toute manière, j'en avais ras-le-bol de l'entretien que ça exigeait.

Alors je me suis magasiné un condo. Récent ou bien entretenu. Bien situé. Bien insonorisé. Géré par une firme externe (c'est plus cher, mais je ne voulais pas avoir à négocier avec mes voisins quand les fenêtres seraient à changer). Exposé au sud parce que je voulais de la lumière. J'ai pas pris le plus grand ou le plus cher, mais vraiment celui qui allait le mieux avec mes critères. 

Et j'ai aménagé avec ma puce dans mon condo actuel, un rez-de-chaussée avec une grande terrasse, et une piscine, et des parcs partout autour. Mon chum est venu nous rejoindre... Pis mon seul regret c'est de ne pas avoir vécu ça avant! Un condo, c'est pas comme un appartement. À moins de tomber sur un citron, c'est mieux insonorisé. Et c'est chez nous! On l'améliore à notre goût!

Ok, pendant le quinze minutes de rush du matin (ou quand l'un de nous pogne la covid), j'aimerais bien avoir une salle de bain supplémentaire. Mais c'est tout. (Pis ça existe les condos avec deux salles de bain, j'avais juste pas pensé à mettre ça dans mes critères). 

Le reste du temps, on a toute la place qu'il nous faut. Faire le ménage ou l'entretien du condo, c'est trente minutes par semaine. Ça laisse beaucoup de temps pour aller au parc, profiter de la piscine, lire, relaxer... Je suis beaucoup plus souvent dehors depuis que je vis dans plus petit et c'est bien meilleur pour ma santé physique et mentale. Et comme j'avais magasiné mon quartier, je suis bien placée pour faire mes courses sans voiture, ainsi que pour accéder au transport en commun. 

Est-ce qu'il y a eu des jours de pluie ou de tempête de neige où on ne pouvait pas sortir et où je voulais hurler parce que ma puce aurait marché au plafond si elle l'avait pu? Ben oui. Est-ce que j'ai eu le réflexe de me dire "Ah, si seulement j'avais encore un sous-sol?" Ben oui. Mais en toute honnêteté, des journées de même ça arrivait aussi quand on avait un sous-sol! 

Bref, ça se fait élever une famille (ou entk, un enfant) dans un condo. J'ai même l'impression que c'est plus facile que dans une maison, parce qu'on a plus de temps à y consacrer. Et en allant au parc plutôt que dans ma cour, y'a plus de chance que ma fille tombe sur une amie avec qui jouer!

Oui, ça demande des aménagements. Le principal, selon moi : des écouteurs (voir le paragraphe d'introduction). Pour tout le monde. Pis une manière d'en brancher deux paires dans la télé pour pouvoir écouter la télé en amoureux quand les enfants dorment (ma solution low tech, c'est un looooooong fil audio pis un diviseur qui m'a coûté deux piasses, mais y'a aussi des coûteux bidules sans fil qui permettent la même affaire). Parce qu'avoir notre intimité, c'est souvent beaucoup plus une question de quiétude que d'espace. Une gestion raisonnée des possessions matérielles, ça aide aussi. (Je ne fais pas de ski? Pourquoi je les garderais alors? J'ai lu ce livre et je ne le relirai pas? Passons au suivant.)

En plus, vu l'état de la planète et du marché immobilier, on est ptêt mieux d'habituer tout de suite nos enfants à la densification, à la gestion serrée des ressources et à l'appréciation des aménagements communs. Sinon, le choc sera bien pire pour eux.