lundi 16 mai 2022

Prix Solaris 2022!

Peu de temps après avoir commencé à publier, je m'étais lancé un défi : gagner un prix Solaris. 

À l'époque, ça me paraissait inatteignable. La compétition est féroce : des textes moins nombreux qu'au prix de la nouvelle Radio-Canada ou à d'autres concours, mais qui proviennent souvent d'habitués de la revue, d'écrivains professionnels...

Qu'à cela ne tienne, depuis 2014, je me suis essayée presque chaque année. Mes textes ont été remarqués et publiés dans la revue, mais je n'arrivais pas à remporter la palme. Un prix Alibis, un Canada-Japon, une place de finaliste au Radio-Canada, deux Aurora-Boréal, oui, mais le Solaris? Non. Il m'échappait chaque fois.

Jusqu'à cette année! :)

Suffisait donc de croiser l'image antique de la femme-escargot avec le Boys' Club de Martine Delvaux, sur fond de Moana qui tournait en boucle pendant que j'essayais d'écrire en tant que mère monoparentale épuisée en maudit par une pandémie. 

... Franchement, malgré le résultat, je ne recommande pas la méthode, c'est un peu usant pour les nerfs! :p J'en essaierai une autre la prochaine fois! ;) 

vendredi 6 mai 2022

Le hobby comme symbole de l'espace mental

Je pense que le symbole des tâches ménagères et de la charge mentale bien réparties dans un couple, c'est quand les deux membres, en plus d'avoir chacun leur carrière, ont un hobby. 

Depuis la naissance de ma fille, je n'avais pas ça. Je travaillais, puis je m'occupais de la maisonnée. Une chance que j'avais été en mesure d'abandonner la job alimentaire avant d'accoucher, sinon je ne serais pas écrivaine. 

Maintenant, j'ai du temps pour me reposer (merci, mon amour!). Du temps pour faire autre chose le soir que laver de la vaisselle, plier du lavage ou avancer les contrats que je n'ai pas eu le temps de finir dans la journée. 

J'ai mis presque deux ans à m'habituer à cet espace mental. À reprendre mon souffle en écoutant Luc plier du papier. À tâtonner pour voir ce que j'avais envie d'en faire de cet espace, moi là, juste moi, en suivant mes goûts à moi, sans pression d'être bonne ou de performer ou de faire quelque chose d'utile, juste pour le plaisir. J'ai fait du yoga, beaucoup, mais c'était pour me maintenir en forme, pas vraiment par simple plaisir. Et puis, je voulais créer...

Finalement, j'ai trouvé la broderie.


... Et c'est en train de devenir de la recherche pour un projet, mais c'est pas grave! hihihihihi!

jeudi 21 avril 2022

Des nouvelles des parutions

C'est bizarre comment, des fois, il ne se passe rien de neuf pendant des mois, puis tout d'un coup, tout arrive en même temps!

Depuis le début de la semaine, on m'a d'abord annoncé la date officielle de sortie du Mouroir des anges (mon roman policier) soit le 6 octobre!!! Ça s'en vient!

Puis j'ai (enfin) reçu mes exemplaires de la revue OnSpec contenant ma première traduction en anglais!!! (Par la merveilleuse Margaret Sankey)


Je ne me fais pas d'illusion : c'est pas en me faisant traduire une nouvelle de temps en temps que je vais percer le marché anglophone. (Pour ça, vaudrait mieux que je puisse écrire directement en anglais ou alors que je me traduise moi-même). Par contre, ça fait une belle vitrine pour montrer aux non-francophones le genre de texte que je peux écrire. 

Finalement, côté VLB Imaginaire, un contrat a été signé... je peux pas en dire grand chose pour le moment, mais... googlez gaslamp fantasy pour le fun ;) Ah pis afrofantasy aussi tant qu'à y être... 

lundi 11 avril 2022

Damnatio memoriae

Je regarde ce qui se passe en Ukraine avec la même horreur, la même peine, la même terreur que tout le monde, je suppose. 

Le même désespoir de ne pouvoir agir, aussi. Faire des dons, oui, d'accord, dans la mesure de mes moyens, je veux bien... mais après? Héberger des réfugiés? Ah oui, il doit rester de l'espace dans un coin du salon... Joindre les rangs de l'armée et aller me battre? J'ai trop envie de vivre, merci. En plus, j'aurais pas l'impression de faire partie de la solution. 

Le problème, c'est présentement la folie d'un homme, d'un seul chef d'état. Ses politiques ont créé la propagande qui a permis cette guerre contre laquelle les institutions internationales sont impuissantes. Il veut se bâtir un empire. Il veut qu'on le craigne, qu'on l'admire, qu'on se souvienne de lui...

Et c'est là que je crois qu'on pourrait frapper. Blesser son ego. Ramener le remède antique aux problèmes de mégalomanie : la damnatio memoriae, la damnation de la mémoire. L'oubli, l'effacement volontaire. 

Il veut qu'on le craigne et qu'on l'admire? Arrêtons de le nommer. On peut dire "ce fou" ou "le fou", on saura de qui on parle. Arrêtons de publier sa photo. Comme on le fait déjà avec les autres tueurs en série. Arrêtons de parler de lui. Restructurons jusqu'aux titres des journaux pour le faire passer de sujet à objet. Ce fou bombarde encore l'Ukraine? Non : l'Ukraine est encore bombardée par ce fou. 

Je n'encourage évidemment pas le révisionnisme historique. Mais on n'a pas à le faire disparaître des livres d'histoire : on consacrera une note de bas de page au fou qui s'est mérité une damnation moderne.

On ne peut pas le désarmer, mais je crois qu'on peut lui enlever toute la gloire qu'il pensait tirer de ses victoires. Je vais activement m'y employer.

Qui présente la motion à l'ONU? ;) 

jeudi 17 mars 2022

Découvrir le hopepunk et le noblebright

Dans les dernières années, deux courants sont apparus en SFF et ont piqué mon intérêt (et celui de mes comparses écriveuxes) : le hopepunk (en SF) et le noblebright (en fantasy). Deux courants qui sont encore à leurs débuts, surtout présents sous forme de nouvelles et/ou en anglais, mais qui prennent peu à peu leur essor. Deux courants difficiles à définir, car ils sont surtout une réponse : le hopepunk (et son sous-genre le solarpunk) répondent aux dystopies, imaginent un monde différent, généralement mieux. Le noblebright, quant à lui, répond au grimdark et dépeint des mondes médiévaux moins violents, avec des personnages aux grands idéaux qui tentent, même s'ils échouent parfois, d'agir pour le bien commun. 

Si cette description pique votre curiosité et que vous aimeriez savoir quoi lire pour découvrir des romans lumineux et qui font du bien (surtout ces temps-ci) voici une petite liste de titres. (N'hésitez pas à me laisser d'autres titres en commentaire, ça me fera plaisir de les ajouter, ce billet est destiné à évoluer avec le temps... mais prenez note qu'un certain tri sera fait : je veux noter ici des oeuvres qui se rattachent aux courants de manière claire, avec un propos adulte). 

Hopepunk

The Dispossed/ Les Dépossédés d'Ursula Le Guin (près de l'origine du genre)

A Tale for the Wild Built de Becky Chambers (et généralement tout Becky Chambers)

Solar Punk Winters et Solar Punk Summers de Weaver Press (deux anthologies)

Rebuilding Tomorrow de Twelfth Planet Press (anthologie) 

Collisions par temps calme de Stéphane Beauverger

The Annual Migration of Clouds de Premee Mohamed (novella)

Cycling to Asylum/ Les lignes invisibles de Su Sokol

Plus près de nous, la nouvelle "Oikos cherche cuisinière" de Geneviève Blouin :p 


Noblebright

Uprooted/Déracinée Naomi Novik

Un long voyage de Claire Duvivier


mardi 15 février 2022

En entrevue avec Solaris

Depuis la pandémie, histoire d'animer un peu le monde littéraire, la revue Solaris a lancé sa chaîne Youtube. Le coordonnateur de la revue, Jonathan Reynolds, s'est mis à interviewer nombre d'auteurs liés aux genres de l'imaginaire. 

Cette semaine, c'était mon tour! :)

Et cette entrevue a été passionnante! Jonathan me connaît depuis des années, ce qui lui a permis de poser des questions qui m'ont forcée à réfléchir et m'ont sortie de ma zone de confort.

À un moment, je me suis retrouvée à mettre des nouveaux mots sur mon processus d'écriture. À créer une image qui, je le pense, va m'aider à creuser, euh non pardon, à cultiver mes prochains projets. ;) 

Pour comprendre le clin d'oeil, allez m'écouter sur le site de Solaris ou sur Youtube.

 


vendredi 11 février 2022

Reprendre pied

Entre les Fêtes et les deux semaines d'école virtuelle qui ont suivies, on s'est retrouvés à passer un mois à temps plein avec ma puce en décembre-janvier. 

Un mois sans amies pour elle.

Un mois pendant lequel mon travail a pris du retard. 

Un mois pendant lequel j'ai effectué les tâches ménagères minimales. (Une chance que l'amoureux était là pour s'assurer que la vaisselle sale ne prenait pas le contrôle du condo!)

Un mois pendant lequel j'ai eu très peu de temps pour moi. Ou pour mon amoureux. 

Ça m'aura nous aura pris un autre mois pour s'en remettre. J'ai l'impression que j'émerge à peine de la fatigue et du brouillard. 

Mon condo est à nouveau propre, le lavage ne s'accumule plus, mes menus ne sont plus des déclinaisons de "tout ce qu'on peut rôtir en 30 minutes sur une plaque" ou de "qu'est-ce que Luc a le temps de nous faire pour souper", j'ai recommencé à écrire et à faire de la dirlitt, j'ai pu me permettre d'aller passer un après-midi à bouquiner avec mon amoureux. 

Ouf. 

Je peux pas dire qu'on est pressés de voir arriver la semaine de relâche! Hihihihihi!

Comment vous avez survécu aux confinements vous?