vendredi 19 mars 2021

Où trouvez-vous vos idées?

 Ah, cette question posée au moins une fois par mois à tous les écrivains du monde depuis la nuit des temps. Maudit que je l'ai haïs! Avec le temps, mes réponses ont varié : 

circa 2008 :  Partout!

vers 2012 : Nulle part!

en 2014 après mûre réflexion : Dans le choc inattendu d'éléments disparates.

au début de 2018 après trop d'animations scolaires : Je sais paaaaaaaaaas!

Rendue là, vous m'auriez dit que je m'ennuierais de me faire poser la question et je ne vous aurais pas crus. Mais nous voilà au début de 2021 et oui, j'aimerais bien qu'on me demande à nouveau où je trouve mes idées. Surtout parce que j'ai une nouvelle réponse : 

Ailleurs que chez nous!

Sans farce, je viens de passer presque une année complète sans noter de nouvelles idées d'histoire. J'ai complété des textes, mais toujours basés sur d'anciennes idées. Ça m'angoisse un peu. Si le confinement continue, je vais clairement manquer de matériel... 

Quelque part en 2040. 

Ok, bon, je vais retourner travailler! :p 

jeudi 11 mars 2021

Tranche de vie (47)

Devoir me lever pour fermer les toiles qui entourent ma table de travail parce que le soleil tape trop dur. 

Remarquer que le printemps se pointe le nez dehors. Il est hâtif cette année, mais on s'en plaindra pas. 

Stresser parce que la direction littéraire que je voulais terminer avant la semaine de relâche n'est pas finie. 

Me féliciter quand même : j'ai bien travaillé aujourd'hui. Avancé la direction littéraire, mis de l'ordre dans mes paperasses, donné un atelier virtuel. 

Aller demander à l'amoureux s'il aurait envie de prendre l'air quelques minutes avant le retour de la puce. 

Ne pas trouver l'amoureux. Avoir un moment d'incrédulité : comment ai-je pu perdre mon chum dans notre 4 et demi?

Consulter mes messages "Parti à l'épicerie". 

Ressentir une grosse bouffée d'amour et de gratitude. J'suis en couple avec un homme qui réalise tout seul que le frigo est vide, que j'aurai pas le temps de faire les courses entre mon atelier et le retour de ma fille et qui prend l'initiave de s'en occuper. 

M'asseoir dix minutes dans une flaque de soleil pis reprendre mon souffle en ayant l'impression de tricher. 

Me rappeler que faudrait bien que je fasse un billet de blogue un moment donné. :p 

vendredi 12 février 2021

40 jours

J'ai toujours entendu dire qu'il fallait faire quelque chose pendant 21 jours pour se créer une habitude. 

Ben là, j'en suis à 40 jours de suite de yoga quotidien. 

Pis j'suis fière de moi! Je ne crois pas avoir jamais réussi à entretenir une telle constance. J'ai même réussi à habituer ma fille au fait qu'elle doit me laisser cette pause-là dans ma journée. Elle fait une ou deux postures avec moi, puis s'en va jouer et me laisse mon "temps avec moi-même". (Pis après quand je lui demande de faire une tâche ménagère je me fais répondre "Dans 10 minutes, là je prends un moment pour moi-même" mais, bon, ça c'est un autre dossier.)

Prochain objectif : 40 jours consécutifs de billets de blogue. 

Euh... ptêt pas! :p Avec le confinement, qui me prive d'anecdote sociale et m'engourdit la cervelle, je crois que je manquerais de matériel. 

40 jours consécutifs d'écriture quotidienne, ce serait sans doute plus réaliste. Je vois pas où je vais caser ça dans mes journées (mes tâches d'édition me bouffant l'essentiel de mon temps productif), mais je vais essayer de trouver un moyen. 

Je vous en donnerai des nouvelles! ;) 



jeudi 21 janvier 2021

L'arrière-monde, de la nouvelle au roman

Voilà quelques fois qu'on me demande, en atelier, à quel point l'arrière-monde d'une nouvelle peut être simplifié par rapport à celui d'un roman. À chaque fois, ma réponse surprend : il ne peut pas vraiment l'être. 

Nouvelle ou roman, vous devez situer une histoire et des personnages dans un univers. Cet univers doit donc être, pour vous, parfaitement clair et détaillé. 

Évidemment, contrairement à ce qui pourrait se passer durant un roman, la nouvelle ne vous donnera sans doute pas le temps de visiter tous les recoins de votre monde. Vous n'avez donc pas à en placer déjà toutes les villes et les sous-cultures au niveau micro. Mais il faut que les grandes lignes sociales, historiques, psychologiques, philosophiques, culturelles, religieuses, politiques, économiques, magiques (et/ou scientifiques) soient établies. Bref qu'au niveau global, macro, vous ayez créé votre univers. 

C'est uniquement de cette manière que vous pourrez donner, dans votre nouvelle, une impression de réalité cohérente et invitante.

Qu'est-ce que je veux dire par là? Évidemment, en 5000 mots, vous n'allez pas nous expliquer votre arrière-monde. Mais il suffit que votre personnage crache au sol en entendant le nom du roi d'Ebba, ce royaume rival situé derrière les montagnes, pour que le lecteur comprenne beaucoup. 

Si vous ne faites pas cet exercice (qui vaut autant pour la nouvelle que pour le roman), si vous ne prenez pas le temps de réfléchir à la globalité de votre monde, vous risquez d'écrire, au fil de la plume, des éléments qui ne s'articulent pas les uns aux autres. Comme des lois interdisant l'héritage des titres et des fortunes, mais un traité mariant la fille aînée du roi au chef du royaume voisin. Or, quelle valeur les mariages arrangés auraient-ils dans un monde où on n'hérite rien de ses parents?

Plus les années passent, plus j'en suis venue à penser que cette obligation de développer suffisamment l'arrière-monde explique pourquoi il s'écrit si peu de nouvelles de fantasy. En fantastique, vous partez de notre monde et vous ajoutez du surnaturel, dont vous établissez les règles. En science-fiction, vous partez de notre monde, vous avancez dans le temps et vous ajoutez une super-science dont vous établissez les règles. En fantasy, vous établissez un nouveau présent, vous le dotez d'un passé ET vous ajoutez du surnaturel, avec les règles associées. La somme de travail est phénoménale. Une fois que vous l'avez abattue, se contenter d'écrire une nouvelle dans cette univers-là peut sembler un gaspillage d'effort (sans compter la frustration de ne pas pouvoir expliquer tout votre univers en une seule histoire). 

Ma solution personnelle est d'écrire plusieurs histoires dotées du même arrière-monde, mais bon, j'avoue que c'est un peu de la triche! ;) (Et c'est pas payant, je devrais me mettre au roman! lol!)

Une fois votre arrière-monde bien détaillé, comment pourrez-vous l'évoquer dans vos histoires sans noyer le lecteur sous les info-dumps? J'ai déjà donné mes trucs pour vous aider à ce sujet-là. ;) 

... Dites, je me casse trop la tête ou ça se tient ce que je raconte?

dimanche 10 janvier 2021

Retour à la normale, disais-je...

 Dans mon idée d'une nouvelle normalité, j'avais présupposé, sans oser le dire, que je me remettrais à faire des billets de blogue plus réguliers. 

... 

Hum, ouais, bon, ma fille est même pas encore de retour à l'école, j'vais me donner une chance :p 

Déjà, j'ai donné un genre de structure à mes semaines. 

Notamment, j'ai arrêté de penser en terme de "semaine" et plutôt en cycle de 14 jours, puisque c'est sur ce rythme-là qu'on a basé la garde de la puce. L'an dernier, je prenais congé, comme tout le monde, les fins de semaine, que ma fille soit avec moi ou pas. Le problème? J'avais aussi tendance à prendre congé les mercredis, soit la journée où je n'avais pas à me lever pour m'occuper d'elle. Six jours de congé sur 14, c'était bien côté repos, mais pas très productif pour le boulot. (Avantage de travailleuse autonome : y'a juste mon compte de banque qui s'en plaignait).  

Là j'essaie une nouvelle formule : je me donne congé les mercredis, MAIS la fin de semaine où j'ai pas ma fille, je travaille. 

D'où ce billet de blogue un dimanche. 

Étape suivante : effectuer du travail payé. :p 

***

Parlant de travail payé : si vous êtes auteur.es aller lire le mémoire d'Annie Bacon sur les tarifs (misérables) de Culture à l'école, puis écrivez-lui pour le signer aussi! 

jeudi 31 décembre 2020

Objectif 2021 : créer une normalité

Je relis mon billet de "résolutions" de janvier 2020 et... je sais pas trop si je dois rire ou pleurer. Je savais que je m'enlignais pour une année de boulversements, de changements de vie. Je savais que mon mariage était fini, mais je ne savais pas où j'allais vivre, comment je me débrouillerais avec ma puce, si j'aurais un amoureux, comment je gagnerais ma vie, si j'arriverais à écrire un peu... 

J'avais donc résolu de "voir venir et m'adapter". 

Une pandémie plus tard, mettons que je vais me donner tous les points possibles pis un petit bonus pour cette résolution-là. O.o 

J'avais aussi décidé de "me remettre au yoga quotidien". 

Pwahahaha! Bon, ce ne fut pas un échec total et il y a eu bien des moments où la séance de yoga matinale a sauvé ma santé mentale, mais disons que la discipline n'est pas ce qui a caractérisé mon année. Entre les confinements, les déconfinements, les journées pédagogiques de la puce, l'horaire un peu bizarre de la garde partagée, la présence d'une troisième personne avec ses habitudes et son rythme, j'ai eu du mal à donner une structure à mes journées. 

Je voulais aussi "soigner mon réseau social et mes amitiés". 

Euh, ouais, bon... 2020 m'aura permis de constater que si je peux passer 4 heures à jaser autour d'un repas et d'une bière, après 1h de Zoom je suis pu capable. Heureusement que les messages textes m'auront permis de garder le contact. Plus le temps passe, plus je me rends compte que quitte à voir quelqu'un juste sur écran, j'aime mieux prendre mon mal en patience et rester dans mon coin avec mes livres. ... Bon jusqu'à ce que je me peuve pu d'attendre et là le Zoom est mieux que rien! ;) 

Je me disais que je continuerais "d'appliquer les préceptes du minimalisme". 

Quand on diminue sa surface habitable de 75%, on a pas trop le choix. Quand on est confiné non plus. Et quand on invite une autre personne (et ses bibliothèques) à partager notre confinement, mettons que le minimalisme devient essentiel. Alors mission accomplie! Hihihihi! Toutes les possessions auxquelles nous tenons sont entrées dans le condo. Les bibliothèques sont pleines à ras-bord et y'a des caisses de livres dans les garde-robes, mais c'est pas grave. Il restera à organiser tout ça et à voir, avec le temps, ce qui servira vraiment. En attendant, on s'est créé un milieu de vie simple et aéré et lumineux où il fait bon lire un livre en sirotant un café. 

Hé ben, j'ai commencé à rédiger ce billet en me disant que j'avais lamentablement échoué dans mes résolutions pour 2020, parce que je les avais pris dans un monde qui savait pas c'était quoi une pandémie, mais... finalement c'est pas si mal. Faut croire que j'étais dans le bon état d'esprit pour survivre à 2020!

Reste que, comme je l'ai mentionné, ma vie semble avoir perdu toute structure. Alors, pour 2021, je veux me créer une nouvelle normalité. Reprendre une certaine routine dans mes journées et mes semaines, histoire de manger mieux, de boire moins, de faire de l'exercice et d'être un peu plus productive au travail. Bref, vous savez toutes ces résolutions plates qu'on prenait en janvier pré-pandémie? Cette année, je les fais toutes miennes... mais sans la culpabilité qui va avec. Je veux juste prendre soin de mon corps et de mon esprit tout en retrouvant le contrôle sur ma vie. 

Savez-vous quoi? Je vous souhaite à tous que 2021 vous offre la possibilité de faire pareil. De retrouver le contrôle sur vos existences et d'en profiter pour prendre soin de vous. On le mérite!

Bonne année!

mercredi 16 décembre 2020

Joyeuses Fêtes, livres, thé et doudou pour tout le monde!

Étant donné qu'à partir de demain et jusqu'au 11 janvier je vais devoir jongler à nouveau entre ma puce et ma vie professionnelle, je crois que je vais mettre le blogue en pause pour les Fêtes (de concert avec le reste de la province). De toute manière, c'est pas comme s'il avait été full animé cette année. (Blâmez Facebook, comme tout le monde, j'y ai passé trop de temps, histoire de faire un minimum de social). 

Normalement, avant de prendre la pause des Fêtes, je dresse un bilan de mon année... Cette année, j'ai franchement peur d'en oublier, mais essayons...

En janvier, fraîchement séparée, mon meilleur ami est devenu mon chum et je me suis dit qu'avec les amis que j'avais, je ne serais jamais esseulée. 

En février, j'ai lancé "Le Chasseur et autres noirceurs" et vendu ma maison et j'ai brunché avec des amis, sans savoir que ce serait pour la dernière fois avant longtemps.  

En mars, j'ai fait mon dernier événement en présentiel, puis la pandémie a frappé et j'ai été confinée avec mon ex et ma puce et j'ai dû marcher dans toutes les petites rues de ma ville de soir, histoire de m'aérer l'esprit et de jaser avec mon chum. 

En avril, mon chum a dû déménager à l'autre bout de la province et sans pouvoir voir mes amis ou ma famille, je me suis sentie plus esseulée que je l'aurais cru possible.

En mai, j'ai déménagé et j'ai vécu vraiment en solo avec ma puce pendant les rénovations de mon condo. 

En juin, j'ai attendu mes meubles et j'ai continué à apprendre à être une maman monoparentale et j'ai donné un atelier virtuel et j'ai fait des 5 à 7 distancés sur ma terrasse.

En juillet, j'ai nagé dans la piscine du condo, j'ai pique-niqué avec ma famille, j'ai enfin reçu mes meubles et je suis devenue officiellement co-directrice de collection pour VLB. 

En août, mon chum a aménagé avec moi, on a appris à vivre à trois avec la puce et j'ai découvert que ça pouvait être incroyablement facile de partager les tâches avec quelqu'un. 

En septembre, la puce a commencé l'école et on a dû l'aider à gérer le stress causé par la séparation et les déménagements et la garde partagée et l'absence de son papa parti en voyage et le foutu virus qui plane, puis on a dû se faire dépister toutes les deux pour la Covid.  

En octobre, j'ai réécrit mon roman policier pour la enième fois et fait des tables-rondes et un autre atelier virtuel et ma fille a pogné un second rhume qu'elle a gardé pour elle cette fois. 

En novembre, je me suis rendue compte que j'avais publié dans trois Solaris cette année et j'ai participé à d'autres table-ronde et j'ai gagné un prix Boréal pour une de mes nouvelles. 

En décembre, c'est maintenant et je suis fatiguée en maudit et j'ai le nez qui coule et j'ai pas écrit grand chose de valable de toute l'année, donc le roman non terminé au début de l'année ne l'est toujours pas.

Mais... Voilà, je savais que ce serait une année de bouleversements et ce fut pire que tout ce que j'avais imaginé, mais... Je suis passée au travers. 

Je suis bien dans ma nouvelle vie. Mon condo est magnifique, pratique, (#)juste de la bonne grosseur pour nous trois, garni de livres, de bonne bouffe, de bonne bouteilles et d'un stock inépuisable de rires et de câlins. 

Entre les pertes de contrat causées par la Covid et l'argent bienvenu de la PCU, je n'ai toujours aucune idée si je pourrai vivre uniquement de ma plume maintenant que je suis monoparentale, mais... j'ai de plus en plus confiance d'y parvenir. 

J'attends donc 2021 avec espoir. Et je vous souhaite, chers lecteurs, des Fêtes toutes en douceurs. Livres, thé et doudou pour tout le monde!

Ah tiens, y'a une étoile en origami dans mon sapin. :p