lundi 14 septembre 2020

Goûter à la nouvelle normalité

Avec la rentrée et l'amoureux fraîchement installé avec moi et ma puce, une routine s'était installée. Le matin, il me faisait mon café tandis que je m'occupais de la préparer pour l'école, le jour on travaillait chacun de notre côté, avec une pause le midi pour manger en amoureux, le soir on soupait à trois en jasant de nos journées. 

Sauf que...

Jeudi matin passé, ma puce s'est plainte d'un mal de gorge en se levant. Cependant, comme elle sautait partout en se préparant pour l'école, je me suis dit que ça ne devait pas être trop grave et je l'ai tout de même mise dans l'autobus. 

Après le dîner, l'école m'a appelée : ma fille avait très mal à la gorge et des maux de ventre, deux symptômes potentiels de Covid, donc je devais aller la chercher. 

Découragée (parce que je m'enlignais pour une journée d'écriture), c'est ce que j'ai fait. À l'école, ma fille gambadait en entrant dans le local du secrétariat. Bon, ça ne semblait pas trop grave. Je me suis informée de la procédure à suivre, parce que bon, j'allais évidemment la garder avec moi le lendemain, mais ensuite... 

Si les symptômes ont pas disparu en 24 heures, faudra investiguer, m'a-t-on dit. 

Ah merde. 

De retour à la maison, j'ai mis ma puce au lit pour un "repos", puis je me suis plongée dans la lecture des protocoles de la commission scolaire et de la santé publique. En effet, pour tout symptôme de plus de 24 heures, je devais soit aller la faire tester pour la Covid et la renvoyer à l'école une fois le test négatif obtenu, soit la garder isolée pendant 10 jours. Euh... bon, si ça passait pas miraculeusement, il y aurait un test. 

Ma puce a dormi pendant son repos - chose rare - puis a dévoré 4 collations différentes, a demandé à se coucher pour un autre repos vers 17h... et dormi d'une traite jusqu'au lendemain matin. Ok, d'accord, elle était malade. Tant pis pour notre petite routine sympathique : avec mon amoureux, on a établi des lignes directrices pour éviter de le contaminer, parce que rhume ou Covid, pour lui les risques sont à peu près les mêmes. Donc plus de câlins à la puce, plus de repas pris tous ensemble, lavage des mains aussi fréquents que si on était dans un lieu public, décontamination régulière des surfaces...

Le lendemain, vendredi, alors que je patientais au téléphone pour obtenir un rendez-vous de dépistage, ma puce, qui regardait la télé avec grand plaisir, s'est mise à couler du nez comme un érable. Et moi j'avais un peu la gorge qui grattait... 

Après 3 heures d'attente (oui, vous avez bien lu, vive la fonction "haut parleur" du téléphone qui m'a permis de faire mon ménage en même temps O.o) rendez-vous fut pris à une clinique de dépistage. Et je remarque qu'ils ne m'ont jamais demandé si j'avais un moyen sécuritaire de m'y rendre. Heureusement que j'avais insisté pour que mon ex me laisse sa voiture durant son voyage, sinon j'aurais risqué de contaminer un chauffeur de taxi. Là, ça a juste été dur pour mes nerfs, parce que je déteste toujours autant conduire et l'amoureux pouvait pas me servir de chauffeur puisqu'on ne voulait pas risquer de le contaminer en l'enfermant dans la voiture avec la cocotte qui s'était mise à tousser.

À la clinique de dépistage, les précautions étaient draconniennes : hall d'entrée fermé où on désinfectait nos mains, changeait nos masques lavables pour des masques de procédure, redésinfectait nos mains (et nos cartes de la RAMQ), puis questionnaire sur nos symptômes avec des infirmières recouvertes de jaquettes, visières, masques, gants, etc. Le test lui-même prend 30 secondes, mais le moment où on sent l'écouvillon s'appuyer au fond de la narine, puis passer dans la fosse nasale proprement dite, disons qu'il compte triple. C'est incroyablement désagréable! J'y suis passé la première et j'ai essayé de jouer les braves, mais ma puce n'a pas été convaincue et quand ce fut son tour elle s'est débattue et j'ai dû la cajoler et la tenir pour que le test soit complété. Pauvre cocotte. 

On est ensuite retournées à la maison, où elle a alterné entre la télé et les siestes, tandis que j'angoissais dans l'attente des résultats. On m'avait dit 24 à 72 heures...   

Samedi, ma puce avait plus d'énergie que la veille, mais elle s'est mise à tousser, tandis que moi je commençais à avoir mal à la gorge. J'ai pris à mon tour mes distances avec mon amoureux. Me suis mise à désinfecter non seulement tout ce que ma puce touchait, mais aussi ce que je touchais moi-même. (Mon condo va sentir le M. Net pendant des semaines!) Et, flash back désagréable de mes derniers mois de cohabitation avec mon ex et de mon premier mois dans mon condo, je me suis installé le matelas gonflable dans le salon. Faire chambre à part comme un vieux couple après à peine un mois de cohabitation : joie (NOT!). 

Dimanche, ma fille toussait à peine et sautait partout, me suppliant de l'amener au parc, tandis que mon nez coulait sans discontinuer, que je paniquais parce que je ne sentais plus rien et que je voulais juste dormir (ou qu'on me fasse des câlins, ce qui n'était pas possible non plus, l'amoureux devant rester aussi loin de nous que la taille du condo le permettait). J'ai réussi faire comprendre à ma puce qu'on ne pouvait pas sortir tant qu'on n'avait pas eu le résultat du test. Celui-ci est finalement arrivé en fin de journée : négatif. Ma cocotte avait eu un bon rhume et me l'avait donné, mais c'était pas la Covid. 

Heureusement, à la vitesse à laquelle elle se remettait, ce matin, lundi, j'ai pu l'envoyer à l'école, tandis que je retournais me coucher, après avoir toussé toute la nuit. Si la fatigue que je traîne depuis mars dernier ne me nuit pas trop, j'espère me rétablir aussi vite qu'elle et être sur pied demain. Et j'espère aussi que les mesures mises en place à l'intérieur du logis permettront d'éviter à mon amoureux de pogner notre rhume. Pas évident de s'isoler dans un 4½! 

Toute cette aventure me laisse complètement épuisée et découragée, car je me rends bien compte que ce branle-bas de combat au moindre rhume sera notre réalité pour les prochaines années. 

Y'a des jours où je me demande pourquoi j'essaie encore d'écrire... (Réponse : parce que ce serait pas plus facile de concilier ma vie de maman avec un autre genre d'emploi anyway!)

lundi 7 septembre 2020

Première journée d'écriture

Vendredi passé, première journée (et non juste une heure volée) d'écriture depuis le confinement. 

Je décide de m'attaquer à ce que je repousse depuis le confinement (parce que je ne voulais pas y travailler seulement quelques heures à la fois) : la enième réécriture de mon roman policier (qui a reçu un "peut-être, fais une couple de changement et on verra" d'un éditeur qui me fait beaucoup, beaucoup envie). 

Je commence par enregistrer une nouvelle version de mon document en date du jour.

Ça demande de changer même l'année. Le document précédent date de novembre 2019. 

Ouf. 

10 mois sans écrire sérieusement. 

J'essaie très fort de me convaincre que ce ne sont pas 10 mois perdus. 

L'avenir nous le dira. 


lundi 31 août 2020

Excusez la poussière

Ouille! Excusez la poussière, j'ai négligé le blogue les dernières semaines. J'ai eu (encore) quelques adaptations à faire il faut dire. 

Mon amoureux était tout juste déménagé et on en était à se demander où on caserait toutes ses possessions et à préparer notre première fin de semaine en couple quand mon ex m'a annoncé qu'il partait un mois en France, visiter la famille de sa nouvelle copine. 

Ce qui, avec le deux semaines de quarantaine obligatoire au retour, voulait dire que je me retrouvais maman solo pour un mois et demi. Au moment de la rentrée. 

Et que mon amoureux se voyait propulsé dans une vie de famille 7 jours sur 7 (plutôt que 9 jours sur 14) à moins d'une semaine de préavis. 

C'est déjà bon signe : il n'a pas remballé sitôt ses boîtes! :p 

Et là on a vécu nos premières semaines sans trop de heurts. La routine se met en place. L'école, qui commençait ce matin, ajoute de nouvelles contraintes et quelques risques côtés virus, mais aussi une liberté mentale bienvenue. 

J'espère que vous en verrez bientôt les résultats, ici et ailleurs! ;) 

En attendant, bon début d'automne! 

lundi 10 août 2020

Le 12 août je... fais pas les choses à moitié

Le 12 août, je fais jamais les choses à moitié. 

Non seulement j'achète des livres québécois, mais en plus je m'occupe de la relève en fêtant ma petite lectrice québécoise! ;) (Rappel aux étourdis : ma fille est née le jour du premier 12 août! lol!)

En plus, cette année, le 12 août, je fais de la place chez nous pour accueillir à demeure un auteur québécois! hihihihi! 

Si vous savez pas quoi acheter le 12 août, je vous rappelle que..


jeudi 30 juillet 2020

Plaisirs simples

Y'a des plaisirs simples de la vie qu'on oublie trop souvent...

Dormir dans un vrai lit.

S'asseoir à une table.

Manger un repas préparé pour nous avec amour.

S'échouer sur un sofa moelleux.

Serrer ceux qu'on aime dans nos bras.

Prendre le temps de respirer profondément.

Et parfois, quand on réussit à renouer avec ces plaisirs simples, on se met à pleurer les mois où ils étaient absents, les semaines de fatigue et d'inconfort et d'incertitude. Le remède à ces larmes? Continuer d'apprécier à fond ces douceurs retrouvées.

Le reste, comme les billets de blogue fouillés, attendra.

Repos et guérison en cours, de retour bientôt



dimanche 19 juillet 2020

Y'a des journées de même

Avant-hier, suite à une commande IKEA qui n'arrivait pas, j'ai essayé d'appeler leur service à la clientèle, pour constater que mon téléphone fixe, pour une raison inconnue, refusait de naviguer les menus automatisés (je peux peser sur le 1 pendant 45 minutes, mon choix ne se rend pas au robot à l'autre bout du fil!).

J'ai donc chatté avec le service à la clientèle de IKEA, qui m'a promis ma commande pour aujourd'hui... ou ptêt demain. 😳 (C'est le fun encore d'attendre chez soi sans savoir si c'est un coup de fil ou un coup de sonnette qui va nous prévenir d'une arrivée de mobilier longuement espéré.)

Dans l'intervalle, je me suis aussi procuré un nouveau téléphone, pensant que le problème devait venir de l'ancien, qui était vieux et qui grichait. Mais non, après avoir navigué la soupe aux fils qui me tient lieu de centre des commandes de l'électronique domicilaire, le nouveau téléphone ne fonctionnait pas plus dans les menus et grichait tout autant.

J'ai donc appelé le service à la clientèle de mon fournisseur de téléphone. Et passé une heure en ligne avec eux pendant qu'ils reconfiguraient mon service. Résultat : ma ligne ne griche plus... Mais je suis toujours incapable de peser sur le 1, le 3 ou le 42 pour choisir la réponse à life, the universe and everything!

Ok, j'abandonne pour cette semaine, je crois que les astres sont pas alignés pour moi. Au pire, j'ai mon cellulaire (qui n'a plus beaucoup de minutes, mais ce sera un dossier pour un autre jour).

Donc, si je résume ma situation présente : j'ai pas encore mes meubles, j'ai dépensé pour un téléphone qui ne marche pas mieux que l'ancien (mais aller l'échanger va coûter plus cher et demander plus de temps que de le garder), mon amoureux est reparti à Gatineau après une semaine de vacances de rêve passée avec moi, ma fillle est chez son père depuis 10 jours (notre plus longue séparation - et de loin - depuis sa naissance) facque je suis toute seule chez moi.

Pffff, je pleure pas moi là : j'ai une poussière dans l'oeil.

lundi 6 juillet 2020

38 ans et tous ces bouleversements

L'an dernier pour ma fête, j'ai écrit un billet où je parlais de projets perdus dans les limbes éditoriaux, dont j'espérais qu'ils allaient débloquer, mais pas tous en même temps. J'attendais une bourse, les réponses pour trois nouvelles, un recueil, mon roman policier, j'espérais aller à l'atelier d'Élisabeth, je voulais faire plus de direction littéraire...

La fille qui a écrit ce billet ne savait pas que son mariage s'apprêtait à lui péter dans la face. Qu'elle aurait sa bourse, qu'elle publierait ses trois nouvelles et son recueil, qu'elle aurait un éditeur intéressé par son roman policier (je vous en rejaserai), qu'elle vendrait sa maison, s'achèterait un condo, passerait ben du temps chez sa psy, prendrait conscience de son amour pour son meilleur ami, donnerait des tonnes d'ateliers, découvrirait que son amour est partagé, commencerait à monter une collection chez VLB, vivrait une pandémie, s'occuperait à temps plein de sa fille sans pouvoir écrire, déménagerait en craignant la contagion, habiterait seule pour la première fois de sa vie, coincerait une chaise sous la poignée de sa porte d'entrée la première nuit, gèrerait encore des calvaires de rénovations, apprivoiserait la monoparentalité, n'aurait toujours pas le temps d'écrire, passerait enfin quelques jours avec son amoureux... et renoncerait à l'atelier d'Élisabeth.

Parce que ma 38e année de vie m'a paru durer 10 ans. Elle m'a tordue dans tous les sens, comblée et piétinée. J'en sors forte et fragile, usée et renouvelée.

Mais, surtout, épuisée. J'aurais eu besoin, après toutes ces secousses, de passer quelques jours à pleurer, écrire ce qui me plaît, lire pour le plaisir, me ressourcer, guérir... Pandémie oblige, ça attendra septembre, quand ma puce sera à l'école. Encore huit emaines. Bof, je viens d'en faire douze, je vais y arriver!

J'ai 38 ans aujourd'hui. Pis j'ai envie de serrer la fille de l'an passé dans mes bras. Elle a passé à travers tout ça. C't'une ostie de guerrière qui me passe le flambeau. On va me souhaiter moins de bataille, ok? J'suis pas sûre d'avoir sa résistance.

Pis j'ai une nouvelle vie de couple et de famille à créer.