vendredi 14 juin 2019

Trempette chaude aux épinards et artichauts

Peu après le diagnostic de mon chum, on dirait que tous les restaurants que nous fréquentions ont mis au menu des "trempettes chaudes aux épinards". Comme ils les servent avec des craquelins de blé, on n'a jamais pu y goûter. 

Alors j'ai cherché, testé plusieurs recettes et je suis arrivée à cette version simplifiée, mais délicieuse, d'une trempette chaude aux épinards et artichauts. Elle est même relativement santé. (Enfin, pour une trempette du genre). Elle peut servir d'entrée à partager durant l'apéro (pour 5 ou 6 personnes) ou de lunch léger (pour 2 ou 3 adultes). 

(Avertissement à l'intention des intolérants au lactose : j'pense que juste la liste des ingrédients peut vous faire faire une crise! lol!)

Trempette chaude aux épinards et artichauts

250g (un paquet) de fromage à la crème léger, ramolli
¼ tasse de mayonnaise
¼ tasse de yogourt nature
une pincée de poivre
1 tasse d'épinards hachés surgelés, décongelés et bien égouttés
1 boîte de coeurs d'artichauts hachés
3 oignons verts hachés
1 tasse de mozarella râpé
1 boîte de haricots blancs (facultatif, mais ajoute des protéines)

Passez le fromage à la crème 30 secondes au micro-onde pour le ramollir, puis mélangez-le avec la mayonnaise, le yogourt nature et le poivre jusqu'à ce que ce soit homogène. 

Ajoutez tous les autres ingrédients et mélangez délicatement.

Étalez dans un plat en pyrex allant au four (personnellement, je prends un plat à tarte de 10 pouces) et cuire 30 minutes à 350F (ou jusqu'à ce que ce soit bouillonnant, bien fondu et légèrement doré). 

Je suggère de servir cette trempette absolument décadente avec des chips de maïs non salées et un verre de rosé, mais rendus là, c'est vous qui voyez! ;) 

mercredi 12 juin 2019

Bilan de mi-année

Bon, on est en juin, sixième mois de l'année. Ce serait un bon moment pour déterrer mes objectifs et résolutions énoncés en janvier et de voir où j'en suis... (J'vous préviens : y'a des bonnes nouvelles à la fin de ce post)

Alors, mon objectif numéro 4 était de "M'aventurer". Je voulais faire des nouvelles activités, visiter de nouveaux endroits...Les vacances en famille au Mexique (d'accord, c'est pas super exotique un tout inclus, mais j'étais jamais allée dans le Sud, alors c'était tout de même une découverte) et quelques visites de musée ont partiellement comblé cet objectif. Je me promets d'autres explorations.

L'objectif 3 était "Faire de l'exercice". Ce n'est pas encore parfait, mais j'ai pas mal réussi à établir une routine où, les jours d'écriture, je prends une pause vers 11h pour trente minutes de yoga, d'elliptique, de course, de marche... Bref, d'un truc actif. Effet secondaire de cette augmentation de mon activité physique : je m'ennuie sans bon sens des arts martiaux!!! J'ai particulièrement envie de taper dans quelque chose. (Gardez ça en tête si vous me croisez! :p)

L'objectif 2 "Écrire tous les jours" est un échec absolu. Les fins de semaine et les lundis (bref, quand ma puce est avec moi), je ne trouve pas une minute pour écrire pendant qu'elle est réveillée et une fois qu'elle dort je suis beaucoup trop crevée. C'est encore pire depuis que mon chum a commencé sa nouvelle job, parce qu'il est à la maison moins longtemps, alors ma puce s'ennuie de lui et compense en me collant deux fois plus. Je la comprends et je m'efforce de combler son besoin de contacts, mais... ben ça vide, alors l'écriture en souffre. Tant pis, je me rattrape les journées de garderie!

D'ailleurs... L'objectif numéro 1 était de "Terminer la réécriture de mes deux romans". Ben ici je peux faire une petite danse de la joie!!! J'AI FINI LE ROMAN POLICIER! Après six ans de niaisage, écriture, repententage, réécriture, gossage et autres révisions, le voilà parti vivre sa vie (ou rencontrer une fin funeste) dans les boîtes de courriels d'éditeurs! Ouf! J'me souviens pas avoir été aussi heureuse de terminer enfin un projet.

Et j'suis en plein dans les temps : comme on est en juin, ça me laisse six mois pour réécrire le deuxième roman! :)

... Et j'peux même prendre une petite semaine de repos entre les deux, histoire d'écrire du neuf et de m'aérer les neurones! (Ce sera pas un luxe!)

Parce que, bon, je vais l'avouer : je commence à être tannée de réécrire au lieu de créer, mais en même temps c'est ridicule de garder dans mes tiroirs des manuscrits auxquels je crois encore et qui demandent juste un peu de temps... Cela dit, en 2020, je me promets d'écrire seulement du nouveau! (Ça tombe bien, j'ai commencé mes recherches pour un projet de fou! ;)

vendredi 7 juin 2019

Catharsys et monstration

Petite capsule historico-culturelle ce matin.

Dans le théâtre grec antique, souvent cité comme justificatif de "cette oeuvre est ptêt dégueulasse, mais c'est à des fin de catharsis", il était interdit de faire couler le sang (même fictif) sur scène. On ne mettait pas la violence en scène. On l'évoquait, on la racontait, mais on ne la montrait pas.

(En passant, une simple recherche Google sur le thème "théâtre grec" mène à cette information.)

Et, pourtant, on a inventé à la même époque le concept de catharsis (l'effet de « purification » produit sur les spectateurs par une représentation dramatique, comme si vivre des émotions par fiction interposée nous évitait d'avoir envie de les éprouver réellement ou nous préparait à y réagir.)

Comme quoi on peut atteindre la catharsis sans la monstration (le fait de montrer).

C'est juste moi ou y'a des producteurs de film d'horreur qui devraient réfléchir à la question? :p

Ok, j'suis ptêt trop cérébrale (ou fondamentalement "antique" dans mes sensibilités), mais les trucs gores m'effraient nettement moins que les histoires d'horreur psychologiques ou que les bons vieux films où, faute de budget, on ne voyait jamais le monstre. J'm'en ennuie, des fois.

mercredi 5 juin 2019

Un autre été sans été?

En 1816, une éruption volcanique a causé une "année sans été" planétaire (et un "été sans été" local). Il a fait gris, pluvieux, frette (environ 0,4 degré sous les normales, ce qui a été assez pour causer des famines, soit dit en passant).

Cet été tristounet a entraîné bien des problèmes socio-économiques.

Mais il a également poussé une bande d'écrivains (Mary Shelley, son mari Percy, sa demi-soeur Claire Clairmont et l'amant de celle-ci Lord Byron, ainsi que leur ami Polidori) à s'enfermer dans une villa pour écrire sans discontinuer des histoires de peur pendant tout l'été.

Bref, dans la tête de tous les amoureux de la littérature, l'été sans été de 1816 reste célèbre parce qu'il nous a donné Frankenstein.

En ce 4 juin plutôt frisquet (le réchauffement climatique, c'est pour les autres, le Québec, en bonne société distincte, a décidé de se refroidir à la place!), après des mois d'avril et de mai salement pluvieux (où, pour une fois, on ne s'est vraiment pas découverts d'un fil!), je commence à me demander si on s'enligne pas pour un second "été sans été".

Auquel cas, je crois que je vais me mettre à la recherche de quelques amis, et d'une villa, histoire que la grisaille ne soit pas tout à fait perdue! :p

vendredi 31 mai 2019

Somniloquie

Depuis qu'elle est toute petite, ma puce parle en dormant.

Pendant longtemps, c'était juste mignon : elle marmonnait, indistinctement, tout bas. Et, de temps à autre, surnageait un mot appris durant la journée.

Puis les mots se sont faits plus forts, plus distincts, mais c'est resté mignon. Passer devant la chambre de ton enfant au milieu de la nuit et entendre "Je t'aime maman", y'a de quoi ravir un coeur de parent. (J'ai aussi entendu des "Y'é où mon dragon?" et autre "Mon oreiller vole!" qui m'ont bien faire rire.)

Cependant, ces derniers temps, c'est devenu plus intense. Les mots sont devenus des cris. Et si se faire réveiller par un "JE T'AIME MAMAN!" hurlé au milieu de la nuit, c'est pas trop inquiétant, quand c'est plutôt "AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH LÂCHE-MOI!" ça réveille croche en maudit!

Qui c'est qui a bondi de son lit et a déboulé dans la chambre de sa fille à 2h30 du matin, en panique totale? Ouais, vous avez deviné : c'est moi!

Ma puce, elle, dormait à poings fermés.

Mon chum aussi d'ailleurs. O.o

C'était à se demander si je l'avais rêvé! (Mais non : le cri a été répété, moins fort, deux minutes plus tard et j'étais bien réveillée.)

Ouf! Heureusement, la puce ne fait pas ça toutes les nuits! Mais j'espère que ça va lui passer! (J'ai peu d'espoir : mon chum aussi parle en dormant, mais il a la politesse de marmonner! :p )

mercredi 29 mai 2019

Observation d'un phénomène social

Avec l'affaire de l'auteur accusé de pornographie juvénile, je me suis retrouvée, un peu involontairement, aux premiers rangs pour observer un phénomène social : les vagues qui agitent parfois les médias sociaux.

Je n'ai pas pris position pour ou contre cette histoire (quoique je sois définitivement contre les appels à la panique et que je sois très triste pour le pauvre auteur!). J'ai écrit un (long) billet pour remettre le tout en contexte historique et judiciaire, et pour me donner, à moi-même, la paix d'esprit nécessaire pour continuer à créer.

Mais j'ai vu le phénomène médiatique se dérouler.

J'ai vu des gens, qui n'avaient ni lu la loi, ni lu le livre, réagir avec passion... et approximation.

J'ai vu des gens qui comparaient des pommes avec des oranges.

J'ai vu de la désinformation être semée et reprise allègrement.

J'ai vu des gens, en position d'autorité et/ou bien informés, qui laissaient planer le doute et la peur, comme si cette histoire allait faire boule de neige et les emporter tous.

J'ai vu défiler des opinions, mais très peu de faits. Ceux que j'ai eu, je suis allée les chercher moi-même.

J'ai vu des gens se demander qui était cette prof qui avait fait la première plainte, avec une envie évidente de pouvoir s'en prendre à elle. Des gens qui ne voyaient pas que les articles plus récents parlaient de plaintes au pluriel. Ils cherchaient un coupable et étaient prêts à tirer sur le messager.

J'ai reçu des messages privés de plusieurs personnes qui étaient heureuses de mon initiative et me remerciaient de mon travail de recherche, mais n'avaient pas envie de le dire publiquement, par crainte des retombées, ne serait-ce que les milliers de messages qu'ils auraient à gérer! (Et, on s'entend, je ne défendais pas une position controversée!)

J'ai vu des gens m'accuser à mots voilés (ou pas) de malhonnêteté intellectuelle voire de paresse, parce que je faisais des raccourcis (le texte était déjà assez long) et que je n'avais pas pris en note et cité tous les sites, lois et jugements parcourus (dites, si vous en voulez plus, faites vos recherches, c'est pas dur, suffit de taper "pornographie juvénile lois (ou jugements) canada" dans Google). J'ai compris la fatigue récente du Pharmachien!

J'ai vu des gens m'écrire de longs textes, qui disaient en essence que, peu importe les faits que je citais, je ne les ferais pas changer d'avis. Je ne sais pas s'ils se rendent compte que le temps que j'ai pris à les lire, c'est du temps pour travailler que je ne retrouverai jamais.

J'ai vu des gens chercher l'exemple, LE truc que je n'avais pas lu et dont je ne pourrais pas discuter, pour me prouver que le livre accusé n'était pas si pire que ça. (Et oui, ces exemples existent, je n'en doute pas, mais ils ne sont pas couramment disponibles sur les tablettes du Walmart.)

J'ai vu mon texte, que je crois raisonné et nuancé, être lu quelque 5000 fois... Pendant que les opinions sans nuance de gens médiatisés, mais pas nécessairement informés, étaient lues et aimées dix fois plus.

J'ai perdu des amis. (Remarquez, si je perds des amis parce que je demande qu'on réfléchisse et qu'on se calme, c'est ptêt des amis que je préfère ne pas avoir.)

Bref, j'ai pu observer, de près, à quel point un appel à la raison et des mots rassurants ça peut passer dans le vide. À quel point les gens semblent préférer réagir que réfléchir. À quel point la peur de perdre des libertés individuelles et immédiates (écrire ce qu'on veut, lire ce qu'on veut) semble être le moteur pour mobiliser les gens.

Ce n'est pas rassurant (c'est même terrorisant) tout ça, mais, le sachant... Ptêt qu'on pourrait organiser une vraie campagne de peur au sujet des changements climatiques? :p Étudier la montée du prix des denrées en raison des changements du climat et leur expliquer ce que ça donnera si ça continue comme ça? Forcer les gens à s'indigner? Montrer ce qu'ils perdront comme libertés?

En attendant, vous pouvez être sûrs que tout ça va m'inspirer au moins un texte!

vendredi 24 mai 2019

On peut pas plaire à tout le monde

Récemment, alors que je discutais avec d'autres écrivains du concept de la diversité en littérature ( ça veut dire refléter la réalité dans nos textes et ne pas mettre seulement des personnages blancs, québécois de souche, hétérosexuels, etc.), l'un d'eux m'a lancé : "Le problème, c'est que si on fait ça, y'a des gens qui vont se plaindre qu'on a pas le droit, qu'on les approprie..."

C'est un point... qui mérite, je crois, d'être discuté.

Voyez-vous, dans ce genre de contexte, on tombe dans une situation pour laquelle les anglophones ont une très belle expression : damned if you do, damned if you don't (damné si vous le faites, damné si vous ne le faites pas). Vous ne représentez que des gens qui vous ressemble? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc. Vous représentez des gens qui ne vous ressemble pas et on vous reproche la manière dont vous l'avez faite? Vous risquez de passer pour un raciste, homophobe, etc, en plus d'un appropriateur culturel!

Savez-vous quoi? Tant qu'à moi, vous devriez y aller quand même pour la seconde option! Dans le premier cas, tous ceux qui vous liront pourront vous reprocher, avec raison, votre manque de réalisme et de sensibilité sociologique et culturelle. Tandis que dans le second cas, surtout si vous avez fait des recherches honnêtes (oui, ça implique d'aller parler avec des gens qui ne vous ressemblent pas, même si c'est intimidant), je parie qu'il y aura autant de gens heureux de lire vos efforts que de gens qui vous les reprocheront.

Et pour vous protéger de ceux qui vous feront des reproches, j'ai une petite formule magique à vous apprendre. Trois phrases. Dites sincèrement (mais voilà, faudra être sincère), elles règlent pas mal tous les problèmes. Les voici : "Je suis désolée si je vous ai offensé. Qu'est-ce que j'ai écrit qui vous dérange? Comment est-ce que je pourrais m'améliorer dans un prochain texte?"

Comme écrivain, comme artiste, on ne peut jamais plaire à tout le monde. Mais je pense que ce n'est pas une raison pour fuir devant les situations qui ouvrent à la critique. Sinon, on avancera jamais. Notre société est belle et riche à cause de sa diversité. Il faut apprendre à la mettre en scène dans notre littérature (parce qu'en introduisant les différences dans l'imaginaire collectif, on contribue à leur acceptation). Même si ça implique que ce sera pas parfait du premier coup.