vendredi 5 août 2022

Dévoilement de couverture

 Présentement, j'oscille entre deux états : "Mes dieux, j'y crois pas, je vais publier chez ALIRE!!!" et "Ok, calme-toi, c'est une super maison d'édition, mais c'est pas ton premier roman"...

Et puis arrive la page couverture...

Tant pis pour la retenue! La jeune lectrice en moi, celle qui était plus vite que son ombre pour repérer le dernier Alire sur un rayon de librairie, fait des backflips de joie depuis ce matin!

Ça changera sans doute pas ma vie, mais... Mes dieux, j'y crois pas, je publie chez Alire!!!!!

Pis la couverture (de François Vaillancourt) est géniale!

vendredi 22 juillet 2022

Vacances coupables

En 2020, j'ai passé, pour la première fois de ma vie, 10 jours sans ma puce. En théorie, c'était des vacances, des vraies (comme les parents en connaissent rarement) avec juste ma petite personne à m'occuper. En pratique, je m'ennuyais de ma puce, mon condo était pas encore meublé, Luc venait d'entrer dans ma vie, j'avais quand même quelques courriels professionnels demandant mon attention, bref, ça n'avait pas été aussi reposant que ça aurait pu. Mais bon, j'aurais la moitié des fins de semaine et un soir par semaine pour me reprendre...

En 2021, la puce a passé 14 jours avec son père. Cette fois, ça aurait dû être de vraies vacances. Mais des contrats se sont étirés, fallait faire ci ou ça pour VLB... donc il n'y a pas eu tellement de repos non plus. Mais bon, j'aurais une fin de semaine sur trois... ah non, une demi-journée aux trois semaine pour me ressourcer... 

Cette année, je m'étais dit que je ne me ferais pas avoir. Je ressens depuis longtemps (genre septembre dernier!) le besoin de vraies vacances, de temps calme pour moi et pour Luc. Sans aucune obligation reliée au travail. J'ai donc soigneusement calculé les contrats pour éviter d'encombrer les vacances prévues. La puce partait deux semaines chez son père et cette fois... 

Cette fois c'était sans compter mon ex qui a renoncé, en mai, à ses vacances avec la puce. J'étais dévastée, épuisée. C'est pas pour rien que la covid m'est rentrée dedans aussi solidement. 

Alors j'ai fait un truc que je ne pensais jamais faire : j'ai mis ma fille au camp de jour une semaine de plus que strictement nécessaire. C'était cette semaine. Je n'avais rien de prévu. Je me suis simplement reposée. Toute la journée. Avec Luc. À lire. Écrire quand l'envie nous en prenait. Écouter le silence. 

Je me suis sentie coupable. Je savais que ma fille était tannée des environnements structurés.

Mais j'en avais besoin.

En fait, une semaine, c'était pas assez, mais ça m'aura aidée à envisager les deux semaines à venir (les vacances en famille) avec plus de sérénité... et d'énergie!

lundi 11 juillet 2022

Cadeau d'écrivain

Pour la sortie de mon premier roman et mes 29 ans, mes collègues de bureau m'avaient offert un stylo en bambou. (J'peux même vous donner la date exacte, j'avais fait un billet de blogue! lol!)

Je l'ai traîné dans tous les lancements et salons du livre. Il en a signé des publications ce stylo! Au cours des ans et des pérégrinations, j'ai failli le perdre deux fois, il a cassé son agrafe, mes doigts l'ont décoloré et il a, coup fatal, presque épuisé ses cartouches d'encre (qui ont été discontinuées).

Puis est arrivé tous les bouleversements de 2020 et la reprise en mains de ma vie et mes quarante ans, étape symbolique, se sont pointés le nez... Et un soir Luc m'a demandé ce que j'aimerais pour ma fête... 

Le reste est un magnifique stylo! Épuré et élégant, il devrait être encore là dans 20 ans! ;) 

En haut, le nouvel ami; en bas, le retraité.

J'pense pas qu'il y ait un cadeau plus significatif à faire à un écrivain. C'est une belle manière de nous dire de continuer à écrire! (Ma petite soeur m'a bien fait rire d'ailleurs il y a quelques années en m'offrant un stylo-porte-clef capable d'écrire la tête en bas ou en haute altitude! Soit dit en passant : je l'ai toujours). 

En plus, ce stylo arrive juste avant les vacances, moment où j'écris toujours beaucoup à la main dans des carnets. Oh oh, on dirait que je vais devoir m'acheter des nouveaux carnets :p 

mercredi 6 juillet 2022

Sur les rives de la quarantaine

J'ai quarante ans aujourd'hui!

Pour mes trente ans, je m'étais amusée à écrire des billets rigolos avec la métaphore de l'abordage. Vous pouvez les lire ici et

Hé bien... vu les eaux troublées sur lesquelles ma trentaine a vogué (deuils, infertilité, grossesse difficile, problèmes de maison, divorce, pandémie... de beaux succès aussi, mais souvent noyés dans le reste), je dois dire que je suis moins angoissée que prévu d'aborder enfin les rives de la quarantaine. 

Il paraît que, mes années fertiles touchant à leur fin, je quitte la catégorie des jeunes femmes séduisantes pour devenir invisible aux yeux des hommes. Tant que Luc me voit encore, les autres j'en ai rien à cirer. :p Par contre, ils risquent de m'entendre (et de me lire) plus que jamais, car le temps qui passe semble m'aider à (re)trouver ma voix.

En plus, pour la première fois en trois ans, le mot "quarantaine" va référer à un chiffre, évoquer une fête avec des parents et amis, plutôt que des journées d'isolement! Yeah! 

C'est sûr que je me demande un peu comment je suis arrivée là. Quarante ans, c'est un âge de dame respectable... alors que, dans ma tête, j'suis encore une écolière à la fois nerd et un peu rebelle qui lit des romans au lieu d'écouter ses cours.

Et puis... quand je regarde où en est ma vie, avec mes publications, mes directions littéraires, mon condo, ma puce, mon amoureux, les prix, la broderie et la demi-lune de yoga qui tient enfin en suspension, je me dis que c'est normal que je n'aie plus 20 ans. ;) 

Récapitulatif de ce que je veux cultiver dans la prochaine décennie! ;) 



jeudi 16 juin 2022

Compter les jours avant l'été

L'année scolaire tire à sa fin. L'été s'en vient. 

Ma puce compte les jours : 6 journées d'école avant la liberté. 

L'été s'en vient, le camp de jour est réservé depuis février. Mon ex m'a annoncé en avril qu'il ne prendrait désormais la puce qu'un dimanche, de 10h à 18h, toutes les trois semaines. Et que non, il ne prendrait pas deux semaines de vacances avec elle. (Ne me demandez pas pourquoi : je ne le sais pas.)

Alors je compte aussi : 6 jours de travail ininterrompus avant de devoir me livrer à neuf semaines de conciliation travail-famille. 

Heureusement, j'avais prévu quelques semaines de camp de jour. Jusqu'à hier, j'étais sur la liste d'attente pour deux autres, vu le changement de plans à la dernière minute. La chance m'a sourit : elles se sont libérées. Là je dois juste vivre avec la culpabilité d'imposer à ma puce un environnement structuré pendant la moitié de son été. Elle qui vit si mal avec les règles de l'école. 

Heureusement, il y aura des vacances à trois avec mon amoureux. Ce sera pas reposant, mais ça va changer le mal de place.

Il y aura aussi, je l'espère, quelques visites de la puce chez des amies de son âge. (Quoique si je me fie aux années passées, il y aura surtout des fillettes sur le bord de la piscine du condo!)

Mais les deux semaines perdues à cause de la covid font mal. Les deux semaines sans enfant qui n'auront pas lieu, aussi. Je vois venir bien des soirées de travail à tenter de boucler les contrats dans un délai raisonnable.

Je viens de remporter le prix Boréal de la meilleure nouvelle. J'ai du mal à me réjouir. Je ne sais pas quand je pourrai me concentrer à nouveau sur l'écriture. On me dit souvent (jusqu'à deux fois dans la même journée dernièrement!) que j'ai beaucoup de mérite à concilier ma maternité avec la carrière littéraire, surtout la création. 

Savez-vous, je prendrais moins de mérite, pis plus de temps de création. 

Je compte les jours avant l'été... en espérant qu'il me laissera souffler. 

lundi 30 mai 2022

Rester à 2 mètres quand t'es 3 dans un 4½

Voilà bientôt deux ans qu'on vit à 3 dans notre condo 4 et demi. Et malgré les confinements et les quelques épisodes de maladie, jamais on ne s'est senti à l'étroit.

Chacun a ses quartiers : la puce a sa chambre, le bureau de Luc est dans la nôtre (ce qui lui permet de se réveiller aux aurores et faire ses affaires sans réveiller la puce, puisque de mon côté je pourrais dormir au milieu d'une canonnade à condition que personne n'appelle "maman") et moi j'ai le meilleur coin du salon. (Pour la "chambre à soi" on repassera, mais de toute manière si la puce est là je ne peux pas travailler, pièce fermée ou pas.)

Vu la santé de Luc, le moindre rhume est problématique alors on avait déjà établi les protocoles nécessaires. S'il n'y a que lui qui tombe malade, on ne l'isole pas : nos systèmes immunitaires à moi et à la puce sont capables d'en prendre. Si la puce est malade, Luc s'isole, je soigne la puce et au moindre symptômes je dors dans le salon pour éviter de contaminer mon chum. 

Le seul cas de figure qu'on avait pas prévu, c'est ce qui est arrivé mardi dernier. J'étais épuisée depuis quelques temps (parce que je travaille beaucoup et que j'ai la garde de la puce 95% du temps), alors en me levant à plat mardi matin, je décide de prendre la journée en vacances. Et peut-être une autre le lendemain... Sauf que mon état se détériore durant la journée, donc le soir, voulant en avoir le coeur net, j'ai droit à ça : 

L'apocalypse

Test Covid positif. Mon premier depuis le début de la pandémie. Et sans aucune idée de comment j'ai bien pu attraper ça, vu qu'on est aussi prudents qu'au début de la pandémie! Bon, aller, me dis-je en enfilant mon masque, si je l'ai pognée, les autres aussi et on sera une belle gang de joyeux covidés...

Mais non. Test négatif pour la puce et l'amoureux. Je braille un peu de panique devant l'ampleur de la situation à gérer. Je suis la seule contaminée (et donc potentiellement contagieuse!) Je consulte les consignes gouvernementales : je dois m'isoler durant 5 jours, "dans une pièce isolée et utiliser une salle de bain dédiée". Euh... l'époque du cottage avec chambres vides et trois salles de bain étant révolue pour moi, ça s'annonce mal. 

J'établis mes quartiers dans le salon. Je me munis de lingettes, de purell, de ma boîte de kleenex et d'une poubelle qui m'est dédiée. J'ouvre les fenêtres. 

Mes quartiers

Au moins, je découvre que la puce peut aller à l'école, masquée. Je vais donc pouvoir me reposer... Et heureusement! Parce que du mercredi au vendredi, servir le déjeuner de la puce, la mettre dans le bus, avaler un repas, prendre une douche, désinfecter une pièce ou superviser 15 minutes de devoirs seront des épreuves qui me demanderont ensuite une sieste pour récupérer. J'ai la gorge enflée et à vif, le nez qui coule (mais pas de perte d'odorat), des quintes de toux qui me laissent épuisée, des douleurs musculaires dans tout le corps (mais particulièrement dans le bas du dos, ce qui rend vite toute position inconfortable), le souffle court, des poussées de fièvre qui me font trembler et claquer des dents, en plus de cette fatigue intense qui m'interdit même de lire. 

Je ne quitte mon masque que lorsque je suis seule dans le salon pour une longue période avec des fenêtres ouvertes ou si c'est absolument nécessaire, comme pour brosser mes dents et prendre ma douche (je désinfecte ensuite la salle de bain), avaler mes repas et dormir. Luc se masque aussi en ma présence. 

Déjeuner en "compagnie" de la puce

Une chance que Luc est là pour nous ravitailler, me nourrir, garder la maison un peu à l'ordre et aller chercher la puce à l'autobus ou au service de garde. Je ne sais pas comment on aurait fait si on avait été malades les trois en même temps! Ou si ça avait été un moment de l'année où on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres! 

Samedi, la fièvre disparaît, je remonte la pente. Dimanche, j'obtiens un test Covid négatif. Je peux techniquement quitter l'isolement, mais comme je dois rester masquée et à deux mètres, ça ne change pas grand chose. La puce commence à souffrir du manque de contact (même si je lui fais des câlins, je reste masquée et je ne m'éternise pas comme d'habitude). Luc et moi aussi d'ailleurs. Et j'ai mal aux oreilles à cause des élastiques des masques. Mais je tousse encore, alors autant rester prudente. 

Encore 4 jours à patienter, en me croisant les doigts pour que la puce et l'amoureux se soient sauvé du virus et ne développeront pas de symptômes. 

Ouf, on y aura goûté à l'isolement et à la solitude et au manque de ressources extérieures durant cette foutue pandémie. Au moins, j'ai pas eu à vivre ça avec une puce hyperactive en état d'aller à l'école, mais confinée à la maison.

Et j'suis foutument contente d'avoir eu mes trois doses! J'aurais pas voulu voir le résultat sinon. 

(Mise-à-jour : Et on découvre au jour 8 que malgré tout ça, Luc l'a pognée. Os-tie. )

lundi 16 mai 2022

Prix Solaris 2022!

Peu de temps après avoir commencé à publier, je m'étais lancé un défi : gagner un prix Solaris. 

À l'époque, ça me paraissait inatteignable. La compétition est féroce : des textes moins nombreux qu'au prix de la nouvelle Radio-Canada ou à d'autres concours, mais qui proviennent souvent d'habitués de la revue, d'écrivains professionnels...

Qu'à cela ne tienne, depuis 2014, je me suis essayée presque chaque année. Mes textes ont été remarqués et publiés dans la revue, mais je n'arrivais pas à remporter la palme. Un prix Alibis, un Canada-Japon, une place de finaliste au Radio-Canada, deux Aurora-Boréal, oui, mais le Solaris? Non. Il m'échappait chaque fois.

Jusqu'à cette année! :)

Suffisait donc de croiser l'image antique de la femme-escargot avec le Boys' Club de Martine Delvaux, sur fond de Moana qui tournait en boucle pendant que j'essayais d'écrire en tant que mère monoparentale épuisée en maudit par une pandémie. 

... Franchement, malgré le résultat, je ne recommande pas la méthode, c'est un peu usant pour les nerfs! :p J'en essaierai une autre la prochaine fois! ;)