Bon, billet technique aujourd'hui. Voyez-vous, je me suis fait demander par une connaissance (un peu en panique) comment j'avais fait pour rétablir mon allaitement mal entamé. J'allais lui répondre par courriel, mais ensuite j'ai réalisé que quand ça m'est arrivé, j'avais cherché des infos sur le net sans rien trouver. Donc, je me dévoue.
Avertissement : les paragraphes qui suivent parlent de seins de la façon la moins érotique du monde. Ils pourraient activer l'alerte "trop d'informations" chez certaines personnes. Lisez à vos risques!
Bon, un rappel rapide des faits : pour toutes sortes de raison (impossibilité de faire du peau à peau à la naissance, bébé avec une méga jaunisse et pas beaucoup de force qui s'endormait au sein, absence de support du personnel médical qui aurait dû me dire de tirer mon lait, manque de chance caractérisée de la maman), ma production de lait s'est mal installée à la naissance de ma puce. J'ai à peine remarqué ma montée de lait. Résultat : au bout d'une semaine, ma puce n'avait pas pris de poids. Pire, elle s'est mise à en perdre.
Plusieurs théories ont été envisagées : je manquais de lait ou il n'était pas assez gras ou la puce ne tétait pas bien. En rétrospective, je crois que je manquais de lait. Deux mois plus tard, j'allais découvrir c'était quoi les signaux physiologiques d'un sein plein. À ce moment-là, je n'en avais aucune idée.
Alors on a dû "compléter l'allaitement", c'est-à-dire donner des biberons de formule, en plus des tétées. On a même dû écourter les tétées, parce que ma puce s'épuisait à tirer sur le sein.
Mais je voulais vraiment allaiter. On m'a donc donné du Dompéridone, un médicament qui, dans certains cas, repart la montée de lait. Ça n'a pas marché. Après quelques jours, je me suis mise à prendre également du Chardon béni et du Fénugrec (en gélules vendues dans le département de produits naturels des pharmacies ou dans les boutiques de produits naturels). J'ai eu l'impression que ça a aidé un peu plus.
Mais ce qui m'a vraiment permis de stimuler ma production de lait et de rétablir mon allaitement, ce fut le tire-lait. La méthode que j'ai suivie était simple (mais éprouvante) : je donnais la tétée à ma fille (5 minutes par sein), puis mon chum lui donnait son biberon de complément et moi j'allais tirer mon lait (15 minutes par sein... l'emploi d'un tire-lait électrique double, affectueusement nommé "trayeuse", est donc devenu incontournable, histoire que je fasse autre chose de ma vie). Je tirais après chaque boire, sans exception. Même ceux du milieu de la nuit. J'obtenais 15 à 20 ml de lait, que je mettais de côté et congelais. En théorie, j'aurais pu m'en servir pour "compléter" le boire suivant de ma puce, mais en pratique j'osais pas, puisqu'on avait peur que mon lait ne soit pas assez gras. (En rétrospective, j'aurais dû essayer).
Après quelques jours, ma puce ayant repris des forces et du poids grâce aux biberons de formule, je me suis mise à la laisser téter tant qu'elle était active et avalait bien. Les tétées se sont lentement allongées. Mais ensuite, j'allais toujours tirer mon lait durant 15 minutes.
Entre les boires, la puce (qui avait des coliques) passait beaucoup de temps à dormir collée contre moi, dans le porte-bébé. Comme il faisait chaud, je la plaçais souvent en couche dans mon écharpe de portage, sous laquelle je ne portais moi-même qu'une petite camisole. Je mentionne ce détail, car le contact peau à peau est bon pour la production de lait et le portage nous en a procuré beaucoup (même si c'était pas vraiment l'objectif).
Après environ un mois à ce régime (ouaip, ça a été long!), ma puce s'est mise à régurgiter beaucoup après chaque boire. On a donc diminué légèrement la quantité de complément qu'on lui donnait (on a commencé par retirer 10 ml par boire, puis 10 ml supplémentaires au bout de quelques jours, voyant qu'elle régurgitait encore, etc). Les tétées se sont allongées et sont devenues plus énergiques.
Après environ un mois et demi, la puce s'est mise à s'endormir au sein, satisfaite, après son boire du milieu de la nuit. Plus besoin de complément. J'ai rapidement arrêté de tirer mon lait après ce boire-là (parce que ça me permettait de retourner me coucher plus vite et le sommeil, c'est bon pour la production de lait!).
Puis, peu à peu, on s'est retrouvés à éliminer comme ça le biberon de complément pour un boire, puis un autre, puis un autre encore (on en éliminait un à tous les trois jours environ). Je n'ai pas tout de suite arrêté de tirer mon lait après ces boires de jour, histoire de continuer à encourager ma production. On surveillait étroitement le poids et la santé de la puce, mais elle allait bien. J'ai commencé à voir la lumière au bout du tunnel. Je sentais mes seins devenir lourds avant une tétée.
Finalement, après environ deux mois, ma fille s'est retrouvée à être nourrie exclusivement au sein. J'ai commencé à relâcher la discipline du tire-lait, un boire à la fois, en étant hyper vigilante des signaux de satiété de ma puce. Tout se passait bien. Puis j'ai arrêté de prendre du Fénugrec et du Chardon béni.
Ma puce avait deux mois et demi lorsque j'ai dit adieu à mes bouteilles de produits naturels et remisé mon tire-lait pour quelques semaines (avec tout ce que j'avais de congelé, je n'ai pas eu besoin de me tirer du lait pour un bout de temps!). Après cela, je n'ai plus eu de problème à l'allaiter (même si sa poussée de croissance des trois mois, où elle a demandé le sein toutes les heures pendant 3 jours, m'a fait vraiment peur!) et je l'ai fait pendant 13 mois. Mais je n'aurais jamais réussi à récupérer l'allaitement mal engagé si je n'avais pas eu le support constant de mon chum qui s'occupait de la puce après chaque boire, durant mes séances de tire-lait. (Parce que j'ai pas le genre de bébé qui aurait accepté que je passe 15 minutes sans m'occuper de lui!)
Morale de cette histoire : rétablir un allaitement mal parti, ça se fait, mais c'est de l'ouvrage et c'est une job pour deux personnes.
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mercredi 11 novembre 2015
lundi 3 novembre 2014
mardi 28 octobre 2014
J'vous néglige
J'vous néglige, je m'en excuse. D'ailleurs, je m'ennuie des échanges qu'on a parfois ici.
Malheureusement, mes journées passent à une vitesse folle et je n'ai pas trop la tête à réfléchir sur l'écriture.
Ces jours-ci, quand j'ai finalement le temps d'écrire, je me lance dans la création pure, parce que ça me fait un bien fou.
Le reste du temps, je me creuse les méninges à essayer de résoudre d'épineux problèmes du genre "pourquoi mon bébé s'est-il mis à boire à toutes les deux heures au lieu de trois?" (poussée de croissance je pense) et "est-ce que je devrais essayer de la coucher vers huit heures le soir ou est-ce que je continue à la coucher plutôt vers onze heures?" Ouaip, pas de doute, j'suis une maman maintenant. ;)
J'ai un peu hâte que bébé soit moins prenante. Mais en même temps, j'apprécie beaucoup de passer un après-midi à regarder un film, avec ma puce qui dort blottie dans mes bras. On partage une doudou, on est au chaud, on est bien. J'ai toujours aimé faire du cooconing quand l'automne arrive. Mettons que là je suis servie!
Malheureusement, mes journées passent à une vitesse folle et je n'ai pas trop la tête à réfléchir sur l'écriture.
Ces jours-ci, quand j'ai finalement le temps d'écrire, je me lance dans la création pure, parce que ça me fait un bien fou.
Le reste du temps, je me creuse les méninges à essayer de résoudre d'épineux problèmes du genre "pourquoi mon bébé s'est-il mis à boire à toutes les deux heures au lieu de trois?" (poussée de croissance je pense) et "est-ce que je devrais essayer de la coucher vers huit heures le soir ou est-ce que je continue à la coucher plutôt vers onze heures?" Ouaip, pas de doute, j'suis une maman maintenant. ;)
J'ai un peu hâte que bébé soit moins prenante. Mais en même temps, j'apprécie beaucoup de passer un après-midi à regarder un film, avec ma puce qui dort blottie dans mes bras. On partage une doudou, on est au chaud, on est bien. J'ai toujours aimé faire du cooconing quand l'automne arrive. Mettons que là je suis servie!
mercredi 22 octobre 2014
Quand c'est pas une affaire, c'est une autre
Coudonc, on dirait que je suis en train d'apprendre la règle de base de la parentalité : quand c'est pas une affaire qui nous inquiète avec un bébé, c'est une autre.
Hier, rendez-vous chez le médecin pour constater que la peau de ma puce est redevenue à peu près normale. Faut encore lui mettre un peu de crème médicamentée, ainsi que des tonnes de crème hydratante, mais l'état général est en bonne voie de guérison.
Par contre, on fait remarquer au médecin qu'on a l'impression que notre fille a la tête un peu aplatie d'un côté. Le médecin confirme. Elle fait quelques manipulations avec la puce et comprend le problème : pour une raison inconnue, Éliane n'aime pas tourner la tête d'un côté. Alors malgré tous nos efforts pour la changer de position, elle dort toujours avec la tête orientée de la même façon, ce qui a aplati une zone à l'arrière de son crâne. Ça a aussi désaligné ses oreilles et elle semble avoir un œil un peu plus petit que l'autre (ça on avait remarqué depuis un bout de temps, mais on s'était fait dire que c'était normal). Bref, si on ne veut pas condamner notre puce à avoir une tête asymétrique pour le reste de sa vie, l'heure est grave.
Alors là, c'est le branle-bas de combat. Rendez-vous avec un ostéo, un chiro, un physio, demande de consultation à Ste-Justine...
Me semble que j'ai même pas eu le temps de me dire "Ouf, mon bébé va mieux" que j'ai déjà une nouvelle raison de m'en faire et de courir après les rendez-vous médicaux.
Rassurez-moi, c'est-tu normal?
Hier, rendez-vous chez le médecin pour constater que la peau de ma puce est redevenue à peu près normale. Faut encore lui mettre un peu de crème médicamentée, ainsi que des tonnes de crème hydratante, mais l'état général est en bonne voie de guérison.
Par contre, on fait remarquer au médecin qu'on a l'impression que notre fille a la tête un peu aplatie d'un côté. Le médecin confirme. Elle fait quelques manipulations avec la puce et comprend le problème : pour une raison inconnue, Éliane n'aime pas tourner la tête d'un côté. Alors malgré tous nos efforts pour la changer de position, elle dort toujours avec la tête orientée de la même façon, ce qui a aplati une zone à l'arrière de son crâne. Ça a aussi désaligné ses oreilles et elle semble avoir un œil un peu plus petit que l'autre (ça on avait remarqué depuis un bout de temps, mais on s'était fait dire que c'était normal). Bref, si on ne veut pas condamner notre puce à avoir une tête asymétrique pour le reste de sa vie, l'heure est grave.
Alors là, c'est le branle-bas de combat. Rendez-vous avec un ostéo, un chiro, un physio, demande de consultation à Ste-Justine...
Me semble que j'ai même pas eu le temps de me dire "Ouf, mon bébé va mieux" que j'ai déjà une nouvelle raison de m'en faire et de courir après les rendez-vous médicaux.
Rassurez-moi, c'est-tu normal?
mardi 21 octobre 2014
Dernières nouvelles
J'ai pas grand chose à raconter, alors je vais vous donner les dernières nouvelles en vrac.
Ma puce va mieux. La crème prescrite a fait disparaître les plaques sur son corps et est en train de venir à bout de celles sur ses joues. Le diagnostic était bon, faut croire, même si les médecins avaient pas l'air trop sûrs de leur affaire. On espère juste que ça ne reviendra pas. Preuve ultime que mon bébé est revenu à la santé, elle a recommencé à dormir des 6-7 heures. Ouf! C'était dur de se remettre à faire des nuits coupées en tranches de 3 heures après avoir connu le plaisir des nuits presque normales!
Changement que je n'espérais même plus : on dirait que mes efforts pour tirer mon lait et continuer à allaiter coûte que coûte sont en train de porter fruits. La puce s'était mise à s'agiter et à régurgiter beaucoup après chaque boire. On a diminué pas mal la quantité de lait maternisé qu'on lui donnait au biberon pour compléter l'allaitement et la situation s'est placée. Je n'ai plus besoin de lui donner de biberon pendant les boires de nuit et on commence à penser que d'ici la fin du mois, on pourra peut-être arrêter complètement les biberons complémentaires. Mettons que ça va pas mal nous simplifier la vie, surtout pour les sorties hors de la maison!
J'ai terminé la révision linguistique de Hanaken III. La prochaine étape, ce sera de vous présenter la page couverture. Puis de réviser les épreuves. Puis d'attendre que ce soit imprimé. Enfin, ça s'en vient. Et quand je vois ce qui se passe avec La Courte Échelle, ça ne me dérange pas de patienter après mon éditeur. Qu'il prenne le temps de soigner ses finances, je vais attendre mon tour pour le reste!
Une nouvelle écrite lors de l'atelier d'écriture 2011 paraîtra bientôt dans Solaris. J'en suis très fière, parce qu'elle a demandé une bonne réécriture, pour laquelle j'avais peu de piste. Il m'a fallu plusieurs années avant de comprendre quoi faire avec ce texte pour qu'il fonctionne, mais j'ai fini par y arriver toute seule! :)
J'ai hâte de commencer mon roman policier, mais je vais d'abord travailler quelques nouvelles débutées avant mon accouchement. Parce qu'il me reste encore des détails à placer dans ma tête. Et puis parce que j'ai pas encore tellement de temps chaque jour pour écrire. (C'est pas pour rien que le blogue souffre).
Côté lecture, mon chum et moi nous sommes mis à dévorer des bandes dessinées. On s'est notamment acheté l'intégrale des Lucky Luke scénarisés par Goscinny, histoire de remplacer mes vieux albums hérités de mon père qui tombaient en lambeaux. En les relisant, je comprends d'où me vient mon amour des westerns.
C'est pas mal tout de mon côté. Et vous, ça va?
Ma puce va mieux. La crème prescrite a fait disparaître les plaques sur son corps et est en train de venir à bout de celles sur ses joues. Le diagnostic était bon, faut croire, même si les médecins avaient pas l'air trop sûrs de leur affaire. On espère juste que ça ne reviendra pas. Preuve ultime que mon bébé est revenu à la santé, elle a recommencé à dormir des 6-7 heures. Ouf! C'était dur de se remettre à faire des nuits coupées en tranches de 3 heures après avoir connu le plaisir des nuits presque normales!
Changement que je n'espérais même plus : on dirait que mes efforts pour tirer mon lait et continuer à allaiter coûte que coûte sont en train de porter fruits. La puce s'était mise à s'agiter et à régurgiter beaucoup après chaque boire. On a diminué pas mal la quantité de lait maternisé qu'on lui donnait au biberon pour compléter l'allaitement et la situation s'est placée. Je n'ai plus besoin de lui donner de biberon pendant les boires de nuit et on commence à penser que d'ici la fin du mois, on pourra peut-être arrêter complètement les biberons complémentaires. Mettons que ça va pas mal nous simplifier la vie, surtout pour les sorties hors de la maison!
J'ai terminé la révision linguistique de Hanaken III. La prochaine étape, ce sera de vous présenter la page couverture. Puis de réviser les épreuves. Puis d'attendre que ce soit imprimé. Enfin, ça s'en vient. Et quand je vois ce qui se passe avec La Courte Échelle, ça ne me dérange pas de patienter après mon éditeur. Qu'il prenne le temps de soigner ses finances, je vais attendre mon tour pour le reste!
Une nouvelle écrite lors de l'atelier d'écriture 2011 paraîtra bientôt dans Solaris. J'en suis très fière, parce qu'elle a demandé une bonne réécriture, pour laquelle j'avais peu de piste. Il m'a fallu plusieurs années avant de comprendre quoi faire avec ce texte pour qu'il fonctionne, mais j'ai fini par y arriver toute seule! :)
J'ai hâte de commencer mon roman policier, mais je vais d'abord travailler quelques nouvelles débutées avant mon accouchement. Parce qu'il me reste encore des détails à placer dans ma tête. Et puis parce que j'ai pas encore tellement de temps chaque jour pour écrire. (C'est pas pour rien que le blogue souffre).
Côté lecture, mon chum et moi nous sommes mis à dévorer des bandes dessinées. On s'est notamment acheté l'intégrale des Lucky Luke scénarisés par Goscinny, histoire de remplacer mes vieux albums hérités de mon père qui tombaient en lambeaux. En les relisant, je comprends d'où me vient mon amour des westerns.
C'est pas mal tout de mon côté. Et vous, ça va?
lundi 13 octobre 2014
Ne rien faire
J'en ai parlé à quelques personnes au lancement en fin de semaine (c'était un super événement en passant, j'en reviens pas de la quantité de personnes présentes!). Ce que je trouve le plus dur dans mes journées de nouvelle maman, c'est tout le temps que je passe à ne rien faire.
Voyez-vous, mon bébé dort beaucoup. Mais uniquement dans mes bras ou dans ceux de son papa. Et comme on ne peut pas toujours la mettre dans le porte-bébé (elle s'est mise à régurgiter beaucoup quand elle est à la verticale et disons que c'est déplaisant de se faire régurgiter dessus quand on est strapé dans un porte-bébé), ben la position la plus confortable pour la laisser dormir, c'est effouairé sur le sofa. Lorsqu'elle a des coliques, nos bras et le sofa semblent également la réponse à ses maux.
Sauf que, une fois sur le sofa avec un bébé dans les bras, impossible de se servir d'un ordinateur ou de taper du texte, difficile de lire (impossible en tout cas de lire 6, Chalet des Brumes, parce qu'il y a pas mal trop de pages à tourner!), bref, pas moyen de faire quoique ce soit! La solution : regarder la télé. Films, séries télé, documentaires, tout y passe (avec les sous-titres, histoire de ne pas manquer trop de texte quand bébé se met à pleurer). Éliane est heureuse, au chaud, et moi j'ai une source de distraction...
Mais mes dieux que je ne me sens pas productive!
C'est vraiment pas facile de ne rien faire quand on est plutôt du genre à exécuter quatre tâches en même temps!!!
Voyez-vous, mon bébé dort beaucoup. Mais uniquement dans mes bras ou dans ceux de son papa. Et comme on ne peut pas toujours la mettre dans le porte-bébé (elle s'est mise à régurgiter beaucoup quand elle est à la verticale et disons que c'est déplaisant de se faire régurgiter dessus quand on est strapé dans un porte-bébé), ben la position la plus confortable pour la laisser dormir, c'est effouairé sur le sofa. Lorsqu'elle a des coliques, nos bras et le sofa semblent également la réponse à ses maux.
Sauf que, une fois sur le sofa avec un bébé dans les bras, impossible de se servir d'un ordinateur ou de taper du texte, difficile de lire (impossible en tout cas de lire 6, Chalet des Brumes, parce qu'il y a pas mal trop de pages à tourner!), bref, pas moyen de faire quoique ce soit! La solution : regarder la télé. Films, séries télé, documentaires, tout y passe (avec les sous-titres, histoire de ne pas manquer trop de texte quand bébé se met à pleurer). Éliane est heureuse, au chaud, et moi j'ai une source de distraction...
Mais mes dieux que je ne me sens pas productive!
C'est vraiment pas facile de ne rien faire quand on est plutôt du genre à exécuter quatre tâches en même temps!!!
vendredi 5 septembre 2014
La première aventure d’Éliane - Épilogue - Maudite balance
La première
demi-journée à la maison avec la puce s’est super bien passée.
Elle buvait bien et dormait entre les boires. La nuit a aussi été
relativement facile. Enfin, pour moi. Pour mon chum qui expérimentait
pour la première fois le sommeil fractionné, ça a été plus dur.
Par contre, c’était bizarre : ma montée de lait, vigoureuse
la veille, semblait être moins remarquable. Je n’avais jamais les
seins engorgés ou durs ou douloureux... Bah, c’était peut-être
juste parce que la puce tétait bien...
Hé bien non. Le verdict est tombé à l’hôpital : elle avait encore maigri. Elle s’était épuisée à téter. Soit je n’avais pas assez de lait, soit elle n’arrivait pas à aller chercher le lait le plus nutritif. On nous a donné des biberons de lait pour prématuré, à donner à la puce après le boire au sein, histoire d’essayer de lui faire prendre de l’énergie et des calories. Et on devait retourner à l’hôpital le lendemain matin. La méthode, crève cœur pour moi car je ne voulais pas que la puce prenne l’habitude du biberon, a fonctionné : 24 heures plus tard, elle avait repris un peu de poids. On m’a prescrit un médicament pour augmenter ma production de lait, puisque je leur ai dit que je n’avais jamais les seins engorgés. Peut-être que c’était ça le problème. On m’a aussi dit de tirer mon lait après chaque boire et de lui donner au biberon.
Le lendemain, la puce
était un peu plus plaignarde. Elle chignait entre les boires et
était difficile à rendormir. Mais bon, c’est ça aussi avoir un
bébé, on le savait, alors malgré notre fatigue intense, on s’est
relayés pour la bercer. C’est là qu’on a découvert que j’avais
vraiment eu une bonne idée en demandant un porte-bébé « Maman
Kangourou » comme cadeau. Une fois enroulée dans l’écharpe
et bien serrée contre nous, notre fille dormait comme un charme.
Cette nuit-là a été
difficile. La puce refusait de dormir après les boires. À
l’hôpital, lors du suivi, on a découvert qu’elle avait encore
perdu du poids. À un rythme alarmant. Maudite balance! Ma puce
n’avait même pas deux semaines que déjà elle en subissait la
tyrannie. On m’a dit de tirer mon lait après le boire et d’essayer
de lui donner au gobelet. Peut-être qu’elle ne tétait pas
efficacement... On nous a donné un rendez-vous pour le lendemain.
Je n’ai pas pu
essayer leur histoire de gobelet : dès le retour à la maison,
ma fille s’est mise à pleurer et à hurler presque sans
discontinuer. La seule chose qui la calmait, c’était lorsque je la
mettais au sein. Je me suis donc retrouvée à allaiter pendant
presque 18 sur les 24 heures suivantes. Au moins, me suis-je dit,
elle prendrait du poids avec toutes ces tétées...
Hé bien non. Le verdict est tombé à l’hôpital : elle avait encore maigri. Elle s’était épuisée à téter. Soit je n’avais pas assez de lait, soit elle n’arrivait pas à aller chercher le lait le plus nutritif. On nous a donné des biberons de lait pour prématuré, à donner à la puce après le boire au sein, histoire d’essayer de lui faire prendre de l’énergie et des calories. Et on devait retourner à l’hôpital le lendemain matin. La méthode, crève cœur pour moi car je ne voulais pas que la puce prenne l’habitude du biberon, a fonctionné : 24 heures plus tard, elle avait repris un peu de poids. On m’a prescrit un médicament pour augmenter ma production de lait, puisque je leur ai dit que je n’avais jamais les seins engorgés. Peut-être que c’était ça le problème. On m’a aussi dit de tirer mon lait après chaque boire et de lui donner au biberon.
J’ai cru voir une
amélioration de ma production de lait. La puce semblait dormir un
peu mieux. On s’est déplacés à l’hôpital tous les matins
pendant trois autres jours. La puce engraissait enfin, quoique
vraiment lentement. On a diminué la quantité de lait pour prématuré qu'on lui donnait et on a compensé avec le lait que je tirais entre deux boires. L’hôpital a passé la main au CLSC pour
assurer le suivi. On a eu des nuits un peu plus faciles. Pas beaucoup
plus faciles, mais un peu.
L’infirmière du CLSC est venue peser la puce... Et, merde, elle avait à peine engraissé! J’étais découragée. Je pleurais. L’infirmière m’a examinée et a constaté que ma montée laiteuse ne semblait pas s’être vraiment installée, malgré le médicament. Elle nous a donné un horaire à respecter : toutes les trois heures, je devais mettre la puce au sein, puis la changer de couche, puis la remettre au sein, puis lui donner à boire du lait que j’avais préalablement tiré, puis tirer du lait (en prévision du boire suivant), tandis que mon chum essayait d’endormir la puce. L’infirmière a dit qu’elle reviendrait 48 heures plus tard pour faire un contrôle.
L’infirmière du CLSC est venue peser la puce... Et, merde, elle avait à peine engraissé! J’étais découragée. Je pleurais. L’infirmière m’a examinée et a constaté que ma montée laiteuse ne semblait pas s’être vraiment installée, malgré le médicament. Elle nous a donné un horaire à respecter : toutes les trois heures, je devais mettre la puce au sein, puis la changer de couche, puis la remettre au sein, puis lui donner à boire du lait que j’avais préalablement tiré, puis tirer du lait (en prévision du boire suivant), tandis que mon chum essayait d’endormir la puce. L’infirmière a dit qu’elle reviendrait 48 heures plus tard pour faire un contrôle.
On s’est lancés dans
cette nouvelle routine. En tout, il nous fallait entre une heure
trente et deux heures pour la compléter, car la puce tétait
longtemps, puis pleurait et refusait de dormir. Et le cycle se
répétait toutes les 3 heures. Ça nous laissait une heure pour
dormir entre les boires. Quand l’infirmière est revenue, on était
épuisés, physiquement et moralement.
Et la puce, bien
qu’elle ne montre aucun signe de déshydratation, n’avait pas
pris un gramme. Et mes seins produisaient plus, mais ne devenaient
toujours pas engorgés. C’est alors qu’on a fini par mettre le
doigt sur le problème. Mon lait maternel, une fois réfrigéré,
aurait dû se déphaser en une bonne couche de gras (jaunâtre chez la plupart des femmes) et du
lait (blanc ou bleuté) à haute teneur en eau. Le mien, même après deux
jours de réfrigération, restait blanc et clair, comme du lait 1%.
Ma montée laiteuse s’était faite à moitié, sans doute à cause
de l’épuisement de mon séjour à l’hôpital (ainsi que de l'absence de contact peau à peau précoce avec ma puce, et du fait qu'elle n'a pas vraiment été allaitée à la demande dans ses premiers jours de vie, et peut-être aussi parce que j'ai été mal coachée puisqu'on aurait dû me dire que des tétées de deux heures c'était pas normal...). Enfin, bref, mon corps n’avait
pas reçu les bons signaux et ne produisait pas de lait nutritif.
L’infirmière,
pourtant plutôt du genre « nazi de l’allaitement »
comme il y en a tant dans les hôpitaux et les CLSC, m’a alors
dit : « Tu as fait tout ce que tu pouvais, c’est le
temps de passer au biberon ».
Je pense que j’ai
braillé toutes les larmes de mon corps. Je voulais tellement
allaiter! Je n’avais pas réalisé à quel point c’était
important pour moi avant qu’on me dise que je ne le pouvais plus.
Je n’avais pas pensé que j’aurais des problèmes pour ça aussi.
Nourrir son enfant au sein, c’est un contact magique, chargé
d’émotions. En plus, pendant les premiers jours de la vie de ma
fille, ça avait été notre seul contact. Je ne voulais pas le
sacrifier. Dans les cours prénataux on nous avait chanté sur tous
les tons que l’allaitement était toujours possible, que c’était
une question de volonté, de discipline, deux trucs dont je manque pas d'habitude! Depuis la naissance de ma
puce, j’avais fait tout ce que je pouvais pour sauvegarder mon
allaitement et lui donner tous les bienfaits du lait maternel... Et
là j’apprenais qu’en faisant tout ça, je lui avais nuit. Je
pense que je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. J’aurais repassé
immédiatement à travers trois accouchements juste pour ne pas vivre
cette sensation-là.
Quand j’ai réussi à
penser à nouveau clairement et logiquement, Vincent et moi, avec l'aide de l'infirmière, avons établi une nouvelle marche à suivre. Je
donnerais le sein à ma puce quelques minutes au début de chaque
boire, puis on lui servirait le lait commercial au biberon. Ensuite,
si elle voulait encore du réconfort, je la remettrais au sein un
peu. Et tandis que mon chum la bercerait pour l’endormir, j’irais
tirer mon lait, histoire d’en faire des réserves et de pouvoir,
lorsque ma production se sera tarie (ce qui arrivera plus tôt que
tard en limitant ainsi les moments où c’est bébé qui tète),
mêler un peu de lait maternel à la préparation commerciale. Parce
que même s’il n’est pas nutritif, mon lait contient des
anticorps qui seront bénéfiques à ma puce tout au long de sa
croissance.
On suit cette méthode
depuis une semaine. La routine du boire est passée d’une heure
trente toutes les trois heures à environ quarante-cinq minutes
toutes les trois heures et demi ou même quatre heures. Notre fille
va mieux : elle pleure moins, dort plus profondément, sourit
davantage. Elle s'est arrondie sous nos yeux et, à la visite de contrôle au CLSC il y a trois jours, elle avait enfin engraissé notablement. Ouf!
Par contre, l'infirmière du CLSC, pas au courant des détails du dossier, a essayé de me pousser à reprendre l'allaitement exclusif. Pas question. Je ne vais pas jouer avec la santé de ma puce.
Par contre, l'infirmière du CLSC, pas au courant des détails du dossier, a essayé de me pousser à reprendre l'allaitement exclusif. Pas question. Je ne vais pas jouer avec la santé de ma puce.
C'est dur, mais je fais tranquillement
mon deuil de l’allaitement. J’essaie de voir le bon côté des
choses : avec le biberon, mon chum peut s’impliquer davantage.
Ce sera plus facile de faire garder notre fille.
Même si, pour le
moment, tout ce que j’ai envie de faire, c’est de la garder
serrée contre moi.
Est-ce que la maternité
c’est ce que j’espérais? Quand, comme en ce moment, ma puce dort
dans le porte-bébé, oui, tout à fait.
Mais je souhaite que
les prochains mois comportent moins d’inquiétudes et de larmes,
davantage de sourires. Que les prochaines aventures d’Éliane
soient des comédies plutôt que des drames.
J’haïs ça les
drames! :p
jeudi 4 septembre 2014
La première aventure d’Éliane - Épisode 4 - Encore l’hôpital qui rend fou
Durant les deux jours
suivants sa naissance, ma puce est restée dans la pouponnière,
branchée à un soluté, un moniteur cardiaque, un moniteur de
température, un capteur de saturation d’oxygène sanguin, etc.
Vincent a pu la prendre dans ses bras deux fois, gantés et vêtus de
pied en cap. Moi, je pouvais la prendre contre ma poitrine pour
l’allaiter. On m’appelait dans ma chambre, je me rendais à la
pouponnière et je donnais le sein à ma puce, sous les yeux de
l’équipe d’infirmières. Il y en avait toujours une pour me
donner un truc ou un autre. Bientôt, je suis devenue assez experte.
Mettons que ça n’a pas été de tout repos. Entre les boires, les changements de couche, la puce qui a pleuré pendant des heures dans son incubateur (dont je ne devais pas la sortir) et la pompe du soluté qui sonnait à toutes les heures (parce que les infirmières devaient venir s’assurer que le soluté n’était pas infiltré hors de la veine avant de la repartir), et le bébé du lit voisin qui a pleuré beaucoup lui aussi, j’ai dormi à peu près deux heures.
Mais j’avais
l’impression d’apprendre ma job de maman d’une drôle de
manière. Ma puce avait 48 heures, je n’avais toujours pas changé
sa couche, personne ne lui avait donné de bain, je ne savais pas
reconnaître ses signaux de faim : on m’appelait pour me
prévenir lorsqu’elle voulait téter. Je savais comment la mettre
au sein dans trois positions différentes, comment ouvrir et refermer
son incubateur, comment recoller les maudits capteurs de rythme
cardiaque qui passaient leur temps à se défaire... Disons que ce
n’était pas vraiment l’expérience que j’avais imaginé.
Pour mon chum, c’était
pire : il n’avait rien d’autre à faire que de tourner en
rond dans la chambre pendant les allaitements, puis me prendre dans
ses bras et tenter de me consoler quand je revenais en pleurant.
Parce que les tests de laboratoire arrivaient au compte-goutte et
dressaient des hypothèses fort sombres : la puce avait
peut-être un Step B, peut-être une méningite, peut-être une autre
infection... Après un bout de temps, Vincent a pris l’habitude de
venir m’aider à m’installer pour allaiter dans la pouponnière.
Cela déchargeait les infirmières, lui permettait de toucher la puce
pendant quelques secondes et de recevoir les nouvelles en même temps
que moi. Parce que dans les pavillons de naissance, on a découvert
assez vite que les pères sont plutôt négligés.
Un matin, Vincent a
croisé mon médecin en se rendant à la pouponnière. Celui-ci lui a
demandé des nouvelles du bébé et l’a accompagné à la
pouponnière où le pédiatre était justement en train de faire sa
visite. Alors que mon chum, ébahi, pensait que mon médecin faisait
enfin preuve d’humanité et s’impliquait dans mon dossier,
ce dernier s’est lancé dans une grande conversation avec le
pédiatre... en espagnol. Conversation qui s’est terminée un bon
dix minutes plus tard et que mon médecin a résumée ainsi à mon
chum « Ça va bien aller ». Puis il est parti. Un cyborg,
on vous dit. Le pédiatre, lui, a heureusement pris la peine de donner clairement les dernières nouvelles. Qui se résumaient ainsi : on ne savait pas exactement ce que la puce avait eu, à part que c'était une infection aux poumons.
Jeudi soir, on m’a
informée que j’avais mon congé de l’hôpital. Mes quelques
points de suture guérissaient bien, ma tension était redevenue
normale, ma glycémie semblait correcte également, même mon ventre
était en train de disparaître, parce que les allaitements
provoquaient en moi de fortes contractions inverses qui faisaient se
rétracter mon utérus à grande vitesse. J’étais catastrophée :
je ne pouvais pas partir et laisser ma puce toute seule à la
pouponnière! Je ne me voyais pas rentrer chez moi, contempler le
parc, la chambre rose, les pyjamas soigneusement alignés... On m’a
rassurée : nous pourrions garder la chambre tant que le
pavillon ne serait pas trop plein.
Vendredi matin, on nous
a dit que notre puce, en plus du reste, faisait une jaunisse. Une
lampe UV s’est ajoutée à son incubateur. Et on lui a mis de
petites lunettes pour protéger ses yeux. Le traitement de
photothérapie, nous a-t-on assurés, serait de courte durée. En
plus, comme elle était sous antibiotiques depuis plus de 48 heures,
il était possible qu’on puisse bientôt la sortir d’isolement.
Il restait juste à recevoir les résultats d’un dernier test de
labo. Si l’isolement se terminait, on pourrait enfin cohabiter avec
elle.
Alors qu’on
ressortait de la pouponnière, le cœur attendri à l’idée de
pouvoir enfin ramener la puce dans notre chambre et la câliner à
mains nues, on nous a informés que l’aile des naissances était
pleine. Nous ne pouvions plus garder notre chambre.
Quoi? Mais qu’est-ce
que c’était que cette histoire? D’un côté on nous donnait
espoir de pouvoir commencer à jouer enfin notre rôle de parent et
de l’autre on nous mettait dehors? Comment est-ce que j’allais
allaiter ma fille si je ne pouvais pas rester à l’hôpital? La
porteuse de mauvaise nouvelle a essayé de me rassurer : on
allait me donner un lit dans une chambre de débordement à trois
places. Mon chum ne pourrait pas rester avec moi pour la nuit, mais
moi j’aurais un endroit où dormir entre les boires.
Mais... Et si la puce
pouvait enfin sortir de la pouponnière? Oh, il n’y avait pas de
problème m’a répondu la dame : elle pourrait cohabiter avec
moi dans cette chambre de débordement. Je ne devais pas m’en
faire, la chambre était parfois occupée dans la journée (par
exemple pour des suivis de tension artérielle comme j’en avais eu
quelques-uns), mais elle était presque toujours vide la nuit. Je
l’aurais à moi toute seule.
Moi toute seule. Comme
dans « moi, nouvelle maman, toute seule avec nouveau bébé,
sans papa pour aider ». La perspective ne me rassurait pas.
Mais bon, la puce n’était pas encore sortie d’isolement...
Mon chéri et moi avons
trié les affaires apportées à l’hôpital. On a essayé de
réduire ce que je garderais avec moi au strict minimum. Comme
Vincent devrait désormais retourner dormir à la maison (à trente
minutes de voiture de l’hôpital), il en profiterait pour se
ravitailler en bouffe, m’apporter des vêtements propres, etc. On
s’est installés dans ma nouvelle « chambre ». Je
disposais d’un lit étroit, une table de chevet, une table pouvant
glisser au-dessus du lit et un beau rideau orange pour m’isoler du
reste de la salle. Salle de bain partagée, douche dans le corridor.
Entre mon lit et le rideau fermant la « chambre »
suivante, un petit espace qui serait juste assez large pour y glisser
éventuellement un lit de bébé standard d’hôpital.
Quelques heures après
nous être installés, d’autres personnes se sont mises à arriver
dans la salle. Bientôt, les trois lits de la chambre de débordement
étaient occupés. On est sortis prendre un peu d’air. À notre
retour, les infirmières de la pouponnière nous attendaient avec une
bonne nouvelle. Tous les tests étaient revenus négatifs : la
puce n’avait ni le Step B, ni une méningite. Son infection
pulmonaire restait non identifiée, mais était faible et n’était
probablement pas contagieuse. Elle devrait rester sous antibiotiques
pour encore 4 jours, et sous lampe UV pour encore 24 heures, mais
elle était désormais hors de danger et pourrait cohabiter avec moi.
L’incubateur ne
pouvant pas loger entre mon lit et le rideau du lit voisin, il a été
installé au pied de mon lit, ce qui m’obligeait à garder mon
rideau ouvert pour voir ma puce. Quand est venue l’heure du boire
suivant, mon chum et moi avons eu l’impression de faire quelque
chose de presque illégal en prenant notre puce à mains nues. Mes
dieux que sa peau était douce sous nos doigts! On n’a pas pu la
câliner très longtemps, elle devait retourner dès que possible
sous sa lampe de photothérapie, mais Vincent l’a bercée un
instant, encombré par le fil du soluté.
La journée a passé.
On s’est occupé des boires. On a changé quelques couches. Puis le
soir est venu. Vincent est parti, le cœur gros, inquiet pour nous
deux. Et j’ai entamé ma première nuit de maman.
Mettons que ça n’a pas été de tout repos. Entre les boires, les changements de couche, la puce qui a pleuré pendant des heures dans son incubateur (dont je ne devais pas la sortir) et la pompe du soluté qui sonnait à toutes les heures (parce que les infirmières devaient venir s’assurer que le soluté n’était pas infiltré hors de la veine avant de la repartir), et le bébé du lit voisin qui a pleuré beaucoup lui aussi, j’ai dormi à peu près deux heures.
Vincent est arrivé de
bonne heure le lendemain matin. Il n’avait pas beaucoup dormi lui
non plus, inquiet de savoir comment je m'étais débrouillée pour sortir seule la puce de l'incubateur et l'amener jusqu'à mon lit tout en traînant son soluté. Il m’a relayée pour les soins à notre fille, entre les
boires, et il s’est occupé d’appeler les infirmières lorsque la
pompe du soluté sonnait. J’ai donc dormi un peu. En fin de
journée, la puce a été transférée de son incubateur à un lit
normal.
Cette nuit-là, j’ai
dormi un peu plus. J’étais seule dans la chambre et je prenais le
rythme de la puce. La journée du lendemain a été une répétition
de la veille : arrivée de Vincent, siestes pour moi, un peu de
visite d’amis et de parents. Va et vient causé par les occupants
des autres lits.
La troisième nuit a
bien commencé. J’étais seule encore dans la chambre. La puce a
dormi presque quatre heures de suite. Malheureusement, après ce long
sommeil, l’infirmière qui passait a constaté que le soluté était
infiltré. J’ai donc dû accompagner ma fille à la pouponnière
pour qu’on lui installe un nouveau cathéter. Les infirmières
étant débordées, c’est moi qui devait tenir mon bébé, qui
hurlait, tandis qu’on essayait de lui entrer une aiguille dans les
veines. J’avais l’impression d’être un bourreau. J’ai pu
constater que ma fille avait malheureusement hérité de mes canaux
sanguins : il a fallu cinq veines pétées avant d’en trouver
une qui acceptait le cathéter.
L’expérience m’a
vidée. Ma puce aussi d’ailleurs : elle a refusé de dormir
par la suite. Elle pleurait et mes bras, qui jusque là avaient un
effet apaisant presque magiques, ne suffisaient plus à la consoler.
J’ai eu vraiment hâte que mon chum arrive.
Durant la journée, qui
devait être notre avant-dernière si tout se passait bien, j’ai
commencé à avoir ma montée de lait. Enfin! Je commençais à
m’inquiéter, car on m’avait dit que ça prenait trois jours
après la naissance... Ce jour-là, l’aile des naissances a
continué à être bondée, si bien qu’en fin de journée, nous
étions trois mamans avec bébé dans la chambre de débordement. Ça
promettait pour la nuit...
Et ça a tenu ses
promesses : entre la pompe du soluté, les pleurs de ma puce,
les hurlements des deux autres bébés (confinés à des incubateurs
avec lampe UV), ainsi que les cris d’une maman qui accouchait dans
une chambre voisine (et qui s’époumonait en disant « ça
fait mal », ce qui n’était pas exactement une nouvelle
révolutionnaire méritant d’être ainsi ébruitée), j’ai dormi
45 minutes au total dans la nuit. J’peux-tu vous dire qu’entre le
manque de sommeil et les hormones, quand mon chum est arrivé au
matin, je braillais comme une madeleine? Baby blues vous dites? Dans
le tapis, oui!
Ce jour-là, après
avoir finalement retiré le soluté de la puce et juste avant
d’obtenir notre congé, notre fille a été pesée. Oups, alors
qu’elle prenait quelques vingt grammes par jour depuis 3 jours,
elle avait perdu un peu de poids cette fois. Bah, pas grave nous
a-t-on dit, ça pouvait être une variance journalière normale. Ou
alors c’était la conséquence du retrait du soluté, qui la
nourrissait quand même un peu par intraveineuse. On a nous a dit de
revenir dans deux jours pour un suivi.
Et on est partis avec
notre petite fille. J’ai ressenti une impression de délivrance
immense. Et, enfin, j'aurais de l'aide pour m'occuper d'elle la nuit!
mercredi 3 septembre 2014
La première aventure d’Éliane - Épisode 3 - Le retour du cyborg
Je
vais vous dire franchement, à partir de 16h, les événements
deviennent un peu flous pour moi.
J’ai ressenti un instant de bonheur intense.
Je
suis restée assise sur mon lit, en position de méditation, les yeux
fermés, à me concentrer sur mon souffle, avec la voix de Vincent
pour me remettre dans le bon chemin lorsque je m’égarais. Je
voyais les contractions comme une vague qui arrivait et repartait.
Appliquant les techniques de contrôle de la douleur que Vincent m’a
enseignées en même temps que les arts martiaux, je considérais la
souffrance comme une donnée parmi d’autres au lieu de me
concentrer dessus : j’étais assise sur un lit, j’avais les
yeux fermés, le drap était frais, mon front était chaud,
j’entendais battre le cœur du bébé grâce au moniteur et, oh, de
temps en temps j’avais mal. Je me souviens qu’à un moment mon
chum m’a demandé si ça me dérangeait qu’il me mange dans la
face et je lui ai répondu que pour ce que je percevais de mon
environnement, il pouvait enfiler le costume du Bonhomme Carnaval, je
m’en rendrais pas compte. L’infirmière a eu l’air de nous
trouver comiques.
Je
me souviens qu’à un autre moment, peut-être vers 17h30, soit
après cinq heures et demi de contractions aux deux minutes, juste
avant que l’infirmière ne m’examine j’ai eu un nouvel accès
de découragement. Je n’avais pas l’impression que le travail
progressait et je sentais mes réserves d’énergie et de patience
commencer à baisser. Je me suis dit que si j’étais rendue à 8
centimètres, j’arriverais à passer à travers l’accouchement.
Mais que si je n’y étais toujours pas, je devrais considérer à
nouveau l’idée de l’épidurale. Le verdict de l’infirmière
est tombée : 8 centimètres. J’étais soulagée. J’aurais
la force de finir.
Vers
18h, mon col était complètement ouvert et ce fut le moment de
commencer à pousser le bébé hors de moi. Enfin! Comme promis, les
contractions se sont transformées. Elles ne semblaient plus résonner
uniquement au niveau du col de mon utérus, mais mobiliser tout mon
corps. C’était une force immense, qui m’invitait à travailler
avec elle. L’infirmière, qui me tenait une jambe tandis que mon
chum soutenait l’autre, m’a expliqué que je devais forcer à
l’aide des muscles pelviens, en bloquant ma respiration. Ça me
semblait complètement contre-intuitif (d’habitude, quand on force,
on doit expirer pour que les muscles travaillent bien). Fidèle à
moi-même, j’ai décidé d’expérimenter (ben oui, même au
milieu d’un accouchement... je sais, je suis un peu folle). J’ai
essayé de pousser en bloquant mon souffle, comme le recommandait
l’infirmière, puis de pousser en expirant. Et là j’ai compris
d’où venait cette histoire de respiration bloquée. Mon utérus
occupait tellement de place dans mon ventre que si je remplissais mes
poumons et que je poussais ensuite, les poumons exerçaient une
pression sur l’utérus et aidaient le bébé à descendre, ce qui
était plus efficace que de pousser uniquement à l’aide des
muscles. J’ai donc rassemblé mes forces et poussé, en impliquant
mes abdominaux dans l’effort.
Quinze
minutes plus tard, le moniteur a perdu le cœur de ma puce :
elle était déjà descendue trop bas dans mon bassin. Mon chum
pouvait apercevoir les cheveux à l’occasion des poussées. Il
m’encourageait en m’expliquant la progression qu’il constatait
d’une poussée à l’autre. L’infirmière a appelé mon médecin,
qui est venu poser un capteur de rythme cardiaque sur la tête de ma
puce. Puis il est reparti en me disant à nouveau qu’on se verrait
plus tard. Euh... Je ne comprenais pas pourquoi il repartait. Je
sentais que la puce serait dehors dans quelques instants.
Mon
infirmière m’a dit qu’il fallait compter à peu près une heure
de poussée pour accoucher d’un premier bébé. Dans ma tête, je
me suis dit qu’il n’était pas question que ça prenne encore 45
minutes. Je sentais mes forces diminuer. J’ai bien respiré,
rassemblé ce qui me restait d’énergie et je me suis concentrée
pour que chaque poussée soit la plus efficace possible. Paraît
qu’il y a des femmes qui se font éclater quelques veines du visage
en poussant. Pour ma part, je me suis fait péter les veines jusque
sur les épaules et dans le haut du dos. J’ai toujours tendance à
ne pas faire les choses à moitié, mais ça a payé!
À
18h30, mon infirmière a appelé mon médecin. La tête était en
train de sortir. Une autre infirmière est venue nous informer que le
médecin terminait un autre accouchement et arrivait. Sauf que je
sentais bien que ma puce ne voulait pas attendre. Et moi non plus,
honnêtement. La sensation d’une tête de bébé qui passe par les
« voies naturelles », c’est vraiment spécial, mais ça
donne pas envie de s’y éterniser.
Les
infirmières m’ont dit de pousser juste assez pour endurer les
contractions en attendant le médecin. J’ai alors informé la
nouvelle venue que je n’avais pas d’épidurale (parce que je
savais qu’avec l’épidurale, on sent moins bien les contractions
lors de la poussée). Après un instant d’incrédulité, cette
infirmière a commencé à essayer d’appeler un médecin résident.
J’ai senti venir une autre contraction. Je leur ai fait remarquer
que ça ne me dérangeait pas du tout d’être accouchée par une
infirmière.
L’une
des infirmières a pris la place du médecin et, trois poussées plus
tard, tandis que le médecin résident franchissait la porte de ma
chambre, ma puce naissait à 18h35. Aussitôt, elle a été déposée
contre mon ventre.
J’ai ressenti un instant de bonheur intense.
Aussitôt
envolé. Ma fille était bleue et flasque. Elle ne bougeait pas. Les
infirmières se sont mises à la frictionner. Elle a poussé quelques
râles, mais elle ne respirait pas.
Mon
médecin est arrivé, tandis que les infirmières prenaient ma puce
et la mettaient sous oxygène. Le médecin a extraie le placenta et
commencé à m’expliquer qu’il allait me geler localement pour me
faire quelques points de suture, mais que j’allais sentir quand
même des tiraillements, vu que je n’avais pas d’épidurale.
Pendant ses explications, j’avais la tête tournée vers le coin où
les infirmières s’activaient. Qu’est-ce que j’en avais à
foutre de quelques points de suture? Je venais de donner naissance,
ce qui faisait bien plus mal, et ma fille était en danger. Le
médecin a commencé à me recoudre. En m’assurant que « mon
bébé allait bien ». Au moment même où il l’a dit, j’ai
entendu une infirmière appeler le pédiatre de garde et lui demander
de venir en urgence. « Bien » mon œil!
Les
infirmières sont parties avec ma puce à la pouponnière et j’ai
dit à mon chum d’y aller avec elle, le temps que mon médecin
finisse de me recoudre. Vincent semblait complètement perdu. Il
savait que la puce n’allait pas bien, mais ne savait pas si moi
j’étais correcte. Je suppose que comme je lui ai dit de suivre la
puce, il a compris que tout était normal de mon côté. Quand le médecin a eu
fini sa broderie, il est parti sans dire un mot, ce qui était aussi
bien parce que j’étais pas d’humeur à être aimable. Une
infirmière demeurée avec moi m’a demandé si j’aurais la force
d’aller à la pouponnière à mon tour. J’étais assise avant
qu’elle ne finisse sa question. Elle m’a aidée à ne pas
m’emmêler dans mes solutés.
À
la pouponnière, je suis arrivée juste au moment où une infirmière
installait un sac en plastique sur la tête de mon bébé!
Heureusement, tandis que je paniquais un peu, Vincent m’a expliqué
que notre fille avait eu un masque à oxygène jusque là, mais
qu’avec la cagoule de plastique, ce serait plus simple de l’aider
à respirer. Notre puce râlait, criait et luttait à chaque
respiration. Beaucoup de sécrétions ont été aspirées de ses
poumons. Finalement, elle s’est mise à respirer un peu plus
facilement, mais elle est restée sous oxygène, afin de s’assurer
que son cerveau n’en manque pas.
Le
pédiatre nous a alors annoncé qu’il soupçonnait une infection
pulmonaire au Strep B, malgré les antibiotiques qu’on m’avait
administrés. Notre fille allait devoir rester en isolement à la
pouponnière, sous antibiotiques intraveineux et branchées à des
moniteurs. Peu à peu, on diminuerait son apport en oxygène, en
espérant qu’elle arriverait éventuellement à s’en passer.
Entretemps, on lui donnerait des antibiotiques, on lui ferait une
ponction lombaire et divers autres prélèvements pour contrôler son
état.
Vincent
et moi sommes retournés dans notre chambre, effondrés.
Vers 22 heures, on est venu nous dire que la puce se passait enfin
d’oxygène. On m’a invitée à l’allaiter... en respectant les
mesures d’isolement anti-contagion. Moi qui rêvait depuis neuf
mois de notre premier contact peau à peau, je me suis retrouvée
assise dans un coin de la pouponnière, avec des gants de latex et
une jaquette stérile sur le dos, un seul sein sorti de mes vêtements
et, dans les bras, un bébé relié à un million de fils et de
tuyaux. Je voulais pleurer, mais dès que la puce a senti la chaleur
de mon sein contre sa joue, elle a ouvert grand la bouche et s’est
mise à téter. Les infirmières ont poussé une exclamation de
victoire. Les bébés traumatisés à la naissance, comme ma puce
l’avait été, refusent souvent l’allaitement, alors que ce sont
eux qui en ont le plus besoin. Voilà qui augurait bien pour les
chances de survie de ma petite fille.
Par
la suite, les infirmières m’ont dit que c’était une grande
chance que je n’aie pas pris l’épidurale. Les bébés qui
naissent alors que la mère est sous épidurale sont un peu plus
somnolents, alors ma puce aurait pu manquer de combativité pour
respirer. Et il est sûr que je n’aurais pas pu me déplacer à la
pouponnière pour allaiter durant les premières 24 heures, alors ça
aurait grandement compromis les chances d’établir un allaitement.
Ouf! Comme quoi mon orgueil de grano aura servi à quelque chose! ;)
mardi 2 septembre 2014
La première aventure d’Éliane - Épisode 2 - Médecin, ocytocyne et glycémie
Bon, ayant finalement plus de temps que prévu pour lire et répondre à vos commentaires (vive les séances de tire-lait à 2h du matin), je vais publier le reste de la série de billet à raison d'un par jour, histoire de pas vous faire trop languir! ;)
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Le changement de garde se fait vers 8h. Ma nouvelle infirmière attitrée vient me voir et monitore le travail. Les contractions sont toujours assez espacées et d’intensité assez faible, mais je commence à les ressentir et elle me dit que ça pourrait être le début du travail actif (le « vrai » travail, celui qui ne s’interrompt pas une fois commencé).
D’ailleurs, l’infirmière qui m’est attitrée me rassure : j’ai encore plusieurs heures (le temps que les antibios fassent effet) pour que le travail avance de lui-même et que je me passe d’ocytocine. Le monitorage étant terminé, elle m’amène un ballon d’exercice et me laisse avec mon chum. Mon déjeuner arrive (les pères ne sont pas nourris par l’hôpital, ce qui est un moindre mal dans notre cas puisque Vincent ne pourrait pas manger cette nourriture de toute façon, alors on a amené une glacière pleine de bouffe pour lui). Oups, le pain doré n’est pas un aliment recommandé pour une femme souffrant de diabète de grossesse. Bon, si je le mange sans sirop d’érable, ça devrait pas être trop catastrophique.
À 11h, les antibios ayant fait effet et le travail pouvant s’intensifier de façon sécuritaire pour le bébé, l’infirmière m’examine à nouveau. Malheureusement, mon col n’a pas tellement ouvert. Je suis peut-être à 3 centimètres et demi. Le bébé, par contre, a descendu dans mon bassin. Bon, ben, je ne me sauverai pas de l’ocytocine.
Vers 11h30, je commence à ressentir nettement des contractions. Mon infirmière, suivant le protocole, mesure ma glycémie et la trouve trop élevée. Je suis étonnée (ces derniers temps, j’obtenais des chiffres normaux peu importe ce que je mangeais), mais on se dit que c’est sans doute à cause du déjeuner, pas conçu pour une diabétique. L’infirmière décide de me donner quelques temps avant de prendre une nouvelle mesure. De toute façon, même si elle doit me donner de l’insuline, ce sera juste une fois le travail bien avancé, quand j’aurai des contractions aux deux minutes depuis un bout de temps.
Elle rapplique, m’enlève le soluté infiltré (et me félicite d’avoir remarqué le problème aussi vite), puis commence à essayer d’installer le soluté dans une autre veine. Contraction. Gosse sur le bras gauche. La veine pète. Contraction. Change pour le bras droit. Contraction. Le cathéter se brise. Retour au bras gauche. Contraction. Je commence à trouver que ma situation, à moitié assise sur le lit, le ventre bardé de moniteurs, avec les deux bras étendus et percés d’aiguilles, ressemble à une crucifixion moderne.
L’information est la bienvenue. Ok, je continue sans épidurale. Je veux pouvoir me lever de ce foutu lit dès que j’aurai accouché!
On me branche sur l’insuline. Avec un soluté dans chaque bras, l’image de la crucifixion qui m’était venue plus tôt me semble complète. Je me sens un peu mal. J’ai des nausées, la tête qui tourne et des élans d’assoupissement, mais je me dis que ça doit être la douleur et les contractions. Je fais redresser la tête du lit au maximum, je m’assois avec les jambes en papillon (genoux ouverts, plantes des pieds réunies), je pose les mains sur mes genoux et je me concentre sur mon souffle.
À 16h, changement de garde des infirmières. Ma nouvelle infirmière contrôle ma glycémie et obtient le chiffre le plus élevé que j’aie jamais eu (12!). Voilà qui explique mes malaises. Mais on se demande comment ma glycémie peut avoir monté à ce point malgré l’insuline et le fait que je n’ai pas mangé depuis des heures. Oui, parfois, le corps peut brûler des réserves de glucose et augmenter lui-même le taux de sucre sanguin, mais je n’ai jamais eu des résultats de glycémie semblables, même lors des tests (alors qu’ils sont conçus pour obtenir des chiffres extrêmes). Mon infirmière a l’air complètement perdue... puis son regard tombe sur les trois perfusions qui me sont données. Antibiotiques, ocytocine et insuline me sont administrés à l’aide de... solutions sucrées!!! J’ai trois poches de sucre qui me coulent dans les veines!!! Quelqu’un était dans la lune solide quand on m’a installé ça ce matin! L’infirmière remplace les perfusions par des solutions salines, elle augmente un peu l’insuline et je me sens rapidement mieux.
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Le changement de garde se fait vers 8h. Ma nouvelle infirmière attitrée vient me voir et monitore le travail. Les contractions sont toujours assez espacées et d’intensité assez faible, mais je commence à les ressentir et elle me dit que ça pourrait être le début du travail actif (le « vrai » travail, celui qui ne s’interrompt pas une fois commencé).
Mon médecin passe sur
les entrefaites. En me voyant, il me dit « Comment, vous êtes
encore enceinte? ». Euh? De quoi est-ce qu’il parle? Mon
expression doit l’informer de ma perplexité, parce qu’il
s’explique : « Jeudi passé, me dit-il, je vous ai
envoyée ici à cause de votre tension pour qu’on provoque le
travail. » Quoi?!? Il me confonds avec une autre patiente, ma
parole! Je réponds qu’il y a erreur, qu’on s’est vu vendredi
dans son bureau, que ma tension était belle (pour une fois) et qu’il
m’a donné rendez-vous pour ce mardi pour l’induction. Il ne
semble pas déstabilisé. Faut dire qu’il n’a jamais l’air
déstabilisé. Mon chum le soupçonne d’être un cyborg. Le médecin
me dit qu’on va bientôt me mettre sous ocytocine et que
l’anesthésiste est prêt pour l’épidurale. Pardon? Je croyais
qu’on allait rompre mes eaux d’abord. Le médecin me répond que
c’est déjà fait puisque je suis fissurée. Je dis que bon,
d’accord puisque j’ai pas le choix, mais que je vais essayer
d’accoucher sans épidurale, merci. Le médecin semble sceptique,
me dit que l’option reste ouverte, m’assure qu’on se verra plus
tard et repart. Temps total de sa visite : deux minutes. Mon
impression : il a toujours été expéditif et je l’ai
toujours soupçonné de ne pas bien connaître mon dossier, mais là
c’est le comble!
Heureusement, je
comprends à ce moment que je vais accoucher sous la supervision des
infirmières et non de mon médecin. Celui-ci sera là pour la partie
facile et officielle (sortir le bébé), mais tout le support moral
et les interventions techniques (perfusions, monitorage, assistance
durant la poussée, etc) seront à la charge des infirmières. J’aime
mieux ça!
D’ailleurs, l’infirmière qui m’est attitrée me rassure : j’ai encore plusieurs heures (le temps que les antibios fassent effet) pour que le travail avance de lui-même et que je me passe d’ocytocine. Le monitorage étant terminé, elle m’amène un ballon d’exercice et me laisse avec mon chum. Mon déjeuner arrive (les pères ne sont pas nourris par l’hôpital, ce qui est un moindre mal dans notre cas puisque Vincent ne pourrait pas manger cette nourriture de toute façon, alors on a amené une glacière pleine de bouffe pour lui). Oups, le pain doré n’est pas un aliment recommandé pour une femme souffrant de diabète de grossesse. Bon, si je le mange sans sirop d’érable, ça devrait pas être trop catastrophique.
De 8h à 11h, je joue
donc aux cartes avec Vincent, un soluté dans le bras, assise sur un
ballon d’exercice, en bougeant lors des contractions et en perdant
tranquillement mes eaux. Pas trop traumatisant comme début
d’accouchement.
À 11h, les antibios ayant fait effet et le travail pouvant s’intensifier de façon sécuritaire pour le bébé, l’infirmière m’examine à nouveau. Malheureusement, mon col n’a pas tellement ouvert. Je suis peut-être à 3 centimètres et demi. Le bébé, par contre, a descendu dans mon bassin. Bon, ben, je ne me sauverai pas de l’ocytocine.
Je me couche dans le
lit et l’infirmière branche une perfusion d’ocytocine sur le
soluté que j’ai déjà de planté dans le bras. Elle m’explique
qu’elle va augmenter la dose à toutes les quinze minutes, jusqu’à
ce que mes contractions soient aux deux minutes. Tant que la dose
sera en augmentation, je devrai être monitorée en permanence, et
donc couchée ou assise dans mon lit. Ouf! Je sens que je vais
trouver ça long. Elle me confirme que l’immobilité n’est pas la
meilleure méthode pour lutter contre la douleur ou favoriser le
travail, mais avec l’ocytocine il y a des risques pour le bébé,
alors on ne peut pas interrompre la surveillance. J’trouve que le
truc est plus ou moins au point... On provoque mon accouchement,
parce que continuer la grossesse est potentiellement dangereux pour
bébé, grâce à un truc potentiellement dangereux pour le bébé.
Enfin, j’espère que tout ira bien et que la stabilisation des
doses pourra se faire rapidement.
Vers 11h30, je commence à ressentir nettement des contractions. Mon infirmière, suivant le protocole, mesure ma glycémie et la trouve trop élevée. Je suis étonnée (ces derniers temps, j’obtenais des chiffres normaux peu importe ce que je mangeais), mais on se dit que c’est sans doute à cause du déjeuner, pas conçu pour une diabétique. L’infirmière décide de me donner quelques temps avant de prendre une nouvelle mesure. De toute façon, même si elle doit me donner de l’insuline, ce sera juste une fois le travail bien avancé, quand j’aurai des contractions aux deux minutes depuis un bout de temps.
À midi, l’ocytocine
a rempli son office : mes contractions sont aux deux minutes.
Pour le moment elles durent peu de temps, mais je sais qu’elles
vont aller en s’intensifiant. Pas grave, avec l’aide de Vincent
qui me coache, je maîtrise bien ma respiration. J’ai l’impression
de chevaucher les vagues d’inconfort. À 12h30, j’ai droit à un
petit tour sur le ballon d’exercice et Vincent peut enfin
participer autrement qu’en me tenant la main, en m’épongeant le
visage et en m’encourageant à bien respirer : il me masse les
épaules, le cou, le bas du dos. Ça fait du bien. Je sens que le
travail progresse. Et de fait, à mon retour dans le lit, le col est
à 4 centimètres. Ah, si je pouvais seulement rester sur le ballon!
Peu après, je me rends compte que j’ai mal au bras, près du site où le cathéter de mon soluté entre dans ma veine. Et je constate que mes contractions sont devenues moins fortes. Oh, oh! Je sais ce que ça veut dire, parce que ça m’est déjà arrivé : mon soluté fuit en dehors de ma veine. Merde! Si on ne réagit pas rapidement, mes veines vont éclater et mon bras va devenir gonflé et super douloureux. Je sonne l’infirmière.
Peu après, je me rends compte que j’ai mal au bras, près du site où le cathéter de mon soluté entre dans ma veine. Et je constate que mes contractions sont devenues moins fortes. Oh, oh! Je sais ce que ça veut dire, parce que ça m’est déjà arrivé : mon soluté fuit en dehors de ma veine. Merde! Si on ne réagit pas rapidement, mes veines vont éclater et mon bras va devenir gonflé et super douloureux. Je sonne l’infirmière.
Elle rapplique, m’enlève le soluté infiltré (et me félicite d’avoir remarqué le problème aussi vite), puis commence à essayer d’installer le soluté dans une autre veine. Contraction. Gosse sur le bras gauche. La veine pète. Contraction. Change pour le bras droit. Contraction. Le cathéter se brise. Retour au bras gauche. Contraction. Je commence à trouver que ma situation, à moitié assise sur le lit, le ventre bardé de moniteurs, avec les deux bras étendus et percés d’aiguilles, ressemble à une crucifixion moderne.
Finalement, après
avoir appelé une collègue en renfort, mon infirmière réussit à
me réinstaller un soluté. Et les contractions reprennent. Assez
brusquement merci! Je commence à trouver la situation pénible. En
plus, c’est l’heure de remesurer ma glycémie, puisque le travail
avance bien. Bon, ça devrait être correct cette fois, me dis-je,
puisque j’ai avalé à peu près trois bouchées de soupe pour
dîner. Les contractions, ça ouvre pas vraiment l’appétit.
Mais non, surprise! Ma
glycémie est toujours un peu trop haute. Mon infirmière m’annonce
qu’on va devoir me mettre sous insuline. Ce qui implique un autre
soluté. Je suis plutôt découragée. Sachant que je vais être
clouée au lit de toute façon une fois que ce second soluté sera
installé, je commence à réfléchir à l’option de l’épidurale.
J’en discute avec l’infirmière, qui s’étonne : elle
comprend que j’aimerais pouvoir bouger, mais elle me dit que je
gère franchement bien la douleur. Elle m’explique aussi que les
contractions sont au maximum à cause de l’ocytocine, qu’elles ne
vont pas aller en augmentant d’intensité. Il y aura un changement
dans mes sensations quand on approchera de la poussée, mais ce ne
sera pas pire, juste différent.
L’information est la bienvenue. Ok, je continue sans épidurale. Je veux pouvoir me lever de ce foutu lit dès que j’aurai accouché!
Comme il y a un délai
le temps qu’elle commande l’insuline, et que tout est beau sur
les moniteurs depuis le début du travail, elle m’envoie prendre
une marche dans le corridor. J’apprendrai par la suite qu’elle le
fait de sa propre initiative : mon médecin devrait approuver
chaque interruption de monitorage, mais elle a constaté qu’il n’a
pas l’approbation facile et me prend un peu en pitié. Dans le
corridor, mon chum pousse mon soluté d’antibio et d’ocytocine.
Il me soutient lorsqu’une contraction m’immobilise. J’avance
pas vite avec mes contractions aux deux minutes, mais une fois de
retour dans la chambre, mon col est à un peu plus de 5 centimètres.
La moitié du travail est passée!
On me branche sur l’insuline. Avec un soluté dans chaque bras, l’image de la crucifixion qui m’était venue plus tôt me semble complète. Je me sens un peu mal. J’ai des nausées, la tête qui tourne et des élans d’assoupissement, mais je me dis que ça doit être la douleur et les contractions. Je fais redresser la tête du lit au maximum, je m’assois avec les jambes en papillon (genoux ouverts, plantes des pieds réunies), je pose les mains sur mes genoux et je me concentre sur mon souffle.
À 16h, changement de garde des infirmières. Ma nouvelle infirmière contrôle ma glycémie et obtient le chiffre le plus élevé que j’aie jamais eu (12!). Voilà qui explique mes malaises. Mais on se demande comment ma glycémie peut avoir monté à ce point malgré l’insuline et le fait que je n’ai pas mangé depuis des heures. Oui, parfois, le corps peut brûler des réserves de glucose et augmenter lui-même le taux de sucre sanguin, mais je n’ai jamais eu des résultats de glycémie semblables, même lors des tests (alors qu’ils sont conçus pour obtenir des chiffres extrêmes). Mon infirmière a l’air complètement perdue... puis son regard tombe sur les trois perfusions qui me sont données. Antibiotiques, ocytocine et insuline me sont administrés à l’aide de... solutions sucrées!!! J’ai trois poches de sucre qui me coulent dans les veines!!! Quelqu’un était dans la lune solide quand on m’a installé ça ce matin! L’infirmière remplace les perfusions par des solutions salines, elle augmente un peu l’insuline et je me sens rapidement mieux.
dimanche 31 août 2014
La première aventure d’Éliane - Épisode 1 - Les futurs parents arrivent à l’hôpital
Bon,
j’émerge un peu de la routine bébé... Enfin, assez longtemps
pour mettre en ligne une série de billets racontant la première
aventure de ma fille : sa naissance. Le rythme de publication sera aux deux jours, histoire que j'aie le temps de lire vos commentaires éventuels et d'y répondre.
Alors lundi soir le 11 août, Vincent et moi sommes partis avec nos bagages pour l’hôpital. Nous savions déjà, parce que c’est la norme dans ce pavillon des naissances et que j’ai plusieurs amies qui y ont accouché, que nous serions logés dans une chambre privée et que mon chum aurait un genre de sofa-lit pour dormir.
On me demande ce que je souhaite comme méthode pour soulager la douleur. Devant ma réponse « rien », la gynécologue et l’infirmière qui m’est attitrée s’entre-regardent. Elles m’expliquent ensuite que c’est possible, oui, mais qu’avec l’ocytocine, les contractions sont très brusques et fortes et qu’il ne faudra pas du tout que je me gêne si je change d’idée, que l’épidurale est disponible à 30 minutes de préavis dès que mon col sera à 4 centimètres d’ouverture. La gynéco m’explique qu’un accouchement fait mal, très mal, que c’est un processus naturel, oui, mais que plus on le brusque, pire c’est. Le discours m’étonne un peu. Est-ce qu’il y a vraiment des femmes qui se présentent pour un accouchement en pensant que ça ne fera pas mal?
Après deux heures de monitorage du cœur du bébé (pour être sûrs qu’il réagit bien à la procédure), les contractions se sont légèrement intensifiées et rapprochées... Enfin, selon la machine, parce que moi, bof, je ne ressens pas grand chose.
À 22h, je me couche. Ça fait bizarre de dormir toute seule dans un lit simple avec mon chum à l’autre bout de la chambre. Mais bon, je suis fatiguée, alors je dors sans problème jusqu’à 2h du matin. À partir de là, la douleur me réveille de temps à autre. Les contractions se sont un peu intensifiées, mais j’arrive à me rendormir.
À 6h du matin, j’ai assez mal pour ne plus pouvoir dormir. Comme je me lève pour aller à la salle de bain, je sens un peu de liquide couler le long de ma jambe. Je comprends tout de suite : la poche des eaux vient de se rompre. Le travail est commencé!
Je sonne l’infirmière, qui arrive avec la gynéco. Celle-ci constate que mon col est ouvert de 3 centimètres, que la poche des eaux est fissurée (et non rompue) et s’apprête à compléter la rupture quand je lui rappelle que je suis porteuse du Strep B. On me met alors sous perfusion d’antibiotiques. La gynéco m’annonce qu’elle a fini sa garde. C’est mon médecin habituel qui prend le relais. Elle me dit qu’il viendra me voir dans 4 heures, le temps que la perfusion d’antibiotique passe dans mon système et commence à protéger le bébé. Ensuite, il finira de crever mes eaux.
En
passant, la dernière fois que Luc m’a demandé des détails sur ma
grossesse, il m’a dit, à la suite de ma réponse, que je devrais
écrire pour la Maison des Viscères. Vous êtes donc avertis :
si vous n’avez pas d’enfants, les prochains billets de blogue
contiendront peut-être des détails que vous n’aviez pas
nécessairement envie de savoir! ;) Lisez à vos risques et périls!
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Alors lundi soir le 11 août, Vincent et moi sommes partis avec nos bagages pour l’hôpital. Nous savions déjà, parce que c’est la norme dans ce pavillon des naissances et que j’ai plusieurs amies qui y ont accouché, que nous serions logés dans une chambre privée et que mon chum aurait un genre de sofa-lit pour dormir.
À 19h, nous arrivons à
l’hôpital et on nous installe dans notre chambre. La gynécologue
de garde vient me voir avec une infirmière et me demande pourquoi
mon médecin a décidé de provoquer l’accouchement à 41 semaines
tapantes. Euh... J’avoue mon ignorance : mon médecin, qui
pourrait donner des leçons d’opacité au gouvernement Harper, m’a
juste dit que je serais provoquée tel jour. La gynéco me pose
quelques questions et en apprenant que j’ai fait du diabète de
grossesse et de l’hypertension, elle me dit que ça doit être pour
ça qu’il ne m’a pas laissé dépasser ma date de 10 jours, comme
ça se fait souvent.
Elle m’examine. Le
col de mon utérus est ouvert d’environ 1 centimètre (note pour
ceux qui savent pas : il faut qu’il s’ouvre de 10
centimètres pour laisser passer le bébé). La gynéco m’explique
la procédure qui sera suivie : tout d’abord, on va me mettre
un espèce de tampon imbibé d’hormones contre le col de l’utérus.
Ça pourrait suffire à déclencher le travail, mais ça va surtout
aider le col à s’ouvrir. Au matin, on crèvera mes eaux. Là
encore, ça pourrait suffire à déclencher le travail. Si jamais ça
ne suffit pas, là on me mettra sous perfusion d’ocytocine. À
cette mention, je grimace : une perfusion d’ocytocine, je sais
que ça implique qu’on me branchera presque en continu sur un
moniteur qui écoute le cœur du bébé. Et donc que je devrais
passer tout le travail couchée ou assise dans un lit. Moi qui me
suis exercée à contrôler la douleur grâce à divers mouvements et
à des poses de yoga! La gynéco me rassure : les deux premières
étapes suffisent souvent.
Elle consulte mon
dossier et m’informe cependant que dès la rupture de la poche des
eaux, je devrai être sous perfusion d’antibiotiques, puisque je
suis porteuse du Strep B, une bactérie qui vit en commensalisme
avec, semble-t-il, 30% des femmes, mais qui pourrait s’attaquer au
bébé. Je le savais déjà, mais... Beurk, j’aime pas les
perfusions! La dernière fois que j’en ai eu une de longue durée,
pour ma grossesse ectopique, le soluté s’est infiltré hors de ma
veine et mon bras avait doublé de volume. En plus, ce sera dur de
marcher ou d’utiliser mes poses de yoga avec un soluté dans le
bras.
Mais bon, il faut ce
qu’il faut pour la puce!
On me demande ce que je souhaite comme méthode pour soulager la douleur. Devant ma réponse « rien », la gynécologue et l’infirmière qui m’est attitrée s’entre-regardent. Elles m’expliquent ensuite que c’est possible, oui, mais qu’avec l’ocytocine, les contractions sont très brusques et fortes et qu’il ne faudra pas du tout que je me gêne si je change d’idée, que l’épidurale est disponible à 30 minutes de préavis dès que mon col sera à 4 centimètres d’ouverture. La gynéco m’explique qu’un accouchement fait mal, très mal, que c’est un processus naturel, oui, mais que plus on le brusque, pire c’est. Le discours m’étonne un peu. Est-ce qu’il y a vraiment des femmes qui se présentent pour un accouchement en pensant que ça ne fera pas mal?
On m’installe le
tampon aux hormones et on me branche sur moniteur. La gynéco quitte,
me laissant seule avec l’infirmière. Le moniteur nous offre
rapidement une surprise : apparemment, j’ai des contractions,
environ aux quinze minutes. En effet, si je me concentre sur la
région de mon ventre, je ressens par moment un léger tiraillement
musculaire. L’infirmière semble enthousiaste. Selon elle, il se
pourrait très bien que le tampon d’hormones suffise.
Après deux heures de monitorage du cœur du bébé (pour être sûrs qu’il réagit bien à la procédure), les contractions se sont légèrement intensifiées et rapprochées... Enfin, selon la machine, parce que moi, bof, je ne ressens pas grand chose.
À 22h, je me couche. Ça fait bizarre de dormir toute seule dans un lit simple avec mon chum à l’autre bout de la chambre. Mais bon, je suis fatiguée, alors je dors sans problème jusqu’à 2h du matin. À partir de là, la douleur me réveille de temps à autre. Les contractions se sont un peu intensifiées, mais j’arrive à me rendormir.
À 6h du matin, j’ai assez mal pour ne plus pouvoir dormir. Comme je me lève pour aller à la salle de bain, je sens un peu de liquide couler le long de ma jambe. Je comprends tout de suite : la poche des eaux vient de se rompre. Le travail est commencé!
Je sonne l’infirmière, qui arrive avec la gynéco. Celle-ci constate que mon col est ouvert de 3 centimètres, que la poche des eaux est fissurée (et non rompue) et s’apprête à compléter la rupture quand je lui rappelle que je suis porteuse du Strep B. On me met alors sous perfusion d’antibiotiques. La gynéco m’annonce qu’elle a fini sa garde. C’est mon médecin habituel qui prend le relais. Elle me dit qu’il viendra me voir dans 4 heures, le temps que la perfusion d’antibiotique passe dans mon système et commence à protéger le bébé. Ensuite, il finira de crever mes eaux.
mardi 19 août 2014
Notre fille est née, version courte
Le 12 août 2014, je me suis taillé
une certaine renommée dans le pavillon des naissances de l’hôpital
en tant que « la fille qui a eu douze heures de travail
provoqué, qui est passée à travers sans épidurale, en faisant des
blagues, avec à peine 35 minutes de poussée et 6 points de
suture ».
Malheureusement, notre puce est aussi venue au monde en tant que « le bébé qui n’a pas respiré à sa naissance, qui semblait affecté par une infection au Strep B même si la mère avait été traitée, qu’on a gardé 5 heures sous oxygène, puis deux jours et demi en isolement, puis une journée sous lampe UV à cause d’une jaunisse et 7 jours au total sous antibiotiques intraveineux, mais qui a quand même têté avec cœur chaque fois que sa maman lui a présenté le sein ».
Bref, Éliane est née et, désormais, elle va bien.
L’accouchement s’est très bien passé, mais les premières heures et jours de vie de ma puce ont été très difficiles. En plus, à cause de contraintes d’espace, quand Éliane a pu sortir d’isolement et cohabiter avec moi (pour que je continue de l’allaiter) en attendant qu’elle finisse ses antibiotiques, l’hôpital n’avait plus de chambre pour nous. On m’a donné un lit dans une salle de débordement à trois places, où Vincent n’avait pas le droit de rester durant les nuits. J’ai donc passé mes quatre premières nuits de nouvelle maman sans pouvoir compter sur le support du papa.
Je vous laisse imaginer mon épuisement.
Aujourd’hui, je suis à la maison pour la première fois depuis le 11 août au soir, ce sera notre première nuit en famille. J’ai l’impression d’émerger enfin d’un cauchemar.
Éliane est magnifique, elle a les grands yeux de son papa et, pour avoir passé à travers tout ça, elle semble avoir aussi la résistance physique de sa maman. :)
Merci à tous ceux qui se sont inquiétés, vos messages font chaud au coeur. Je vous mets quelques photos pour vous faire patienter en attendant que je trouve le temps et le courage de vous raconter les événements en détail. Y'aurait de quoi faire un roman! ;)
Malheureusement, notre puce est aussi venue au monde en tant que « le bébé qui n’a pas respiré à sa naissance, qui semblait affecté par une infection au Strep B même si la mère avait été traitée, qu’on a gardé 5 heures sous oxygène, puis deux jours et demi en isolement, puis une journée sous lampe UV à cause d’une jaunisse et 7 jours au total sous antibiotiques intraveineux, mais qui a quand même têté avec cœur chaque fois que sa maman lui a présenté le sein ».
Bref, Éliane est née et, désormais, elle va bien.
L’accouchement s’est très bien passé, mais les premières heures et jours de vie de ma puce ont été très difficiles. En plus, à cause de contraintes d’espace, quand Éliane a pu sortir d’isolement et cohabiter avec moi (pour que je continue de l’allaiter) en attendant qu’elle finisse ses antibiotiques, l’hôpital n’avait plus de chambre pour nous. On m’a donné un lit dans une salle de débordement à trois places, où Vincent n’avait pas le droit de rester durant les nuits. J’ai donc passé mes quatre premières nuits de nouvelle maman sans pouvoir compter sur le support du papa.
Je vous laisse imaginer mon épuisement.
Aujourd’hui, je suis à la maison pour la première fois depuis le 11 août au soir, ce sera notre première nuit en famille. J’ai l’impression d’émerger enfin d’un cauchemar.
Éliane est magnifique, elle a les grands yeux de son papa et, pour avoir passé à travers tout ça, elle semble avoir aussi la résistance physique de sa maman. :)
Merci à tous ceux qui se sont inquiétés, vos messages font chaud au coeur. Je vous mets quelques photos pour vous faire patienter en attendant que je trouve le temps et le courage de vous raconter les événements en détail. Y'aurait de quoi faire un roman! ;)
| Éliane, 12 heures de vie, dans les bras, gantés et protégés par une jaquette, de son papa. |
| La puce, 4 jours de vie, enfin sortie d'incubateur et d'isolement, qui finit une petite irruption allergique et une jaunisse, se demande c'est quoi ce truc que son papa braque sur elle... |
lundi 11 août 2014
Le 12 août, j'accouche (probablement) d'un lecteur québécois
Bon, ben, c'est l'heure de prendre une pause de blogue (et du reste!).
Au moment où j'écris ces lignes (dimanche), je ne sais pas si ma puce décidera d'elle-même l'heure de sa naissance (j'ai des contractions intermittentes depuis vendredi) ou si les médecins vont la forcer à se décider, mais une chose est sûre : j'ai rendez-vous mardi matin à l'hôpital et mon médecin m'a dit d'amener ma valise.
Alors quelque part entre maintenant et mardi, je devrais avoir mon bébé dans les bras! :)
(Donc, le 12 août, au lieu de juste acheter un livre québécois, tel que recommandé par l'ami Pat pour augmenter la demande de bouquin d'ici et leur donner plus de visibilité, moi je vais carrément accoucher d'une future lectrice... Vous pouvez pas dire que je m'implique pas dans la cause! ;)
Le chemin pour arriver là va avoir été parsemé de plus d'échecs, d'attente, de stress, de contrôles et d'interventions médicales que j'aurais voulu (et si jamais ils doivent provoquer l'accouchement, ça veut dire que j'en ai pas encore fini avec tout ça), mais bon, ma puce et moi nous sommes rendues ensemble (et en santé!) jusqu'à l'étape finale.
Je sais que beaucoup de futures mamans redoutent le moment de l'accouchement, mais pour ma part je dois dire que j'ai hâte. Une épreuve physique, ça va me changer après toutes les épreuves psychologiques et nerveuses auxquelles j'ai eu droit pendant ma grossesse. En plus, c'est davantage dans mes cordes. ;)
C'est amusant de penser que je vais bientôt rencontrer celle qui a été la colocataire de mon corps pendant les neufs derniers mois. Je sais déjà qu'elle n'aime pas l'eau froide, ni le bruit du tonnerre, qu'elle dors comme une bûche lorsque le rythme de ma marche la berce, mais je n'ai aucune idée de la couleur de son teint ou de la forme de ses traits. Je vais le découvrir sous peu.
En attendant le prochain billet, profitez-bien du reste de l'été! :)
Oh et si vous n'avez pas encore fait votre achat réglementaire du 12 août, c'est le moment de cliquer ici et d'aller fureter dans les rayons virtuels des libraires indépendants du Québec. (Ayez pas peur, c'est un site transactionnel comme Amazon, ils vous mangeront pas! ;)
Pis si vous manquez d'idée d'achats, vous pouvez essayer plutôt ce lien-ci! ;) D'un coup que vous auriez pas encore toute la collection... ;)
Au moment où j'écris ces lignes (dimanche), je ne sais pas si ma puce décidera d'elle-même l'heure de sa naissance (j'ai des contractions intermittentes depuis vendredi) ou si les médecins vont la forcer à se décider, mais une chose est sûre : j'ai rendez-vous mardi matin à l'hôpital et mon médecin m'a dit d'amener ma valise.
Alors quelque part entre maintenant et mardi, je devrais avoir mon bébé dans les bras! :)
(Donc, le 12 août, au lieu de juste acheter un livre québécois, tel que recommandé par l'ami Pat pour augmenter la demande de bouquin d'ici et leur donner plus de visibilité, moi je vais carrément accoucher d'une future lectrice... Vous pouvez pas dire que je m'implique pas dans la cause! ;)
Le chemin pour arriver là va avoir été parsemé de plus d'échecs, d'attente, de stress, de contrôles et d'interventions médicales que j'aurais voulu (et si jamais ils doivent provoquer l'accouchement, ça veut dire que j'en ai pas encore fini avec tout ça), mais bon, ma puce et moi nous sommes rendues ensemble (et en santé!) jusqu'à l'étape finale.
Je sais que beaucoup de futures mamans redoutent le moment de l'accouchement, mais pour ma part je dois dire que j'ai hâte. Une épreuve physique, ça va me changer après toutes les épreuves psychologiques et nerveuses auxquelles j'ai eu droit pendant ma grossesse. En plus, c'est davantage dans mes cordes. ;)
C'est amusant de penser que je vais bientôt rencontrer celle qui a été la colocataire de mon corps pendant les neufs derniers mois. Je sais déjà qu'elle n'aime pas l'eau froide, ni le bruit du tonnerre, qu'elle dors comme une bûche lorsque le rythme de ma marche la berce, mais je n'ai aucune idée de la couleur de son teint ou de la forme de ses traits. Je vais le découvrir sous peu.
En attendant le prochain billet, profitez-bien du reste de l'été! :)
Oh et si vous n'avez pas encore fait votre achat réglementaire du 12 août, c'est le moment de cliquer ici et d'aller fureter dans les rayons virtuels des libraires indépendants du Québec. (Ayez pas peur, c'est un site transactionnel comme Amazon, ils vous mangeront pas! ;)
Pis si vous manquez d'idée d'achats, vous pouvez essayer plutôt ce lien-ci! ;) D'un coup que vous auriez pas encore toute la collection... ;)
vendredi 8 août 2014
Conseils bien intentionnés (7)
Ok, je pensais pas écrire avant lundi, mais l'inspiration pour un billet s'est présentée d'elle-même.
Voyez-vous, la puce est officiellement "en retard" depuis mardi. Mais comme un accouchement peut survenir n'importe quand entre la 37e et la 42e semaine de grossesse, la date du "terme" donnée par les médecins (placée à la 40e semaine pour des raisons statistiques), ben c'est juste une suggestion.
N'empêche, si votre entourage est composé de mamans ayant accouché à terme ou avant-terme, vous allez avoir droit à une série de conseils. Notamment...
Inquiète-toi pas!
Ne faites pas l'erreur de répondre "Ben non, pourquoi je m'inquiéterais?" et tout va bien aller! Si vous échappez cette réplique naïve, la mère en face de vous risque de se lancer dans un discours sur les bébés trop gros, les déchirures du périné, les douleurs décuplées de l'accouchement provoqué, les risques de la césarienne d'urgence, les signes de souffrance fœtale, la détérioration du placenta, la dégradation du liquide amniotique, les statistiques de mort in utero inexplicables... Bref, elle va vous fournir amplement de matériel pour s'assurer que vous ne dormiez plus d'ici à votre accouchement (provoqué ou non!).
Essaie de...
Au nombre des trucs suggérés pour déclencher le travail, j'ai noté beaucoup de tâches ménagères (non, merci, ma maison est assez propre à mon goût), des longues marches (j'en fais déjà), des combinaisons d'aliments étranges et peu ragoûtantes (vive la diète anti-diabète qui me donne une bonne raison pour les refuser), des remèdes homéopathiques faits en Chine (auxquels je ne toucherais pas même si j'étais pas enceinte) et mes deux préférés : les massages de pied effectués par le futur papa, ainsi que les bains chauds. Ces deux trucs-là, à défaut d'être efficaces, ils détendent! ;) Mais je comprends pas pourquoi quelques jours de "retard" ça semble stresser autant les gens et pourquoi il faudrait que je m'empresse de bousculer ma puce pour qu'elle soit "à l'heure". Elle va passer le reste de ses jours à dépendre d'un horaire, on peut lui donner un petit break là, non?
Profites-en pour préparer...
Ta valise d'hôpital. Des plats congelés pour les premiers mois. Tout ce qu'il te faut pour accueillir bébé. Chacun de ces conseils est excellents. Mais j'ai pas attendu qu'on me les donne. La valise est faites depuis la 35e semaine, le siège d'auto est installé, le parc est monté, le congélateur déborde.
Reste calme surtout, quand tu auras des contractions, panique pas!
Habituellement, ce dernier conseil vous est servi sur un ton assez survolté merci. Remerciez les dieux si cette personne ne fait pas partie de votre entourage proche et n'a donc aucune chance d'être avec vous lorsque le travail s'enclenchera. J'ai l'impression qu'elle serait un peu stressante. Soit dit en passant, j'ai déjà eu des contractions. Je n'ai pas paniqué. Et même, j'ai hâte d'en avoir de nouveau.
Parce que ça voudra dire que ma puce s'en vient enfin! :)
Voyez-vous, la puce est officiellement "en retard" depuis mardi. Mais comme un accouchement peut survenir n'importe quand entre la 37e et la 42e semaine de grossesse, la date du "terme" donnée par les médecins (placée à la 40e semaine pour des raisons statistiques), ben c'est juste une suggestion.
N'empêche, si votre entourage est composé de mamans ayant accouché à terme ou avant-terme, vous allez avoir droit à une série de conseils. Notamment...
Inquiète-toi pas!
Ne faites pas l'erreur de répondre "Ben non, pourquoi je m'inquiéterais?" et tout va bien aller! Si vous échappez cette réplique naïve, la mère en face de vous risque de se lancer dans un discours sur les bébés trop gros, les déchirures du périné, les douleurs décuplées de l'accouchement provoqué, les risques de la césarienne d'urgence, les signes de souffrance fœtale, la détérioration du placenta, la dégradation du liquide amniotique, les statistiques de mort in utero inexplicables... Bref, elle va vous fournir amplement de matériel pour s'assurer que vous ne dormiez plus d'ici à votre accouchement (provoqué ou non!).
Essaie de...
Au nombre des trucs suggérés pour déclencher le travail, j'ai noté beaucoup de tâches ménagères (non, merci, ma maison est assez propre à mon goût), des longues marches (j'en fais déjà), des combinaisons d'aliments étranges et peu ragoûtantes (vive la diète anti-diabète qui me donne une bonne raison pour les refuser), des remèdes homéopathiques faits en Chine (auxquels je ne toucherais pas même si j'étais pas enceinte) et mes deux préférés : les massages de pied effectués par le futur papa, ainsi que les bains chauds. Ces deux trucs-là, à défaut d'être efficaces, ils détendent! ;) Mais je comprends pas pourquoi quelques jours de "retard" ça semble stresser autant les gens et pourquoi il faudrait que je m'empresse de bousculer ma puce pour qu'elle soit "à l'heure". Elle va passer le reste de ses jours à dépendre d'un horaire, on peut lui donner un petit break là, non?
Profites-en pour préparer...
Ta valise d'hôpital. Des plats congelés pour les premiers mois. Tout ce qu'il te faut pour accueillir bébé. Chacun de ces conseils est excellents. Mais j'ai pas attendu qu'on me les donne. La valise est faites depuis la 35e semaine, le siège d'auto est installé, le parc est monté, le congélateur déborde.
Reste calme surtout, quand tu auras des contractions, panique pas!
Habituellement, ce dernier conseil vous est servi sur un ton assez survolté merci. Remerciez les dieux si cette personne ne fait pas partie de votre entourage proche et n'a donc aucune chance d'être avec vous lorsque le travail s'enclenchera. J'ai l'impression qu'elle serait un peu stressante. Soit dit en passant, j'ai déjà eu des contractions. Je n'ai pas paniqué. Et même, j'ai hâte d'en avoir de nouveau.
Parce que ça voudra dire que ma puce s'en vient enfin! :)
vendredi 18 juillet 2014
Tranche de vie (6)
Question qui m'est souvent posée ces temps-ci :
- Pis, en voulez-vous un deuxième?
Ma réponse :
- Euh... On sait pas encore.
La remarque qui suit invariablement :
- Ah oui, c'est vrai que t'as pas une grossesse facile.
Hein? J'ai jamais eu de nausées, j'ai à peine pris 16 livres, j'suis rendue à neuf mois sans avoir le souffle particulièrement court et je peux encore me pencher pour attacher mes souliers. Ok, j'suis vraiment fatiguée, j'ai vécu des moments de stress intenses, j'ai dû surveiller mon alimentation à cause du diabète de grossesse et j'ai été alitée momentanément (une grosse semaine) à cause de ma tension artérielle (qui fait que je dois encore me prévoir des périodes de repos fréquentes), mais franchement, je connais bien des filles pour qui la grossesse ça a eu l'air pas mal plus pénible que pour moi. La "facilité" c'est relatif faut croire.
Mais j'ai envie d'accoucher de ma puce, de m'émerveiller de sa présence et de voir comment on s'adapte à la vie de famille avant de penser à un deuxième enfant.
C'est si bizarre que ça?
- Pis, en voulez-vous un deuxième?
Ma réponse :
- Euh... On sait pas encore.
La remarque qui suit invariablement :
- Ah oui, c'est vrai que t'as pas une grossesse facile.
Hein? J'ai jamais eu de nausées, j'ai à peine pris 16 livres, j'suis rendue à neuf mois sans avoir le souffle particulièrement court et je peux encore me pencher pour attacher mes souliers. Ok, j'suis vraiment fatiguée, j'ai vécu des moments de stress intenses, j'ai dû surveiller mon alimentation à cause du diabète de grossesse et j'ai été alitée momentanément (une grosse semaine) à cause de ma tension artérielle (qui fait que je dois encore me prévoir des périodes de repos fréquentes), mais franchement, je connais bien des filles pour qui la grossesse ça a eu l'air pas mal plus pénible que pour moi. La "facilité" c'est relatif faut croire.
Mais j'ai envie d'accoucher de ma puce, de m'émerveiller de sa présence et de voir comment on s'adapte à la vie de famille avant de penser à un deuxième enfant.
C'est si bizarre que ça?
mercredi 16 juillet 2014
Conseils bien intentionnés (6)
Beaucoup de mamans de la génération précédente m'ont mise en garde contre le guide "Mieux vivre avec son enfants de la naissance à deux ans" distribué par le gouvernement du Québec. Selon elles, mieux vaut se fier aux conseils éprouvés de mères d'expérience plutôt qu'à une "bible publiée avec l'argent de nos impôts" et qui donne l'impression que tout ce qui a été fait avant sa parution est mauvais et "quasiment criminel".
Au chapitre des pratiques prônées par le "Mieux vivre" et décriées par ces "anciennes" mamans?
- Allaiter (ou nourrir au lait maternisé) exclusivement les enfants jusqu'à six mois. Voyons, donc, ça n'a pas de bon sens selon elles. Les enfants doivent avoir faim! Pourtant, quand je regarde les bébés de mes amis, l'expression "cochon de lait" me semble prendre tout son sens. Ils sont potelés en masse!
- Interdire le lait de vache avant 9 mois. Ben oui, les générations d'avant en ont bu plus tôt. Mais on leur a aussi servi des céréales plus vite, pour compenser les éventuelles carences alimentaires. Et on constate beaucoup d'allergies alimentaires chez les enfants qui ont mangé des solides très tôt et chez leurs descendants. Avec les nouvelles découvertes, on espère inverser cette tendance.
- Coucher les enfants sur le dos. Ce que j'entends le plus souvent : moi je couchais mes enfants sur le côté/ sur le ventre et ils sont pas morts. Et c'est vrai que, selon les dernières statistiques, coucher les enfants sur le dos diminue le risque de mort subite du nourrisson de seulement 1% ou 2% par rapport aux enfants couchés dans une autre position. Mais qui se porte volontaire pour être le parent sur 100 qui découvrira son enfant mort dans son lit?
- Asseoir le bébé dans son siège d'auto adapté (et non le tenir dans ses bras). Ceux qui s'indignent de cette obligation "inutile" ont connu l'époque de la ceinture de sécurité facultative. Pour les gens de mon âge, le siège d'auto adapté est une évidence. La complexité de la réglementation les entourant et les méthodes d'installation le sont moins, mais bon...
- Interdire énormément d'aliments aux futures mères. Ben non, de nos jours, les futures mamans ne boivent pas d'alcool, ne fument pas, ne mangent pas de fromage à pâte molle, ni de steak saignant, ni de sushi, ni de foie, ni de charcuteries froides, ni de légumes non lavés, etc. Ben oui, avant les femmes se cassaient pas la tête avec ça. Leurs enfants n'en ont pas été affectés? Tant mieux. Mais je gage que s'ils l'étaient, les mamans ne s'en vanteraient pas.
Au début, je ne comprenais pas pourquoi autant de femmes crachaient sur un bouquin qui a été conçu afin de donner à tous les parents une "formation" de base sur la grossesse et les soins à donner à leurs futurs enfants. Je ne voyais pas en quoi la distribution uniforme d'une information claire et à jour causait un malaise chez certaines mamans des générations précédentes.
Puis, un soir, au détour d'une conversation, mon chum et moi avons appris à ma belle-mère qu'on déconseille maintenant aux femmes enceintes de manger du foie, parce que ça contient trop de vitamine A et que ça peut endommager les yeux des bébés. Dans son temps, on disait d'en manger deux fois par semaine. Elle a écouté le conseil. Ses deux fils portent des lunettes. Je sais que depuis ce soir-là, elle est affligée d'un accès de la maladie parentale par excellence : la culpabilité. Elle se demande si la vue imparfaite de ses enfants, c'est de sa faute. La réponse est : NON! Premièrement, elle-même et son mari portent des lunettes, alors peut-être que la vitamine A n'a rien à y voir. Deuxièmement, belle-maman a fait au mieux avec l'information disponible à son époque. On n'a pas à se sentir coupable de faire les choses au mieux, d'agir au meilleur de nos connaissances.
Par contre, ce serait idiot, pour essayer de s'épargner un peu de culpabilité à rebours, de ne pas doter les générations de parents suivantes de la dernière information disponible, d'un coup qu'elle différerait des pratiques anciennes.
Récemment, un article dans La Presse m'a paru faire écho à l'attitude méfiante des mamans des générations précédentes. La journaliste semblait y dire que les parents "modernes" ont perdu tout instinct et tout jugement à cause de l'abondance d'information provenant de ce guide "Mieux vivre".
Ah bon? Au contraire, me semble que cette lecture m'a donné une certaine confiance en moi. Parce que 90% des trucs contenus dans ce bouquin m'ont semblé évidents. Et le 10% restant, j'ai été heureuse de l'apprendre. Au final, je me suis dit que, sans le guide, j'aurais fait ce qu'il fallait, d'instinct, 90% du temps. Quand même pas pire...
Les parents, selon la journaliste, deviennent démunis lorsqu'un sujet n'est pas couvert par le livre. Euh, ça dépend des parents. Celui qui n'est pas capable de comprendre que si on ne doit pas donner plus d'une demi-tasse de jus de fruit par jour à un enfant de deux ans, on ne doit certainement pas donner 5 portions de lait au chocolat par jour à un enfant de trois ans, je pense qu'il aurait été démuni de toute façon. Et la mère qui laisse son bébé tout seul dans la voiture, elle le laisse probablement tout seul dans son parc aussi. Et peut-être même dans son bain.
Même si le guide conseille clairement de ne pas le faire.
Et la grand-maman aussi.
Au chapitre des pratiques prônées par le "Mieux vivre" et décriées par ces "anciennes" mamans?
- Allaiter (ou nourrir au lait maternisé) exclusivement les enfants jusqu'à six mois. Voyons, donc, ça n'a pas de bon sens selon elles. Les enfants doivent avoir faim! Pourtant, quand je regarde les bébés de mes amis, l'expression "cochon de lait" me semble prendre tout son sens. Ils sont potelés en masse!
- Interdire le lait de vache avant 9 mois. Ben oui, les générations d'avant en ont bu plus tôt. Mais on leur a aussi servi des céréales plus vite, pour compenser les éventuelles carences alimentaires. Et on constate beaucoup d'allergies alimentaires chez les enfants qui ont mangé des solides très tôt et chez leurs descendants. Avec les nouvelles découvertes, on espère inverser cette tendance.
- Coucher les enfants sur le dos. Ce que j'entends le plus souvent : moi je couchais mes enfants sur le côté/ sur le ventre et ils sont pas morts. Et c'est vrai que, selon les dernières statistiques, coucher les enfants sur le dos diminue le risque de mort subite du nourrisson de seulement 1% ou 2% par rapport aux enfants couchés dans une autre position. Mais qui se porte volontaire pour être le parent sur 100 qui découvrira son enfant mort dans son lit?
- Asseoir le bébé dans son siège d'auto adapté (et non le tenir dans ses bras). Ceux qui s'indignent de cette obligation "inutile" ont connu l'époque de la ceinture de sécurité facultative. Pour les gens de mon âge, le siège d'auto adapté est une évidence. La complexité de la réglementation les entourant et les méthodes d'installation le sont moins, mais bon...
- Interdire énormément d'aliments aux futures mères. Ben non, de nos jours, les futures mamans ne boivent pas d'alcool, ne fument pas, ne mangent pas de fromage à pâte molle, ni de steak saignant, ni de sushi, ni de foie, ni de charcuteries froides, ni de légumes non lavés, etc. Ben oui, avant les femmes se cassaient pas la tête avec ça. Leurs enfants n'en ont pas été affectés? Tant mieux. Mais je gage que s'ils l'étaient, les mamans ne s'en vanteraient pas.
Au début, je ne comprenais pas pourquoi autant de femmes crachaient sur un bouquin qui a été conçu afin de donner à tous les parents une "formation" de base sur la grossesse et les soins à donner à leurs futurs enfants. Je ne voyais pas en quoi la distribution uniforme d'une information claire et à jour causait un malaise chez certaines mamans des générations précédentes.
Puis, un soir, au détour d'une conversation, mon chum et moi avons appris à ma belle-mère qu'on déconseille maintenant aux femmes enceintes de manger du foie, parce que ça contient trop de vitamine A et que ça peut endommager les yeux des bébés. Dans son temps, on disait d'en manger deux fois par semaine. Elle a écouté le conseil. Ses deux fils portent des lunettes. Je sais que depuis ce soir-là, elle est affligée d'un accès de la maladie parentale par excellence : la culpabilité. Elle se demande si la vue imparfaite de ses enfants, c'est de sa faute. La réponse est : NON! Premièrement, elle-même et son mari portent des lunettes, alors peut-être que la vitamine A n'a rien à y voir. Deuxièmement, belle-maman a fait au mieux avec l'information disponible à son époque. On n'a pas à se sentir coupable de faire les choses au mieux, d'agir au meilleur de nos connaissances.
Par contre, ce serait idiot, pour essayer de s'épargner un peu de culpabilité à rebours, de ne pas doter les générations de parents suivantes de la dernière information disponible, d'un coup qu'elle différerait des pratiques anciennes.
Récemment, un article dans La Presse m'a paru faire écho à l'attitude méfiante des mamans des générations précédentes. La journaliste semblait y dire que les parents "modernes" ont perdu tout instinct et tout jugement à cause de l'abondance d'information provenant de ce guide "Mieux vivre".
Ah bon? Au contraire, me semble que cette lecture m'a donné une certaine confiance en moi. Parce que 90% des trucs contenus dans ce bouquin m'ont semblé évidents. Et le 10% restant, j'ai été heureuse de l'apprendre. Au final, je me suis dit que, sans le guide, j'aurais fait ce qu'il fallait, d'instinct, 90% du temps. Quand même pas pire...
Les parents, selon la journaliste, deviennent démunis lorsqu'un sujet n'est pas couvert par le livre. Euh, ça dépend des parents. Celui qui n'est pas capable de comprendre que si on ne doit pas donner plus d'une demi-tasse de jus de fruit par jour à un enfant de deux ans, on ne doit certainement pas donner 5 portions de lait au chocolat par jour à un enfant de trois ans, je pense qu'il aurait été démuni de toute façon. Et la mère qui laisse son bébé tout seul dans la voiture, elle le laisse probablement tout seul dans son parc aussi. Et peut-être même dans son bain.
Même si le guide conseille clairement de ne pas le faire.
Et la grand-maman aussi.
mardi 17 juin 2014
Quels problèmes de tension?
J'avais une échographie de contrôle hier à l'hôpital.
Pour laquelle je stressais, évidemment.
Parce que c'est à cette échographie qu'on saurait si la puce s'était développée normalement malgré l'artère ombilicale unique, le diabète et la haute tension, si elle était bien placée en vue de l'accouchement (la tête en bas), si j'avais assez de liquide amniotique, si le placenta faisait bien son travail...
Réponse à toutes ces questions : tout est parfait!!! :) :) :)
(Commençait à être temps que je reçoive des bonnes nouvelles de la part d'un médecin!)
En prime, l'infirmière qui me suit m'a confirmé que mon diabète semble sous contrôle... Et c'est drôle, mais j'ai l'impression que je n'aurai plus de problèmes de tension là! ;)
Et donc vous devriez en avoir fini pour un petit moment avec les billets parlant de ma santé et de celle du bébé! Hihihihi! ;)
Pour laquelle je stressais, évidemment.
Parce que c'est à cette échographie qu'on saurait si la puce s'était développée normalement malgré l'artère ombilicale unique, le diabète et la haute tension, si elle était bien placée en vue de l'accouchement (la tête en bas), si j'avais assez de liquide amniotique, si le placenta faisait bien son travail...
Réponse à toutes ces questions : tout est parfait!!! :) :) :)
(Commençait à être temps que je reçoive des bonnes nouvelles de la part d'un médecin!)
En prime, l'infirmière qui me suit m'a confirmé que mon diabète semble sous contrôle... Et c'est drôle, mais j'ai l'impression que je n'aurai plus de problèmes de tension là! ;)
Et donc vous devriez en avoir fini pour un petit moment avec les billets parlant de ma santé et de celle du bébé! Hihihihi! ;)
vendredi 6 juin 2014
À risque de...
L'autre matin, lors d'une visite de routine chez mon doc (le genre de visite qui demande normalement plus de temps pour se rendre et pour revenir que le temps qu'on passe dans son bureau), ma tension artérielle était trop haute. Pas immensément trop haute, mais dans la zone grise indiquant un risque potentiel de pré-éclampsie (traduction : risque que mes reins et mon foie décident de ne plus filtrer mon sang, m'empoisonnant moi et le bébé).
On m'a donc aussitôt dirigée à l'hôpital, où j'ai eu droit aux prises de sang et d'échantillons d'urine. Au bout de 2 heures et demi, tous les indicateurs de pré-éclampsie sont revenus négatifs. Ma tension était toujours haute, mais toujours seulement dans la zone grise.
Alors on a fini par me munir d'un tensiomètre et des instructions pour l'utiliser sur moi-même (soit dit en passant, c'est pas exactement une mesure précise) et par me renvoyer chez moi. Avec l'instruction de rester au repos complet (alitée ou allongée sur mon sofa) jusqu'à ma prochaine rencontre avec mon médecin, dans dix jours. D'ici là, terminé les séances sur l'elliptique, l'aquaforme, le yoga, les promenades un peu longues ou même les dîners à l'extérieur avec les amis (de toute façon, je ne peux pas ingérer de sucre, de glucides, ni de sel, de gras et de caféine!). Cela, en dépit du fait que l'exercice aide à abaisser la glycémie et donc à contrôler mon diabète de grossesse. (Pourquoi est-ce que je sens que, alors que tout allait bien depuis 10 jours, je vais faire connaissance avec l'insuline dans les prochaines semaines?)
Le pire dans tout ça? Ben comme avec le diabète (qui, tiens donc, est lui aussi dans la zone grise), moi je n'ai aucun symptômes et je me sens parfaitement bien. Si on ne me l'avait pas interdit, je serais sans doute en train de parcourir les magasins à la journée longue pour acheter les derniers trucs de bébé. Mais ma condition présente un risque potentiel pour ma puce. Alors j'suis immobilisée.
D'ailleurs, là si je fais les bilans des risques que mon bébé court, il pourrait :
- avoir un retard de croissance et un faible poids à cause de l'artère ombilicale unique
- être trop grand et trop gros à cause du diabète
- avoir un retard de croissance et un faible poids (bis) à cause de ma haute tension
C'est moi où y'a des trucs là-dedans qui semblent s'annuler les uns les autres?
L'accouchement ne me faisait déjà pas tellement peur, mais là, franchement, la perspective de souffrir pendant une vingtaine d'heures pour enfin avoir ma puce dans les bras et être débarrassée de l'angoisse constante que mon corps me trahisse et lui nuise sans que je puisse y faire quoique ce soit, ben mettons que je la trouve vraiment séduisante.
Il me reste environ 9 semaines à patienter.
En attendant, enfermée chez moi sans possibilité de m'entraîner un peu ou de bouffer du chocolat pour me remonter le moral, je vais m'efforcer de ne pas me taper une bonne dépression.
Heureusement que je peux encore écrire.
On m'a donc aussitôt dirigée à l'hôpital, où j'ai eu droit aux prises de sang et d'échantillons d'urine. Au bout de 2 heures et demi, tous les indicateurs de pré-éclampsie sont revenus négatifs. Ma tension était toujours haute, mais toujours seulement dans la zone grise.
Alors on a fini par me munir d'un tensiomètre et des instructions pour l'utiliser sur moi-même (soit dit en passant, c'est pas exactement une mesure précise) et par me renvoyer chez moi. Avec l'instruction de rester au repos complet (alitée ou allongée sur mon sofa) jusqu'à ma prochaine rencontre avec mon médecin, dans dix jours. D'ici là, terminé les séances sur l'elliptique, l'aquaforme, le yoga, les promenades un peu longues ou même les dîners à l'extérieur avec les amis (de toute façon, je ne peux pas ingérer de sucre, de glucides, ni de sel, de gras et de caféine!). Cela, en dépit du fait que l'exercice aide à abaisser la glycémie et donc à contrôler mon diabète de grossesse. (Pourquoi est-ce que je sens que, alors que tout allait bien depuis 10 jours, je vais faire connaissance avec l'insuline dans les prochaines semaines?)
Le pire dans tout ça? Ben comme avec le diabète (qui, tiens donc, est lui aussi dans la zone grise), moi je n'ai aucun symptômes et je me sens parfaitement bien. Si on ne me l'avait pas interdit, je serais sans doute en train de parcourir les magasins à la journée longue pour acheter les derniers trucs de bébé. Mais ma condition présente un risque potentiel pour ma puce. Alors j'suis immobilisée.
D'ailleurs, là si je fais les bilans des risques que mon bébé court, il pourrait :
- avoir un retard de croissance et un faible poids à cause de l'artère ombilicale unique
- être trop grand et trop gros à cause du diabète
- avoir un retard de croissance et un faible poids (bis) à cause de ma haute tension
C'est moi où y'a des trucs là-dedans qui semblent s'annuler les uns les autres?
L'accouchement ne me faisait déjà pas tellement peur, mais là, franchement, la perspective de souffrir pendant une vingtaine d'heures pour enfin avoir ma puce dans les bras et être débarrassée de l'angoisse constante que mon corps me trahisse et lui nuise sans que je puisse y faire quoique ce soit, ben mettons que je la trouve vraiment séduisante.
Il me reste environ 9 semaines à patienter.
En attendant, enfermée chez moi sans possibilité de m'entraîner un peu ou de bouffer du chocolat pour me remonter le moral, je vais m'efforcer de ne pas me taper une bonne dépression.
Heureusement que je peux encore écrire.
vendredi 30 mai 2014
Rat de laboratoire
Depuis quelques semaines, j'ai l'impression de vivre dans les hôpitaux. Dire que je refusais l'idée d'une insémination artificielle ou d'une fécondation in vitro parce que je ne voulais pas d'une grossesse trop médicalisée! :S
Je vous ai déjà raconté le stress vécu après la découverte chez notre bébé d'une particularité physiologiques, ce qui nous valu une batterie de tests. (Heureusement, tout est beau).
Et là, récemment, je viens d'avoir droit à l'épreuve du rat de laboratoire, c'est-à-dire le test de dépistage du diabète gestationnel. Test consistant à faire avaler rapidement à la femme enceinte 50g de glucose pur (quantité de sucre qu'aucune personne saine d'esprit n'ingurgiterait d'un seul coup... imaginez, c'est quasiment le contenu en sucre de deux canettes de Coke!), puis à mesurer la réponse de son organisme, une heure plus tard, grâce à une prise de sang.
Bon, contrairement aux autres mamans de mon entourage, je ne me plaindrai pas du liquide ingéré. C'était sucré et ça donnait un peu mal au cœur, mais faut ce qu'il faut (me suis-je dit). Le résultat ne me stressait pas tellement : pré-grossesse, j'avais plutôt tendance à l'hypoglycémie qu'à l'hyperglycémie.
Sauf que j'avais oublié de prendre en compte quelques petits facteurs. Genre le fait que j'ai plus de 30 ans, que j'avais un surpoids pré-grossesse et, surtout, que tous mes oncles paternels sont diabétiques... Ouais, la loterie génétique était sans doute pas de mon bord.
Le test est revenu non concluant. Par un poil. J'étais dans la zone grise : taux de sucre sanguin trop bas pour indiquer avec certitude un diabète gestationnel, mais trop élevé pour qu'il soit exclu. Zut.
On m'a donc prescrit un deuxième test. 75g de glucose pur cette fois (l'équivalent de deux canettes de coke et demi). À avaler à jeun. Et avant ça, trois jours de diète enrichie en glucides. Pendant ces trois jours, j'ai eu l'impression de bouffer comme un ogre et je ne me sentais pas très bien : lourde, pas d'énergie, etc. Imaginez : la diète prescrivait un dessert avec les dîners et souper, plus des collations sucrées. D'habitude, je prends un dessert par semaine! J'ai pris 2 livres pendant ces 3 jours, alors que jusqu'à maintenant ma prise de poids suivait une courbe lente et, dixit mon médecin, parfaite.
Puis j'ai fait le test. Avaler 75g de glucides à jeun, ça m'a donné un boost d'énergie pendant environ 20 minutes. Après ça, bonjour la faiblesse, le mal de coeur, la tête dans le coton, etc... Je devais rester deux heures au CLSC, pendant lesquelles on m'a fait une prise de sang par heure. À la fin de la deuxième heure, j'arrivais plus à lire, j'avais de la misère avec mon équilibre, les jambes molles, etc...
Après le test, j'ai eu besoin du reste de la journée pour récupérer. Je me sentais complètement épuisée par les chocs que mon système venait de subir. J'avais vraiment l'impression qu'on m'avait utilisée comme un rat de laboratoire, me plaçant dans une situation qui n'avait aucune chance d'arriver dans la vraie vie (qui boirait deux canettes de coke et demi avant d'avaler quoique ce soit d'autre le matin?) juste pour voir ce que ça donnerait. En plus, bébé n'a à peu près pas bougé du reste de cette journée-là, ce qui m'a inquiétée pas mal. Elle non plus ne semblait pas avoir aimé l'expérience.
Enfin, là restait juste à attendre les résultats de ce second test. En essayant de ne pas stresser (yeah, right...)
Et quand les résultats sont finalement arrivés, nouvelle mauvaise surprise. Ma valeur de glycémie à jeun était trop élevée (par un cheveu encore une fois). Hein, quoi? Ben oui, mon système avait réagi normalement au reste du test, mais pas au jeûne de huit heures après trois jours en surplus de glucides. Cela me plaçait dans la catégorie "diabète gestationnel" et ma grossesse était désormais considérée "à risque élevé". Ce qui veut dire que je devais (encore) me taper une série de rendez-vous à l'hôpital.
Lors de ces rencontres, on m'a remis un glucomètre et tout le kit pour me trouer les doigts quatre fois par jour (soit dit en passant, prendre ses glycémies sur le bout des doigts, c'est pas super pratique pour un écrivain : ça fait pas mal longtemps, mais à 4 piqûres par jour, y'a toujours un doigt de sensible!) Après ça, on m'a présenté mon nouveau régime.
Et c'est là que j'ai compris qu'il allait peut-être y avoir un problème.
Dans plus de la moitié des cas de diabète gestationnel, semblerait que l'exercice physique et le régime suffisent à contrôler les taux de sucre sanguin. Sauf que quand tu regardes le régime suggéré et l'exercice qui va avec et que tu te rends compte que c'est déjà pas mal ce que tu manges dans une semaine (moins l'écart gourmand que tu t'autorisais hebdomadairement) pis que tu fais plus d'exercice que ce qu'ils proposent, ça augure mal.
Pas grave, je me suis quand même lancée dans le labyrinthe, en bon petit rat de laboratoire. Bouffer, mesurer mon taux de sucre avec le glucomètre, être souvent juste une petite coche trop haut, prendre une note d'ajuster légèrement ma diète pour le lendemain, recommencer... Aucun indicateur physiologique. Sucre sanguin trop haut ou correct, les écarts sont minimes, alors moi je me sens pareille, mais faut que je pousse le bouton de la petite machine et que j'agisse en conformité avec le résultat. Que j'ajuste à l'aveugle. Banane en matinée, non. En soirée, oui. Pourquoi? Parce que mon corps réagit comme ça. Parole de glucomètre.
Et je fais ces petits ajustements, en sachant que si j'arrives pas à mettre, et vite, mes taux de sucre sous contrôle, mon bébé en souffre (ses poumons risquent de mal se développer) et les injections d'insuline m'attendent, avec tout ce qui s'en suit : encore d'autres rendez-vous médicaux, un accouchement provoqué alors que je voulais le truc le plus naturel possible, risques de retards de croissance chez bébé qui a déjà des risques d'être petite à cause de l'artère ombilicale unique... (Semblerait qu'un diabète non soigné fait des bébés trop gros, mais un diabète soigné à l'insuline en donne des trop petits... Pas au point ce truc!)
En arrière plan, ma hantise habituelle revient. C'était ptêt pas pour rien que j'arrivais pas à tomber enceinte sans coup de pouce médical... J'ai beau me sentir parfaitement bien depuis que je suis enceinte, mon corps était ptêt pas fait pour ça...
Puis, au bout de quelques jours de tâtonnements (et de déprime), où j'ai l'impression que je ne pense qu'à la teneur en glucides de la bouffe et à mes horaires de repas, une lueur d'espoir. Et si je réduis la quantité de féculents que je mange à ce repas, est-ce que...?
Oui! Enfin! La glycémie trop haute qui me narguait jour après jour vient de retomber dans les normales. Le rat a résolu l'épreuve du labyrinthe. Il connaît le chemin maintenant!
Reste plus qu'à répéter le parcours encore et encore pendant les 10 prochaines semaines... En me croisant les doigts pour que mes hormones restent relativement stables et ne viennent pas brouiller à nouveau les cartes...
Je vous ai déjà raconté le stress vécu après la découverte chez notre bébé d'une particularité physiologiques, ce qui nous valu une batterie de tests. (Heureusement, tout est beau).
Et là, récemment, je viens d'avoir droit à l'épreuve du rat de laboratoire, c'est-à-dire le test de dépistage du diabète gestationnel. Test consistant à faire avaler rapidement à la femme enceinte 50g de glucose pur (quantité de sucre qu'aucune personne saine d'esprit n'ingurgiterait d'un seul coup... imaginez, c'est quasiment le contenu en sucre de deux canettes de Coke!), puis à mesurer la réponse de son organisme, une heure plus tard, grâce à une prise de sang.
Bon, contrairement aux autres mamans de mon entourage, je ne me plaindrai pas du liquide ingéré. C'était sucré et ça donnait un peu mal au cœur, mais faut ce qu'il faut (me suis-je dit). Le résultat ne me stressait pas tellement : pré-grossesse, j'avais plutôt tendance à l'hypoglycémie qu'à l'hyperglycémie.
Sauf que j'avais oublié de prendre en compte quelques petits facteurs. Genre le fait que j'ai plus de 30 ans, que j'avais un surpoids pré-grossesse et, surtout, que tous mes oncles paternels sont diabétiques... Ouais, la loterie génétique était sans doute pas de mon bord.
Le test est revenu non concluant. Par un poil. J'étais dans la zone grise : taux de sucre sanguin trop bas pour indiquer avec certitude un diabète gestationnel, mais trop élevé pour qu'il soit exclu. Zut.
On m'a donc prescrit un deuxième test. 75g de glucose pur cette fois (l'équivalent de deux canettes de coke et demi). À avaler à jeun. Et avant ça, trois jours de diète enrichie en glucides. Pendant ces trois jours, j'ai eu l'impression de bouffer comme un ogre et je ne me sentais pas très bien : lourde, pas d'énergie, etc. Imaginez : la diète prescrivait un dessert avec les dîners et souper, plus des collations sucrées. D'habitude, je prends un dessert par semaine! J'ai pris 2 livres pendant ces 3 jours, alors que jusqu'à maintenant ma prise de poids suivait une courbe lente et, dixit mon médecin, parfaite.
Puis j'ai fait le test. Avaler 75g de glucides à jeun, ça m'a donné un boost d'énergie pendant environ 20 minutes. Après ça, bonjour la faiblesse, le mal de coeur, la tête dans le coton, etc... Je devais rester deux heures au CLSC, pendant lesquelles on m'a fait une prise de sang par heure. À la fin de la deuxième heure, j'arrivais plus à lire, j'avais de la misère avec mon équilibre, les jambes molles, etc...
Après le test, j'ai eu besoin du reste de la journée pour récupérer. Je me sentais complètement épuisée par les chocs que mon système venait de subir. J'avais vraiment l'impression qu'on m'avait utilisée comme un rat de laboratoire, me plaçant dans une situation qui n'avait aucune chance d'arriver dans la vraie vie (qui boirait deux canettes de coke et demi avant d'avaler quoique ce soit d'autre le matin?) juste pour voir ce que ça donnerait. En plus, bébé n'a à peu près pas bougé du reste de cette journée-là, ce qui m'a inquiétée pas mal. Elle non plus ne semblait pas avoir aimé l'expérience.
Enfin, là restait juste à attendre les résultats de ce second test. En essayant de ne pas stresser (yeah, right...)
Et quand les résultats sont finalement arrivés, nouvelle mauvaise surprise. Ma valeur de glycémie à jeun était trop élevée (par un cheveu encore une fois). Hein, quoi? Ben oui, mon système avait réagi normalement au reste du test, mais pas au jeûne de huit heures après trois jours en surplus de glucides. Cela me plaçait dans la catégorie "diabète gestationnel" et ma grossesse était désormais considérée "à risque élevé". Ce qui veut dire que je devais (encore) me taper une série de rendez-vous à l'hôpital.
Lors de ces rencontres, on m'a remis un glucomètre et tout le kit pour me trouer les doigts quatre fois par jour (soit dit en passant, prendre ses glycémies sur le bout des doigts, c'est pas super pratique pour un écrivain : ça fait pas mal longtemps, mais à 4 piqûres par jour, y'a toujours un doigt de sensible!) Après ça, on m'a présenté mon nouveau régime.
Et c'est là que j'ai compris qu'il allait peut-être y avoir un problème.
Dans plus de la moitié des cas de diabète gestationnel, semblerait que l'exercice physique et le régime suffisent à contrôler les taux de sucre sanguin. Sauf que quand tu regardes le régime suggéré et l'exercice qui va avec et que tu te rends compte que c'est déjà pas mal ce que tu manges dans une semaine (moins l'écart gourmand que tu t'autorisais hebdomadairement) pis que tu fais plus d'exercice que ce qu'ils proposent, ça augure mal.
Pas grave, je me suis quand même lancée dans le labyrinthe, en bon petit rat de laboratoire. Bouffer, mesurer mon taux de sucre avec le glucomètre, être souvent juste une petite coche trop haut, prendre une note d'ajuster légèrement ma diète pour le lendemain, recommencer... Aucun indicateur physiologique. Sucre sanguin trop haut ou correct, les écarts sont minimes, alors moi je me sens pareille, mais faut que je pousse le bouton de la petite machine et que j'agisse en conformité avec le résultat. Que j'ajuste à l'aveugle. Banane en matinée, non. En soirée, oui. Pourquoi? Parce que mon corps réagit comme ça. Parole de glucomètre.
Et je fais ces petits ajustements, en sachant que si j'arrives pas à mettre, et vite, mes taux de sucre sous contrôle, mon bébé en souffre (ses poumons risquent de mal se développer) et les injections d'insuline m'attendent, avec tout ce qui s'en suit : encore d'autres rendez-vous médicaux, un accouchement provoqué alors que je voulais le truc le plus naturel possible, risques de retards de croissance chez bébé qui a déjà des risques d'être petite à cause de l'artère ombilicale unique... (Semblerait qu'un diabète non soigné fait des bébés trop gros, mais un diabète soigné à l'insuline en donne des trop petits... Pas au point ce truc!)
En arrière plan, ma hantise habituelle revient. C'était ptêt pas pour rien que j'arrivais pas à tomber enceinte sans coup de pouce médical... J'ai beau me sentir parfaitement bien depuis que je suis enceinte, mon corps était ptêt pas fait pour ça...
Puis, au bout de quelques jours de tâtonnements (et de déprime), où j'ai l'impression que je ne pense qu'à la teneur en glucides de la bouffe et à mes horaires de repas, une lueur d'espoir. Et si je réduis la quantité de féculents que je mange à ce repas, est-ce que...?
Oui! Enfin! La glycémie trop haute qui me narguait jour après jour vient de retomber dans les normales. Le rat a résolu l'épreuve du labyrinthe. Il connaît le chemin maintenant!
Reste plus qu'à répéter le parcours encore et encore pendant les 10 prochaines semaines... En me croisant les doigts pour que mes hormones restent relativement stables et ne viennent pas brouiller à nouveau les cartes...
mardi 13 mai 2014
L'écrivaine au rayon des sièges d'auto
L'autre jour, avec mon chéri, nous nous sommes aventurés pour la première fois dans un magasin de trucs pour bébé. On avait volontairement retardés cette expédition, sachant que dès l'entrée du magasin on serait bombardés de conseils et de publicités nous ventant les vertus du nouveau gugusse dont nous avons absolument besoin même si on savait pas que ça existait deux minutes plus tôt... Mais bon, comme je suis rendue à six mois de grossesse, on s'est dit qu'il était temps qu'on commence à regarder où on pourrait acheter les trucs essentiels à notre petite puce...
Oh boy! On avait même pas idée de l'ampleur de l'attaque en règle qui nous attendait!!!
Les concepteurs de produits pour bébé sont vraiment machiavéliques. Sachant que la future maman est juste une boule d'hormones sur deux pattes et qu'elle est capable de pleurer à la vue d'un petit bas de laine brodé de flocons de neige, ils ont conçu tous les trucs pour bébé de façon à ce que plus leur prix augmente, plus ils soient mignons.
Et la future maman, qui n'imagine son futur bébé que propre, souriant et habillé de petits pyjamas du plus beau design (et sans tache de régurgitation), passe dans les allées en poussant des petits cris ravis, tenaillée par l'envie d'acheter le contenu du magasin tout entier. Heureusement, dans mon cas, la future maman n'occupait pas tout l'espace de mes pensées. Entre l'écrivaine qui m'habite également et mon chéri qui veillait, je suis parvenue à éviter les pires trappes à argent.
Un exemple? J'ai découvert qu'un paquet de 4 bavoirs en tissu éponge dans des couleurs pastel, ça se vend 10$. Mais à coté de ces paquets génériques dans un emballage banal, vous avez un étalage de bavoirs brodés de nounours ou autres petits animaux adorables. Évidemment, c'est ceux-là qui ont attiré mon attention (pas ma faute, ils sont conçus pour attaquer mes défenses mentales et budgétaires!). Jusqu'à ce que je remarque le prix : 10$ l'unité. L'écrivaine a alors donné un coup de pied mental à la future maman. Hé ho, 10$ pour un bout de tissu sur lequel bébé va baver, recracher sa bouffe ou régurgiter son lait, faut pas exagérer!
On s'est rendus tant bien que mal jusqu'à la section du magasin où étaient exposés les sièges d'auto. Arrivée là, je me sentais en confiance. J'avais évité de réhypothéquer la maison pour des pyjamas, des bavoirs, une poussette ou un mobile, je devrais résister aux sièges d'auto...
Et, en effet, y'a pas grand chose de mignon dans un siège d'auto, fusse-t-il doublé d'un tissu à motifs de petites souris qui jouent à la cachette. Par contre, il semblerait qu'avec les bébés très jeunes, on ne peut pas utiliser un siège d'auto sans mettre un petit coussin pour soutenir le cou du bébé. Vous savez un de ces petits coussins en forme de C qui ressemblent à ceux que les adultes utilisent dans les avions...
Eh bien, dans le magasin de trucs pour bébé, ces petits coussins se présentent sous des formes plus mignonnes les unes que les autres. Il y en avait un, notamment, qui se terminait à chaque extrémité par un minuscule ours en peluche. Tout doux, l'ours en peluche. Avec de jolis yeux en boutons.
J'ai tendu la main vers ce ravissant coussin-à-nounours avec une exclamation de joie trahissant une surdose d'hormones...
Mon écrivaine intérieure m'a empoignée par le collet. Mon chum m'a pris par la main.
Et ils m'ont tirée en dehors du magasin avant que je succombe à l'appel du bidule inutile, mais tellement joliiiiiiiii!
Ouf! Ok, note à moi-même : entrer dans un magasin de trucs pour bébé "juste pour voir ce qu'il y a comme stock", c'est une très très très mauvaise idée.
Oh boy! On avait même pas idée de l'ampleur de l'attaque en règle qui nous attendait!!!
Les concepteurs de produits pour bébé sont vraiment machiavéliques. Sachant que la future maman est juste une boule d'hormones sur deux pattes et qu'elle est capable de pleurer à la vue d'un petit bas de laine brodé de flocons de neige, ils ont conçu tous les trucs pour bébé de façon à ce que plus leur prix augmente, plus ils soient mignons.
Et la future maman, qui n'imagine son futur bébé que propre, souriant et habillé de petits pyjamas du plus beau design (et sans tache de régurgitation), passe dans les allées en poussant des petits cris ravis, tenaillée par l'envie d'acheter le contenu du magasin tout entier. Heureusement, dans mon cas, la future maman n'occupait pas tout l'espace de mes pensées. Entre l'écrivaine qui m'habite également et mon chéri qui veillait, je suis parvenue à éviter les pires trappes à argent.
Un exemple? J'ai découvert qu'un paquet de 4 bavoirs en tissu éponge dans des couleurs pastel, ça se vend 10$. Mais à coté de ces paquets génériques dans un emballage banal, vous avez un étalage de bavoirs brodés de nounours ou autres petits animaux adorables. Évidemment, c'est ceux-là qui ont attiré mon attention (pas ma faute, ils sont conçus pour attaquer mes défenses mentales et budgétaires!). Jusqu'à ce que je remarque le prix : 10$ l'unité. L'écrivaine a alors donné un coup de pied mental à la future maman. Hé ho, 10$ pour un bout de tissu sur lequel bébé va baver, recracher sa bouffe ou régurgiter son lait, faut pas exagérer!
On s'est rendus tant bien que mal jusqu'à la section du magasin où étaient exposés les sièges d'auto. Arrivée là, je me sentais en confiance. J'avais évité de réhypothéquer la maison pour des pyjamas, des bavoirs, une poussette ou un mobile, je devrais résister aux sièges d'auto...
Et, en effet, y'a pas grand chose de mignon dans un siège d'auto, fusse-t-il doublé d'un tissu à motifs de petites souris qui jouent à la cachette. Par contre, il semblerait qu'avec les bébés très jeunes, on ne peut pas utiliser un siège d'auto sans mettre un petit coussin pour soutenir le cou du bébé. Vous savez un de ces petits coussins en forme de C qui ressemblent à ceux que les adultes utilisent dans les avions...
Eh bien, dans le magasin de trucs pour bébé, ces petits coussins se présentent sous des formes plus mignonnes les unes que les autres. Il y en avait un, notamment, qui se terminait à chaque extrémité par un minuscule ours en peluche. Tout doux, l'ours en peluche. Avec de jolis yeux en boutons.
J'ai tendu la main vers ce ravissant coussin-à-nounours avec une exclamation de joie trahissant une surdose d'hormones...
Mon écrivaine intérieure m'a empoignée par le collet. Mon chum m'a pris par la main.
Et ils m'ont tirée en dehors du magasin avant que je succombe à l'appel du bidule inutile, mais tellement joliiiiiiiii!
Ouf! Ok, note à moi-même : entrer dans un magasin de trucs pour bébé "juste pour voir ce qu'il y a comme stock", c'est une très très très mauvaise idée.
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