mercredi 11 juin 2014

Les textes de 1000 mots et moins

Vous avez peut-être remarqué, mais on est une gang d'écrivains ces temps-ci à travailler sur des textes de 750 mots. C'est une commande. Bientôt, on pourra vous dire de qui. :) (Moi en tout cas j'ai hâte de lire le produit final!)

J'adore concevoir des textes d'environ 1000 mots! :)

Mais c'est pas facile. Parce qu'en moins de 1000 mots, y'a pas de place pour les maladresses, les erreurs, les redites, les explications complexes. Faut bien peser chaque mot, chaque phrase, sélectionner les plus évocateurs...

En même temps, cette longueur présente plusieurs avantages. J'ai souvent l'impression que c'est le domaine de l'idée solitaire.

Par exemple, vous avez une idée de style d'écriture différent? C'est le moment de l'expérimenter. Avec un texte aussi court, même si c'est difficile de bien utiliser ce style nouveau, vous pouvez retravailler plusieurs fois sans que ça bouffe trop de temps. Et même si ce que vous racontez est un peu banal, peu importe, le style prendra toute la place.

À l'opposé, vous avez une idée pour une anecdote, une technologie bizarre, un personnage inusité, etc., mais pas d'un roman où intégrer cette idée? C'est le moment de la mettre en scène. Il faut alors se centrer sur un moment de la vie des personnages ou de l'existence de cet univers. On sait ce qui arrive avant, peut-être aussi ce qui se passera après, et on l'évoque en quelques mots, mais c'est l'anecdote, la technologie, le personnage, etc., qui prend toute la place.

Personnellement, sur 1000 mots et moins, je privilégie soit un texte très dialogué, soit un texte avec une narration distante, qui permet de couvrir une plus longue période de temps. Mais il y a moyen de mélanger les deux.

Et la beauté des textes de 1000 mots et moins, c'est qu'une fois qu'on a fini, il ne reste plus... qu'à couper!

Parce que, bonyenne, on arrive toujours trop long le premier coup! :p

La commande de 750 mots en faisait 1000 hier. N'en reste que 880 ce matin. Où sont mes ciseaux?      

15 commentaires:

Prospéryne a dit…

Intéressant comme idée! À faire mijoter...

Sébastien Chartrand a dit…

Hé oui...

... moi j'ai vraiment fait trop long, je dois couper. 750, c'est vraiment court, déjà que l'an dernier je n'avais pas participé aux 1000 mots de l'Ermite parce que je débordais trop. Mais cette commande à 750... ouf !

(serait-ce mon courriel d'hier pour demander conseil qui a suggéré ce billet ? si oui, tant mieux ! j'espère que ça éclairera d'autres auteurs !)

Ma zone de confort, dans le court, c'est autour de 2500. Mon max, c'est environ 6000. Dépassé ça, ça se développe en une idée de novella pour un-jour-quand-j'aurai-le-temps.

Tiens, pour ajouter : je suis en train d'étudier la structure des textes courts grâce à ces recueils:

- Vraies histoires fausses;
- Et autres petits mensonges;
- Les catalogues Alire (y'a toujours un nouveau short-short dedans)
- Revue XYZ, numéro "Nouvelles d'une page".

Reste que c'est un sacré beau défi et je suis fier de faire partie des auteurs recrutés !

Gen a dit…

@Prospéryne : Mijote, ma chère, mijote! ;)

@Sébas : Oui, c'est ton courriel d'hier qui m'a inspirée pour ce matin. J'ai étudié un peu mes publications passées et j'ai réalisé que... ben je m'en sors bien en short-short! ;)

Bonne idée de donner les références. (Je savais pas qu'il y avait des nouvelles courtes dans le catalogue d'Alire!)

Sébastien Chartrand a dit…

@ Gen : oui, chaque catalogue a un short-short inédit de la plume de notre Éditeur-En-Personne ! :P

...j'appréciais déjà ces textes mais honnêtement, depuis que je m'échine sur mon premier short-short à moi, mon respect a encore monté d'un cran !

Sérieux, ça vaut la peine de ramasser les catalogues de chaque saison juste pour ça, d'autant que la version en ligne n'offre pas les textes !

(À quand un recueil de ces shorts en version epub, Jean ?)

Gen a dit…

@Sébas : Pas sûre que Jean passe par ici! ;) Et là je comprends pourquoi je n'ai jamais lu ces textes-là : je consulte toujours le catalogue électronique.

Luc Dagenais a dit…

Woohoo, la mienne (ma nouvelle de 750 mots) est à toute fin pratique, terminée! :)

Autres suggestions de lecture de courtes nouvelles: Hemingway, Carver et R.C. Matheson.

Sébastien Chartrand a dit…

J'achève aussi le recueil le K de Dino Buzzati, c'est plutôt bien dans le short-short.

richard tremblay a dit…

Parmi les maîtres de la forme très courte : Italo Calvino, Jacques Sternberg, Fredric Brown...

Sébastien Chartrand a dit…

héhé ! grâce à Gen on va finir par monter un compendium !

Sébastien Chartrand a dit…

...pis toi, Richard, ça avances-tu bin ?

Gen a dit…

@Luc : Chanceux! ;) (bon, à part les coups de ciseaux, le mien est pas mal prêt)

@Luc, Richard et Sébas : Bonne idée de mettre toutes les suggestions ici. :) On aura juste à retrouver ce billet (des fois c'est plus facile à dire qu'à faire...) dans les années à venir quand on voudra s'inspirer. :)

richard tremblay a dit…

Séb : 147 mots and counting !

Gen : Au Québec je vois peu d'auteurs qui en ont fait dans les littératures de genre. Dave Côté, Norbert Spehner... Aussi Marius Mars et Vanessa Venus.

Ici, il y a plus d'auteurs de littérature générale qui en font, une des meilleures, c'est Sofia Benyahia... Mais je suis sûr qu'il y en a bien d'autres si on gratte comme il faut.

Pierre-Luc Lafrance a dit…

Ici, j'ai pas mal terminé mon texte de 750 mots et un de 1000 mots pour notre cher Ermite. Je laisse reposer un peu avant le retravail final (qui va occasionner son lot de coupe aussi, je le sens).

Philippe-Aubert Côté a dit…

Intéressant comme réflexion.

De mon côté, les textes courts, même s'il y en a de très bons (je pense à un recueil de Pierre Bordage composé de textes courts) ne me satisfont jamais. Pour dire vrai, je n'aime pas en lire et en écrire ne m'attire vraiment pas... Chacun sa perversion, quoi :-)

Ce qui fait que je me demande pourquoi j'ai aussi accepté de faire un 750 mots pour le même commanditaire mystérieux :-)

Gen a dit…

@Richard : Lâche pas! :)

C'est sûr qu'il n'y a pas énormément de textes courts en littérature de genre (désavantage habituel du genre : faut expliquer davantage le contexte). En littérature générale, avec XYZ (où les textes sont jamais bien longs), il y a déjà une plus grande "pépinière à talents".

@Pierre-Luc : Lâche pas! (Et tu me fais réaliser que j'ai pas encore commencer à bosser sur mon texte pour le concours de l'Ermite! :)

@Phil : Je dois dire qu'à mon sens un recueil entier de textes courts, c'est plutôt un truc à traîner dans son sac en cas de files d'attente (ou à laisser dans la salle de bain en cas de... bon, j'vous ferai pas un dessin! ;) Parce qu'en effet, c'est rarement satisfaisant.

Héhéhé! Allez, t'es capable d'écrire 750 mots. Imagine-toi que c'est un texte à écrire sur place et ça va bien aller! ;)