mardi 11 décembre 2012

Les cadeaux d'hôtesses

Le temps des Fêtes arrive.

Ah, ce merveilleux temps de l'année où on doit obligatoirement braver la foule des magasins, attendre en file aux caisses, prier UPS de livrer dans les délais annoncés, popotter des recettes qu'on fait juste une fois par année et qu'on a toujours peur de rater, nettoyer la maison dans tous les coins avant et après le passage des invités...

Et trouver quoi faire avec le enième ti plat à pinottes qu'on vient de nous donner!

Parce que tant qu'à moi, la vraie plaie du temps des Fêtes, c'est pas le stress du magasinage, la pression du "faut que tout soit parfait" et les inévitables tensions des partys de famille. Non, tout ça réussit déjà à nous amener à un cheveu de la folie, mais ce qui nous fait vraiment basculer, c'est les cadeaux d'hôtesse. Qu'on doive les donner ou les recevoir.

Quand les cadeaux se bornent à des bouteilles de vin, des fleurs ou des trucs qui se mangent, passe encore. Souvent (c'est-à-dire si l'invité a pour deux sous de goût ou la bonne idée de se faire conseiller) ils sont même bienvenus.

Mais quand on aborde le domaine des plats à bonbons de fantaisie, des planches à fromage en marbre, des chandelles parfumées et des autres cossins qui entrent de près ou de loin dans la catégorie des "ramasses-poussière" là c'est une autre histoire.

Je sais pas qui a inventé la coutume voulant qu'on donne un cadeau non alimentaire aux hôtes d'un souper. Qui a un jour pensé que ceux qui l'avaient invité désiraient être submergés de plats de services biscornus? Qui est l'illuminé qui a sincèrement cru qu'un peu plus de magasinage en pleine période des Fêtes, ça ne pouvait pas faire de tort? Qui s'est dit qu'arriver dans la famille avec les cadeaux de tout le monde, les pantoufles de chacun, les jouets du petit dernier, l'ingrédient secret pour la farce, un jeu de société pour la fin de la soirée, des oreillers au cas où il faudrait rester coucher, etc, ça suffisait pas? Qu'il fallait aussi ajouter à ça un pèle-patates rigolo ou un débouche-bouteille design, mais pas plus efficace que les cinq autres qu'on possède déjà?

Si jamais vous découvrez l'identité de cet individu (je penche pour le propriétaire des magasins Le Rouet, mais je manque de preuve), dites-le moi : je vais lui faire passer l'envie des kits de tasse à espresso avec grains de café dessinés dessus!

En attendant, si vous partagez ma haine des cadeaux d'hôtesse encombrants (ou laids ou trop parfumés), vous pouvez toujours faire comme moi et arriver les mains vides lorsque vous êtes invités chez des donneurs pathologiques de chandeliers-avec-garniture-de fleurs-en-tissu. Avec un peu de chance, cela ne les insultera pas suffisamment pour qu'ils rayent votre nom de leur liste d'invités, mais ils devraient avoir la mémoire assez longue pour ne plus jamais vous offrir de cadeau lorsqu'ils viennent chez vous.

À l'usage, si ça vous dérange pas de passer pour un mal élevé, cette méthode est, je crois, moins risquée que celle que j'avais lue dans un magazine féminin et qui consistait à refiler les cadeaux d'hôtesse reçus une première année à ceux qui nous inviteraient l'année d'après. Voyez-vous, le magazine ne spécifiait pas qu'il fallait tenir un registre desdits cadeaux pour éviter de redonner à belle-maman son bruloir à encens-qui-pue!

Mais non, c'est pas moi qui ait commis cette gaffe! C'est belle-maman qui a fini par me redonner mes chandelles parfumées. Mais c'est pas grave, je les tenais d'une cousine! ;p

Depuis ce temps-là, j'ai d'ailleurs développé une intéressante théorie : je crois qu'il existe un nombre fini de cadeaux d'hôtesse et que ceux-ci circulent d'hôte en hôte et de famille en famille depuis des années...

Ma théorie est complètement folle? J'vous l'avait dit que c'était pas bon pour ma santé mentale les cadeaux d'hôtesse! O_o

lundi 10 décembre 2012

Je craque pour la libraire!

Après avoir vu Hanaken, la lignée du sabre être sélection "Coup de coeur jeunesse 2011" dans l'édition spéciale du libraire 2011-2012, voilà que Le Chasseur est récipiendaire d'un "Le libraire craque" dans l'édition 2012-2013! (page 42 pour les curieux)

Moi c'est pour la libraire extraordinaire qui me fait ces beaux honneurs-là que je craque! ;) Si on l'avait pas, faudrait l'inventer!

D'ailleurs, tant qu'à jaser de libraire, je vais faire une annonce, pour des raisons de transparence : je suis maintenant affiliée à "Rue des libraires", alors si jamais vous passez par les liens que je mets vers mes livres (ou que je mettrai éventuellement vers d'autres livres), je vais faire un petit pourcentage sur le prix de vente.

J'ai pas retouché toutes mes critiques antérieures (et à moins de retrouver avec vraiment rien à faire, je pense pas m'atteler à ce boulot de titan), mais les éventuelles critiques que je mettrai en ligne comprendront toutes un lien vers cette plateforme électronique des librairies indépendantes. :)

Parce qu'acheter en ligne, c'est bien, mais acheter localement en ligne c'est encore mieux! ;)

vendredi 7 décembre 2012

Le dit du Musè (13)

Je suis assise à la table de cuisine, en train de parcourir le dernier UFC Magazine. (Ben oui, ça existe; ben non, je suis pas abonnée, parce que c'est surtout de la pub, mais mon père m'a acheté ce numéro parce qu'il comprenait un article intéressant sur St-Pierre). Une photo de Georges St-Pierre, en short et en muscles, s'étale en pleine page, avec une tite colonne de texte sur le côté. Il n'y a pas assez de contraste entre le texte et l'arrière-plan de la photo. Sourcils froncés, je peine à lire.

Mon chum passe derrière moi et m'apostrophe :

- Ouin, si je regardais la photo d'une fille avec cette attention-là, j'me ferais poser des questions!

- Je regarde pas la photo, je lis l'article.

Mon chum se met à rire.

- C'est exactement ça que je te répondrais!

Après avoir ri, j'ai réalisé qu'il y a un double standard ici : un gars vous répond ça et vous aller être, au mieux, sceptique. Tandis que venant d'une fille, la réponse sera plus facilement acceptée.

Et pourtant, j'avais bel et bien pris une seconde (ou deux) pour admirer la photo! :p

jeudi 6 décembre 2012

Pas de billet aujourd'hui...

Parce que j'ai cuisiné des muffins aux flocons de quinoa jusqu'à 10h30.

Au moins, ils sont bons!

mercredi 5 décembre 2012

L'intérêt des suites

Le billet d'hier m'a amenée à réfléchir... Voyez-vous, pour moi, écrire une suite ou lire une suite ou voir une suite n'a d'intérêt que si ladite suite explore une autre facette d'un univers déjà présenté.

Quelque chose doit avoir changé dans le temps (on peut se projeter dans le passé ou dans le futur), dans l'action, dans le point de vue général ou alors dans la psychologie des personnages. C'est ce changement que je veux voir, lire ou raconter. Une bonne série a besoin d'un grand arc, d'une évolution profonde qu'on perçoit au fil des histoires indépendantes... et qui ne s'étire pas non plus indéfiniment. Même Ulysse a fini par rentrer à Itaque!

Je comprends le point de vue des investisseurs (studio de cinéma ou éditeurs) pour qui la suite c'est du bonbon. Le premier opus ayant pogné, ils savent que le public suivra sans doute le second volet. Et peut-être même pour plusieurs volets.

Je comprends aussi le point de vue d'un certain public qui, s'il a aimé un premier opus, en voudra toujours plus. Ces gens se sont attachés aux personnages, à l'univers, à l'esthétisme, etc, et ils veulent continuer de vivre le même genre d'aventure.

Mais moi, personnellement, je ne vois pas d'intérêt à regarder, lire ou raconter encore un peu plus de la même chose. Une bonne histoire, ça a un début, un milieu, un développement et une fin. Pour une bonne série, c'est la même chose. Sinon, en l'absence de développement, ça ne m'apporte rien. À la limite, ça fait passer le temps. Mais j'en ai pas tant que ça à perdre...

Vous en pensez quoi, vous? Quand est-ce qu'une suite vous semble utile? Ou pas?

mardi 4 décembre 2012

Skyfall

Bon, ben après deux tentatives ratées (Vincent et moi sommes en train de nous rendre compte que le cinéma le plus près de chez nous est très achalandé la fin de semaine), j'ai finalement réussi à voir Skyfall, le dernier James Bond.

Verdict? Pas mauvais pour un James Bond, largement supérieur au dernier opus (Quantum of Solace), mais pas de quoi justifier un tel achalandage. Et ça arrive pas à la cheville de Casino Royale.

Entendons-nous : toute la première moitié du film est excellente. On voit d'abord Bond en mission, dirigé à distance par le MI6. Il est absolument délicieux d'entendre les Anglais s'exprimer avec calme et précision même en plein coeur de l'action. Ils ont l'air tellement plus professionnels que les Américains qui, dans la même situation, selon leurs films d'espionnage, jurent et s'emportent. Ensuite, après un pépin, Bond devra revenir de loin. Cela donnera lieu à quelques scènes fort intéressantes et à des dialogues pas piqués des vers (notamment avec celle qu'on nous présentera finalement comme la nouvelle Moneypenny). Finalement, l'arrivée de Bond au casino de Macao est d'une beauté à couper le souffle.

À partir de là, ça se gâte. Premièrement, Bond convainc une femme, prisonnière du traffic humain, de l'aider. Il la rejoint plus tard sur un bateau et entre sans prévenir dans sa douche. Dites, si la fille est vraiment forcée de se prostituer depuis des années, pas sûre qu'elle accueillerait chaleureusement un supposé "bon samaritain" qui simposerait sexuellement à elle! D'ailleurs, je trouve que dans ce film on retombe dans la séduction cheap de l'époque de Pierce Brosnan où les toutes les filles tombaient dans les bras de Bond sans que les spectateurs aient eu le temps de voir s'installer une quelconque tension entre les personnages. On est loin de la subtilité de Casino Royale!

Au fur et à mesure que l'intrigue se dévoile, les faiblesses apparaissent. Le méchant joue bien, d'accord, la fameuse scène où il parle à un James Bond ligoté, elle est originale, j'avoue, mais... Mais moi, les histoires de trucs planifiés à l'avance depuis des années, j'embarque plus ou moins. Surtout lorsque cette planification finit par reposer sur des erreurs que l'une des parties doit commettre... J'fais un quiz : si vous récupérez l'ordinateur d'un pirate informatique, pensez-vous que c'est une bonne idée de le relier à votre réseau avant d'essayer d'en examiner le contenu? À la limite, disons que je pourrais passer outre ces détails, si l'objectif du "méchant" justifiait une telle préparation. Mais quand cet objectif consiste à se venger de ses patrons qui l'ont laissé se faire torturer pendant des mois, bof... Me semble qu'il y a des moyens plus rapides et satisfaisant de tuer quelqu'un.

Ah pis à ce que je sache, du cyanure, quand ça marche pas (ce qui est rare, parce que ça en prend pas beaucoup pour fonctionner), ça crée des paralysies, des insuffisances respiratoires, des problèmes cardiaques ou des dommages neurologiques, mais pas une perte de dent pis du mauvais Photoshop!

Enfin... Jusqu'à l'audience de M devant le parlement, le film n'est pas inintéressant (quoique certains des arguments de M pour défendre le MI6 sont parfaits pour le film, mais donnent l'impression d'avoir déjà été utilisés dans la vraie vie par Harper), mais après ça, ça devient n'importe quoi. On n'a plus l'impression de voir un James Bond, mais plutôt un croisement entre Highlander, Rambo et une version adulte de Home Alone! La finale aurait dû nous arracher le coeur, mais elle tombe à plat. Dommage.

Et puis il y a une quantité effarante de détails de continuité qui ont été négligés dans ce film!!! Entre les souliers d'une fille qui changent de couleur, le verre de martini qui est tantôt givré, tantôt normal, les bouteilles qui tournent toute seule, les oreillettes qui apparaissent et disparaissent, le foulard de M qui se téléporte, ça agace l'oeil. Le photographe de plateau était en congé ou quoi?

Bref, si vous êtes un inconditionnel des Bond, ce n'est pas un mauvais opus. Si vous vous rappelez la parodie de Philippe-Aubert, vous allez sourire devant l'une des scènes. Mais si, pour vous, tout James Bond devrait avoir le rythme, la tension et la finesse psychologique de Casino Royale (parce que le potentiel du personnage n'en mérite pas moins), ben vous allez être déçu. Comme moi.

lundi 3 décembre 2012

Bonjour, ça vous tenterait pas de dépenser?

Je suis en train d'écrire. Le téléphone sonne. Plutôt que de faire comme mon chéri et de laisser le répondeur se charger de filtrer l'appel, je décroche, même si ça me met de mauvais poils, parce que je préfère affronter un appel inutile que de devoir rappeler quelqu'un plus tard.

Voix masculine avec vague accent étranger - Bonjour, Madame Blouin?

Ça commence mal. La seule personne qui m'appelle "Madame Blouin" et avec laquelle j'ai parfois envie de parler (surtout après avoir reçu un retour d'impôt ou une bourse), c'est mon banquier.

Moi - Oui.

Voix masculine - Bonjour, je suis (prénom masculin que j'ai pas retenu), c'est moi qui suis en charge de votre dossier client chez Bell.

Ah zut. Mon cerveau défile les hypothèses : Paiement en souffrance? Impossible, j'ai payé y'a deux jours. Compte piraté? M'étonnerait, chéri veille. Rabais à l'horizon? Faut pas rêver! Ne reste qu'une option : on m'appelle pour m'offrir de dépenser. Comme j'en arrive à cette conclusion, le gars au bout du fil enchaîne.

Employé de Bell - Je vois que vous avez le téléphone et Internet avec nous et que vous bénéficiez donc d'importants rabais, mais que vous payez le plein prix ailleurs pour un service de télé.

Bel essai déductif, mais comme je n'ai pas de service de télé, le gars (ou plutôt celui qui lui a dit de m'appeler et qui a mis au point son laïus) vient de se fourrer un doigt dans l'oeil. En plus, 5$ de rabais par mois, en regard du prix de ma facture, faut être effronté pour appeler ça un "important" rabais! Tiens, pour me venger d'avoir été dérangée durant une de mes rares séances d'écriture, j'ai envie de me livrer à un exercice amusant : voyons combien de temps il faudra à l'employé pour comprendre qu'il est tombé sur quelqu'un qui vit (et fort bien) sans le câble ou le satellite.

Moi, laconique - Non, je paie pas ailleurs.

Employé - Mais... euh... Vous avez bien un téléviseur chez vous?

Moi - Oui.

Employé - Et vous n'avez pas le câble?

Pas mauvais le gars. La dernière fois qu'on m'a appelée pour le même sujet, le type avait mis plus de temps à réaliser qu'une télé peut exister même sans câble.

Moi - Non.

Employé - Ni de satellite?

Moi - Non.

Employé, d'un ton férocement joyeux - Alors j'ai une très bonne nouvelle pour vous! Pour le temps des Fêtes, Bell vous offre un extraordinaire rabais sur...

Bon, assez joué, j'ai pas envie d'entendre les détails d'une offre qui ne m'intéresse pas. Et le gars a oublié une possibilité : ma télé n'est reliée ni à un câble, ni à un satellite, mais elle est connectée au réseau Internet de la maison (ce qui veut dire : Youtube, Tou.TV, Radio-Canada en direct et autres).

Moi, le coupant avec une curiosité sincère - Sachant que j'ai un téléviseur, vous pensez pas que si j'avais envie d'un service de câble ou de satellite, je m'en serais déjà procuré un?

Employé - Euh, peut-être, mais jamais au prix que je peux vous offrir...

Intéressant, aurais-je senti une nuance d'hésitation dans sa voix?

Moi - Ce n'est pas une question de prix, c'est une question de besoin.

Employé - Euh... Oui, je comprends. Bonne fin de journée, Madame.

Wow! Il insiste pas plus que ça? D'habitude, ils se résignent moins vite, peu importe à quel point je réponds bêtement. Je lui ai souhaité une bonne journée, tout en raccrochant. Décidément, ce gars-là est trop brillant pour travailler à la sollicitation de clients récalcitrants. J'lui souhaite de se trouver une autre job bientôt. Et, entretemps, j'pense qu'il me rappelera plus! :p

Je sais pas pour vous, mais moi les appels de type "Bonjour, ça vous tenterait pas de dépenser?" ça m'énerve. D'ailleurs, je constate que je les trouve de plus en plus agressants depuis que je n'ai plus la télé. Faut croire qu'on perd l'habitude d'être sollicité.