lundi 30 avril 2012

Prométhée et Foglia

De tous les chroniqueurs professionnels actuellement en service, mon préféré c'est Foglia. J'adore Foglia. Je me précipite sur ses chroniques dès qu'elles apparaissent. Je trouve le temps long quand il est en vacances. Me semble que c'est le genre de vieux sacripant avec lequel j'aurais plaisir à m'obstiner pendant des heures, parce qu'il me fait sourire même quand je suis pas d'accord avec lui. (Ah tiens, mon chum me fait cet effet-là aussi).

Bref, Foglia racontait l'autre jour comment il est tombé, dans un bouquin de Camus, sur la phrase suivante "que signifie Prométhée pour l'homme d'aujourd'hui?"

Et Foglia de répondre, ce qui m'a fait bien rigoler : "Cela signifie que l'homme d'aujourd'hui ne peut plus se passer de Google".

J'ai raconté l'anecdote à mon chum, qui s'est exclamé : "Ben là, Prométhée, le feu volé aux dieux, tout ça! Ça se peut pas que les gens aient besoin de Google pour ça!"

Et moi de m'étonner : "Wow, tu te souviens de ce mythe là?"

Chéri : "Ben tiens".

"Impressionnante culture classique, j'suis fière de toi! Bon, qu'est-ce qu'on a de prévu en fin de semaine?"

Chéri : "Euh... Attends, je l'ai écrit dans mon calendrier sur hotmail."

Morale de cette histoire, que signifie Prométhée pour l'homme d'aujourd'hui? Qu'on a pas tous besoin de l'ordinateur pour pallier aux mêmes lacunes! ;)  

vendredi 27 avril 2012

Le nid de guêpe

Quand j'étais petite, j'avais un cousin qui s'amusait à arroser les nids de guêpe avec un pistolet à eau. C'était drôle : il se mettait le plus loin possible du nid, puis il arrosait un peu. Au début, il se passait rien. Puis une guêpe ou deux sortaient et tournaient en rond comme des folles. Il attendait qu'elles rentrent et il arrosait à nouveau. Un peu plus de guêpes sortaient. S'il était patient, elles rentraient elles aussi et il pouvait reprendre son manège.
Sauf qu'une fois, il a pas attendu assez longtemps entre deux arrosages. Les guêpes ont vu d'où l'attaquent venaient et elles se sont précipitées sur lui. Elles en avaient ras-le-bol de ses niaiseries.

Bon, c'est un billet de blogue, pas un film d'horreur, alors il est pas mort, transpercé par les dards. Il a même pas été défiguré. Il a juste récolté trois quatre piqûres et il a eu très mal pendant quelques heures.

Mais ce dont je vais toujours me rappeler, c'est que quand les guêpes ont commencé à lui tourner autour et à le piquer, il s'est mis à agiter l'air autour de lui en criant : "Laissez-moi tranquille, j'ai arrêté là, j'ai arrêté."

Sauf que quand on a dérangé un nid de guêpes assez pour qu'elles se choquent, un moment donné ça sert plus à rien d'essayer de négocier. Vous pouvez peut-être en convaincre une ou deux de vous sacrer patience, mais l'essaim, lui, est parti sur sa lancée.

Et si vous êtes en face de la variété de guêpes estudiantines à carré rouge, vous pouvez pas savoir jusqu'où il ira.

jeudi 26 avril 2012

Homonyme

J'ai constaté dernièrement que mes amies les plus chères, je les ai souvent trouvées grâce à de curieux hasard. Il y a Isa, croisée sur les blogues, Marie-Eve, issue de l'école secondaire, que j'aurais pu perdre de vue très souvent, mais que j'ai toujours retrouvée... et il y a mon homonyme.

C'était ma deuxième année d'université. Dans le cours d'histoire de la Mésopotamie, je m'étais retrouvée assise aux côtés d'une fille sympathique, ricaneuse, placoteuse et énergie qui portait, elle aussi, le prénom de Geneviève. On avait discuté durant la pause et on s'était bien entendues. Faut dire que le bouquin d'Anne Rice qu'elle traînait dans son sac nous avait rapidement donné un terrain de conversation commune. Au fil des semaines, on a pris l'habitude de s'asseoir ensemble et on a découvert qu'on partageait plus d'un cours.

Puis, un soir, je l'ai croisé dans l'autobus qui me ramenait chez moi. On a découvert qu'on habitait pas très loin l'une de l'autre. La coïncidence nous a amusée toutes les deux. Même prénom, habitant dans le même quartier, inscrites toutes les deux en histoire, passionnées d'Antiquité, de mythologie, de fantastique, de fantasy... Heureusement qu'elle était aussi blonde et mince que j'étais petite et ronde, sinon j'aurais cru que mon double s'était échappé d'un miroir!

Cette fille-là me fascinait : non seulement on avait énormément de points communs, mais à l'entendre raconter ses anecdotes, j'avais l'impression qu'elle avait vécu deux vies. Il a fallu un petit moment avant que je comprenne que c'était presque le cas : malgré son air juvénile, elle avait trente ans, exactement dix de plus que moi, et elle effectuait un retour aux études, sa première carrière ne l'ayant pas satisfaite.

On a terminé notre bac. À la maîtrise, on s'est retrouvée à se côtoyer encore plus souvent qu'auparavant. Non seulement on avait le même directeur (qui a rapidement pris l'habitude de nous appeler "les homonymes"), mais en plus on a profité de la proximité de nos domiciles pour s'organiser des journées de travail où l'une amenait son portable chez l'autre et où on bossait de concert sur nos mémoires, en prenant de longues pauses-placotages, en se lisant l'une l'autre le fruit de nos recherches ou en testant nos raisonnements. Ce furent de très beaux moments de complicité et d'amitié. Le genre de période de votre vie que vous ne voulez jamais voir se terminer.

Évidemment, il a fallu finir par remettre les mémoires. Se trouver du boulot. J'ai déménagé, elle a dû s'exiler un peu pour enseigner. Mais les courriels, les soupers entre amis, les journées de fille et les rires partagés nous ont permis de faire perdurer notre amitié.
 
Et aujourd'hui, mon homonyme fête ses quarantes ans.

Bonne fête Gen!

mercredi 25 avril 2012

Capacités paranormales

Depuis longtemps, mes collègues de travail prétendent que j'ai des capacités paranormales reliées aux machines et aux ordinateurs. En fait, elles ont commencé à m'appeler le "The Machine Whisperer".

Pour ma part, j'ai toujours pensé que mes collègues manquaient de patience. Des fois, avec la technologie moderne, faut laisser le petit sablier tourner, éteindre l'engin un petit moment avant de le repartir et, surtout, lire attentivement toutes les indications qu'il nous donne. Sauf que là je commence à douter.

Hier, en début de journée, une collègue lance l'exclamation qui, habituellement, me fait bondir de ma chaise (parce qu'au moment où elle est poussée, il y a encore espoir de régler le problème) : "Voyons, pourquoi ça marche pas!"

Il y a des boîtes d'archives qui bloquent la sortie de mon cubicule et je n'ai pas envie de me contorsionner pour passer entre-elles, alors au lieu d'aller rejoindre ma collègue, je me lève à genoux sur ma chaise et je regarde son écran par-dessus les cloisons de nos cubicules. Écran bleu uni. Ah, problème connu. Sa session de travail ne s'est pas chargée au complet (ça c'est le symptôme, pour connaître la raison faudrait appeler le support technique... la dernière personne qui s'y est risquée est encore en ligne, on se relaie pour lui apporter à manger).

"Reboot" que je lui lance. Elle s'exécute. La machine redémarre. La fenêtre d'identification apparaît. Elle entre son mot de passe. La session s'ouvre, commence à se charger et... s'arrête sur un écran bleu uni.

Ah ben, bizarre ça. Je m'extraie tant bien que mal de mon cubicule et je vais la rejoindre. Et là, par acquis de conscience, j'accomplis exactement la même série de gestes qu'elle : extinction, redémarrage, entrée du mot de passe...

Mais cette fois, ça marche. (Sifflez le thème de X-Files pour vous mettre dans l'ambiance). Les icônes apparaissent, les programmes sont à nouveau accessibles.

Eh ben!

mardi 24 avril 2012

Trevanian, Incident à Twenty-Miles

Je suis tombée sur le résumé "Incident à Twenty-Miles" de Trevanian grâce à une critique de Norbert Spenher, alors que, justement, je me cherchais un roman de style "western" (parce que j'aime ça les westerns).

En 1898, au cœur des montagnes du Wyoming, la petite bourgade de Twenty-Mile n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle vient à s'animer lorsque débarque un jeune étranger désireux de plaire à tout le monde, avec pour seul bagage un lourd fusil et un mystérieux secret. Au même moment, un dangereux détenu s'échappe de la prison territoriale de Laramie en compagnie de deux tueurs dégénérés. Il commence à tracer un sillon de violence à travers l’État avant de décider de s’emparer de la petite ville pour y attendre le prochain convoi venu de la mine d’argent. L’isolement de Twenty-Mile, encore renforcé par une terrible tempête, va coûter cher à ses habitants.

L'idée m'a tout de suite accrochée. Voilà ce que j'avais envie de lire. Une intrigue western classique, une petite ville isolée, un bon, un méchant, une fille entre les deux (il y a toujours une fille) et en avant l'action.

J'ai eu exactement ce que je voulais, avec quelques petits bonus. Le village de Twenty-Miles étant minuscule, on apprend très vite à en connaître tous les habitants, de fond en comble, à mesure qu'ils livrent leur histoire au jeune étranger, autour d'un verre ou d'un repas. Et on découvre les intrigues mesquines typiques des petites villes, qui prendront rapidement un tournant sinistre lorsque débarque le tueur échappé...

Avec ce roman, on est aussi loin des personnages en carton qu'il est possible de l'être. Il y a beaucoup de monologue, mais c'est tout de même un régal de voir le caractère des différents intervenants se dessiner. au détour d'une simple anecdote. Du grand art de la part de l'auteur!

Art qui se gâche juste un peu, à la fin, avec un épilogue qui veut relier la fiction à la réalité et nous raconter le destin de tous les personnages passé le point où, d'habitude, le film western nous envoie regarder le générique. Je m'en serais passée, mais je sais que ça plaît à certains lecteurs.

Au final, une belle trouvaille pour les amateurs de western. J'ai été tellement charmée par ma lecture que j'ai fait quelques recherches sur ce Trevanian.

J'ai découvert que c'est en fait le nom de plume (ou plutôt l'un des noms de plume) d'un défunt auteur américain qui a écrit dans de nombreux genres, à l'aide d'une technique particulière : lorsqu'il imaginait une histoire, il se demandait quel auteur serait le meilleur pour l'écrire, il essayait de se mettre dans la peau de cet auteur, puis il écrivait (étant donné que je passe beaucoup de temps à adapter mon style à mon propos, je trouve le concept génial!). Cela amenait parfois des changements brutaux dans son style (au point où les critiques ont fini par penser que "Trevanian" était un collectif d'auteurs écrivant sous un seul nom), mais les fans ont toujours suivi.

Petit détail amusant : Trevanian a écrit un roman situé à Montréal et un autre avec un titre japonais (Shibumi). Ai-je besoin de spécifier que je vais sans doute me procurer quelques autres titres de cet écrivain? ;)

lundi 23 avril 2012

UFC 145 : presque de la matière à roman

Le combat d'hier avait tout pour faire le sujet d'un roman...

Evans et Jones sont deux anciens amis et partenaires d'entraînement. Evans était un ancien champion des mi-lourds qui travaillait à regagner son titre. Jones était le "petit nouveau" du gym, dont tout le monde a pu constater l'extraordinaire potentiel.

Il y a plus d'un an, Evans devait combattre pour le titre. Il s'est blessé. Jones a pris sa place et a gagné.

Puis ça a dégénéré : Evans n'a pas pu avoir un rematch aussi rapidement qu'il l'aurait voulu. Jones a dit que, de toute façon, Evans n'avait pas de chance. Evans a dit que Jones lui avait volé son titre. Jones lui a répondu de venir le chercher, mais de se rappeler que lui, entretemps, avait défendu sa ceinture, ce que Evans n'a jamais réussi à faire.

Bref, à l'extérieur de la cage, les deux gars se sont envoyés des pointes et des vacheries, ils ont fait monter la tention... Et samedi soir, ils se sont battus.

Pendant le premier round, on était sur le bout de notre siège. Evans, qui a neuf pouces de portée de moins que Jones, a quand même réussi à bien bouger, à placer des coups... Puis, dans le deuxième round, le rythme du combat s'est inversé, Jones a pris le dessus. Mais c'était un mince avantage. Il a contrôle Evans, mais il n'a jamais réussi à l'achever. Et le combat a traîné en longueur jusqu'au cinquième round, où Jones a gagné par décision.

Tu parles d'une fin anticlimatique! Y'a pas un directeur littéraire qui aurait laissé passer ça!

En plus, d'un point de vue très "mâles alpha/membre de meute", y'a rien de réglé entre les deux combattants. Si l'un des deux avant mis l'autre KO ou l'avait soumis, l'animosité serait retombée. L'un des deux aurait dû s'avouer vaincu. Mais quand un combat se termine par décision des juges, ça laisse toujours une impression d'inachèvement, d'insatisfaction. On ne sait toujours pas lequel des deux serait tombé le premier. On s'en doute (car Evans n'avait pas le dessus), mais y'a pas moyen d'en être sûrs, parce que les retournements de dernière minute arrivent trop fréquemment pour être ignorés.

Je sens que cette histoire n'est pas finie.

En attendant, à tous ceux qui seraient tentés d'écrire des histoires avec des soldats génétiquement modifiés, jetez un oeil à Jon "Bones" Jones. Personnellement, je crois que si on avait cloné un gars pour créer le combattant mi-lourd parfait, on aurait pas pu faire mieux!

vendredi 20 avril 2012

Commentaires de premiers lecteurs

Mon chéri venait tout juste de terminer de lire Hanaken II lorsqu'il m'a lancé :

- Tu vas-tu écrire la fin?

- Euh...

Ok, j'ai compris, en avant pour la version 2! :p

(Après réflexion, je dois me rendre à l'évidence : si je rajoute pas au moins quatre chapitres, je prends mes lecteurs en otage. Et je m'étais promis de pas le faire... Alors au boulot! ;)

Et dans ses commentaires, Isa m'écrit : "Coudonc, y'a un empereur, un shôgun, plusieurs daimyôs, c'est donc ben compliqué!"

Mais non, voyons, c'est pas compliqué, que je me dis. Premièrement, faut savoir que l'empereur est considéré comme une divinité et que ses ordres sont toujours obéis... Sauf que l'empereur a pas de soldat, pas d'armée, alors il donne jamais d'ordre qui pourraient mécontenter les samouraïs, parce que ça aurait l'air fou un ordre divin qu'on négligerait, ça ferait perdre la face à tout le panthéon. Puis là ensuite vous avez le shôgun qui est le chef militaire du pays et qui fait semblant de protéger l'empereur, mais qui en fait l'intimide et le manipule, en utilisant les rares "commandements divins" à son avantage. Le shôgun est supposé diriger les daimyôs, mais ceux-ci l'écoutent pas fort, parce qu'ils sont rendus aussi puissants que lui et qu'ils veulent sa place. Mais pour ça ils doivent...

Ah ouais, je vois le problème...

(Lui par contre, il va être plus dur à régler!)