lundi 13 septembre 2021

Comment écrire un synopsis (2)

Bon, j'ai déjà fait un billet il y a quelques mois sur "Comment écrire un synopsis". À voir ce que je reçois comme synopsis (et les questions qu'on me pose en privé) faut croire que c'était pas suffisant. Alors aujourd'hui, je vais vous donner un exemple concret. 

Prenons une histoire que tout le monde connaît : ce bon vieux Star Wars épisode IV (aussi connu comme "le premier" pour les vieux croûtons dans mon genre). 

La mauvaise méthode pour me présenter ce Star Wars serait : 

Les Forces Impériales, sous les ordres du cruel Darth Vader, tiennent la princesse Leia en otage, dans l'espoir d'écraser la rébellion contre l'Empire Galactique. La princesse envoie un appel au secours à Obi-Wan Kenobi, le dernier des Chevaliers Jedi capable de manipuler la Force. Le jeune Luke Skywalker intercepte cet appel au secours et l'amène à son destinataire. Luke et Obi-Wan, avec l'aventurier Han Solo, capitaine du Faucon Millénium, vont travailler ensemble pour sauver la princesse, aider l'Alliance Rebelle et restaurer la liberté et la justice dans la Galaxie. 

Pourquoi c'est mauvais? Parce que ce n'est PAS un synopsis, c'est un résumé, qui serait à sa place en quatrième de couverture! Ça donne le goût de le voir, c'est vrai. Mais en me basant là-dessus, il y a plein d'éléments que j'ignore. 

Un bon synopsis, ça devrait me permettre, sans même avoir lu le document (ou vu le film) d'en parler COMME SI je l'avais vu. Pourquoi? Parce que, comme éditrice, je veux savoir, pendant que je lis votre manuscrit, si vous avez réussi à accomplir votre but. Je ne veux pas lire 400 pages pour me rendre compte que "oups, votre punch je l'avais deviné à la page 4 et il n'y en a pas d'autre" ou "ah ouin, facque votre fin c'est un genre de propagande pro-arme, j'ai pas envie d'éditer ça!" ou encore "le personnage principal est donc celui, fort intéressant, qui apparaît à la page 75, pas le twit qu'on suivait depuis le début du roman et qui m'a donné envie d'abandonner ma lecture". 

Un bon synopsis va non seulement intéresser l'éditeur, mais, surtout, il va le mettre dans le bon état d'esprit : l'éditeur va déjà lire votre texte avec non pas un oeil de lecteur qui découvre une histoire - et qui pourrait perdre intérêt à la première longueur ou maladresse - mais un oeil de directeur littéraire, qui sait dans quelle histoire il s'embarque et qui observe la différence entre ce que vous avez essayé de faire et ce que vous avez réussi à faire. 

Donc, reprenons Star Wars. Un synopsis approprié ressemblerait à : 

Il y a fort longtemps, dans une galaxie fort lointaine, un Empire Galactique étend son hégémonie. Cependant, une Alliance Rebelle, dirigée par la princesse Leia se dresse contre lui. Loin des conflits politiques, sur une planète désertique, le jeune Luke Skywalker mène une vie paysanne, non loin de l'endroit où Obi-Wan Kenobi, secrètement le dernier des Chevaliers Jedi, vit en ermite. 

Lorsque Leia est faite prisonnière par Darth Vader et l'Empire Galactique sur une base sidérale, elle lance, via un robot, un appel à l'aide à Obi-Wan Kenobi... appel qui tombe entre les mains de Luke. Luke et Obi-Wan recrutent Han Solo, un aventurier possédant son propre vaisseau spatial, afin d'aller sauver la princesse. 

Le sauvetage est mouvementé, mais il réussit. Obi-Wan est tué par Darth Vader (qui est une version noire d'un Jedi) durant l'évasion, mais la princesse prend les choses en main et les pouvoirs de Jedi de Luke sont révélés. Lorsque les évadés rejoignent l'Alliance Rebelle, ils montent une attaque contre la base sidérale. À la dernière seconde, grâce à un retour inespéré de Han Solo, qui avait abandonné l'Alliance, et à une inspiration Jedi, la base Impériale est détruite avant qu'elle ne puisse détruire elle-même les forces Rebelles. 

Une histoire au rythme rapide qui parle d'alliances improbables, de résistance à l'oppression et des forces, magiques ou réelles, qui se révèlent dans l'adversité. 

Voilà, tout Star Wars est dans ce synopsis. Est-ce que la différence entre les deux types de texte (résumé vs synopsis) est plus claire à présent?

Signé : une éditrice pas mal tannée de lire des résumés. :p 

lundi 16 août 2021

Ma première traduction!!!

J'en ai parlé ailleurs, mais c'est désormais officiel (contrat signé, argent encaissé et tout) : ma première traduction paraîtra bientôt dans OnSpec, un magazine canadien anglais de science-fiction!

Je. Vais. Publier. En. Anglais. Whoa!!!

Après des années à lire des traductions de l'anglais, puis directement les publications anglophones, j'ai de la misère à croire que c'est au tour d'un de mes textes de faire le chemin inverse. C'était même pas sur la liste des trucs que j'espérais faire un jour. O.o 

Tout ça grâce à Margaret Sankey, une jeune traductrice qui a lu "Oikos cherche cuisinière" et a décidé que ce texte méritait d'être traduit. 

Je sais que c'est sans doute une histoire d'une seule fois, que ça débouchera pas sur une carrière internationale, mais... quand même. J'suis excitée comme un enfant de 4 ans la veille de Noël! J'ai hâte de tenir le magazine dans mes mains! Je vous mettrai une photo ici quand je l'aurai!


mardi 27 juillet 2021

De la slush en été

Mes mois de juillet et août seront officiellement dédié à la slush. 

Pas la neige à moitié fondue qui nous détrempe les bottes pendant une partie de l'hiver, évidemment. 

Mais pas non plus la variété colorée et sucrée vendue dans les dépanneurs. 

Non, cet été, je vais explorer la "slush pile", soit la gigantesque pile de manuscrits qu'on a reçus chez VLB Imaginaire depuis un an. Contrairement à de la vraie slush, on a eu beau attendre que ça fonde, la pile a pas diminué de volume. Semblerait que pour trouver les trésors qu'elle contient (du petit change, des clefs mystérieuses et la mitaine perdue de ma fille), va falloir y plonger pour vrai. 

(Oui, il y a, dans cette pile, des manuscrits qui patientent depuis un an. On a honte, mais on est juste deux!)

... Hum, si je lis tout ça en sirotant une slush sucrée ça devrait me motiver et m'aider à finir avant que la vraie slush revienne nous envahir! :p 


mardi 20 juillet 2021

J'oublie quelque chose...

C'est bizarre, on dirait que j'ai oublié de faire quelque chose d'important dans le dernier mois... 

Voyons... Passer deux semaines de vacances avec ma puce tout en travaillant de soir pour faire avancer les trucs de VLB Imaginaire... Oui, ça c'est fait. Crème glacée, biodôme, musée, mini-golf, assez d'heures de piscine pour me changer en poisson, journées complètes en pyjama, expériences scientifico-magiques avec des colorants, des acides et des bases... C'est bon, tous les éléments sont cochés... Réviser un manuscrit jusqu'à deux heures du matin... Coché aussi. 

Alors, hum... Avoir ensuite deux semaines de vacances avec mon amoureux, sans la puce... Oui... Sans travailler... Hum, non, pas tout à fait, mais bon, c'était prévu... Farniente, lecture, bonnes bouffes, yoga, déambulations à Montréal, écriture... Jamais assez, évidemment, mais on s'en est tirés... Fêter mes 39 ans... Ouch! Oui, oui, on va pas le refaire tout de suite, hein? M'ennuyer un peu de la puce... Ah non, ça c'est un échec : je me suis ennuyée à mort, surtout après une semaine d'absence. 

Revoir la puce, avoir l'impression que mon coeur recommence à battre normalement, m'émerveiller de son énergie, reprendre la vie normale, l'alternance des jours de garde, la regarder repartir chez son père, m'installer pour une journée de travail intensive... C'est fait, c'est tout fait, voyons, qu'est-ce que j'oublie?

Ah zut! Le blogue!

:p 

mardi 22 juin 2021

Bouquins et confidences

Cette semaine, j'ai eu la chance de jaser avec Julie-lit-au-lit pour son émission "Bouquins et confidences". C'est spécial quand même d'avoir quelqu'un qui pose un regard extérieur sur ma carrière. Ça me fait prendre conscience du chemin parcouru. 

Pour m'écouter (et là j'espère que j'ai pas dit trop de niaiserie, parce qu'on a enregistré tôt et j'avais pas bu mon deuxième café), c'est ici

Cette discussion m'a permis de me rends compte que je ne suis plus une débutante qui cherche sa voie (et sa voix) dans les méandres du monde littéraire. Même si ça ne me rajeunit pas, je crois que je peux dire que je suis désormais une écrivaine confirmée, les deux pieds sur le sentier qui me mènera... bon, je sais pas où exactement, mais je vois que la route sera longue encore. 

Heureusement, c'est le fun de l'emprunter! :)

La semaine dernière, j'ai fait quelques animations scolaires virtuelles et une ado m'a demandé si je pensais un jour prendre ma retraite de l'écriture. J'ai eu un sursaut d'horreur (qui a bien fait rire les ados) et je me suis exclamée "Ah non, jamais!" 

Et j'ai réalisé en le disant que la question ne m'avait même jamais effleuré l'esprit. Arrêter de donner des animations, de faire les salons, de travailler comme directrice littéraire, d'animer des ateliers, oui, d'accord, je peux envisager qu'un jour je n'en aurai plus l'envie ou l'énergie. Mais écrire? Autant arrêter de respirer. 

D'ailleurs, je vous laisse, j'ai une bouffée d'air à prendre! ;) 

vendredi 18 juin 2021

L'imperfection d'un café matinal

J'ai toujours aimé faire du camping et de la randonnée. 

Surtout à cause d'un moment typique de ces activités de plein air : le café du matin, préparé sur le réchaud de camping et bu dans l'air encore froid, en pyjama, une veste sur les épaules, les mains frileuses serrées autour de la tasse. 

C'est jamais un moment parfait, le café est souvent bouillant ou pas assez chaud, j'suis sale, y'a des moustiques, on entend les gens du terrain d'à côté qui font du bruit, j'ai mal partout parce que dormir sous la tente, ça reste toujours inconfortable ou alors parce que j'ai un peu exagéré la durée de la randonnée de la veille... mais peu importe, ce sont mes meilleurs souvenirs de camping. Le café goûte bon au grand air, dans le matin qui s'éveille. 

Eh bien, depuis un mois maintenant, je renoue régulièrement avec ce plaisir... sans pourtant bouger de chez moi. 

Il me suffit de faire comme mon lève-tôt d'amoureux et de sortir sur ma terrasse en pyjama avec ma tasse de café, à l'heure où ma banlieue est pas encore tout à fait réveillée. L'air est froid, ma veste est douce, le café est, contrairement à celui préparé sur le réchaud, toujours excellent. Les oiseaux chantent. Les voitures dorment encore. Mes palmiers dansent, la lavande embaume, les boîtes à fleurs me dissimulent aux regards. 

J'suis encore embrumée de sommeil, parce que je ne serai jamais une lève-tôt, y'a parfois des moustiques ou un énervé à moto qui dérange tout le monde, mais c'est pas grave. Je savoure l'imperfection de ce moment parfait, de cet instant volé à la société qui dit qu'on devrait être productif dès le réveil, sauf en vacances, et s'habiller dès le saut du lit. 

J'ai l'impression de réapprendre à respirer. 

Je me demande un peu (beaucoup) pourquoi je n'ai jamais pensé à faire ça quand j'avais une maison et une cour arrière bien privée! O.o

(PS : Pour ceux qui auraient pas su, dans le dernier mois, j'ai développé un zona. O.o Probablement à cause de tout le stress des deux dernières années, qui retombe enfin. Les antiviraux et les antidouleurs et beaucoup de repos m'ont remise sur pieds, juste à temps pour mes "vacances" d'été avec la puce. Ouf!)

lundi 17 mai 2021

Histoire de terrasse

Quand je me suis retrouvée à devoir me magasiner un condo, je me suis mise à fantasmer sur mon futur balcon, un joli jardin urbain, une retraite intime où prendre le café le matin et peut-être un verre le soir... 

Je ne voulais pas acheter au rez-de-chaussée, me disant que je ne me sentirais pas en sécurité... sans réaliser que, dans le fond, je venais d'habiter 12 ans dans une maison avec rez-de-chaussée ET que j'habite dans une banlieue plus que tranquille. 

Enfin, bref, les hasards de l'immobilier étant ce qu'ils sont, j'ai fini par acheter un rez-de-chaussé avec une gigantesque terrasse sans garde-corps, qui donne sur le trottoir et un abri-bus et qui est même surélevée par rapport à la rue. 

Tout le contraire d'intime!

Elle a quand même été mauditement pratique cette terrasse. Profitant de son aspect semi-public, on y a fait des 5 à 7 distanciés et des pique-niques quand c'était permis, des échanges de cadeaux masqués les deux pieds dans la neige cet hiver, on a célébré le printemps hâtif avec des cafés pris en plein air... 

Mais tout ce temps-là, je rêvais d'un peu plus d'intimité et, surtout, de verdure. Je caressais l'idée d'un potager, mais j'ai pas le pouce vert pour deux cennes... 

C'est alors que Luc m'a glissée l'idée de palmiers. De grands arbres exotiques qui amèneraient un petit air de vacances sur la terrasse et qu'on pourrait rentrer dans notre salon (exposé plein sud) cet hiver. 

Les palmiers ont donné le thème pour le reste. On a acheté des meubles de patio, des bacs à fleurs et des vivaces (histoire de se simplifier la vie un brin). Et nous voilà avec notre petit coin de jungle urbaine. Il est pas encore très luxuriant, mais d'ici quelques semaines les buissons de lavande vont se déployer et formeront un écran avec la rue. 

J'ai hâte à nos prochains pique-nique et 5 à 7. En attendant, on en profite en amoureux! ;) Je ne pensais pas être un jour aussi heureuse d'avoir une terrasse aménagée, mais les deux jours d'efforts valaient la peine!

Aperçu de l'ensemble

Je travaille désormais sous les palmiers

En attendant d'avoir de la visite, on en profite... ;)

Ce qui est drôle : depuis samedi (quand on a eu fini de tout mettre en place), il y a des gens qui passent sur le trottoir, s'arrêtent et se pointent mutuellement nos palmiers et notre arrangement avec l'air surpris et/ou admiratifs. Faut dire que je suis dans un coin où l'aménagement des balcons s'est longtemps résumés à "une chaise pis un barbecue dans sa housse". Depuis la pandémie, les gens font un peu plus d'effort (on voit plus de boîtes à fleurs et de coquets ensembles bistro), mais disons qu'on est allés un peu au-delà de la norme. ;) 

... et ça me plaît!