mercredi 16 décembre 2015

Les choix conscients

Pour revenir sur mon dernier billet, au sujet des traditions...

Je crois qu'il y a, dans la vie, des choix qu'on ne peut pas faire consciemment si on veut qu'ils soient sincère. Par exemple, on ne peut pas choisir de créer une tradition. On ne peut pas choisir de tomber en amour. On ne peut pas choisir d'être un héros.

Et cette impossibilité de faire certains choix consciemment doit être soigneusement respectée dans la fiction.

Surtout en ce qui concerne le troisième choix.

Tant qu'à moi, un personnage qui choisit d'être un héros, ou d'être "le bon" dans une histoire, c'est automatiquement un faux-jeton, un imposteur. Oh, peut-être qu'il fait de son mieux pour être gentil, mais c'est clairement son égo qui le motive et, donc, l'histoire risque de mal virer à long terme.

J'irais jusqu'à dire que si un personnage recherche d'emblée le statut de héros, l'histoire, selon moi, doit mal virer. Sinon, y'a un auteur qui a mal fait sa job quelque part. Parce que, normalement, le personnage ne peut pas savoir qu'il est un héros, sauf s'il n'est pas un vrai héros.

Euh... Est-ce que vous voyez ce que je veux dire?

lundi 14 décembre 2015

Traditions familiales

Il y a dans ma famille des gens pleins de bonnes intentions qui, au moins une fois par année, nous annoncent qu'ils veulent "partir une tradition" à propos de ceci ou cela (et l'épidémie de nouvelles traditions est particulièrement forte dans le Temps des Fêtes). À chaque fois, ça me fait sourire.

Selon moi, une tradition familiale, ça ne se "part pas". Ça s'installe, tout simplement. Parce que c'est agréable et que ça fait l'affaire de tous. Un moment donné, on s'apprête à organiser une réunion de famille et, sans qu'on y pense, on envisage déjà de servir le plat X ou de faire ça chez Y ou de privilégier le brunch plutôt que le souper, parce que ça fait plusieurs années qu'on agit ainsi et que c'est devenu l'habitude. La tradition.

J'ai toujours de la misère quand on essaie de forcer la main aux traditions, d'installer de fausses habitudes. Je suis tout à fait d'accord pour qu'on essaie de faire quelque chose de nouveau, en se croisant les doigts pour que ce soit le fun et qu'on décide de recommencer, mais je suis contre l'idée qu'on décide, avant même que les retombées de cette nouveauté ne soient connues, que ce sera "une tradition".

Cela dit, je vous laisse, faut que j'aille cuisiner un pain irlandais au chocolat et des biscuits aux pains d'épices en prévision du brunch du 25 au matin.

Parce que, hé, un brunch de Noël sans pain irlandais au chocolat, dans ma famille, ça ne se fait pas! ;)

(Pis pour les biscuits en pain d'épices, la nouvelle tradition consiste à essayer de les adapter à la farine sans gluten, à manquer mon coup et à manger des biscuits trop durs ou trop farineux... J'essaie fort de la combattre!!!)

Et vous, comment se portent les traditions dans vos familles?

mercredi 9 décembre 2015

The Drop ou quand la qualité de l'écriture met la puce à l'oreille

L'autre soir, tout à fait par hasard, mon chum et moi avons écouté le film The Drop sur Netflix (IMDB me dit que le titre français est "Quand vient la nuit", mais j'espère que le titre québécois était plus évocateur que ça...).

Le résumé du film nous a intéressés : la pègre du quartier utilise, en alternance, différents bars qu'elle contrôle pour y déposer les recettes du jour (le "drop"). On ne sait pas d'avance quel bar sera choisi. Pourtant, un soir, celui où travaille le personnage principal, Bob, est volé juste après avoir reçu le drop. La coïncidence est un peu forte au goût des mafieux, qui mettent de la pression sur les barmans et mènent leur enquête sans trop de délicatesse, bouleversant la vie de Bob et des autres habitants du quartier.

Bref, à première vue, The Drop s'annonçait comme un film noir classique, un genre qu'on aime bien lorsqu'ils sont bien faits.

Après une demi-heure de visionnement, mon chum et moi nous sommes regardés. On n'était pas devant un film noir classique. C'était noir, certes, il y avait un crime à résoudre, mais... où est-ce que ça s'en allait cette histoire? Les personnages étaient tous si énigmatiques... Les dialogues à demi-mots et tellement évocateurs en même temps... On n'avait aucune idée d'où le film allait nous mener, mais on était bien accrochés! :)

Et la finale ne nous a pas déçus.

En fait, alors que le générique de fin défilait, on s'est regardés et on s'est dit que, franchement, ce film était la preuve de ce qu'on pouvait faire avec des moyens modestes, mais un scénario foutrement bien écrit.

Puis on a eu le même réflexe. On a fait une petite recherche. Ah, le film était inspiré d'une nouvelle de Dennis Lehane, un de mes écrivains de policier préféré (son œuvre la plus célèbre déjà adaptée au cinéma est sans contredit Mystic River). Voilà, tout s'expliquait.

Et ça me donnait juste une raison de plus pour aimer le film. :)

lundi 7 décembre 2015

Tranche de vie (10)

Je ne vous le raconte pas au quotidien, mais ma puce grandit bien. En intelligence, en beauté et... en caractère. Elle a de la personnalité, mettons. Et de la suite dans les idées!

Hier, elle voulait qu'on aille jouer dans le sous-sol/dojo (où il y a des tapis partout, des ballons et un vieux synthétiseur qui joue des petites tounes midi sur lesquelles elle aime danser... bref, le paradis!). Malheureusement, je devais finir de plier une brassée de linge.

Puce (pointant la porte du sous-sol) - Bas!

Moi (assise par terre dans le salon et pliant mon linge) - Oui, on va y aller quand je vais avoir fini.

Puce (frustrée) - BAS!!!

Moi (toujours pliant) - Oui, ma puce, j'ai compris, on va y aller, mais il faut que tu attendes un peu. Joue avec tes toutous là.

Elle me regarde et j'ai l'impression de voir des engrenages tourner derrière ses grands yeux concentrés.

Elle marche jusqu'à moi, bras grands ouverts, me fais un gros câlin et me donne un bisou sur chaque joue. Comme je la remercie de ces marques d'affection, elle me sourit et me dit fièrement :

Puce - Bas!

Et elle avait l'air certaine que ma réponse allait avoir changé!

Seize mois et elle s'essaie déjà au chantage émotif?!? C'est moi ou je suis vraiment pas sortie du bois?

mercredi 2 décembre 2015

Esclaves de la société de consommation

J'ai lu récemment plusieurs articles où on mentionnait que les jeunes québécois ont tendance à moins travailler que leurs aînés, préférant réduire leur train de vie au lieu de chercher à augmenter leurs revenus.

Ça pose doublement problème aux entreprises qui ne peuvent plus combler leur manque de personnel en faisant faire du temps supplémentaire chronique et qui n'arrivent pas non plus à vendre autant de bébélles à l'obsolescence planifiée que jadis.

Cela dit, hé, les "lois du marché" sont supposées finir par régler, le problème, non? ;) (En théorie, si elles obéissaient à ces lois, les entreprises devraient engager plus d'employés et hausser prix et durabilité des produits. En pratique, elles mettent des gens à la porte et vendent pour encore moins cher des bébélles encore plus fragiles... Faudrait demander aux PDG de refaire leurs cours d'Économie 101).

Cependant, ce qui me fait tiquer, c'est quand le gouvernement se plaint de cette même tendance. Parce, tenez-vous bien, si les gens travaillent moins, ils paient moins d'impôt!

Euh, oui, en effet. Mais ils devraient aussi être moins stressés, auront le temps de bien manger, de s'entraîner, de prendre soin de leurs enfants... Donc ça devrait coûter moins cher en frais de santé et en services scolaires divers. Sans compter qu'une population qui travaille moins consomme moins et donc pollue moins...

C'est moi où on est vraiment rendus esclaves de la société de consommation quand même le gouvernement s'inquiète du fait que la population a décidé de vivre avec moins et de prendre davantage soin des humains et de la planète que des comptes de banque?

Oui, je sais qu'on est dirigés par des chefs d'entreprise et des amis de chefs d'entreprise, mais tout de même. Le gouvernement, en tant qu'institution, a connu d'autres époques, des sociétés moins consommatrices et il devrait y avoir des mécanismes en place pour amorcer un changement de cap.

Un vrai, là!

lundi 30 novembre 2015

Ouille, voilà décembre!

Depuis plusieurs mois, j'ai les yeux fixés sur une date : le 1er février. Moment où la puce commencera la garderie. Jour où je pourrai recommencer à écrire, m'entraîner, écrire, boire du café chaud, écrire, faire du ménage, écrire, sortir marcher même s'il fait -20, écrire... J'ai une montagne de projets (d'écriture, ah tiens, vous aviez deviné?) qui n'attendent que ce moment pour se mettre en branle. D'ici là, je suis dans une espèce de stase, emmitouflée dans la routine qui meuble mon quotidien de manière plate (avouons-le), mais efficace.

Sauf que, entre maintenant et le 1er février, on dirait que j'avais négligé un détail : décembre. Et les Fêtes. Ouille! Juste durant les préparatifs, ma routine va se faire bousculer. Et là je ne pense même pas aux célébrations! :S Enfin, on va survivre, je suppose. Et, dans le pire des cas, la maison sera juste un peu plus poussiéreuse que maintenant. (Les acariens n'ont pas encore réclamé le droit de vote, alors ça devrait aller...) Et je manquerai juste un peu plus de sommeil. (Il doit y avoir un point à partir duquel les cernes arrêtent d'empirer... j'espère!)

En plus, cette année c'est moi qui reçoit la famille de mon chum le 24. C'est aussi bien : je ne suis toujours pas une fan de Noël, mais on dirait que je me sens toujours plus dans l'esprit des Fêtes une fois couverte de farine.

Ça me permet aussi de cuisiner un repas 100% sans gluten. C'est le fun pour mon chum de pouvoir manger de tout sans se poser de question. 

Et c'est divertissant de voir certains invités goûter à "ma bouffe de grano" du bout des lèvres avec l'air de s'attendre à une catastrophe gustative! ;) Cette année, je jongle avec l'idée de servir une tourtière au quinoa et kale, juste pour leur voir la face et entendre les excuses qu'ils inventeraient pour ne pas y goûter! :p

Mais non, c'est Noël, je vais pas leur faire ça.

Pour la fête de mon chum, par contre, je promets rien! ;)

jeudi 26 novembre 2015

Le dit du Musè (22)

Notre fille bouge beaucoup en dormant. On la couche les orteils contre le pied de lit et, durant la nuit, elle se déplace jusqu'à se cogner le crâne contre la tête de lit. (Faut le faire, sa couchette est quasiment deux fois plus longue qu'elle!) La collision ne la réveille pas, mais elle pleure en dormant et on doit se lever pour la replacer, sous peine de la voir se réveiller pour vrai et de passer une heure à la rendormir. On se lève donc une à cinq fois par nuit! (Y'en a marre!!!)

L'autre soir, mon chum ressort de la chambre de la puce en souriant et se glisse dans le lit en rigolant tout seul. Je manifeste mon interrogation d'un grognement endormi.

Lui - J'ai trouvé!

Moi (soudain réveillée, pleine d'espoir, espérant une solution au problème) - Quoi?

Lui - Notre fille est reptembule.

Moi (peut-être moins réveillée que je ne le pensais) - Euh?

Lui - Ben oui, elle rampe en dormant.

Moi (qui commence à comprendre où s'en va cette conversation) - Ah... alors t'as trouvé le terme pour définir le problème, c'est ça?

Lui (tout heureux) - Oui!

Moi - Avec un néologisme qui sonne bien.

Lui - Pas pire, hein?

Moi (en me blottissant contre lui) - J'adopte! Bon reste de nuit.

Depuis, on ne dort pas plus, mais au moins l'explication des causes de notre fatigue est originale. Cela dit, je ne sais pas si mon chum aurait reçu une réaction aussi positive si je n'étais pas écrivaine et donc, par définition, amoureuse des mots! :p