lundi 31 janvier 2011

Merci à Luc

Merci à Luc qui m'a prêté le numéro du magazine Summum où on parlait de Jonathan Reynolds, Claude Bolduc et Édouard Bond. Il m'a évité la gêne d'avoir à aller acheter un magazine figurant une femme trop maquillée et à poils en couverture! :p

Si seulement il avait aussi pu me le tenir pendant que j'attendais le bus, il m'aurait évité de l'échapper par terre et de rougir comme une tomate en le ramassant, persuadée que tout le monde autour de moi avait eu le temps de voir la couverture (que je tenais soigneusement repliée jusque là) et de se poser des questions à mon sujet! lol!

Bon, enfin, bref, grâce à Luc et à cause du trio d'auteurs ci-haut mentionné, je me suis retrouvée à lire Summum pour les articles. Lol! Ce fut une expérience instructive. Pas à cause des articles, quoiqu'il y en ait eu deux ou trois de relativement intéressants (dont celui sur la littérature d'épouvante), mais à cause du public-cible qui se dessinait à travers ces articles.

Au début, je pensais que ce genre magazine de pitounes soft (on dirait un catalogue de lingerie avec des poses provocantes) s'adressait à des adolescents ne pouvant pas acheter le vrai stock (avec nudité complète). Après ma lecture, je dois conclure que le Summum s'adresse probablement plutôt à des gars financièrement à l'aise, en couple, dont les blondes jalouses ne supporteraient pas qu'ils achètent le Play Boy. À moins que j'aie mal compris...

Je sais pas si c'est parce que ça faisait longtemps que j'avais pas feuilleté un magazine montrant des photos de femmes (vous vous doutez peut-être que les magazines de mode et moi, on se rencontre rarement..), mais j'ai ressenti un curieux sentiment d'irréalité, comme si ce n'étaient pas des femmes réelles qui étaient représentées... Entre les poitrines en silicone, le maquillage lourd et le Photoshop omniprésent, ça irait pas plus vite de modeler des filles directement en 3D? Anyway, les photos finales ressemblent à rien de vivant...

vendredi 28 janvier 2011

Lancement et autres considérations

C'est le lancement du numéro 28 de Brins d'éternité ce soir! :)

Je serai au St-Bock avec le reste de l'équipe pour un 5 à 7 (1749 St-Denis, Montréal, pas loin de l'Uqam et du métro... tiens donc : Berri-Uqam). Passez nous voir et prendre une pinte avec nous! :) En plus de pouvoir recevoir en primeur votre numéro tout frais sorti de l'imprimerie ou renouveler votre abonnement, vous...

... aurez l'occasion de m'entendre parler des illustrations du roman qui ont commencé à arriver dans ma boîte de courriel et qui me semblent toutes plus renversantes les unes que les autres! (J'ai d'la misère à croire que j'aie pu inspirer ça à quelqu'un...)

... pourrez admirer les résultats de mon super programme d'exercice (c'est-à-dire le fait que j'ai de la misère à me bouger tellement je suis rackée... parce que côté prise de muscle et perte de poids, les résultats sont réels, mais pas assez pour que vous le remarquiez, à moins que je me pointe au Saint-Bock en bikini! lol! mais c'est pas tout à fait la saison).

... serez invités à me consoler du fait que les maudites corrections du roman avancent lentement et que je commence à être ben tannée de travailler sur le même foutu texte (surtout que ma directrice littéraire et moi n'avons pas la même conception de la ponctuation).

... éviterez de me lancer sur le sujet des arts martiaux mixtes si vous voulez pas qu'on y passe la nuit! ;) (j'suis en manque... deux semaines avant le prochain gala de la UFC...)

Pour ceux qui ne pourront pas y être... Ah ben on dirait que je vous ai quand même donné les dernières nouvelles ;) Et vous, ça va?

jeudi 27 janvier 2011

L'affaire de la lettre de critiques

Bon, j'en ai déjà parlé, mais suite au dernier billet d'Isa, je me suis dit que c'est peut-être le moment de vous donner les détails sur l'affaire qui, jadis, mis aux prises votre blogueuse préférée (note aux étourdis : quand vous êtes ici, c'est moi ça) et le redoutable Daniel Sernine...

Adolescente, je dévorais les romans de Daniel Sernine. C'est sans contredit l'auteur québécois qui m'a le plus marquée à cette époque. Comme j'écrivais déjà, un jour, j'avais 14 ans, j'ai décidé d'aller le rencontrer au Salon du livre, un manuscrit sous le bras (Dominic Bellavance nous a mis en garde contre cette pratique, mais les blogues n'existaient pas dans le temps...).

Gentil, Daniel a pris le manuscrit, l'a lu et m'a envoyé une lettre le critiquant un peu... Lettre qui m'a fait pleurer pendant deux semaines, que j'ai déchirée en tout petits morceaux et brûlée, en compagnie de toutes mes copies dudit manuscrit. À partir de ce moment là, Daniel Sernine a acquis dans ma tête d'adolescente un statut de vilain monstre et j'ai boycotté ses bouquins pendant un bon six ou sept ans! lol!

Quand j'ai rencontré Daniel à un lancement de Brins d'éternité l'an dernier, j'avais presque oublié cette histoire-là, mais elle m'est revenue en le voyant et je la lui ai racontée. On en a plaisanté. Puis au Boréal, il m'a demandé à quelle date il m'avait envoyé ladite lettre : il voulait chercher dans ses archives.

... et il l'a retrouvée. Voici donc le texte de la fameuse lettre (c'est la partie en italiques)... avec mes commentaires!


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Bonjour Geneviève, Voici quelques commentaires sur ton récit "Pièges informatisés"; ils devraient t’aider à éviter certaines erreurs dans tes prochains manuscrits.

Déjà, en partant, parlez-moi d'un titre poche! Et je note que Daniel prenait pour acquis qu'il y aurait d'autres manuscrits...

Sur l’aspect science-fiction. Je crois que tu situes ton roman trop loin dans le futur: à part les voitures à énergie solaire et les vidéophones, on ne sent guère de différence entre ce monde et le nôtre. Les malfaiteurs pourraient par exemple appartenir à la mafia russe ou hongkongaise: ce serait plus moderne que la mafia italienne qui fait partie du décor depuis si longtemps.

Il ne suffit pas de citer une date dans le futur, encore faut-il que le lecteur puisse voir et sentir une différence dans la société, dans les mentalités, dans le langage, dans l’environnement — et rien de cela ne passe dans "Pièges informatisés".

Je ne sais plus en quelle année je situais le tout, alors c'est dur d'apprécier le commentaire autrement que dans sa généralité (qui me semble à présent aller de soit). Cela dit, pour la mafia italienne...

Les questions de vraisemblance. À mes yeux, c’est un aspect crucial de toute intrigue.

En fait d'évidence, c'est dur de faire mieux. On comprend le sous-entendu : hé ho, cette histoire ne tient pas debout... Les exemples qui suivent prouve que Daniel avait parfaitement raison (et beaucoup de tact).

Par exemple, il est peu probable que des mafiosi s’adressent des messages compromettants — fussent-ils encryptés — sous forme écrite, alors que le téléphone cellulaire serait aussi efficace et laisse moins de trace (les communications par cellulaire peuvent déjà être codées/décodées, et pourront sûrement l’être encore plus efficacement dans le futur).

Je crois me souvenir que mon héroïne tombait sur un chat tenu par la mafia, si si... Bon, j'avais 14 ans et MIRC était le nec plus ultra technologique! hihihihi

En revanche, je ne vois pas l’utilité pratique d’un vidéophone portatif: soit le correspondant ne verrait qu’un gros plan de la joue ou du nez de son interlocuteur, soit celui-ci devrait constamment tenir l’appareil devant lui, à bout de bras, pour que son correspondant lui voie la face. Le visiophone (c’est le terme désormais admis) n’a d’intérêt que comme appareil de base, et non comme appareil d’appoint.

Faudrait que je présente à Daniel l'énergumène au Iphone qui travaille dans le même coin que moi et qui, en attendant le métro, tient son téléphone à bout de bras pour faire des mini vidéo-conférences avec ce qui semble être sa petite amie (et comme le téléphone est à bout de bras, il gueule...) Le vidéophone portatif a donc bel et bien été inventé. Je dois donner raison à Daniel par contre : maintenant que je n'analyse plus le monde selon l'angle du cool, je n'en vois pas l'utilité moi non plus! lol!

La naïveté des personnages. Il m’a été difficile de croire à ces personnages et aux situations dans lesquelles ils se mettaient. Difficile de croire qu’Élija n’ait pas imaginé un instant les conséquences de ses indiscrétions, surtout en s’en prenant au réseau de la mafia. Difficile d’avaler que M. Robillard ait cru qu’il pouvait transiger avec la mafia et la trahir, puis s’en tirer à bon compte. Difficile d’admettre que l’agent double «Merlin» soit assez novice et imprudent pour appeler ses collègues policiers sans autre précaution que de s’enfermer dans la toilette. Difficile de croire qu’on s’introduit dans la demeure d’un caïd de la mafia aussi facilement que le fait l’officier Gagné.

Ici, je suis très contente de ne pas me souvenir des détails. Naïfs dit Daniel. Morons oui. Ou plutôt : imaginés par une fille de 14 ans (pas l'âge où on brille par notre réflexion à long terme). Les noms mentionnés n'évoquent rien, sauf une gêne de type ténatisante en découvrant que j'avais appelé un agent double "Merlin". :p Je sais pas où étaient Morgane et Arthur... (mais je m'inquiète...)

La narration, les dialogues. Tu dois t’en tenir à un seul temps de narration. Tout le chapitre 1 est narré au présent, mais voilà qu’au début du chapitre 2 tu passes à une narration au passé simple, pour revenir aussitôt au présent, et ainsi à quelques reprises durant le roman. À moins que tu ne recherches un effet très précis (et justifié), la narration de ton récit doit toujours être au même temps (ou au même groupe de temps: présent et passé composé d’une part, ou passé simple et imparfait d’autre part).

Erreur classique de débutant. Après avoir brûlé la lettre, j'étais allée voir mon prof de français pour qu'il m'explique. L'ai plus refaite celle-là (enfin, pas trop souvent ;).

Les dialogues avec «l’accent italien»: très mauvaise idée. Ça donne un résultat loufoque. Il faut mentionner que tel ou tel personnage a un accent prononcé (et le rappeler à l’occasion), mais il faut écrire les répliques en bon français et laisser le lecteur faire la transposition dans sa tête. Seule exception: si un mot ou une phrase avaient une valeur anecdotique utile pour un aspect de ton intrigue ou pour particulariser un personnage.

Ouch! Encore là, d'excellents conseils généraux, qui recouvrent des bourdes dont je ne voudrais pas revoir des échantillons! hihihi

Voilà, Geneviève; j’espère que ces conseils te seront utiles et je t’encourage à continuer. J’en profite pour te souhaiter une bonne année 1997.

Et voilà, c'est tout. C'est juste ça que ça avait pris pour me faire pleurer à 14 ans! J'en reviens pas encore. Comme quoi, à l'époque, je n'avais vraiment, mais vraiment pas la maturité suffisante pour écrire... même si j'aurais étrippé toute personne qui me l'aurait dit! hihihihi ... et comme quoi j'avais pas non plus tout à fait maîtrisé l'art d'écrire un récit qui se tient... (mais j'aurais arraché les yeux à ceux qui me l'auraient fait remarquer).

Ah, l'adolescence... ;)

Je trouve très comique et encourageant de relire cette lettre, c'est pourquoi je voulais la partager. Disons qu'elle me montre tout le chemin parcouru. J'espère aussi que ça va aider ceux qui sont aux prises avec des adolescents-artistes. Le mot d'ordre est : encouragez-les, mais ne vous étonnez pas s'ils ne prennent pas la critique. Ça viendra! ;)

mercredi 26 janvier 2011

Scène de bureau (1)

Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence. Ouais... me semble! ;)

Un avocat : A-t-on envoyé la dernière version de la note de service?

Sa secrétaire : Quelle note?

(Le ton doit sous-entendre qu'il n'y a pas qu'une seule note dans les dossiers de l'avocat.)

L'avocat : La note dans le dossier X.

La secrétaire : Je vérifie.

(Elle vérifie et revient.)

La secrétaire : Oui, la note en date du 11 a été envoyée.

L'avocat : Non, pas cette version là, la dernière version.

La secrétaire : Mais... c'est la dernière version.

L'avocat : Non, j'ai fait des corrections.

La secrétaire : J'suis pas au courant.

L'avocat : Mais oui, j'ai fait des corrections...

(L'avocat fouille parmi les paperasses qui encombrent son bureau et exhume une copie papier barbouillée.)

L'avocat : Ces corrections-là ont-elles été envoyées?

(La question est posée en dépit du fait qu'il est peu probable que des corrections faites à la main sur papier, puis oubliées au bas d'une pile de feuilles se soient miraculeusement retrouvées tapées à l'ordinateur et expédiées).

La secrétaire : Ben non.

L'avocat : Faut les faire et les envoyer avant la réunion de lundi.

La secrétaire : Ok.

(Elle a l'air ennuyée, car le délai est très court. Elle attend qu'on lui donne le document barbouillé. Et attend. L'avocat ne fait pas mine de lui tendre les papiers. Elle toussote pour attirer son attention. L'avocat daigne finalement lever les yeux de ses papiers.)

L'avocat : Je te donne ça dès que j'ai fini de le relire. Faut vraiment que les gens l'aient avant la réunion.

(La secrétaire retourne s'asseoir, en haussant les épaules. À l'impossible, nul n'est tenu!)

mardi 25 janvier 2011

Je le jure de Marais Miller

Je suis tombée sur le titre de ce recueil de nouvelle par pur hasard : à la demande de l'un des avocats de la boîte, je faisais une recherche dans de vieux numéros du Journal du Barreau et j'ai vu un article annonçant que deux juges de la Cour du Québec venaient de faire paraître un recueil de nouvelles policières sous le pseudonyme de Marais Miller. Intriguée, je me le suis procuré.

Le résultat m'a beaucoup plu (même si je me suis dit plusieurs fois en riant qu'il aurait fait dressé les cheveux sur la tête de ma directrice littéraire, notamment à cause de l'emploi fréquent d'un narrateur au "je" qui, non, n'apporte rien de plus au récit, mais ne lui enlève rien non plus).

Le recueil présente des nouvelles courtes, de quatre à huit pages en moyenne, des avocats, des juges, des prévenus, des coupables, des innocents, l'impersonnalité du système de justice... Des histoires qui ne semblent pas dépasser l'anecdote au premier regard, mais qui, dans le non-dit et l'ellipse, trouvent toute leur profondeur.

Je n'ai qu'un seul reproche à formuler : bien que le recueil s'annonce un peu partout comme contenant des nouvelles policières, il s'agit tout au plus de nouvelles noires, voire de littérature générale prenant le système de justice pour cadre de référence lointain. Cela ne m'a pas dérangée, mais je préfère prévenir! :)

Autre mise en garde : si vous êtes comme moi, vous refermerez peut-être le livre en regrettant d'avoir un boulot "ordinaire". Pendant un instant, vous vous direz peut-être que vous auriez beaucoup plus d'idée si vous pouviez travailler comme policier, juge, avocat... bref dans un milieu où ça bouge...

Et puis vous réaliserez que vous êtes mieux de dépenser vos énergies à créer les personnages de roman qu'à tenter d'en devenir un! lol! ;)

(Lecture 2011 #6)

lundi 24 janvier 2011

La tueuse de dragons d'Héloïse Côté

Ce livre souffre des pires 24 premières pages que j'aie lues!

En effet, dans les 24 premières, on nous inflige trois fois des parenthèses inutiles (pour nous préciser qu'un dragon "colossius" veut dire un dragon "colossal" dans la langue du Nord, précision répétée ensuite pour les termes "sournius" et "minusius"... "sournois" et "petits"... vous l'auriez pas deviné, hein?) et on nous y montre le personnage principal, supposément tueuse de dragon expérimentée, en train de charger un dragon à partir du dos d'un cheval qui porte toutes ses possessions terrestres... quelle surprise quand le cheval finit par s'enfuir, laissant notre héroïne blessée et totalement démunie! Voyons, dites-moi pas qu'une tueuse de dragon expérimentée aurait pas pris le temps de déposer ses bagages à l'abri!!! Elle est dans une forêt. Mettre ses sacs dans un arbre, ça aurait pris 5 minutes. Et l'arbre, lui, il se serait pas sauvé!!!

Bref, au bout de 24 pages, je me demandais déjà comment ladite héroïne avait pu survivre jusque là en étant dépourvue de tout sens pratique. Mettons que je sentais la lourde main de l'auteure derrière les événements. Héloïse Côté m'a semblé avoir voulu mettre son héroïne en position de vulnérabilité et avoir pris le chemin le plus facile pour le faire, au mépris de la vraisemblance. J'ai donc abandonné ma lecture.

Après m'être fait dire par plusieurs personnes que le livre était bon, j'y suis revenue. J'ai relu le début. Un début horrible, je vous dis... et d'autant plus décevant que la suite de l'histoire est effectivement très bien. Pas très surprenante (vous allez deviner en moins de 50 pages avec qui l'héroïne va finir par tomber en amour...), mais correcte, avec un arrière-plan politique intéressant. Certains personnages sont un peu plats et mono-maniaques (comme dirait ma directrice littéraire), mais ce n'est pas trop agaçant. Et l'utilisation des dragons est intéressante et originale. J'aurais aimé un peu plus de description les concernant et un peu moins de parfum de deus ex machina, mais bon, c'est peut-être juste moi. ;)

Bref, au final, une fois passé les pénibles 24 premières pages, La tueuse de dragons représente un bon moment de lecture, une évasion au pays de la fantasy digne des modèles américains du genre. :)

(Lecture 2011 #5)

samedi 22 janvier 2011

Voyez-vous la différence?

De temps en temps, Vincent se rappelle qu'il a étudié en Intégration Multimédia (bien qu'il gagne plutôt sa vie en programmation) et qu'il est donc un as du Photoshop, en plus d'avoir deux-trois notions de présentation visuelle.

Quand ça lui arrive, on passe de ceci :



À ceci :



Fini les gens qui plissent les yeux pour essayer de lire le titre de votre revue préférée, perdu au milieu des magnifiques illustrations de couverture. Maintenant, le logo devrait sauter aux yeux!

Merci chéri! :)