Bon, je me rends compte que ça fait longtemps que j'ai pas fait le bilan d'où j'en étais dans mes activités littéraires, alors puisque je manque un peu de sujet aujourd'hui, c'est le bon moment! ;)
Ok, alors en premier lieu, mon texte dans Biscuit Chinois, "Qui aura la peau de Panzer Bishop?", devrait paraître vers la fin du mois. Comme le site est pas à jour et que l'équipe de la revue me paraît ultra-débordée, c'est dur d'en savoir plus. Dès que je serai fixée, je vous mettrai, comme d'habitude, un extrait du texte. Je peux déjà vous dire que c'est une histoire à la fois noire et parodique où une ligue de combats ultimes est aux prises avec une vedette encombrante. Cette histoire m'était venue à une époque où je regardais des vieux UFC et où j'avais hâte d'être débarassée de l'une de leurs têtes d'affiche. Donc toute ressemblance avec des personnes réelles sera totalement volontaire, mais les faits restent fictifs! hihihi
Ma parution dans Alibis, "Seppuku", devrait elle aussi être en vente cet été. Cette nouvelle-là est du noir, point. C'est même probablement le texte le plus noir que j'aie réussi à faire sans tomber dans le trash ou le gore. Au moment où je l'ai écrite, elle fut très libératrice. Vous comprendrez peut-être pourquoi en la lisant ;) Là encore, je vous mets un extrait dès qu'elle sera en vente.
Alors que ces gentils textes sont sur le point d'arriver enfin en format imprimé, je continue à travailler sur mon roman jeunesse (dont il me reste moins d'un tiers du premier jet à écrire et que j'espère finir à la fin août) et je dois aussi corriger ma nouvelle pour Brins d'éternité (d'ici fin juin). Une fois ces deux projets terminés (ou, en bonne voie dans le cas du roman jeunesse), je vais retravailler ce qui sera, peut-être, si la réécriture va dans un sens qui plaît à l'éditeur, mon premier roman adulte! (Vous comprendrez que je peux pas en dire plus pour le moment, sinon que sera noir et fantastique). À temps perdu (riez pas!) j'essaie de songer à l'historiette de 500 mots pour très jeune enfant qu'on m'a mise au défi de composer... Bref, d'ici janvier 2011, mon agenda est plein!
En plus, je dois bientôt aller passer cinq jours au Saguenay sous la houlette d'Élisabeth Vonarburg. Je vais arriver là-bas avec un texte à retravailler et on doit en pondre un autre sur place, ce qui fait que je reviendrai peut-être avec deux trucs publiables dans mes cartons! :) (ou plutôt dans le ventre de Bibitte).
À travers tout ça, je travaille toujours à temps plein (d'ailleurs mon nouveau poste me demande d'être plus éveillée que le précédent, ce qui me force à augmenter ma consommation de café! lol!) et j'arrive à maintenir un rythme d'entraînement minimal (mais je dois avouer que je suis plus près de 4h semaines que de mes anciennes 6h30 ce qui se ressent sur mon humeur et ma forme physique).
Bref, on s'ennuie pas par chez nous. Et vous, ça va? :)
Addendum
Et Alamo vient de me faire réaliser que j'aurai un petit texte qui paraîtra chez l'Ermite de Rigaud au cours de l'été. Là encore, je vous tiendrai au courant.
mercredi 9 juin 2010
mardi 8 juin 2010
Les yeux du dragon
Étant donné que je suis en train d'essayer d'écrire un roman pour ado, j'ai plongé dans ma bibliothèque et j'en ai ressorti LE roman qui m'a marquée quand j'étais ado : Les yeux du dragon de Stephen King.
Ce livre aurait pu être le premier roman que je lisais en anglais, car c'est dans cette langue qu'il m'avait été donné par mon papa. J'ai passé péniblement à travers les 30 premières pages. C'était trop pour moi à l'époque, mais, déjà, ma curiosité avait été piquée. Je l'avais donc emprunté en français à la bibliothèque... et je l'ai dévoré! Des années plus tard, j'en ai reçu une version en grand format, illustrée, version que je chérie toujours et dans laquelle je me suis replongée derrièrement. Les trajets d'autobus ont passé très vite cette semaine! :)
Le roman raconte l'histoire de deux princes, Peter et Thomas, héritiés d'un royaume où plane depuis des années l'ombre de Flagg, le sombre magicien qui conseille le roi Roland, leur père. Roland, ce roi qui un jour tua un dragon...
Évidemment, derrière ce résumé qui pourrait avoir l'air convenu se cache la plume de King. Le bon roi Rolland est donc un petit gros un peu simplet, Thomas est jaloux de son frère, Peter est droit au point d'en être naïf et Flagg... Flagg est effrayant, sombre, sournois, rusé, avec un sens de l'humour macabre... Bref, c'est sans doute un des meilleurs personnages de méchant magicien que King ait créé. Ce n'est pas pour rien qu'il l'a ensuite repris dans Le Fléau et dans son cycle de La Tour Sombre.
Si vous ne l'avez jamais lu et que vous avez envie d'un bon roman de fantasy, d'une facture semblable à celle des meilleurs contes, je vous suggère de regarder du côté de celui-ci. De regarder... avec les yeux d'un dragon ;)
Ce livre aurait pu être le premier roman que je lisais en anglais, car c'est dans cette langue qu'il m'avait été donné par mon papa. J'ai passé péniblement à travers les 30 premières pages. C'était trop pour moi à l'époque, mais, déjà, ma curiosité avait été piquée. Je l'avais donc emprunté en français à la bibliothèque... et je l'ai dévoré! Des années plus tard, j'en ai reçu une version en grand format, illustrée, version que je chérie toujours et dans laquelle je me suis replongée derrièrement. Les trajets d'autobus ont passé très vite cette semaine! :)
Le roman raconte l'histoire de deux princes, Peter et Thomas, héritiés d'un royaume où plane depuis des années l'ombre de Flagg, le sombre magicien qui conseille le roi Roland, leur père. Roland, ce roi qui un jour tua un dragon...
Évidemment, derrière ce résumé qui pourrait avoir l'air convenu se cache la plume de King. Le bon roi Rolland est donc un petit gros un peu simplet, Thomas est jaloux de son frère, Peter est droit au point d'en être naïf et Flagg... Flagg est effrayant, sombre, sournois, rusé, avec un sens de l'humour macabre... Bref, c'est sans doute un des meilleurs personnages de méchant magicien que King ait créé. Ce n'est pas pour rien qu'il l'a ensuite repris dans Le Fléau et dans son cycle de La Tour Sombre.
Si vous ne l'avez jamais lu et que vous avez envie d'un bon roman de fantasy, d'une facture semblable à celle des meilleurs contes, je vous suggère de regarder du côté de celui-ci. De regarder... avec les yeux d'un dragon ;)
lundi 7 juin 2010
C'est le métier qui rentre
La semaine dernière, j'ai assisté à un gala de remise de bourses culturelles dans ma région. J'avais en effet présenté un dossier en tant qu'artiste de la relève (ce qui me rendait éligible à un faramineux montant de 750$) et on m'avait appelée pour confirmer que je serais présente. Me fiant aux concours littéraires auxquels j'ai participé, je me suis dit que si on m'appelait, c'était bon signe et je me suis présentée là avec un bon espoir de gagner un petit quelque chose...
En arrivant, j'ai fait quelques constatations :
Premièrement, je n'étais pas habillée assez chic comparativement au "gratin" présent (des maires des alentours et des représentants des Caisses Desjardins). Les prix avaient beau être minimes, les efforts d'élégance déployé variaient de l'important au tape-à-l'oeil. Ma tenue bohème-chic (portée au bureau dans la journée) n'était pas le ton. Cependant, comme j'étais aussi très en dessous de la moyenne d'âge, on pouvait sans doute m'excuser.
Deuxièmement, ce n'était pas un événement où le réseautage pouvait se révéler fructueux puisque personne n'était identifié et qu'on n'y rencontrait que des artistes de différents domaines et les baîlleurs de fonds. Pas d'éditeur ou autre producteur artistique et aucun moyen de savoir si d'autres écrivains étaient présents.
Troisièmement, après que j'aie pris quelques gorgées de ma coupe de vin rouge, mon chum m'a fait remarquer que j'aurais dû y aller pour du blanc : si on devait me prendre en photo après la remise de la bourse, le vin rouge me ferait des dents grises. Je l'ai noté pour la prochaine fois...
Quatrièmement, comme m'a dit Vincent, il aurait fallu se munir d'un pare-bave, parce que les organisateurs et baîlleurs de fonds ont chacun prononcé un petit discours (systématiquement trop long et ennuyant) et en ont profité pour se faire une lèche éhontée. Assez pénible, mais bon, si on devait me payer, je pouvais endurer...
Malheureusement, dès la première remise de prix, le présentateur nous a annoncé que chaque récipiendaire s'était fait demander de préparer un petit mot pour nous expliquer en quoi l'argent allait l'aider à avancer dans ses projets. Comme on ne m'avait pas demandé de préparer quoique ce soit, j'ai su dès ce moment que je venais de perdre ma soirée. Bon, c'est le métier qui rentre je suppose : la prochaine fois, je saurai que si on m'appelle pour confirmer ma présence, je devrai demander si j'ai quelque chose à préparer. Devant une réponse négative, je trouverai une excuse pour me défiler.
Bref, soirée de discours dégoulinants et de performances artistiques assez moyennes (dont l'une faite par une fille qui a comme par hasard gagné une bourse de la relève, alors que ses chansons tournent déjà à la radio FM, tandis que sa mère a remporté une bourse lui permettant de mettre en marché le CD de sa fille, mais non, non, y'a pas de plug voyons...).
Il y a quand même eu un moment très comique dans la soirée : un couple dans la cinquantaine a reçu une bourse pour leur projet consistant à aller donner des concerts de chansons des Beatles dans des églises, en les jouant à l'aide de... un orgue, une harpe celtique et une harpe paraguaïenne! Ils auraient faits de très bons invités pour la radio-communautaire de Pérusse, après le café-chrétien jazz...
En arrivant, j'ai fait quelques constatations :
Premièrement, je n'étais pas habillée assez chic comparativement au "gratin" présent (des maires des alentours et des représentants des Caisses Desjardins). Les prix avaient beau être minimes, les efforts d'élégance déployé variaient de l'important au tape-à-l'oeil. Ma tenue bohème-chic (portée au bureau dans la journée) n'était pas le ton. Cependant, comme j'étais aussi très en dessous de la moyenne d'âge, on pouvait sans doute m'excuser.
Deuxièmement, ce n'était pas un événement où le réseautage pouvait se révéler fructueux puisque personne n'était identifié et qu'on n'y rencontrait que des artistes de différents domaines et les baîlleurs de fonds. Pas d'éditeur ou autre producteur artistique et aucun moyen de savoir si d'autres écrivains étaient présents.
Troisièmement, après que j'aie pris quelques gorgées de ma coupe de vin rouge, mon chum m'a fait remarquer que j'aurais dû y aller pour du blanc : si on devait me prendre en photo après la remise de la bourse, le vin rouge me ferait des dents grises. Je l'ai noté pour la prochaine fois...
Quatrièmement, comme m'a dit Vincent, il aurait fallu se munir d'un pare-bave, parce que les organisateurs et baîlleurs de fonds ont chacun prononcé un petit discours (systématiquement trop long et ennuyant) et en ont profité pour se faire une lèche éhontée. Assez pénible, mais bon, si on devait me payer, je pouvais endurer...
Malheureusement, dès la première remise de prix, le présentateur nous a annoncé que chaque récipiendaire s'était fait demander de préparer un petit mot pour nous expliquer en quoi l'argent allait l'aider à avancer dans ses projets. Comme on ne m'avait pas demandé de préparer quoique ce soit, j'ai su dès ce moment que je venais de perdre ma soirée. Bon, c'est le métier qui rentre je suppose : la prochaine fois, je saurai que si on m'appelle pour confirmer ma présence, je devrai demander si j'ai quelque chose à préparer. Devant une réponse négative, je trouverai une excuse pour me défiler.
Bref, soirée de discours dégoulinants et de performances artistiques assez moyennes (dont l'une faite par une fille qui a comme par hasard gagné une bourse de la relève, alors que ses chansons tournent déjà à la radio FM, tandis que sa mère a remporté une bourse lui permettant de mettre en marché le CD de sa fille, mais non, non, y'a pas de plug voyons...).
Il y a quand même eu un moment très comique dans la soirée : un couple dans la cinquantaine a reçu une bourse pour leur projet consistant à aller donner des concerts de chansons des Beatles dans des églises, en les jouant à l'aide de... un orgue, une harpe celtique et une harpe paraguaïenne! Ils auraient faits de très bons invités pour la radio-communautaire de Pérusse, après le café-chrétien jazz...
vendredi 4 juin 2010
C'est quoi un narrateur absent?
Hier, j'ai parlé du narrateur absent (allez voir : c'est juste en dessous). Suite à ce billet, on m'a posé plusieurs fois la même question : c'est quoi un narrateur absent? (La plupart l'ont fait par courriel, preuve que Pierre est le plus courageux de mes lecteurs... Hihihihi)
J'explique donc (mais gardez à l'idée que je suis loin d'être une experte de la question). Le narrateur absent, c'est celui qui décrit sans prendre parti, sans adopter un point de vue plutôt que l'autre, comme si la scène était un tableau ou quelque chose qui était observé à vol d'oiseau. Il n'entre pas dans la tête des personnages ou, s'il le fait (et s'éloigne ainsi un peu du narrateur absent classique), il n'explique pas les raisons des sentiments qu'il décrit. Il est neutre, descriptif, point. Je vous donne un exemple :
L'homme et la femme se regardent, de part et d'autres de leurs cafés refroidis. Elle se mord les lèvres. Il se penche vers elle, pose la main sur la table, paume vers le haut. Elle jette un coup d'oeil à cette main, en enroulant nerveusement une mèche de ses longs cheveux autour de son annulaire gauche. Une fois. Deux fois. Il lui sourit, mais cela semble un peu forcé. Trois fois. Elle attrape vivement son sac à main, bondit sur ses pieds.
- Non, je ne peux pas, jette-t-elle en s'éloignant.
De quoi ont-il parlé? Que voulait l'homme? La narration n'en dit rien, mais vous imaginez sans doute déjà un scénario. Si vous êtes observateurs, vous avez au moins un indice : la conversation a dû durer, puisque je précise que les cafés se sont refroidis. Si vous faites dans le symbolisme, vous avez peut-être aussi noté que la femme enroule ses cheveux autour de son annulaire gauche, doigt où on met les alliances. Ce doigt est-il mentionné par hasard?
Hé bien non, sans doute pas (pas du tout en fait, mais je triche : je le sais parce que j'ai écrit le texte...). Avec le narrateur absent, l'auteur doit subtilement orienter le lecteur, le pousser à croire une chose plutôt qu'une autre, afin que le récit reste cohérent. Évidemment, il peut donner beaucoup d'indices à travers les dialogues. Ici, j'utilise même un adverbe (nerveusement) qui nous fait entrer dans la tête de la femme, mais en nous donnant seulement son état d'esprit, pas ses motivations. Cependant, il est aussi possible de recourir aux symbolismes et aux lieux communs pour pousser le lecteur à penser d'une façon plutôt qu'une autre.
Dans la nouvelle dont je parlais hier, Les sept ponts de Mishima, quatre personnages tentent d'accomplir un rituel supposé exaucer l'un de leur voeu. L'auteur décrit l'un des personnages comme étant laid, bizarre, d'abord désagréable. À la fin du récit, comme il est le seul à voir réussi à accomplir le rituel et qu'il refuse de révéler son voeu, on le soupçonne invariablement d'avoir souhaité l'échec des trois autres personnages... pourtant, rien dans la narration ne nous permet d'en être sûr!
C'est ce genre de tour de force qui m'impression avec le narrateur absent. Vous voyez pourquoi à présent?
Addendum
La seconde question qu'on m'a posée hier c'est : y a-t-il des textes écrits avec ce narrateur-là au Québec? Je ne me souviens pas en avoir lu, alors je fais un appel à tous!
J'explique donc (mais gardez à l'idée que je suis loin d'être une experte de la question). Le narrateur absent, c'est celui qui décrit sans prendre parti, sans adopter un point de vue plutôt que l'autre, comme si la scène était un tableau ou quelque chose qui était observé à vol d'oiseau. Il n'entre pas dans la tête des personnages ou, s'il le fait (et s'éloigne ainsi un peu du narrateur absent classique), il n'explique pas les raisons des sentiments qu'il décrit. Il est neutre, descriptif, point. Je vous donne un exemple :
L'homme et la femme se regardent, de part et d'autres de leurs cafés refroidis. Elle se mord les lèvres. Il se penche vers elle, pose la main sur la table, paume vers le haut. Elle jette un coup d'oeil à cette main, en enroulant nerveusement une mèche de ses longs cheveux autour de son annulaire gauche. Une fois. Deux fois. Il lui sourit, mais cela semble un peu forcé. Trois fois. Elle attrape vivement son sac à main, bondit sur ses pieds.
- Non, je ne peux pas, jette-t-elle en s'éloignant.
De quoi ont-il parlé? Que voulait l'homme? La narration n'en dit rien, mais vous imaginez sans doute déjà un scénario. Si vous êtes observateurs, vous avez au moins un indice : la conversation a dû durer, puisque je précise que les cafés se sont refroidis. Si vous faites dans le symbolisme, vous avez peut-être aussi noté que la femme enroule ses cheveux autour de son annulaire gauche, doigt où on met les alliances. Ce doigt est-il mentionné par hasard?
Hé bien non, sans doute pas (pas du tout en fait, mais je triche : je le sais parce que j'ai écrit le texte...). Avec le narrateur absent, l'auteur doit subtilement orienter le lecteur, le pousser à croire une chose plutôt qu'une autre, afin que le récit reste cohérent. Évidemment, il peut donner beaucoup d'indices à travers les dialogues. Ici, j'utilise même un adverbe (nerveusement) qui nous fait entrer dans la tête de la femme, mais en nous donnant seulement son état d'esprit, pas ses motivations. Cependant, il est aussi possible de recourir aux symbolismes et aux lieux communs pour pousser le lecteur à penser d'une façon plutôt qu'une autre.
Dans la nouvelle dont je parlais hier, Les sept ponts de Mishima, quatre personnages tentent d'accomplir un rituel supposé exaucer l'un de leur voeu. L'auteur décrit l'un des personnages comme étant laid, bizarre, d'abord désagréable. À la fin du récit, comme il est le seul à voir réussi à accomplir le rituel et qu'il refuse de révéler son voeu, on le soupçonne invariablement d'avoir souhaité l'échec des trois autres personnages... pourtant, rien dans la narration ne nous permet d'en être sûr!
C'est ce genre de tour de force qui m'impression avec le narrateur absent. Vous voyez pourquoi à présent?
Addendum
La seconde question qu'on m'a posée hier c'est : y a-t-il des textes écrits avec ce narrateur-là au Québec? Je ne me souviens pas en avoir lu, alors je fais un appel à tous!
jeudi 3 juin 2010
L'art japonais du narrateur absent
À chaque fois que je relis Dojôji de Yukio Mishima (et surtout la nouvelle Les sept ponts), j'ai l'impression de recevoir une taloche donnée à un élève maladroit par un maître impatient. Après avoir lu ça, comment est-ce que je peux penser que ce que j'écris, ce sont des nouvelles valables?!?
Mishima est connu pour ses romans (très revendicateurs sur les plans de la culture guerrière et de l'homosexualité), mais je trouve que l'apogée de son art reste dans ses nouvelles. En fait, je dirais que tout ce que j'ai lu des auteurs japonais montre une maîtrise de la forme courte que l'on retrouve peu chez les Occidentaux. Ils arrivent à en raconter beaucoup en très peu de mot, principalement parce qu'ils usent souvent, et avec brio, de l'un des narrateurs les plus délicats et difficiles de la littérature : le narrateur absent.
Les nouvellistes et une bonne partie des romanciers japonais donnent l'impression qu'ils n'écrivent pas, mais qu'ils peignent simplement des tableaux. Ils nous décrivent les gestes des personnages, les éléments du décor, rapportent les paroles... et nous laissent faire les liens, deviner les implications, les pensées, les motivations. On termine donc notre lecture en ne sachant pas trop ce qu'on doit penser des actions qui se sont déroulées, en prenant arbitrairement parti pour l'un ou l'autre des personnages... comme si la scène s'était réellement passée sous nos yeux, quoi!
Certains lecteurs n'aiment pas ce genre de récit, mais moi je dois dire que j'adore. J'espère bien arriver à écrire un truc du genre un de ces jours...
Et vous, le narrateur absent, il vous plaît? vous déplaît? vous fascine? vous décourage?
Mishima est connu pour ses romans (très revendicateurs sur les plans de la culture guerrière et de l'homosexualité), mais je trouve que l'apogée de son art reste dans ses nouvelles. En fait, je dirais que tout ce que j'ai lu des auteurs japonais montre une maîtrise de la forme courte que l'on retrouve peu chez les Occidentaux. Ils arrivent à en raconter beaucoup en très peu de mot, principalement parce qu'ils usent souvent, et avec brio, de l'un des narrateurs les plus délicats et difficiles de la littérature : le narrateur absent.
Les nouvellistes et une bonne partie des romanciers japonais donnent l'impression qu'ils n'écrivent pas, mais qu'ils peignent simplement des tableaux. Ils nous décrivent les gestes des personnages, les éléments du décor, rapportent les paroles... et nous laissent faire les liens, deviner les implications, les pensées, les motivations. On termine donc notre lecture en ne sachant pas trop ce qu'on doit penser des actions qui se sont déroulées, en prenant arbitrairement parti pour l'un ou l'autre des personnages... comme si la scène s'était réellement passée sous nos yeux, quoi!
Certains lecteurs n'aiment pas ce genre de récit, mais moi je dois dire que j'adore. J'espère bien arriver à écrire un truc du genre un de ces jours...
Et vous, le narrateur absent, il vous plaît? vous déplaît? vous fascine? vous décourage?
mercredi 2 juin 2010
La voix du couteau : on adore ou on déteste
Je viens de finir "La voix du couteau" de Patrick Ness, une recommandation de mon éditeur. L'écriture, m'avait-il dit, y est très particulière. Ouille, particulière en effet. C'est une véritable esplozion de termes approzimatifs qui donnent l'impression que le personnage a pas reçu une ben grosse éducassion.
Non, la phrase précédente n'est pas une erreur, ni une exagération. Le livre tout entier est écrit comme ça. Dès qu'un mot est un tantinet compliqué, l'orthographe en est tordue. Cela nous permet vraiment d'entrer en raisonnance avec le personnage principal... mais ça peut aussi taper sur les nerfs. Personnellement, je suis passée par-dessus et, au bout d'un temps, ça a participé à la couleur du récit. Mon chum a abandonné sa lecture au quart du bouquin et m'a demandé de lui raconter le reste.
Le reste... c'est un peu ici que le bât blesse en fait. Au plan des personnages, c'est pas si mal. Le personnage principal est un jeune adolescent solitaire et tourmenté, qui s'exprime avec une certaine violence, mais qui, au moment crucial, révèle un coeur tendre, et même trop tendre pour son propre bien. Il est apparié avec une jeune fille dégourdie et allumée, assez classique. Les interractions entre les deux sont intéressantes et réalistes, mais pas très originales. En fait, l'aspect de la psychologie des personnages qui sort le plus de l'ordinaire est probablement l'espèce de vénération mystique que le personnage principal voue à son couteau (une version à longue lame crantée façon Rambo). Cela dit, comme Vincent me l'a souligné, c'est un peu malsain comme concept...
L'intrigue du roman quant à elle est une longue fuite en avant, ponctuée de révélations plus ou moins surprenantes. Au début, il n'est pas supposé y avoir de femme sur la planète où se déroule le récit, puisqu'elles ont supposément toutes été tuées par une épidémie. Et puis on rencontre la jeune fille. Qui ne tombe pas malade et ne meurt pas. Puis on découvre...
Encore autre chose. Couche par couche, le mystère qui entourait l'histoire de la planète et de ses coutumes nous est dévoilé. C'est triste car, au bout du compte, il me semble que ce qu'on découvre en dessous est banal. Cruellement et violemment banal.
Cela dit, c'est un roman destiné aux adolescents. Étant moins blasés que moi, peut-être vont-ils en tomber sur le derrière et avoir envie de lire la suite de la série. Pour ma part, je m'arrête ici.
Addendum
Ma critique ayant l'air surtout négative, je précise : la majeure partie du bouquin m'a tenue en haleine. La fuite en avant est fort intéressante, ainsi que le mélange des genres. Ce n'est qu'une fois le bouquin refermé et analysé que ça se gâte un peu. Je ne le relirais pas, mais le lire fut très agréable.
Non, la phrase précédente n'est pas une erreur, ni une exagération. Le livre tout entier est écrit comme ça. Dès qu'un mot est un tantinet compliqué, l'orthographe en est tordue. Cela nous permet vraiment d'entrer en raisonnance avec le personnage principal... mais ça peut aussi taper sur les nerfs. Personnellement, je suis passée par-dessus et, au bout d'un temps, ça a participé à la couleur du récit. Mon chum a abandonné sa lecture au quart du bouquin et m'a demandé de lui raconter le reste.
Le reste... c'est un peu ici que le bât blesse en fait. Au plan des personnages, c'est pas si mal. Le personnage principal est un jeune adolescent solitaire et tourmenté, qui s'exprime avec une certaine violence, mais qui, au moment crucial, révèle un coeur tendre, et même trop tendre pour son propre bien. Il est apparié avec une jeune fille dégourdie et allumée, assez classique. Les interractions entre les deux sont intéressantes et réalistes, mais pas très originales. En fait, l'aspect de la psychologie des personnages qui sort le plus de l'ordinaire est probablement l'espèce de vénération mystique que le personnage principal voue à son couteau (une version à longue lame crantée façon Rambo). Cela dit, comme Vincent me l'a souligné, c'est un peu malsain comme concept...
L'intrigue du roman quant à elle est une longue fuite en avant, ponctuée de révélations plus ou moins surprenantes. Au début, il n'est pas supposé y avoir de femme sur la planète où se déroule le récit, puisqu'elles ont supposément toutes été tuées par une épidémie. Et puis on rencontre la jeune fille. Qui ne tombe pas malade et ne meurt pas. Puis on découvre...
Encore autre chose. Couche par couche, le mystère qui entourait l'histoire de la planète et de ses coutumes nous est dévoilé. C'est triste car, au bout du compte, il me semble que ce qu'on découvre en dessous est banal. Cruellement et violemment banal.
Cela dit, c'est un roman destiné aux adolescents. Étant moins blasés que moi, peut-être vont-ils en tomber sur le derrière et avoir envie de lire la suite de la série. Pour ma part, je m'arrête ici.
Addendum
Ma critique ayant l'air surtout négative, je précise : la majeure partie du bouquin m'a tenue en haleine. La fuite en avant est fort intéressante, ainsi que le mélange des genres. Ce n'est qu'une fois le bouquin refermé et analysé que ça se gâte un peu. Je ne le relirais pas, mais le lire fut très agréable.
mardi 1 juin 2010
Un petit coup de blues (ajout)
En fin de semaine dernière, Vincent et moi avons décidé de jouer les associaux. On a refusé toutes les invitations, repoussé toutes les tâches ménagères à plus tard et on a passé deux jours à la maison, à se détendre, profiter de la présence de l'autre, regarder des films, jouer à des jeux vidéo (pour Vincent) et écrire (pour moi).
Ça faisait longtemps que j'avais pas pu autant avancer mes projets d'écriture en si peu de temps. J'ai corrigé la nouvelle que je dois présenter à l'atelier littéraire à la fin du mois, relu encore une fois un texte que je dois retravailler sous peu, écrit deux nouveaux chapitres de mon roman jeunesse, retouché mon plan et préparé quelques billets de blogue, dont des trucs pour le défi 30-30 de Mathieu Fortin (qui a eu l'idée de nous demander d'écrire un résumé de livre qui n'existe pas chaque jour pendant 30 jours).
Bref, ça a été une fin de semaine que je pensais ressourçante.
Au bout d'une heure de retour au travail, hier, j'avais déjà déchanté. Au contraire, je pense que la fin de semaine m'a juste montré à quel point ma vie serait agréable si je n'avais pas à me pointer au boulot 5 jours sur 7. Misère.
J'ai réalisé aussi qu'avec mon horaire de fous et l'atelier littéraire qui vient, je peux oublier le défi 30-30. Ça me chagrine, mais faut que je respecte mes priorités : mes projets d'abord. Cela dit, je publierai peut-être un résumé ou deux, on verra bien.
Le coup de blues se poursuit ce matin. Vivement les vacances!
Addendum
Écrivez-moi pas que je trouve le boulot pénible parce que j'aime pas ma job, ok? Je sais depuis longtemps que personne est prêt à me payer un salaire décent pour ce que j'aime faire (écrire, faire des recherches et m'entraîner). Et puis j'ai de la misère à croire que même les gens passionnés par leur métier n'y vont pas à reculons de temps en temps...
Re-Addendum
Ah pis je triche un peu : j'ai participé au défi 30-30. Si jamais c'est ma seule contribution, on saura pourquoi... ;)
Ça faisait longtemps que j'avais pas pu autant avancer mes projets d'écriture en si peu de temps. J'ai corrigé la nouvelle que je dois présenter à l'atelier littéraire à la fin du mois, relu encore une fois un texte que je dois retravailler sous peu, écrit deux nouveaux chapitres de mon roman jeunesse, retouché mon plan et préparé quelques billets de blogue, dont des trucs pour le défi 30-30 de Mathieu Fortin (qui a eu l'idée de nous demander d'écrire un résumé de livre qui n'existe pas chaque jour pendant 30 jours).
Bref, ça a été une fin de semaine que je pensais ressourçante.
Au bout d'une heure de retour au travail, hier, j'avais déjà déchanté. Au contraire, je pense que la fin de semaine m'a juste montré à quel point ma vie serait agréable si je n'avais pas à me pointer au boulot 5 jours sur 7. Misère.
J'ai réalisé aussi qu'avec mon horaire de fous et l'atelier littéraire qui vient, je peux oublier le défi 30-30. Ça me chagrine, mais faut que je respecte mes priorités : mes projets d'abord. Cela dit, je publierai peut-être un résumé ou deux, on verra bien.
Le coup de blues se poursuit ce matin. Vivement les vacances!
Addendum
Écrivez-moi pas que je trouve le boulot pénible parce que j'aime pas ma job, ok? Je sais depuis longtemps que personne est prêt à me payer un salaire décent pour ce que j'aime faire (écrire, faire des recherches et m'entraîner). Et puis j'ai de la misère à croire que même les gens passionnés par leur métier n'y vont pas à reculons de temps en temps...
Re-Addendum
Ah pis je triche un peu : j'ai participé au défi 30-30. Si jamais c'est ma seule contribution, on saura pourquoi... ;)
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