lundi 29 mai 2017

Tranche de vie (18)

Tout en mangeant son repas, ma puce contemple notre balcon arrière, qu'on voit très bien à travers la porte-patio. Soudain, elle pointe le doigt.

Puce - Regarde maman! Y'a plein d'étoiles d'araignées!

Je suis la direction indiquée. En effet, des arachniques industrieuses ont tendu d'énormes toiles entre les barreaux de la rambarde.

Dialogue intérieur 1 : Awwwwhhhh, des étoiles d'araignées! Tellement cute comme mot d'enfant! En plus, c'est vrai que les toiles ont un peu une forme d'étoile.

Dialogue intérieur 2 : Merde, ça veut dire que mon balcon grouille d'araignées. Beurk, je déteste ces bibittes-là depuis le jour où y'en a une grosse qui s'est prise dans mes cheveux. Je ne sors plus de l'été!

Puce - On peut aller les voir tantôt?

Dialogue intérieur 3 : Misère! Bon, j'veux pas qu'elle soit aussi peureuse que moi plus tard, alors j'vais bien m'attacher les cheveux, mettre des vêtements couvrant, parce qu'à la seule pensée de pattes d'araignée sur ma peau nue je veux hurler, pis on ira.

Moi - Bien sûr ma chérie.

Qu'est-ce qu'on ferait pas pour nos enfants, hein?

Constatation après la sortie d'observation des araignées : ma fille aime les araignées parce qu'elle a compris que les araignées mangent les mouches.

Et elle a une peur bleue des mouches!

O.o

(Quand y'a des gens qui me demandent ce qu'être maman m'apporte en tant qu'écrivaine, cette anecdote est un bon exemple : avant d'avoir ma fille, je n'aurais jamais pensé qu'un enfant pouvait avoir peur des mouches... mais adorer faire semblant d'être poursuivie par un monstre!)

vendredi 26 mai 2017

Scène de bureau (42)

Je viens de passer deux grosses journées à rédiger une communication interne pour un organisme qui comprend le mot "du Québec" dans son nom (j'vous en dit pas plus : mes clients corporatifs ont droit à leur anonymat). C'était un contrat pas facile, parce qu'il fallait être à la fois informatif et léger, mais je pense m'en être bien acquittée. En tout cas, c'est ce que me dit ma cliente par courriel, avant d'insister pour qu'on se parle au téléphone...

Cliente, au bout du fil - C'est super le texte! C'est clair et j'ai ri!

Moi - Merci!

Cliente - Y'aurait juste deux ou trois petites choses à changer.

Moi - Bien sûr, dis-moi.

Cliente - Vois-tu, on a engagé une correctrice pour toutes nos communications à grand tirage. C'est tout nouveau. Elle est avec moi en ce moment, je te mets sur les haut-parleurs. Elle s'appelle Réviseure, dis-lui salut!

Dialogue intérieur : Oh oh. Il y a réviseur et réviseur. Quelle genre de bibitte ont-ils engagé?

Moi - C'est une bonne idée ça, d'engager une pro pour la correction. Salut Réviseure!

Réviseure, d'une voix lointaine - Salut!

Cliente - Elle nous suggère quelques corrections dans ton texte.

Moi - Pas de problème, lesquelles?

Cliente, d'un ton trop mesuré pour être totalement honnête - Quelques coquilles et fautes d'accord et puis... Ben elle voudrait que tu enlèves deux anglicismes.

Moi - Ah? J'en ai mis? Ça se peut, hein, ça se glisse partout. C'est quoi?

Cliente, après s'être raclé la gorge- Fin de semaine et per diem.

Moi, m'étouffant presque de rire - Pardon?

Cliente, peu à peu gagnée par mon hilarité - Fin de semaine et per diem seraient des angli... Ok, non, je ne peux même pas prononcer cette phrase-là. Désolée, Réviseure. On est les Trucs Muches du Québec après tout.

Réviseure, d'une voix lointaine - Oui, mais non, mais weekend et allocation journalière sont...

Je me peux pu tellement je ris. Pauvre réviseure ne sait pas que sa nouvelle patronne a un parti pris pour la langue d'usage.

Moi, les larmes aux yeux - Alors, vous voulez que je fasse les corrections?

Dans un roman, je refuserais catégoriquement, mais pour un texte corporatif qui ne portera même pas mon nom, pourquoi pas?

Cliente - Non, j'voulais juste que Réviseure ait ta réaction en direct. On va s'arranger!

Moi - Bonne fin de journée à toutes les deux! Bon courage, Réviseure!

Désavantage du travail à la maison : j'aurais aimé voir la tête de la pauvre fille.

Avantage : j'aurais ptêt pas ri autant si je l'avais eue en face de moi. Là j'ai rigolé toute seule pendant le reste de la journée. (Pis après je suis tombée sur un statut Facebouette de L'Insolente Linguiste qui riait de la même affaire! Soit c'est de la synchronicité, soit elle connaît Réviseure!)

mercredi 24 mai 2017

La maladie mentale, c'est pas fantastique

Voilà deux livres que je lis et qui se réclament d'une étiquette "fantastique".

Or, après les avoir refermés, je dois constater que cette étiquette est fausse. Il n'y a pas de fantastique dans ces histoires. Tous les éléments étranges ou hors de l'ordinaire s'expliquent par la maladie mentale d'un personnage, qui fausse ses perceptions.

Et on est pas dans certaines (excellentes) histoires d'Ariane Gélinas (ou de Lovecraft ou d'autres) mettant en scène un personnage déjà fragile qui dérape complètement quand un élément surnaturel survient. Non, dans ces romans, pour tous les gens entourant le personnage malade, rien de fantastique n'arrive. Ils ne voient qu'un malade, manipulé par ses visions, ses illusions, ses tourments. L'auteur prend la peine d'écrire quelques chapitres finaux pour nous le confirmer : tout s'est passé dans la tête du personnage.

Je trouve ça infiniment triste comme situation.

Triste en tant que lectrice de fantastique qui se fait spolier en découvrant, à la fin d'un bon roman, que tous les éléments intéressants n'existaient pas. (C'est la version "psychiatrique" de la chute "ce n'était qu'un rêve" qu'on déteste tous passionnément).

Mais triste aussi en tant que personne qui a vu de près des cas de maladie mentale. La maladie mentale, c'est pas fantastique. C'est pas du fantastique.

C'est réel.

Alors si vous ne l'utilisez pas dans le cadre d'une vraie histoire de genre, mettez-la donc dans le bon rayon et sous la bonne étiquette!

...

Bon, cette montée de lait ayant été faite, je vous signale qu'un petit bonus vient de s'ajouter pour les participants de la prévente des Six Brumes : au cours de l'année 2017, vous aurez droit en exclusivité à l'une de mes nouvelles inédites.

Il s'agit d'un texte de fantasy humoristique, un genre d'hommage à Terry Pratchett décédé cette année-là, qui a vu le jour en atelier. La consigne était de prendre notre histoire et de changer l'une des caractéristiques principales du personne central. Un homme devenait femme, un vieux devenait jeune et mon épée intelligente devenait... Bah, participez à la prévente et vous verrez bien! ;)

vendredi 19 mai 2017

Prévente 2017 - Le Cirque des Monstres déploie son chapiteau!

La prévente 2017 des Six Brumes bat son plein. Déjà, les premiers objectifs sont atteints : les livres pourront être imprimés (hourra!) et Horrificorama sera même illustré et doté d'une préface par Patrick Sénécal (youpi!).

À partir de maintenant, chaque dollar récolté durant la prévente participera à la stabilité financière des Six Brumes (yeah!), au paiement des auteurs (joie!) et à l'obtention de quelques bonis pour les participants (c'est à votre tour de vous exclamer, parce que je manque d'interjection là!), notamment des affichettes tirées des couvertures des livres.

Si vous voulez un avant-goût d'Horrificorama, des extraits des textes ont été publiés ici par les Six Brumes (avertissement : je m'abstiendrais de les lire en mangeant...)

Isa, quant à elle, nous jase sur son blogue de la genèse du projet Écrire et publier au Québec. Ainsi que de la genèse d'Horrificorama. (Si 2017 a été l'année où je sortais de ma zone de confort, ça a aussi été l'année où les projets d'Isa voyaient le jour!)

Et il paraît que la République du Centaure fera une annonce me concernant au début de la semaine prochaine. Je ne vous en dit pas plus, mais je vous invite à aller lire la première partie du feuilleton steampunk de Christian Sauvé. Ça n'a pas de rapport avec moi, mais ça promet!

Si ce que vous découvrez avec tous ces liens vous enchante et/ou vous intrigue, n'oubliez pas de contribuer à la prévente!

Ces beaux projets carburent à la passion, mais cette devise n'est pas encore acceptée dans les épiceries! (c'est pas faute d'avoir essayé...) :p

mercredi 17 mai 2017

Parlons d'appropriation culturelle

Au Boréal, les mots "appropriation culturelle" ont été prononcés comme ça, en passant, au détour d'une table-ronde, mais la question est rapidement devenue "Peut-on écrire au sujet d'autres cultures que la nôtre?"

Question qui a évidemment reçue un "oui" unanime. Aucun auteur (surtout pas un auteur de SFF) ne veut limiter son imaginaire à sa réalité de Blanc francophone éduqué vivant au 21e siècle!

La semaine suivante, une "bombe" portant sur le même sujet a explosé dans le milieu littéraire canadien-anglais. Dans un numéro spécial d'une revue, numéro portant sur les auteurs autochones, l'éditeur a nié l'existence du problème de "l'appropriation culturelle", disant qu'écrire au sujet des autres cultures, ça devrait se mériter un prix. Qu'on devrait inventer le "Prix de l'appropriation culturelle".

Hum... Parlez-moi d'un éditeur qui aurait dû demander à quelqu'un de l'éditer! Il a dû remettre sa démission.

Pourquoi? Parce que, comme nous l'avons un peu fait au Boréal, il a mélangé deux problèmes.

L'appropriation culturelle, ce n'est pas le fait pour un auteur X appartenant à une culture Y d'écrire au sujet d'une culture Z. Ça, c'est un "emprunt culturel" ou, tout simplement, de la liberté artistique et de l'ouverture aux autres.

L'appropriation culturelle, c'est quand l'auteur X provient d'une culture Y qui a colonisé, dominé et écrasé la culture Z et que, dans son oeuvre, l'auteur X emprunte des éléments à la culture Z en les caricaturant, les dénaturant, en niant leur provenance ou en méprisant leur culture originale.

Donc...

Un Québécois qui, après des recherches minutieuses, écrit une histoire d'un Indien qui immigre à Montréal pour enseigner le yoga et ouvrir un resto de poutine, en un genre de Mange, prie, aime inversé = pas de problème. (Le Québec n'a jamais colonisé l'Inde).

Une Québécoise qui, après des recherches minutieuses, écrit une série de roman sur la réalité des adolescents au Japon en l'an 1550 = pas de problème non plus (et même un prix remis par l'ambassade du Japon... mais d'où est-ce que je tire cet exemple, hein? ;)

Un Québécois qui, sans trop faire de recherches, écrit l'histoire d'un Amérindien ivrogne qui s'arrange pour exploiter le système gouvernemental et porte des plumes pour aller à l'épicerie = gros problème (cliché réducteur et méprisant, par un descendant des oppresseurs originaux).

Et un Québécois qui, après des recherches minutieuses, écrit l'histoire d'une jeune Amérindienne qui, surmontant les problèmes sociaux vécus sur sa réserve, s'installe à Montréal pour étudier et devenir enquêteuse de la SQ = ... euh...

Voyez-vous, c'est avec ce troisième exemple qu'on touche au côté épineux de la notion d'appropriation culturelle. Personnellement, je n'y verrais pas de problème et, même, pour peu que le roman soit bien fait dans ce sens, j'aurais tendance à saluer l'intention de l'auteur de mettre en lumière la réalité difficile des Amérindiens et de s'éloigner des clichés les concernant. Cependant, certains chantre de l'appropriation culturelle pourraient lui en vouloir en disant qu'il parle à la place d'une minorité historiquement muselée ou qu'il exploite leur misère et leur histoire et leur culture pour faire de l'argent (enfin, dans la mesure où l'écrivain fait de l'argent...).

Je comprends en partie la critique, mais en même temps, elle me semble faire fi d'une tendance en sociologie des médias (observée autour de la montée d'Obama en politique) : le fait qu'en donnant de la place à un groupe social dans des fictions, on finit par habituer le public à leur présence dans la réalité. Donc, plus on dépeint avec respect et positivisme un groupe social victimisé et dévalorisé, plus on a des chances de l'aider à améliorer son sort. On ne serait donc pas en train de prendre la place de quelqu'un et de l'empêcher de parler, mais plutôt de lui tendre la main pour qu'il monte sur l'estrade et prenne le micro... (Je ne sais pas pour vous, mais moi quand je lis des nouvelles horribles et déprimantes et peu diffusées, j'ai tendance à penser "Je devrais écrire un roman là-dessus pour attirer l'attention des gens").

Toutefois, ce n'est pas toujours perçu ainsi. Et certaines communautés se méfient des mains tendues. En fait, même mon premier exemple, celui avec l'Indien, pourrait être mal perçu par certaines personnes, car si les Québécois n'ont pas exploité l'Inde, les Blancs l'ont fait, l'Occident l'a fait...

Personnellement, je ne sais pas trop où je me situe dans cette zone grise et épineuse. Je comprends que certains créateurs issus de communautés culturelles pourraient prendre ombrage d'un roman de ma plume qui parlerait de leur culture si mes écrits recevaient plus d'attention que les leurs (on est tellement dans l'hypothétique ici que c'est quasiment de la SF!). Cela dit, je ne pense pas que je doive, parce que je suis une hétérosexuelle Blanche occidentale cisgenre de classe moyenne m'empêcher d'explorer d'autres réalités que la mienne (si je ne peux pas donner une voix à ceux qui n'en ont pas, ça me donne quoi d'être éduquée et privilégiée?!?) Je pense que l'important c'est toutefois, lorsqu'on met en scène des cultures qui ne sont pas la nôtre, de se documenter le mieux possible et de faire preuve de respect.

Oh et de ne pas nier l'existence de l'appropriation culturelle et de l'insulte ressentie par certaines personnes! En cas de problème, on s'excuse, on demande ce qu'on a écrit d'inexact et on rectifie le tir la prochaine fois!

Enfin, c'est la voie que je me propose de suivre. Et vous, connaissiez-vous ce phénomène d'appropriation culturelle? Si non, il y avait un article dans La Presse hier qui résume l'affaire canadienne-anglaise et les différents concepts. Qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce que ça remet vos écrits en question? Est-ce que, dorénavant, vous hésiterez à vous inspirer d'une mythologie étrangère ou d'une culture peu connue pour nourrir vos imaginaires?

lundi 15 mai 2017

Ma mère était...

En ces lendemains de fête des mères, je vois beaucoup de statuts Facebook et de billets de blogue où les gens écrivent des lettres d'amour à leurs mères. Vantent leurs mérites, leurs sacrifices, leur amour inconditionnel.

Chaque fois, j'ai un malaise. Parce que je ne pourrais pas écrire ce genre de texte. En partie parce que ma mère n'est plus là pour les lire. Mais en partie parce que je ne reconnais pas ma mère dans ces portraits.

Ma mère était une femme magnifique. Preuve à l'appui :

Photo prise en février 2007, lors de mon mariage. Elle avait 51 ans. 

C'était une vraie rousse, avec la peau de lait qui va avec. Elle était grande, avec un petit buste, le nez long et droit, ainsi que de magnifique yeux noirs qui contrastaient avec son teint pâle. Si je devais la décrire en un seul mot, ce serait "racée", élégante.

Et pourtant, elle se détestait.

Je ne me souviens pas d'elle autrement que mince, mais elle ne l'était jamais assez à son goût. Alors elle s'imposait une interminable série de régimes et d'exercice, puis se regardait dans le miroir en soupirant de découragement, les mains sur sa petite bedaine basse qui ne voulait pas disparaître. Elle s'est payée une liposuccion parce que sa culotte de cheval la dérangeait encore plus que sa bedaine. Après, elle n'était toujours pas satisfaite de sa silhouette, trouvant que la disparition de son surplus de cuisse faisait ressortir ses hanches trop larges.

En voyant la photo ci-dessus, elle s'était plainte de ses dents croches et jaunes. De ses rides.

Elle était toujours malheureuse. Ne se sentait jamais assez belle, assez instruite, assez performante, assez riche, assez indépendante, assez soutenue, assez aimée. Elle n'était pas parfaite et ne l'acceptait pas. Elle a fait deux dépressions, pris des médicaments, suivi des thérapies.

Elle nous mettait beaucoup de pression à ma sœur et à moi pour qu'on soit mieux qu'elle. Plus belles, plus instruites, plus indépendantes, plus performantes. Régimes, discours interminables sur l'importance des études et de ne pas dépendre d'un homme pour vivre (et ce, même avant qu'elle et mon père divorcent), mises en garde au sujet du fardeau de la maternité, etc.

Un ACV massif l'a frappée à 52 ans. Six mois après la photo ci-dessus. Elle a survécu, mais elle n'a jamais été la même ensuite. Si elle ne s'acceptait pas avant, vous pouvez deviner qu'après, ce fut catastrophique. Elle est décédée accidentellement 4 ans plus tard, mais elle avait perdu le goût de vivre depuis longtemps.

Il y a des jours où je me demande si elle l'avait déjà eu.

Sa maladie, puis sa mort m'ont secouée. Pas immédiatement, outre la peine normale d'un tel deuil, mais peu à peu. J'étais entrée moi aussi dans la course à la performance. Je mettais des vêtements chics, des bijoux et du maquillage pour aller travailler. Je pensais à la chirurgie plastique pour régler quelques défauts. Je voulais tout faire moi-même dans tous les domaines et je pestais lorsque ça ne fonctionnait pas. Je n'avais pas bien performé comme enseignante au secondaire, mais je refusais l'idée de finir mes jours derrière un bureau de secrétaire juridique ou de crever de faim en tant qu'artiste...

Puis je me suis rendue compte de ce qui se passait. J'étais en train de me rendre malheureuse. Toute seule, sans raison.

J'ai décidé de renverser le courant. D'accepter d'être moi. De me trouver belle, malgré ma dent croche et de mes autres défauts que vous voyez ou pas. De me trouver performante et indépendante, même si, techniquement, je ne gagne pas ma vie. De demander de l'aide au lieu d'attendre qu'on m'en propose.

C'est un long processus. Il y a parfois des rechutes. Parce que je ne suis pas parfaite. Mais je fais de mon mieux.

Pour ma fille. Pour qu'elle puisse un jour écrire à quel point sa mère est une femme magnifique et aimante.

C'est dur d'aimer les autres lorsqu'on ne s'aime pas soi-même.

Moi je t'aimais très fort, maman. Bonne fête des mères.

vendredi 12 mai 2017

Cervelle d'écrivain (9)

Ma cervelle d'écrivain est un drôle d'endroit qui abrite, en plus du subconscient, des souvenirs, des émotions et du Moi conscient rationnel qui tient les commandes, une Muse qui s'ingénie à foutre le bordel. Comme l'autre jour...

Muse - Bon matin, Gen! Sais-tu quoi? J'ai une super idée pour une histoire policière!

Moi conscient rationnel - Ok, je vais la noter, mais je te préviens : tu m'as déjà donné deux romans policiers complets, alors le temps que j'arrive à écrire ta nouvelle idée, ça va être long.

Muse - Oh, mais c'est pas un roman celle-là, c'est une nouvelle.

Moi - Ah ah! Elle est bonne. Je ne fais plus de nouvelle policière : y'a plus de revue pour les publier.

Muse - Pas grave, tu vas vouloir l'écrire dès que je te l'aurai dite.

Moi - C'est ça, c'est ça.

Muse - J'en suis sûre.

Moi - Écoute, c'est pas que t'es pas intéressante, mais des idées géniales, t'en as deux par semaine. Alors c'est pas comme si je manquais de boulot.

Muse - Tu veux parier?

Moi - Si je veux parier que je saurai résister à la tentation d'écrire une nouvelle qui n'a aucun espoir de mise en marché au lieu des romans sur lesquels je travaille déjà? Bien sûr, qu'est-ce qu'on parie?

Muse - Une seconde nouvelle.

Moi - Grmmmpfff... Bon, ok, pourquoi pas. De toute manière, tu vas perdre. Alors, c'est quoi ton idée?

Muse - C'est (explication de l'idée).

Moi (ravi par l'idée, mais fâché d'avoir perdu) - Merde!

Muse (satisfaite) - Je te l'avais dit.

Moi - Alors je te dois deux nouvelles, c'est ça? Celle-là et une autre? Le truc de SF je suppose?

Muse - Ouais.

Moi (faisant contre mauvaise fortune bon cœur) - Ok, donne-moi le temps de terminer mon projet en cours et je m'y mets.

Muse - Yé! J'aime ça quand je gagne contre toi. Et, d'ailleurs, ça me donne une autre idée (explication de l'autre idée).

Moi (exaspéré) - Ah non! Là, t'es gentille, pis celle-là t'en fais un billet de blogue, d'accord? De toute manière, l'écrivain qui s'obstine avec lui-même, ça fait longtemps que c'est plus original!

;)