vendredi 18 mai 2018

Et le gagnant est...

Alors, après une batterie de tests et une autre journée perdue à l'hôpital, mon chum, qui commence à prendre du mieux (la fièvre est tombée, il n'a pas plus d'étourdissement et les douleurs se dissipent), s'est fait dire qu'il a...

Euh...

Probablement un virus.

Mais on sait pas trop lequel.

Revenez lundi, on verra si c'est passé, pis on fera d'autres tests.

Ah, les médecins des fois! Ça m'étonne toujours de constater que si tu sembles parti pour guérir par toi-même, ils ne sont pas particulièrement intéressés à trouver la cause de tes malaises. D'accord, ils sont débordés, mais tout de même...

mercredi 16 mai 2018

Les paris sont ouverts

D'après vous, hier matin, si mon chum de six pieds deux pouces et deux cent livres s'est effondré dans mes bras comme une poupée de chiffon et a perdu conscience pour une bonne minute, est-ce que c'était à cause de :

A) l'influenza avec déshydratation sévère ou

B) mononucléose ou

C) autre?

Les paris sont ouverts!

Pour notre part, on devrait avoir la réponse jeudi en cours de journée...

(En clair : oui, hier matin, mon chum m'a fait une peur en s'évanouissant brusquement. Après une promenade en ambulance, une journée passée à l'hôpital et une batterie de test, la cause du malaise reste inexpliquée, mais il semble aller mieux. Y'a pas à dire, 2018, c'est pas notre année à date!)

lundi 14 mai 2018

Hé, c'était lundi!

Hé, c'était lundi aujourd'hui! O.o

Pis c'était la Fête des Mères hier...

Mon chum ayant pogné la "grippe post-congrès" à ma place (faut le faire : il était même pas là!), j'ai un peu perdu la notion du temps.

Alors au lieu de vous pondre un billet en catastrophe, j'vous invite à aller lire celui-ci et celui-là d'Annie Bacon, particulièrement les commentaires à la suite du premier billet.

J'essaie d'y détruire deux mythes linguistico-historiques qui m'agacent :

1- Que le Français est devenu misogyne suite à une décision consciente d'une gang de perruques poudrées. (Qui ont éliminé les noms féminisés de métier et décrété que le masculin l'emporte sur le féminin en cas de genres grammaticaux mêlés).

Désolée, gang, mais les perruqués se donnaient probablement juste une excuse pour consacrer l'usage en place. Vous devriez lire un moment donné les discussions autour du genre des mots, c'est assez hilarant et la même explication peut servir tantôt à justifier un féminin, tantôt un masculin. Parce qu'à l'époque, l'usage avait fixé des règles avec lesquelles on est encore pognés aujourd'hui (ce mot en est un bon exemple!), peu importe leur illogisme.

Heureusement, l'Office Québécois de la Langue Française a réintroduit, il y a 30 ans, la féminisation des titres et noms de métier. Ce qui m'amène à...

2- Autrice, c'est la vraie forme féminine de "auteur", c'est d'ailleurs le mot qui existait à l'époque, contrairement à auteure (qui a été choisie il y a 30 ans par OQLF). 

Oui... et non. Dès qu'on remonte à avant la standardisation de la langue française, on se retrouve dans le chaos côté formes linguistiques. L'époque connaissait donc autrice et auteure, mais aussi auteuresse, aucteure, auctorice, sans compter oteure, hotrice et autres trucs du même genre!

A-t-on choisi "auteure" parce qu'il était invisible à l'oral et plus facile à faire entrer dans les moeurs? Peut-être. Toutefois, comme on dit "une auteure", ça finit par s'entendre, non?

Ah, pis troisième mythe qui me gosse :

3- En latin, y'avait un genre neutre et ça rendait tout beaucoup plus simple. 

Hihihihihi! Z'avez jamais fait de latin vous, hein?

En latin, les mots pouvaient être féminins et se décliner comme des mots de la deuxième déclinaison (généralement masculins), masculins et se décliner comme des mots de la première déclinaison (généralement féminins), notamment les noms d'arbres et de métiers. Il y avait, finalement, des mots neutres.

Cependant, les neutres empruntaient la même que le masculin dans 6 à 7 cas grammaticaux sur 12 pour les déclinaisons les plus courantes (soit la deuxième et les déclinaisons adjectivales). (Wikipédia peut vous saouler de tableaux de déclinaisons latines si vous êtes curieux de vous livrer a des études statistiques). 

Donc, lorsqu'on a (enfin!) envoyé promener le neutre, il était logique que l'usage devienne d'utiliser le masculin en guise de neutre.

Bref, pour toutes ces raisons (et surtout parce que le Québec a été l'un des pionniers de la féminisation des titres de métier et que je ne veux pas renier ces efforts de la génération passée), je vais continuer à me désigner comme "auteure" et à encourager l'usage de ce mot. Que les Français m'appellent "autrice" si ça les amuse.

Un jour, ils auront ptêt aussi des mairesses et des présidentes... (Ou des mairettes et des présidentesses?)

vendredi 11 mai 2018

La peur d'en manquer

Les années passant, je me rends compte que lorsqu'on n'a jamais manqué de quelque chose, on éprouve une peur aiguë à l'idée que ça puisse arriver.

J'ai ri récemment en lisant cet article à propos d'un couple aisé qui a fait, pendant un mois, une épicerie pour quatre personnes avec 210$. Je me suis moquée d'eux pendant un moment. J'veux dire : on est trois, la nourriture sans gluten nécessaire à mon chum coûte un bras pis une jambe (vous jetterez un coup d'oeil pour le fun : un mini-pain sans gluten, c'est 8$, soit une piasse de la tranche! ça te monte une facture assez vite) et on se tient facilement sous la barre des 200$ par semaine, alors avec des produits normaux, me semble que ça doit pas être un si grand défi de nourrir une famille de quatre!

D'ailleurs, les sources de stress évoquées me semblaient d'un ridicule consommé. Ils devaient penser à planifier leurs repas. Heille, bienvenu dans le club! Pis, imaginez-vous : y'a une semaine où ils ont eu peur de manquer de beurre! Oh là là, qu'est-ce qu'ils auraient fait? Ils ont jamais utilisé d'huile ou mangé des toasts secs ce monde-là?!?

C'est là que ça m'a frappée : non. Non, ils avaient jamais fait ça. Ils avaient jamais eu à gérer le manque d'un ingrédient. Le manque de planification. Avant, leur vie était simple : il te manque quelque chose : tu achètes. Là, soudain, ils avaient peur de ne pas savoir quoi faire devant un manque.

J'ai continué à réfléchir. J'ai pensé à d'autres situations observées autour de moi. À ma défunte mère qui avait toujours peur de manquer d'argent, de ne plus avoir de travail. Elle avait déjà eu des finances serrées, elle n'avait pas grandi dans le luxe, il lui était déjà arrivé de perdre un emploi, elle avait été femme au foyer, donc dépendante de mon père, mais ça n'avait pas duré très longtemps. Elle n'avait jamais été pauvre, sur le BS ou criblée de dettes et dès qu'elle s'était remise sur le marché du travail, les emplois n'avaient pas manqué. La pensée de ne plus avoir de revenus ou d'économies la terrorisait. Pourtant, avec son sens pratique (elle savait coudre, cuisiner, couper les cheveux, rafistoler plein de trucs), elle s'en serait sans doute bien tirée.

Personnellement, je suis peu attachée à mes possessions matérielles, sauf à ma maison. Les livres, les ordinateurs, les vêtements, je sais que dans le pire des cas, je trouverais à les remplacer. J'ai vécu des moments de ma vie où j'en avais pas ou peu et j'ai survécu. Par contre, je n'ai jamais été dépourvue de domicile. J'ai toujours habité un endroit où je me sentais chez moi, qui me donnait l'impression de m'appartenir, même si ça a déjà été la maison de mes parents. Je ne sais pas comment gérer le manque de foyer. Alors tout ce qui met ma demeure en danger me terrifie.

Je regarde ma fille, qui grandit dans l'abondance (de jouets, de livres, de nourriture, d'attention... ok, je la gâte, j'avoue) et des fois ça m'inquiète un peu. Aura-t-elle, plus tard, toujours peur de manquer de tout, n'ayant jamais appris à gérer une disette? Puis elle me réclame un biscuit comme dessert, la veille du jour de l'épicerie, et me voilà en train de lui expliquer qu'il n'y en a plus. Et, dépendamment des soirs, elle gère ça avec plus ou moins de philosophie.

Mais sans trace de peur. Ouf!

Je vais désormais garder cette histoire de manque en tête quand je créerai des personnages...

mercredi 9 mai 2018

Du talent et des quota

J'vais pas vous mentir : en organisant le Boréal, j'ai été confrontée à mes propres réflexes.

On veut parler du personnage? Demandons à Patrick Senecal et à Olivier Paquet et à Éric Gauthier et Frédérick Durand et à...

Minute là. Quatre hommes? Pourquoi je nomme trois hommes? Y'a pas de femmes qui pourraient parler de cette question là?

Ben oui : Élisabeth Vonarburg en a fait son cheval de bataille et Esther Rochon a sans doute des réflexions très intéressantes à livrer. Pourquoi est-ce que j'ai pas pensé à elles?

C'est en tentant d'équilibrer un peu les tables-rondes côté genre des participants que j'ai constaté un truc : quand on cherche, on trouve.

Comme beaucoup de gens, pendant longtemps, je me suis dit que les quotas de représentativité des sexes (dont j'ai parfois bénéficiés), ça voulait dire que des femmes se retrouveraient dans certains postes seulement parce qu'elles étaient des femmes et non parce qu'elles étaient les meilleures pour ce poste.

Bref, à la suite d'invitations où j'étais clairement là pour assurer une présence féminine, je me suis posé bien des questions sur mon propre talent.

Puis j'ai pu observer mon propre réflexe : devant un poste à combler, un invité à trouver, les hommes me venaient toujours à l'esprit en premier. Et pas parce qu'ils étaient nécessairement les plus talentueux, non. Simplement, mon esprit faisait l'équation facile : on entend souvent parler d'eux, donc ils doivent être bons et je vais leur donner de la place moi aussi.

Pourtant, quand je me suis obligée à considérer d'autres options, des choix aussi ou même plus pertinents (et plus originaux!) me sont facilement venus à l'esprit.

Ça m'a rassurée. Sur le concept des quotas et leur pertinence. Sur la richesse de mon milieu (on avait finalement 52% de participants féminins au congrès). Ainsi que sur mon propre talent. Je sais que les gens qui m'ont invitée en se disant "Ça nous prend une femme", ils ont fini par penser à moi parce que j'avais le talent pour être là. Si j'étais un gars, j'aurais peut-être même été l'un de leur premier choix (ben quoi, on peut rêver! ;)

Un jour, penser en terme d'équilibre homme-femme dans tous les événements, ce sera un réflexe. En attendant, on se donne des cibles, des quotas. :)

Le prochain combat pour le milieu des littératures de l'imaginaire, ce sera la représentativité ethno-culturelle. Heureusement, la prochaine génération d'écrivains s'annonce moins uniformément blanche, alors ça devrait nous faciliter la vie! Parce que bon, pour ce congrès-ci, on aurait bien voulu, mais les écrivains de SFF qui sont pas de souche européenne, y'en a pas des masses. (Ou alors c'est des super vedettes hors de nos moyen.) Si vous en connaissez, invitez-les à prendre contact avec nous. :) On sera heureux de les lire et de leur faire une place!)

lundi 7 mai 2018

La différence entre participer à un congrès et l'organiser

Coudonc, ça sent le refermé ici! (Ou alors mes cellules olfactives ont encore des flashback de la fin de semaine... hihihihihihi!)

J'vous promets une activité un peu plus normale cette semaine et les suivantes!

Mais pour aujourd'hui, disons que je vais me borner à constater qu'il y a toute une différence entre participer à un congrès et l'organiser. (Surtout si ladite organisation doit être faite en même temps que la gestion d'un chantier de rénovation.)

Quand on participe, on arrive enthousiaste et on finit fatigué et survolté.

Quand on l'organise, l'état survolté et fatigué survient avant même le début du congrès. Cependant, l'enthousiasme est décuplé, parce qu'on a choisi une à une toutes les activités (sans considérer le fait qu'on ne pourrait pas être partout en même temps... résultat : j'ai manqué les deux table-rondes auxquelles j'espérais le plus assister).

Si les congrès Boréal passent toujours trop vite à mon goût, celui-ci a filé à une vitesse record, me laissant dans un état de loque humaine assez impressionnant! O.o (Et là ça fait trois personnes qui me rapportent des propos que je leur ai tenus, et qui n'étaient pas tous cohérents, et je n'en ai AUCUN souvenir! Je me suis pourtant tenue à une stricte règle de "pas d'alcool le midi, j'suis déjà assez crevée", mais semblerait que le stress à l'idée que quelque chose aille de travers m'avait plongée dans un genre d'état second!)

Faut dire aussi que le congrès m'a paru passer vite parce que j'attendais avec enthousiasme la cérémonie de clôture, non seulement pour pouvoir enfin me reposer, mais aussi parce que le Prix Solaris allait être remis à Luc Dagenais. C'était tout à fait égoïste, mais j'avais hâte de pouvoir crier haut et fort à quel point il le mérite, parce qu'il a écrit un texte génial et à quel point je me sens privilégiée d'avoir pu le lire avant tout le monde!

Pour la petite histoire, début avril, Luc et moi, après que la date de tombée du prix soit passée, nous étions échangé nos textes. Je SAVAIS depuis ce moment que c'était lui le gagnant. (Et bon, quand Luc en a eu la confirmation, il a eu la gentillesse de me féliciter de mon discernement). Comme quoi, malgré ma grande gueule assumée, je peux garder un secret! hihihihihi! ;)

Je ne sais pas si ce fut un beau congrès pour vous, mais ce fut un plaisir de revoir tout le monde et, surtout, d'accueillir des nouveaux visages. On se voit à Sherbrooke l'an prochain!

Pis non, cette fois-ci, je ne l'organiserai pas!!!!!

lundi 30 avril 2018

Boréal 2018

Le Congrès Boréal, ce sera en fin de semaine!

Tous les détails sont ici, y compris la programmation (fort alléchante, si je puis me permettre de prêcher pour ma paroisse, mais fort différente des années précédentes, parce qu'elle comprend un volet pour les congressistes "débutants", c'est-à-dire ceux qui n'ont pas lu tout ce qui s'est publié en SFF depuis 1945).

Comme je participais à l'organisation et que je vais probablement gérer des détails de dernière minute, ce sera à nouveau tranquille ici cette semaine.

J'vous promets un rythme plus soutenu en mai...

... Enfin, après que je me sois remise de ma fatigue post-congrès!

Au plaisir de vous y croiser!