mercredi 18 octobre 2017

Scène de bureau (43) - Tout est dans la manière de demander

J'ouvre mon courriel. Je vois un message d'un de mes clients de rédaction. Et là je soupire. Ça me tente pas de l'ouvrir, de regarder son document, d'exécuter sa commande. Je sais qu'il va me demander de rendre son texte non seulement grammaticalement correct et intelligible (ce qui n'est déjà pas évident), mais en plus, il voudra que ce soit divertissant.

Je clique sur le message en soupirant. Et c'est alors que je lis (textuellement) :

Salut Geneviève! Comme d'hab, faudrais que mes bullet point devienne du Français pis intéressant... J'ai vraiment besoin que tu exerce ta magie. As-tu le temp cette semaine de faire un miracle?

Parlez-moi de ça un client réaliste! ;)

(Et qui sait comment flatter sa rédactrice. Des fois, tout est dans la manière de demander les choses.)

D'accord, d'accord, je me retrousse les manches, pis je vous prépare ça ce miracle-là!

lundi 16 octobre 2017

Best-seller?!?

Ouf! Désolée pour ce billet qui arrive en retard (en ligne à 13h30 au lieu de 7h30, tttt, c'est quoi ce laisser-aller?), mais les deux dernières semaines m'ont un peu mise à plat.

Cependant, fallait que je parle de la belle surprise que j'ai eue au salon du livre de Sherbrooke. Tandis que j'étais occupée à jaser à vendre ce livre-ci :


J'ai découvert la nouvelle impression de ce livre-là :


Hiiiiiiiiiiiiiiiii! J'étais tellement excitée! Mon éditrice m'avait mentionné qu'il y aurait une réimpression, mais c'était la première fois que je tenais dans mes mains l'un des nouveaux exemplaires. :)

Mine de rien, le premier tirage (avec le logo de Trampoline) ayant été fait à 2000 exemplaires, si on est rendus à réimprimer, ça veut dire qu'Hanaken fait tranquillement son petit bonhomme de chemin vers le statut de... best-seller. O.o

Quand même... C'est pas pire pour un premier roman! (Oui, là je me pète un peu, et même beaucoup, les bretelles, s'cusez, j'arrête, promis :p )

Pis best-seller ou pas, dans un monde où les romans ont une durée de vie d'à peu près un an, je suis vraiment heureuse de voir que mes petits samouraïs continuent à faire leur chemin, lentement, mais sûrement. :)

En passant, comme Isa le mentionne ce matin, le lancement officiel de "Écrire et publier au Québec" aura lieu ce samedi soir, à partir de 17h, à l'Amère à boire, 2049 rue St-Denis à Montréal. On lancera en même temps le dernier numéro de Brins d'éternité, on jasera, on prendra une bière, y'aura probablement une petite annonce me concernant et, parce que je suis pas difficile, je pourrai signer tant des "Écrire et publier" que des "Hanaken" si le cœur vous en dit! ;)

vendredi 13 octobre 2017

Notices pseudo-nécrologiques

Après avoir bravement terminé une brassée de couleurs, dans un grand hurlement de roulements brisés, Laveuse est décédée le 12 octobre 2017 à 11h45, juste avant le dernier rinçage et essorage d'une brassée de foncé. La blessure fatale est venue d'une cuve désalignée. Laveuse laisse dans le deuil sa propriétaire, Geneviève, qui n'a pas apprécié de devoir rincer sa brassée dans le bain puis de la tordre à la main comme au 19e siècle, ainsi que son propriétaire, Vincent, qui aurait aimé qu'elle dure encore un peu, ainsi qu'Éliane, sa principale fournisseuse d'ouvrage. L'exposition du corps de Laveuse est permanente au domicile des propriétaires... jusqu'à ce qu'ils trouvent le temps d'aller chercher une remplaçante.

* * *

Ce jour d'hui, vers 14h décèdera ma Patience, après avoir été soumise depuis le matin à une armée de bambins occupés à manger, lancer, écrabouiller et, accessoirement, cueillir des pommes. Patience laissera dans la peine Éliane, sa principale utilisatrice, qui s'en voudra beaucoup (pendant au moins cinq bonnes minutes) d'en avoir abusé. Patience étant connue pour ses vies courtes et ses résurrections fréquentes, Éliane ne portera pas le deuil.

* * *

Samedi et dimanche, en la ville de Sherbrooke, Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Carl Rocheleau vous inviteront à célébrer le décès des arbres qui se sont réincarnés en divers livres, notamment leur guide "Écrire et publier au Québec". Le service commémoratif aura lieu au kiosque des Six Brumes. Les auteurs vous y attendent en grand nombre.

* * *

Mon chum fait dire que je devrais considérer l'écriture de notices nécrologiques comme boulot alimentaire. Qu'est-ce que vous en pensez? :p

mercredi 11 octobre 2017

Guide des méandres littéraires

Regardez ce qui vient de sortir des presses! :)

Mon dernier né! (À moi et à mes deux co-géniteurs)
Ceci n'est pas un roman. C'est un guide. Le Guides des méandres du monde littéraire à l'intention de ceux qui veulent écrire, qui commencent à écrire, qui écrivent... ou qui se demandent par quel procédé étrange les mots sont transformés en livre.

Les autres manuels sur l'écriture accompagnent durant la création ou, à la limite, jusqu'à la soumission du manuscrit. Ce guide vous parle aussi de ce qui se passe avant le début de l'écriture, pendant la création, ainsi que de tout ce qui suit la réception d'un refus ou d'une acceptation, y compris le contrat, la direction littéraire, la révision et même l'illustration de couverture!

Évidemment, les exemples pratiques se limitent au milieu des littératures de l'imaginaire (parce qu'on a déjà mis trois ans pour l'écrire et interrogé 49 personnes! O.o), mais ne vous y laissez pas tromper : je crois que les principes sont bons pour tous les genres. Alors si vous avez des questions au sujet de l'écriture et de l'édition, c'est le bouquin qu'il vous faut!

En attendant qu'il soit en vente sur le site de l'éditeur et en librairie, vous pourrez vous le procurer dans les salons du livre! :)

vendredi 6 octobre 2017

Octobre, qu'est-ce que t'as mangé cette année?

Octobre a toujours été un de mes mois préférés. C'est l'automne, il fait frais mais pas frette, les arbres sont beaux, la lumière est dorée, les boissons chaudes sont réconfortantes, les chandails de laine douillets sont de sortie, y'a presque pu de bibitte dehors, le mois est parsemé de tartes aux pommes et à la citrouille, pis il annonce l'Halloween. Bref, je l'aime!

Depuis que je me consacre à l'écriture, octobre est en plus un mois relativement calme (contrairement à avril, haute saison de mes animations scolaires!). En octobre, d'habitude, je donne un atelier, je fais un petit contrat de rédaction, des fois je vais dans un salon avec des amis ou dans un lancement... Pas de pression, pas de date de tombée... C'est le fun. :)

Cette année par contre, je me demande bien ce qu'octobre a mangé! D'ici à l'Halloween, je vais donner trois ateliers, trois animations scolaires, participer à un salon et à un lancement, en plus de boucler un contrat de rédaction et un gros coaching! Ah pis à travers ça, je dois amener ma puce chez le dentiste et mon gentil papa me sort au théâtre.

Pfiou! J'vais être essoufflée rendue en novembre moi!

Avant que ce feu roulant ne commence (demain, avec l'atelier-court-le-mal-nommé qui s'étale sur trois jours), je crois que je vais me prendre une journée tranquille aujourd'hui...

Mais seulement après avoir lu la suggestion d'Élisabeth Vonarburg pour le Club de lecture de la République du Centaure, bien sûr!

mercredi 4 octobre 2017

Faire du style

J'ai souvent eu l'impression que j'écris sans style (même si plusieurs amis me certifient que non). Probablement parce que je n'ai jamais pensé particulièrement à mon style quand j'écrivais. Je pensais à l'histoire, à l'ambiance, aux mots que j'utilisais (pour éviter les répétitions inutiles), aux métaphores filées que je voulais imbriquer dans mon texte... Bref, je ne me disais jamais "là faudrait que je fasse un peu de style".

Récemment, je me suis rendu compte que c'est sans doute une bonne chose.

Parce qu'à force de lire des manuscrits d'auteurs plus ou moins débutants, je constate que les textes où on a voulu "faire du style" se repèrent à quatre indices distincts :

1) Vocabulaire mal employé

Empreinte et emprunte, ça ne veut pas dire la même chose. Inoculation, ça peut être synonyme de vaccination, mais pas de contagion ou d'épidémie. Lorsqu'un auteur cherche à utiliser des "beaux mots", il finit souvent par employer certains termes qu'il ne maîtrise pas tout à fait... Et l'erreur sautera aux yeux du lecteurs, gâchant tout l'effet du paragraphe truffé de mots à 50 piasses.

2) Métaphores clichées

Blonds comme les blés. S'effondrer comme une poupée de chiffon. Lire en quelqu'un comme dans un livre ouvert. Quand vous lisez un texte et que vous avez l'impression de pouvoir terminer la moitié des phrases sans les lire, ça veut dire que l'auteur, sans doute en voulant bien faire, a eu la main lourde avec les métaphores clichées et les expressions idiomatiques les plus communes. Ça vole déjà pas haut, mais si jamais les jeunes filles se mettent à être frêles comme des soles (ouille!), c'est là que le bas (!?!) blesse! Et le tout me pue au nez. (S'cusez-la, j'ai pas pris mon deuxième café.)

3) Métaphores bizarres

Pour éviter de tomber dans les clichés, certains auteurs décide de réinventer la voile (la roue, ça a été fait). Le problème, c'est que ces métaphores nouveaux genres peuvent introduire au mauvais moment un effet comique involontaire ou alors être si bancales qu'elles sortent complètement le lecteur du texte. Des exemples lus récemment : "À sa grande horreur, il découvrit un cadavre raide comme une trique" (oui, mais non...) ou encore "Les bateaux flottaient comme des bulles dans un verre de champagne" (euh... ils étaient en dessous de l'eau et éclataient en atteignant la surface?!?)

4) Répétitions

Un autre trait que j'ai remarqué chez les débutants qui essaient de faire du style, c'est qu'ils formulent d'abord leur "jolie" phrase, genre "Il la contempla d'admiration dont il couvait d'ordinaire les divins autels", puis ils en rajoutent deux ou trois autres, plus simples, qui expliquent la même chose : "En effet, depuis son enfance, il n'avait été attiré que par les statues des déesses. Mais cette femme, devant lui, l'attirait tellement, elle ressemblait tellement aux statues des temples, elle était si belle, qu'il ne pouvait arrêter de la regarder." On jurerait que l'auteur ne nous fait pas confiance pour comprendre ce qu'il a déjà dit... parce qu'il sait subconsciemment que sa métaphore était incompréhensible ou son vocabulaire imprécis ou maladroit.

Y a-t-il d'autres indices que j'ai oublié?

Et qu'est-ce qu'on est supposés faire avec un auteur qui écrit comme ça et qui s'obstine que c'est de même qu'il faut faire pour être publié? À part lui expliquer que son style à lui, c'est ce qui restera quand il arrêtera de forcer?

lundi 2 octobre 2017

Enfin terminé!

D'habitude, je ne vous agace pas avec mes histoires de mots ou de chapitres écrits et de premiers jets terminés ou pas... Mais là c'est un peu spécial : je viens de terminer le premier jet de mon roman policier.

Un roman commencé il y a SIX ans!

Inutile de dire qu'il y a eu bien des détours et des écueils dans la conception de cette histoire!

Le premier plan et les personnages datent en effet de 2011, mais après avoir terminé ledit plan, je n'en étais pas satisfaite, alors je l'ai enfermé dans un tiroir. Et l'introduction déjà écrite est devenue une nouvelle. En 2012, j'ai voulu m'y replonger, mais la nécessité d'écrire Hanaken III s'est imposée et je m'y suis consacrée. En 2013, je n'y ai pas touché, absorbée par mon Hanaken III qui avançait à pas de tortue. En 2014, enceinte jusqu'aux yeux, un ami m'a involontairement donné l'idée qui me manquait. J'ai retravaillé le plan et, enfin enthousiasmée par le projet, je m'y suis remise un peu, en sachant que je serais bientôt interrompue. En 2015, j'ai écrit par-ci, par-là, quand la puce m'en laissait le temps et qu'aucun truc plus urgent ne m'appelait (comme un certain manuscrit à six mains). En 2016, la puce étant entrée en garderie, j'ai pu me lancer dans mon roman à fond... Pour m'interrompre presqu'aussitôt. Une idée proposée à un éditeur avait retenu son attention, mais je devais m'y mettre là, maintenant. J'y ai passé une partie de 2017.

Jusqu'à ce que finalement, il y a quatre mois, je puisse revenir à ce roman policier qui m'attendait, ce texte écrit par petits morceaux, où je croyais avoir encore tellement de travail à faire, que j'avais l'impression que je ne finirais jamais...

Hier, pendant la sieste de ma puce, dans un élan créatif d'une intensité que je connais peu, j'ai dévidé en deux heures les quelques 2500 mots qui me séparaient du point final. Whoa. Je venais de finir.

J'en reviens pas encore. Dans le coin de mon cerveau où je classe les projets "inachevés mais pas abandonnés", il y a soudain un grand vide.

Et j'ai l'impression qu'il a créé un appel d'air du côté des muses : depuis hier après-midi, des idées nouvelles me viennent plus vite que je ne peux les noter! Paraît que la nature a horreur du vide. Semblerait que les muses aussi! ;)