mercredi 3 février 2016

Les parents et les 5 à 7

J'ai déjà entendu un jeune papa dire que les lancements littéraires, où on réseaute beaucoup et qui regorgent d'opportunité pour les carrières des écrivains, semblaient exclure volontairement les parents. Parce qu'ils se font souvent en formule 5 à 7.

Je ne suis pas d'accord avec l'aspect "volontaire" de la chose. J'en ai organisé quelques-uns et je vous jure que les lancements littéraires ne veulent exclure personne. Au contraire, on veut qu'il y ait du monde (et qu'ils achètent le ou les livres lancés)! Mais ils sont souvent organisés par des gens sans enfant (ou par des parents qui se sont justement trouvé une gardienne pour ce soir-là).

Le problème, je le constate maintenant, c'est que pour les parents qui n'ont pas de gardienne, le 5 à 7 typique est constitué de la routine souper-bain-histoire-dodo.

Donc, si un parent sans gardienne veut assister à un lancement en formule 5 à 7, il a deux options :

1- Laisser l'autre parent faire la routine tout seul. Occasionnellement, ça passe. Mais faut pas oublier que, en contrepartie, l'autre parent aura sans doute envie de participer à son tour à une activité sociale et donc que pour chaque soir où un parent sort, il y en aura un autre où il devra tout assumer en solo.

2- Déroger à la routine et amener les enfants au 5 à 7. Ça c'est la formule que suggèrent tous les amis des parents (je plaide coupable : il fut une époque insouciante où je pensais que c'était une solution). Et c'est vrai que, durant la soirée, les amis seront d'une aide précieuse avec la progéniture qui, impressionnée par la nouveauté, se montrera sur son meilleur jour. Mais l'enfant se couchera sans doute plus tard qu'à l'habitude (surtout si les parents habitent un peu loin du lieu du lancement). Le problème surviendra donc le lendemain matin... et dans les jours suivants. Un enfant, c'est pas comme un adulte. Un adulte qui se couche exceptionnellement 2 heures plus tard que d'habitude se lèvera environ 2 heures plus tard le lendemain. Pas un enfant de moins de trois ans. Un enfant en bas âge qui s'est couché tard se réveillera à la même heure que d'habitude. Et il sera probablement morose, irritable, braillard, bref, pas du monde, jusqu'à ce qu'il ait, petit à petit, rattrapé les heures de sommeil perdues. Bref, le parent paiera pendant deux ou trois jours sa sortie d'un soir.

Je sais que ce n'est pas la réalité de tous les parents. Il y en a pour qui la routine du soir se fait facilement avec une seule paire de mains (mais ce sont souvent celles de la maman). Il y a des enfants (mais pas ma puce) qui veillent tard et qui ne s'en ressentent pas le lendemain. Pis il a des parents qui ont toujours une gardienne disponible et/ou dont les enfants sont rendus grands et aiment avoir la maison à eux seuls! (Oui, Isa, je parle des tiens là! :p )

Mais pour la majorité des parents, assister à une activité sociale en soirée, surtout s'ils n'ont pas trouvé de gardienne, ça demande beaucoup de planification et d'investissement personnel. Alors quand vous les voyez, profitez-en! Parce que, non, ils ne peuvent pas toujours être là.

Ils aimeraient ça par contre, je vous le garantis! ;)

Alors, samedi, amusez-vous pour moi! ;)

lundi 1 février 2016

Entrée en garderie

Ma puce entre à la garderie ce matin!

Pour... deux heures.

Parce que, histoire de ne pas lui donner un trop gros choc, on va étaler l'intégration sur deux semaines.

J'ai hâte de regagner des journées d'écriture, mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter un peu.

Cela dit, les éducatrices que j'ai rencontrées étaient adorables et c'est juste pour trois jours par semaine. Pis je suis à 10 minutes de marche si jamais il y a un pépin. Pis ma puce s'exprime assez bien maintenant pour me le faire comprendre si jamais il y a un problème... (Ok, je m'inquiète peut-être plus qu'un peu...).

De son côté, ma puce prend les choses avec philosophie :

Aller à la garderie? Mouais, ok, si tu y tiens...
Ils ne savent pas ce qui les attend!

jeudi 28 janvier 2016

Scène de bureau (40)

De : Ancienne collègue
À : Moi
Date : Vendredi matin
Objet : Texte à réviser

Bonjour Gen, est-ce que tu es toujours intéressée à faire de la révision et de la rédaction à la pige pour nous?

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De : Moi
À : Ancienne collègue
Date : Vendredi début d'après-midi pendant la sieste de la puce
Objet : Texte à réviser

Allo ma chère! Bien sûr que ça m'intéresse. Voici en pièce-jointe mes tarifs et des approximations du temps que ça me prend dépendamment de la longueur du texte.

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De : Ancienne collègue
À : Moi
Date : Vendredi à cinq minutes de la fin de la journée
Objet : Le contrat est à toi!
Pièce-jointe : Document mal écrit.doc

Super Gen, merci! Tes tarifs sont acceptés. Selon tes estimés, tu en as pour une dizaine d'heures, mais stresse-toi pas pour le nombre exact, le budget est là. Le texte à réviser est en pièce-jointe. J'ai pas besoin de te dire qu'il faut revoir le français, mais la syntaxe est pas fameuse non plus et si tu pouvais trouver moyen de lier les sections un peu mieux, ce serait super! Il nous faut une version lundi matin. On compte sur toi!

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Date : Vendredi soir, une fois la puce couchée

Extrait du contenu de la pièce jointe :

Le client impliqué dans l'accident rapporté dans l'avis implique qu'ils n'était pas en lien avec les précédand avis...

Extrait de l'ambiance sonore dans mon bureau :

Tabarn****!!!

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Quand je suis devenue travailleuse autonome, on m'a dit que je serais maître de mon horaire... mais on avait oublié de me parler de celui des clients!

Remarquez, une fille apprend : maintenant ma grille de tarifs comporte une surcharge pour les travaux urgents! :p

lundi 25 janvier 2016

Lecture en doses homéopathiques

S'il y a une activité qui souffre particulièrement de l'arrivée de ma puce dans ma vie, c'est la lecture.

J'arrive à écrire (les soirs et pendant les siestes), j'arrive à écouter la télé (en pliant du linge pendant que la puce joue), je pourrais même m'entraîner le soir si j'en trouvais la force (et que mon ordinateur n'était pas plus tentant que mon dojo), mais la lecture, activité qui remplissait traditionnellement mes "temps libres non planifiés", ben la voici réduite à un petit 10 minutes avant dodo.

Si j'essaie de lire davantage, je m'endors la face dans mon bouquin.

Cette situation pose deux problèmes :

1- C'est long en maudit passer à travers un bouquin de ce que je considérais jadis "un format réconfortant" (traduction : 500 pages et plus... et c'est réconfortant, parce que tu sais que si tu aimes l'histoire, tu vas en profiter un bon moment).

2- Ce ne sont pas tous les livres qui supportent d'être lus en doses homéopathiques.

Je n'avais jamais remarqué auparavant, mais il y a des œuvres, notamment celles dont le développement est très lent et/ou l'écriture très ouvragée, qui gagnent à ce qu'on en lise une bonne partie en une seule séance. On se met dans l'ambiance, on s'habitue au rythme, au style et on ne remarque plus la lenteur de l'action.

Mais quand on en lit 4 ou 5 pages à la fois, c'est juste frustrant. On est jamais dans l'ambiance, on a du mal à se rappeler ce qu'on a lu la veille, on se perd au détour d'une phrase un peu alambiquée...

Je suis présentement plongée dans ce genre de lecture frustrante. Je sens que le bouquin va me laisser une mauvaise impression alors que, si je l'analyse froidement, il est plein de qualité.

Mais des chapitres courts et un rythme soutenu n'en font pas partie!

Me voilà quitte pour choisir mon prochain roman avec plus de discernement. En espérant que cette perte de temps de lecture ne soit que temporaire. Parce que je sens que je vais me tanner vite des trucs faciles à lire... (En attendant, si vous avez des suggestions, gênez-vous pas!)

mercredi 20 janvier 2016

Compliments

Y'a deux compliments que vous pouvez faire à une jeune maman :

1- Dites-lui que sa maison, pour une maison de jeune famille, n'a pas l'air trop en désordre et/ou n'a pas trop l'air d'une salle de jeux. Elle sait que c'est le bordel et qu'elle est due pour un bon ménage, alors n'essayez pas de lui faire croire que c'est propre chez elle, mais elle se décarcasse tellement pour éviter que la visite ne marche sur des mégablocs, si ses efforts sont reconnus, elle en sera très fière.

2- Dites-lui que son bébé a l'air éveillé, intelligent et bien stimulé. Parce que tout le monde lui dit qu'il est beau son bébé. Elle le sait qu'il est beau. Le sien, c'est le plus beau du monde. Mais dans le fond, elle n'a rien avoir là-dedans, c'est juste une histoire de génétique. Par contre, c'est elle qui chante les mêmes comptines et lis les mêmes livres 250 fois par jour, dans l'espoir que son rejeton développe ses capacités. Saluer l'éveil du bébé revient donc à applaudir la patience de la maman.

Dans les deux cas, vous avez pas besoin d'être sincère, mais tant qu'à mentir, je vous suggère ces deux options-là, elles ont plus de chance de réussir que si vous essayez de faire croire à la jeune maman qu'elle n'a pas l'air fatiguée! :p

lundi 18 janvier 2016

Le problème avec le steampunk

Le steampunk est en train de revenir à la mode. C'est super le fun! J'adore l'idée derrière ce genre, qui mélange l'ambiance de la Révolution industrielle avec un genre de pseudo-science-fiction plus ou moins magique. Sauf que...

Sauf que j'ai l'impression que c'est pas facile d'écrire du bon steampunk.

Voyez vous, j'ai l'impression que le problème avec le steampunk (et les autres genres disons para-historiques, dont le plus connu est le médiéval-fantastique), c'est que vous devez déplacer votre lecteur de, disons, deux degrés de réalité.

Premier degré : vous l'amenez dans une Révolution industrielle fictive (ou un Moyen-Âge fictif).

Deuxième degré : vous rajoutez l'élément pseudo-scientifique du steampunk (ou la magie de la fantasy).

Cela signifique que, mine de rien, vous devez placer DEUX arrières-mondes.

En steampunk, si votre Révolution industrielle n'est pas assez présente, le lecteur, distrait par vos super bateaux volants à vapeur qui permettent de traverser l'Atlantique en une journée, s'étonnera et décrochera du texte lorsque vous mentionnerez l'absence de toilettes ou les femmes en corset.

Au contraire, si votre pseudo-science n'est pas assez présente, le lecteur aura l'impression de lire un roman historique et pensera que vous sortez un lapin de votre chapeau lorsque l'élément steampunk viendra dénouer un problème de l'intrigue.

Peut-être que c'est l'historienne en moi qui parle, mais j'ai souvent l'impression que les écrivains de steampunk ont de la misère avec le premier de ces deux éléments. Les lois et les coutumes de la fin du dix-neuvième siècle modelaient des rapports sociaux très différents de ceux d'aujourd'hui. Je comprends qu'un écrivain puisse décider d'évacuer disons le sexisme ou le racisme ambiant de l'époque, mais il devrait au moins conserver quelques éléments historiques, par exemple le régime de droit préférentiel appliqué aux nobles ou alors les dérives du capitalisme sauvage. Parce que ce sont ces éléments (notamment l'absence totale de lois du travail) qui ont permis, dans la réalité, des avancées techniques époustouflantes (pour l'époque, entk) et qui permettraient, dans une réalité alternative, de pousser encore davantage les inventions.

Si on évacue totalement le contexte historique réel de l'époque on n'écrit pas, à mon sens, un roman steampunk, mais un truc de science-fantasy avec des costumes cool.

Qu'est-ce que vous en dites?

mercredi 13 janvier 2016

Le patrimoine perdu

Mes parents m'ont aidée à démarrer dans la vie, dans la mesure de leurs moyens. Pendant mon bac, mon père payait mes frais d'inscription, tandis que ma mère a équipé la cuisine de mon appart, en plus de me transférer une part de la pension alimentaire qu'elle recevait. J'ai bouché les trous restants dans mes finances grâce à de petits boulots, en partageant les frais avec Vincent et en vivant chichement.

Tout ça m'a permis de commencer ma vie d'adulte sans prêt étudiant à rembourser. Ce qui a nettement amélioré ma solvabilité auprès des banques. Et nous a permis de nous acheter une maison avant que le marché ne devienne complètement débile.

Éliane avait trois mois quand on lui a ouvert un REEE. Grâce aux articles en prime qu'on reçoit avec nos épiceries, on lui a déjà mis de côté un service de vaisselle et là on accumule des timbres pour lui constituer une batterie de cuisine. Ouais, on s'y prend d'avance. (Et avec les timbres, on dirait qu'on joue dans les Belles-Soeurs!) Mais on trouve ça important de lui constituer un trousseau, de lui assurer un début de vie adulte plus facile, sans dettes ou presque.

À chaque fois que j'entends des parents dire que "personne ne les a aidés et ils ont travaillé pour ce qu'ils ont, alors leurs enfants ont juste à faire pareil", j'ai envie de hurler.

Pensez-vous que c'était l'attitude des parents de Guy Laliberté? Ou de Pierre Elliott Trudeau?

Les générations pré-Révolution Tranquille le savaient : pour créer un patrimoine familial et enrichir la famille, les parents doivent donner un coup de main aux enfants, dans la mesure de leurs moyens. Même si ça consiste simplement à leur donner un fauteuil défoncé pis une table usée mais pas tuable.

On dirait que les boomers ont, en majorité, perdu ce principe de vue. Et que les X ont embarqué dans la même game. Ironie suprême : il me semble que plus ces boomers et X ont connu du succès financier, moins ils ont tendance à le partager avec leurs enfants.

Je ne comprends pas. Ne voient-ils pas que les paramètres ont changé? Que les diplômes coûtent plus chers et les loyers aussi? Que si leurs propres parents avaient pu les aider, ils l'auraient fait? Que les fortunes familiales se construisent sur le long terme, avec des trousseaux planifiés, des héritages bien garnis... pas sur des dettes d'études et des hypothèques inversées.

Quelqu'un a une explication?