mardi 29 juillet 2014

La paranoïa alimentaire

Jusqu'à récemment, mon chéri et moi buvions une quantité déraisonnable d'eau gazéifiée. Ben ouais, quand vous pouvez pas boire d'alcool (grossesse), ni de jus de fruit (diabète) et que vous évitez les boissons gazeuses diètes (aspartame et autres faux sucres) tout en limitant le thé et le café (caféine) et en se méfiant des tisanes (encore la grossesse), un moment donné le Perrier ça permet de varier le contenu des verres!

Cela dit, à ce rythme-là, on se retrouvait à mettre 4 ou 5 bouteilles de plastique au recyclage chaque semaine. Pas fameux pour la planète.  Mon chum a donc eu une idée de génie : pour ma fête, il m'a offert un Sodastream, soit une machine qui permet de gazéifier l'eau du robinet grâce à une banale bonbonne de CO2. Ça revient moins cher que d'acheter des bouteilles de Perrier, ça permet d'envoyer moins de plastique au recyclage, ça nous évite le sel contenu par certaines eaux gazeuses, bref si la compagnie était pas israélienne (je l'ai appris après qu'on ait acheté le bidule, sinon j'aurais hésité), ce serait une machine parfaite!

Sauf que ça fait trois personnes à qui j'offre de ma super eau gazéifiée maison et qui me disent "Ben là, est-ce que t'es sûre que c'est bon pour la santé?". Euh... Quand c'est mon papa très (très) grano qui me pose la question, je peux comprendre. Mais quand la personne qui m'interroge est une buveuse invétérées de toutes les cochonneries bubullantes sur le marché (incluant boissons gazeuses régulières, boissons gazeuses diètes et energy drink pétillants), là, franchement, je comprends pas.

En plus, c'est du CO2 et de l'eau. On absorbe un peu de la première substance à chacune de nos inspirations (et on en expire davantage), tandis que la deuxième substance est indispensable à notre vie. J'pense que ça devrait être sécuritaire...

Je sais qu'on ne peut pas nécessairement compter sur les normes des gouvernements (et encore moins sur l'industrie alimentaire en général) pour assurer notre santé et notre sécurité. Mais un moment donné, faut se relaxer la paranoïa alimentaire. Je pense que si le CO2 des machines à gazéifier était dangereux, y'a au moins une agence de santé mondiale qui aurait réagi, non?

J'veux dire, y'en a plusieurs qui ont interdit les energy drink!

lundi 28 juillet 2014

Un texte qui commença comme une blague

Ces jours-ci, je travaille sur une nouvelle qui est née d'une blague.

Voyez-vous, l'an dernier je lisais l'Ensorceleuse de Pointe-Lévis de Sébastien Chartrand et on aurait dit que j'étais incapable de retenir le titre. Je disais "La sorcière de Pointe-Lévis" ou "L'enchanteresse de Lévis" ou "La magicienne de la Pointe", etc. Mon chum, amusé, s'est mis à débaptiser encore davantage le bouquin. Tous les prétextes étaient bons pour énoncer un faux titre et se bidonner tandis que j'essayais de le corriger, en me trompant 2 fois sur 3!

Un moment donné, il s'est mis à appeler le roman "L'enchanteresse portait des Levi's".

Et c'est alors que j'ai eu un flash.

Ce qui est, déjà, étrange en soit, parce que, comme je vous l'ai dit vendredi dernier, je ne travaille jamais à partir d'un titre d'habitude. Et même, les titres inspirants ont tendance à ne pas m'inspirer!

Mais cette fois-ci, peut-être parce qu'il ne sortait pas de ma propre tête, le titre m'a donné une idée pour une histoire d'urban fantasy. Un genre que j'adore, mais auquel je ne me croyais pas capable de toucher (parce que j'ai bien du mal à imaginer de la magie au cœur de notre quotidien terne!).

Pire, ce qui m'est venu à l'esprit, c'était le récit d'une enquête menée dans un contexte surnaturel! Pourtant, s'il y a un métissage de genres que j'exècre, c'est bien la rencontre de la fantasy et du policier!

Mais le titre m'a amenée dans cette direction.

Au début, je me suis dit que je ferais de tout ça une nouvelle rigolote, un simple prétexte à utiliser le titre et à récupérer un bout de texte travaillé en atelier l'année dernière, que je la publierais ici, par morceaux, et qu'elle se conclurait avec des remerciements à mon chum pour avoir lancé l'idée et à Sébastien pour l'avoir, malgré lui, inspirée.

Sauf que plus j'avance, plus l'univers s'étoffe, plus je m'amuse et, paradoxalement, plus l'histoire gagne en sérieux. Bon, ça reste léger, mais c'est de moins en moins une blague et de plus en plus un vrai texte.

Dont j'imagine déjà des suites possibles!

J'ai mis le point final au premier jet la semaine dernière. Et là, j'attends les avis de mes premiers lecteurs. Qui sait, ce sera peut-être à lire prochainement dans une revue! :)

vendredi 25 juillet 2014

La théorie des titres

À ce que j'ai compris jusqu'ici...

Il y a des écrivains à titres. Comme Luc Dagenais. Eux, ils ont l'idée d'un titre génial pour une histoire et c'est souvent à partir de cet éclair d'inspiration qu'ils inventent leurs récits.

Il y a des écrivains à titres de mi-parcours. Notre Grande Dame en fait partie. Ces écrivains-là ont une idée d'histoire, ils commencent à l'écrire et, à un certain moment du processus, ils doivent tout arrêter et trouver le titre du texte, parce que c'est seulement à partir de ce moment-là qu'ils saisissent enfin l'essence de leur histoire et peuvent la compléter.

Il y a des écrivains à titres finaux. L'histoire leur est inspirée par un truc ou un autre. Ils l'écrivent, la fignolent et, juste après avoir écrit la dernière phrase, le titre leur vient et ils en baptisent leur texte, mettant ainsi un point final à leur écriture.

Pis il y a moi.

Je suis l'écrivaine sans titre. Oh, je me donne toujours des titres de travail, bien sûr, ne serait-ce que pour classer mes fichiers. Et ce titre n'est pas définitif tant que le texte n'est pas imprimé. En fait, il arrive souvent que le titre change durant la direction littéraire. Et c'est souvent parce que celui que j'avais trouvé, que j'y aie réfléchi des heures ou moins d'une minute, était un peu nul. Avec les années, je me suis résignée : je suis affreusement mauvaise pour trouver des titres.

Pire, non seulement mes titres habituels ne volent pas haut, mais quand, d'aventure, j'ai l'idée d'un titre génial, je ne sais pas quoi faire avec. Je le note quelque part, d'un coup que... Mais souvent, même après des années, aucune idée d'histoire ne vient l'accompagner.

J'ai une théorie pour expliquer ça : l'erreur de livraison. Je crois que lorsqu'un bon titre me vient à l'esprit, c'est parce qu'une muse distraite, qui le destinait à Frédérick Durand, Yves Ménard ou Luc Dagenais, l'a déposé dans mes neurones par inadvertance.

Est-ce que je suis la seule à vivre ce genre "d'erreurs de livraison d'idées?"

Si non, si, mettons, vous recevez de temps en temps des idées d'histoires noires ou historiques avec lesquelles vous ne savez pas trop quoi faire, qu'est-ce vous diriez qu'on établisse un système d'échange? ;p

Bon, plus sérieusement, vous, votre relation avec les titres, elle ressemble à quoi?

jeudi 24 juillet 2014

Poêlée vide-frigo extra verdure

 Bon, je pensais pas avoir tellement de succès avec mes recettes (souvent, je les mets en ligne pour pouvoir les partager avec des amis qui les ont demandées ou alors pour pouvoir m'y référer si jamais je ne suis pas chez moi), mais vu l'intérêt manifesté pour mes boulettes d'hier, je récidive.

Voici donc ma recette "vide-frigo" préférée. Mon chum l'aime tellement qu'il arrive que je planifie des restes de pâtes et de viande exprès pour pouvoir la faire. On est pas dans la grande gastronomie, je vous préviens, juste dans le plat rapide et sain. Il est parfait pour passer des verdures un peu drabes ou au goût prononcé, comme les feuilles de betterave, de radis, de navet ou de carotte, les épinards, le chou kale, etc.

Poêlée vide-frigo extra verdure

Lanières de poulet (cuit ou cru) ou autre viande
Légumes (oignons, poivrons, brocolis, zucchinis, etc) coupés en lanières ou en bouchées
Verdures grossièrement coupées en lanières
Reste de riz ou de pâtes cuites
Sauce rosée ou aux tomates du commerce (avant, je préparais au micro-onde une enveloppe de sauce rosée Knorr, mais pour la version sans gluten j'utilise maintenant les sauces fraîches de marque Le Grand, qui sont aussi sans produit laitier)
Parmesan (pour garnir)

La méthode est simple : dans une poêle à peine huilée, faites d'abord sauter l'aliment qui demandera le plus de cuisson, soit la viande si elle n'est pas déjà cuite. Lorsqu'elle est presque à point, ajoutez les légumes, puis, lorsqu'ils ont presque atteint à leur tour le degré de cuisson qui vous plaît (personnellement je les aime encore très croquants), ajouter les verdures.

Surveillez bien la cuisson des verdures : vous voulez qu'elles se colorent et ramollissent (on dit "tombent" dans le jargon des cuisiniers), mais sans perdre tout tonus (et dans le cas du kale, s'il noircit il deviendra affreusement amer). Dès qu'elles ont atteint le degré de cuisson désiré (goûtez si vous êtes pas sûrs!), ajoutez les ingrédients qui ont seulement besoin d'être réchauffés, soit la sauce, les pâtes ou le riz et la viande si elle était déjà cuite.

Laissez mijoter les ingrédients dans la sauce pendant une minute ou deux, le temps que tout se réchauffe, puis servez en arrosant généreusement de parmesan.

La beauté de ce plat, c'est que vous pouvez y mettre autant ou aussi peu de légumes que vous le désirez, idem pour la viande et les féculents. Travaillez selon vos goûts et avec ce que vous avez sous la main quoi! ;)

Ah pis ça accompagne super bien un verre de Chianti! ;)

mercredi 23 juillet 2014

Boulettes de viande aux herbes et aux feuilles

Les semaines passent et j'apprends tranquillement à tirer profit de mes paniers de légumes bio. Mais j'ai beau prendre l'habitude de cuisiner les fines herbes fraîches et les diverses feuilles de légumes (ma découverte de cette semaine : les feuilles de betterave et de radis se mangent!), il me semble qu'à la fin de la semaine, il me reste toujours une grande quantité de verdure. Oui, je pourrais les transformer en pestos (même les feuilles moins aromatiques prendraient de la saveur au contact des fines herbes), mais comme je suis rationnée côtés pâtes, je risquerais d'avoir des provisions pour les trois prochaines années!

À la place, j'ai revisité ma recette de boulettes de viande pour y inclure un maximum d'herbes fraîches et de feuilles diverses. Ça donne des boulettes étrangement mouchetées de vert, mais juteuses et goûteuses à souhait (en plus d'être pleines de vitamines). C'est facile à faire, rapide à cuire, vous pouvez en préparer une grande quantité à l'avance, ça s'emporte bien dans un lunch, ça garnit admirablement bien un spaghetti ou un sous-marin, ça se mange même froid en pique-nique, ça se congèle pour plus tard... Bref, si je commence à vous tenter, suivez les instructions! ;)

Boulettes  de viande aux herbes et aux feuilles

2 œufs
2 livres de steak haché maigre
1 tasse de fines herbes fraîches (mon mélange préféré : persil, basilic, ciboulette)
1 tasse de verdure qui supporte la cuisson (ex : épinards, chou kale, feuilles de betterave, etc)
2 tranches de pain (si c'est du pain régulier, faites-le griller, le pain sans gluten s'utilise tel quel)
2 à 4 c. à soupe de lait

Dans un grand bol à mélanger, cassez et battez les œufs. Ajoutez le bœuf haché.

Dans un robot culinaire, réunissez les fines herbes, les verdures, le pain et pulsez jusqu'à ce que le tout ait une texture fine et homogène.

Verser ce mélange sur le bœuf haché. Arrosez avec le lait. Le lait devrait être absorbé par le pain et non pas couler au fond du bol.

Mélangez délicatement le tout jusqu'à ce que l'œuf, le pain et les herbes soient bien répartis dans la viande. Ne pressez pas trop la viande afin qu'elle ne perde pas son jus. Si le mélange vous semble sec, ajoutez quelques cuillérées à soupe de lait.

Formez des boulettes de la taille d'une balle de golf. Vous devriez obtenir 24 à 30 boulettes.
Disposez-les sur une plaque à biscuit recouverte de papier parchemin (ou, si vous en avez, sur une grille munie d'une lèchefrite qui recueillera le gras).

Faites cuire à 375 F pendant environ 30 minutes.

Retirez-les de la plaque pendant qu'elles sont encore chaudes afin d'éviter que le gras échappé durant la cuisson n'adhère aux boulettes.

Dégustez! :)

mardi 22 juillet 2014

Scène de bureau (39)

L'Employé a changé de job (et on le comprend). Maintenant, ce jeune informaticien travaille pour une plus petite compagnie. On l'a assigné à un projet très intéressant. En partenariat avec le Groupe, une filiale d'une Grosse compagnie internationale, il développe un logiciel pour la Grosse compagnie. Le Groupe s'occupe de la gestion des bases de données et lui-même code l'application qui va fouiller dedans.

Tout va bien au début, mais bientôt il découvre que le Groupe n'est pas très coopératif. Il change des standards sans l'aviser. Il fournit des données non testées ou incomplètes. Il prend des jours à répondre à ses demandes. Bref, c'est le bordel.

Et du côté de la Grosse compagnie, la désorganisation semble régner. Il n'y a pas une journée où l'Employé ne reçoit pas une demande qui devrait s'adresser au Groupe. Il soupçonne que le Groupe doit recevoir des demandes qui s'adressent à lui. Mais comme le Groupe ne collabore pas, ces courriels ne se rendent pas jusqu'à lui.

Un jour, en découvrant, avec écoeurement, que la Grosse compagnie vient de rejeter sa dernière version de l'application sous prétexte qu'elle ne rencontre pas les exigences spécifiées le mois précédent (exigences qu'il n'a jamais reçu), il apostrophe un de ses collègues.

Employé - Coudonc, c'est moi où la Grosse compagnie, elle est désorganisée au possible? Pis le Groupe, méchante gang de broche à foin!

Collègue - Oh, attend, t'as rien vu. Je vais t'envoyer un courriel.

L'Employé reçoit ledit courriel de son collègue et l'ouvre. Il contient un article de journal. Le gros titre est le suivant :

"La Grosse compagnie se poursuit elle-même".

Écarquillant les yeux, l'Employé lit le premier paragraphe.

"Insatisfaite des délais dans l'accomplissement d'un projet confié au Groupe et lui reprochant un manque d'organisation du travail flirtant avec le sabotage pur et simple, la Grosse compagnie a lancé une poursuite de plusieurs millions de dollars... avant de réaliser que le Groupe est l'une de ses propres filiales. La désorganisation reprochée ne semble donc pas limitée au Groupe..."

Employé (à son collègue) - Euh... c'est une blague?

Collègue - Non.

Employé - Ben là... je fais quoi moi?

Collègue - De ton mieux. Pis tu te stresses pas avec le reste. Les patrons sont au courant que c'est un projet tout croche, mais tant que la comptabilité de la Grosse compagnie va nous payer, ils sont pas prêts à jeter l'éponge.

Employé - Ah... ok je suppose.

Et l'Employé se remet au travail. Depuis ce temps-là, chaque fois qu'il a l'impression que son mandat tient d'une balade dans la maison qui rend fou, il relit l'article. Et ça le réconforte. Peut-être qu'un jour il parviendra à terminer le projet.

(Et oui, cette anecdote est véridique!)

lundi 21 juillet 2014

Cyrano - Enfin!

Vous vous en souvenez peut-être pas, mais l'année dernière, à pareille date, je m'enthousiasmais parce que le TNM avait mis Cyrano de Bergerac à l'affiche pour sa saison 2014.

J'avais aussitôt acheté des billets. Des maudits bons billets. Pas mal chers. Pour le vendredi soir 18 juillet 2014, soit le premier vendredi où la pièce serait à l'affiche. Une date pas trop loin de ma fête. Je voulais nous gâter mon chéri et moi. Depuis le temps qu'on aime Cyrano!

Sauf qu'en juillet 2013, les plans de bébé stagnaient depuis des années. Je ne pouvais pas me douter qu'un an plus tard, je serais en fin de grossesse. À 37 semaines et demi de grossesse précisément. 37 semaines... Comme dans "bébé est à terme et pourrait arriver n'importe quand, y compris pendant la scène du balcon"!

Qu'à cela ne tienne! Dès que je me suis rendue compte du problème potentiel, j'ai fait un pacte avec la puce. "À moins d'urgence médicale, ma chérie, tu restes dans mon bedon jusqu'au 19 juillet, ok? Après ça, c'est quand tu veux."

J'ai eu peur de ne pas arriver à contrôler mon diabète et que les médecins décident de provoquer l'accouchement d'avance. Ça ne s'est pas produit. J'ai eu peur que ma tension artérielle monte trop haut, dégénère en pré-éclampsie et force les médecins à provoquer l'accouchement d'avance. Là encore, je m'en suis sauvée.

Et la puce a respecté notre pacte.

Alors vendredi soir, mon chum, ma bedaine et moi, sommes allés au théâtre! :)

C'était fascinant de voir enfin cette pièce prendre vie grâce à des comédiens professionnels. Jusque là, j'en avais monté des extraits au cégep et j'avais écouté un nombre déraisonnable de fois l'adaptation cinématographique mettant Depardieu en vedette, mais cela n'avait pas la magie d'une vraie représentation théâtrale. La version du TNM valait l'année d'attente, le prix des billets... et l'inconfort des bancs du théâtre, vraiment pas conçus pour une bedaine de neuf mois de grossesse! :p

Habitués au ton très sombre de l'adaptation cinématographique, on a d'abord été un peu déstabilisés par l'allure très burlesque du premier acte, mais ensuite le jeu de tous les comédiens, tel que requis, a lentement glissé vers un registre plus retenu et émotif. Cyrano est, après tout, une histoire où l'on doit passer du rire aux larmes. Et les deux ont été au rendez-vous.

Par moment, on a senti un peu que la pièce n'en était qu'à sa troisième représentation, car la musique d'accompagnement couvrait parfois un peu le texte (sans importance pour nous : on le connaît par coeur, mais il faudrait penser à baisser le son), il y a eu quelques accrochages au niveau des gestes (les hommes devront notamment s'entraîner à rengainer leurs épées) et le texte n'était pas toujours parfaitement fluide dans la bouche de certains comédiens (pas évident de prononcer des alexandrins aussi ornés de manière à bien en faire ressortir le sens et l'émotion), mais il n'y avait rien là pour gâcher notre plaisir. Et même, je dirais que ces petites imperfections, qui nous rappellent qu'on est au théâtre et qu'on regarde des êtres de chair qui performent en direct, n'ont fait que souligner l'excellence des comédiens.

Impossible de ne pas admirer Patrice Robitaille en Cyrano, qui se donne à fond et termine la pièce à bout de souffle et de forces... soit en parfaite harmonie avec son personnage. Magalie Lépine-Blondeau est une excellente Roxane, qui sait nous faire croire à son désespoir lorsque sa façade de précieuse écervelée vole en éclat. François-Xavier Dufour, enfin, nous offre un Christian parfait (la scène sur le banc avec Roxane, où il ne sait comment lui parler, était tout simplement géniale!). Les autres comédiens font presque tous double ou triple emploi et s'en tirent à merveille, soutenus par des costumes flamboyants (hourra pour le budget costume du TNM) qui les aident à créer ces multiples identités (on se demande encore par contre pourquoi certains costumes et armes de l'acte 4 évoquaient autant l'esthétique de la Première Guerre).

Finalement, la mise en scène très physique et l'ingénieux dispositif scénique complètent l'expérience et font de cette version de Cyrano de Bergerac une pièce à voir.

Je dirais même à revoir, mais on va être réaliste : la puce risque de naître avant que je me trouve d'autres billets! ;)