mercredi 13 décembre 2017

Relations distantes

Quand je commente les textes de mes amis, de mes participants d'atelier ou des jeunes écrivains que je coach, il m'arrive souvent d'écrire des trucs comme :

Pas d'élision ici. "Je hoche" et non "J'hoche"... Une histoire de h aspiré ou pas, je te laisse vérifier.

ou

Ce verbe-là exige un complément. Parce qu'il est... transitif ou intransitif, cherche si tu veux.

Avec les ans, je constate que j'ai désormais une relation assez distante avec la grammaire et l'orthographe. Il fut une époque où je les fréquentais beaucoup, alors je les connais très bien. Je sais pas mal tout le temps quand quelque chose est mal écrit ou mal accordé. (Cela dit, personne n'est à l'abri d'une inattention!)

Demandez-moi pas c'est quoi la règle par contre! J'm'en souviens plus et j'ai rarement envie d'aller la chercher. J'suis écrivaine, pas réviseure! :p (Vous remarquerez toutefois que j'encourage les autres à se livrer aux fouilles appropriées. C'est de même que j'ai appris à ne plus faire de faute : quand j'en faisais, on me forçait à chercher pourquoi. À la longue, j'ai décidé que ce serait plus simple d'écrire correctement du premier coup! Hihihihihi!)

Et vous, comment vont vos relations avec la grammaire et l'orthographe? ;)

lundi 11 décembre 2017

Varier la syntaxe

Les répétitions de mots sont souvent la bête noire des écrivains. On veut être précis, mais répéter quatre fois "vaisseau spatial" ou "combat" en autant de phrases, ça fatigue un lecteur!

Ce phénomène est connu, alors la plupart des manuels d'écriture parlent de l'importance du vocabulaire et Antidote permet de traquer les répétitions de mots ou même d'obtenir des statistiques de leur utilisation. Alors les écrivains débutants passent souvent beaucoup de temps à polir leur vocabulaire (parfois en abusant d'ailleurs des synonymes approximatifs, parce que non, un pistolet pis un revolver, c'est pas la même chose, même s'il s'agit de deux armes à feu).

Cependant, il me semble que je n'ai pas entendu souvent parler de la syntaxe répétitive. Pourtant, ça énerve encore plus que le vocabulaire identique.

Qu'est-ce que je veux dire? Voici un exemple :

Sally se réveille en sursaut. Elle remarque la musique trop forte qui l'a tirée du sommeil. Elle enfile le peignoir qui traînait sur le sol à côté du lit. Elle se rend jusqu'à sa fenêtre et elle regarde dehors. Elle aperçoit la bande de voyous qui se sont installés sous sa fenêtre et qui fument un joint au son de la musique qui sort de leur vieille radio surdimensionnée. Elle se rappelle en avoir possédé une comme ça lorsqu'elle était petite et qu'elle vivait encore chez ses parents. Elle ne se laisse cependant pas attendrir par la nostalgie. Elle prend son téléphone et appelle la police. Elle veut dormir!

Est-ce que ça vous écorche les yeux? Oui? Sautez le paragraphe suivant. Non? Lisez le paragraphe ci-dessous :

Sally se réveille en sursaut, tirée du sommeil par une musique trop forte. Elle enfile le peignoir qui traînait sur le sol à côté du lit, se rend jusqu'à sa fenêtre et regarde dehors. Une bande de voyous s'est installée sous sa fenêtre pour fumer un joint au son de la musique sortant de leur vieille radio surdimensionnée. Elle en possédait une comme ça lorsqu'elle était petite et vivait encore chez ses parents. Cependant, la nostalgie ne suffit pas à l'attendrir : elle prend son téléphone et appelle la police. Elle veut dormir!

Voilà, vous comprenez ce que je veux dire, maintenant? Vous voyez la différence entre les deux textes? Y'a pas de quoi gagner un GG avec le second passage, mais déjà, en gardant les mêmes idées et presque le même vocabulaire, toutes les phrases ne se ressemblent pas. J'ai joué sur l'ordre des mots, la longueur, le rythme. Les phrases n'ont pas toutes le même nombre de propositions, certaines sont introduites par des passés simples, d'autres par des pronoms relatifs, d'autres par des conjonctions de coordination et j'ai même utilisé un deux points.

De mon point de vue, le deuxième texte me semble largement supérieur au premier. Tout simplement parce que la syntaxe ne se répète plus. (Je crois que ça fait partie d'un bon style d'écriture). Qu'est-ce que vous en pensez? Devrait-on conseiller davantage aux apprentis écrivains de varier leur syntaxe? (Honnêtement, je n'y avais jamais vraiment réfléchi auparavant, parce que je croyais que ça venait tout seul à tout le monde, mais les dernières années m'ont appris, durement, que ce n'est pas le cas!)

vendredi 8 décembre 2017

Me v'là au 21e siècle!

Coudonc, suffisait que j'en parle! lol!

Je sais pas si mon beau-papa a lu mon billet d'hier et décidé de me mettre au défi, mais voilà qu'il vient de m'aider à déverrouiller son vieil appareil mobile (lui, il a désormais un IPhone récent) pour que je puisse l'utiliser à la place de mon flip antédiluvien.

Donc...

Moi qui tiens mon nouveau téléphone intelligent à deux mains comme une mémère

Ben oui : j'suis désormais propriétaire d'un téléphone intelligent! Héhéhé! Attendez-vous à voir plus de photo sur le blogue en 2018! ;) (Et probablement mal cadrées et mal éclairées, avec des filtres bizarres, le temps que je pogne l'habitude...)

Cela dit, les tentations d'être branchée en permanence resteront minces, parce qu'il n'est pas question que je paie pour un forfait de données (ça fitte pas dans mon budget d'écrivaine). Les fonctions intelligentes seront donc limitées au wifi. (Mais ça me donnera quand même accès à Google Map pas mal facilement... Youhouhou! Je vais ptêt enfin arrêter de me perdre partout... Ben quoi, on peut rêver, non? ;)

mercredi 6 décembre 2017

Oser se débrancher

Je n'ai pas de téléphone intelligent.

Pourtant, entre ma télé (qui est branchée sur un ordinateur) et mon ordinateur portable, je suis "branchée" presque 16 heures par jour, Internet, Facebook et les courriels toujours accessibles en un clic.

Accessibles, mais pas envahissants, car j'ai depuis longtemps désactivé toutes les fenêtres d'alerte qui me dérangeaient dans ma concentration (et menaçaient de faire planter mes ordinateurs, qui ne sont jamais de la dernière jeunesse).

Et de temps en temps, au moins une fois par semaine, souvent plus, je me débranche. Que ce soit de manière forcée, parce que je pars pour un salon ou une journée d'animation scolaire (auquel cas, je traîne mon vieux cellulaire sans accès Internet, un livre et un carnet de notes) ou de manière volontaire, le temps d'un après-midi ou d'une soirée, pour aller courir, marcher, faire du yoga, manger avec un ami ou simplement pour lire un livre.

Pour moi, c'est tout naturel. Ces moments loin de l'hyperconnectivité, loin des réseaux sociaux virtuels, je sens qu'ils me permettent de me ressourcer, de me calmer. D'observer mon environnement au lieu de regarder un écran. De regarder les gens vivre et de les imaginer en personnage...

Récemment, je suis tombée sur un article qui incitait les gens à "oser se débrancher". Et ce ne sont pas les bienfaits (baisse du stress, allongement de la durée de la concentration) des déconnections qui m'ont frappée, mais plutôt le fait que, pour beaucoup de gens, ces moments "hors-ligne" n'existent plus depuis longtemps.

Ouf! Je suis soudain heureuse d'être trop pauvre pour me payer un téléphone dernier cri avec forfait de données...

D'ailleurs, cherchez moi pas aujourd'hui : je m'en vais dîner avec un ami, puis faire un peu d'observation de l'homo consumericus dans son habitat naturel (c'est-à-dire un centre d'achat en période des Fêtes! hihihihi!), le tout, loin d'Internet.

lundi 4 décembre 2017

Le 24 ou le 25?

Tsé, t'es en couple avec un homme depuis des années, tu le maries, tu lui fais un enfant, tu penses tout connaître de lui et, tout d'un coup, la surprise te tombe dessus...

Il est un adepte de la visite du Père Noël et du déballage de cadeaux le 24 décembre!!!

Sacrilège!

...

Bon, j'arrête de déconner! lol! Plus sérieusement, cette année, comme notre puce est embarquée à fond dans la magie de Noël, mon chum et moi nous sommes rendus compte qu'on a grandi avec des traditions des Fêtes diamétralement opposées.

Chez lui, quand il est était tout-petit, le Père Noël venait leur rendre visite le 24 au soir et il leur apportait leurs cadeaux.

Chez moi, le 24 au soir, on laissait du lait et des biscuits sous le sapin et on se réveillait le 25 pour découvrir les cadeaux laissés par le Père Noël. (Et la veille du Jour de l'An on allait chez ma grand-maman maternelle pour recevoir d'autres cadeaux, nos "étrennes", ouvertement offerts par les membres de notre famille, mais ça c'est une autre histoire.)

Mon chum n'a jamais laissé du lait et des biscuits au Père Noël. Pour ma part, je n'ai jamais vu mon père ou un de mes oncles se déguiser en Père Noël et tenter de nous faire croire qu'il était "le vrai".

Comme le souper du 24 décembre aura lieu dans notre maison cette année et que ma fille et mes neveux seront là, mon chéri et moi avons réfléchi... Allions-nous investir dans un costume de Père Noël et essayer de duper la vigilance des enfants pour leur remettre leurs cadeaux après le souper ou allions-nous plutôt instaurer avec notre puce le rituel du lait et des biscuits?

En faveur du Père Noël en chair et en os le 24 au soir, il y avait les arguments suivants :
- relation privilégiée avec le Père Noël et donc magie décuplée

Les arguments contre étaient plutôt d'ordre pratique :
- oblige les enfants à se coucher plus tard (ma puce tombe de sommeil vers 19h, alors qu'on n'a pas toujours terminé le souper!)
- ils ne peuvent pas jouer longtemps avec les jouets qu'ils viennent de déballer
- le risque qu'un enfant s'aperçoive de la supercherie est grand (surtout que ma fille est plutôt brillante et que ma maison n'est pas vraiment conçue pour qu'un adulte puisse sortir en douce et revenir costumé) et ça scrapperait assez vite la magie
- les plus jeunes ou les timides pourraient piquer une crise en voyant le barbu

D'un autre côté, la coutume des cadeaux arrivés par magie le 25 décembre au matin présentait bien des avantages (surtout pour les parents!) :
- incite les enfants excités à aller dormir de bonne heure le 24 (pour que le Père Noël puisse passer) et permet donc aux adultes de finir de manger en paix
- le petit rituel du lait et des biscuits est dépeint dans plusieurs livres et émissions de télévision, ce qui provoque beaucoup d'enthousiasme de la part des enfants
- la magie est pas mal impossible à scrapper (à moins que les parents oublient de mettre les cadeaux sous l'arbre en allant se coucher...)
- au matin, une fois les cadeaux déballés, on a tout notre temps pour en profiter

Pour toutes ces considérations, on a donc opté pour "ma" tradition de Noël pour cette année. Le 24, les enfants recevront les cadeaux offerts par les grands-parents (parce qu'on a déjà expliqué à ma puce que le Père Noël donne des cadeaux, mais les autres gens aussi). Toutefois, on ne ferme pas la porte à la possibilité que le Père Noël fasse une visite-surprise lors d'une année prochaine.

C'est comique, mais toute ces discussions autour de l'organisation du 24 et 25 décembre m'ont rappelé mes découragements quand j'ai commencé à étudier la mythologie et le folklore. Je cherchais toujours "la vraie version" et j'étais désorientée devant toutes les variantes qui existaient. Maintenant que je dois composer de première main avec la mythologie et le folklore entourant Noël, je comprends très bien comment toutes ces différences ont pu éclore et prospérer!

Et vous, comment ça se passe/ se passera/ se passait Noël chez vous? Et, surtout, les cadeaux, c'est le 24 ou le 25?

vendredi 1 décembre 2017

Bilan des projets et objectifs (3)

Donc, cette année, je voulais essayer de garder les yeux fixés sur mes objectifs établis en janvier... Comme il me reste un mois pour les compléter, voyons où est-ce que j'en suis... 

Cette année, mes objectifs sont : 

1 - Compléter l'écriture de mes deux romans en cours

Hum... Bon, les deux romans ont été complétés... Seulement, le premier se cherche toujours un éditeur (la prochaine fois que je parlerai de faire un truc réaliste, rappelez-moi donc que je suis une inconnue dans ce milieu-là et que je risque d'attendre longtemps les réponses, positives ou négatives!!!) et le deuxième a besoin de pas mal de retravail. Entre les commandes, les ateliers, les animations et les préparatifs des Fêtes, je vois pas comment je vais réussir à le terminer avant 2018. Enfin, au moins j'ai un premier jet et un plan assez clair des modifications à effectuer...

 2 - Passer plus de temps avec mon chum

Vive Netflix! lol! Mine de rien, suivre une série télé, ça nous donne une bonne excuse pour se coller une heure par soir. Et si, parfois, on pause l'épisode pour se mettre à jaser de tout et de rien, ben c'est pas grave! En plus, la puce s'est remise à s'endormir assez rapidement, alors ça fait plusieurs fois qu'on se fait des soupers tardifs en amoureux. A défaut de sortir (ce qui est toujours compliqué avec mon chum de toute manière), ça nous donne au moins quelques moments spéciaux en couple.

3- Me remettre régulièrement aux arts martiaux 

Ahahah! Entre les maux de dos de mon chum, ma grippe-extinction-de-voix et les inévitables imprévus de la vie (une réunion pour moi un soir, un 5 à 7 de travail pour mon chum), voilà un mois que j'ai pas fait d'arts martiaux! Une chance que je suis plus assidue au yoga et que c'est un pas pire entraînement!

4- Développer mes contacts pour les animations scolaires

J'ai fait plus d'animations scolaires que je l'aurais espéré cette année! (Tellement en fait que je commence à m'ennuyer de l'écriture!!!) Reste à voir si les contacts noués déboucheront sur des activités récurrentes.

5- Préparer du matériel pour donner davantage d'ateliers

J'ai maintenant deux animations bien structurées, avec support visuel (un détecteur de mensonge et une présentation de la civilisation japonaise féodale), du matériel pour donner des séries d'atelier à divers publics et des projets de création collective! Oh et j'ai écrit une nouvelle qui pourrait assez facilement devenir un conte. Bref, ça prend forme!

6- Assurer la promotion de mes trucs qui sortiront dans l'année

Si vous savez pas que "Écrire et publier au Québec" et "Horrificorama" sont sortis récemment, je crois que vous ne savez pas lire! Hihihihi! Heureusement, je vais pouvoir mettre un peu la pédale douce sur l'auto-promotion en janvier et février, car... ben j'ai pu rien de prévu! Comme je disais, j'ai presque rien écrit dans les derniers mois, trop prise par mes "activités connexes". 


Qu'à cela ne tienne, je vais essayer de commencer 2018 en lion côté rédaction! :)

Et vous, les objectifs annuels, ils sont en bonne voie d'être complétés ou pas?

mercredi 29 novembre 2017

Je préfère épicène à inclusif

On parle beaucoup d'écriture inclusive ces temps-ci et elle me pose un gros gros problème : les formes tronquées ou pointées (mes ami.e.s sont allé.e.s) et les néologismes à outrance (celleux, heureuxe et autres épouxe), ça agace et ça devient vite illisible.

(Je fais une exception pour le pronom "iel", néologisme nécessaire pour désigner un individu qui tient à ce qu'on ne le rattache pas à un genre.)

Je n'ai pas de problème avec l'accord à la majorité (deux cents femmes et un gars sont allées) ou à la proximité (Vincent et Geneviève sont remises de leurs blessures), même si je trouve que ce dernier peut introduire un peu de confusion (Xian et Geneviève sont remises... oups, Xian est-il un garçon ou une fille?), à laquelle nous ne sommes pas habitués en français. Dans les deux cas, je ne pense pas les utiliser, mais bon, si vous êtes plus confortables ainsi, pourquoi pas.

Par contre, je suis contre, mais alors là totalement contre, l'accord au choix (la robe et le pot sont bleus devenant aussi valables que la robe et le pot sont bleues). Un moment donné, pour lire et comprendre rapidement un texte, faut qu'on s'entende sur quelques règles de base.

Le pire, c'est que, tant qu'à moi, la réponse aux interrogations actuelles sur la langue, elle est connue depuis 30 ans : c'est la rédaction épicène. Qu'est-ce que ça veut dire? C'est un type de rédaction qui prend pour acquis, dès la conception du texte, que le lectorat en sera à la fois féminin et masculin, alors on mêle dans le texte les formes masculines et féminines, en les écrivant au long, sans surcharger le texte. (Bref, c'est le genre de texte où on écrit "ceux et celle", puis les "auteurs et auteures", puis "les individus" et on accorde la suite au masculin, puis "les personnes" et on accorde la suite au féminin, etc.)

L'Office québécois de la langue française préconise la rédaction épicène depuis 30 ans et elle est enseignée dans les écoles depuis... ben aussi longtemps que je suis allée à l'école! (Ce qui est, tant qu'à moi, la preuve que le débat actuel sur la féminisation est surtout un problème importé de France, où on n'a toujours pas découverte  les mots "présidente" et "mairesse", mais où on essaie très fort d'imposer "autrice" au reste de la francophonie...)

La rédaction épicène est, à mes yeux en tout cas, élégante, inclusive, et elle permet d'utiliser la grammaire actuelle au lieu d'essayer de la réformer "au goût du jour".

D'accord, ça ne règle pas le problème de la règle des accords où "le masculin l'emporte"... mais on aura beau s'insurger contre cette règle au nom du féminisme, reste qu'elle simplifie pas mal l'écriture. D'ailleurs, je vous gage qui si ça n'avait pas été le cas, ben ça n'aurait jamais pogné!

Qu'est-ce que vous en pensez?