jeudi 9 août 2012

La dystopie n'est pas une mode innocente

Récemment, un article dans La Presse a attiré mon attention. On y traitait du fait que les dystopies sont à la mode récemment, surtout en littérature jeunesse. Et une écrivaine américaine, qui a elle-même écrit une série dystopique, expliquait cette mode en disant que « c’est parce que nous vivons dans une époque remarquablement heureuse » et que « pour explorer le côté sombre du monde, on doit se trouver dans un endroit assez confortable ». Pour terminer, elle ajoutait que « les adolescents n’ont pas une vie parfaite, mais suffisamment stable pour s’aventurer à imaginer des sociétés qui tourneraient mal ».
Ce qui m’a étonnée dans cet article, c’est que les propos de cette écrivaine nous soient rapportés sans commentaire, sans remise en question. Or, pour dire de telles choses à propos des dystopies, il me semble qu’il faut méconnaître solidement l’histoire littéraire.

Prenons les dystopies les plus connues (toutes mentionnées dans l'article d'ailleurs). Brave New World/Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley a été écrit autour de 1931, par un homme qui avait vu la Première Guerre et qui, en tant que fils et frère de biologiste, constatait de première main le progrès déshumanisé de la science et les dangers de dérive des théories de supériorité raciale. Pas exactement une position confortable.

1984, a été écrit en 1948, au lendemain de la Deuxième Guerre par George Orwell, un soldat. Blessé à de multiples reprises lors de divers conflits. Et que décrit-il? Une société en guerre permanente. Hum...

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury est écrit et publié en 1953, en plein milieu de la chasse aux sorcières du maccarthysme, alors que la censure fait rage aux États-Unis. Et de quoi est-ce qu’on parle dans ce bouquin? De gens qui brûlent des livres. Et de la télévision qui abruti les gens.

Finalement, The Giver/Le Passeur de Lowry (autre dystopie mentionnée dans l’article) a été écrit et publié, en effet, durant une époque tranquille : 1993. Sauf que l’auteure est une femme née en 1937, qui a vu le monde changer lentement et qui s’inquiète pour l’avenir de ses petits-enfants. On repasse pour le confort heureux...

Selon moi, on se leurre complètement lorsqu’on parle de la mode des dystopies comme d’une mode issue d’un monde agréable et stable qui aime bien imaginer le pire. Je ne crois pas que les adolescents sont friands de dystopies parce qu’elles leur offrent le petit frisson d’inquiétude dont leur vraie vie est dépourvue. Si c'était ce qu'ils recherchaient, ce sont des romans d'horreur qui seraient au sommet des palmarès mondiaux, non?

Pour ma part, j'ai l'impression que les adolescents modernes sont nés au milieu de préoccupations écologiques et éthiques, de conflits multiculturels, d'inégalités sociales. Depuis leur plus jeune âge, ils entendent ces questions être sans cesse ressassées, sans que rien ne change. Alors ils se plongent dans des histoires de mondes où les problèmes n’ont jamais été réglés. En espérant peut-être, inconsciemment, que la réalité ne sera jamais aussi sombre que la fiction. Comme on espère, en lisant un roman policier bien sanglant, que le bon policier va triompher et que les tueurs psychopathe n'existent pas pour vrai.
D'après vous, je suis trop pessimiste ou alors j’ai raison de penser que certaines personnes font de l’aveuglement volontaire?

En passant, je me donne congé demain : y'aura pas de nouveau billet.

mercredi 8 août 2012

Supernatural Noir

Je sais pas pourquoi, mais, ces derniers temps, j'avais davantage envie de lire des nouvelles que des romans. Ça m'arrive de temps à autres. D'habitude, c'est parce que je commence à avoir le cerveau à plat. L'orgie d'histoires courtes, c'est souvent l'étape avant la chick lit des vacances! Hihihihi ;)

Enfin, bref, parce que j'avais une envie de nouvelles, je me suis plongée un recueil que j'avais reçu pour Noël (ouais, je sais, y'a eu un petit délai), Supernatural Noir édité par Ellen Datlow. Le titre dit tout : les histoires de ce recueil présentent un mélange de fantastique et de noir (mais très peu de parenté avec la série Supernatural, au cas où vous le demanderiez).

Les noms des auteurs ne me disaient rien, pour la plupart, mais je connais peu le fantastique américain dès qu'on s'éloigne des classiques, alors c'est normal. (Pour ceux qui seraient plus callés que moi en la matière, je vous les énumère : Gregory Frost, Paul G. Tremblay, Melanie Tem, Caitlin R. Kiernan, Biran Evenson, Lucius Shepard, Laird Barron, Nick Mamatas, Lee Thomas, Jeffrey Ford, Richard Bowes, Elizabeth Bear, Nate Southard, John Langan, Tom Piccirilli et Joe R. Lansdale).

J'espérait lire du fantastique vraiment sombre dans ce recueil. Malheureusement, la préface du bouquin a refroidi mes attentes. Le projet de l'éditrice avait été de demander à des auteurs de fantastique et de fantasy de proposer une nouvelle se rattachant au genre noir, dans son sens le plus classique, c'est-à-dire impliquant des détectives et des enquêtes (alors que dans son sens large, le noir décrit la misère morale et matérielle, la douleur, la déchéance, les bas-fonds de l'âme humaine et toutes ces choses réjouissantes...). Horreur! Le mélange de fantastique et de policier m'horripile complètement d'habitude. (Je trouve que ça a tendance à tout rendre trop facile!)

Parce que j'étais dans le bus et que je n'avais pas amené d'autres livres, j'ai quand même donné une chance à la première nouvelle du recueil. Peut-être que si c'était bien écrit...

Ce l'était. Le texte était de la plume de Gregory Frost. Une histoire de gangster. Avec un monstre. Très bien intégré le monstre, bien expliqué, avec juste ce qu'il fallait de tension dramatique. Suivait The Getaway de Paul G. Tremblay. Un autre petit bijou côté écriture et émotion. Une de ces nouvelles dont on ne connaîtra pas le fin mot, sans que ce soit frustrant.

Bref, après avoir surmonté mes appréhensions initiales, j'ai beaucoup aimé ma lecture! :) Par moment j'ai trouvé que certaines histoires se ressemblaient, mais c'est toujours le danger avec ce genre de recueil. Lorsque je le relirai, ce sera en alternance avec d'autres ouvrages au lieu de le dévorer d'une couverture à l'autre. Je retiens particulièrement le nom de Nate Southard. C'est le seul qui a vraiment su mêler l'ambiance angoissante du noir au sens large avec les diktats du noir classique. Va falloir que je jette un oeil au reste de sa production.

C'était un cadeau de Noël bien trouvé en tout cas! :)  ... même s'il a servi plutôt au Noël des campeurs! :p

mardi 7 août 2012

Lancement du Chasseur - 1er septembre

Le lancement du Chasseur est fixé!

Ce sera le samedi 1er septembre, à Longueuil, dans un vrai de vrai de gym de MMA, le complexe Orion, où s'entraîne notamment Patrick Côté (nom que j'ai mentionné à quelques reprises ici et là! ;) Les infos pour vous rendre sont ici.

Pour l'anecdote : ce gym est situé à deux pas de l'appartement où Vincent et moi avons habité pendant 7 ans, mais le complexe n'a ouvert ses portes qu'après que nous ayons déménagé. Ce gym n'a donc jamais été le mien... mais c'est exactement le genre d'endroit que j'aimerais trouver près de chez moi et c'est le type d'endroit que je décris dans Le Chasseur.

On va faire le lancement en formule 5 à 7 (donc de 17 à 19h), mais je serai au gym dès 14h pour essayer de vendre quelques bouquins et accueillir ceux d'entre-vous qui ne pourraient pas passer en soirée.

Après le lancement, on prévoit réserver une table dans une Cage aux sports non loin pour souper s'il y a des intéressés (c'est le moment de vous signaler).

Avec un peu de chance, le lancement sera un double événement : Hanaken II devrait être imprimé d'ici là, alors je devrais avoir des copies à vendre! :)

lundi 6 août 2012

Encore trois semaines

Encore trois semaines avant mes vacances.

À chaque année, quand je réserve mes semaines de vacances, je me dis : c'est super de les prendre tard, je vais profiter du beau temps avant même d'être en congé, j'évite les foules et puis je m'évite de jalouser les collègues qui partiraient après moi."

Ouais, bien sûr. Sauf qu'à partir de la mi-juilllet, je suis brûlée à force de remplacer les collègues en congé, alors je ne profite plus du beau temps (faut dire que les taons se liguent contre moi) et en plus je commence à planifier les salons du livre de l'automne, alors je sais que dès mon retour de vacances, je vais plonger dans un tourbillon complètement débile jusqu'en décembre.

Pfffff! C'est ben mal fait tout ça!

Pis là, en plus, je prépare mes vacances sur fond de campagne électorale. Et je ne peux pas me défaire de l'impression que, tandis que la maison brûle, on nous demande de voter au sujet de la couleur des rideaux...

vendredi 3 août 2012

Test politique

Je suis totalement contre l'idée de réserver le droit de vote aux gens éduqués. (Surtout que, selon mon expérience, y'a énormément de gens avec des diplômes qui ont pas plus de jugement que le premier décrocheur venu).
Par contre, je crois qu'on devrait faire passer un test simple aux électeurs. On pourrait leur poser la question suivante :

"Si le Premier ministre dit que le ciel est vert, de quelle couleur est le ciel d'après vous?"

Et tous ceux qui répondront "vert", on leur retire leur droit de vote. À vie!

On devrait aussi les empêcher de regarder des infos pubs ou, de façon générale, de gérer de l'argent...

jeudi 2 août 2012

Scène de bureau (5)

Moi - Est-ce qu'on a vraiment besoin d'imprimer ce tableau Excel? Parce qu'il est vraiment trop large. Même sur du 8½ par 14 en format paysage, ça donne ça.

Je donne les dites feuilles 8½ par 14 à l'avocat. Le tableau s'y étale, si petit que les chiffres sont illisibles.

L'avocat - Pourquoi est-ce que tu le mets pas sur du 11 par 17? Ça va être trois fois plus gros pis on va pouvoir le lire.

Mentalement, j'essaie de faire rentrer trois fois 8 dans 11. Puis trois fois 8 dans 17.

Moi - T'es allé en droit parce que tu coulais en maths, hein?

L'avocat (l'air sincèrement confus) - Je comprends pas.

J'pensais que c'était plus dur que ça le droit...

mercredi 1 août 2012

Décès d'un modèle

L'écrivaine qui m'a inspirée pour l'écriture de Hanaken est décédée.

En effet, Suzanne Martel, dont j'ai jadis lu et relu et rerelu la série de romans jeunesse historiques Jeanne, Fille du Roy (série que je mentionne d'ailleurs comme source d'inspiration dans mes demandes de bourse) vient de s'éteindre.

Je me demandais justement dernièrement où elle avait bien pu passer, après avoir publié de façon plutôt intensive à une certaine époque. J'étais étonnée de n'avoir jamais eu la chance de la croiser dans un salon du livre. J'espèrais que le jour viendrait où je pourrais la rencontrer, comme j'ai eu la chance de rencontrer Élisabeth Vonarburg, mon autre modèle littéraire.

La vie en a décidé autrement.

Resquiescat in pace.