vendredi 18 juin 2010

Mes problèmes face au défi 30-30

Au début juin, Mathieu Fortin a lancé le défi 30-30. L'idée? Écrire un résumé de roman fictif par jour pendant 30 jours.

Sur le coup, j'ai trouvé ça génial! :) Voilà qui allait me stimuler de force la fibre créatrice. Bon, le nombre de résumés à pondre m'a un peu fait peur, mais je me suis dit que je participerais au moins irrégulièrement...

Seulement, dès ma première tentative de rédaction d'un faux résumé, je me suis heurtée à plusieurs gros, gros problèmes :
1- Je ne pouvais pas résumer mes projets en cours, par peur de me faire piquer mes idées.
2- Je ne pouvais pas résumer mes idées de projets à venir, par peur de me faire piquer mes idées.
3- Je ne pouvais pas publier les résumés que je trouvais géniaux après les avoir écrits, parce qu'ils devenaient des projets futurs et que je ne voulais pas me faire piquer mes idées.
4- Je ne pouvais même pas publier des versions trafiquées de mes bonnes idées, parce qu'elles deviennent banales quand j'essaie de les maquiller...

Bref, jusqu'ici j'ai inventé 9 résumés. De ces 9 résumés, il y en a 5 que j'ai gardés pour moi, parce qu'ils deviendront peut-être, un jour, des romans ou des nouvelles. J'ai mis 4 résumés en ligne. Une farce et trois trucs pas très bons. Pas de quoi faire une belle publicité à ma plume ou à ma créativité. :(

J'suis peut-être parano de ne pas avoir voulu mettre mes bonnes idées en ligne. Sauf que... Sauf que tout circule tellement vite sur le net. Et j'ai tellement plus d'idées que je n'ai de temps pour les écrire. Ça me désolerait que quelqu'un les développe à ma place.

Qu'est-ce que vous en pensez? J'ai bien fait ou pas de garder mes meilleures idées pour moi? Est-ce que je devrais disséminer à tous vents mes rares traits de génie et offrir du contenu gratuit? Ou est-ce que vous comprenez mon désir (mercantile diront certains) de conserver un certain contrôle sur les fruits de mon imaginaire?

Enfin, dans tous les cas, ce défi aura fait naître 5 embryons d'histoire. On verra bien ce qu'elles donneront ;)

jeudi 17 juin 2010

La création et l'art, ce n'est qu'un loisir

Je lis rarement le Devoir, mais je suis tombée sur cet article hier.

Il concerne le dernier projet de loi visant à modifier la Loi sur le droit d'auteur. Un projet de loi (un autre) qui fait peur.

Premièrement, comme on le souligne dans l'article, c'est un projet de loi qui est fait pour et par l'industrie. On y prévoit beaucoup de mécanismes (notamment l'inviolabilité des verrous numériques) pour que les industries établies puissent dormir sur leur montagne de profits pendant encore un bout de temps.

Deuxièmement, c'est un projet à courte vue. Il concerne le modèle économique actuel, où chacun possède sa copie d'une oeuvre. Pas un modèle où on va écouter une chanson en ligne sur Youtube ou lire une nouvelle sur un blogue.

Troisièmement, c'est un projet qui se fout des créateurs. Dans un monde idéal, avec l'avènement du streaming et des lecteurs de ebook, les redevances comme celles versées sur les CD vierges auraient dû être étendues aux nouveaux supports (téléphones intelligents, lecteurs divers et même, pourquoi pas, carrément jusque sur les ordinateurs et les consoles de jeu). Sauf que ce n'est pas le cas. Pire, les protections déjà en place seront affaiblies (notamment dans le domaine de l'éducation où, si je comprends bien, on n'aura plus rien à payer lorsqu'on utilise des extaits d'une oeuvre).

Le message final est clair : pour le gouvernement en place, la création et l'art, ce n'est qu'un loisir, pas un travail sérieux. Vous ne devez pas vous attendre à en tirer un revenu. Vous pouvez vous amuser à créer, mais ce seront les fournisseurs d'accès Internet et les vendeurs de téléphones qui feront l'argent.

Désolant. Notre seul espoir semble être que ce foutu projet de loi ne soit pas adopté. :(

mercredi 16 juin 2010

Je devrais travailler dans un attrape-touriste

Imaginez la scène. Quatre touristes Américains (ou Français ou Japonais) gesticulent autour d'un plan, sur un coin de rue bondé du Vieux Montréal ou au pied des escaliers du métro. Une foule de gens les dépassent dans l'indifférence des deux parties. Mais, immanquablement, quand ces touristes déroutés par les pancartes en français finissent par apostropher quelqu'un pour avoir de l'aide, sur qui ça tombe?

Moi.

Bon, c'est peut-être juste parce que j'ai l'air naturellement serviable et gentille. Ou alors c'est parce qu'un sixième sens permet à ces pauvres âmes perdues de deviner que je comprends leur langue. Toujours est-il qu'en période d'affluence touristique, je remets quotidiennement deux à trois groupes de touristes sur la bonne voie.

Jusque là, ça pourrait sembler banal. Cependant, j'ajouterais que je me fais également régulièrement inviter à suivre lesdits touristes dans leurs périples. Les Américains surtout semblent particulièrement friands de ma binette et voudraient bien l'amener avec eux dans les bars, les restos... et même au Grand Prix.

À chaque fois que ça arrive, je me dis que je devrais m'ouvrir un musée attrape-touriste ou une boutique d'articles "I love Montreal". Je ferais fortune je pense. J'attire les touristes aussi sûrement qu'une tour croche ou un rocher troué!

Enfin, je suppose que je devrais pas me plaindre. J'ai eu une amie qui attirait les repris de justice...

Et vous, vous avez des atomes mystérieusement crochus envers des groupes de gens particuliers?

mardi 15 juin 2010

Que fait-on après l'école de magie?

Depuis la vague Harry Potter, on lit beaucoup d'histoires d'écoles de magie de toute sorte, où des jeunes apprennent à manier des pouvoirs tous plus extraordinaires et puissants les uns que les autres. Cependant, bien peu de ces romans s'attardent sur l'après "graduation". 

C'est là que réside une bonne part de l'originalité du livre que je viens de finir, The Magicians de Lev Grossman (qui n'est malheureusement pas encore traduit). Ce roman commence comme les autres classiques du genre : des jeunes sont invités à se joindre à une école de magie très secrète et on les suit alors qu'ils accomplissent leur scolarité et s'émerveillent de leurs nouveaux pouvoirs, s'amourachant au passage les uns des autres. Cependant, cette époque de scolarité n'occupe même pas le premier tiers du bouquin.

Et tant mieux, car c'est à la sortie de l'école que les choses deviennent vraiment intéressantes. En effet, le monde appartient à ces jeunes sorciers. Littéralement. Ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent. Rien n'est à leur épreuve ou hors de leur portée...

Rien, sauf, pour un petit groupe d'entre-eux, le bonheur. Dépourvus de raison de vivre, ces jeunes magiciens cherchent la réponse à leur mal être au fond de bouteilles, de seringues, de lits aux draps froissés... ou dans les livres de conte qui ont bercé leur enfance, livres où les jeunes gens venus de la Terre sont des rois... livres qui ne sont que l'expression d'une dimension parrallèle qui existe réellement, à quelques sortilèges de là... La tentation est grand d'aller se réfugier dans ce monde où tout est si simple...

Mais vous devinez sans doute que le remède du vague à l'âme ne sera pas si facile à trouver!

The Magicians constitue un excellent roman, peuplé de personnages vrais à défaut d'être toujours sympathiques. On réfléchit pas mal, tout en le lisant, à ce qui nous tire en avant et nous donne envie de vivre. Je suppose qu'on apprécie d'autant plus la lecture si on peut refermer le livre en se disant en souriant que, nous, nous saurions quoi faire de nos merveilleux pouvoirs une fois sortis de l'école de magie! ;)

lundi 14 juin 2010

Qui aura la peau de Panzer Bishop - Extrait

Le numéro 13 de Biscuit Chinois est enfin sorti! :) (Le lancement était vendredi soir en fait. Mais comme c'était loin de chez moi et que les détails me sont parvenus un peu à la dernière minute, j'ai dû passer mon tour. Ce n'est que partie remise).

Le thème du numéro est Hôtel/Motel.  C'était parfaitement approprié à ma nouvelle, où un jeu de pouvoir en coulisses d'une ligue de combats ultimes se passe justement dans une suite d'un hôtel luxueux. Voici un extrait du texte. Pour commander le numéro de la revue, c'est ici. Ne vous inquiétez pas : le site n'est pas à jour, mais on m'assure que si vous demandez le numéro 13, vous l'obtiendrez! :)

-------------------------

Qui aura la peau de Panzer Bishop?

Les projecteurs s’allument dans la cage. Au milieu des cris de la foule, l’annonceur présente les deux combattants. Dans le coin droit se tient Francis Labé, une sculpture vivante à la gloire de la puissance guerrière : six pieds et demi de force pure, deux cent cinquante livres de muscles nerveux, vingt-deux ans d’une vie consacrée au combat. Sa présence est si impressionnante que chacun de ses pas tranquilles semble ébranler l’arène surélevée. Dans la foule, des femmes se pâment pour lui en hurlant son nom, tandis que de jeunes hommes en costumes décontractés l’encouragent en brandissant les poings.

En face de lui, John « Panzer » Bishop fait triste figure. Le vétéran vient tout juste de souffler sa trentième bougie, mais il a l’air d’avoir quarante ans bien sonnés. Une bedaine de bière pend par-dessus la ceinture de son short. Ses bras ont la taille de troncs d’arbre, mais la consistance de jambonneaux. Alors que Labé attend le début du combat en se dégourdissant posément les jambes, Panzer fait les cent pas de son côté de la cage en marmonnant dans sa barbe avec un air d’enragé. Curieusement, malgré son aspect décati, il ne manque pas de spectateurs pour l’acclamer. Ce sont pour la plupart des brutes épaisses ou des motards vieillissants qui lui ressemblent beaucoup et que l’odeur du sang a attirés à ce gala de combats ultimes.

L’arbitre s’avance. Il regarde un instant les deux adversaires si dissemblables, l’air de se demander si on ne lui a pas joué une mauvaise farce, puis il donne le signal du départ.

[...]

Une demi-heure après l’appel de Coltane, les deux hommes sont toujours seuls dans la suite louée par Lenoir. Celui-ci ne fait même plus d’efforts pour cacher son impatience. L’argent gagné ces dernières années, depuis la mise sur pied la ligue, l’a habitué à plus d’empressement.

- Quand est-ce qu’elle se pointe, ta greluche ? explose finalement le président.

L’autre grimace.

- J’éviterais d’être impoli avec elle, met-il en garde. C’est une amie de la famille tu sais…

La précision refroidit brusquement Lenoir.

- Tu veux dire que ce sera ce genre de solution-là ? Je pensais que tu avais coupé les ponts ? On peut pas se permettre…

L’Italien gesticule brièvement de façon apaisante.

- Ne t’en fais pas. De toute façon, en cas de problème, c’est ma tête qui va rouler, si? fait observer Lucio en alourdissant volontairement son accent. C’est moi l’assistant louche. Toi, tu es le président blanc comme neige.

Lenoir sourit et s’apprête à répliquer lorsqu’un coup bref retentit contre porte de la suite.

- Pas trop tôt, marmonne le patron tandis que son assistant va ouvrir.

La femme qui pénètre dans la suite est d’une élégance si superbement distinguée que Lenoir ne peut pas s’empêcher de l’imaginer en escorte de haut vol. Sa beauté est d’une perfection glaciale, soulignée par de courts cheveux blonds et les fines rides de la quarantaine. Ses talons aiguilles ressemblent à des épées qui embrochent l’épaisse moquette à chaque pas. En lui tendant la main, elle adresse à Lenoir le sourire condescendant des femmes de pouvoir.

- Daniel, fait Coltane, laisse-moi te présenter madame Kathryn.

vendredi 11 juin 2010

Bibitte, mon meilleur achat

Quand j'ai acheté Bibitte (mon mini-portable) j'avais bien pris le temps de cerner mes besoins : légèreté, petitesse, grande autonomie, capacité de naviguer sur le web et de traiter du texte.

Au début, je pensais me servir de Bibitte un peu comme d'un carnet, c'est-à-dire pour les séances d'écriture rapide, et utiliser mon vieux portable ou un poste fixe pour les autres opérations. Mais finalement, après quelques jours d'acclimatation à la taille de l'écran et du clavier, je me retrouver à travailler sur Bibitte 95% du temps. Pourquoi? Hé bien tout simplement parce qu'elle correspond exactement à mes désirs.

Grâce à elle, je connais enfin les joies d'écrire avec un ordinateur sur les genoux sans prendre deux places de large sur le sofa, sans avoir les cuisses engourdies au bout d'une demi-heure et sans avoir peur que quelqu'un se prenne les pieds dans le fil. :) Je n'ai plus à vivre cloîtrée dans le bureau. C'est mon chum qui est content de m'avoir à côté de lui pendant la soirée! :) (surtout depuis qu'il a réalisé que ça signifie que je peux lui chercher des trucs sur les walktrought de ses jeux vidéo... hihihi)

Bon, je dois admettre que quand un certain directeur littéraire (suivez mon regard) m'envoie un texte bariolé aux couleurs de l'arc-en-ciel, j'apprécie avoir un peu plus de surface de travail, mais sinon je blogue, je lis les nouvelles, j'envoie mes courriels, je fais mes recherches et j'écris uniquement sur mon mini-portable.

Bref, Bibitte, c'est mon meilleur achat depuis fort longtemps!

En plus, je suis assez fière de moi, parce qu'on s'entend qu'on est dans une société qui nous encourage davantage à acheter la dernière bébelle plutôt qu'à choisir celle qu'il nous faut. Or, les produits sont en train de devenir à la fois très évolués et très spécialisés, alors il faut prendre le temps de savoir ce qu'on veut et pourquoi on le veut :)

Et vous, avez-vous fait des bons coups ou des mauvais coups côtés équipement technologique (ou autre) dans la dernière année?

Et Luc, comment va ta relation avec Mona? (c'est son Ipad)

jeudi 10 juin 2010

Noires nouvelles ou gare aux clowns

Je ne fais pas partie des gens qui trouvent les clowns sinistres ou inquiétants. Personnellement, je les trouve juste laids. Cependant, je suis consciente que cette peur des clowns existe. Je ne sais pas si Michel J. Lévesque l'a déjà ressentie, mais en tout cas il semble s'en être inspirée pour créer ses Odi-Menwatt, un ordre de clowns-assassins que l'on retrouve dans environs la moitié des récits de son recueil "Noires nouvelles". J'ai adoré ces Odi-Menwatt :  le nom sonne bien, le costume (un imperméable noir, un feutre à larges bords et une canne épée) est génial et la mission de redresseurs de torts permet des intrigues noires à souhait. Délicieux! :)

Les autres nouvelles du recueil mêlaient elles aussi avec justesse des éléments de SF, de fantastique et de noir, en une combinaison qui m'a énormément plu.

En fait, dans tout le recueil, seules deux choses m'ont agacée. Premièrement, je sais pas pourquoi, mais les personnages vivaient dans des logements dits "biotopes". J'ai trouvé que l'adjectif était lourd, un peu comme si l'auteur avait voulu nous rappeler un peu maladroitement qu'on lisait de la SF, ce qui ne me semblait pourtant pas nécessaire.

L'autre chose, ce fut la nouvelle "Une porte sur Methlande" où une femme doit sauver le royaume des rêves en préservant la vie de son imbécile de mari, car là-bas il est un prince bon et noble... J'ai détesté. Au milieu des autres récits, sombres et violents, elle m'a semblé d'une légèreté incongrue, peuplée de deus ex machina agaçants, en plus de sentir le relent de "Talisman" de Stephen King/Peter Straub (qui n'est déjà pas leur meilleur roman).

Cette nouvelle mise à part, le reste du recueil est du bonbon. J'espère que Lévesque écrira un jour un roman prenant les Odi-Menwatt et les Arcurides pour thème, parce qu'il me semble que son cycle de nouvelle a à peine effleuré la surface de l'univers qu'il a créé. En attendant qu'il se décide, le recueil est à lire! :)