vendredi 30 septembre 2011

Premier salon

Au moment où vous lisez ces lignes, je suis dans la voiture de Caroline Lacroix, en train de boire du café, de placoter et de tenter de l'aider à trouver le plus court chemin pour se rendre à Chicoutimi (ou, soyons réaliste, plus probablement de lui lire son Google Map).

Parce qu'en fin de semaine, c'est mon premier salon du livre! :)

Ok, ça y est, je commence à être normale : j'suis excitée sans bon sens! C'est mon tour d'être derrière une table de vente, avec mes piles de livres dessus!!! :)

Souhaitez-moi...

... euh... de pas être toute seule trop longtemps, pognée derrière ladite table avec personne à qui parler?

Pis de pas mourir d'ennui et de carence affective pendant ces trois jours sans mon chum? (rappel : j'suis dépendante, on est un couple ultra-fusionnel et on s'assume! ;)

jeudi 29 septembre 2011

Les finances expliquées par un avocat

Un avocat du bureau, nommons-le Me Chose, à qui je demandais s'il était disponible pour une réunion impromptue sur l'heure du lunch me répond : "Non, je dois passer à la banque pour obtenir une nouvelle carte de crédit".
Le gentil monsieur étant notoirement distrait (on a déjà dû envoyer un messager récupérer son portefeuille oublié dans un restaurant et on a arrêté depuis longtemps de le laisser manipuler des documents originaux), je m'informe, d'un ton compatissant : "Oh, vous l'avez perdue?"

Et lui de me répondre : "Non, non, mais l'autre est pleine."

Euh...

Sa Visa Platine spéciale "avocats" avec une limite permettant de payer une hypothèque est pleine!?! Et son réflexe, en voyant ça, est de se procurer une autre carte?!?

Avant de passer un commentaire moralisateur qui aurait sans doute été très mal reçu (Me Chose est lunatique, mais il a une très haute opinion de son intelligence), je suis retournée m'asseoir à mon poste (comme quoi je sais me la fermer de temps à autre, surtout quand mon salaire pourrait être en jeu). Et c'est alors que j'ai remarqué que la réunion de dernière minute à laquelle il ne pouvait pas assister portait sur le droit financier.

Tiens donc, j'ai clairement perçu le soulagement des avocats quand je leur ai annoncé que Me Chose ne pourrait pas se joindre à leur réunion! :p

mercredi 28 septembre 2011

Filles de lune d'Élisabeth Tremblay

J'avais dit à Élisabeth que je me mettrais à lire ses romans quand le cinquième serait sorti. Comme ça, si j'accrochais, je n'aurais pas à attendre. Bon, j'ai triché un peu, le cinquième n'est pas encore sur les rayons, mais j'étais rendue là dans ma pile de livre à lire, alors pendant mes vacances j'ai ouvert le premier Filles de lune : Naïla de Brume.

Comment j'ai trouvé ça? Parfaitement correct et honnête en fait de fantasy classique.

Vous avez tous les éléments obligés du genre : les personnages jeunes et impulsifs, le gars et la fille incapables de s'endurer (mais qui vont fort probablement finir ensemble), la prophétie, les pouvoirs magiques qui varient selon les sexes et qui forcent les interrelations, la surabondance de magie (dont les règles sont si complexes qu'elles sentent parfois l'accommodement à l'intrigue), des relations familiales ultra-tordues (au bout de 400 pages, j'suis pas sûre qui est la mère de qui), des méchants qui sont majoritairement laids et puants, des gentils qui sont beaux. Le tout, enrubanné dans suffisamment de couches de mystère et d'étrangeté pour qu'on se demande si l'auteure arrivera vraiment à tout dénouer en seulement quatre autres tomes (surtout que l'action est plutôt lente dans celui-ci).

Bref, je comprends tout à fait le succès que connaît la série. Si vous ne lisez pas de la fantasy depuis le berceau, vous ne trouverez rien à redire aux schémas narratifs. Et si vous êtes romantiques, vous aimerez l'amourette compliquée qui se dessine. Pis si vous êtes une fille ordinaire, ben vous vous reconnaîtrez dans l'héroïne.

Par contre, si vous recherchez le renouvellement en fantasy parce que vous avez lu vingt fois Tolkien, Jordan, Zimmer Bradley, R.R. Martin, Le Guin, Lackey et compagnie, si vous êtes plus killer que fleur bleue ou si vous êtes incapable de tolérer un dialogue manquant le moindrement de naturel, cette série n'est pas pour vous. Point. Passez votre chemin, vous êtes pas le public cible. Ça sert à rien de chialer. C'est pas Filles de lune le problème.

Maintenant, la question qui tue : est-ce que je vais lire la suite? Oui, probablement, et ce même si je suis loooooooin d'être le public cible. Parce que je suis intriguée. De un, je veux cerner ce qui rend ces romans aussi populaires (j'ai lu Twilight pour la même raison). De deux, je l'ai dit, le nombre d'intrigues qui ont été présentées m'ont laissée perplexe. L'action va devoir s'accélérer sur un temps rare dans les prochains tomes si Élisabeth veut tout régler (ou alors les livres vont quadrupler de volume). Cela sous-entend probablement une évolution du style de l'auteur et j'ai hâte de l'étudier. Je me demande à quel point l'écriture peut changer en cours de série sans que les lecteurs en soient dérangés. De trois, on connaît peu les personnages après ce premier tome, mais on arrive quand même à les trouver sympathiques (ou à avoir envie de les étrangler, ce qui sous-entend quand même que ce ne sont pas juste des silhouettes en carton). Je veux décortiquer le pourquoi du comment de ce petit tour de force.

À suivre, donc. En fait d'objet d'étude, j'ai lu bien pire! (y'a eu le quatrième Twilight...)

(Lecture 2011 #41)

mardi 27 septembre 2011

Le pain ne lève pas tout le temps

Je lisais l'autre jour le texte d'un ami. D'un ami assez proche pour que je puisse lui dire la vérité. Mon verdict a fini par tomber : j'accrochais pas du tout à l'histoire.

"Pourtant, me répond-t-il, ma première phrase est accrocheuse".

Je devais en convenir.

"Je présente mon personnage par son nom dès les premières phrases".

Encore vrai.

"L'élément déclencheur survient dans le premier 10% du texte. J'ai doté mon personnage d'un passé et d'aspirations futures. Mon intrigue se tient. J'ai écrit au présent, parce que ça fait moderne et que sa plonge le lecteur dans l'action. Mon narrateur en "je" est justifiable pour bien faire sentir la paranoïa du personnage."

Vrai, vrai et toujours vrai.

"Alors, c'est quoi le problème? L'histoire est convenue? Le style d'écriture est banal? Le personnage est en carton parce que son histoire colle tellement trop aux événements qu'on voit qu'il a été pensé sur mesure? Les descriptions sont trop chargées? On voit venir à l'avance les supposés retournements?"

La réponse, c'est qu'il y avait un peu de tout ça. Que le pain n'avait pas levé, malgré son attention à suivre minutieusement toutes les recettes...

Ou, plus probablement, à cause de cette attention. Mais ça c'est mon interprétation... Vous pensez quoi des "recettes" vous?

lundi 26 septembre 2011

Voir vieillir ses idoles

C'était le UFC 135 en fin de semaine.

Le combat principal mettait en jeu la ceinture des lourds-légers, détenue par Jon "Bones" Jones, le plus jeune champion de l'histoire de la UFC. Un phénomène que ce Jones. Aussi agile et versatile qu'Anderson Silva (le prodige qui détient la ceinture des poids moyens) en stand up, mais avec un niveau de lutte impressionnant et un jiu-jitsu très solide. On se doutait qu'il ne ferait qu'une seule bouchée de son adversaire, Quinton "Rampage" Jackson. Et c'est ce qui est arrivé. Y'a pas grand chose de plus à en dire...

Par contre, sur la même carte, il y avait un duel entre Matt Hugues et Josh Koscheck. Koscheck, c'est le gars qui s'est fait redessiner les arcades sourcillières par Georges St-Pierre il y a huit mois. Un combattant très connu pour sa lutte et sa boxe, mais qui va surtout rester dans les mémoires comme le gars qui fait souvent semblant d'avoir été frapper avec des coups illégaux alors que les reprises vidéos montrent que c'est pas vrai. Matt Hugues, c'est, à 37 ans, une légende vivante. Si le MMA est rendu aussi populaire aujourd'hui, c'est que, pendant des années, Hugues attirait les foules. Il a été le champion des mi-moyens avant que St-Pierre ne le détrône. Il a contribué à établir un certain standard de respect de ses adversaires. Sa lutte est supérieure à celle de Koscheck et sa boxe également. Ça s'annonçait comme un bon match pour Hugues, où il avait l'espoir de remporter une belle victoire.

Et durant les trois premières minutes du premier round, Hugues a effectivement dominé le stand up, martelant Koscheck de jab et plaçant un magnifique uppercut. Sa technique supérieure était évidente et puis...

Puis Koscheck a placé un bon coup à la mâchoire de Hugues. Et l'âge de Hugues a fait le reste. L'âge et les coups reçus au cours des ans. Il n'a pas réussi à récupérer ses facultés assez rapidement. Koscheck l'a talonné et l'a mis KO.

C'est dur de voir tomber ainsi une idole, détruite non pas par ses propres erreurs, mais par l'usure du temps. Dur de constater qu'un homme dont j'ai suivi la carrière avec enthousiasme est déjà rendu à l'heure de sa retraite.

Mais en même temps, c'est un rappel précieux : le temps file et ne revient pas. Alors... à nos claviers!

vendredi 23 septembre 2011

Un symbole

Je crois qu'on se crée tous certains symboles, qui varient selon nos objectifs, notre bagage de vie.

Le permis de conduire deviendra pour certains le symbole de l'indépendance. Les "pappermanes" le signe de la vieillesse kitsch. Les nains de jardin seront un idéal à atteindre ou à fuir...

Moi, pendant des années, j'ai cru qu'un vrai écrivain, c'était un membre de l'UNEQ. Que si un jour j'obtenais ma carte de membre, ça voudrait dire que j'avais réalisé mon rêve de petite fille.

Asteure que je viens de recevoir ladite carte par la poste, je sais que ça veut surtout dire que j'ai payé ma cotisation. Tenir mon roman dans mes mains, c'était pas mal plus fort comme sensation d'accomplissement.

Mais bon, ça reste un symbole. Là j'essaie de me trouver une excuse pour présenter ladite carte quelque part! :p

jeudi 22 septembre 2011

Les mouffettes de François Bélise

Le prix de l'Ermite m'ayant permis de compléter ma trilogie des Moufettes de Dorbourg de François Bélisle(dont j'avais commenté le premier tome ici), je vais vous faire un compte-rendu rapide de ma lecture! :)

Les Moufettes livrent de la pizza met en scène les cinq jeunes amis, les fameuses Moufettes, alors qu'ils doivent se livrer à des travaux communautaires pour faire pardonner leur attentat à l'eau de javel. Au cours de ces travaux, ils feront une macabre découverte qui les amènera à livrer une pizza à la mauvaise adresse...

Dans la suite, Les Moufettes tirent la langue au chat, les amis, qui jouissent d'un don hors du commun pour se mettre le nez au mauvais endroit au mauvais moment, découvriront un cadavre! Comprenant que cette fois la situation est sérieuse et qu'ils doivent absolument rester à l'écart du travail des policiers, les Moufettes feront de leur mieux pour s'en tenir à ces beaux principes...

Les deux romans se lisent très vite, l'action de l'un se bâtissant sur le précédant. En fait, je suggérerais autant que possible de lire les trois bouquins les uns à la suite des autres, avec le moins d'interruption possible. De cette façon, ça permet de ne pas trop s'embrouiller entre les personnages et de se souvenir que l'un a les cheveux verts, que l'autre bégaie et que y'en a qui sortent ensemble, que l'usine principale de la ville va fermer...

Parce que, décidément, la narration au "je" qui alterne à chaque volume entre une demi-douzaine de personnages nous fait perdre beaucoup de détails "extérieurs" qui pourraient nous aider à mieux caractériser les jeunes personnages et leur entourage.

L'avantage de la méthode, c'est que le groupe d'amis, les fameuses Moufettes, prend vraiment une identité de groupe : on a l'impression de les entendre raconter leur histoire en un espèce de chant choral. Chant auquel se mêle, en arrière-plan dirait-on, la ville de Dorbourg elle-même.

Le désavantage, c'est que des fois on est plus trop sûrs de qui est qui et qu'il faut retourner voir le titre du chapitre pour identifier le narrateur, ce qui dérange le rythme de lecture.

Cet inconvénient mis à part, les volets deux et trois des aventures des Moufettes sont définitivement plus achevés que le premier. Le point de vue s'est resserré autour des cinq jeunes et les liens entre eux sont plus affirmés. L'utilisation d'extraits de journaux ou d'émissions de radio pour remettre les événements en perspective rappelle délicieusement la manière de Jean-Jacques Pelletier dans les Gestionnaires de l'apocalypse, en plus d'être un clin d'oeil de l'auteur à son ancien métier.

Les livres sont publiés chez Z'Ailées, dans la collection Z'Ados, donc pour les 10 ans et plus.

(Lecture 2011 #39-40)