mardi 31 mai 2011

Grand public ou pas

Je sais pas si je suis dans le champ et/ou si je vais me faire lancer des roches, mais faut que j'en parle...

Je lis de tout. Du fantastique, du général, de l'historique, de l'horreur, du policier, en français, en anglais... Tout m'intéresse. Par contre, il y a une chose qui me laisse perplexe : malgré ma boulimie littéraire, l'opposition entre ce qui est supposé être "grand public" et ce qui est supposé être "artistique", je dois dire que je ne la vois pas toujours.

Oui, bien sûr, il y a des fois où c'est évident : impossible de mettre "Ange" d'Anne Robillard et "Une fêlure au flanc du monde" d'Éric Gauthier dans le même panier.

Par contre, il y a d'autres fois où c'est moins clair. Où on tombe sur des romans grands publics très bien écrits, avec une bonne histoire et tout. Romans qui se vendent bien et qui sont pourtant snobés par le milieu littéraire plus artistique.

Coudonc, où est la frontière? Si ça se vend, c'est grand public et si l'auteur crève de faim, il est un artiste? Plutôt réducteur...

J'en étais à me dire que je devais être imperméable au style lorsque j'ai eu une illumination. J'ai repensé aux romans que j'ai lus et à leurs personnages principaux et j'en suis venue à une constatation :

Dans le roman grand public, on vous présente des personnages sympathiques et simples, avec des défauts communs, dont n'importe quel  lecteur peut facilement "enfiler les souliers". Dans le roman "artistique", on vous met en scène des personnages qui ont des travers, des frustrations, des façons particulières de voir le monde et embarquer dans leurs souliers pour les suivre dans leurs aventures, ce n'est pas nécessairement une expérience agréable.

Alors, d'après vous, est-ce que la nature plus ou moins commune des personnages principaux, ça pourrait être l'un de ces éléments qui forment la frontière des deux mondes littéraires?

lundi 30 mai 2011

Vendez-moi votre série préférée

Bon, ça y est, ce qui devait arriver arriva : on est en panne sèche télévisuelle!

Je m'explique : comme nous n'avons pas la télé (enfin, si, mais sans antenne ou câble pour la relier au monde extérieur), Vincent et moi achetons, louons ou empruntons des séries télé dont nous écoutons en moyenne un épisode par jour. À ce rythme-là, les séries se consomment vite mettons.

Et là, on a fait le tour de celles qu'on avait et on se retrouve dans une drôle de situation : on aimerait bien s'en trouver d'autres, mais on sait ben pas lesquelles. Parce que le désavantage de consommer seulement des séries une fois en coffret DVD, c'est qu'on est un peu (beaucoup) déconnectés de la production.

Heureusement, vous êtes là!

Aujourd'hui, on va faire différent : au lieu que ce soit moi qui vous parle de quelque chose, j'aimerais ça si y'en avait parmi vous qui décidaient de nous "vendre" leur série télé préférée. En sachant que vous vous adressez à des fans de The Wire, Dexter et Supernatural (Vincent spécifie ici que ça c'est surtout moi qui a aimé).

Les commentaires interminables et les liens vers des critiques ou d'anciens billets de blogue sont les bienvenus!

vendredi 27 mai 2011

Le dit du Musè (4)

Alors qu'on est écrasés sur le divan, mon chéri me lance :

- Si tu devais amener une seule chose avec toi au Paradis, qu'est-ce que ce serait?

Parce que je suis une femme honnête (et que je suis habituée à ce genre de question de la part de mon chéri), je réponds :

- J'hésiterais entre toi et Bibitte.

(Bibitte étant, je le rappelle, mon miniportable). Mon chum rit.

- Tu vois, au début, quand j'ai pensé à ça, j'hésitais entre toi et un jeu vidéo.

(Avouez qu'on fait tout un couple!)

- Mais après ça, continue-t-il, j'ai réalisé que le mieux, ce serait d'amener un plancher!

Je visualise le Paradis tel qu'habituellement représenté, avec les défunts qui flottent et volettent entre les nuages. Pas une seule surface solide à perte de vue.

- Tout le monde serait prêt à me donner n'importe quoi pour pouvoir l'utiliser.

- Maudite bonne idée, chéri!

On est pragmatiques ou on l'est pas! ;)

jeudi 26 mai 2011

Le livre des choses perdues de John Connolly

Je m'étais juré que je ne relirais plus de John Connolly, après avoir été profondément déçue par le dernier roman policier que j'avais lu de lui et où, après un début bien noir et bien réaliste, le surnaturel se présentait sans avoir été invité dans le dernier quart du récit!

Cependant, lorsqu'on m'a prêté Le livre des choses perdues, on a pris la peine de me spécifier : cette fois-ci, Connolly ne mélangeait pas les genres, il avait ouvertement décidé d'écrire un livre de fantastique noir. J'ai donc accepté de lui donner une chance.

La Seconde Guerre mondiale gronde. Oppressé par l'atmosphère familiale, le jeune David se réfugie dans les livres. Une nuit, il pénètre dans un univers parrallèle peuplé de créatures inquiétantes, hybrides de ses lectures et de ses terreurs. Égoïstes, violentes, elles s'entredéchirent pour la mainmise du royaume. Poursuivi par un mystérieux être malfaisant, David se trouve plongé au coeur d'une terrible lutte de pouvoir. 

Si le résumé vous évoque un hybride entre Narnia et un roman d'horreur, vous n'êtes pas tombés loin. Le récit s'inspire ouvertement des versions non censurées des contes traditionnels (où Cendrillon condamne ses demi-soeurs à danser pieds nus sur du verre cassé brûlant), ainsi que des sous-textes des mêmes contes (où le grand méchant loup était pas un loup). En fait, si vous avez aimé l'ambiance du film "Pan's Labyrinth/ Le labyrinthe de Pan", on loge à la même enseigne ici. Mais avec un meilleur scénario, oserais-je ajouter.

Récit de dilemnes moraux, histoire d'un adolescent qui devient adulte, ce roman, définitivement destiné aux adultes malgré son protagoniste adolescent, est fort intéressant et dans l'ensemble très bien réussi.

Sauf pour un chapitre. Je ne sais pas comment l'éditeur a pu accepter de laisser le chapitre avec les nains, mais je m'étonne que Terry Pratchett n'ait pas hurlé au plagiat!!! Cette trentaine de pages en début de roman introduit une touche humoristique facile et tout à fait malvenue. Heureusement, on ne la retrouve plus ensuite.

À lire si vous êtes nostalgiques de Narnia, d'Alice au Pays des Merveilles et de l'Histoire sans fin, mais que vous avez depuis appris, et accepté, que les histoires pour enfant cachent parfois de fort cruelles réalités!

(Lecture 2011 #24)

mercredi 25 mai 2011

Flyona de Caroline Lacroix

Est-ce que ce Nova-ci était plus court que l'Aquilon?

En tout cas, il m'a paru très très court!

Publié dans la collection Nova des Six Brumes, Flyona est une jolie histoire évoquant les relations de l'homme avec la Nature, située sur une planète où la végétation se regénère à haute vitesse. Flyona est également le nom du mystérieux personnage féminin avec lequel Niklas, enfant des stations spatiales et des univers contrôlés, tombe en amour.

La plume de Caroline, remarquablement fluide, nous raconte d'une façon toute personnelle un récit à la thématique souvent explorée, mais pas encore épuisée. Sa brièveté laisse cependant une impression d'inachèvement.

Et là je commence à me demander... Une histoire de 10 000 mots peut-elle être satisfaisante en soi? Ou laisse-t-elle toujours au lecteur l'impression, caractéristique des nouvelles, qu'on ne lui a pas livré tout le récit?

(Lecture 2011 #23)

mardi 24 mai 2011

Quand les projets font des petits

J'hésitais dernièrement entre travailler sur un roman de chick lit (oui, oui, pour vrai) et sur un roman policier.

Bon, le roman policier a gagné. Son concept est plus fort et, surtout, je vais finir par croire un ami qui me répète depuis un bout de temps que je suis une plume noire "naturelle". Moi, vous raconter la vérité toute nette et toute crue, ça me dérange pas du tout. Par contre, être drôle pendant 75 000 mots et plus, j'suis pas sûre que je peux y arriver! (Je rigole souvent en écrivant mes billets de blogue, mais une fois sur deux mon chum ne les trouve pas drôles, donc...)

Bref, j'ai commencé à écrire le roman policier. Et j'ai réalisé que je ne voulais pas que mes inspecteurs commencent avec l'enquête principale du récit. J'avais envie de les introduire tranquillement, de vous montrer leur vie quotidienne avant qu'elle ne soit boulversée...

J'ai alors jeté sur papier les grandes lignes d'une autre enquête...

Et j'me suis rendue compte que ça ferait une maudite bonne nouvelle de policier!

Alors j'ai bossé dessus toute la fin de semaine et je vais désespérément tenter d'en terminer un premier jet potable avant le 1er juin.

Pourquoi le 1er juin? Parce que c'est mon dead line : après cette date, je dois me retéléporter au Japon de l'ère Sengoku. Yukié et Satô n'ont pas vécu tout ce qu'ils avaient à vivre semble-t-il. Ils ont choisi le genre d'individus qu'ils désirent être, mais à présent ils vont devoir combattre pour quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes...

Donc, restez de l'autre côté des rubans jaunes s'il-vous-plaît. Il y a une opération policière en cours par ici...

lundi 23 mai 2011

Solaris #178

Sous une couverture qui rappelle agréablement les images des vieux livres de jeux de rôle, ce numéro de Solaris présente une sélection de nouvelles éclectiques où chacun pourra trouver son bonheur.

Le numéro s'ouvre avec Ce qui reste de l'ange de Geneviève Blouin. Ah tiens, je la connais, elle... ;) Dans ce texte (inspiré de la côte que l'auteure monte tous les matins en direction d'une église, le soleil dans les yeux, pour se rendre au boulot) on règle quelques comptes avec la religion et la linéarité du temps.

Le Chasseur et la proie de Adriana Lorusso nous présente ensuite un personnage hautement antipathique dans un univers de SF assez convenu. C'est une nouvelle à chute et on la devine assez facilement, mais avec un plaisir pervers qui démontre le talent de l'auteure à nous faire haïr son personnage. Bien joué!

Un ange noir d'Yves Ménard (tiens, c'était le numéro des anges) est un peu à l'opposé de la nouvelle précédente : l'univers est original et fascinant, les personnages sont sympatiques et on comprend pas la fin! Hihihihi! Ou plutôt on la comprend, mais on est pas sûrs, mais heureusement on a pu lui demander confirmation au Boréal! ;) De toute façon, peu importe : le chemin pour se rendre à la finale a été fort agréable!

Dernières paroles à la Havane de Grégoire Mallard. Un bon concept (un univers où on doit payer pour les mots qu'on utilise et plus ils sont spécialisés, plus ils sont chers), bien écrit, mais qui ne semble mener nulle part. Un peu décevant, mais là encore la lecture n'était pas dépourvue d'intérêt.

Un pied devant l'autre de Vincent Aubry. Ne pas confondre cet Aubry avec l'autre (Sébastien de son prénom) qui sévit dans Alibis. Les deux ont la tête rasée, les deux écrivent bien, mais Sébastien y'a un punch à ses histoires! Cette nouvelle fut ma déception du numéro.

Le Docteur Épouvante entre le Marteau et l'Enclume de Mario Tessier. Les confidences d'un super-vilain retraité à un jeune admirateur autour d'une bière. Très divertissant pour les amateurs de comics, comme une bonne conversation autour d'une bière!

Après les fictions, nous avons le droit au cortège habituel des articles. Je note que Jean-Pierre April semble être revenu à la mode et je retiens le concept de la "vallée de l'étrangeté", qui dit qu'en gros l'humain aime qu'un robot soit très différent de lui ou pareil à lui, mais qu'il réagit agressivement ou avec répulsion devant les mauvaises imitations. Asimov l'avait prédit! ;)

En somme, un bon numéro de Solaris, désormais plus ancienne revue francophone des genres de l'imaginaire! (si j'ai bien noté ce que Joël a dit au Boréal...)

(Lecture 2011 #22)