En tant que secrétaire, il m'arrive souvent de devoir organiser des réunions. La routine, partout où j'ai travaillé, est toujours la même : réserver une salle, préparer les documents, m'assurer qu'il y aura de l'eau et du café, commander un lunch auprès d'un traiteur si on insiste pour que la réunion chevauche l'heure du midi. Mais seulement si on insiste : ça revient cher vite la bouffe de traiteur et les budgets sont toujours serrés.
Et puis, un jour, alors que je procède selon ma routine, mon patron se met à faire des caprices. Ah non, pas cette salle-ci, elle a pas de fenêtre. Le café, est-ce que ce serait possible d'en avoir du meilleur que l'acide qu'on boit à l'année longue? Oh et la réunion est le matin, alors un plateau de viennoiseries, ce serait bien...
Je ne comprends plus rien. Depuis quand le café du bureau n'est pas suffisant pour une réunion? Pourquoi dépenser pour des viennoiseries? Les invités sont pauvres et n'auront pas déjeuner?
Réponse du patron : on reçoit un ministre.
Ah... Alors, que je lui demande, est-ce que tu veux que je dise à la femme de ménage de mettre du papier de toilette parfumé triple épaisseur dans les salles de bain?
Le patron me regarde avec l'air complète perdu.
Tsé, t'as beau le traiter comme la huitième merveille du monde, il va aller pisser comme tout le monde ton ministre. Alors tant qu'à y être...
J'ai pas gardé cette job-là longtemps. Mais elle m'a appris bien des choses au sujet de la gestion de nos fonds publics!
Addendum
Découverte matinale. Wow, la récidive s'en vient! ;)
mercredi 20 juin 2012
mardi 19 juin 2012
Couverture du Chasseur
Au cas où vous l'auriez manquée, voici la couverture officielle du Chasseur :
Ah, que de travail ce fut pour en arriver là! lol!
Pour ma part, je tenais à ce que la couverture montre le grillage qui compose les côtés de la cage dans laquelle se déroulent les combats de MMA, grillage qui est aussi typique de tous les paysages urbains. Et puis, la clôture, l'obstacle à franchir, ça allait avec la thématique du roman.
Guillaume Houle tenait au poing serré, à la démonstration de force. Et, évidemment, fallait rester dans le noir-blanc-rouge des Nova.
L'illustrateur, François Pierre Bernier, nous a soumis proposition sur proposition (pauvre lui, on l'a fait pédaler!).
Les membres du comité de lecture ont finalement été appelés en renfort pour nous départager et ils nous ont évité de nous retrouver avec une illustration qui aurait fait "roman de zombie" ou "affiche de film d'action style années 90" (travers dans lequel je tombais facilement, parce que je regarde sans doute trop de films de Van Damme! ;)
Au final, je pense qu'on est tous pas mal contents du résultat! :)
Coudonc, deux billets de promotion diverses de suite, je vous gâte pas. Allez, je me reprends demain, promis! ;)
Ah, que de travail ce fut pour en arriver là! lol!
Pour ma part, je tenais à ce que la couverture montre le grillage qui compose les côtés de la cage dans laquelle se déroulent les combats de MMA, grillage qui est aussi typique de tous les paysages urbains. Et puis, la clôture, l'obstacle à franchir, ça allait avec la thématique du roman.
Guillaume Houle tenait au poing serré, à la démonstration de force. Et, évidemment, fallait rester dans le noir-blanc-rouge des Nova.
L'illustrateur, François Pierre Bernier, nous a soumis proposition sur proposition (pauvre lui, on l'a fait pédaler!).
Les membres du comité de lecture ont finalement été appelés en renfort pour nous départager et ils nous ont évité de nous retrouver avec une illustration qui aurait fait "roman de zombie" ou "affiche de film d'action style années 90" (travers dans lequel je tombais facilement, parce que je regarde sans doute trop de films de Van Damme! ;)
Au final, je pense qu'on est tous pas mal contents du résultat! :)
Coudonc, deux billets de promotion diverses de suite, je vous gâte pas. Allez, je me reprends demain, promis! ;)
lundi 18 juin 2012
L'Archiviste - Les Dieux pure laine - Extrait
Ici Luc Dagenais, dit l'Archiviste. Le numéro 183 de Solaris sortira prochainement, et je vais enfin — remarquez, c’est de ma faute, je n’écris vraiment pas vite — y publier à nouveau. À preuve, cette prochaine nouvelle est née, en quelque sorte, à l’été 2009 lorsque j’ai pondu un titre cool pour lequel je n’avais pas d’histoire. Il m’a fallu un an (et un flash qui m’est venu à la suite de la lecture d’un commentaire de Gen sur son blogue) pour trouver ce que je voulais en faire. Et l’écriture s’est ensuite étalée de 2010 à 2011... Parlant de Gen, je tiens à la remercier de me permettre de squatter son blogue (une fois de plus ;o) pour en présenter un extrait.
__________________________________
Les Dieux pure laine
Toujours habité de sa saine colère d’homme de chantier, Raoul arrivait chez Mémère. La vieille se trouvait au milieu de nulle part, un nowhere trop grand pour qu’on en voie les limites ; le regard s’y perdait dans toutes les directions sans jamais rencontrer rien d’autre que le vide. Assise sur un vieux tabouret de bois au vernis usé et craquelé, elle ressemblait à la Sagouine, seule sur une scène de théâtre. Une ceinture fléchée, la fabrique du temps et du destin, dont le Québec n’était qu’un fil, s’étirait au sol devant elle à perte de vue. De ses mains noueuses et vieilles comme le monde, elle tissait sans relâche, sans erreur, sans hésitation, encore et encore ; un fil dessus, un fil dessous, un fil dessus, un fil dessous. De temps à autre, elle avançait son petit bâton pour sauver son ouvrage. Les fils non tissés, qui constitueraient la ceinture, reposaient en balles ou en tas, à même le sol derrière elle.
— Mémère ! l’interpella Raoul, mais la vieille ne réagit pas.
— Mémère ! Mémère !
Cette fois, Raoul avait crié le plus fort qu’il pouvait, à pleins poumons, à faire trembler le sol. Le tonnerre roula sur la forêt boréale, un vent de mousson fouetta le sous-continent indien. Il toussa, se racla la gorge et cracha un gros morceau de vieillesse qui venait de se déloger de ses poumons. Mémère cessa alors de dodeliner de la tête. Elle se tourna dans une direction, choisit au hasard, leva ses yeux voilés de cataractes et dit :
— Y as-tu quelqu’un ? Si oui, je vous entends pas et je vous vois pas. Ça sert à rien d’essayer de me parler.
Pendant qu’elle parlait, ses doigts s’activaient sans relâche, sans ralentir ni accélérer : un fil dessus, un fil dessous, un fil dessus, un fil dessous, et elle avançait son petit bâton pour sauver son ouvrage.
— Mémère ! C’est moi, Raoul, vous souvenez-vous de moé ? Je suis la drave, je suis le bûcheronnage. Je suis celui qui tenait tête au foreman. J’étais le Québec, quand le Québec avait du cœur. J’avais ben du front pis je me tenais drette steady. Mais là, je suis rendu vieux pis faible, Mémère, et c’est tout le Québec qui s’en ressent. Vous pouvez pas faire quelque chose pour moé, Mémère ?
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Les Dieux pure laine
Toujours habité de sa saine colère d’homme de chantier, Raoul arrivait chez Mémère. La vieille se trouvait au milieu de nulle part, un nowhere trop grand pour qu’on en voie les limites ; le regard s’y perdait dans toutes les directions sans jamais rencontrer rien d’autre que le vide. Assise sur un vieux tabouret de bois au vernis usé et craquelé, elle ressemblait à la Sagouine, seule sur une scène de théâtre. Une ceinture fléchée, la fabrique du temps et du destin, dont le Québec n’était qu’un fil, s’étirait au sol devant elle à perte de vue. De ses mains noueuses et vieilles comme le monde, elle tissait sans relâche, sans erreur, sans hésitation, encore et encore ; un fil dessus, un fil dessous, un fil dessus, un fil dessous. De temps à autre, elle avançait son petit bâton pour sauver son ouvrage. Les fils non tissés, qui constitueraient la ceinture, reposaient en balles ou en tas, à même le sol derrière elle.
— Mémère ! l’interpella Raoul, mais la vieille ne réagit pas.
— Mémère ! Mémère !
Cette fois, Raoul avait crié le plus fort qu’il pouvait, à pleins poumons, à faire trembler le sol. Le tonnerre roula sur la forêt boréale, un vent de mousson fouetta le sous-continent indien. Il toussa, se racla la gorge et cracha un gros morceau de vieillesse qui venait de se déloger de ses poumons. Mémère cessa alors de dodeliner de la tête. Elle se tourna dans une direction, choisit au hasard, leva ses yeux voilés de cataractes et dit :
— Y as-tu quelqu’un ? Si oui, je vous entends pas et je vous vois pas. Ça sert à rien d’essayer de me parler.
Pendant qu’elle parlait, ses doigts s’activaient sans relâche, sans ralentir ni accélérer : un fil dessus, un fil dessous, un fil dessus, un fil dessous, et elle avançait son petit bâton pour sauver son ouvrage.
— Mémère ! C’est moi, Raoul, vous souvenez-vous de moé ? Je suis la drave, je suis le bûcheronnage. Je suis celui qui tenait tête au foreman. J’étais le Québec, quand le Québec avait du cœur. J’avais ben du front pis je me tenais drette steady. Mais là, je suis rendu vieux pis faible, Mémère, et c’est tout le Québec qui s’en ressent. Vous pouvez pas faire quelque chose pour moé, Mémère ?
vendredi 15 juin 2012
Solaris #182
Héhéhé, me voilà enfin abonnée à Solaris (ainsi qu'à Alibis, mais j'y reviendrai). Ah, le plaisir de me faire livrer dans ma boîte aux lettres ma livraison trimestrielle de nouvelles... qui s'en vont attendre sur la pile de trucs à lire que j'aie enfin le temps de les dévorer! lol! ;)
Mais bon, j'ai fini par trouver le temps de lire le numéro 182 de Solaris, dont la couverture met en scène un décor futuro-gothique (ou serait-ce néo-baroque-noir?) et les chaînes les plus rigides qu'il m'ait été donné de voir! Hihihihi
Ironiquement, alors que l'éditorial nous confie que certains lecteurs ne savent jamais à quoi s'attendre de Solaris, j'ai trouvé ce numéro agréablement sans surprise. C'est-à-dire qu'on y trouvait toutes les qualités que la liste des auteurs laissait présager! ;)
Il y avait, premièrement, un duo de nouvelles de vampire, écrites par Claude Lalumière (en traduction de Pascale Raud) et par Nathasha Beaulieu. N'ayez crainte : Solaris n'a pas cédé au courant bit lit. Ces deux nouvelles sont d'abord parues en anglais dans un anthologie présidée par Nancy Kilpatrick, anthologie qui voulait explorer la manière dont l'utilisation de la figure du vampire pouvait évoluer. J'ai préféré Buffet à volonté de Lalumière, qui apportait un vent de fraîcheur sur le plan de la forme et de l'idée, à Évolution de Beaulieu qui était plus conventionnel. Pour peu qu'on soit amateur de vampires, les deux textes donnent envie de se procurer l'anthologie complète. Cependant, tentative de renouvellement ou pas, ça reste des histoires de vampire, alors vous tomberez pas en bas de votre chaise.
Tout à la fois de Dave Côté est l'un de ces textes absurdes dont Dave a le secret. On y raconte l'histoire de plusieurs êtres qui se retrouvent à partager intimement leur réalité. Avec ce texte, comme avec Noir Azur, il me semble remarquer une dimension plus psychologique dans l'écriture de Dave, ce qui n'est pas du tout pour me déplaire. Le seul défaut de ce texte pourrait être, à la limite, que l'histoire n'y sert que de prétexte à mettre en scéne la délicieuse narration. Mais faut vraiment finasser! ;)
L'envers du labyrinthe est, quand à lui, un bijou relativement typique de la plume d'Ariane Gélinas (ambiance magnifiquement plantée, mots justes, tournures un brin lyriques) avec, toutefois, une touche d'urbanité qui ne lui est pas habituelle. Plutôt que d'explorer une région éloignée ou un recoin oublié, Ariane nous entraîne cette fois à la suite d'un chauffeur de taxi montréalais et de sa cliente... très loin à leur suite!
Martin Mercure, le seul auteur "inconnu" du numéro, se montre parfaitement à la hauteur des autres textes avec Pièces détachées, un récit qui mêle polythéisme, relents de civilisations anciennes, reliques toutes puissantes et noirceurs de l'âme humaine. J'ai adoré! Bravo à Martin! Dire que je l'ai rencontré au Boréal et que j'ai pas pu lui parler de son texte parce que je l'avais pas lu! Et, c'est rare que je commente les illustrations intérieures, mais là celle de Mario Giguère vaut la peine d'être mentionnée, parce qu'elle accompagne parfaitement le texte.
Après les nouvelles, on retrouve une entrevue avec Claude Janelle au sujet du Daliaf (le dictionnaire dans lequel tous mes amis sont mentionnés, mais pas moi! lol!), un dossier très érudit d'Élisabeth Vonarburg sur les thèmes de la SF (à relire chaque fois que vous pensez avoir eu une idée géniale), un texte de Mario Tessier sur la poésie scientifique (qui m'a rappelé les exercices de traduction de mes cours de grec et de latin, car les gens de l'Antiquité appréciaient beaucoup les leçons en vers, dans toutes les matières), puis les habituelles critiques.
Au final, un numéro égal à l'idée qu'on se fait normalement de Solaris : très bon du début à la fin! :)
Mais bon, j'ai fini par trouver le temps de lire le numéro 182 de Solaris, dont la couverture met en scène un décor futuro-gothique (ou serait-ce néo-baroque-noir?) et les chaînes les plus rigides qu'il m'ait été donné de voir! Hihihihi
Ironiquement, alors que l'éditorial nous confie que certains lecteurs ne savent jamais à quoi s'attendre de Solaris, j'ai trouvé ce numéro agréablement sans surprise. C'est-à-dire qu'on y trouvait toutes les qualités que la liste des auteurs laissait présager! ;)
Il y avait, premièrement, un duo de nouvelles de vampire, écrites par Claude Lalumière (en traduction de Pascale Raud) et par Nathasha Beaulieu. N'ayez crainte : Solaris n'a pas cédé au courant bit lit. Ces deux nouvelles sont d'abord parues en anglais dans un anthologie présidée par Nancy Kilpatrick, anthologie qui voulait explorer la manière dont l'utilisation de la figure du vampire pouvait évoluer. J'ai préféré Buffet à volonté de Lalumière, qui apportait un vent de fraîcheur sur le plan de la forme et de l'idée, à Évolution de Beaulieu qui était plus conventionnel. Pour peu qu'on soit amateur de vampires, les deux textes donnent envie de se procurer l'anthologie complète. Cependant, tentative de renouvellement ou pas, ça reste des histoires de vampire, alors vous tomberez pas en bas de votre chaise.
Tout à la fois de Dave Côté est l'un de ces textes absurdes dont Dave a le secret. On y raconte l'histoire de plusieurs êtres qui se retrouvent à partager intimement leur réalité. Avec ce texte, comme avec Noir Azur, il me semble remarquer une dimension plus psychologique dans l'écriture de Dave, ce qui n'est pas du tout pour me déplaire. Le seul défaut de ce texte pourrait être, à la limite, que l'histoire n'y sert que de prétexte à mettre en scéne la délicieuse narration. Mais faut vraiment finasser! ;)
L'envers du labyrinthe est, quand à lui, un bijou relativement typique de la plume d'Ariane Gélinas (ambiance magnifiquement plantée, mots justes, tournures un brin lyriques) avec, toutefois, une touche d'urbanité qui ne lui est pas habituelle. Plutôt que d'explorer une région éloignée ou un recoin oublié, Ariane nous entraîne cette fois à la suite d'un chauffeur de taxi montréalais et de sa cliente... très loin à leur suite!
Martin Mercure, le seul auteur "inconnu" du numéro, se montre parfaitement à la hauteur des autres textes avec Pièces détachées, un récit qui mêle polythéisme, relents de civilisations anciennes, reliques toutes puissantes et noirceurs de l'âme humaine. J'ai adoré! Bravo à Martin! Dire que je l'ai rencontré au Boréal et que j'ai pas pu lui parler de son texte parce que je l'avais pas lu! Et, c'est rare que je commente les illustrations intérieures, mais là celle de Mario Giguère vaut la peine d'être mentionnée, parce qu'elle accompagne parfaitement le texte.
Après les nouvelles, on retrouve une entrevue avec Claude Janelle au sujet du Daliaf (le dictionnaire dans lequel tous mes amis sont mentionnés, mais pas moi! lol!), un dossier très érudit d'Élisabeth Vonarburg sur les thèmes de la SF (à relire chaque fois que vous pensez avoir eu une idée géniale), un texte de Mario Tessier sur la poésie scientifique (qui m'a rappelé les exercices de traduction de mes cours de grec et de latin, car les gens de l'Antiquité appréciaient beaucoup les leçons en vers, dans toutes les matières), puis les habituelles critiques.
Au final, un numéro égal à l'idée qu'on se fait normalement de Solaris : très bon du début à la fin! :)
jeudi 14 juin 2012
Le dit du Musè (10)
Musè : n.m., du grec ancien "mousai", source d'inspiration.
On se dirigeait vers l'épicerie de notre paisible (comme dans "il se passe rien après 22h") banlieue. Je remarquais que, malgré le développement récent de certains quartiers aisés, les commerces du coin faisaient pitié. Que, pour trouver mieux que quelques stands à patates, deux pizzérias et des épiceries grande surface, faut faire un bon bout de chemin.
Chéri - Y'a deux places à croissants et des épiceries qui vendent des olives en or massif... en tout cas d'après le prix.
Moi - C'est ben beau les boulangeries artisanales ou les épiceries fines, sauf que c'est une librairie qu'il faudrait pour que le coin ait l'air civilisé.
Chéri - Y'a une bibliothèque.
Moi - Pas la même chose. Librairie veut dire bouquin qu'on vend. Dissémination de la civilisation. Tsé, l'ère moderne.
Chéri - Bof. Tant qu'à moi, les librairies, c'est le début de la fin.
Moi - Pardon? Quoi?
(Il faut du culot pour dire ça à une écrivaine quand même!)
Chéri (qui commence à avoir du mal à se retenir de rire) - Ben oui, du moment où t'arrête de t'entraîner au glaive dans un bâtiment pour le remplir de rouleaux de parchemin, la fin est proche.
Histoire et Chéri : 1
Moi et mon désir de librairie : 0
J'haïs ça quand l'histoire compte des points contre moi! :p
Addendum
Le Musè était particulièrement en forme hier, parce qu'il vient d'apprendre que "Le Vaisseau C.H.O.V." a été accepté par Brins d'éternité. Comme il a écrit une partie du texte, cette fois-ci la nouvelle est officiellement une collaboration. Il porte pu à terre! ;)
On se dirigeait vers l'épicerie de notre paisible (comme dans "il se passe rien après 22h") banlieue. Je remarquais que, malgré le développement récent de certains quartiers aisés, les commerces du coin faisaient pitié. Que, pour trouver mieux que quelques stands à patates, deux pizzérias et des épiceries grande surface, faut faire un bon bout de chemin.
Chéri - Y'a deux places à croissants et des épiceries qui vendent des olives en or massif... en tout cas d'après le prix.
Moi - C'est ben beau les boulangeries artisanales ou les épiceries fines, sauf que c'est une librairie qu'il faudrait pour que le coin ait l'air civilisé.
Chéri - Y'a une bibliothèque.
Moi - Pas la même chose. Librairie veut dire bouquin qu'on vend. Dissémination de la civilisation. Tsé, l'ère moderne.
Chéri - Bof. Tant qu'à moi, les librairies, c'est le début de la fin.
Moi - Pardon? Quoi?
(Il faut du culot pour dire ça à une écrivaine quand même!)
Chéri (qui commence à avoir du mal à se retenir de rire) - Ben oui, du moment où t'arrête de t'entraîner au glaive dans un bâtiment pour le remplir de rouleaux de parchemin, la fin est proche.
Histoire et Chéri : 1
Moi et mon désir de librairie : 0
J'haïs ça quand l'histoire compte des points contre moi! :p
Addendum
Le Musè était particulièrement en forme hier, parce qu'il vient d'apprendre que "Le Vaisseau C.H.O.V." a été accepté par Brins d'éternité. Comme il a écrit une partie du texte, cette fois-ci la nouvelle est officiellement une collaboration. Il porte pu à terre! ;)
mercredi 13 juin 2012
Propagande
Je l'ai souvent dit, je n'écoute pas la télé. Ça m'épargne un tas de messages publicitaires (ce qui, mine de rien est excellent pour mes finances). Ça m'a aussi empêchée de remarquer le changement dans les tactiques de communication de notre gouvernement.
La première fois que j'ai noté une différence de ton, c'est en faisant mes impôts cette année. Sur ma trousse d'impôts provinciale, on lisait JUSTE en caractère géant, avec "pour tous" écrit en plus petit en dessous. Je m'étais dit que si c'était rendu nécessaire d'écrire sur les formulaires que les impôts étaient justes, c'était ptêt le signe qu'il y avait un malaise au sein de la population... Malaise très compréhensible tant qu'à moi. Suffit de regarder les paliers d'imposition pour le comprendre.
Puis, récemment, j'ai entendu le message radiophonique qui explique à quel point la loi 78 est une bonne loi, mise en place pour protéger ma sécurité personnelle, sans attenter à mes droits. J'en croyais pas mes oreilles. Hein? Le gouvernement dépense de l'argent de mes impôts pour faire de la propagande et m'enfoncer dans la gorge une loi dénoncée par l'ONU?!?
La dernière fois que j'avais entendu "un message du gouvernement du Québec", me semble que ça parlait de la couverture d'assurance médicament ou de l'importance de manger des fruits et légumes. C'était de l'information donnée à la population. Pas de la foutue propagande!
Mais qu'est-ce qui se passe dans ce pays? On accuse un adorable bouclé à lunettes d'arborer "un symbole d'intimidation et de violence" parce qu'il ne veut pas recevoir un prix et se réjouir au moment où les gens de sa génération gueulent en vain dans les rues depuis des mois? On prétend que s'attaquer à quelques vitrines de banques et de grosses corporations corrompues, c'est s'attaquer à "tous les Québécois"? On accuse ceux qui manifestent dans les rues sans donner leur itinéraire de "mettre en péril la paix sociale"?
Est-ce que quelqu'un pense vraiment que tous ces mensonges vont régler quoique ce soit?
La première fois que j'ai noté une différence de ton, c'est en faisant mes impôts cette année. Sur ma trousse d'impôts provinciale, on lisait JUSTE en caractère géant, avec "pour tous" écrit en plus petit en dessous. Je m'étais dit que si c'était rendu nécessaire d'écrire sur les formulaires que les impôts étaient justes, c'était ptêt le signe qu'il y avait un malaise au sein de la population... Malaise très compréhensible tant qu'à moi. Suffit de regarder les paliers d'imposition pour le comprendre.
Puis, récemment, j'ai entendu le message radiophonique qui explique à quel point la loi 78 est une bonne loi, mise en place pour protéger ma sécurité personnelle, sans attenter à mes droits. J'en croyais pas mes oreilles. Hein? Le gouvernement dépense de l'argent de mes impôts pour faire de la propagande et m'enfoncer dans la gorge une loi dénoncée par l'ONU?!?
La dernière fois que j'avais entendu "un message du gouvernement du Québec", me semble que ça parlait de la couverture d'assurance médicament ou de l'importance de manger des fruits et légumes. C'était de l'information donnée à la population. Pas de la foutue propagande!
Mais qu'est-ce qui se passe dans ce pays? On accuse un adorable bouclé à lunettes d'arborer "un symbole d'intimidation et de violence" parce qu'il ne veut pas recevoir un prix et se réjouir au moment où les gens de sa génération gueulent en vain dans les rues depuis des mois? On prétend que s'attaquer à quelques vitrines de banques et de grosses corporations corrompues, c'est s'attaquer à "tous les Québécois"? On accuse ceux qui manifestent dans les rues sans donner leur itinéraire de "mettre en péril la paix sociale"?
Est-ce que quelqu'un pense vraiment que tous ces mensonges vont régler quoique ce soit?
mardi 12 juin 2012
Les tripes
Je pense que c'est important qu'une histoire "résonne" quelque part dans l'esprit de l'auteur, qu'elle le touche, qu'il la sente dans ses tripes d'une façon ou d'une autre, bref qu'il ait une raison particulière pour l'écrire. J'ai l'impression que c'est ce qui fait la différence entre un texte correct et un bon texte ou entre un passage fort et le reste du récit.
Pour ma part, ça a toujours été clair : les textes dans lesquels je mettais mes tripes ont souvent été publiés. Les autres, les constructions purement intellectuelles, ont été rejetés. J'ai fini par comprendre le concept.
La question que je pose le plus aux gens qui me font lire des textes, c'est donc "Pourquoi?". Pourquoi as-tu écrit ce texte-là? Qu'est-ce qu'il veut dire pour toi? Ce sont les questions que je me pose devant les textes que je viens de finir (ou même avant de les entreprendre). Mine de rien, ça m'aide souvent à cerner la thématique et à me montrer l'angle que le texte doit prendre.
Le conseil que je donne le plus à date, c'est "Mets tes tripes dans ce que tu écris". Tu te poses des questions sur la vie, l'univers et tout le reste? Ben mets-les dans ton texte. Pas besoin d'avoir des réponses (42!), la question suffit. Parce que si tu te la poses, il y a sans doute un lecteur quelque part qui se la pose aussi. Et donc ton texte va sonner vrai pour lui.
Cela dit, des fois quand on lit ce que ça donne lorsque certains écrivains mettent (enfin) leurs tripes dans leur texte on se dit...
"Wow, ce gars-là est dû pour une thérapie!"
Pour ma part, ça a toujours été clair : les textes dans lesquels je mettais mes tripes ont souvent été publiés. Les autres, les constructions purement intellectuelles, ont été rejetés. J'ai fini par comprendre le concept.
La question que je pose le plus aux gens qui me font lire des textes, c'est donc "Pourquoi?". Pourquoi as-tu écrit ce texte-là? Qu'est-ce qu'il veut dire pour toi? Ce sont les questions que je me pose devant les textes que je viens de finir (ou même avant de les entreprendre). Mine de rien, ça m'aide souvent à cerner la thématique et à me montrer l'angle que le texte doit prendre.
Le conseil que je donne le plus à date, c'est "Mets tes tripes dans ce que tu écris". Tu te poses des questions sur la vie, l'univers et tout le reste? Ben mets-les dans ton texte. Pas besoin d'avoir des réponses (42!), la question suffit. Parce que si tu te la poses, il y a sans doute un lecteur quelque part qui se la pose aussi. Et donc ton texte va sonner vrai pour lui.
Cela dit, des fois quand on lit ce que ça donne lorsque certains écrivains mettent (enfin) leurs tripes dans leur texte on se dit...
"Wow, ce gars-là est dû pour une thérapie!"
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