Normalement, le directeur littéraire m'envoie ensuite un texte en "suivi des modifications" bourré de commentaires divers, ainsi que de changements effectués directement dans le texte. Les mots que j'avais écrits apparaissent rayés (
À moi de voir si la suggestion me convient, d'en proposer une nouvelle si ce n'est pas le cas, voire de m'obstiner pour garder mon ancienne formulation.
Ensuite, une fois que le texte a été modifié de manière à satisfaire le directeur littéraire, on procède de la même manière pour la révision linguistique.
Je suis toujours la dernière à décider ce que j'accepte ou refuse dans le texte (dans la mesure où je ne tiens pas à garder des erreurs grossières qui pourraient pousser l'éditeur à refuser de publier le texte!). C'est normal : c'est MON texte. C'est mon nom qui va apparaître dessus. C'est moi qui serai jugée par les critiques, mes pairs, les lecteurs, etc.
J'avais toujours cru que cette manière de procéder allait de soi, n'en ayant jamais vécu d'autres.
Or, je découvre peu à peu que certaines maisons d'édition envoient des corrections (littéraires ou linguistiques) sous la forme de "suivi des modifications" tronqués (le texte original, au lieu d'être raturé, a disparu) ou alors sans aucun suivi (un texte "modifié" est envoyé, parfois même en PDF).
Je trouve ces deux manières de procéder absolument inacceptables. Ça me semble être un manque de respect total envers l'auteur. Ça l'oblige à se livrer à un boulot de moine pour tout comparer, ligne à ligne. Et si jamais il "échappait" une modification? Si jamais l'un des intervenants n'a pas compris un aspect du texte (ça arrive!), qu'il a fait des fautes affreuses, confondu un personnage avec un autre et changé un nom dans une scène cruciale (ça arrive aussi) ou dans un dialogue important, bref si une correction bien intentionnée bousille le texte, qui en portera l'odieux? L'auteur, uniquement l'auteur.
Chaque fois que j'entends parler d'un éditeur qui procède ainsi, je note le nom. Il va grossir ma liste d'éditeur chez qui je ne soumettrai jamais de manuscrit. Après tout, on est déjà si mal payés pour faire ce boulot, peut-on au moins garder le contrôle de nos textes? Apparemment, non : ma liste s'allonge chaque année.
Avez-vous reçu ce genre de corrections quasi-imposées? Comment avez-vous réagi? Trouvez-vous cela normal? Est-ce que je m'insurge pour rien?