lundi 11 juin 2012

Le Chasseur - Pourquoi un aveugle?

Les Six Brumes viennent de dévoiler la "couverture alternative" de ma novella Le Chasseur. Elle est en braille, pour rappeler le fait que le personnage principal de la novella est un aveugle.

Pourquoi diable ai-je choisi de mettre en scène un personnage aveugle vous demandez-vous? (Ou peut-être pas, auquel cas, vous pouvez passer à autre chose :p ) 

Parce que je voulais expérimenter une nouvelle façon d'écrire, qui ne reposerait pas sur les descriptions visuelles, mais bien sur les quatre autres sens.

Parce que je regardais énormément de MMA et que je découvrais que, durant ces combats, la plus grande peur de tous, ce sont les blessures aux yeux. Si elles s'aggravent, elles peuvent rendre un combattant aveugle. Ce n'était pas encore arrivé, mais il était aisé d'imaginer les conséquences d'une blessure pareille sur la vie d'un de ces athlètes.

Parce que je commençais à apprendre le jiu-jitsu et que je constatais qu'il est possible, même lorsqu'on ne voit pas son adversaire, de deviner ses mouvements grâce au jeu des muscles, puisque la flexion d'un poignet se répercute jusque dans un muscle pectoral et que nos mains peuvent apprendre à lire ces répercussions. Et qu'un combattant, même aveugle, posséderait encore ce savoir...

Parce que je me disais que pour un ancien combattant vedette devenu aveugle, les sentiments d'inutilité et de vulnérabilité seraient sans doute les pires ennemis à affronter, sauf si...

Sauf s'il y avait une autre menace, dans les rues de la ville. Et qu'être aveugle arrêtait d'être un désavantage.

J'vous en dis pas plus. On lancera bientôt la prévente! ;)  J'ai tellement hâte d'avoir les réactions des lecteurs! Lol! Faut que je me retienne à deux mains pour pas vous raconter le roman! Hihihihihi! ;)

vendredi 8 juin 2012

Bilan printanier

Bon, ben, et si je vous faisais un petit bilan de mes activités, hein? Histoire de savoir moi-même où j'en suis...

Alors Le Chasseur est bientôt prêt pour l'imprimerie. On attend la version finale de la couverture. J'ai peut-être même trouvé un endroit qui serait pas mal cool pour faire le lancement. Et où les robinets devraient fonctionner normalement...

J'attends la correction linguistique d'Hanaken II. Les croquis de la couverture sont prometteurs. J'ai eu des idées pour le troisième et dernier tome, mais j'attends un peu avant de faire le plan. Je veux que ça mijote encore.

Les salons du livre de l'automne sont en bonne partie réservés. Il y aura le Saguenay, l'Estrie où je devrais faire une animation, Longueuil, Montréal, Gatineau et peut-être Trois-Rivières, si on arrive à me vendre une animation. Sinon, je vais sans doute laisser tomber. Par expérience, rendue à ce point-là de la saison, j'ai plus beaucoup de jus!

Au boulot, j'ai l'impression que dans la dernière année les choses n'ont pas tournées comme elles le promettaient. Alors j'essaie de travailler sur mon détachement, histoire d'éviter les implications émotionnelles.  Traduction : j'espère arriver à m'en sacrer suffisamment pour ne plus passer la moitié de mes journées en crisse. C'est pas gagné. J'en ai tellement ras-le-bol que j'ai fini par faire ce que je m'étais promis de ne pas faire : je me suis inscrite à un cours pour septembre. Hé oui, encore des études. En traduction (vers l'anglais) cette fois-ci. Ça fait des années que ça m'énerve de ne pas arriver à écrire en anglais aussi facilement qu'en français (puisque j'arrive déjà à parler et à lire sans problème), alors là je vais essayer d'y remédier. Ça débouchera peut-être sur un changement de boulot à moyen terme. On verra.

Je n'ai pas vraiment de nouvelle littéraire dans les limbes, je n'ai rien d'accepté qui va paraître en 2013. C'est bizarre, d'habitude à ce temps-ci de l'année, je sais déjà que j'ai des textes qui paraîtront l'année suivante. Là, après les deux parutions d'août-septembre (Le Chasseur et Hanaken II), je vais me retrouver sans rien devant moi pour un bout. C'est la première fois depuis 2009. Étrange comme sensation.

Pour les projets d'écriture en cours, je suis un peu mêlée. J'ai au moins deux projets à retravailler, mais c'est pas ce qui me tente. J'ai envie d'écrire un policier. J'ai aussi envie d'écrire un truc de sfff totalement noir et plutôt sauté. J'ai une histoire d'espionnage qui me flotte dans la tête. Y'a une commande qui attend que je m'y mette...

Mais il me semble que tous les projets menacent d'être très gros et accaparants. Je n'ose pas en commencer un, de peur de ne jamais pouvoir toucher aux autres.

C'est probablement juste signe qu'aucun n'est encore arrivé à maturité, que je dois réfléchir encore un peu. Attendre que l'un d'eux me parle. Mais le temps file, les semaines passent, les pages du calendrier tournent et, bientôt, ça va déjà être le moment de retourner au Japon, une dernière fois, faire mes adieux à mes Hanaken. J'aimerais bien visiter un autre univers entretemps.

Je me demande si Miuri a des plans pour l'été... Moi j'suis pas en vacances avant la fin août...

jeudi 7 juin 2012

Décès de Ray Bradbury

Ray Bradbury, l'auteur de Farenheit 451 est décédé, je l'ai appris ici.

Bon... Je dois vous avouer que je pensais que c'était fait depuis longtemps.

Farenheit 451 fut l'un des premiers livres de SF pour adulte que j'ai lu. C'est mon père qui me l'avait mis dans les mains, parce que je partageais déjà son amour des bouquins et qu'il savait bien que cette histoire où on brûlait les livres me toucherait.

J'ai peu lu d'autres Bradbury, sauf, évidemment, le classique Chroniques martiennes, qui m'avait bien amusée parce que c'était la première fois que je lisais des histoires de colonisation de planètes étrangères écrites du point de vue des extra-terrestres.

Pour la communauté d'écrivains de science-fiction et de fantastique, je ne pense pas que la mort de Ray Bradbury changera quoique ce soit. Ses grandes oeuvres lui survivront. Les autres sont déjà en train de sombrer dans l'oubli.

Non, ce que je trouve triste dans l'annonce de ce décès, c'est la citation avec laquelle le journaliste clôt son article. Pour Ray Bradbury, rapporte-t-on, la chose la plus amusante de sa vie était de se lever le matin et de se précipiter sur sa machine à écrire pour noter les nouvelles idées qui lui étaient venues.

Et voilà que la mort le sépare de sa fidèle machine.

J'espère qu'on va l'enterrer avec lui.

mercredi 6 juin 2012

Les amis de Pancho Villa de James Carlos Blake

Je cherchais un roman sur la thématique western. L'Ermite m'a donc suggéré "Les amis de Pancho Villa" de James Carlos Blake, un classique souvent réédité. Le résumé m'a tout de suite conquise :

Quoi de mieux, pour narrer l’épopée de la révolution mexicaine, que de se mettre dans la peau de Rodolfo Fierro, le plus fidèle lieutenant de Pancho Villa ? C’est ce que fait James Carlos Blake qui nous conte, dans un style digne d’un roman d’aventures, l’odyssée grandiose et pitoyable de ces révolutionnaires à la fois idéalistes et cruels.

Mêlant habilement faits et fiction, Blake fait revivre l’histoire chaotique du Mexique au début du XXe siècle. A travers des êtres de chair et de sang, capables d’inspirer la compassion autant que l’horreur, il nous propose une réflexion très intéressante sur le sens de l’action révolutionnaire.


Mouais... Parlez-moi d'un résumé un poil exagéré!

Attention, je n'ai pas détesté ma lecture. Sur le plan historique, le roman tient ses promesses : il nous permet de suivre la chronologie des événements de l'une des révolutions les plus longues et chaotiques du monde moderne.

Par contre, pour ce qui est de l'épopée, du style digne d'un roman d'aventures, de l'odyssée grandiose, des révolutionnaires idéalistes inspirant de la compassion, on repassera!

Le style du roman est plat et sec. Il se contente souvent d'énumérer fait après fait. On est rarement dans l'action. On a plutôt l'impression d'écouter un cours d'histoire donné par un bon prof. Cependant, de temps à autre, on se retrouve devant une anecdote plus détaillée, le prof d'histoire disparaît au profit des personnages, qu'on voit débouler sous nos yeux, pistolets fumants. Alors, le bouquin devient vraiment délicieux et trépidant! Malheureusement, ces moments forts sont trop courts et jamais assez nombreux.

Pour ce qui est des révolutionnaires idéalistes, je les ai cherchés dans tout le roman et je n'en ai pas rencontré beaucoup. "Les amis de Pancho Villa" raconte la vie d'hommes qui auraient été des hors-la-loi et des criminels dans d'autres circonstances, mais qui, grâce à la révolution, ont pu trouver une place dans le monde et, malgré leurs travers, faire figure de héros.

Ne serait-ce que pour cet aspect du récit, cette frontière brouillée entre le bien et le mal qui est caractéristique de mes westerns préférés, ce roman valait la peine d'être lu.

mardi 5 juin 2012

Conversation surprise dans le bus

J'écoutais gentiment ma musique en revenant du boulot lorsque les piles de mon Ipod m'ont lâchée. Merde. J'ai pêché mon livre dans mon sac, mais je savais déjà que j'aurais de la misère à me concentrer, parce que les deux hommes assis derrière moi, deux trentenaires branchés qui auraient eu l'air plus à leur place dans un 5 à 7, parlaient fort... trop pour leurs propos.

En effet, ils jasaient (chialaient) du fait que depuis qu'ils étaient pères, leurs blondes les avait mis au régime sec côté sexe. Que la vie est mal faite, parce que quand les femmes veulent un enfant, c'est non-stop une semaine de temps quand elles sont fertiles, mais qu'une fois le bébé né, le gars peut aller se faire voir, la maman est trop occupée. Que les rares fois où elle se préoccupe des organes génitaux de son chum, c'est pour lui demander de se faire vasectomiser.

Je me sentais un peu mal d'écouter leur conversation (en faisant semblant de lire), mais j'ai dû me rendre à l'évidence : la moitié du bus faisait pareil. Même les cellulaires s'étaient tus.

Les deux gars sont finalement descendus, à quelques arrêts d'intervale. Après leur départ, ma voisine de banc, une femme que je vois souvent et qui porte superbement sa cinquantaine en tailleurs strics, s'est penchée vers moi.

"Quand le gâteau est bon," m'a-t-elle glissé, "on n'a pas envie de se mettre au régime."

On a partagé un fou rire.

lundi 4 juin 2012

Guide de musée d'un jour

Les samouraïs sont à l'honneur au Musée Pointe-à-Callière ces temps-ci, sous la forme de la collection privée de Richard Béliveau. Et j'ai eu la chance de voir l'exposition en avant-première il y a quelques semaines (parce qu'un avocat du bureau avait reçu une invitation dont il ne voulait pas, alors il a eu la gentillesse de me la refiler)! :)

Je l'avais trouvée très impressionnante (surtout si on considère que c'est une collection privée et qu'une partie de ces pièces étaient ordinairement exposées dans le salon de monsieur Béliveau), mais elle présentait le défaut de toutes les expositions de Pointe-à-Callière : le contexte historique des objets était présenté de façon très large et vulgarisée, tandis que les termes techniques pour décrire les dits objets étaient peu expliqués. Même pour une maniaque du Japon comme moi, il m'en manquait des bouts.

Cependant, j'ai quand même été frappée par la beauté des armures et l'air menaçant des lames. Je cherche encore les mots pour décrire les reflets particuliers de l'acier poli des katanas ou l'impression de profond respect qui m'a envahie en posant les yeux sur la toute petite pointe de lance forgée jadis par le légendaire Murasama. Le soir de la première, j'ai vu des invités japonais s'incliner discrètement devant certaines lames de sabre et j'avais ressenti une grande envie de les imiter.

Après ma visite, j'ai acheté le catalogue de l'exposition, toujours plus documenté que les affichettes du musée, pour pouvoir poursuivre mon étude de ces artefacts.

Et en fin de semaine, après avoir assimilé le contenu du catalogue et fait quelques recherches, je suis retournée voir l'exposition, en compagnie de Phil, Luc, Joe et Vincent. À la demande de Phil, j'ai joué au guide de musée. J'avais l'impression, malgré le catalogue, que j'aurais peu de chose à apprendre à mes camarades et qu'ils feraient mieux de lire les affichettes...

Pourtant, je me suis retrouvée à parler pas mal! lol! ;) Et les gars m'ont posé un paquet de questions dont je connaissais sans problème les réponses (mais qui ne figuraient pas nécessairement sur les affichettes). Bref, j'ai eu bien du plaisir à récupérer ainsi mes connaissances de la civilisation japonaise et à leur pointer les détails intéressants des différentes pièces exposées. Il paraît que ça a inspiré Phil... ;)

En attendant le second tome d'Hanaken, si vous passez par le Vieux Montréal, je vous suggère de faire un arrêt à Pointe-à-Callière. Même sans guide de musée privé, l'exposition vaut le détour.


Pour ma part, j'attends mes vacances avec impatience pour aller voir l'exposition du Musée de la Civilisation de Québec sur... les samouraïs.

vendredi 1 juin 2012

Un crochet au foie

Dernièrement, j'ai écrit une nouvelle qui se passait au coeur de l'univers des arts martiaux mixtes. L'histoire d'un gars qui entre dans la cage en pensant affronter un adversaire et qui découvre plutôt des choses sur lui-même...

Ladite nouvelle vient d'être rejetée. Un refus qui fait mal, un vicieux crochet au foie.

Parce que le refus n'est pas motivé par le fait que la nouvelle était mal écrite ou pas originale ou manquait de ci ou manquait de ça ou ne cadrait pas avec autre chose. Bref, on ne refuse pas le travail de l'écrivaine.

Non, on rejette la nouvelle sous prétexte qu'elle relevait plutôt de la boxe ou de la lutte et que la "philosophie" (les guillements sont dans le refus) de ces sports de combat s'éloigne beaucoup de celle des arts martiaux.

La personne à l'autre bout du courriel ne peut pas le savoir, mais elle vient de cracher sur la discipline et les valeurs qui ont gouverné les douze dernières années de ma vie. Merde, dans les combats de MMA, on voit souvent des gars se relever l'un l'autre entre deux rounds, se faire des high five avant de se taper sur la gueule, se féliciter mutuellement après des affrontements acharnés, lâcher une prise avant que l'arbitre ne le réclame pour ne pas blesser leur adversaire... et c'est cet aspect du MMA que je racontais dans ma nouvelle. C'est douloureux de voir que, malgré ça, pour la personne qui m'a lue, les arts martiaux mixtes ne méritent même pas de figurer au rang des arts martiaux.

Ou alors c'est moi qui n'ait pas su rendre mon sujet assez éloquemment... Après tout le temps que j'ai passé à explorer cet aspect particulier de l'écriture, c'est tout aussi déprimant comme pensée.

Ouais, ben, j'aurais besoin d'un câlin là.

Ou de taper dans quelque chose. C'est ptêt pas philosophique, mais c'est très efficace! ;)