vendredi 14 octobre 2011

L'archiviste - Être archiviste, c'est du sérieux

Note : une version longue de ce texte a déjà été publiée dans "La chronique" le bulletin mensuel de l’Association des Archivistes du Québec. C'est évidemment l'oeuvre de Luc.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu au travail un costume à archiver. Il s’agissait de Béco, la mascotte de la Fondation de bienfaisance des employés de BMO, qui prenait sa retraite. Après dix ans de loyaux services et sa relève assurée par l’Ours BMO, Béco pouvait se reposer tranquille.

Comme Béco avait été la première mascotte dont la Banque de Montréal s’était dotée et qu’elle témoignait des activités caritatives de celle-ci, il fallait bien en conserver la trace. Nous avions déjà quelques photos d’elle (une, entre autres, avec Youppi!, l’idole, le modèle, le mentor de toutes les mascottes québécoises), mais quoi de mieux que de conserver l’original?

En ouvrant le sac contenant ce costume, il m’est venu une envie… Une envie irrépressible, venue tout droit de mon cœur d’enfant, une envie bien innocente et qui pourtant m’a fait sentir vaguement coupable. Comme quand, âgé de cinq ou six ans, je me retrouvais devant un plat de bonbons ou un pot de biscuits et qu’il n’y avait aucune grande personne aux alentours. Vous voyez de quoi je parle? Une promesse de pur bonheur devant une occasion qui, croyais-je alors, ne repasserait sans doute jamais.

Vous l’aurez deviné, je brûlais d’envie d’enfiler le costume et de faire quelques steppettes dans mon centre d’archives! Je lui devais bien ça... Je trouvais trop triste d’archiver cette mascotte sans d’abord lui redonner vie une dernière fois. Béco qui, inlassablement depuis dix ans, avait aidé à amasser des fonds dans des centaines de campagnes de financement. Béco qui avait fait la joie des petits et des grands, hiver comme été. Béco qui, une fois mes tâches de « naturaliste » documentaire achevées, dormirait pour bien longtemps

J’ai bien essayé de résister, mais, voyez-vous, être archiviste, c’est du sérieux : je devais m’assurer que tous les morceaux étaient bien là et constater leur état de conservation; il fallait également que je sache comment enfiler ce truc (aucune instruction n’accompagnant le costume), ne serait-ce que pour remplir adéquatement ma base de données. Et puis…

Bah, au diable les justifications! Revêtir un costume de mascotte, combien de fois ça risquait d’arriver dans ma vie?

Ouf! Enfiler les pantalons, le maillot à cerceau, le torse, les souliers, la camisole et, enfin, la tête, pour un archiviste, c’était du sport, mais pouvoir danser encore une fois, ce fut un pur bonheur, parole de Béco!

mercredi 12 octobre 2011

L'archiviste - Et le gagnant est…

Luc est toujours en contrôle du blogue pendant que Gen poursuit des vacances... pas très relaxantes... elle va vous raconter tout ça lundi.

Une des premières choses que l’on apprend lorsque l’on devient archiviste, c’est comment manipuler les documents et artefacts de façon sécuritaire pour éviter de les endommager ou d’accélérer leur dégradation en faisant notre travail. En effet, les particules qu’on peut avoir sur les mains - saleté, résidus de savon, sécrétion naturelle de la peau - peuvent endommager bien des médiums, comme le papier, les photographies ou certains métaux. La façon la plus universelle, et la plus efficace, c’est d’y aller avec des gants blancs, littéralement.


Après la base de données, ces gants de coton sont nos outils de travail les plus importants. Sauf que parfois, on se sent un peu obsessifs avec nos réflexes hyperprécautionneux. Je vous donne un exemple :

C’était en 2007, et je travaillais avec le cinéaste Frédéric Back au montage d’une exposition portant sur ses œuvres et sa vie. J’avais devant moi un Oscar (THE Oscar comme on dit à Hollywood) qu’il avait remporté au cours de sa carrière. Je regardais la statuette avec, probablement, les yeux ronds et brillants d’envie, m’imaginant au Kodak Theatre devant une salle comble en liesse, en train de la lever victorieusement à bout de bras, sourire triomphant aux lèvres. Frédéric, qui malgré ses 83 ans avait gardé son espièglerie d’enfance, lut dans mes pensées. Il prit la statuette doucement de ses deux mains, nues, pour me la donner, m’encourageant amicalement à la brandir au-dessus de ma tête.

L’horreur archivistique!

Bon, c’était sa statuette, il avait bien le droit d’y toucher tant qu’il voulait. Quand il l’avait reçu à Hollywood, il avait probablement les mains moites d’un cinéaste couronné dont le pouls battait à cent soixante à l’heure; il l’avait sûrement embrassée avant de renverser du champagne dessus et de la passer ensuite à ses collaborateurs, qui l’avaient pris dans leurs mains, l’avaient embrassée à leur tour, avant d’y renverser d’autre champagne, peut-être. Et de retour à Montréal, ça avait été ensuite le tour de la famille et des amis. L’Oscar était pourtant en parfait état de conservation, bien brillant, doré, sans bosses ni égratignures.

Malgré tout le ridicule de mon geste, tel un robot programmé pour conserver, j’ai tout de même enfilé mes gants de coton avant de prendre la statuette et de la soulever à bout de bras! Pas étonnant qu’il y ait peu d’archivistes sur les tapis rouges.

L'archiviste

mardi 11 octobre 2011

Pour ceux que ça intéresserait

Pour ceux que ça intéresserait, ma nouvelle "Sang, cendre et poussière", finaliste chez l'Ermite en 2010 est désormais en ligne chez "Le chat qui louche". Donc, pour la lire, c'est par ici.

À l'époque où ce texte avait été publié chez l'Ermite pour la première fois, j'en avais raconté la genèse. Pour vous rafraîchir la mémoire (ou pour ceux qui ne suivaient pas encore le blogue à cette époque), c'est par là.

lundi 10 octobre 2011

L'archiviste - Mon palmarès

Rappel aux étourdis : Gen est en vacances, ce billet est écrit par Luc dit L'archiviste.

La plupart du temps, lorsque j’annonce à quelqu’un que je suis archiviste, j’ai droit à des regards d’ennui («Archiviste? BoOoring!»), de pitié («Archiviste? Mes sympathies et merci de te sacrifier pour nous») ou d’effroi («Archiviste? Ai-je quelque chose à me reprocher? Tout d’un coup qu’il serait ici pour m’annoncer une punition administrative celui-là? Nooonnnn! Je ne veux pas finir ma carrière aux archives dans le sous-sol!»)

Ces réactions sont bien meilleures que celles que j’obtenais quand j’étais agent d’assurance de dommages (je vous laisse imaginer), mais être archiviste c’est tout sauf ennuyeux. Pour vous le prouver, je vous fais ici mon palmarès des documents et artefacts fascinants ou inusités que j’ai été appelé à manipuler et à archiver au cours de ma carrière.

10. Puisque je suis un peu geek, je vais mettre en 10e position tous les vieux documents «technologiques» ou informatiques auxquels j’ai eu affaire : disquettes 5 ¼, logiciels sur cartes perforées, vieux laptop du début des années 90, manuel d’ordinateur IBM de la fin des années 50, etc.

9. Travailler à l’endroit même où jadis Marcel Talon essayait de réussir le coup du siècle. OK, ce n’est pas un document à proprement parler, mais c’est trippant pareil, bon !

8. Des chroniques d’époque relatant la fuite des amérindiens Pieds-Noirs à la suite des guerres indiennes.

7. Une corde de pendu (ayant servi).

6. Des documents du XVIIe (certains signés par Frontenac, d’autres par De Maisonneuve et LeMoyne).

5. Des faux seins (pas des prothèses de silicone, de « vrais » faux seins, ronds, couleur chair, avec mamelons bien dessinés).

4. Un morceau de marqueterie d’un mur du bunker d’Hitler.

3. De l’uranium (non raffiné, quand même!).

2. Un Oscar (je vous en parlerai plus en détail mercredi).

1. Un costume de mascotte ! (Woohoo ! Ça aussi je vous en reparlerai).

Avouez, être archiviste c’est plus rock’n roll que vous ne le pensiez. En plus, sachez qu’on n’est pas méchant et qu’on emprisonne rarement nos collègues dans les sous-sols humides et poussiéreux (question de sécurité, on évite d’y entreposer là les archives de toute façon) pour faire notre boulot à notre place…

L'archiviste

jeudi 6 octobre 2011

Ceci n’est pas Geneviève

Non, ceci n'est pas une défaillance de votre fournisseur internet, n’essayez donc pas de régler la connexion. Nous avons le contrôle total du blogue: nous maîtrisons, à présent, toute publication. Nous pouvons vous noyer sous un millier d’hyperliens, vous donner des images JPEG de piètre qualité, aussi bien qu'une vidéo pure comme le cristal. Nous pouvons modeler votre vision et lui fournir tout ce que votre imagination peut concevoir, et même au-delà…

Pour la semaine qui vient, asseyez-vous tranquillement. Nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et lire. Vous allez participer à une petite aventure et faire l'expérience de l’inconnu avec « Les anecdotes de l’archiviste ».

Hum… OK trêve de science-fiction rétro. C’est Luc Dagenais au clavier. Comme vous le savez, Geneviève sera en France pour quelques jours. Comme elle n’a pas l’habitude de laisser ses lecteurs sans billets pendant si longtemps, elle m’a demandé de vous tenir compagnie de façon périodique jusqu’au 17 octobre. J’ai accepté son invitation avec un immense plaisir.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai une formation d’historien de l’art, j’écris (mais avec une seule nouvelle publiée, je ne m’étendrai pas sur le sujet, on aurait tôt fait le tour), je pratique des arts martiaux et... je suis archiviste de profession. 8o)

À lundi,

L’archiviste

mardi 4 octobre 2011

Avalée par mes valises

Ok, alors les valises du Saguenay ne sont même pas encore défaites que c'est le début du marathon de préparation pour le Festival du polar de Toulouse. Ça va être la première fois que je prends l'avion et je suis excitée sans bon sens!!!

C'est fou : la liste des trucs à mettre dans nos valises fait trois pages!

Et faut faire attention pas se tromper entre les items qui vont dans la valise de soute et ceux qui vont dans le bagage de cabine : amener un rasoir ou un coupe-ongles à bord pourrait nous valoir une accusation de terrorisme! (et un vol manqué)

Mais bon, je suis prête à faire ben des simagrées pour partir en voyage. :)

D'ailleurs, histoire de me préparer adéquatement (c'est-à-dire finir mes dossiers du boulot et boucler mes bagages sans oublier Bibitte ou mon passeport) et de me donner le temps de revenir et de me remettre du décalage horaire (pis de profiter des quelques jours de vacances qu'il me reste), je mets le blogue en pause jusqu'au 17 octobre.

Ou plutôt... ah mais non, vous verrez bien! ;)

Passez quand même par ici dans les prochains jours : vous pourriez être surpris! ;)

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En passant, Blogger a mangé mes commentaires sur les blogues d'Isa Lauzon et de Karuna/Sylvie Gaydos. J'ai pas testé les blogues de tout le monde, mais au retour si le problème est pas réglé, je vais faire l'impossible pour pouvoir revenir discuter avec vous!

lundi 3 octobre 2011

Sur l'air de la souris verte..

8 heures en signature

7 verres d'alcool

6 repas de junk food

5 heures de sommeil par nuit

4 personnes dans la chambre

3 jours de salon

2 nuits de motel louche

et 1 écrivaine pas mal amochée-é-e...

... avec la voix d'Éric Lapointe!

Quelqu'un a un remède grand-mère pour les cordes-vocales amochées?

Enfin, au moins j'ai épuisé presque tout le stock de livre qu'on avait apporté!