mercredi 1 décembre 2010

La politique du Milieu

J'ai naturellement toute la subtilité d'un coup de masse, le tact d'un bulldozer dans ses bons jours et le sens politique d'un mélèze. Et faut ajoutez à ça ma propension à ne pas savoir quand me la fermer, bien sûr.

Heureusement, la politique du milieu littéraire est suffisamment simple pour que même une catastrophe diplomatique ambulante comme moi arrive à s'en tirer. Après tout, vous n'avez qu'à...

- Ne pas dire haut et fort que vous visez les lecteurs du « grand public ». On croirait que vous écrivez des trucs médiocres.

- Ne pas dire non plus que vous visez l’élite des lecteurs. Aucun éditeur ne voudrait publier un livre en sachant qu’il ne se vendra pas.

- Ne pas admettre écrire rapidement. On dirait de vous que vous bâclez vos textes.

- Sans toutefois écrire trop lentement. Entre deux parutions, on vous oublierait.

- Ne pas trouver un côté positif dans toutes les oeuvres québécoises publiées. On vous accuserait d'être complaisant.

- Ne pas faire une critique uniquement négative d'une oeuvre québécoise publiée. On vous accuserait d'être jaloux.

- Finalement, il ne faut pas avouer avoir fait de l’argent avec vos écrits. On vous soupçonnerait d’écrire des textes grands publics.

- Mais n'allez pas non plus vous plaindre de ne pas faire d’argent avec vos livres. Ça pourrait revenir aux oreilles de Nathalie Petrowski!

Hihihihihihihi! :p

30 commentaires:

Philippe-Aubert Côté a dit…

Bref, faut se la fermer.

:-)

Dominic Bellavance a dit…

Beau résumé! Tout est là ;)

Pour les 4 premiers points : à force d'avancer dans le milieu, on se rend compte qu'il est préférable de fermer notre gueule et de laisser nos livres parler par eux-mêmes.

Gen a dit…

@Phil : Oups, je pense que je viens de contrevenir à cette règle ;)

@Dominic : J'en suis encore à naviguer les écueuils pour ma part ;p lol!

Elisabeth a dit…

Anecdote concernant le point 2:Dernièrement, un éditeur littéraire a dit que, pour ça part, il se fichait éperdument de vendre des livres. Pour lui, l'important était de publier un texte très très très travaillé côté style, un livre qui s'apparentait à un chef d'oeuvre à ses yeux. Si lui et l'auteur était pleinement satisfait du résultat, et bien, ça lui suffisait. Si les autres étaient trop ...(j'ai oublié le terme exact, désolée) pour s'en rendre compte, tant pis pour eux. Le pire, c'est que ça avait un troublant accent de vérité. Je pourrai te donner son nom si jamais tu songes à atteindre l'élite de l'élite. ;)

Pour le reste, il y a un moment que j'ai compris que j'avais beaucoup de «défauts» aux yeux du milieu. J'epprends à vivre avec! :)

Gen a dit…

@Élisabeth : J'étais plutôt dans les généralités que dans l'anecdote personnelle avec le point 2. Je veux pas nécessairement être riche, mais j'aimerais être lue! ;)

Et y'a rien de tel qu'assumer ses défauts : on dort mieux et on est plus facile à vivre! :p

ClaudeL a dit…

Le milieu, quel milieu? Il y ceux qui lisent Le Devoir, ceux qui lisent La Presse, ceux qui lisent le Journal de Montréal, ceux qui boycottent Walmart, ceux qui achètent à La Baie, il y a des universitaires, il y a les gens de la haute-ville à Québec, ceux de Mont-Royal, ceux de Brossard, ceux de... ceux de...
Et il est certain qu'un auteur ou un livre fait rarement l'unanimité. Il en faut pour tous les goûts.
Il nous reste à trouver un éditeur avec qui on s'entend.

Gen a dit…

@ClaudeL : Le libellé du billet étant "Déconnage en règle", faut pas le prendre au sérieux svp! :p Je faisais juste rassembler la somme des écueils à éviter si vous voulez être bien vu de TOUS les milieux justement ;p

richard tremblay a dit…

Ha ha ha !!!

ClaudeL a dit…

Très bien résumé d'ailleurs. Tout à fait ça! Et ça se prête tellement à bien d'autres "milieux" celui des arts visuels, de la politique, tous en fait.

Tu réussis en quelques phrases bien senties à dire autant que certains chroniqueurs qui allongent la sauce au point qu'on ne sait plus trop ce qu'il y a en dessous.

Gen a dit…

@Richard : ;)

@ClaudeL : J'suis pas un type-sauce ;p

Pat a dit…

«sens politique d'un mélèze» wow, ça c'est savoureux comme image :)

Gen a dit…

@Pat : J'ai essayé quelques noms d'animaux, mais je les soupçonne d'être tous plus politique que moi. Mélèze, ça sonnait bien ;p

Vincent a dit…

D'un autre côté, a-t-on déjà vu un mélèze se mettre les pieds dans les plats politiquement? Non? Alors c'est très fort un mélèze!

Gen a dit…

@Vincent : Je l'ai jamais vu se faire élire où que ce soit non plus... :p

Vincent a dit…

@Gen: En effet, les mélèzes préfèrent sans doute tirer les ficelles dans l'ombre. Se sont probablement de puissants lobyistes.

Gen a dit…

@Vincent : Après ça y'en a qui se demandent comment ça se fait que tu me donnes des idées d'histoire... :p

Vincent a dit…

@Gen: Tu va devoir ajouter ça dans ta liste de projet:

"Projet Mélèze, Tome 1: les racines du mal"


"Projet Mélèze, Tome 2: la poussée des lobby",

"Projet Mélèze, Tome 3: la floraison des alliances",

"Projet Mélèze, Tome 4: l'abattage des gouvernements"

Mouhaha!!!

*tousse tousse* Ce ne sont que des titres de travail là! Faut pas s'emballer trop vite

Vincent a dit…

(Je me suis quand même retenu pour pas appeler la série "Mission Mélèze" et en faire une décalogie qui n'en finit plus. :P)

Alexandre Babeanu a dit…

Ahaha, très bon miss bulldozer ;p !

Gen a dit…

@Vincent : lololololol! ;)

@Alex : Contente de vous faire sourire, comme toujours! :p

Daniel Sernine a dit…

Quoi qu'on écrive, on provoquera toujours un petit mélèze... :O/

Gen a dit…

@Daniel : Excellent! :D

Daniel Sernine a dit…

Cela dit, Geneviève, entre ton billet très... hygiénique, et celui intitulé «L'argument des chiffres» sur le blogue Terreur, terreur (comme bien des blogues, il est anonyme à mon regard de web-analphabet), je suis nettement enclin à donner raison à ce dernier...

Gen a dit…

@Daniel : C'est que j'assume mes lacunes : j'essaie pas de faire de la politique, juste de faire sourire! ;)

Cela dit, je suis d'accord avec les deux billets (celui du Mercenaire et celui d'Élisabeth) : c'est pas parce qu'un livre se vend qu'il est bon... mais c'est pas non plus parce qu'un mauvais livre se vend que c'est nécessairement un cataclysme pour le milieu littéraire. (De toute façon, si ça l'était on aurait déjà été rayés de la carte...)

Benoit Bourdeau a dit…

Très bon!

Gen a dit…

@Benoit : ;)

Isabelle Simard a dit…

Wow!!! Juste Wow!!!

@ Vincent : à quand les bouquins Projet Mélèze??? J'adore l'idée =)
Et dans le style image c'est très réussi. Bouleau aurait fait mou (genre Jean Charest)

Gen a dit…

@Isabelle : Étant donné que quand Vincent a des idées c'est moi qui doit se taper le boulot, ce sera pas pour tout de suite :p

idmuse a dit…

J'avoue que c'est excellent (et je ne suis pas le genre à me taire, donc c'est foutu !) hahaha

Gen a dit…

@idmuse : Mais non, mais non ;)