jeudi 29 octobre 2009

Halloween : fête païenne

Mes instincts d’historienne me poussent toujours à rechercher les origines des mythes, des légendes, des traditions. Vue sous cet angle, l’Halloween, fête d’origine celtique, est probablement le plus beau sujet d’étude qui soit… et le plus inspirant ensuite pour la plume de l’écrivaine! Comme je viens d'actualiser mes recherches en me penchant sur le folklore Écossais pré-chrétien, je vais en profiter pour faire ici un petit résumé des origines de ma fête préférée...

(Hep, ça me pogne de temps à autre de jouer au prof... l'avantage du blog, c'est que vous êtes pas obligés de me lire jusqu'au bout, parce que je peux pas vous lancer des bouts de craie pour vous tenir alertes...)

Premièrement, pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le polythéisme et les religions antiques, laissez-moi dissiper un mythe : vous ne trouverez jamais « la vraie façon » qu’avaient les Celtes de célébrer l’Halloween, ni leurs « vraies croyances » à son sujet. Dans l’Antiquité, la religion était multiforme, en constante évolution, elle empruntait ses rites à droite et à gauche, les fusionnait, les abandonnait, les retrouvait, en inventait un nouveau à cause d’un événement ou d’un autre… Donc, d’une région à l’autre, les rites et traditions pouvaient varier beaucoup, d’où les informations disparates et contradictoires que vous pouvez trouver sur le web au sujet de l’Halloween. Théoriquement, il serait possible de retracer les rites suivis disons par les Irlandais du sud-ouest au troisième siècle avant notre ère, mais cela serait tout de même périlleux étant donné l’absence de sources écrites… Bref : bonne nouvelle pour les écrivains : toutes les coutumes évoquées ici et là ont existé, parfois en même temps, alors pigez dans le tas au gré de vos envies!

Il n’y a qu’une fausseté souvent rapportée et qui m’énerve un peu et c’est la question de Samhain (nom irlandais de l'Halloween). Contrairement à ce qu’on trouve parfois écrit, Samhain n’était pas une divinité, encore moins un seigneur des morts, mais bien une date de calendrier.

L’année celte était divisée en deux périodes : la période sombre et la claire. Les mois sombres, qu’on disait parfois dominés par les mauvais esprits, étaient ceux de l’hiver et débutaient par le jour de Samhain, au coucher du soleil le jour précédant le premier novembre (parce que, pour les Celtes, une journée commençait au coucher du soleil). Les mois clairs, où on voyait dans toute chose l’influence d’esprits bénéfiques, commençaient quant à eux avec le jour de Beltane, la veille du premier mai. Ces deux dates étaient l’occasion de fêtes, fête du renouveau et de la fertilité pour Beltane, fête des récoltes et des morts pour Samhain.

Comme les Celtes croyaient que toute frontière pouvait servir de point de passage entre le monde des vivants et celui des esprits, ces deux dates étaient reconnues comme des moments où morts, fées, esprits-follets et autres créatures surnaturelles pouvaient se glisser dans le monde des vivants ou, plus dangereux encore, des périodes où le mortel qui ne prenait pas garde à ses pas pouvait aller se perdre dans l’Autre Monde.

C’est autour de la célébration des récoltes, des morts et de la proximité de l’Autre Monde que sont nés tous les éléments modernes de l’Halloween : lanternes sculptées, friandises autorisées par l’abondance soudaine, motifs morbides, déguisement pour faire fuir les mauvais esprits, feux de joie pour cimenter les communautés…

… et histoires à faire frémir les téméraires, jeunes et moins jeunes, afin de les instruire des dangers des mois sombres : forêts impénétrables, vagabonds affamés, famines et tempêtes.

Bref, la fête de Samhain était un dernier moment de réjouissance, une célébration teintée de fatalisme, à l'époque de l'année où on terminait les récoltes et s'apprêtait à se calfeutrer chez soi pour affronter les rigueurs de l'hiver.

Demain, la récupération chrétienne de la fête…

5 commentaires:

Anonyme a dit…

D'après ce que j'avais lu, les gens se déguisaient en morts, afin de tromper les morts sur leur nature de vivants : ainsi, les vivants ne couraient aucun danger lorsque les morts sortaient pendant cette nuit-là.

Pascale (qui adore les fêtes païennes, ouep!)

Gen a dit…

@Pascale : Allo :) Il y a effectivement eu des coins d'Irlande et de Bretagne continentale où cette pratique semble attestée, surtout pour ceux qui devaient s'éloigner des villages et voyager seuls pendant cette nuit-là.

Comem je disais, la fête ayant probablement quelques milliers d'année d'existence, c'est vraiment une mine de coutumes toutes plus intéressantes les unes que les autres :D

Gen a dit…

(Mais, d'un point de vue purement historique, c'est une plaie cette fête! Il y a des dizaines de coutumes mentionnées ici et là une fois chacune, à des époques différentes, par des gens qui ne les comprenaient pas trop ou, pire, qui les prenaient pour acquises et ne les expliquaient pas).

Alexandre Babeanu a dit…

M'dame, M'dame, j'ai une question... comment passe-t-on de "Samhain" a "Halloween", etymologiquement, j'entends?

Interessant en tout cas...

Gen a dit…

On va voir ça demain Alex! ;)