lundi 1 mars 2010

Culture vs divertissement

Avec des amis, dans les journaux, à la télé, etc, il arrive souvent qu'on parle de la différence entre ce qui constitue un produit culturel et ce qui constitue un simple divertissement.

En partant se pose le problème suivant : un truc culturel doit-il être sérieux ou peut-il divertir? À tous ceux qui auraient le réflexe de dire que les trucs légers ne peuvent pas être de la "culture", je vous ai déjà préparé une réponse imparable : Much ado about nothing / Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare. Regardez-moi ça en essayant de garder votre sérieux! Donc, on ne peut pas dire : c'est sérieux, c'est de la culture.

Alors comment faire la nuance? Avatar est-il un produit culturel? Oui, il va marquer l'évolution du cinéma, mais en dehors des artisans du cinéma, sera-t-il un jour une référence commune? Parce qu'au fond, c'est ça aussi un produit culturel : un truc commun auquel on peut faire référence, qu'on va vouloir récupérer, réutiliser. Sans Dracula, pas de Twilight. Mais sans Twilight...

Pendant longtemps, je me suis interrogée (en tant qu'écrivaine et lectrice des littératures "de genre", je suppose que c'était inévitable). Telle oeuvre est intéressante et bien faite... mais mérite-t-elle le titre de produit culturel ou n'est-elle qu'un divertissement jetable?

Et puis, dernièrement, j'ai découvert un test qui m'a semblé fiable et facile : l'épreuve des vingts ans. Le test est simple au fond : il suffit de se dire : dans vingt ans, ce livre ou ce film ou cette chanson, malgré sa technique peut-être désuette, sera-t-il encore intéressant autrement qu'en tant qu'objet historique? Il me semble que c'est en effet au bout d'une vingtaine d'années qu'on peut voir si l'oeuvre est assez solide pour être appréciée par la tranche d'âge subséquente, si elle va devenir une partie du fond culturel commun. Et l'avantage avec ce test, c'est que même mon (relativement) jeune âge me donne déjà des exemples de trucs qui ont survécu à ces fatidiques vingt ans.
Cela dit, ça m'attriste de penser que ça va prendre au moins 20 ans avant d'être débarrassée de Twilight et de Harry Potter!!!

Et là je réalise que j'ai même pas abordé la différence entre culture et culture populaire... mais y en a-t-il vraiment une?

8 commentaires:

Joe G. a dit…

Les "Wharolïtes" dirait surement que y'en a pas de différence.
Personellement je crois que quand l'intérêt commercial est à l'avant plan, c'est du pop. Bien qu'on ne peu pas toujours tranché au couteau; The Beatles pour ne nommé qu'eux.

Pour l'épreuve du temps, je suis d'accord que ça déféni les classique, mais je suis convaincu que Twilight et Harry Potter vont encore être encore présent sur le marché dans 20 ans, la nostalgie ça rapporte.
Un peu comme les Transformers dont les premières saisons sont eccécrables mais qui subsiste encore.

Gen a dit…

@Joe : Désolée pour le délai de publication : t'as commenté un billet qui n'aurait pas dû être déjà lisible! hihihihi

Nostalgie... ouais, j'avais oublié ce facteur... Sauf que, d'un autre côté, est-ce que c'est vraiment "survivre à l'épreuve du temps" que de se faire déterrer vingt ans plus tard par des adultes qui s'ennuient de leur passé?

Pierre H.Charron a dit…

J'ai le canal Prise 2 dans mon forfait Tv-satellite. Il diffuse des émissions et films d'antan... Quelques fois, je m'accroche à des épisodes de Symphorien ou des Joyeux Naufragés...

Chantal dit que je fais dur de regarder ces vielles patentes...moi, il me divertisse encore...Mais je dois avouer que la moitié du plaisir est que je suis un nostalgique et je refuse de croire que ce que j'ai aimé un jour peut m'être indifférent un jour....pour quel raisons..la mode ? l'évolution? la techno périmée? les qu'en dira-t-on?

Moi je suis pour aimer un jour, aimer toujours. Trouver que la toune In the Shadows du goupe the Rasmus (2004) c'est vieux et quétaine parcequ'on ne la joue plus à la radio..c'est pathétique. Je suis branché sur 105.7 Mario Lirette tout le week-end !! Vive le disco et la Dance Music :)

Wein..je suis un brin nostalgique, mais je m'assume ;) Je suis un culturo-récréatif voilà!

Gen a dit…

lol! Ça c'est un nostalgique assumé ;)

En tant que fille de la génération suivante, je dois dire que j'ai jamais trouvé les Joyeux Naufragés très drôles. La toune du début m'est restée en tête par contre ;)

Des fois, sans que ce soit une question de mode, les trucs perdent leur attrait une fois sortis de leur contexte culturel de production... ou juste parce qu'on change nous-même.

Je ne trouve plus Légende d'Automne aussi intéressant qu'avant ;p

Karuna a dit…

Culture VS divertissement = faux problème (à cause de VS).
1-Il doit y avoir un intellectuel universitaire qui a pondu une thèse de doctorat en trois volumes pour faire la différence entre culture et divertissement. Sais-tu quoi? C'est pas moi qui va aller la lire.
2-Il y a des oeuvres hautement culturelles qui ont rejoint trente personnes et qui sont tombées dans l'oubli en moins de temps qu'il n'en faut pour écouter un volet de Twilight. Pendant ce temps là, J.K. Rowling aura marqué toute une génération de petits et grands lecteurs. C'est comme plusieurs millions de personne faisant un pied de nez au prix Goncourt.

Alexandre Babeanu a dit…

Et pour élaborer sur le point de vue de Karuna, je pense qu'on peut dire que tout objet/produit culturel est avant tout populaire.

Si personne n'aime une oeuvre, elle restera à jamais dans l'ombre. Si par contre beaucoup de monde aime une oeuvre, on la propulse sur un piédestal, et finalement, elle rentre dans la culture le "panthéon" de la culture.

Pour le divertissement, en particulier, je dirais que le but des oeuvres de fiction est principalement de divertir le lecteur/visionneur... Même s'il ressort de l'oeuvre un problème profond ou un commentaire sur la Société (1984, Quatre-Vingt-Treize, Le Procès, ....etc...), il n'empêche qu'une oeuvre de fiction n'est pas un Essai, un reportage ou un pamphlet. Ce medium se doit de divertir un minimum, sinon autant écrire de la "non-fiction".

Au final, il me semble que tout divertissement devient culture quand un nombre suffisant de personnes s'y attachent (voir la série "Friends"... pour moi, c'est de la pop culture, maintenant). C'est une question de volume il me semble... (tout dépemd de si l'on parle de la culture d'un peuple, ou personelle... Dans ce dernier cas, chacun voit midi à sa porte et prend la culture où elle/il veut).

Frédéric Raymond a dit…

Comme le dit le slogan de Devil's Due Publishing : "Pop culture is our culture". J'endosse à 100%.

Gen a dit…

@Karuna : Je ne crois pas aller lire cette thèse non plus, mais des fois, je m'interroge. Parce que oui, il y a des trucs qui étaient supposés être éminemment culturels qui sont tombés dans l'oubli assez vite. Par contre, il y a aussi des trucs qui ont marqué une génération... mais dont toutes les générations suivantes se foutent. Peut-on vraiment dire que c'était culturel?

@Alex : Entièrement d'accord avec l'obligation de divertissement. Mon interrogation était plutôt au sujet de la deuxième partie : est-ce seulement une question de volume? Si oui, Star Académie deviendra un pilier de la culture québécoise (et je vais être malade juste de l'avoir dit)...

@Fred : En effet, vive la pop culture ;) ... mais ça reste une culture...