mardi 25 mai 2010

On peut pas plaire à tout le monde...

On peut pas plaire à tout le monde et ce n'est jamais aussi clair que quand on reçoit des rapports d'un comité de lecture. Les suggestions partent souvent dans tous les sens. Cependant, en relisant les commentaires négatifs, je me rends compte qu'on peut les classer dans quatre catégories :

1- les défauts réels (auquel cas reste juste à ravaler notre orgueil et à se remettre au boulot)

2- les incompatibilités de genre (on a écrit du fantastique et le lecteur aime pas... rien à faire :  faut vivre avec)

3- l'incompréhension du lecteur (c'est assez rare, mais ça arrive, surtout quand ledit lecteur a lu trop vite et sauté un détail crucial... solution : mettre plus d'emphase sur ce détail)

4- la suggestionnite (ça, c'est quand le lecteur vous suggère d'écrire l'histoire qu'il aurait écrite s'il avait eu votre idée avant vous au lieu d'essayer de vous donner des pistes pour améliorer celle que vous avez effectivement écrite... ça, ça énerve!!!)

Ça énerve tellement en fait que, des fois, après avoir lu des commentaires négatifs de ce type-là, on fait un billet sur la question... :p

23 commentaires:

Dominic Bellavance a dit…

Ça m'arrive de faire la suggestionnite #4, mais je ne crois pas que ce soit forcément mauvais. Des fois, une histoire doit prendre une nouvelle direction pour bien fonctionner; ça demanderait moins d'efforts que d'essayer de redresser un morceau tout tordu. Ce qui m'énerve personnellement, c'est ce que tu as dit dans ton introduction : quand les suggestions partent dans tous les sens. La "direction" littéraire ne peut être faite par plus d'une personne, à mon avis. L'expression le dit : il faut aller dans une direction, et pas n'importe où. Il n'y a rien qui m'horripile autant que de recevoir deux ou trois commentaires "officiels" faite par une maison d'édition, et que ces commentaires soient contradictoires.

Gen a dit…

@Dominic : Je m'exprimais peut-être mal au sujet de la suggestionnite... Je veux pas dire : on suggère une nouvelle avenue pour l'histoire à partir d'un certain point. Je voulais dire : on suggère une nouvelle histoire. Je te donne un exemple : disons que tu écris une histoire avec un ton dur et violent à propos d'un fantôme et d'un itinérant où le fantôme, issu des hallucinations du gus, le pousse finalement au suicide. Et là tu reçois un commentaire de lecture qui dit en gros "tu devrais plutôt explorer, sur un ton onirique, comment les hallucinations de l'itinérant peuvent l'amener à refaire sa vie et à trouver la rédemption".

Mais, en effet, y'a rien de pire que des commentaires qui se contredisent! Je dois dire que pour l'instant j'ai tendance à ignorer les éléments contradictoires (me disant que si un veut me pousser dans une direction et l'autre dans une autre, c'est que je dois déjà être au point milieu...), mais j'ai pas encore eu droit à des contradictions venant de sources officielles...

Cela dit, ces temps-ci j'ai droit à des commentaires contradictoires, mais positifs, PLUS une suggestionnite carabinée de type "mettez-moi cette histoire à terre et recommencez". Pfffff...

ClaudeL a dit…

Il existe des cours en création littéraire, il existe des ateliers d'écriture, mais existe-t-il des cours pour la rédaction de critiques et des cours pour la direction littéraire?
S'il y en avait il faudrait aussi des cours de psychologie. Comment parler aux auteurs.

Mais peu importe qui dit quoi à qui, l'humain est un être de réactions.

Bon je m'en vais où comme ça?

Gen a dit…

@ClaudeL : Je pense que tu soulèves un point important : critiquer de façon constructive est un art qui s'apprend je suppose ;)

Il y a aussi différente façon de retravailler un texte... Personnellement, je polis les morceaux qui accrochent (ou je laisse carrément tomber si c'est trop mal foutu), mais je ne détruis pas l'édifice pour le reconstruire avec les mêmes pièces. Cependant, je sais que certains le font... ça explique sans doute les commentaires de type "suggestionnite"...

Karuna a dit…

Je suis d'accord avec Dominic. Pour s'y retrouver, il est préférable de faire équipe avec une seule personne et ramer dans le même sens. On peut quand même écouter les autres commentaires, mais en prenant une distance, avec une attention flottante, diraient les psychanalystes.

Gen a dit…

@Karuna : Bien d'accord avec toi et Dominic : mieux vaut les conseils d'une seule personne. Mais c'est pas toujours possible (ah, les joies des ateliers littéraires.... :p )

Pat a dit…

C'est qui? C'est quoi? C'est où?

:)

Gen a dit…

@Pat : Étant donné ma montée de lait, je vais m'abstenir de donner des détails ;) Sinon je vais avoir des commentaires de type #5 la prochaine fois : attaques personnelles envers l'auteur! hihihi ;)

ClaudeL a dit…

Quand on revient calme, il faut se demander pourquoi ceux-ci nous irritent plus que ceux-là. Souvent c'est la manière que ça été dit. la personne n'a pas le tour. Ou ça fait un bout que la personne nous est antipathique, sans qu'on sache trop pourquoi, alors tout passe par cet entonnoir de rejet. Même si dans ses propos, il a raison (ce qu'on n'admet pas du tout sur le moment et peut-être jamais), les dits propos seront rejetés en bloc pour cause de mauvaise présentation.

J'en ai 3-4 comme ça dans ma besace: ils pourront dire n'importe quoi, ils ont tort!

Pat a dit…

Je suis membre d'un comité de lecture pour une maison d'Édition de réputation internationale(oui môsieu), et je tente d'être constructif, mais aussi très sévère. Parcequ'au bout du compte, je veux aimer ce que je lis. Généralement,(c'est personnel ici) quand je fais beaucoup de commentaires négatifs, que je repère plein de fautes, c'est que je crois au texte. En même temps, mon opinion n'est pas la meilleure, elle est juste là pour tracer un chemin et donner des outils afin que l'Éditeur fasse un ou des choix.

Gen a dit…

@ClaudeL : Personnellement, les commentaires qui m'irritent sont ceux qui ne partent pas de ce que j'ai fait pour l'amener ailleurs, mais qui me disent clairement ce que le lecteur pense que j'aurais dû faire. Ça, je suis pas capable. Je trouve que c'est irrespectueux. Pour ce qui est de ceux qui savent juste pas s'exprimer ou dont je ne prendrais pas les commentaires anyway, je les évite ;)

@Pat : Pour avoir déjà lu de tes critiques, elles sont effectivement dans la lignée de celles de l'Ermite : sévères, mais justes et constructives. Très utiles pour l'éditeur, j'en suis sûre ou, en tout cas, très utiles pour l'auteur :)

Frédéric Raymond a dit…

Est-ce que les commentaires contradictoires ne pourraient pas pointer à un autre problème, qui n'a pas vraiment rapport, mais dont dépendent ces commentaires tout à fait opposé? Ça m'est déjà arrivé en tout cas. Et la plupart du temps, c'était des problèmes dont j'étais à peu près conscient, mais que je ne voulais pas me donner la peine de régler (ou de m'avouer...).

Gen a dit…

@Fred : Dans le cas qui me préoccupe, les commentaires contradictoires semblent ici s'appuyer beaucoup sur une question de goût personnel. Mais parfois, tu as raison, ils originent d'un problème plus profond.

De toute façon, comme je disais, les commentaires contradictoires, je peux vivre avec. C'est les commentaires pas rapport qui me gossent...

Alamo a dit…

Lorsque je lis des textes soumis à Brins, j'essais d'être le plus objectifs possible dans ma démarche et d'être le plus pertinent possible dans mes commentaires. Je lis des textes carrément nul, je lis des textes "ordinaires" et je lis des textes formidables et exquis (mais que parfois, je coche comme refus, pour X raison...).

Dernièrement un texte à été comme ça. À la lecture j'étais captivé jusqu'au dernier moment, où l'auteur m'indique clairement qu'il m'a fait perdre mon temps lors de la lecture et qu'il démontre une montée d'orgueil et de pétage de bretelles. Résultat: refus instanné et frustration du plus haut point.

C'est une bonne chose que les textes que G nous fait parvenir sont anonyme, car connaître l'auteur du dit texte, je lui aurais "crissé" une claque derrière la tête pour son erreur et son talent gaspillé comme ça.

/fin de la montée de lait.

Sur une autre note, certains textes sont bons, mais ne cadrent pas assez dans le genre pour être accepté selon moi ou ne sont pas assez bon par rapport à d'autres que j'ai lu ou que j'ai à lire dans la même "batch" à lire. C'est con, mais ont publie environ 15-20 textes par année avec la revue, alors c'est sûr qu'en tant que lecteur du comité, je focus mes énergies vers les textes les plus originaux et les plus forts. C'est ça le milieu compétitif et restraint du Québec, différent des États-Unis où y a genre 50 revues différentes... ;)

Cependant, à moins que le texte soit vraiment, mais vraiment pourris (ce qui est très rare, heureusement) je me donne comme mandat de toujours trouvés au minimum un ou deux aspects positifs au texte. :)

Finalement, suis-je un lecteur impitoyable ou seulement réaliste? À vous de juger si vous recevez mes commentaires après soumission! :p

Gen a dit…

@Alamo : Pour avoir reçu certains des dits commentaires (en tout cas, je présume que tu étais dans la batch que G. m'a envoyée), je pense pas que tu sois impitoyable.

Tu soulèves un bon point avec l'anonymat des processus de sélection et de commentaire. Je pense en effet que ça évite d'avoir envie d'allonger des baffes à certains, peu importe pour quel motif! hihihihi

Et tu n'as pas à t'excuser de te concentrer sur les textes les plus originaux et les plus forts. Je pense que c'est ce que toutes les revues font... et c'est ce qui pousse les écrivains à avancer ;)

Alamo a dit…

Héhé n'oublie pas qu'il y a 3 groupes qui forment le comité de lecture, donc il se peut que ce ne soit pas le miens qui t'es lu... ;)

Et moi aussi j'essuis encore des refus et je te comprends, parfois on à l'impression que le lecteur n'a pas saisi l'essence du texte ou qu'il n'a simplement pas apprécié alors que d'autres eux, l'auraient aimé. C'est le gamble de l'auteur: on ne peut pas plaire à tout le monde. :)

Gen a dit…

Je pense qu'on va toujours essuyer des refus et que c'est normal. Que mes textes déplaisent, je peux vivre avec.

Ce qui m'enrage, c'est de me faire dire "tu ne nous amènes pas là où tu voulais", alors qu'on ne m'a pas demandé où je voulais aller, justement. Ça a tendance à m'amener à deux conclusions : soit le lecteur est un voyant, soit il analyse l'idée qu'il s'est fait du texte plutôt que le texte lui-même. C'est ça que j'appelle une "suggestionnite". C'est un truc hautement irritant... pour l'auteur! :p

Vincent a dit…

J'ai lu quelques uns des commentaires qui ont étés envoyés à Gen et je dois dire qu'il y en avait des bizarres...

Alamo a dit…

Hey bien... Je serais curieux de voir ça éventuellement en privée, l'internet n'étant pas propice à ça... ;)

Mais dis-toi une chose, au moins, tu as eu droit à des commentaires et non un simple: votre texte ne correspond pas aux attentes de la revues *blah blah blah blah blah*. :p

Gen a dit…

@Alamo : En effet, j'ai été chanceuse là-dessus... mais bon, les circonstances sont particulières... je veux pas trop en dévoiler non plus ;)

Et ouais, je t'enverrai ça un jour en privé... quand suffisamment d'eau aura coulé sous les ponts pour que, si jamais ça venait de toi, j'ai pas envie de t'étrangler! mouhahahahaha ;p

Alamo a dit…

Hahaha t'inquiète, j'suis fait tough sous mon frame de chat de gouttière... :P

Joe G a dit…

C'est exactement pour ça qu'il faut toujours visé le plus bas dénominateur commun.

Gen a dit…

@Joe : Celui qui va dire "c'était ben ben bon ton texte"? ;) Y'a un gros défaut : il est rarement éditeur! hihihihi