mardi 20 juillet 2010

C'est dur de pas se sentir insultée...

C'est dur de pas se sentir insultée quand tu dis à quelqu'un : "Dans mes loisirs j'écris. J'ai publié quelques nouvelles et là je travaille sur mon premier roman." et que tu te fais répondre "Ah, ma fille aussi écrit. C'est fou l'imagination qu'elle a. Son professeur de cinquième année en revient pas."

...

C'est pas que je méprise la petite de cinquième année. Moi aussi j'écrivais à son âge. Mais que ce soit la seule réponse qui vienne à l'esprit de la personne d'en face, ça envoie un drôle de message...

51 commentaires:

Frédéric Raymond a dit…

C'est vrai que c'est insultant...

Ça me fait penser au temps au temps où on habitait en France et que, quand on disait qu'on venait du Québec ou du Canada, la première chose que les gens disaient c'était... "Ah! Mon fils a visité le Canada!" ou encore "Ma soeur habite au Canada, la connaissez-vous?" Les gens ramènent tout à eux mêmes...

Less a dit…

Hi ! Hi ! Il y a ceux qui croisent que les écrivains sont millionnaires, et ceux qui croient qu'écrire est un divertissement accessible à tous — qu'eux aussi pourraient s'ils le voulaient. Les premières fois, j'y voyais de la jalousie, aujourd'hui je leur réponds qu'ils ont raison. Après tout, on a tous une chance, il suffit d'essayer. Moi je le fais, et toi ? L'écriture suscite des réactions pour le moins excessives, personne n'est indifférent face à cette "activité". Au fond, je crois que c'est une bonne chose, jalousie ou pas. Mais c'est vrai que ça fait chier.

Pat a dit…

"Moi aussi, je veux écrire un roman. Pas tout de suite parce que je suis occupée, mais à ma retraite."


Sur le coup, ça me fait rire. Mais quand je reviens chez moi, ça me fait réfléchir.
Dans le fond, plusieurs personnes peuvent écrire, mais la majorité ne sait pas que c'est dur de bien le faire.

Gen a dit…

@Fred : Oui, en effet, c'est le même genre de réaction réductrice genre "je m'y connais aussi".

@Less : Accessible à tous... Oui, bien sûr. Mais c'est drôle : les gens réalisent que n'importe qui peut peindre, mais que le talent n'est pas donné à tout le monde, sauf qu'avec l'écriture, ils ne semblent pas voir cet aspect. J'entends dire que je suis disciplinée, que j'ai des bonnes idées, que je suis prête à investir mon temps, que je suis patiente... mais l'idée que les écrivains puissent avoir un certain talent (qui se développe, d'accord, mais quand même), ça ne semble effleurer personne ou presque!

@Pat : En effet, la majorité des gens n'a aucune idée de ce que ça demande de bien écrire. En fait, je pense qu'on n'en a aucune idée tant qu'on se fait pas corriger sérieusement son premier texte. C'est là qu'on voit si on a ce qu'il faut pour retravailler et continuer je pense.

Vincent a dit…

Mettons que c'est pas fort comme réponse... Rien d'autre à ajouter. :p

Pat a dit…

Je crois que c'est Frédéric qui a raison.

C'est plus un réflexe de ramener tout à soi-même qu'un mépris pour ce que tu fais, Gen.

Quoique je dis ça sans connaître ta subtile interlocutrice.

-Pat the cat

Gen a dit…

@Vince : Pas fort, mais courant.

@Pat the cat : Si seulement c'était un cas isolé! À la lumière de vos commentaires, je vois donc deux options : soit je connais seulement des égocentriques, soit je connais seulement des gens qui confondraient un dessin d'enfant de 12 ans et un Rembrandt. :p

Isabelle a dit…

Ouin assez insultant cette réplique. Tout le monde peut écrire, mais est-ce qu'ils sont capable de bien le faire et comprennent tout le travail qu'il faut mettre sur nos texte.

Less a dit…

Si j'avais voulu, moi aussi j'aurais pu devenir peintre. J'ai fini deuxième au concours de dessin de mon école primaire, une fois. J'avais d'autres ambitions...

Gen a dit…

@Isabelle : Ben non, ils comprennent pas. D'un autre côté, avant de corriger un texte pour la première fois, je savais pas non plus la somme de travail qu'écrire pouvait demander. J'avais pondu de quoi de passable au fil de la plume. J'écris plus comme ça maintenant. Ça demande plus d'effort le premier coup, mais c'est plus souvent bon! lol! ;)

Gen a dit…

@Less : lolololol! Je t'imagine dire ça à quelqu'un qui se consacre à la peinture! hihihihi

Frédéric Raymond a dit…

La langue appartient à tout le monde. C'est ce qu'ils disent dans certains cours de linguistique. Tout le monde se croit capable d'écrire ou de réviser un texte. Comme tout le monde peut discuter de l'origine des mots... Est-ce que ça fait des gens des linguistes, des réviseurs qualifiés ou des écrivains compétents?

Quand Caroline (mon épouse), rédactrice et réviseure de formation, explique son métier à des gens, il répondent souvent : "Moi aussi chui bon en français." Chaque fois, c'est difficile de retenir les soupirs d'exaspération.

Gen a dit…

@Fred : Je comprends ton épouse, mais là on quitte l'art et on entre dans le domaine de la compétence acquise et des qualifications. Techniquement, n'importe qui avec une certaine sensibilité linguistique pourrait acquérir la formation lui permettant de devenir réviseur ou linguiste.

De la même façon, n'importe qui une fois formé pourrait être peintre en bâtiment. Mais pas nécessairement artiste peintre.

Je pense qu'on a tendance à évacuer l'idée du talent de ce qu'on fait. Et c'est malsain. Un écrivain ne possède pas seulement une technique et du temps à perdre. On a un élan créateur, une vision des mots qui n'est pas donnée à tout le monde, non? Et c'est ce qui nous différencie d'un réviseur ou d'un prof de littérature ou d'un rédacteur professionnel. C'est ce qui nous permet d'écrire même sans avoir été formés à le faire.

Frédéric Raymond a dit…

@Gen Arguments acceptés! ;-) Dans tous les domaines, la vision fait la différence entre le banal et l'exceptionnel.

Frédéric Raymond a dit…

@Gen Je dirais même que la vision est possiblement plus importante que le talent. Plusieurs auteurs qui n'écrivent pas nécessairement bien sont extrêmement populaires (Meyer, Rowling, etc...). Leur vision fait peut-être toute la différence...

Gen a dit…

@Fred : En effet, la vision est plus importante que le talent. Et avec les cas nommés, une vision avec un bon potentiel de marketing peut combler tous les défauts ;)

Michel Gingras a dit…

Oui, je me suis déjà fait répondre la même chose que toi Gen lorsque je disais que j'écrivais. "Ma fille écrit" et "Ah, moi aussi j'écris !" Quand je vois des auteurs comme Alexandra Larochelle qui a publié son premier roman à onze ans et que c'est un succès juste parcequ'elle la publié jeune, ça m'écoeure. C'esrt écrit gros et les six courts romans qu'elle a publié pourrait n'en faire qu'un seul, tellement le nombre de pages est minime.

Dans un autre ordre d'idées, les gens ne s'imaginent pas le travail qu'on met à écrire. Quand un jeune auteur publie un premier roman, la question qu'on lui pose est: " est-ce qu'il est disponible dans les bibliothèques ?" Au lieu de demander si il en as à vendre et l'encourager.

Petite montée de lait :P

Alamo a dit…

Dans la même lignée d'idées... Tout le monde peut lire, mais est-ce tout les lecteurs qui peuvent bien analyser un texte et bien le "comprendre"? ;)

La plupart des gens vont te dire "ah oui j'ai lu de la fantasy! C'était bin bon les chevaliers d'émeraude d'Anne Robillard, c'est du grand art!" alors que d'autres, disont, plus connaissant dans la matière, vont lire un texte, en décortiquer le contenue, la langue et la prose, les thématiques, les métaphores, etc, etc et vraiment apprécier le texte.

Je ne ferai jamais lire du Gene Wolfe à des amateurs d'Anne Robillard. Ils vont abandonner après 20 pages parce qu'ils ne comprendront rien... ;)

C'est pareil pour l'écriture, tout le monde peut le faire, la question c'est "est-ce que ça va être bon et avoir de la valeur?" j'pas sûr...

Comme tu dis, du talent, c'est pas à porter de tous.

Gen a dit…

@Michel : Montée de lait pardonnée ;) Cela dit, quand un auteur publie très jeune, on en entend beaucoup parler, mais très peu pour le contenu du bouquin. Et je me demande si ça se vend tant que ça.

@Alamo : Là par contre, je pense qu'on retombe dans les questions de technique acquise. Non, tout le monde n'a pas le bagage pour décortiquer un texte. Tout le monde n'a pas non plus envie de l'apprendre. Par contre, je ne pense pas que c'est hors de portée à condition d'un peu de bonne volonté et de nombreuses heures de cours! ;)

(De la même façon, tout le monde est pas formé à analyser l'histoire, mais ça prend pas la tête à Papineau pour l'apprendre. Juste une bonne dose de masochisme... Cela dit, oui, il y a des gens qui l'apprendront et l'appliqueront plus facilement, mais j'élèverai jamais l'analyse au rang d'art! ;)

Tout le monde peut écrire un texte qui se tient. L'écrivain, c'est celui qui le fait sans y être obligé et qui essaie d'aller plus loin que "le faire se tenir".

Pat a dit…

Et ça ne s'apprend pas le ''plus loin que le faire tenir''?

Je me fais un peu l'avocat du diable mais, je me sens un peu inconfortable à la lecture de certains commentaires.

Nous sommes donc, nous les écrivains, des êtres exceptionnels aux talents de loin supérieurs à ceux qui n'écrivent pas?

ClaudeL a dit…

Tu as le tour de peser sur de bons pitons pour susciter des commentaires.

On ne s'habitue pas. L'artiste, ma co-blogueuse qui me souffle des sujets parfois, vit ça depuis pas mal longtemps "C'est un beau passe-temps? je peins moi aussi, je prends des cours, combien de temps pour peindre ce tableau, avez-vous une reproduction de ce tableau?" Et moi l'écrivaine, bien sûr, des "moi aussi j'écris", etc.

Faudrait vérifier, mais je crois que c'est typiquement québécois: syndrome du patenteux: on peut le faire. Pas les moyens de se payer une oeuvre d'art alors ils vont essayer de le faire. Se valoriser plutôt que d'admirer le travail de l'autre.

Les anglophones apprécient plus le travail de l'artiste, de l'artisan, ils sont prêts à payer -- comprendre sans négocier-- pour le travail de l'artiste, ils reconnaissent qu'ils ne sont pas capables d'en faire du pareil, ils respectent le travail des autres.

Le plus difficile c'est de ne pas répondre agressivement. Se ramasser une série de réponses possibles pour ne pas leur sauter à la gorge. Éduquer! Oh! ya!

Gen a dit…

@Pat the cat : Oui, ça s'apprend. Mais il faut une base et la volonté de le faire ensuite.

Sommes-nous des êtres exceptionnels? Non, loin de là. Et peut-être y a-t-il des gens qui n'écrivent pas et qui auraient un talent extraordinaire, mais un talent, c'est comme une plante : ça se cultive. On peut pas faire fleurir un pot où il y a rien qui pousse. Mais un pissenlit peut devenir plus vigoureux qu'un rosier pas entretenu.

Et pourquoi est-ce qu'il faut être gêné de penser qu'on a peut-être un certain talent? Ne serait-ce que dans la mesure où on VEUT écrire. Remplace "talent" par "élan" si tu veux. Je disais que l'écrivain est celui qui écrit sans y être obligé. Parce qu'il en ressent le besoin. C'est peut-être juste ça le talent. Ça se réveille à différent moment.

Mais oui, ça nous place à part.

Aux arts martiaux, j'ai pas de talent. De la technique, oui. De l'intérêt, oui. Mais du talent brut qui me ferait comprendre plus vite? Non. Le talent qui me ferait saisir des stratégies instinctivement? Non. Quand on me l'explique, je comprends et j'applique. Mais par moi-même, je n'aurais pas réalisé qu'il me manquait quelque chose. Vincent, lui, réalise des choses comme ça. Il sait parfois qu'il lui manque des éléments, sans même savoir ce que ça pourrait être.

De la même façon que je peux relire un de mes textes et me dire : non, c'est pas encore ça.

Gen a dit…

@ClaudeL : Je ne pense pas que ce soit typiquement québécois, parce que des "moi aussi j'écris", j'en ai entendu beaucoup venant d'Européens.

Et nos anglophones sont encore plus riches en moyenne que le reste de la population, ce qui explique je pense la facilité à dépenser. Cela dit, leur culture du mécénat est plus implantée, pas juste en art.

Frédéric Raymond a dit…

Du travail, de la volonté et une vision. C'est pas tout le monde qui peut fournir les trois. On peut juger des deux premiers, mais pour le troisième, le jugement doit venir d'ailleurs...

Gen a dit…

@Fred : En effet. C'est si dur de juger nous-même de la qualité de notre travail!

Joe G a dit…

hehe, c'est parfois difficile faire du "small talk" sans faire ou provoquer de grimace.

J'ose croire quand même qu'écrire passe mieux que faire des p'tits dessins ou pire, être un "tracer".

Gen a dit…

@Joe G : Je sais pas. Pas sûre que ça passe mieux. La majeure partie des gens est prête à dire qu'elle a pas de talent en dessin... Cela dit, c'est sûr que si tu veux être pris au sérieux, faut toujours que tu aies des réalisations à montrer.

Parce que la question qui suit le "Ah, moi aussi je fais ça/Ah, ma fille aussi", c'est "Combien ça paie?" ;p

Pat a dit…

Et est-ce que Vincent se fâche lorsque quelqu'un lui dit ''Mon neveu pratique aussi les arts martiaux!''.

C'est peut-être que je suis de nature trop conciliante, mais je ne vois pas la méchanceté ou le mépris dans ce genre de commentaire.

Si quelqu'un me répond ''Moi aussi, tu sais, j'aimerais bien écrire'', je dis: super! Tu vas voir c'est passionnant.

Je ne me dis pas que cette personne ne connaît rien à l'écriture, qu'elle ne sait pas ce que ça représente comme travail, que ce n'est pas n'importe qui qui peut écrire.

C'est ce qui me rend inconfortable: ce réflexe défensif. Se sentir menacé et s'isoler en se disant ''ils ne comprennent pas''.

Sinon, je me range à tes arguments, Gen. Je crois que tu as raison. Le talent, ça se cultive. Et il en faut probablement une petite dose au départ pour alimenter tout ça.

L'écrivain, par son élan créateur, a sans doute un petit quelque chose de plus. Une certaine sensibilité qui échappe à d'autres.

Gen a dit…

@Pat-the-cat : Je comprends ton malaise avec le réflexe défensif. Je spécifie d'ailleurs :

J'ai pas de misère avec : "Moi aussi j'aimerais bien écrire". Dans ce temps là, j'ai le même réflexe que toi : cool, joins-toi à nous! :) J'ai de la misère avec "Ma fillette aussi écrit". L'association à un enfant est très réductrice. J'ai aussi de la misère avec "Moi aussi j'écris" et quand tu poses des questions, tu découvres que non, la personne n'écrit pas. Elle voudrait le faire, mais elle n'a pas commencé. Donc, quand elle dit qu'elle le fait, elle est de mauvaise foi. (Et la mauvaise foi me fait TOUJOURS pogner les nerfs! lol!)

Et non, Vincent se fâche pas quand on lui dit "mon petit neveu fait des arts martiaux lui aussi". Il se fâche quand ledit petit neveu pratique en fait le yoga ou quand ledit petit neveu de 8 ans a déjà une ceinture noire. Parce qu'à 8 ans, tu n'as pas une maîtrise d'un art méritant une ceinture noire. Et à 11 ans, tu n'es pas encore un écrivain.

Frédéric Raymond a dit…

@Gen Une réponse à la maman fière serait peut-être : "C'est bien qu'elle écrive. Encourage la à persévérer. Ça prends beaucoup d'expérience d'écriture (entre 10 et 50 ans ?) avant d'atteindre une maturité d'écrivain."

Gen a dit…

@Fred : Étant naturellement gentille, c'est pas mal le genre de réponse que je fais ;) (Je bitche ici, mais en personne, je ravale mon orgueil... et non, c'est pas de la mauvaise foi : c'est du pieux mensonge, pas pareil ;) En fait, d'habitude je dis "C'est à cet âge-là que j'ai commencé. Encourage-la à continuer."

Pat a dit…

Vincent/Gen, j'ai passé trois ceintures brunes parce que j'étais trop jeune pour être certifié ceinture noire. J'avais 10-12 ans. :)
Mais bon, ce n'est pas le sujet :)

Pat a dit…

Poursuivez, ce n'était qu'une pause publicitaire.

Gen a dit…

@Pat : C'est la preuve que tu t'entraînais dans une école sensée ;)

Et je crois que le sujet est un peu épuisé ;) Après tout ça se voulait un mini-billet d'un jour sans blogue... ;p

Pat a dit…

@Gen
C'est bon, je comprends mieux aussi comment tu te sens. :)

Et, très percutant comme dernière phrase!
''Parce qu'à 8 ans, tu n'as pas une maîtrise d'un art méritant une ceinture noire. Et à 11 ans, tu n'es pas encore un écrivain.''

Gen a dit…

@Pat-the-cat : L'écrivain n'est jamais loin faut croire ;p

Vincent a dit…

Bon, Gen a répondu un peu à la question qui m'était pausée (je suis en retard), mais je répond quand même. Quand on me dit "mon neveu aussi pratique les arts martiaux", je ne me fâche pas, mais je creuse.

Je vais demander: "Quel style? Depuis combien de temps? Il en est où dans la progression? Est-ce qu'il aime ça? etc"

Et là dépendamment des réponses je vais répondre: "C'est bien, bravo encourage-le." si les réponses ont de l'allure et je ne répondrai rien si on me dit quelque chose qui ne tient pas debout.

Et oui, je vais me choquer intérieurement si on me dit qu'il fait du yoga ou du taïchï ou qu'il a obtenu sa ceinture noire au bout de 3-4 ans d'entrainement.

Cela dit, je ne me choque pas contre le pauvre neveu: on se comprend! ;)

Et de plus, je rejoins Gen en disant qu'il ne faut pas avoir honte d'avouer avoir du talent. Et que le talent ça se cultive. Le talent, c'est comme une avance au début d'une course. Et ça permet de se rendre plus loin que la ligne d'arrivée moyenne.

Si on néglige son talent, on sera moins bon au final que quelqu'un qui n'a pas d'aptitude particulière mais qui s'investit à fond.

C'est très facile de le constater dans les arts martiaux d'ailleurs.

Autre chose qui me choque aussi, c'est quelqu'un qui se prétend un maître ou un puit de science dans les arts martiaux, mais qui n'en a pratiqué qu'un seul. Ah bon? Pourquoi "les" arts martiaux alors?

Ou pire, quelqu'un qui se prétend invincible en combat... mais que dans son style, il n'y a pas de pratique de combat "car son style est trop mortel et dangereux". Quelle connerie! Ce serait encore drôle si ce n'était pas si commun...

Vincent a dit…

@Pat: Pour l'avocat du diable, je pense qu'on a pas d'inconfort à ressentir à s'avouer qu'on a du talent. Ce n'est pas honteux d'avoir des aptitudes particulières surtout si elles s'accompagnent d'un intérêt profond pour la matière dans laquelle on démontre un talent.

Par contre, on ne devrait pas s'enfler la tête et se prétendre au dessus des autres (tous domaines confondus) quand on a du talent, de toute façon les autres ont des talents qu'on n'a pas en contrepartie.

Hep, quoiqu'en dise la religion ou les gens "polically correct", les humains ne naissent pas égaux. Un humain en vaut sans doute un autre quand on fait une moyenne, mais lorsqu'on prend deux individus précis et qu'on les compare dans un domaine précis, l'égalité totale est certainement rare.

Donc, ne pas avoir honte de ses aptitudes et les pousser. Et accepter ses inaptitudes et tenter de les améliorer. :)

M a dit…

Ouf, j'arrive tard dans la discussion, mais c'est normal, ce genre de réflexe. On pratique un art dont la base est de savoir écrire. Pas de savoir "écrire des histoires", mais comme c'est le même mot pour désigner les deux phénomènes, ça devient confondant. C'est comme la distinction entre "éditeur" et "publieur". En anglais, il y a 2 termes pour désigner les deux formes de travail, mais en français, il n'existe pas de terme pour dire qu'un éditeur ne fait que prendre le texte et le publier. Ça porte à confusion.

J'ai le réflexe de questionner, moi aussi, lorsque ce genre de situation arrive. Elle écrit quoi? Comment? Combien de temps? Combien de projets menés à terme? Combien de temps pour la réécriture? Dans le but de publier? Pour le plaisir?

Quand j'avais dix-onze ans, ma mère aurait répondu "Mon fils aussi écrit" et elle aurait eu raison: j'écrivais des début de romans et des petites histoires. Mais je ne savais pas la somme de travail que ça impliquait. Mais même moi j'étais fier d'écrire et de dire que, dans mes loisirs, j'écrivais.

richard tremblay a dit…

Mes trois grains de sel :

a) l'écriture est le seul art dans lequel nous sommes tous longuement et également formés, ce qui lui donne un air authentiquement démocratique -- et qui permet à tous et chacun de pouvoir affirmer sans rire : tiens, ma fille écrit, elle aussi ! Sommes-nous formés à peindre ? Non, à part une année d'arts plastiques. Sommes-nous formés à danser, chanter, à déclamer ou à faire des arts martiaux ? Non, ou du moins pas extensivement. Mais écrire, ça, oui. Donc naïvement les gens qui "n'écrivent pas" assument que c'est facile (comme le cubisme par exemple).

b) d'autre part, Geneviève, tu ouvres la porte à ce type de commentaires lorsque tu dis : "Dans mes temps libres, j'écris". C'est comme si tu mettais l'écriture au rang de hobby. C'est exactement comme si tu disais : "Dans mes temps libres, je fais des modèles réduits", ah ben oui, mon garçon aussi !

c) faut pas toujours s'offusquer du "small talk". Écrire, c'est assez particulier, plus que de collectionner les cartes de hockey par exemple. C'est moins porteur de conversation de bureau que de refaire son patio ou que le prix de l'essence. Alors on peut imaginer le malaise qu'une affirmation comme "j'écris" peut faire naître chez quelqu'un qui n'écrit pas et qui tient ça pour un art mineur, ou facile.

Isa Lauzon a dit…

Tiens, c'est drôle, personne autour de moi ne répond "moi aussi, j'écris" ou bien "ma fille de 10 ans écrit, elle aussi"!

En fait, j'ai plutôt droit à des "Ah oui? As-tu publié un roman?" La question qui tue... MDR!!!

Parce que vous le savez tous, si on ne publie pas un roman, on n'est rien. Aux yeux du monde normal, en tout cas! Gagner des prix littéraires, ce n'est pas grand chose non plus, d'après ce que j'ai pu en juger.

À force de me faire regarder drôle lorsque je dis que j'écris, je me rends compte que j'ai développé un peu le même réflexe que toi, Gen : Je dis que j'écris... dans mes temps libres. Peur d'avoir l'air de me prendre trop au sérieux? De me vanter? Peut-être! Ou juste un besoin de préciser, de clarifier les choses.

Autre point : Étant une auteure autodidacte avec un minimum de formation académique (pas de Cegep ni d'université pour moi!), je m'interroge au sujet de la nécessité pour un auteur de faire des analyses et de décortiquer les textes... Si on ne le fait pas, on est pourri ou quoi? Je crois qu'il y a plusieurs sortes d'auteurs, des plus techniques et d'autres, plus spontanés, plus instinctifs. Et que ce n'est pas vraiment plus mal, il faut de tout pour faire un monde, et il y a des lecteurs pour tous les genres! Enfin, je suis peut-être naïve, l'avenir me dira à quel point je me mettais le doigt dans l'oeil...

Pour ce qui est du talent, je crois qu'il faut en avoir au départ. Et une solide tête de cochon. L'expérience, les connaissances, ça s'apprend.

Et je suis d'accord avec le fait qu'une jeune de 11 ans ne pourra jamais prétendre écrire un chef d'oeuvre. Pas à un si jeune âge. Hé! Bien écrire, ça ne s'apprend pas si vite que ça! Ça prend des années de pratique! De la sueur, des tourments, que diable!

Éléonore a dit…

C'est drôle je n'y vois aucune insulte moi, j'y vois une ouverture de dialogue.

Ce n'est pas parce qu'on pratique un art ou un sport que les gens sont obligés de le connaitre non plus.

Tiens je fais un parallèle, je lisais un article sur les parents d'enfants autistes qui étaient exaspérés par le regard et les commentaires des gens autour d'eux. Je me suis fermée, mais en fait j'ai eu envie de leur écrire qu'il n'était pas donné à tout le monde de connaitre la réalité des autistes et qu'eux même auraient agit exactement ainsi n'eut été que la maladie frappe leur enfant et non celui du voisin. Ben oui on dévisage les enfants autistes, mais les gros, les nains, les roux, les grands brûlés etc aussi, parfois par simple curiosité, parfois par ignorance.

Pour ce qui est de l'enfant de 11 ans et bien si elle écrit tant mieux ! Et prenons garde de ne pas juger selon l'age, ça pourrait être très surprenant. Lorsque je dis que ma fille fait de la photo depuis qu'elle a 15 ans, je suis apte à savoir qu'elle était déjà meilleure à 15 ans que la majorité des gens qui manierons un appareil photo dans leur vie. Est-ce que cela est insultant pour ceux de 20-30 ou 40 ans qui font de la photo ? Ça ne devrait pas.

La photographie comme l'écriture c'est beaucoup démocratisée, beaucoup de gens s'Y frottent, je n'y vois rien d'insultant pour toi ou pour les autres. On m'a dit dernièrement que je devrais moi-même cesser de dire que je "fais de la photo" et plutôt dire que je suis photographe, je ne gagne pas ma vie avec ma caméra, c'est tout :)

François Bélisle a dit…

Faux pas prendre toux ce que le monde dit au pied de la lettre.

Bourgault nous disait: dans la vie de tous les jours, les gens n'écrivent pas. Ils font des listes (épiceries), prennent en notes des # de téléphones...

Je suis l'ermite. Faut jouer au sourd...

Gen a dit…

OMG! Quand je suis arrivée ce matin et que j'ai vu "48 commentaires", j'ai paniqué.

Après avoir éliminé l'enthousiasme débordant d'Isa (qui avait mis 6 fois le même commentaire! lolol! mais je sais que c'est sans doute la faute de Blogger), je m'atèle à la tâche titanesque de répondre...

@Vince : En effet, on ne naît pas égaux partout. Sinon, tout le monde serait pareil et ça serait plate. Quand on a du talent, faut l'assumer. Par contre, les défauts aussi sont à assumer et à corriger, je suis bien d'accord!

@M : Moi aussi à 11 ans j'aurais dit que j'écrivais et que je voulais devenir écrivaine. Mais je "voulais le devenir". Je savais que je n'y étais pas encore.

@Richard : C'est sûr qu'écrire passe pour facile. Et oui, j'ouvre peut-être la porte en disant que je fais ça dans mes temps libres. Mais comme le dit Isa : c'est un réflexe défensif pour éviter les "combiens ça rapporte?" et autres "combien de romans t'a sorti?" Cela dit, oui, c'est du "small talk", c'est sûr. C'est pour ça que je me vide le coeur ici et que j'évite soigneusement d'insulter la personne qui me le dit ;p

@Isa : Intéressant ton idée de "peut-on écrire si on est pas formés à l'analyse poussée?". Je suis persuadée que oui. Il y a des éléments d'analyse que tu as sans doute appris en tant qu'autodidacte (métaphores, formes de narration) et d'autres que tu n'apprendras pas (psychanalytique du texte, symbolisme, analyse trifonctionnelle), mais qu'un étudiant de lettre pourra quand même appliquer à ton texte. Parce que oui, il y a beaucoup d'instinct dans l'écriture je pense. (Et quand j'analysais des textes, je me suis souvent dit : "Mais l'auteur n'y a certainement pas pensé en écrivant!!!")

Gen a dit…

@Éléonore : Non, dans la circonstance, ce n'était pas une ouverture de dialogue. N'importe quelle question en aurait été une (depuis combien de temps? pourquoi? qu'est-ce que tu écris?), mais l'affirmation tue toute possibilité de conversation.

Et oui, l'enfant peut avoir un talent brut à 11 ans ou à 15 ans. Mais ça reste du talent brut. Je suis sûre que ta fille est maintenant bien meilleure qu'à 15 ans en photo. Parce que le talent se développe avec le temps.

@François : Ouais, mais des fois pour mieux jouer au sourd, faut gueuler un brin dans l'ombre ;p

Éléonore a dit…

le talent brut de mozart était quand même mieux que celui de bien d'autres beaucoup vieux.

C'était peut-être à toi à poser des questions...

Enfin c'est toi qui a vécu la situation mais je te vois mal prendre ombrage d'une comparaison, tu dois être plus solide que cela :)

Gen a dit…

@Éléonore : Oui, j'ai posé des questions. Je n'ai pas laissé mourir la conversation. Et oui, je suis plus solide que ça. Par contre, à la longue, ça fatigue. Et mon blogue est mon endroit pour me défouler des petits irritants ;) (les gros, je les garde généralement pour moi)

Stéphane a dit…

Chiant comme réplique.

Ça me rappelle quand j'étudiais en Études Cinématographique et que la seule réponse que j'obtenais c'était : ''Fak comme ça tu veux faire des vues?!?''

Les gens ont une drôle de synthèse de l'information.

Gen a dit…

@Stéphane : (Bienvenue ici en passant) En effet, drôle de façon de synthétiser l'information. Console-toi "les vues", ça reste fait par des adultes d'habitude! ;)

Isa Lauzon a dit…

MDR pour mes 6 commentaires! En effet, j'ai des problèmes depuis hier avec Blogger, il me met des messages d'erreur pour tous mes commentaires et, croyant qu'ils sont refusés, je les publie à nouveau... Je viens de me rendre compte aujourd'hui sur mon blogue que lesdits commentaires ne s'affichaient pas tout de suite, mais se publiaient quand même après quelques minutes!

J'étais un peu gênée, là... Tsé, je suis un peu jeune pour radoter de même! Je voulais surtout pas que ça reste comme ça sur ton blogue, il y a trop de monde qui le visitent! ;)

Enfin, merci d'avoir fait le ménage pour moi!

Gen a dit…

@Isa : De rien ;) Ça me fait ça à moi aussi parfois. J'allais pas te laisser radoter quand même ;) (surtout que c'est vrai qu'il y a du monde par chez-nous! un nouveau record avec ce billet!!!)