vendredi 31 août 2018

La naissance de l'épée idiote

Avant de lire ce billet, je vous suggère fortement d'aller lire mon texte "L'épée et le templier" si ce n'est pas déjà fait. Faites-vous en pas : c'est pas trop long et, contrairement à plusieurs de mes textes, ce n'est ni noir, ni déprimant.

Bon, c'est fait?

Alors, laissez-moi vous raconter comment m'est venue cette histoire d'épée pas-vraiment-intelligente.

Vous le savez peut-être (si vous avez déjà joué à Donjons et Dragons, vous le savez certainement), mais les armes intelligentes, plus particulièrement les épées, c'est un grand classique des histoires de fantasy. Elles sont dotées d'une personnalité (souvent féminine) et la plupart peuvent communiquer avec leur porteur (masculin) et contrôler au moins partiellement leurs actions. Les divergences d'opinion entre porteurs et épées donnent parfois lieu à des situations fort intéressantes. Mais si on regarde ça avec un regard moderne, les pauvres épées sont juste d'ultimes femmes-objets!

Cependant, je n'avais jamais lu d'histoire narrée du point de vue d'une de ces lames. Et vous savez comme j'aime jouer avec les narrateurs atypiques.

Donc, il y a deux ans, lorsque j'ai commencé à cogiter pour un texte à rédiger durant l'atelier que je donnais, je me suis dit que je pourrais essayer. J'ai rapidement patenté un plan autour d'une épée intelligente enfermée dans un temple en ruines, qui se désespère de trouver un porteur et qui se souvient de l'époque de sa gloire. Un voleur survient finalement et elle s'empare de son esprit, décidée à le transformer en héros et à regagner sa gloire perdue.

Bon, c'était pas génial comme idée, mais je devais aussi préparer des exercices pour l'atelier, alors ça ferait la job.

Puis arriva l'atelier. Et là, en écoutant mes participants décrire leurs idées, j'ai constaté que plusieurs avaient créé des personnages principaux qui leur ressemblait un peu, soit par l'âge, soit par le sexe, soit par la race, soit par l'éducation. Ça donnait des récits un peu convenus. Je leur ai donc donné le défi d'éloigner leur personnage d'eux-mêmes et de voir si cela avait des impacts intéressants sur leur histoire et leur narration.

Ils se sont mis à l'ouvrage et j'ai baissé les yeux sur mes propres notes :

Personnage principal : arme intelligente
Sexe : féminin
Race et âge : épée, ancienne

Ouille! Je n'avais pas là beaucoup de caractéristiques avec lesquelles jouer. Certes, je pouvais renverser le cliché et créer une épée avec une personnalité masculine, puis la mettre dans les mains d'un personnage féminin... Cependant, j'ai déjà écrit souvent des narrateurs masculins, alors ça ne me satisfaisait pas, ça ne me semblait pas assez différent de moi et de mon expérience (après tout, j'suis mariée depuis 18 ans, alors je ne vois pas les hommes comme une espèce étrange et mystérieuse).

Puis mes yeux sont tombés sur la première ligne. Arme intelligente. Je me considère comme une personne plutôt intelligente (comme tout le monde, sans doute, mais bon, laissez-moi mes illusions) et j'ai un assez haut niveau d'éducation, alors j'ai tendance à créer des personnages mentalement agiles. Mais peut-être que ça pourrait être intéressant de créer une arme dotée de conscience et de raisonnement, certes, mais pas particulièrement intelligente. Comment est-ce que je pourrais expliquer cela...

J'ai alors pensé à certaines camarades d'étude que j'ai eues, des filles qui se débrouillaient académiquement, mais qui étaient incroyablement distraites, maladroites (oui, oui, plus que moi) et naïves. J'ai imaginé une magicienne avec ce genre de personnalité, qui tenterait de créer une arme intelligente et s'y retrouverait piégée. L'épée idiote était née.

Pour bien mettre en valeur la sottise de mon épée, j'avais besoin d'un personnage qui ferait contraste... Mon imaginaire en contenait déjà un : Sakirel, un machiavélique roi des voleurs, un enjôleur et stratège hors pair... Et, accessoirement, un personnage créé jadis par mon chum pour une campagne de Donjons et Dragons dont j'étais le maître de jeu et qui s'est étirée sur plusieurs années. (Ledit personnage avait même fini par voler son trône au Dieu du Mal!). Mes sources d'inspiration se recoupaient soudain!

J'ai tiré quelques détails de mes souvenirs de ces parties (le Sakirel maniait une lame véritablement originale nommé Dania), remanié mon plan et écrit un premier jet de cette nouvelle.

Quelques mois plus tard, Alain Ducharme m'a demandé si je n'aurais pas un inédit à proposer à la République du Centaure. C'est tout ce que j'avais dans mes tiroirs, mais ça l'a fait bien rire. On a retravaillé le texte, ajouté l'allusion finale au Dieu Sanglant et à l'objectif ultime de Sakirel-le-Templier et voilà, l'épée idiote était bel et bien née.

J'espère avoir l'occasion d'écrire un jour la suite de ses aventures, parce qu'il est fort amusant de mettre en scène un personnage aussi naïf! Hihihihihi! Mais ça doit être dur de vivre quand on est affligé d'un tel handicap! O.o

mercredi 29 août 2018

De retour!

Me revoici!

Ouf! Je ne crois pas avoir pris une telle pause d'écriture, d'Internet, de réseaux sociaux et autres truc reliés aux écrans depuis longtemps. Non seulement je ne suis pas passée ici souvent, mais je n'ai même pas vérifié mes courriels tous les jours!

(À mon grand regret parfois, comme après mon retour de camping, quand j'ai eu 150 messages à traiter entre deux brassées de lavage.)

Mais y'a eu des moments magiques en camping!
Techniquement, mes vacances ne sont pas terminées, puisque mon chum est encore en congé, mais la puce est retournée à la garderie, alors moi je reprends le travail. Eh oui : on est des parents indignes qui envoient leur fille trois jours à la garderie alors qu'ils sont encore en congé, histoire d'avoir un peu de temps en amoureux... et de pouvoir travailler chacun dans leur coin à leurs projets personnels! ;) Remarquez, à voir la puce se précipiter dans l'auto ce matin, j'pense qu'elle ne nous en voudra pas trop. :p

Le temps que je retrouve mes repères et que je secoue l'apathie des vacances, je vous invite à aller lire ma nouvelle "L'épée et le templier" sur le site de la République du Centaure. Un peu de fantasy qui ne se prend pas au sérieux, me semble que c'est bon pour le moral durant la Rentrée...

Et tiens, vendredi, je vous parlerai de la genèse de ce texte-là! ;)

lundi 13 août 2018

L'écrivaine part en vacances

Eh bien, sans doute pour l'une des dernières fois d'ici à ce que ma puce entre au cégep, je pars encore en vacances après tout le monde cette année!

Alors que mes amis, membres de famille, connaissances et vagues relations ont déjà inondé mon fil Facebook de photos de voyage, roadtrip et camping, c'est (enfin) à mon tour de partir en vacances.

Ou, à tout le moins, c'est le tour de l'écrivaine. Et de la blogueuse.

Parce que la maman, l'amoureuse et (malheureusement) la cuisinière n'auront pas grand repos dans les trois prochaines semaines! (Contrairement à moi, ma puce et mon chum ne considèrent pas que deux carottes, du hummus, pis un latté, c'est un dîner acceptable.)

Bref, vous étonnez pas si le blogue est tranquille pour les trois prochaines semaines! ;)

Je vous promets de revenir début septembre!

vendredi 10 août 2018

Dimanche, 12 août, j'achète un livre québécois!

N'oubliez pas! Ce dimanche, 12 août, c'est la cinquième édition de la journée "J'achète un livre québécois." C'est la fête des lecteurs, quoi!

Vous pouvez le faire en personne, dans votre librairie préférée, ou alors électroniquement, via le site des libraires. (Ou d'autres sites, mais bon, moi j'aime mieux les libraires.)

Évidemment, j'vous suggère fortement d'en profiter pour mettre la main sur les Hanaken ou sur Le Chasseur (paraît qu'il en reste des copies qui traînent ici et là dans les librairies) ou encore sur Écrire et publier au Québec, si vous ne les avez pas lus. ;)

Si vous avez déjà tout ça et que vous manquez d'inspiration, pourquoi ne pas considérer l'abonnement à une revue littéraire québécoise? Solaris et Brins d'Éternité sont, bien sûr, mes préférées, mais il y en a d'autres!

Pour ma part, j'ai passé ma commande en ligne mercredi : L'Allumeuse de Suzanne Myre pour moi et l'album Le jardin invisible pour ma fille (et ce, même si j'ai toujours pas eu le temps de lire mon "12 août" de l'année passée, trop occupée par les services de presse de Solaris!!!). Parce que dimanche, je vais être fort occupée à préparer... la fête de ma lectrice préférée : ma puce!

En effet, dimanche, elle soufflera quatre chandelles. Wow! Imaginez : dans deux ans, elle pourra lire seule. (En fait, elle s'installe déjà souvent toute seule avec ses livres pour les regarder et en raconter les histoires à ses toutous ou à ses amis imaginaires, alors j'ai vraiment hâte qu'elle puisse commencer à déchiffrer les mots! Je sens que de pouvoir vraiment plonger dans une histoire, ce sera aussi spécial pour elle que ça l'a été pour moi!)

Alors en prévision du 12 août, je souhaite bonne fête à ma puce... et à tous les autres lecteurs québécois! Puisse votre imagination vous entraîner dans de merveilleuses contrées!

Hiiii! Maman, moi pis ma licorne, on vole!

mercredi 8 août 2018

Obligés de polluer?

J'essaie de diminuer peu à peu l'empreinte écologique de ma petite famille, un geste à la fois.

Ça a commencé avec moins de repas de viande. On ne sera jamais végétariens, encore moins végétaliens (c'est-à-dire vegan ou végane pour ceux que ce terme embrouilleraient), mais notre apport en viande est maintenant plus soutenable (c'est-à-dire qu'on ne tue pas un troupeau de boeuf par an et on ne se nourrit pas uniquement des morceaux "nobles").

Ensuite il y a eu les couches lavables de la puce, les chips de pelure de patates, etc...

Le problème quand on adopte ce mode de vie, c'est qu'on se met à voir bien des affaires différemment. Des gestes qui, jadis, semblaient banals (ou même un idéal à atteindre) prennent désormais un tout autre aspect.

Par exemple, dernièrement, alors que je proposais à quelqu'un, qui se plaignait du prix de l'essence, d'acheter un véhicule électrique, je me suis fait répondre : "J'ai besoin d'un VUS pour traîner mes skis toutes les fins de semaine jusqu'à Orford, alors je peux pas acheter une voiture électrique, elles sont trop petites."

Ce que j'ai compris : cette personne avait besoin d'un gros véhicule polluant pour faire deux heures de route, polluante, chaque fin de semaine afin d'aller dévaler une montagne... probablement recouverte de neige artificielle polluante.

J'ai grandi au milieu de gens qui vivaient comme ça... Pourquoi est-ce que tout d'un coup ça sonne comme si leur loisir hebdomadaire, c'est de polluer? O.o Suis-je devenue écolo-extrême?

... Pourtant non : je suis en train d'essayer de me réserver des vacances dans le Sud pour cet hiver (oh, le vilain trajet polluant en avion!) Mais, hé, c'est le fun, y'a des endroits où ils soignent l'écologie locale... Évidemment, c'est pas les moins chers, mais l'augmentation de prix semble valoir la peine. Surtout que, bon, tant qu'à être écolo, ils sont aussi grano et offrent les menus sans gluten nécessaires à mon chum. ;)

lundi 6 août 2018

Maison de poupée

Je me souviens que, quand j'étais petite, j'enviais beaucoup les fillettes qui possédaient des maisons de poupée. Je rêvais d'en avoir une, jusqu'au jour où mon papa m'en a finalement bricolé une (en fait, maintenant que j'y pense, je suis plus trop sûre, mais je crois que c'est la maisonnette fabriquée afin de servir de crèche de Noël qui a fini par devenir le refuge de mes poupées). J'ai ensuite passé des heures à y jouer!

Je m'étais donc dit que j'achèterais une maison de poupée à ma fille dès que l'occasion se présenterait.

Or, l'occasion ne s'est pas présentée... Allez savoir pourquoi...

"Maman, je veux une ville avec plein de chambres."

"Maman, je veux un restaurant, pis un tunnel..."

"... pis un parc où ils vendent de la crème glacée."

Là par contre, je me demande s'il ne serait pas temps de lui acheter des Lego, pour varier des Duplo... :p (Et non, je ne sais pas laquelle de nous deux passe le plus d'heures à jouer avec les blocs! Hihihihi!)

vendredi 3 août 2018

Notices pseudo-nécrologiques (2)

Ce mardi 31 juillet, à 8h du matin, est décédée Cafetière à Espresso, née Delonghi. Après 17 ans de loyaux services quotidiens, elle a refusé de s'allumer. Les efforts de réanimation furent vains. Cafetière laisse en deuil Geneviève, sa principale utilisatrice, Vincent, utilisateur occasionnel, plusieurs manuscrits, ainsi que les bouteilles de Jameson, de Baileys et les tasses à café irlandais. Le corps ne sera pas exposé et le deuil sera de courte durée, une remplaçante, donnée et d'occasion, résidant déjà dans le fond d'une armoire depuis des années.

* * *

Ce mardi 31 juillet, à 9h30 du matin, est décédé Espoir de Bon Café, lorsque Cafetière à Espresso Donnée et d'Occasion s'est révélée beaucoup moins aisée à utiliser que feue Cafetière à Espresso née Delonghi. Geneviève, principale utilisatrice, prévoit que le deuil durera au moins une semaine, le temps qu'elle s'habitue. La période d'affliction rituelle sera marquée par la recherche d'un manuel d'instruction approprié, du café brûlé, du café trop faible, des fuites de café sur le comptoir et quelques jurons. On prévoit également une diminution de la productivité littéraire et une fréquentation à la hausse des réseaux sociaux. Espoir de Bon Café devrait se réincarner quelque part au milieu de la semaine prochaine.

Photo de la défunte

Décidément, faut que j'envoie mon cv pour écrire des notices nécrologiques. ;)

Mais seulement après avoir réussi à me faire un café décent sans sacrer du marc de café pis de l'eau partout dans ma cuisine... Grrr....

mercredi 1 août 2018

Atelier court édition 2018

Bon, bien, alors que j'espérais prendre une pause des activités non directement reliées à l'écriture, voilà qu'on me rappelle qu'il faudrait que j'organise mon atelier 2018! Et comme certaines personnes qui passent parfois par ce blogue avaient manifesté de l'intérêt, permettez que je vous donne les détails ici. 

Alors, l'atelier se tiendra, comme toujours, la fin de semaine de l'Action de Grâces (cette année, ça veut dire les 6, 7, et 8 octobre), de 9h30 à 15h30 (mais il faut prévoir que les soirées seront occupées par des lectures et commentaires des textes produits durant la journée). 

Le lieu n'est pas encore confirmé à 100% (traduction : j'ai réservé une salle, mais avec la possibilité de l'annuler si je peux en avoir une autre moins chère), mais ce sera sur l'île de Montréal, à distance de marche d'un métro. 

La formule sera la suivante : vous devez arriver à l'atelier avec une idée de texte, un plan (raisonnablement développable en 3000 à 5000 mots mettons) et un début déjà écrit (environ deux pages ou 500 mots). On fera ensuite des blocs de création et d'exercices, histoire d'arriver au bout de la fin de semaine avec un texte terminé. 

Ça vous tente? Vous voulez savoir combien ça coûte? Écrivez-moi! (mon courriel est ici, y'a qu'à remplacer le (a) par un @)

(En passant, il y a huit places, dont deux réservées et payées, alors ne tardez pas trop! ;)