lundi 10 décembre 2018

Direction littéraire (4) - Les intentions

Poursuivons donc ce mélange de réflexions et d'informations visant à démystifier la direction littéraire.

Alors que je parlais de focalisation et de point de vue, dans mon dernier billet, Annie a mentionné en commentaire avoir déjà lu un livre où il semblait que l'histoire aurait été mieux servie si elle avait été narrée par le point de vue d'un autre personnage.

Ça arrive. Et, dans une certaine mesure, je crois que c'est normal.

Écrire, c'est manier un média sans contrainte de budget ou d'espace. On peut pratiquement tout faire avec un texte. Alors il arrive souvent un point, durant une direction littéraire, où une décision difficile doit être prise. Plusieurs choix se présentent, aucun n'est objectivement meilleur que l'autre, cependant le statu quo nuit au texte.

Dans ce cas là, il faut interroger l'auteur sur ses intentions.

Par exemple, alors qu'on retravaillait le premier tome de Hanaken I (où je faisais alterner le point de vue de Yukié et de Sato d'un chapitre à l'autre, en les faisant parler tous les deux au je), Élisabeth m'a demandé "Mais c'est qui le personnage principal? Qui est le plus important pour toi? On va laisser celui-là en je et mettre l'autre à la troisième personne."

En y réfléchissant, je me suis rendue compte que, pour moi, les deux étaient importants. Ils étaient les deux extrêmes, les deux facettes de ce que ça signifiait être samouraï, homme ou femme, conformiste ou pas, loyal envers son seigneur ou envers sa famille... Ce à quoi Élisabeth a répondu "Ok, alors on les met tous les deux à la troisième personne. Et, tu sais... si tu veux présenter les deux facettes, Yukié étant très fonceuse et courageuse, Satô pourrait peut-être être plus craintif?"

Et ainsi est née la peur du noir de Satô. Qui occupe à peine une ligne ici ou là, mais qui approfondit le personnage et mon intention.

Les intentions de l'auteur, ce qui inclut les grands thèmes auxquels il veut toucher dans son texte et les messages qu'il veut passer, doivent être au centre de la direction littéraire. Parce qu'un partie du travail du directeur, ce sera d'aider l'auteur à mettre son intention en valeur, sans pour autant assommer le lecteur à coup de messages!

Pour moi, les intentions se travaillent à petites touches, éparpillées ici et là dans le texte. Elles n'ont pas besoin d'être expliquées au lecteur (j'oserais même dire qu'elles ne le devraient pas), mais elles devraient percoler à travers l'écriture, être ressenties subtilement.

Parfois, l'auteur écrit sans même se rendre compte qu'il a mis un message ou un thème dans son texte. Il a écrit sans intention. Le travail du directeur littéraire sera alors de l'aider à cerner ses motivations inconscientes (oui, je sais, ça semble ésotérique dit de même, mais comme on écrit à partir de soi, on met toujours davantage de nous qu'on ne le pense dans un texte) et de les mettre en valeur.

Car ce sont les intentions, thèmes et messages qui resteront dans la tête du lecteur une fois qu'il aura refermé le livre. Et qui, peut-être, lui donneront envie de le lire de nouveau.

vendredi 7 décembre 2018

Direction littéraire (3) - Question de narration

Poursuivons notre série de billet sur "Une direction littéraire, qu'ossa donne?"

(Entre autres, ça élimine les allusions douteuses qui détonnent avec le reste du texte... Soyez indulgents : mes billets, je les écris sans aide! hihihihi! ;)

Alors une fois la cohérence interne de votre texte rétablie (ou en même temps qu'il vous demande de la corriger), votre directeur littéraire pourrait pointer des problèmes de narration et, surtout, de focalisation.

Si vous savez ce qu'est une narration et une focalisation, sautez les paragraphes qui suivent... 

Le narrateur, c'est la voix qui raconte l'histoire. Ce n'est pas l'auteur, mais ça peut être un personnage ou alors un espèce de point de vue désincarné.

La focalisation, c'est le fait de choisir un personnage et de raconter les événements de son point de vue.

Un narrateur qui parle en "je" est automatiquement focalisé. Mais même un narrateur qui parle des personnages à la troisième personne peut être focalisé s'il suit pendant toute une unité narrative (toute l'histoire ou tout un chapitre ou toute une scène) un seul personnage.

La focalisation en "je" est automatiquement très forte (on est dans la tête du personnage et on entend ses pensées). La focalisation à la troisième personne peut être plus ou moins profonde (on peut intégrer les pensées du personnage à même la narration ou alors les observer avec une certaine distance).

Dans tous les cas, le principe de la focalisation, c'est que le narrateur ne pourra pas affirmer des choses que le personnage-point-de-vue ignore, ni décrire des événements où il n'est pas présent, ni donner des renseignements auxquels le personnage ne pensera pas, parce qu'ils sont trop évidents pour lui. (Pensez-vous au fonctionnement d'une serrure chaque fois que vous entrez chez vous? Pourtant certains textes de SF narré au je ou de manière très focalisée nous décrivent avec moult détails les réflexions des personnages chaque fois qu'ils accomplissent des gestes qui sont, dans leur contexte, banals.)

Et recommencez à lire ici. 

Le directeur littéraire pourra vous pointer les moments où vous avez dérogé de votre focalisation ou alors les passages où un narrateur omniscient triche ou donne le tournis. Il pourrait même (et ça c'est long, pénible, douloureux... et tellement fructueux!) vous suggérer un changement de narrateur, de type de focalisation ou de personnage-point-de-vue.

Selon mon expérience personnelle d'auteure et directrice littéraire, les deux erreurs de narration les plus courantes, c'est de choisir le mauvais personnage pour raconter une histoire (comme j'avais fait dans la première version de ma nouvelle "La Comorte", en racontant le récit du point de vue de la jeune femme traquée plutôt que de celui du soldat qui la recherche) ou de décrocher de notre focalisation en cours de route (en passant sans raison à un narrateur omniscient ou en s'éloignant trop longuement des perceptions de notre personnage-point-de-vue ou tout simplement en affirmant quelque chose que notre personnage-point-de-vue ne pouvait que déduire).

Heureusement, non seulement ces problèmes se corrigent bien une fois qu'on a compris la technique, mais ils peuvent doter un texte de beaucoup de profondeur, en induisant, de manière tout à fait naturelle, une couche de réalisme et de mystère. Après tout, dans la vraie vie, on ne sait jamais exactement ce que les gens autour de nous pensent et ressentent.

mercredi 5 décembre 2018

Direction littéraire (2) - Cohérence interne

Maintenant qu'on sait grosso modo, théoriquement, de quoi il retourne quand on parle de direction littéraire, la question suivante est : concrètement, ça prend quelle forme ce travail sur le texte?

Et c'est là que mon exposé se complique.

Y'a la réponse littérale : ça prend la forme d'un document avec un tas de questions et de changements proposés en commentaires et/ou en suivi des modifications.

Et y'a la réponse réelle : ça dépend du texte, du public visé et du directeur littéraire.

Tous les textes n'auront pas les mêmes faiblesses. Tous les directeurs n'accorderont pas la même priorité aux différents éléments. Et on ne travaillera pas une histoire absurde de la même manière qu'un récit de science-fiction, une nouvelle jeunesse comme un roman pour adulte, un poème comme un récit, etc. C'est peut-être pour ça que la notion de direction littéraire reste très obscure. J'ai travaillé avec une quinzaine de directeurs littéraires différents à ce jour et aucun n'avait la même approche.

Cependant, il y a des points communs, qui feront l'objet de ce billet et des suivants. Notez toutefois que je vais vous présenter ces points les uns après les autres, dans un ordre que j'espère logique, mais, dans la vraie vie, les directeurs auront tendance à renvoyer des commentaires sur tous ces aspects-là en même temps, entremêlés les uns aux autres!

La première chose qu'un directeur littéraire devrait observer au sujet d'un texte, c'est sa cohérence interne. C'est-à-dire que le récit doit se dérouler en accord avec les règles qu'il présente ou qu'on peut supposer.

C'est l'étape que je résume souvent en disant "Est-ce que le revolver laissé dans un tiroir au chapitre 2 apparaît dans la poche du personnage au chapitre 4?". Ou, si vous préférez une sauce fantasy : "Est-ce que votre personnage capable de jeter un sort de lévitation restera stupidement au fond du trou où il sera tombé?" Ou encore, façon SF, "Comment justifier la survivance d'un système économique capitaliste si on a découvert une technologie permettant de créer de la nourriture et de l'énergie à partir de rien?"

Évidemment, il s'agit là d'erreurs grossières de cohérence. Souvent, celles-ci sont plus subtiles.

Par exemple, l'auteur a imaginé un personnage principal timide, mais au milieu du texte, il change brusquement de personnalité et devient un meneur d'hommes aux discours inspirés et inspirants. Oups... Le directeur l'invitera probablement à corriger le début du texte (pour éliminer la timidité du personnage, ce qui changera ses actions et réactions et demandera sans doute la réécriture de plusieurs scènes) ou à trouver une maudite bonne explication  pour justifier ce changement de personnalité (explication qu'il faudra mettre en scène) ou alors à éliminer les discours ou, à tout le moins, à raconter que le personnage est malade avant ou après ses allocutions.

Parfois, les questions de cohérence sont primordiales et exigent une réécriture en profondeur du texte. D'autres fois, elles seront plus accessoires et se corrigeront en une phrase ou deux, sans toucher au gros de l'intrigue.

En tant qu'auteur, les problèmes de cohérence, même cosmétiques, sont souvent les plus douloureux à corriger, car ils touchent au fond du récit, à l'histoire telle qu'on l'avait imaginée. Toutefois, comme ils peuvent affecter la capacité d'un lecteur à croire en notre récit, ils ne peuvent pas être écartés.

D'ailleurs, je transpire depuis un an sur la réécriture de mon roman policier justement parce qu'il souffrait d'un problème de cohérence interne associé aux motivations de mon "méchant". J'ai trouvé une solution, mais qui exige que je retouche toutes les scènes du roman!

lundi 3 décembre 2018

Direction littéraire (1) - Kossé cé ça?

Dans "Écrire et publier au Québec", mes complices et moi avons abordé le sujet de la direction littéraire, de manière théorique. 

Cette semaine et la suivante, j'aimerais l'aborder d'un point de vue pratique, avec des exemples concrets, pigés dans mes archives. 

Mais d'abord, j'aimerais mettre quelques détails au clair : 

1- La direction littéraire, c'est le processus éditorial qui permet à l'auteur de dialoguer avec quelqu'un d'autre au sujet de son texte, afin d'en identifier les forces, les faiblesses et d'améliorer généralement son oeuvre.

2- Oui, avant même la direction littéraire, un texte peut être déjà publiable. Dans ces cas-là, la direction permettra d'amener le texte à un niveau nettement supérieur. Souvent, par contre, le texte n'est pas publiable en l'état. Il y a des éléments qui ont attiré l'oeil de l'éditeur, mais il y a aussi de grosses faiblesses, qui devront être corrigées. 

3- La direction littéraire ce n'est pas (ou entk, ça ne devrait pas être) une dictature : le directeur propose, l'auteur dispose. Parfois, le directeur va dire "tel élément doit être changé sinon le texte n'est pas publiable", mais l'auteur sera toujours libre des moyens par lesquels il veut régler les problèmes identifiés (même si, souvent, le directeur suggérera des solutions). Je l'ai dit plus haut :la direction, c'est un dialogue, un échange. 

4- Le but de la direction littéraire est double : améliorer le texte et développer la technique de l'auteur. Personnellement, j'ai appris de nouveaux outils narratifs, identifiés de nouveaux tics d'écriture et découvert de nouvelles manières de raconter à chaque nouvelle direction littéraire. 

5- La direction littéraire ne dépossède pas l'auteur de son texte. En fait, les questions que le directeur littéraire devraient poser le plus souvent, c'est "qu'est-ce que tu essayais de faire ici?" et "qu'est-ce que tu essaies de dire avec ce texte?". Par contre, il peut amener le texte dans une direction que l'auteur n'avait pas conscience d'avoir empruntée. 

En tant qu'auteur, il y a toujours un écart entre ce qu'on a en tête et ce qu'on réussit effectivement à mettre sur le papier. La direction littéraire, pour moi, c'est l'étape qui permet de combler cet écart, de rapprocher ce que j'ai imaginé de ce que j'ai effectivement écrit. (D'autres personnes ont d'autres visions de la direction littéraire. Pour les connaître, z'avez qu'à acheter le bouquin! :p )

Mercredi, je vais vous montrer quelle forme ce travail peut prendre. 

En entendant, est-ce que la nature de la direction littéraire est plus claire? Les copains, est-ce que j'ai oublié des éléments?

vendredi 30 novembre 2018

Je suis toujours vivante!

Vous en faites pas : je suis toujours vivante, les petits cocos de la garderie ne m'ont pas dévorée.

Mais j'suis dans un rush de direction littéraire/ révision de texte post-atelier/ retravail de mes romans, alors j'ai complètement oublié de préparer un billet de blogue.

Mais je vous promets une série de billets sur la direction littéraire pour conclure l'année.

À bientôt!

mercredi 28 novembre 2018

Écrivaine en... garderie!

Il y a six mois, la garderie de ma fille m'a contactée. Ils organisent des rencontres avec différents parents afin que ceux-ci viennent parler de leur métier aux enfants et, puisque mon métier est quand même peu commun, ils avaient envie que je vienne les visiter.

Comme mon éditrice venait d'accepter mon projet d'album et qu'on prévoyait le sortir bientôt, j'ai accepté avec enthousiasme!

Seulement, oups, le programme de l'éditrice a été bousculé, l'album a pris du retard (si tout va bien, il verra le jour en 2019) et me voilà, six mois plus tard, sans projet approprié. Ou, plutôt, avec un texte conçu pour cette tranche d'âge, mais pas d'illustration pour l'appuyer. Alors que, à cet âge, les dessins sont primordiaux pour aider à suivre l'histoire.

Pas question d'annuler (ma fille serait fort déçue et puis j'aimerais bien cette occasion de tester mon matériel), alors ce matin, prenant mon courage à deux mains (et laissant mon égo au vestiaire), j'ai dessiné sept itérations de mon lapin Croque-Lune.

Ouf! Le résultat prouve que je ne serai jamais illustratrice, mais j'espère qu'il satisfera un public d'enfants de 4 ans.

Si vous avez pas de billet vendredi, c'est que j'ai échoué et qu'ils m'ont dévorée vivante! :p

lundi 26 novembre 2018

Cher univers...

Cher univers,

Si j'avais voulu écrire régulièrement des lettres de mise en demeure, j'aurais continué à travailler dans des bureaux d'avocats.

En plus, le taux horaire était nettement meilleur.

Sincèrement,

L'écrivaine qui est à la veille de pouvoir se recycler en gestionnaire de chantier.

(Ouaip, les travaux étant terminés, là faut essayer de se faire payer par les responsables du désastre.)


vendredi 23 novembre 2018

Poésie

Je le dis depuis des années : je suis nulle en poésie.

Je n'y connais à peu près rien, à part quelques textes de théâtre en alexandrins (notamment Cyrano de Bergerac), quelques poèmes classiques en vers et, Japon oblige, les haïkus.

Mes profs ont bien essayé, au cégep, de me présenter la poésie moderne, mais je lui ai faussé compagnie dès que j'ai pu, parce que je ne retirais aucune plaisir de sa conversation, trop confuse pour moi.

Avant même de commencer ma carrière littéraire, j'en suis arrivée à une conclusion : la poésie, ce n'était pas pour moi.

D'ailleurs, ceux qui ont lu mes écrits publiés pourront témoigner du fait que le lyrisme et moi ne nous sommes jamais rencontrés. Les rares fois où j'ai voulu aller le visiter, semblerait que j'me suis trompée de porte et que j'ai cogné chez la mièvrerie. Je pourrais pas vous dire : je ne les distingue pas bien l'un de l'autre.

Tout allait bien pour moi dans mon univers sans poésie, jusqu'à ce que les dames de mon atelier d'écriture me lancent "On aimerait ça un atelier sur la poésie!"

Ouille! Il n'en fallait pas plus pour que mon syndrôme de l'imposteur sorte en grand du placard.

Mais bon, je me suis retroussé les manches et, pour mon premier atelier de poésie, j'ai parlé poèmes classiques, quatrain, tercets, alexandrins, pieds, vers, haïkus, rimes plates, croisées, embrassées...

J'ai dû faire illusion, parce que mes dames en ont redemandé!

J'ai donc appelé Luc Dagenais à la rescousse (parce que lui, il en lit de la poésie et ça paraît quand il écrit sa prose!). Il m'a fourni une pile de recueils de poésie. En parallèle, je me suis renseignée sur la poésie moderne, le slam, j'ai rafraîchi mes connaissances sur les figures de style, les jeux sonores... J'ai lu partout, avec scepticisme, que "si on aime pas la poésie, c'est qu'on n'est pas encore tombé sur le poète qui nous parle".

Je me suis mise à faire des exercices de création poétique trouvés ici et là. Ressortis mes manuels de littérature. Plongé dans les recueils empruntés...

Et là, au bout de presque un mois, y'a eu un déclic. Entre deux poèmes de "Priscilla en hologramme" d'Érika Soucy, puis entre deux pages de "Fourrer le feu" de Marjolaine Beauchamp et plus tard en lisant le texte du slam "Je te suis, tu m'es" de David Goudreault, ma cervelle a commencé à comprendre.

J'ai soudain visualisé les poèmes comme des textes effondrés sur eux-mêmes, des vestiges magnifiques d'une construction disparue. Les suites poétiques devenaient des instantanés un peu flous, des artefacts d'une histoire terminée, qui, mis bout à bout, permettaient presque de retrouver une trame narrative.

Et je me suis mise à tripper!

J'ai enfin l'impression d'avoir ouvert une porte dans mon esprit. On m'avait dit "pour lire de la poésie, faut se laisser flotter sur les mots", mais je crois que je n'avais pas compris. Pour moi, un livre ça se dévorait d'une couverture à l'autre, le plus vite possible. Alors qu'avec la poésie, je dois développer une autre manière de lire, plus calme, plus contemplative, un poème à la fois, en laissant le temps aux images de se développer entre les mots. Et en bavant d'admiration devant tout ce que les poètes arrivent à placer entre les mots!

Ce ne sont toujours pas tous les poèmes qui me plaisent, car ceux avec des longs vers me donnent l'impression d'étouffer, mais je suis prête à accepter que c'est normal. Je ne sais pas si j'ai dépassé le mièvre lorsque je m'essaie moi-même à écrire des vers, mais peu importe. J'ai découvert une nouvelle manière de m'amuser avec les mots et ça, pour moi, c'est toujours merveilleux!

Merci à Luc pour le coup de main! Et à mes dames (et Jean-François) de m'avoir poussée dans cette direction.

Et vous, la poésie, ça vous parle ou pas?

mercredi 21 novembre 2018

Douche et cadeaux de Noël

Ah! Quel doux plaisir que de prendre sa douche sur le même étage que celui où on a dormi! (Ça évite notamment d'oublier sa serviette ou sa robe de chambre à l'autre bout de la maison!)

Oui, ça veut dire que les travaux sont finis. Il reste juste à laisser sécher le silicone autour du bain.

Oh et j'veux pas vous faire suer, mais...

J'ai fini mes cadeaux de Noël.

:)

Vive le magasinage en ligne... quand on n'arrive pas à se concentrer sur son travail parce que les bruits de rénovation nous défoncent les tympans! O.o

lundi 19 novembre 2018

États

État de la maison :

Sale, pleine de cette poussière de gypse qui semble avoir la capacité de rester dans l'air tant et aussi longtemps qu'on essaie de faire le ménage, pour retomber ensuite sur toutes les surfaces.

État de la plomberie :

On n'a toujours pas de bain, mais la douche, les lavabos et la toilette ont été rebranchés... En espérant que tout ait été fait selon les règles de l'art. Le plombier devrait venir jeudi terminer le travail.

État de ma puce :

Épuisée, parce que la semaine l'ayant mise à plat, là elle a pogné un bon rhume et, comme souvent avec les enfants de cet âge, elle s'est rendue malade à force de tousser.

État de l'écrivaine :

Après 31 heures de présence au salon en trois jours, j'ai dû me lever à 2h du matin pour laver des draps et une fillette couverte de vomi... C'est quoi le nom du stade de fatigue où on est trop fatigué pour dormir? Parce que j'en suis là. Ah pis j'ai pu de voix.

Mes plans des prochains jours : me coller contre ma puce et regarder des films en attendant que le rhume, la fatigue et les plombiers finissent par passer.

Et vous, ça va?

vendredi 9 novembre 2018

Salon du livre de Montréal

Alors, la semaine prochaine, ce sera le salon du livre de Montréal.

Ce sera aussi le début des travaux dans ma maison afin de remettre ma salle de bain et ma salle à dîner en état. Ah et la gang qui devait venir changer ma porte-patio en octobre va finalement venir faire ça la semaine prochaine aussi... Tsé, tant qu'à être prise dans le bordel!

Voici donc mon horaire de la semaine prochaine :

Lundi
Début des travaux de démolition/reconstruction.
Je gère la puce au milieu du bruit et du bordel.

Mardi
Les travaux de démolition/reconstruction continuent.
Une autre gang vient changer ma porte-patio.
La puce fait le bacon au milieu du chaos.

Mercredi
La puce se repose à la garderie.
Les travaux de démolition/reconstruction continuent.
J'attends que les ouvriers soient partis en break pour faire ma crise du bacon.

Jeudi
Les travaux de démolition/reconstruction continuent.
Au tour de mon chum de gérer les travaux.
Je suis au salon du livre de Montréal :
    10h à 11h chez Druide (kiosque 260)
    12h à 13h aux Six Brumes (kiosque 100)
    13h à 14h chez Druide (kiosque 260)
    14h à 15h aux Six Brumes (kiosque 100)

Vendredi 
Les travaux de démolition/reconstruction continuent.
Mon chum fait probablement le bacon en cachette à la maison.
Je suis au salon du livre de Montréal :
    10h à 11h aux Six Brumes (kiosque 100)
    11h à 12h chez Druide (kiosque 260)
    12h à 13h aux Six Brumes (kiosque 100)
    14h à 15h chez Druide (kiosque 260)
    En soirée, (20h30) j'assisterai à la table-ronde des Horizons Imaginaires

Samedi
La maison est en bordel, mais les travaux prennent une pause.
Mon chum gère ma fille.
Je suis au salon du livre de Montréal :
    10h à 11h chez Druide (kiosque 260)
    11h à 18h aux Six Brumes (kiosque 100)
    En soirée (18h) je serai à l'événement Solaris au kiosque d'Alire.

Dimanche
Toute la famille dort au milieu de la poussière de plâtre et du chaos.

Bref, le blogue sera sans doute silencieux la semaine prochaine, mais on se voit au Salon du livre!

Sinon, je vous rejase ici lundi le 19 novembre, si j'ai survécu à ma semaine! O.o (Et non, les travaux ne seront probablement pas encore finis!!!)

mercredi 7 novembre 2018

La quête de la barre tendre parfaite

Ok, alors pendant nos vacances, on avait décidé d'aller en camping.

Et comme on avait aussi prévu marcher pas mal, j'avais pensé nous préparer des barres tendres pour emporter.

Déjà, ça voulait dire trouver une recette de barres tendres sans gluten ni avoine (parce que mon chum ne tolère même pas l'avoine certifiée sans gluten, comme 10% des cœliaques).

En plus, question de ménager mon tour de taille et d'éviter à ma puce de se transformer en diable de Tasmanie, je ne voulais pas un truc qui tenait grâce à 1 tasse de miel!

Ni quelque chose de trop salé (parce que, ouais, semblerait que je vais devoir surveiller mon apport en sodium, parce que la génétique paternelle me rattrape).

Oh et, idéalement, la recette pourrait être fabriquée sans noix ni arachides. Parce que la puce entrera à l'école dans un an, alors autant commencer à tester des recettes adaptées...

J'ai donc fait une recherche Google pour des barres de céréales sans avoine ni gluten ni arachides ni noix avec faible sodium et faibles calories...

Ouais, j'étais optimiste.

Après avoir lu près de quarante recettes, j'en suis arrivée à la triste conclusion que si je voulais une barre tendre répondant à mes critères, j'étais mieux de l'inventer moi-même.

J'ai donc relevé mes manches et je me suis mise à l'ouvrage!

Ça a donné ça (inspirée de la barre "Rizgotante" de Mme Labrisky) :

Barres tendres sans... toute!

1 oeuf
½ tasse de purée de dattes
¼ tasse de beurre d'arachides ou d'amandes ou de sésame ou autre remplacement
1 c. à soupe d'essence de vanille (ou d'amande ou d'érable ou de caramel...)
2 tasses de céréales style rice crispies (les miennes sont évidemment sans gluten)
2 c. à soupe de graines de lin moulues
1 tasse d'ajouts divers (fruits séchés, graines, noix, etc) ou 1 tasse de céréales de plus

Mélanger l'oeuf, la purée de dattes et le beurre de noix.

Ajouter tous les autres ingrédients et mélanger.

Étendre sur une plaque à biscuit recouverte de papier parchemin et bien compresser.

Cuire 15 min à 350F.

J'ai testé à date une version céréales seulement, avec beurre d'arachides et essence de vanille. Ce n'était pas très sucré, mais quand même très bon, avec le riz qui avait conservé un peu de croquant. :)

lundi 5 novembre 2018

L'aventurière des siestes perdues

Depuis quelques temps, à mon grand regret, je vous néglige les lundis.

C'est que, voyez-vous, le moment que je redoutais depuis longtemps est finalement arrivé dans la vie de ma puce : elle ne fait plus de sieste!

Cela veut non seulement dire que j'ai perdu mes pauses quotidiennes pendant lesquelles je rédigeais des billets de blogue, buvais un café chaud, regardais un peu de télé, lisais et faisais du yoga, mais en plus je dois désormais gérer une petite fille trop avide d'aventures pour dormir, mais trop épuisée pour vraiment profiter de son temps.

Ouf! J'ai hâte que tout ça se replace!

vendredi 2 novembre 2018

Opinions et plomberie

Vous devez commencer à le savoir : j'ai assez souvent une opinion sur les sujets d'actualité. Opinion mûrement réfléchie, nourrie de nombreuses lectures, mais prête à se modifier au contact d'arguments solides.

Cependant, s'il y a ben un truc sur lequel je n'ai pas d'opinion, c'est la plomberie.

Bain podium ou bain autoportant?

Robinet à deux poignées ou une seule?

Lavabo d'acier émaillé, de pierre cultivée (kossé cé ça?!?) ou d'acrylique?

Douche en angle, en néo-angle, en demi-cercle, en rectangle?

Or, ces jours-ci, alors que nous sommes en magasinage intensif de matériaux pour refaire notre salle de bain de l'étage (celle dont la douche a coulé et inondé mon plafond de salle à manger), je DOIS avoir une opinion sur tout ça.

Et ça m'énarve!

Tout ce que j'attends d'une salle de bain, c'est qu'elle me permette de me laver et de la laver elle-même sans trop de problèmes.

Pfffff!

C'est rare que ça me dérange d'avoir trop de choix dans un domaine, mais côté plomberie, je prendrais volontiers une seule option : le truc solide et fiable qui ne coulera pas et qui rentre dans l'espace disponible. Oui, en blanc, merci.

mercredi 31 octobre 2018

Halloween et robes de princesse

C'est l'Halloween! Youppi!

Mais... Brrrrr! Il fait frette...

Oh oh!

J'avais oublié ce problème.

Ce dilemme que j'ai pourtant connu moi aussi à l'Halloween quand j'étais petite : est-ce que je préfère geler en robe de princesse ou avoir chaud dans un manteau qui cache mon costume?

(Pour une petite fille de 4 ans, l'option de porter autre chose qu'une robe de princesse ne semble pas vraiment exister, c'est l'âge je suppose, à moins d'opter pour une robe de princesse-licorne, comme ma puce l'a fait.)

Ils fabriquent des costumes magnifiques pour les enfants maintenant... mais faudrait qu'ils pensent à fournir les combines qui vont dessous!

M puce va grelotter ce soir, même avec un chandail sous sa robe. :(

Maintenant je sais pourquoi ma mère nous avait fabriqué (à ma soeur et moi) des costumes de Calinours en peluche quand j'étais petite (qui sont devenu des licornes et des lapins en peluche dans les années suivantes!).

Quelqu'un a une solution miraculeuse à proposer?

lundi 29 octobre 2018

Parentalité, manuel d'instruction

Chers parents, devant un comportement problématique de votre enfant, veuillez suivre les étapes suivantes :

1- Cernez bien le comportement. Est-ce que l'enfant hurle à pleins poumons pendant des heures pour s'opposer systématiquement à toutes vos demandes ou est-ce qu'il refuse simplement d'aller au lit le soir?

2- Ne vous mettez pas la tête dans le sable : s'il fait ça "seulement avec vous", c'est qu'il se pratique pour le faire ensuite en permanence.

3- Fouillez dans les livre de développement de l'enfant que vous avez acheté afin d'y trouver votre problème et les solutions proposées. Refermez les livres en constatant que, évidemment, votre problème précis n'y est pas abordé.

4- Googlez comme un fou le comportement en question. Lisez les explications et les solutions proposées sur des sites relativement fiables comme Naître et Grandir, Maman pour la vie, Canal vie, etc. Évitez les forums et Facebook (sinon, gare aux trolls!).

5- Choisissez la solution qui semble la plus proche de vos valeurs, expliquez-la à votre enfant (attendez qu'il ait fini sa crise du moment) et appliquez-la.

6- Résolument. (Même s'il hurle pendant 2 heures).

7- Pendant une bonne semaine. (Au bout de la deuxième journée, les hurlements devraient durer moins longtemps.)

8- Ré-examinez la situation. Le comportement problématique a-t-il disparu? Si oui, bravo, vous devriez avoir un ou deux jours de répit avant qu'un prochain problème apparaisse. Profitez-en pour dormir. Si non, reprenez le processus à l'étape 3, sauf s'il s'agit de votre troisième tentative, auquel cas, sautez à l'étape 9.

9- (facultatif) Allez en parler à son pédiatre, il aura sans doute d'autres solutions à vous proposer.

10- Écrivez un billet de blogue plus ou moins cryptique. :p (Si ça peut vous rassurer, à date j'ai jamais eu besoin de l'étape 9. ;) )

vendredi 26 octobre 2018

Torpeur automnale

L'automne est ma saison préférée. C'est un moment de douceur, de langueur. L'automne, c'est un peu comme si la Nature se préparait pour une soirée en amoureux : elle s'habille de ses plus belles couleurs, festoie dans un grand éclat de lumière dorée, puis s'effeuille peu à peu et s'endort pour l'hiver.

Le seul problème avec l'automne, c'est que sa langueur est contagieuse. Depuis deux semaines, j'ai juste envie de vestes douillettes, de thés chauds, de siestes sous la couette, de repas longuement mijotés... Bref, je me retrouve plongée dans une douce torpeur, amplifiée par le fait qu'octobre a démarré sur les chapeaux de roue et que la fatigue s'est accumulée.

C'est pas mêlant : j'en oublie d'écrire des billets de blogue! ;)

(Pis là on parlera pas de mes romans en réécriture, qui avancent, mais à un rythme... ben... automnal!)

Et vous, quel effet l'automne a-t-il sur vous?

mercredi 24 octobre 2018

Lire de la non fiction

Mon amie Valérie (qui est repartie au Japon pour un petit trois mois et nous conte ses aventures sur son blogue) disait dans son dernier billet que le cerveau n'aime pas travailler.

Et c'est tellement vrai!

Heureusement, après un bout de temps, il y a des tâches qu'il considère assez familières pour qu'elles prennent des allures de facilité. Dans mon cas, mon cerveau n'essaie plus de se défiler lorsqu'il doit lire un roman, analyser la prose d'un auteur, écrire un texte, préparer des ateliers d'écriture ou des animations...

Mais suffit que j'ouvre un livre de non fiction (manuel, essai, livre de référence) pour que mes neurones entre en rébellion. Eh ho! C'est compliqué! Y'a plein de notions nouvelles! Faut prendre des notes! On veut pas! Dépose ce bouquin et prends un roman à la place, non mais! Y'en a qui sont informatifs, tu vas apprendre pareil! Prends une tite pause Facebook avant au moins!

Et pourtant, une fois que je suis plongée dans ma lecture, une fois que mon cerveau a accepté de collaborer, de rester en éveil... Wow!

Non seulement j'apprends (de manière plus concentrée qu'avec un simple roman) et me semble que ça me fait du bien, mais en plus, ça donne des milliers d'idées pour des histoires!!! :)

Bon, après avoir lu sur les relations villageoises à la fin du Moyen Âge et l'Amérique avant Christophe Colomb, me semble que je serais prête pour un truc à propos de l'astronomie et de l'exploration spatiale.

Quelqu'un aurait un bouquin de non fiction accessible à me suggérer?

Et là je précise : très accessible? :p (Parce que j'ai toujours pas passé ma physique de secondaire 5...)

Et sinon, qu'avez-vous lu de bon en non fiction dernièrement?

vendredi 19 octobre 2018

Périssologue!

Je préparais un document sur les figures de style pour un atelier d'écriture et je m'émerveillais devant leur nombre (mon document de référence répertoriait même les figures fautives, comme le pléonasme, ainsi que de nombreuses figures qui étaient fort difficiles à distinguer les unes des autres, malgré leur nom différent) quand je suis tombée sur ça :

Périssologie
Faute d'écriture par redondance, qui consiste à l'ajout d'un ou de plusieurs détails inutiles qui n'apportent rien à la compréhension d'une idée, ni à l'expression de cette idée, sinon pour l'alourdir. 

Oh oui, j'en connais beaucoup des textes écrits de même! lol!

Y'a pas de doute, périssologue va devenir ma nouvelle insulte favorite! :p

mercredi 17 octobre 2018

Soupe aux bibittes

(Désolée pour l'absence de billet lundi, mais j'suis revenue crevée du Salon de l'Estrie. Et comme c'est le lancement de Brins d'Éternité ce samedi, fallait bien que je me repose un peu!)

Avant même d'avoir ma puce, j'avais lu un livre de recette pour enfant, écrit par une nutritionniste, qui donnait ce conseil simple : "Passé un an, la job des parents, c'est d'amener la bouffe à l'enfant, pas de la mettre dans l'enfant."

Ça m'a pas mal évité de transformer les repas en guerres de tranchées à date. Chez nous, pour ma puce, les règles sont simples :
- Les repas et collations sont à heures fixes. 
- Tout le monde vient s'asseoir à table quand c'est l'heure de manger. 
- Elle mange ou pas, c'est son problème, mais on lui rappelle qu'il n'y aura rien avant le repas suivant et qu'elle aura sans doute mal au ventre si elle ne mange pas. 
- Si elle veut un dessert ou simplement davantage de ce qu'elle aime dans le souper (comme du pain), elle doit goûter au reste : une bouchée par année d'âge.

Récemment, on a eu une passe assez difficile, où mon coeur de maman poule a dérogé aux règles, argumentant avec ma puce pour qu'elle mange davantage, parce que je ne voulais pas qu'elle aille se coucher sans souper. Cela dit, dès que j'ai arrêté d'argumenter, tout est rentré dans l'ordre : elle a sauté complètement un souper, puis le lendemain, elle a mangé comme un ogre. Ouf!

Peu de temps après, ma cocotte s'est mise à "jouer à la maman" avec moi. Inversion totale des rôles : elle m'appelait "ma chérie", me flattait les cheveux et me préparait des repas dans sa cuisinette jouet. Au menu : de la soupe aux bibittes. Dont je devais prendre mes cinq bouchées réglementaires pour avoir le droit à un dessert (ma puce a calculé que, comme je suis plus vieille qu'elle, je dois avoir au moins cinq ans!). Et pour dessert, j'ai eu droit à... des biscuits au bibittes!

Le jeu s'étant répété pendant quelques jours, avec un menu invariable, j'ai comme eu l'impression qu'elle me passait un message! Hihihihihi!

vendredi 12 octobre 2018

Ils ont survécu!

Malgré quelques moments difficiles...

Simon en était rendu à tourner son écran pour voir plus clair dans son texte...
Gabriel se demandait si le ciel ne pouvait pas lui venir en aide un ptit peu...
 Ils ont survécu à l'atelier court, édition 2018!

Pis j'ai décidé de prendre la photo, histoire de pas montrer que j'étais la plus cernée du groupe! :p
Ouf! Ce fut vraiment un bel atelier, très intense.

Avec les années, j'ai essayé plusieurs formules (surtout des exercices courts, un peu d'écriture sur place, juste de l'écriture sur place, plus ou moins de travail en groupe sur les textes et les plans, etc..) et là je crois que je suis arrivée à un résultat vraiment satisfaisant. Tout le monde est arrivé avec son plan et le début (500 mots) de son texte. On a révisé un peu de théorie, en faisant des exercices, puis on a discuté des plans, regardé l'écriture, essayé d'arrimer style et propos... On a ensuite écrit chacun de notre côté, puis j'ai révisé les textes de tout le monde lors d'une looooongue soirée de travail et, le lendemain, on était à pied d'oeuvre pour commenter le tout, corriger et écrire encore.

J'suis crevée, mais j'pense que ça valait la peine.

Là, reste juste à espérer ne pas m'effondrer de fatigue pendant le salon du livre de Sherbrooke. J'y serai aujourd'hui et demain, dans le kiosque des Six Brumes et à l'animation d'une table-ronde sur l'inclusivité en science-fiction québécoise. Ouaip, on va passer des auteurs au "Test Dagenais"! Puis discuter des résultats. Parce que comme tout bon instrument de mesure, ce test a ses avantages et ses limitations! :)


Si vous êtes dans le coin, venez faire un tour!

mercredi 10 octobre 2018

Créer des fictions de gauche?

Voilà des années qu'Élisabeth Vonarburg nous répète, découragée, qu'à force d'écrire et de montrer (sous forme de films et séries télés) des dystopies de droite, hyper inégalitaires, ces idées vont faire leur chemin dans l'esprit des gens et on va se ramasser dans l'une de ces dystopies.

Chaque fois, je lui opposais que non, voyons, ces dystopies avaient une valeur d'exemple à ne pas suivre.

Et pourtant... plus le temps passe, plus les dérives politiques semblent lui donner raison. En plus, j'arrête pas de tomber sur des articles qui illustrent à quel point beaucoup de gens ne font pas la différence entre la réalité et la fiction.

Coudonc, peut-être qu'ils s'imaginent que le futur inégalitaire est inévitable, mais que c'est pas grave, on aura une Katniss Evergreen ou un Takeshi Kovacs pour nous en sortir? (Ils devraient pourtant réaliser que Takeshi est pas fort sur l'aide désintéressée...) C'est peut-être pour ça qu'ils votent à droite? Pour susciter ce point de bascule après lequel les choses s'arrangeront?

Ou peut-être qu'ils ne comprennent juste pas qu'un futur plus à gauche, plus égalitaire, plus communautaire, est possible? Ils ne l'ont jamais vu, jamais lu, alors ils n'arrivent pas à le concevoir?

Je commence à penser qu'il va falloir se mettre à créer des fictions basées sur des utopies de gauche (c'était un peu l'idée derrière le mouvement "solarpunk").

Le problème avec ça, c'est qu'une fois qu'on aura créé un monde qui va bien, va falloir être créatif pour que l'histoire ne soit pas trop plate! :p

Ou alors ptêt que je devrais y aller pour une dystopie de gauche? Tsé une histoire horrifiante où toutes les entreprises d'importance sont nationalisées, où les soins de santé sont gratuits et efficaces, où l'éducation est mise au centre des priorités, où les arts sont appréciés, où les gens ont tout ce qu'il leur faut pour vivre, mais où un pauvre chef d'entreprise dont le salaire a été plafonné se voit interdire de s'acheter une troisième télé...

Mouin... En attendant que je trouve une bonne intrigue, qu'est-ce que vous pensez du concept?

vendredi 5 octobre 2018

Tranche de vie (34)

Hier, c'était la première journée de travailleur autonome de mon chum. (Qui travaillera désormais seulement quatre jours par semaines à son boulot de salarié.)

Il est donc allé porter notre puce à la garderie, notre auto au garage, puis il est revenu, il a joué de la guitare, on a discuté des travaux à faire dans notre salle de bain, on s'est entraînés, on a dîné et là, soudain, il m'a dit :

-- Ouais, ben, j'ai pas arrêté depuis le début de la journée, même si j'ai fait fuck all!

Bienvenu dans le monde du travail autonome, mon amour. On accomplit beaucoup de choses, mais rarement celles espérées! hihihihihi!

Farce à part, c'est le fun de l'avoir à la maison avec moi... Même si, une fois hyper concentrée, je peux mettre trente minutes pour répondre à ses questions et/ou me rendre compte qu'il m'a parlé! :p

mercredi 3 octobre 2018

Le bidou idéal

J'ai pas trop parlé de politique pendant la campagne. Pas que je ne sois pas intéressée, pis impliquée, mais quand ton papa fait campagne pour Québec Solidaire, ben t'as l'air un peu biaisée, peu importe ce que tu diras. (Pis oui, j'ai voté pour mon papa, même si l'ado rebelle en moi trouvait ça vraiment bizarre! lol!)

Cela dit, maintenant que la poussière est retombée et qu'on ("on" exclut ici définitivement la personne qui parle) a élu un gouvernement caquiste majoritaire, puis-je remarquer un truc?

On vit vraiment dans une idéologie du tout-à-l'argent, où le bidou idéal, c'est celui qu'on ne dépense pas et qui reste dans nos poches. 

On ne pense pas au long terme, on ne pense pas à ceux qui n'ont pas les mêmes moyens que nous. On pense au contenu immédiat de nos poches. Pas au coup dur qui risque de venir les vider demain. 

Un exemple de cette pensée à court terme?

Présentement, de plus en plus de gens, découragés de l'état des écoles publiques, envoient leurs enfants à l'école privée, où ils obtiennent plus de service. Ça représente une dépense moyenne de 5000$ par an, par enfant. Plus tard, ces mêmes enfants iront à l'université, ce qui coûtera, au minimum, un autre 5000$ par année.

Chaque fois qu'on parle de réinvestir en éducation et peut-être même de mettre en place la gratuité complète, les gens montent aux barricades : Ça va coûter trop cher. Et ce qui m'étonne, c'est que ceux qui crient le plus fort, ce sont souvent ceux qui paient déjà pour de l'école privée. Est-ce qu'ils préfèrent vraiment flamber 50000$ pour que leur enfant ait une bonne éducation, mais que le système reste brisé et que leurs petits-enfants aient besoin de la même somme pour s'éduquer? Est-ce qu'ils n'aimeraient pas mieux payer un peu plus d'impôt par an, mais pouvoir envoyer leur enfant finir sa scolarité au public, pis choisir ensuite son université sans se soucier de son prix? Est-ce qu'ils n'aimeraient pas savoir que leurs petits-enfants pourront faire la même chose? Pis que les enfants de la rue d'en arrière, dont la mère travaille au salaire minimum, auront une chance d'être bien éduqués eux aussi, pis ptêt de gagner plus cher qu'elle et donc payer plus d'impôt et participer à l'effort commun?

Réponse : non. Tout ce qu'ils voient, c'est que, pendant deux ou trois ans, le temps que le système se redresse, ils paieront probablement en double : la scolarité au privé ET l'augmentation d'impôt. 

C'est la même chose dans tous les domaines, transport, santé, environnement, etc. À un point où je me demande... Ces gens-là, est-ce qu'ils font des rénovations chez eux?

Parce que la dernière fois que j'ai changé les fenêtres de ma maison, j'ai pas pris le produit le plus cheap et ça m'a coûté une beurrée. Sur le coup, ça a été dur à avaler. Par contre, mes coûts de chauffage ont baissé depuis. J'économise. Et la valeur de revente de ma maison sera meilleure. 

En contrepartie, quand j'ai fait refaire mon toit, mon budget était plus serré et j'ai cru faire une bonne affaire en y allant avec le plus bas soumissionnaire. Après tout, le bidou idéal est celui qui reste dans mes poches... Un méga dégât d'eau, quatre mois de bordel, une facture salée et des primes d'assurance doublées plus tard, j'ai appris ma leçon. 

Ah, attendez, est-ce que c'est ça qu'il nous faut, collectivement, pour se défaire de cette vision du bidou idéal? L'équivalent social d'un dégât d'eau?

Est-ce qu'on parie sur ce que ça sera?  

(Pour le fun, allez voir la définition de kakistocratie... non, c'est pas une farce, j'ai eu des doutes moi aussi, mais les racines grecques sont légitimes, un très sérieux dictionnaire anglais et un plus long article anglophone le confirment!)

lundi 1 octobre 2018

Tartes aux pommes

Dimanche, profitant d'une journée agréablement fraîche, mais un peu grise, nous sommes donc allés aux pommes. 

Éliane, qui fait un câlin à un pommier
C'est sans doute mon activité d'automne préférée. On marche lentement dans la nature, en admirant les écureuils et, comme cette année, les deux chevreuils venus se sucrer le bec dans les pommiers, puis on cueille nos fruits et on en déguste un ou deux au passage. On y va de bonne heure le matin et le temps de remplir les sacs, on a eu juste assez froid pour apprécier de revenir chez nous, se préparer une bonne crème de légumes et une omelette aux pommes.

Pis ensuite, c'est le moment de la corvée de tartes!

Moins de douze heures du pommier à la tarte... Miam! :)
Pis oui, bon, y'a une intruse aux cerises, mais tant qu'à rouler de la pâte à tarte...
Voilà, l'automne est lancée. La prochaine entreprise culinaire sera l'opération citrouilles! :) 

vendredi 28 septembre 2018

Scène de bureau (44)

Histoire de soigner mes contacts (et de m'éloigner de ma maison qui coule), je suis allée récemment visiter l'un de mes anciens employeurs, qui continue de me donner des contrats de rédaction de temps en temps.

Je débarque donc en début de matinée, mon trench coat de cuir sur le dos, avec une boîte de mini-scones à la vanille d'un pâtissier qu'on adorait jadis et mon café au lait. Tsé, je me dis que sans le café, j'ai ptêt des anciennes collègues qui ne me reconnaîtront pas, malgré la présence de mon manteau iconique. :p

La réceptionniste est nouvelle et a l'air bête, mais je me présente en souriant et je lui offre un scone, tandis que j'attends mon ancienne Directrice dans le lobby. Elle le refuse. Bon, tant pis pour elle.

Ma Directrice arrive, l'air heureuse de me voir. Elle appelle mon ancienne Collègue et m'informe du même souffle que l'autre ex-collègue est partie pour de bon, au bout de deux congés de maternité. Ah, flûte, j'espérais la voir aussi.

On s'enferme dans le bureau de la Directrice pour papoter un petit moment. Je leur offre les scones (qui, soit dit en passant, sont de format "deux bouchés et c'est fini").

Directrice -- Ah non, j'essaie de faire attention à ce que je mange. Tsé, j'suis assise à la journée longue.

Collègue -- Ah non, merci, mais moi aussi j'essaie de faire attention. Depuis que je me stationne directement au bureau, j'ai engraissé.

Bon, tant pis pour elles, moi je grignote donc un scone. Après tout, juste à me déplacer entre les divers éléments du transport en commun, j'ai déjà marché 30 minutes depuis le matin!

Directrice -- T'as l'air vraiment en forme, Gen!

Collègue -- Pis t'as tellement un look d'artiste!

Euh... Je jette un regard à mes vêtements. Je porte un jeans et un tshirt, des vêtements tout ce qu'il y a de plus norm... Ah, oups, c'est vrai : les jeans sont interdits dans ce bureau. Et personne, sauf moi, n'a jamais osé s'y présenter en tshirt. D'ailleurs, les deux autres filles portent des chemisiers.

Directrice -- C'est vraiment le fun de te voir! On est toujours contentes de tes rédactions. Par contre, là, on risque d'en avoir moins à t'offrir, parce que le nouveau DG veut faire affaires avec une boîte de pub...

Collègue -- Mais, tsé, on manque tellement de bras. Ça te tenterait pas de revenir? J'suis sûre que même un temps partiel, ce serait possible, hein, Directrice?

J'essaie de digérer la nouvelle au sujet de la fin prochaine de mon contrat de rédaction. Bon, je me doutais que ça durerait pas éternellement, mais... Et là elles font quoi? Elles m'offrent une job à temps partiel? Hum, ce serait ptêt pas une si mauvaise idée... Un jour ou deux par semaines, ça ferait une rentrée d'argent et ça renflouerait les économies, avec toutes les tuiles qui nous tombent dessus dernièrement...

Directrice -- Oh oui, sans problème! Y'a presque rien qui a changé ici, tu aurais pas de misère à te remettre dans le bain. Pis, tsé, on pourrait même s'entendre pour que tu commences à 8h30 plutôt qu'à 8h, si c'est plus simple pour toi, avec ta puce. T'aurais juste à prendre 30 minutes pour dîner au lieu d'une heure...

Je me retiens pour ne pas rire. La Directrice a toujours eu une compréhension limitée du concept d'horaire flexible.

À ce moment, on cogne à la porte du bureau de la Directrice. Une tête apparaît dans l'embrasure. Le Comptable. Il me voit et grimace quelque chose qui veut sans doute passer pour un sourire.

Comptable -- Ah, me semblait que j'avais entendu une voix connue. (S'adressant à la Directrice) Depuis quasiment quinze minutes. C'est une grande pause ça. Enfin... Elle a-tu dis oui? (Tournant son regard vers moi) Oh, des scones, c'est gentil!

Il entre dans le bureau, s'empare du sac et s'apprête à ressortir.

Comptable -- Par contre, temps partiel ou pas, les jeans, c'est non, hein, Gen, oublie pas.

Et il disparaît. Avec les trois scones restant.

Directrice (l'air gênée) -- Euh, ouais, facque, c'est ça. Tu me le diras si tu es intéressée.

Collègue (roulant des yeux au ciel, l'air découragée) -- Comme on disait, y'a rien qui a changé.

J'les ai embrassées, puis mes jeans et moi sommes ressortis dans le soleil automnal. J'ai fait un peu de lèche-vitrine, parce que j'avais le temps avant le dîner prévu avec un ami, sans rien acheter, parce que j'ai pas d'argent à gaspiller. Pis j'ai pensé à l'époque où j'avais l'argent pour acheter, mais jamais le temps de flâner dans la rue.

Mon envie de retourner travailler dans un bureau m'est passée aussi vite qu'elle est venue! :p

J'finirai bien par trouver d'autres contrats.

lundi 24 septembre 2018

Objectifs et résolutions 2018 - Bilan de mi-année

Alors... entre les infiltrations d'eau et l'organisation d'un Boréal, je crois que j'ai complètement oublié que j'avais pris des résolutions pour l'année 2018, moi! Faudrait ptêt que je fasse un bilan de mi-année... ou, enfin, de trois-quart d'année... Tsé, pendant que j'ai le temps de rajuster le tir. Alors, c'était quoi ces résolutions-là?

1- Écrire davantage de nouveau matériel

Ouais, ben, c'est pas fameux ça. Depuis janvier, j'ai écrit un gros total de deux nouvelles (dont une qui a déjà été publiée, dans le recueil "Mystères à l'école"). J'ai aussi écrit un texte d'album pour les tout-petits. Et conçus une foule d'exercices d'ateliers d'écriture et plusieurs animations scolaires. Par contre, mes deux romans terminés-mais-à-retravailler n'ont pas avancé d'un iota. Ok, il me reste donc 3 mois pour faire ça... entre la gestion du projet de reconstruction de mes salles à dîner et salles de bain! O.o


2- Choisir davantage mes projets

Croyez-le ou non, je semble avoir réussi. Je ne me suis pas embarquée dans des projets collectifs, des organisations de ci ou de ça ou des commandes hors de ma zone de confort (j'ai bien reçu une commande, mais elle est tout à fait dans mes cordes et c'est même un texte que je pensais déjà écrire). Et savez-vous quoi? Ça m'insécurise! Hihihihi! J'suis habituée d'avoir plus de projet que de temps pour les mener à bien. Là j'ai juste à me consacrer sur mes trucs à moi. J'suis plus habituée!

3- Réduire mes déchets

Notre maisonnée est maintenant passée aux pailles réutilisables et aux sacs en filet pour l'épicerie, je me traîne un kit d'ustensiles, un sac et une paille lavable dans ma sacoche, pis j'amène ma tasse dès que je sors. On n'a toujours pas de serviettes de table, mais c'est faute d'avoir eu le temps de les magasiner. L'an prochain, ma ville va se mettre au compost, alors ça devrait diminuer mes vidanges d'un bon 75%. Si les compagnies de bouffe pouvaient se mettre aux emballages moins dommageables pour l'environnement, je serais comblée!


4- Acheter des vêtements locaux et/ou éco-responsables

Devant composer avec un budget limité, je me suis souvent retrouvée à acheter "le moins pire" produit entre deux ou trois options. Mais bon, c'est déjà ça. Et je suis en train de découvrir l'avantage de ma garde-robe minimaliste : j'ai quand même beaucoup de vêtements classiques et de bonne qualité qui datent de mon ancienne vie de travailleuse de bureau. Trop pour les intégrer tous à une même "capsule" saisonnière. Résultat : d'une année à l'autre, je peux faire une rotation parmi ces pièces classiques (j'en mets certaines en "sabatiques" pour un an et je sors celles qui n'ont pas pris l'air l'an dernier) et ça me donne l'impression d'avoir du nouveau linge! :) 

5- Prendre le temps de vivre

J'ai travaillé comme une folle cette année, en plus de devoir gérer plusieurs catastrophes, alors ça n'a pas toujours été facile de m'arrêter, mais j'ai quand même réussi à mettre du yoga à l'horaire de mes semaines (parfois, j'ai même intégré des pauses quotidiennes) . Et je me suis permis de décrocher pour vrai durant mes vacances. Faut juste que je travaille à garder ces bonnes habitudes. Parce que, certains l'ont remarqué, mon niveau d'énergie est bas. Et mon moral est fragile. 


Cela dit, je le sens qui remonte là, parce que je pensais que ce serait pire que ça comme bilan. Ne relevez pas le fait que le point #1 (le plus important pour ma carrière d'écrivaine) est celui que j'ai échoué le plus solidement, ok? :p J'y travaille là! 

vendredi 21 septembre 2018

Tranche de vie (33)

Saviez-vous que...

Quand un plombier force comme un boeuf après un robinet de douche qu'il devait ouvrir pour nettoyer, ben ça se peut qu'il le déforme et qu'ensuite il ne puisse pas le remettre en place comme il faut? 

Et qu'ensuite, chaque fois que vous prendrez une douche, l'eau coulera à l'intérieur du mur et imbibera la base de la douche, ainsi que le plancher de l'étage inférieur?

Et qu'il faudra environ un mois avant que le plafond dudit étage menace de vous tomber sur la tête?

Ben moi, maintenant, je le sais. 

Je sais aussi que dans cette situation, vous serez en beau maudit contre votre plombier. 

Heureusement, vous serez couverts par vos assurances. 

Mais savez-vous que vos primes vont tellement augmenter que vous aurez bientôt l'impression de payer une hypothèque de plus? 

Ça aussi je l'ai appris...

Enfin... les assurances viendront ouvrir votre plafond de salle à dîner, le mur du placard qui donne accès à la douche et installeront deux gros déshumidificateurs industriels. 

Savez-vous que lorsque des déshumidificateurs industriels tournent à fond dans une maison, ça assèche tellement l'air que vous risquez de perdre la voix?

... 

*avale une pastille*

... ouais... *râclement de gorge et voix éraillée* c'est ça que ça fait. 

Ça fait aussi un vacarme de tous les diables qui vous empêcheront de dormir et de penser et vous donneront un mal de tête permanent. 

Soit dit en passant, savez-vous qu'aucun de ces éléments n'est recommandé quand votre médecin a trouvé que votre tension artérielle était haute le mois passé et vous a conseillé d'essayer de diminuer le stress?

Savez-vous qui est-ce qui est à boutte et qui a envie de brailler 25 heures sur 24?

Ah oui, ça vous vous en doutez, hein? 

Enfin, là au moins les déshumidificateurs sont partis, le trou dans le plafond de la salle à dîner est fermé avec un plastique et l'évaluateur des assurances viendra la semaine prochaine pour déterminer quels travaux devront être faits dans ma salle de bain (dont la douche demeure inutilisable). 

Un jour, je suppose, tout ça sera fini et je pourrai écrire. 

Je sais ben pas quand par contre. 

mercredi 19 septembre 2018

Lancement Mystères à l'école



Wow! Mystères à l'école (le collectif de nouvelles policières jeunesse auquel j'ai participé chez Druide), avant même son lancement officiel, est devenu coup de coeur Renaud-Bray, suggestion Archambault et a récolté le "oui" des libraires indépendants!

Dix auteurs sur quinze!
 Pis hier soir, j'suis allée au lancement(si, si, j'suis là, juste derrière Martine Desjardins) à la librairie Verdun (dont le libraire, Billy Robinson, est vraiment un gars extraordinairement sympathique et accueillant) et y'a pas eu de dégât d'eau.

Ces temps-ci, pour moi, c'est une victoire à part entière.

J'étais très contente de revoir Martine Latulippe, ma directrice littéraire de la défunte Alibis. Et Richard Migneault, l'instigateur du projet (qui a aussi écrit une nouvelle). Pis Mathieu, qui est passé me faire un petit coucou!

Oh et Sophie Lit et Évelyne, avec lesquelles j'ai pu échanger plus que deux mots pour une fois!

J'espère juste ne pas avoir trop parlé à tort et à travers, parce qu'avec mon état de fatigue nerveuse, les deux verres de vin ont fessé pas mal. (Certains diront que je suis déjà au bord de l'incohérence à jeun... J'suis trop fatiguée pour les contredire. Mais un jour j'aurai regagné toute mon énergie, alors prenez pas des habitudes que vous regretterez! :p )

Note : Ce billet a été écrit au son des déshumidificateurs industriels. Ça a pas rapport, fallait juste que je le dise, bon!

lundi 17 septembre 2018

Tranche de vie (32)

C'est dimanche après-midi. Je suis écrasée sur mon sofa et je relaxe un peu de notre fin de semaine occupée, tandis que ma puce fait semblant d'essayer de faire sa sieste.

Je tourne la tête vers ma salle à dîner et je remarque qu'un carré se découpe nettement dans le plafond, comme si les joints étaient soulevés, plus apparents. Surtout dans un coin, vers le milieu de la pièce.

Ma petite paranoïaque intérieure et ma contre-partie raisonnable se mettent alors à débattre. (Ouais, y'a des gens qui ont un ange et un démon sur leurs épaules. Moi j'ai une paranoïaque persuadée que sa maison est en train de pourrir autour d'elle et une fille raisonnable, créée de toute pièce après plusieurs visites chez le psychologue, qui s'efforce de la calmer).

Paranoïaque -- Hé! C'est quoi ça? C'était pas comme ça avant! On dirait des traces d'infiltration d'eau. Le papier des joints a l'air gondolé!

Raisonnable -- Mais non, ça doit toujours avoir été comme ça. Tu dois le remarquer à cause d'un jeu de lumière particulier, pis parce que tu es paranoïaque!

Paranoïaque -- On est souvent ici à cette heure-ci de la journée et on regarde le plafond exactement sous cet angle. Moi je te dis que c'était pas de même hier. Est-ce qu'on peut aller y toucher? Si c'est dur, ça voudra dire que c'est le joint qui est en relief et que ça a toujours été de même. Mais si c'est mou...

Raisonnable -- T'es pas sérieuse, là? Faudrait arrêter notre émission, aller dans la salle à dîner, monter sur une chaise, jouer les équilibristes, tout ça pour toucher à une bosse dans le plafond? Non.

Paranoïaque -- Envoye-donc!

Raisonnable -- Non!

Paranoïaque -- S'te plaît!

Raisonnable -- Non! J'écoute mon émission, bon!

Paranoïaque -- Ben non, tu l'écoutes pas : tu discutes avec moi. Pis t'as pas fini, j'te signale. J'te lâcherai pas. Tu pourras jamais te concentrer, pis si jamais ça coule vraiment dans le plafond et que ça empire, tu...

Raisonnable -- Arrrgggg!

Vaincue, je me levée et je suis allée dans la salle à dîner. J'ai positionné une chaise sous l'endroit suspect, j'ai grimpé, je me suis étirée (à la taille que j'ai, toucher le plafond, même juchée sur une chaise, c'est pas facile!) et... mon doigt s'est enfoncé dans un plafond spongieux. Gonflé d'eau.

FUCK!

Appel fut passé aux assurances. Verdict temporaire de l'expert venu hier : on dirait qu'il y a de l'eau qui coule dans les murs quand on prend nos douches.

Là j'attends la compagnie qui va venir trouer mes murs, peut-être arracher ma douche et tenter de comprendre d'où vient cette eau.

À vue de nez, ça veut dire que je vais me retrouver avec une salle à dîner, une salle de bain principale, une lingerie (adossée à la douche) et peut-être une autre pièce ou deux en travaux. (Je crains particulièrement pour le garde-robe de ma chambre, qui s'adosse lui aussi à la salle de bain.)

Ai-je besoin de spécifier que je suis découragée et mentalement épuisée rien que de penser au processus qui s'en vient? Et qui devra être géré en même temps que mes divers contrats et engagements?

Enfin, au moins on a une salle de bain avec douche au sous-sol. À défaut d'être de bonne humeur, au moins je resterai propre.

Soit dit en passant, 2018 nous ayant à date coûté un dégât d'eau dans le salon, un nouveau frigo et maintenant le dégât d'eau salle à dîner/salle de bain, j'aimerais que les tuiles arrêtent de nous tomber dessus là! Parce que j'ai beau avoir dépassé mes objectifs financiers de l'année, j'ai quand même dû piger dans mes fonds d'urgence, pis j'ai un peu l'impression d'avoir travaillé pour rien. :( J'ai hâte qu'elle finisse cette année-là!

vendredi 14 septembre 2018

J'aime boire!

Des fois, on se fait poser des questions en apparence très simples, dont la réponse est sans doute évidente pour la plupart des gens, mais qui nous plongent dans des abysses de perplexité.

Pour moi, ce sont celles-ci :

Es-tu plus thé ou café?

Café chaud ou glacé?

Thé aromatisé ou nature?

Bière ou vin?

Bière noire, rousse ou blonde?

Vin rouge ou blanc ou rosé? Ou champagne?

Cocktail compliqué ou simple alcool sur glace?

Eau pétillante ou boisson gazeuse?

Ça te dérange si j'ai mis de la menthe et/ou des concombres et/ou des oranges dans l'eau?

Il n'est pas rare que je commence ma journée avec un café au lait, chaud ou glacé, pour enchaîner avec un thé aromatisé sucré, chaud ou froid, puis un thé vert très herbeux et amer. Le midi, je bois de l'eau pétillante ou une boisson gazeuse sans sucre, avant de reprendre un café. Le soir, c'est encore de l'eau pétillante ou des boissons gazeuses sans sucre, puis je passe au thé sans caféine. La fin de semaine, il y a souvent du vin rouge avec mes soupers de pâtes, du rosé si c'est l'été, du saké avec mes plats asiatiques, du champagne si on a quelque chose à célébrer. On fait la fête chez des amis? Je peux très bien boire un drink rose et pétillant et ultra girly en début de party, continuer avec de la bière ou du vin, puis siroter plus tard un whisky sur glace avec mon chum et les autres boys. Je bois peu d'eau plate, parce que, ben, je la trouve plate, sauf après un entraînement, parce que là elle est divinement bonne.

Pour moi, cette diversité des breuvages, c'est normal. J'accorde mes diverses boissons à la saison, mes humeurs, mes envies et les plats que je mange. Avoir une tasse fumante ou un verre bien frais à la main, c'est un plaisir sensuel et souvent renouvelé.

Avec les années, j'ai compris que ce n'était pas comme ça pour tout le monde. Que la plupart des gens boivent par nécessité, sans trop y penser, et ont des goûts assez arrêtés en matière de breuvage. Alors que je n'ai pas encore rencontré un truc que je n'arrivais pas à boire! Hihihihihi! (Même si la bière IPA est une proche candidate.)

J'en suis arrivée à une conclusion : j'aime boire!

Je suppose que tant que cet amour ne se limite pas à l'alcool, ce n'est pas un trop gros problème! Hihihihihi! ;)

Et vous, êtes-vous plus thé ou café, vin ou bière, etc? ;)

mercredi 12 septembre 2018

En atelier, il est interdit de...

Je donne plus que ma part d'ateliers de création littéraires depuis deux ans. Pour des adultes, des ados, des retraités, des débutants, des plus-si-débutants, des assez-avancés-que-je-me-demande-ce-qu'ils-font-là, etc.

Et j'en arrive à la conclusion qu'il n'y a qu'un seul interdit dans un atelier de création littéraire :

Il est interdit de ne pas faire le travail. 

Vous pouvez le faire plus ou moins sérieusement, vite, à moitié, tout croche, sans respecter la consigne, en vous inspirant lointainement de la consigne ou en oubliant la consigne, mais vous ne pouvez pas éviter complètement de le faire. À la limite, si la consigne, l'exercice, etc, ne vous inspire pas, écrivez pourquoi.

La raison la plus évidente de cet interdit est la suivante : ne pas faire le travail d'atelier, c'est irrespectueux pour les autres participants qui, eux, se placent en position de vulnérabilité en présentant au groupe leur premier jet à peine relu.

La raison la moins connue découle de la nature du milieu littéraire : il est petit et incestueux. Les gens que vous allez rencontrer en atelier, surtout les animateurs et animatrices, ce sont peut-être les mêmes qui, dans un an ou deux, liront vos manuscrits. À tout le moins, ce sont ceux qui se feront demander par un éditeur, entre deux verres, un soir de lancement : "Heille, est-ce que tu as déjà eu X en atelier? J'ai reçu un bon manuscrit de lui, mais je me demande s'il travaille bien, s'il est fiable..."

Bref, vous ne voulez pas avoir l'air d'un lâcheux en atelier, parce qu'on s'en souviendra longtemps. Et on le fera probablement savoir.

J'aimerais dire que ce billet s'inspire d'un cas problématique que j'ai rencontré une fois, mais non, ça commence à être un problème fréquent, surtout avec les plus jeunes. Ils ont tellement peur d'échouer ou de ne pas avoir l'air assez brillant à leur goût qu'ils omettent de faire une partie des exercices (en se trouvant de plus ou moins bonnes excuses).

Et ça m'insulte, bon. C'est en travaillant qu'on devient écrivain.

lundi 10 septembre 2018

100 jours

À raison de 2 jours par semaine et 50 semaines d'ici la rentrée scolaire de septembre 2019, il me reste donc 100 jours à passer en tête-à-tête avec ma puce.

100 jours de liberté enfantine.

100 jours de câlins, de chatouilles et rires.

100 jours non planifiés, où l'horaire pourra varier selon ses besoins et ses envies.

Mais aussi...

100 jours à me demander quoi faire pour l'éveiller, l'amuser, la stimuler. (Pour éviter que ça devienne 100 jours de cris, crises et caprices).

Je veux tirer profit du fait que je peux lui offrir un environnement à la fois plus supervisé et plus souple que la garderie (et la future école). Je peux lui permettre d'explorer davantage, de risquer un peu plus, puisque j'ai seulement elle à surveiller. (Sans pour autant surcharger ses journées, bien sûr. L'ennui, c'est générateur de créativité.)

Alors... qu'est-ce que je fais?

Outre le coloriage, le découpage, la peinture, la pâte à modeler, les visites à la bibliothèque et la cuisine (elle adore m'aider à préparer des biscuits et des gâteaux), qu'est-ce qu'on pourrait faire ensemble?

Si vous avez des idées de bricolages, de recettes, de sorties et d'activités (préférablement déjà testées avec des enfants et pas trop coûteuses), c'est le moment de me faire des suggestions!

vendredi 7 septembre 2018

Tranche de vie (31)

On était au milieu de nos vacances, en route pour le camping, dans les Cantons de l'Est. Puce de quatre ans (et vessie minuscule) oblige, on s'était arrêtés dans une halte routière. Une de ces haltes qui semblent plantées au milieu de nulle part, un combiné Tim Hortons/station d'essence blotti au milieu de terres en friche.

Je me sentais vraiment en vacances. Notre première expédition de camping avec la puce avait un parfum d'aventure, même si le camping choisi ne s'annonçait pas tellement sauvage. Tout de même, on dormirait sous la tente, dans un petit coin de nature (même si on apercevrait sans doute les campeurs des terrains voisins), on ferait un feu, je cuisinerais sur mon réchaud tout neuf...

Je regardais les routes qui se croisaient autour de la halte et j'avais l'impression qu'en s'engageant sur l'une d'elles, on pourrait aller n'importe où, nulle part, Ailleurs... 

Mon chum s'est assis dans la voiture près de moi. Il a regardé autour de nous et poussé un soupir. 

-- Quand je me retrouve dans une place de même, a-t-il dit comme s'il faisait écho à mes réflexions, au milieu de nulle part, avec des mauvaises herbes qui ont poussé plus haut que ma tête, pis du monde bizarre...

Bizarre? Pourquoi trouvait-il les gens bizarres?

-- J'me dis, a-t-il poursuivi...

J'ai souri, pensant qu'il sentirait lui aussi le potentiel d'aventure, l'appel de l'Ailleurs.

-- ... maudit qu'on est ben en ville!

Ramenée sur terre et à la réalité, j'ai éclaté de rire. D'accord, mon chéri, allergique aux moisissures, aux animaux et au gluten, n'est pas un nomade, ni un homme de plein air. Moi non plus au fond. Je m'ennuie beaucoup dès que je perds ma connexion à Internet. 

On a quand même eu du plaisir en camping. ;)

mercredi 5 septembre 2018

Bientôt en librairie

L'an dernier, après que je me sois jurée d'arrêter de m'impliquer dans des projets collectifs (parce que c'est super le fun, mais ça prend du temps et ce n'est pas tellement payant), on m'a fait une proposition que je ne pouvais pas refuser : on m'a invitée à participer à la prochaine anthologie "Crimes à..." des éditions Druide.

Cette fois, cependant, les crimes seraient rebaptisés "mystères" et se dérouleraient dans une école. Quelle bonne idée! En tant qu'ancienne prof, des histoires toutes plus sanglantes et tordues les unes que les autres me sont venues en tête. Des étudiants dissipés mourraient dans d'atroces souff... Le public, a-t-on précisé, serait des adolescents. Et même des pré-ados.

Oh.

Ça c'est ma malédiction personnelle depuis quelques années. Je suis pas mal sûre que si on additionne tous mes mots publiés, j'ai écrit davantage pour les adultes que pour les ados, mais avec trois romans jeunesses à mon actif, ceux qui me connaissent moins m'identifient comme une écrivaine "jeunesse".

Enfin, c'est pas trop grave. Après tout, je suis aussi une écrivaine jeunesse. Pour ce projet, fallait juste que j'oublie mes idées les plus noires et que je me concentre sur le genre de mystère qui m'aurait intriguée lorsque j'étais à la fin du primaire.

L'actualité m'a fournie mon inspiration, mon personnage (une petite fille avec peu d'intérêt pour l'école mais beaucoup d'imagination) m'a donné le reste du texte. Et ainsi est né "Dans les entrailles du dragon de briques".

J'ai vraiment hâte de tenir le recueil en mains (le lancement aura lieu le 18 septembre à la librairie de Verdun) et de lire les nouvelles des autres participants. Quand on participe à ce genre de projet, il y a toujours un petit stress. Notre texte va-t-il se démarquer du lot? Ou, au contraire, sera-t-il éclipsé par les textes des autres? Dans le cas de ce recueil-ci, qu'on ait simplement imprimé mon texte est déjà un immense honneur, parce que... Wow! Quelle brochette d'auteurs reconnus!

J'en reviens pas. J'avais déjà du mal à croire que je serai publiée dans le même recueil que Simon Boulerice, Martine Latulippe et Suzanne Myre, mais quand j'ai vu le nom de Robert Soulières sur la maquette de couverture, j'ai cru que j'avais des hallucinations! J'ai grandi en lisant ses livres. Je ne peux pas publier avec lui, à ses côtés! Ce serait comme de publier dans la même revue que Joël Champetier, Daniel Sernine ou Élisabeth Vonarburg.... Euh, attendez un peu... ;)




Y'a pas à dire, mon parcours d'écrivain me permet de réaliser bien des rêves. Parmi mes idoles littéraires de jeunesse, il me reste juste Alexandre Dumas et JRR Tolkien et Stephen King avec lesquels je n'ai pas collaboré... Les chances sont nulles pour les deux premiers, mais je ne renoncerai pas tout de suite au troisième, sait-on jamais! hihihihihihihi! ;)

vendredi 31 août 2018

La naissance de l'épée idiote

Avant de lire ce billet, je vous suggère fortement d'aller lire mon texte "L'épée et le templier" si ce n'est pas déjà fait. Faites-vous en pas : c'est pas trop long et, contrairement à plusieurs de mes textes, ce n'est ni noir, ni déprimant.

Bon, c'est fait?

Alors, laissez-moi vous raconter comment m'est venue cette histoire d'épée pas-vraiment-intelligente.

Vous le savez peut-être (si vous avez déjà joué à Donjons et Dragons, vous le savez certainement), mais les armes intelligentes, plus particulièrement les épées, c'est un grand classique des histoires de fantasy. Elles sont dotées d'une personnalité (souvent féminine) et la plupart peuvent communiquer avec leur porteur (masculin) et contrôler au moins partiellement leurs actions. Les divergences d'opinion entre porteurs et épées donnent parfois lieu à des situations fort intéressantes. Mais si on regarde ça avec un regard moderne, les pauvres épées sont juste d'ultimes femmes-objets!

Cependant, je n'avais jamais lu d'histoire narrée du point de vue d'une de ces lames. Et vous savez comme j'aime jouer avec les narrateurs atypiques.

Donc, il y a deux ans, lorsque j'ai commencé à cogiter pour un texte à rédiger durant l'atelier que je donnais, je me suis dit que je pourrais essayer. J'ai rapidement patenté un plan autour d'une épée intelligente enfermée dans un temple en ruines, qui se désespère de trouver un porteur et qui se souvient de l'époque de sa gloire. Un voleur survient finalement et elle s'empare de son esprit, décidée à le transformer en héros et à regagner sa gloire perdue.

Bon, c'était pas génial comme idée, mais je devais aussi préparer des exercices pour l'atelier, alors ça ferait la job.

Puis arriva l'atelier. Et là, en écoutant mes participants décrire leurs idées, j'ai constaté que plusieurs avaient créé des personnages principaux qui leur ressemblait un peu, soit par l'âge, soit par le sexe, soit par la race, soit par l'éducation. Ça donnait des récits un peu convenus. Je leur ai donc donné le défi d'éloigner leur personnage d'eux-mêmes et de voir si cela avait des impacts intéressants sur leur histoire et leur narration.

Ils se sont mis à l'ouvrage et j'ai baissé les yeux sur mes propres notes :

Personnage principal : arme intelligente
Sexe : féminin
Race et âge : épée, ancienne

Ouille! Je n'avais pas là beaucoup de caractéristiques avec lesquelles jouer. Certes, je pouvais renverser le cliché et créer une épée avec une personnalité masculine, puis la mettre dans les mains d'un personnage féminin... Cependant, j'ai déjà écrit souvent des narrateurs masculins, alors ça ne me satisfaisait pas, ça ne me semblait pas assez différent de moi et de mon expérience (après tout, j'suis mariée depuis 18 ans, alors je ne vois pas les hommes comme une espèce étrange et mystérieuse).

Puis mes yeux sont tombés sur la première ligne. Arme intelligente. Je me considère comme une personne plutôt intelligente (comme tout le monde, sans doute, mais bon, laissez-moi mes illusions) et j'ai un assez haut niveau d'éducation, alors j'ai tendance à créer des personnages mentalement agiles. Mais peut-être que ça pourrait être intéressant de créer une arme dotée de conscience et de raisonnement, certes, mais pas particulièrement intelligente. Comment est-ce que je pourrais expliquer cela...

J'ai alors pensé à certaines camarades d'étude que j'ai eues, des filles qui se débrouillaient académiquement, mais qui étaient incroyablement distraites, maladroites (oui, oui, plus que moi) et naïves. J'ai imaginé une magicienne avec ce genre de personnalité, qui tenterait de créer une arme intelligente et s'y retrouverait piégée. L'épée idiote était née.

Pour bien mettre en valeur la sottise de mon épée, j'avais besoin d'un personnage qui ferait contraste... Mon imaginaire en contenait déjà un : Sakirel, un machiavélique roi des voleurs, un enjôleur et stratège hors pair... Et, accessoirement, un personnage créé jadis par mon chum pour une campagne de Donjons et Dragons dont j'étais le maître de jeu et qui s'est étirée sur plusieurs années. (Ledit personnage avait même fini par voler son trône au Dieu du Mal!). Mes sources d'inspiration se recoupaient soudain!

J'ai tiré quelques détails de mes souvenirs de ces parties (le Sakirel maniait une lame véritablement originale nommé Dania), remanié mon plan et écrit un premier jet de cette nouvelle.

Quelques mois plus tard, Alain Ducharme m'a demandé si je n'aurais pas un inédit à proposer à la République du Centaure. C'est tout ce que j'avais dans mes tiroirs, mais ça l'a fait bien rire. On a retravaillé le texte, ajouté l'allusion finale au Dieu Sanglant et à l'objectif ultime de Sakirel-le-Templier et voilà, l'épée idiote était bel et bien née.

J'espère avoir l'occasion d'écrire un jour la suite de ses aventures, parce qu'il est fort amusant de mettre en scène un personnage aussi naïf! Hihihihihi! Mais ça doit être dur de vivre quand on est affligé d'un tel handicap! O.o

mercredi 29 août 2018

De retour!

Me revoici!

Ouf! Je ne crois pas avoir pris une telle pause d'écriture, d'Internet, de réseaux sociaux et autres truc reliés aux écrans depuis longtemps. Non seulement je ne suis pas passée ici souvent, mais je n'ai même pas vérifié mes courriels tous les jours!

(À mon grand regret parfois, comme après mon retour de camping, quand j'ai eu 150 messages à traiter entre deux brassées de lavage.)

Mais y'a eu des moments magiques en camping!
Techniquement, mes vacances ne sont pas terminées, puisque mon chum est encore en congé, mais la puce est retournée à la garderie, alors moi je reprends le travail. Eh oui : on est des parents indignes qui envoient leur fille trois jours à la garderie alors qu'ils sont encore en congé, histoire d'avoir un peu de temps en amoureux... et de pouvoir travailler chacun dans leur coin à leurs projets personnels! ;) Remarquez, à voir la puce se précipiter dans l'auto ce matin, j'pense qu'elle ne nous en voudra pas trop. :p

Le temps que je retrouve mes repères et que je secoue l'apathie des vacances, je vous invite à aller lire ma nouvelle "L'épée et le templier" sur le site de la République du Centaure. Un peu de fantasy qui ne se prend pas au sérieux, me semble que c'est bon pour le moral durant la Rentrée...

Et tiens, vendredi, je vous parlerai de la genèse de ce texte-là! ;)

lundi 13 août 2018

L'écrivaine part en vacances

Eh bien, sans doute pour l'une des dernières fois d'ici à ce que ma puce entre au cégep, je pars encore en vacances après tout le monde cette année!

Alors que mes amis, membres de famille, connaissances et vagues relations ont déjà inondé mon fil Facebook de photos de voyage, roadtrip et camping, c'est (enfin) à mon tour de partir en vacances.

Ou, à tout le moins, c'est le tour de l'écrivaine. Et de la blogueuse.

Parce que la maman, l'amoureuse et (malheureusement) la cuisinière n'auront pas grand repos dans les trois prochaines semaines! (Contrairement à moi, ma puce et mon chum ne considèrent pas que deux carottes, du hummus, pis un latté, c'est un dîner acceptable.)

Bref, vous étonnez pas si le blogue est tranquille pour les trois prochaines semaines! ;)

Je vous promets de revenir début septembre!

vendredi 10 août 2018

Dimanche, 12 août, j'achète un livre québécois!

N'oubliez pas! Ce dimanche, 12 août, c'est la cinquième édition de la journée "J'achète un livre québécois." C'est la fête des lecteurs, quoi!

Vous pouvez le faire en personne, dans votre librairie préférée, ou alors électroniquement, via le site des libraires. (Ou d'autres sites, mais bon, moi j'aime mieux les libraires.)

Évidemment, j'vous suggère fortement d'en profiter pour mettre la main sur les Hanaken ou sur Le Chasseur (paraît qu'il en reste des copies qui traînent ici et là dans les librairies) ou encore sur Écrire et publier au Québec, si vous ne les avez pas lus. ;)

Si vous avez déjà tout ça et que vous manquez d'inspiration, pourquoi ne pas considérer l'abonnement à une revue littéraire québécoise? Solaris et Brins d'Éternité sont, bien sûr, mes préférées, mais il y en a d'autres!

Pour ma part, j'ai passé ma commande en ligne mercredi : L'Allumeuse de Suzanne Myre pour moi et l'album Le jardin invisible pour ma fille (et ce, même si j'ai toujours pas eu le temps de lire mon "12 août" de l'année passée, trop occupée par les services de presse de Solaris!!!). Parce que dimanche, je vais être fort occupée à préparer... la fête de ma lectrice préférée : ma puce!

En effet, dimanche, elle soufflera quatre chandelles. Wow! Imaginez : dans deux ans, elle pourra lire seule. (En fait, elle s'installe déjà souvent toute seule avec ses livres pour les regarder et en raconter les histoires à ses toutous ou à ses amis imaginaires, alors j'ai vraiment hâte qu'elle puisse commencer à déchiffrer les mots! Je sens que de pouvoir vraiment plonger dans une histoire, ce sera aussi spécial pour elle que ça l'a été pour moi!)

Alors en prévision du 12 août, je souhaite bonne fête à ma puce... et à tous les autres lecteurs québécois! Puisse votre imagination vous entraîner dans de merveilleuses contrées!

Hiiii! Maman, moi pis ma licorne, on vole!

mercredi 8 août 2018

Obligés de polluer?

J'essaie de diminuer peu à peu l'empreinte écologique de ma petite famille, un geste à la fois.

Ça a commencé avec moins de repas de viande. On ne sera jamais végétariens, encore moins végétaliens (c'est-à-dire vegan ou végane pour ceux que ce terme embrouilleraient), mais notre apport en viande est maintenant plus soutenable (c'est-à-dire qu'on ne tue pas un troupeau de boeuf par an et on ne se nourrit pas uniquement des morceaux "nobles").

Ensuite il y a eu les couches lavables de la puce, les chips de pelure de patates, etc...

Le problème quand on adopte ce mode de vie, c'est qu'on se met à voir bien des affaires différemment. Des gestes qui, jadis, semblaient banals (ou même un idéal à atteindre) prennent désormais un tout autre aspect.

Par exemple, dernièrement, alors que je proposais à quelqu'un, qui se plaignait du prix de l'essence, d'acheter un véhicule électrique, je me suis fait répondre : "J'ai besoin d'un VUS pour traîner mes skis toutes les fins de semaine jusqu'à Orford, alors je peux pas acheter une voiture électrique, elles sont trop petites."

Ce que j'ai compris : cette personne avait besoin d'un gros véhicule polluant pour faire deux heures de route, polluante, chaque fin de semaine afin d'aller dévaler une montagne... probablement recouverte de neige artificielle polluante.

J'ai grandi au milieu de gens qui vivaient comme ça... Pourquoi est-ce que tout d'un coup ça sonne comme si leur loisir hebdomadaire, c'est de polluer? O.o Suis-je devenue écolo-extrême?

... Pourtant non : je suis en train d'essayer de me réserver des vacances dans le Sud pour cet hiver (oh, le vilain trajet polluant en avion!) Mais, hé, c'est le fun, y'a des endroits où ils soignent l'écologie locale... Évidemment, c'est pas les moins chers, mais l'augmentation de prix semble valoir la peine. Surtout que, bon, tant qu'à être écolo, ils sont aussi grano et offrent les menus sans gluten nécessaires à mon chum. ;)

lundi 6 août 2018

Maison de poupée

Je me souviens que, quand j'étais petite, j'enviais beaucoup les fillettes qui possédaient des maisons de poupée. Je rêvais d'en avoir une, jusqu'au jour où mon papa m'en a finalement bricolé une (en fait, maintenant que j'y pense, je suis plus trop sûre, mais je crois que c'est la maisonnette fabriquée afin de servir de crèche de Noël qui a fini par devenir le refuge de mes poupées). J'ai ensuite passé des heures à y jouer!

Je m'étais donc dit que j'achèterais une maison de poupée à ma fille dès que l'occasion se présenterait.

Or, l'occasion ne s'est pas présentée... Allez savoir pourquoi...

"Maman, je veux une ville avec plein de chambres."

"Maman, je veux un restaurant, pis un tunnel..."

"... pis un parc où ils vendent de la crème glacée."

Là par contre, je me demande s'il ne serait pas temps de lui acheter des Lego, pour varier des Duplo... :p (Et non, je ne sais pas laquelle de nous deux passe le plus d'heures à jouer avec les blocs! Hihihihi!)