mercredi 2 décembre 2015

Esclaves de la société de consommation

J'ai lu récemment plusieurs articles où on mentionnait que les jeunes québécois ont tendance à moins travailler que leurs aînés, préférant réduire leur train de vie au lieu de chercher à augmenter leurs revenus.

Ça pose doublement problème aux entreprises qui ne peuvent plus combler leur manque de personnel en faisant faire du temps supplémentaire chronique et qui n'arrivent pas non plus à vendre autant de bébélles à l'obsolescence planifiée que jadis.

Cela dit, hé, les "lois du marché" sont supposées finir par régler, le problème, non? ;) (En théorie, si elles obéissaient à ces lois, les entreprises devraient engager plus d'employés et hausser prix et durabilité des produits. En pratique, elles mettent des gens à la porte et vendent pour encore moins cher des bébélles encore plus fragiles... Faudrait demander aux PDG de refaire leurs cours d'Économie 101).

Cependant, ce qui me fait tiquer, c'est quand le gouvernement se plaint de cette même tendance. Parce, tenez-vous bien, si les gens travaillent moins, ils paient moins d'impôt!

Euh, oui, en effet. Mais ils devraient aussi être moins stressés, auront le temps de bien manger, de s'entraîner, de prendre soin de leurs enfants... Donc ça devrait coûter moins cher en frais de santé et en services scolaires divers. Sans compter qu'une population qui travaille moins consomme moins et donc pollue moins...

C'est moi où on est vraiment rendus esclaves de la société de consommation quand même le gouvernement s'inquiète du fait que la population a décidé de vivre avec moins et de prendre davantage soin des humains et de la planète que des comptes de banque?

Oui, je sais qu'on est dirigés par des chefs d'entreprise et des amis de chefs d'entreprise, mais tout de même. Le gouvernement, en tant qu'institution, a connu d'autres époques, des sociétés moins consommatrices et il devrait y avoir des mécanismes en place pour amorcer un changement de cap.

Un vrai, là!

7 commentaires:

Nomadesse a dit…

C'est encore plus étonnant quand on se souvient qu'on est également dirigés par des médecins au Québec! Ça devrait donc être tellement évident pour eux... Mais bon, le poids de l'économie pèse tellement lourd!

Gen a dit…

@Nomadesse : J'pense surtout que les médecins sont occupés à s'assurer que leurs amis aient de belles augmentations de salaire et ne remboursent pas l'argent versé en trop... Pis, bon, on peut se demander si Barette comprend quelque chose à la santé...

Luc Dagenais a dit…

En fait, des mécanismes mis en place par des PDG et leurs amis pour amorcer un « changement de cap » ou plutôt « neutraliser de cette tendance naissante » dont tu parles il y en a déjà : des taux hypothécaires super bas, des cartes de crédit préapprouvées, des achats financés 24 mois sans intérêts, etc. :(

Gen a dit…

@Luc : En effet, le crédit facile et pas cher peut servir à empêtrer les gens dans l'endettement et à les forcer à travailler... mais les taux hypothécaires super bas peuvent aussi servir à ceux qui veulent réduire leur train de vie. Devenir propriétaire rapidement et à faible coût, c'est la meilleure manière de pouvoir, éventuellement, vivre avec un peu petit salaire. (On en sait quelque chose toi et moi, non? ;)

Luc Dagenais a dit…

@Gen: Oui, tu as bien raison! ;)

Carl Rocheleau a dit…

Bah. Quand le monde de notre génération sera au pouvoir (au vrai pouvoir), ils changeront probablement les choses pour nous faire plaisir (à nous, population vieillissante mais votante), et les jeunes de trente ans s'en plaindront.

De notre côté, tu le sais, on vit comme on peut avec un salaire, trois enfants, deux voitures et une maison. Étant en région plutôt qu'à Montréal et ses environs, c'est quelque chose de possible, même si c'est parfois anxiogène. Plus les gens feront le choix saint plutôt que le choix capitaliste, plus le gouvernement et les compagnies devront s'ajuster.

En attendant, comme le dit une actrice de film adulte, « on l'a dans l'cul. »

Gen a dit…

@Carl : J'ai peur malheureusement que les gens de notre génération qui joueront la game politique et se feront élire ne seront pas du genre à comprendre comment on peut vivre avec un seul salaire.

Mais bon, on peut espérer qu'un jour les politiques seront faites pour nous plaire à nous.

Et à ce moment-là, faudra être moins nombrilistes que les générations qui nous ont précédé et exiger des gouvernements des mesures d'équité générationnelle...

Ouais, c'est pas gagné! ;)