mardi 29 octobre 2013

Bio et autres philosophies

Depuis des années, mon chéri et moi nous disions qu'on aurait bien aimé acheter des aliments bio (ça aurait bien accompagné notre chocolat et notre café équitable). Cependant, le prix nous décourageait. On avait tout de même fait quelques incursions dans le domaine (notamment pour des œufs), mais rien de bien régulier.

Le passage au "sans gluten" a réglé la question : 75% des produits "sans gluten" sont également bio. Le prix de notre épicerie a donc explosé, mais au moins on a fait d'une pierre deux coups. Mon chum n'est plus malade et on encourage l'agriculture biologique, tellement moins dommageable pour la planète et, à cause de l'absence d'antibiotiques dans les produits animaux, pour notre santé. (En passant, la question du dommage à la planète et à notre santé est pour moi l'argument central en faveur du bio, parce que je dois dire que je ne goûte pas de différence entre les produits bio et non bio).

Je jasais avec une amie de cette heureuse conséquence de la maladie de mon chéri lorsqu'elle m'a interrompue :
Elle - C'est n'importe quoi, le bio. Ils ont pas de rendement, ils font quasiment pas de profits. Ils pourront jamais concurrencer l'agriculture industrielle.
Moi - C'est sûr, mais c'est pas le but : l'agriculteur bio, il veut produire sans user la terre et gagner suffisamment d'argent pour vivre, point.
Elle - Mais il pourra jamais grossir son entreprise et faire plus d'argent!
Moi - Pourquoi il voudrait en faire plus s'il en a suffisamment?

L'amie m'a regardée avec de grands yeux éberlués.
Elle - J'pense que tu comprends pas comment ça marche l'économie!

Non, non, détrompez-vous, j'ai très bien compris comment marche le jeu du capitalisme. J'ai juste pas envie de jouer.

16 commentaires:

Nomadesse a dit…

Ah ah, j'aime ton commentaire, ça me rappelle la toune "Fernard" d'Alexandre Poulin! :)

Ici, on était plus ou moins bio avant bébé, mais quand on voit que les pesticides sont visibles dans l'urine des enfants et semblent influencer leur comportement à l'école, et patati et patata, on fait le changement plus facilement.

Comme ça coûte plus cher, on a trouvé diverses solutions:
- on s'est abonné à une ferme qui nous fournit les légumes l'été et l'automne (c'est pas mal moins cher et on encourage quelqu'un directement)
- on achète beaucoup moins de viande (le prix d'un poulet bio c'est qqchose!), on mange plus de tofu (un produit qui n'est pas cher, même bio!) et de noix. :)

Voilà. Bon appétit. :)

Dominic Bellavance a dit…

Une chose que j'ai lu quelque part : « Croitre dans le seul but de croitre, il n'y a que le cancer qui fait ça. »

Gen a dit…

@Nomadesse : Le seul truc qui nous manque, c'est de trouver un point de chute de paniers bio qui ne nous obligerait pas à polluer en faisant une demi-heure de char pour aller les chercher!

@Dominic : Lolol! Le cancer et les grandes entreprises! ;)

Sébastien Chartrand a dit…

Ton amie a un commentaire qui me rappelle celui d'un enseignant, me disant que je devrais écrire sur ce sujet-ci ou ce sujet-là, disant que je ferais sûrement plus d,argent... et quand j'ai dit : "mais je n'écris pas pour l'argent"... on m'a répondu que je ne savais pas comment être travailleur autonome ! Ça me rappelle ton anecdote... :P

Gen a dit…

@Sébastien : Hep, les sujets supposément "vendeurs", on se les fait tous donner un jour ou l'autre.

Démie Lune a dit…

Ouf, je pourrais en dire long sur le bio et le mythe du rendement!
Pour rester court, si on culture le bio comme on fait de la monoculture, c'est sûr que ça ne marche pas... Le bio, c'est la biodiversité, c'est suivre le modèle enseigné par la nature (et non travailler contre elle). Cultiver bio, c'est changer ENTIÈREMENT de modèle (méthode de travail et, comme tu le dis si bien, changer de modèle économique aussi!).

Les méthodes de la permaculture et du "bio-intensive" ont tous deux démontrés au cours des 40 dernières années que le rendement peut y être dans le bio (et parfois, encore même mieux!) si on travaille autrement. :D

P.S. J'ai adoré ta réponse! :D
Il y a tellement de cochonnerie dans l'alimentation "industrielle" d'aujourd'hui; on ne se rend pas compte si on ne lit pas les étiquettes! Sans compter tout ce qui n'est pas étiqueté (ex: OGM, pesticides, ou les produits nocifs à qui ont donne un nom "moins pire"...)

Gen a dit…

@Démie Lune : C'est dur pour certaines personnes d'imaginer que de revenir à des méthodes plus anciennes (c'est-à-dire avec moins de pesticides), ça peut être une bonne chose. Le culte du progrès pis de la technologie, c'est fort. Mais oui, en effet, quand on voit les rendements que les agriculteurs bio obtiennent sur leurs petites parcelles, c'est étonnant!

Gen a dit…

Cela dit, je pense que ce qui surprenait le plus mon amie, c'est de penser qu'il y avait des agriculteurs "artistes" c'est-à-dire satisfaits de vivre de leur art, sans en vouloir plus, plus, plus! ;)

Libellule rouge a dit…

Il y a parfois des points de chute dans des lieux de travail, sinon si la ferme est plus proche ça peut être une belle option aussi. Belle réponse!

Gen a dit…

@Libellule rouge : Bienvenue chez moi! ;) Oui, je sais qu'il y a parfois des points de chute dans les lieux de travail...mais pas chez mon employeur, malheureusement. Pas grave : cet été, je vais mener une enquête plus serrée pour nous trouver un fermier de famille! :)

Démie Lune a dit…

C'est clair que d'enlever les pesticides et les gens pensent qu'on parle de retourner aux cavernes et aux bougies... v_v
Suggestion en passant: le documentaire (excellent!) "Solutions locales pour un désordre global" http://www.youtube.com/watch?v=ipQyjI_-QZA :)

Gen a dit…

@Démie : Merci pour le lien! :) (et c'est chouette les bougies, bon! ;)

Alex Babeanu a dit…

Oui enfin il faut juste jouer suffisemment au jeu du capitalisme pour survivre... On ne peut pas habiter en ville sans y jouer au moins un petit-peu. Mais ça n'empêche qu'effectivement: la chasse au profit tue la planète.

Gen a dit…

@Alex : C'est sûr qu'on ne peut pas s'en retirer complètement. Mais le capitalisme existe depuis le Moyen Âge, la version moderne de type "détruisons la planète en achetant des bébelles inutiles", on est vraiment pas obligés d'embarquer.

Claude Lamarche a dit…

Je te néglige. Très en retard dans la lecture de tes billets. J'ai deux excuses: absente pour cause de voyage et connexion pourrie au camping. Puis ordi chez technicien pour cause de clavier pas mal caput. Ne me reste donc que tablette...
Je ne t'oublie pas pour autant, je reste fidèle à mes premières amours!

Gen a dit…

@ClaudeL : Ben oui, tu me négliges! lol! ;) Je m'inquiétais un peu, puis j'ai vu ton billet de retour de voyage et ça m'a rassurée. Prends ton temps pour le rattrapage, y'a pas eu de catastrophe récente dans ma vie! ;) J'suis contente de te voir de retour! :)