vendredi 8 mars 2013

Fantasmes et réalités sur l'écrivaine à temps plein

À chaque fois que je dis à des gars que j'espère devenir un jour écrivaine à temps plein ou lorsque mon chum parle du fait qu'il espère que je pourrai un jour vivre de ma plume, on reçoit les mêmes commentaires, qui tournent autour de trois axes :
- C'est bien, elle pourra aussi s'occuper des enfants.
- Y'aura toujours quelqu'un pour préparer le souper.
- En plus les tâches ménagères seront faites.

Il est clair que, dans l'esprit de plusieurs de ces hommes, l'écrivaine à temps plein, ça ressemble à une version moderne de la femme au foyer fantasmée, celle qui accueille son homme tous les soirs en souriant, dans une maison impeccable, avec un souper fin sur la table... et peut-être même vêtue d'un déshabillé de dentelle, hein, pourquoi pas, puisque les écrivains sont connus pour travailler en pyjama!

Comme j'ai tout de même écrit à temps plein pour de courtes périodes de ma vie, mon chum sait très bien que la réalité est toute autre.

Il sait que les soirs où il rentrera à la maison et trouvera son souper sur la table et le ménage fait, il aura probablement aussi droit à une écrivaine d'humeur massacrante, parce que l'inspiration l'aura délaissée toute la journée.

Au contraire, s'il rentre pour trouver sa douce moitié dans un état de bonheur béat suite à une journée particulièrement productive, le souper sera en retard, la maison en bordel et l'écrivaine, affamée, aura les cheveux gras et portera un survêtement plein de trous, parce que l'idée de prendre une douche et de s'habiller décemment lui aura échappé quelque part au cours du chapitre 3.

Tout ça, c'est sans compter le fait qu'une fin de semaine par mois, l'écrivaine disparaîtra dans un salon du livre ou un autre, laissant son compagnon se débrouiller tout seul pour survivre...

Mais savez-vous quoi? Mon chum, même conscient de tout ça, est quand même prêt à tenter l'expérience à long terme... bon, le jour où ce sera financièrement viable. Après tout, avoir une chérie heureuse, paraît que ça vaut bien un souper en retard! ;) (C'est pas pour rien que je l'aime! Hihihi! ;)

En attendant, je suggère fortement aux écrivains et écrivaines qui aspirent à l'écriture à temps plein et dont les compagnons de vie ne seraient pas aussi lucides de faire circuler ce billet... ou de le dissimuler bien soigneusement! ;)

17 commentaires:

Prospéryne a dit…

@Vincent, t'es un chum en or!

@Geneviève, les gens qui pensent que rester à la maison et écrire à temps plein n'est pas un boulot n'ont jamais fréquenté d'auteurs de leur vie, ou du moins, ne comprennent pas leur boulot!

idmuse a dit…

Je peux toujours rêver, autant pour la job que pour le chum ;)

Vincent a dit…

Bah, ça ne me semble pas si spécial. Je peux réduire ça à une simple équation: je l'aime, je veux la rendre heureuse et je peux lui permettre de vivre sa passion à temps plein. Ce serait illogique de ne pas le faire. :)

idmuse a dit…

Viens donc souper à maison, toi ;)

ClaudeL a dit…

Imagine deux travailleurs autonomes à la maison!
Mais non, finalement, ayant tâté le travail à l'extérieur avant, donc un genre de discipline, la faim servant d'indicateur, nos horaires ressemblent grosso modo à ceux des travailleurs-à-l'extérieur. Sauf peut-être le matin et le soir, avant le déjeuner et après le souper: l'estomac mène tout, je te dis!

Gen a dit…

@Prospéryne : Il est génial, hein? ;) Et oui, les gens qui pensent que les écrivains écrivent bien gentiment pendant quelques heures dans un état de grâce béat n'ont aucune idée de ce qu'on fait pour vrai! ;p

@Vincent : Sans compter le fait que le boulot me rendant plutôt de mauvais poil ces dernières années, l'amélioration de mon humeur sera notable! ;)

@Idmuse : Grrrrrr! Pas touche! À moi!

@ClaudeL : Mouais... sauf que bien inspirée, je peux sauter plusieurs repas.

Vincent a dit…

Haha! L'autre côté de la médaille par contre, c'est que je ne suis pas endurable 95% du temps, que je mange sans gluten et que je suis bon à rien dans une cuisine. :p

Gen a dit…

Pis quand il attend son souper, il saute partout et mange les ingrédients qu'on vient de couper! :p

Vincent a dit…

Coupable votre honneur!

Le Mercenaire a dit…

Ou bien tu peux leurs proposer le visionnement de "Bukowski : Born into this" de John Dullaghan. C'est ça aussi, l'écriture à temps plein.

Isabelle Simard a dit…

Les gens qui font ce genre de commentaires ne savent c'est quoi être à la maison à temps plein avec des mousses. Quand je suis à la maison à temps plein pour parvenir à garder la maison propre, avoir les repas de prêts et les devoirs faits, il faut se lever à 6h00 et se courir jusqu'à 18h. Et sur tout ce temps, on aura eu le temps de faire les commissions et je dirais qu'il y a une heure où tu ne fais absolument rien, entre 14h et 15h. Tu peux poser la question à l'Homme, il a été à la maison toute la semaine de relâche. Je lui ai demandé hier pourquoi il ne se couchait pas une petite heure dans le PM en même temps que les enfants et je me suis faite répondre : tu penses que j'ai le temps? lol Il a compris la leçon.

davesurlenet a dit…

Je vis moi-même cette situation "rêvée" depuis maintenant deux ans. Certes, je ne peux pas me plaindre. J'ai du temps pour écrire, mais aussi voir des amis, pour sortir prendre l'air, etc. Chill. Sauf que oui, le partenaire se doit d'être averti, et bien éclairé sur le sujet. Je considère mon couple comme assez solide ( en 10 ans, y s'en passe des affaires) et je crois bien que trouver l'équilibre dans ce nouveau beat de vie à été l'une des grandes épreuves que nous avons traversées. Les attentes de chacun, celles que nous ne savions même pas avoir nous-même... de son côté, elle voyait plus ma position comme " homme à la maison" qu'écrivain, donc forcément, si l'appart n'était pas impec, ça grêlait. Elle s'imaginait simplement a ma place, ce qu'elle ferait dans ma situation, en oubliant le côté écrivain. Sans compter une jalousie, bien involontaire mais quand même quasi incontournable. De mon bord, ce qui a été difficile la dedans, c'est premierement la discipline. Tout seul dans un appart rempli de tellement autres choses à faire qu'écrire, c'est si facile de succomber!! Viennent avec cela les remords, le sentiment de ne pas s'accomplir quand on ne réussit pas à remplr les objectifs qu'on s'était fixé, les doutes... après tout, on en vient a se demander si son conjoint n'est pas trop bon avec nous, si ça en vaut vraiment le coup. C'est loin d'être si facile, et je crois même que dans certains cas, conserver son travail est bénéfique. Renontrer des gens sur une base régulière ( qu'ils soient gentils, intelligents, compréhensifs ou NON), être confronté à des situations imprévues, etc.. parce qu'il ne faut pas oublier que ce n'est pas en triplant son nombre d'heure libre qu'on tripl aussi le temps passé à écrire. Pour en revenir au travail, tout ça est très stimulant, et ça été une autre épreuve difficile, pour moi en tout cas, de me passer de ça. Je me retrouvais souvent à tourner en rond, sans idées vraiment nouvelles, sans rien a dire, sans que le feu prenne pour de bon. Au final, je crois que c'est un défi intense, qui peut autant rapporter gros que coûter cher, autant a la vie de couple que celle de l'écrivain.

idmuse a dit…

Je voulais qu'il vienne parler à mon chum ;) hehehe

Gen a dit…

@Le Mercenaire : Comme je n'ai pas vu le film, je vais le visionner avant! ;)

@Isabelle : Lolol! En effet, je crois que la majorité des gens oublient la composante "enfants à s'occuper".

@Dave : Intéressant ce témoignage! :) Merci! :)Pour ce qui est des idées plus ou moins neuves, je présume que le truc doit être de travailler assez longtemps pour accumuler assez de plans et de matériel pour écrire pendant quelques années! ;)

Nomadesse a dit…

Même chose quand on étudie de la maison: quand ma journée fut bonne et que j'ai travaillé fort, il n'y a pas grand chose de fait quand le chum et le bébé rentrent à la maison...

Gen a dit…

Ah, euh... Je peux venir aussi? (Territoriale, moi?!?!?)

Gen a dit…

@Nomadesse : Ouais, mon chum a vécu ça aussi! ;) (Pendant que je faisais ma maîtrise, il travailait déjà!)