vendredi 5 octobre 2012

Sleeper ou la modernisation du super-héros

J’avais déjà glissé un mot en passant au sujet de Sleeper. À la demande de Phil, je vais vous en parler un peu plus.

Sleeper est un comic book (désolée pour l’anglicisme, mais la BD est en anglais) réalisé par mon duo préféré de bédéistes américains : Ed Brubaker pour le scénario et Sean Phillips pour les dessins. (Duo qui a aussi donné l’excellente série Criminals). La série se compose de deux recueils de douze bandes dessinées, intitulés « saison » 1 et 2 ce qui rappelle le rythme très « série télé » de la BD. (Il y a aussi un genre de spin off intitulé Point Blank qui se situe avant, mais je peux pas dire que j’avais autant accroché…)

L’histoire de Sleeper est, en apparence, brodée sur un motif simple: un agent gouvernemental, Holden Carver, doit infiltrer une organisation criminelle. Évidemment, plus il progresse dans la hiérarchie de l’organisation, plus il prend des risques, se retrouve torturé par des dilemmes moraux et risque de basculer du mauvais côté de la loi… La table est déjà mise pour une histoire bien noire et haletante, mais s’ajoute à ça la touche particulière de la série : Carver n’est pas seulement un agent du gouvernement, c’est aussi un post-humain, un homme doté de capacité quasiment surnaturelle, comme il en existe plusieurs dans cette version alternative de la réalité. D’ailleurs, les criminels qu’il doit infiltrer sont également des post-humains.

Ce qui m’a plu dans Sleeper, c’est que nous sommes loin des histoires de super-héros traditionnelles. Pensez à Watchmen, modernisez le contexte et rajoutez une couche de noir!

Pour les post-humains de Sleeper, pas de cape ou de lycra ou même d’explication simple à leur origine. Pas de panoplie de pouvoirs non plus. Chaque post-humain semble être limité à un seul « don ». Et tous ces dons ont leur côté sombre. Par exemple, Carver, personnage principal, est doté de facultés de guérison hors du commun. De plus, il ne ressent nullement la douleur ou les autres conséquences physiques des blessures qu’il reçoit. À la place, il les emmagasine en lui et peut ensuite les transférer à d’autres d’un simple contact. Le prix à payer pour cette capacité est cependant une insensibilité aux contacts physiques. Miss Misery, la dangereuse criminelle dont Carver tombera très vite amoureux, devient quant à elle plus forte et plus belle à chaque fois qu’elle commet un acte de violence abjecte ou une trahison. Femme fatale vous avez dit?

Enfin, bref, je n’ose pas en raconter plus, mais entre les dialogues intelligents de Brubaker et les dessins à la fois sombres et sexy de Phillips, Sleepers est à lire!

2 commentaires:

Pierre-Luc Lafrance a dit…

Je suis tranquille sur la toile en ce moment, car je me tape un cours d'immersion anglaise. Un luxe que je peux me permettre en ce moment puisque je suis entre deux emplois. Et comme je me cherchais des choses à lire en anglais, je me suis commandé Sleepers (et Criminal par la même occasion). Excellente suggestion. J'ai déjà lu le tiers de la première saison et j'en redemande.

Gen a dit…

Ah ben super ça! :)