jeudi 4 février 2010

Encore le combat des sexes

Je me suis fait dire l'autre jour (toujours sur le même blogue de MMA où je commence à me dire que je ne retournerai plus) qu'une femme adulte athlète professionnelle avait à peu près le niveau d'un athlète masculin prometteur de... 14 ans. Les gars sympa sont même allés jusqu'à dire 17.

J'ai écarté leurs propos d'un revers de la main. En tant que fille qui a suivi des cours d'entraîneur (et qui fait pas mal d'exercice), il y a plusieurs faits que je connais. À entraînement et gabarit (taille/poids) égaux :

1- Une femme est bien sûr moins forte qu'un homme. Sa masse musculaire augmente moins vite et est constituée davantage de fibres rouges, moins puissantes, mais plus endurantes. Cependant, la différence est plus notable au niveau des bras qu'au niveau des jambes. Les femmes ont en effet des muscles très forts au niveau des hanches et des cuisses (cadeau de l'évolution pour les aider à porter la bedaine lors des grossesses). De plus, il n'y a qu'à comparer les performances olympiques des altérophiles pour voir que les hommes, contrairement à la croyance populaire, ne sont pas deux fois plus fort que les femmes (mais bien entre 33% et 50% plus puissants).

2- Une femme est généralement plus agile qu'un homme (à cause justement de ses petits muscles légers) et son endurance aux efforts cardio-vasculaire est de plus longue durée.

3- Une femme atteint sa maturité physique plus vite qu'un homme, ce qui lui donne, au début de l'âge adulte, une supériorité de contrôle corporel par rapport aux gars, qui viennent de finir de grandir.

4- Malgré les vieux préjugés, une femme n'a rien à envier à un homme dans tous les aspects mentaux d'une discipline. En effet, rien n'empêche une femme d'apprendre les mêmes stratégies et techniques que les athlètes masculins. D'ailleurs, aux arts martiaux, il arrive même souvent que les élèves féminines acquièrent leur technique et développent leur stratégie plus rapidement que les hommes, car elles comprennent plus vite qu'eux qu'elles ne doivent pas se fier sur leur force. Pour ce qui est de la psychologie, il faut juste réaliser que les deux sexes réagissent différemment à la pression et à l'épuisement. Il faut aussi oublier le vieux préjugé voulant que les filles sont moins agressives et moins compétitives que les gars. C'est à force de le leur répéter que c'est devenu vrai. Dans l'absolu, les deux sexes sont capables de la même solidité et de la même résolution psychologique. (Et, d'ailleurs, les filles qui persévèrent dans les sport de combat sont souvent des enragées écumantes qui donnent envie d'aller s'inscrire pour combattre chez les gars...)

5- En fait, mis à part dans certaines disciplines très axées sur la force musculaire, une femme de l'élite d'une discipline aurait souvent sa place parmi l'élite masculine de la même discipline. Sans doute pas au point de pouvoir espérer remporter des compétitions (sauf dans celles où la puissance musculaire ne joue pas grand rôle), mais elle y ferait tout de même bonne figure.

Vous remarquerez que j'ai mis deux prérequis à mon exposé des faits : gabarit et entraînement égaux. Le problème du gabarit est évidemment insurmontable : une femme qui compétitionnerait contre un homme qui fait 50 livres ou 6 pouces de plus qu'elle (dépendamment des disciplines) partirait désavantagée. Les hommes étant généralement plus grands et plus lourds que les femmes, voilà qui explique une bonne partie des différences de performance, ainsi que l'origine des compétitions séparées pour les deux sexes (et, plus tard, de la création des catégories de poids).

Le problème de l'entraînement apparaît ici le plus simple : avec la montée de l'idée d'égalité des sexes, les filles devraient devenir aussi sportives que les gars. Parce que, pour l'instant, les athlètes professionnelles féminines ont bien souvent commencé à pratiquer leur discipline vers 14-15 ans, contrairement aux gars qui ont commencé à 7-8 ans (et même avant). De plus, les filles restent moins nombreuses dans le sport de haut niveau, ce qui réduit le bassin de talent, donne moins de compétitrices de bon niveau et tire la moyenne des performances vers le bas.

Maintenant, pourquoi dis-je que le problème de l'entraînement "apparaît" le plus simple?

Parce que, suite à ma réflexion sur ces points, j'ai croisé une collègue de bureau dont la fille, 16 ans, et le fils, 14 ans, font de la course, à un assez haut niveau pour avoir droit à des bourses (à voir les jambes interminables de la mère, on comprend que les enfants étaient prédestinés). J'ai donc pris des nouvelles des coureurs...

En toute innocence, ma collègue m'a expliqué que ses deux enfants, pourtant compétiteurs au même niveau, n'ont pas le même entraînement. Son fils fait à peu près deux heures d'entraînement de plus chaque semaine. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a répondu candidement que l'entraîneur disait que la compétition était plus sérieuse chez les gars.

Et voilà. Ça règle le problème. Je dois m'incliner : oui, une femme adulte athlète professionnelle doit généralement avoir à peu près le niveau d'un amateur prometteur masculin de moins de 18 ans. Pas étonnant : ils ont eu le même genre d'entraînement.

J'ai hâte au jour où on pourra voir le vrai potentiel physique des femmes. J'en ai un peu marre d'avoir l'air de me rattacher à des dogmes de foi.

37 commentaires:

Vincent a dit…

Sans blague, je ne vois même pas pourquoi on t'a dit qu'une femme adulte athlète professionnelle doit avoir le niveau d'un amateur prometteur masculin de moins de 18 ans. C'est complètement débile!

Premièrement, c'est impossible de faire une moyenne de cette façon là. La seule façon de faire c'est du cas par cas. Si une fille s'entraîne autant qu'un gars, le seul obstacle et la seule différence, c'est la biologie. Et comme tu le fais remarquer, la puissance d'un homme à gabarit égal ne dépasse même pas du double la puissance d'une femme.

Puisqu'on parle d'arts martiaux entre autre, la force physique est loin d'être le seul facteur déterminant dans un combat. Le vitesse et la stratégie sont tout aussi important. Alors de dire qu'une pro vaut un amateur, ça ne fait aucun sens.

Seul petit détail qui me chicotte, j'ai de la misère à croire qu'une fille puisse apprendre les stratégies plus rapidement qu'un homme parce qu'elles "apprennent à ne pas se fier à leur force". Puisque les femmes combattent entre elles et les hommes entre eux, les hommes ne sont vont pas nécessairement se fier à leur force. C'est indépendant du sexe. Les hommes les plus forts vont se fier à leur force et les femmes les plus fortes vont se fier à leur force aussi. Tout simplement parce que les femmes les plus fortes ne vont pas affronter les hommes les plus forts. Là on parle d'un milieu de compétition. Bref, je questionne ta source ici. ;-)

Gen a dit…

Pour le détail qui te chicotte : Je ne parlais pas nécessaire en combat, au moment où les sexes sont séparés, mais durant l'apprentissage.

Et ma source? L'expérience pratique! ;) Combien de fois on a vu une fille apprendre la mécanique et la technique d'un coup plus vite que son chum parce que lui voulait juste "frapper fort"? Hein? :p

Mais ok, ça s'applique probablement pas au niveau statégique.

Éléonore a dit…

Ha ben un autre article intéressant et qui me rejoins 100% dis donc gen tu vas être responsable du fait que j'étire un peu trop mon café devant l'ordi ! lol

D'entrée de jeu, je te dis que mon conjoint chimiste est aussi entraineur certifié niveau 3 en patinage de vitesse et que c'est un mordu de course à pied (longue distance)

Nous avons un fils qui après avoir pratiqué le patin de vitesse a dévié vers le judo, mais de façon très inconstante. Une fille de 19 ans qui entraine au patin de vitesse mais qui a choisit comme discipline compétitive de se donner à fond en course (demi-marathon, cross-country, 1500 et 800) Et une plus jeune qui elle est sur le circuit provincial du patin de vitesse.

"Il faut aussi oublier le vieux préjugé voulant que les filles sont moins agressives et moins compétitives que les gars." Voila ! tout est dit ! Manzelle courreuse comme je l'appelle sur mon blog a une détermination et une volonté en acier trempé. La compétition elle a ça dans le sang depuis ses 4 ans quand elle courrait plus vite que les amis de son grand-frère.

Elle n'a aucun piste intérieure, aucune fille de son calibre dans toute la Côte-Nord, un entraîneur blessé qui est retenu au lit depuis 1 ans et qui ne peut que lui écrire ses entrainements et lui parler une fois par semaine, elle n'a même pas le support d'un club d'athlétisme dans notre ville... et surtout... il n'y a plus un gars qui veut courir avec elle (sauf son père lol) parce qu'elle les bouffe tout cru, y toffent pas. Ils réalisent que pour "courir après elle" ils doivent d'abord être capables de courir "avec elle" lolol.

Elle courre le demi-marathon régulièrement et vise cette année le marathon. Elle a été recruté par le rouge et or de Laval même si elle est au CEGEP et est aussi boursière du MEQ. Alors qu'on ne vienne pas me dire qu'elle vaut au mieux une petit gars de 17 ans lololololol En plus comme elle vise d'être marathonienne, elle devrait être au meilleure de sa forme vers 30 ans et plus, alors j'ose même pas imaginer ce qu'un ti-coune de 14 ans pourra faire contre elle !

Comme tu le dis si bien à gabarit égale et entrainement égale et motivation égale, les filles sont d'excellentes compétitrices.

Pour ce qui est de l'exemple du petit gars qui fait deux heures de plus par semaine je trouve ça weird en titi ! On dit à la fille, reste dehors tu viens pas ? Anyway le sur-entrainement est aussi un danger quand la croissance n'est pas terminé. En tout cas au patin de vitesse, fille ou garçon l'entrainement sur glace ou hors glace est pareil !

Mathilde a dit…

Je suis d'accord avec toi, mais je soupçonne qu'il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts avant que les filles cessent d'être socialement encouragées à intérioriser un rôle de genre dans lequel le sport n'occupe qu'une place médiocre. Les filles, ça ne sue pas et ça ne doit pas suer, la preuve : les studios de danse n'ont jamais de douche ou presque. (La danse, c'est un sport ça ?)

@Vincent : je n'ai jamais fait de sport de combat, mais je présume que dans un milieu d'entraînement mixte, les femmes risquent tôt ou tard de pratiquer leur sport en compagnie d'hommes plus grands, ou plus lourds, ou plus forts qu'elles, ce qui expliquerait qu'elles "apprennent à ne pas se fier à leur force". Et il est vraisemblable qu'elles débutent la pratique de leur sport dans un milieu mixte.

Gen a dit…

@Éléonore : Ça me rassure de voir que l'entraînement est identique pour les filles et les gars dans certaines disciplines :) (Pour les enfants de ma collègue, filles et gars ne s'entraînent pas ensemble et l'entraînement des gars est juste plus long au total).

Belle histoire que celle de ta fille coureuse. :) C'est plate pour elle par contre de pas avoir quelqu'un pour l'accompagner dans ses entraînements. J'espère qu'elle rencontrera plus tard un chum coureur ;) C'est tellement plus facile de se donner à fond dans une discipline quand on la partage. (Et c'est tellement stimulant d'essayer de mettre chéri à terre de temps à autre... ;)

Étant donné la biologie des femmes (muscles des jambes très fort, résistance à l'effort plus longue, bon cardio), je ne serais pas surprise que, dans quelques années, le marathon des femmes soit couru plus rapidement que celui des hommes... Qui sait, ce sera peut-être ta fille qui brisera la barre des 2h00 ;)

Gen a dit…

@Mathilde : "Une fille, ça ne doit pas suer" Oh, c'est tellement vrai! Et y'a tellement de filles qui ne veulent surtout pas suer! (Pour les studios de danse pas de douche, j'ai toujours trouvé ça franchement stupide moi aussi... surtout à l'époque où j'y faisais de l'aérobie!!!)

lol! Aux arts martiaux, une fille débute dans un milieu mixte... et à haut niveau, elle pratique dans un milieu masculin. ;) J'ai tellement pas souvent affronté de fille, que j'avais oublié qu'en compétition les sexes étaient séparés! hihihihi

Vincent a dit…

@Mathilde: C'est sûr qu'en entraînement les femmes affrontent aussi des hommes.

Quand j'ai commencé les arts-martiaux à 7 ans, les gars et les filles avaient à peu près la même force, mais on s'entend qu'à cet âge là, la force ne veut pas dire grand chose. Puis vers mes 11-12 ans, les filles ont grandi et sont devenus pas mal plus fortes que les gars. J'en connais quelques unes qui utilisaient ça à leur avantage énormément et les gars devaient miser sur vitesse et stratégie pour battre les filles. Les choses se sont inversés quelques années plus tard quand la croissance des gars a rattrapé celle des filles.

Bref, pour moi qui a commencé très jeune, le parcours et l'utilisation de la force est très différente de gens qui commencent lorsqu'ils sont déjà adultes.

Habituellement, les meilleurs combattants ont commencé très jeune et ont donc un parcours semblable au mien au niveau de l'apprentissage. Surtout que dans ce cas-ci on discute de pros. ;-)

Gen a dit…

@Vincent : Bonne remise à l'ordre. C'est vrai qu'on parle de pros. Mais la situation des filles pros reste quand même un peu différente, non? Pour l'instant, elles sont encore une minorité, forcées le plus souvent de s'entraîner avec les hommes justement à l'âge où elles n'ont pas le dessus musculairement.

Mathilde a dit…

J'avais oublié, concernant les bras : même s'il est vrai que les femmes ont morphologiquement de plus petits bras, je me demande si une partie du problème ne vient pas de ces "push-up de fille" imbéciles. Comment veux-tu développer tes bras quand on te fait faire des demi-entraînements ? Sans compter que beaucoup de profs d'éducation physique et entraîneurs paternalistes donnent un nombre moins élevé de répétitions à faire aux filles, même au primaire où pourtant les forces sont assez équilibrées. À bas les push-up de fille !

Mathilde a dit…

@Vincent et Gen : Je ne pense pas que le fait qu'on parle de pros change grand-chose, parce qu'on acquiert une bonne part de la technique avant de devenir pro. Il faut commencer quelque part, et ce quelque part là est souvent mixte.

Vincent a dit…

@Gen: C'est peut-être dommage pour les filles, parce que ça peut être décourageant, mais c'est quand même bien plus avantageux pour elles de s'entraîner avec des gars plus forts qu'elles. On ne s'améliore pas beaucoup quand on ne fait pas face à l'adversité. C'est tout à leur avantage!

Combien de fois m'as-tu entendu me plaindre de ne pas avoir d'adversaire de mon niveau ou plus fort que moi? C'est précieux de pratiquer contre quelqu'un de meilleur!

Vincent a dit…

@Mathilde: Comme je le disais plus haut, ça dépend à quel âge tu commences. Pour moi, la différence de force gars-fille a longtemps été négligeable ou au désavantage des gars.

@Gen: Pour en ajouter, je te parie que même si le bassin des combattantes s'agrandissait pour rattraper le bassin de combattants, les meilleures femmes s'entraîneraient probablement encore contre des hommes, justement pour avoir un entrainement plus difficile.

Gen a dit…

@Vincent : Oh, c'est sûr que c'est précieux :) Je me plaignais pas, j'exposais les faits (Surtout je continue de penser que ça force les femmes à se concentrer sur leur technique et leur stratégie ;)

@Mathilde : Les "push-up de fille" aident sans doute pas, de même que les standards réduits au primaire. Mais pour m'être entraînée avec des gars (en faisant des push-up normal) j'en ai vu beaucoup partir de très loin (pas capable faire plus de dix push-up) et progresser à vitesse grand V (cinquante push-up trois mois plus tard), tandis que je faisais des sauts de puce (passée de peine et de misère de quarante à cinquante push-up dans le même temps).

À côté de ça, pour les exercices de jambe, ma progression était la même ou même meilleure.

On a vraiment des bras de fille ;p

Gen a dit…

@Vincent : Je pense moi aussi que les meilleures filles continueraient à s'entraîner contre des hommes... peut-être même que les gars apprendraient à apprécier davantage le fait de s'entraîner avec des adversaires féminines (surtout en grappling, où ça les force à resserrer leurs positions)

Vincent a dit…

@Gen: Oh je ne doute pas que beaucoup d'hommes aimeraient s'entraîner contre des femmes... surtout en grappling! ;-p
(Oh!!! Mais qu'est-ce que je dis là moi!)

Vincent a dit…

@Gen: Sans blague (douteuse), les hommes n'ont par particulièrement besoin de s'entraîner spécialement contre des femmes en grappling. Un gars plus petit qu'eur ferait la même chose (pour apprendre à resserer ses positions) et possiblement mieux qu'une femme de même gabarit, justement parce que le petit-gars serait plus fort que la fille de même gabarit...

Gen a dit…

@Vincent : Tu devrais avoir honte! ;p

Vincent a dit…

@Gen: J'ai honte! :S

Gen a dit…

@Vince : Sérieusement: C'est sûr (et c'est pas juste, bon! ;) Par contre, dépendamment du gabarit du gars, les filles peuvent représenter une alternative plus accessible. Et elles sont souvent plus souples, dans certains cas, ça peut jouer.

En fait, mon point est surtout qu'il faudrait que les combattants hommes voient l'adversaire féminine comme une opportunité (de pratiquer autre chose, de travailler différemment, etc, comme tu le fais), pas une corvée (comme d'autres le font).

Vincent a dit…

@Gen: Pour ce qui est de voir un combat contre une femme comme une opportunité et non pas une corvée, en effet je pense que c'est la bonne attitude à avoir. Il faut savoir tirer profit de chaque situation. Si un gars est trop macho pour voir qu'un combat contre une femme est l'occasion de pratiquer des approches différentes, c'est un imbécile.

Gen a dit…

@Vincent : Constatation 1 : je sais pourquoi je t'aime toi ;)

Constatation 2 : On forme un beau couple de pas trop motivés du boulot ce matin :p lolololol

Alexandre Babeanu a dit…

AhAHaha... vous etes cute tous les deux... :)

Euh, j'ai une question bête là... Y aurait-il un paramètre, hautement macho, j'en conviens, mais qui existe il me semble, de "je tape pas sur une fille", qui pourrait entrer en jeu dans un combat homme vs femme, et qui pourrait biaiser la situation?

Euh sinon autre question bête: a-t-on deja vu des combats homme vs femme a haut niveau, et en general, c'est kiki gagne??

Vincent a dit…

@Alex: Y'a des tas de prétextes mal fondés pour qu'un gars décide de ne pas combattre avec une fille. Et j'ai une réponse imparable pour toutes je crois.

Le fameux "je ne tape pas sur une fille" dans un contexte d'entraînement de combat, j'ai entendu ça souvent et c'est la pire excuse possible. Si le gars s'est fait inculquer de ne jamais taper sur une fille, et bien ça va lui faire une chose de plus à désapprendre.

Je me permets une petite parenthèse: y'a énormément de trucs à désapprendre dans les arts martiaux en général, des tas de réflexes humains néfastes. Tel que: fermer les yeux quand un coup arrive vers le visage, tourner le dos pour se protéger, etc.

Il y a aussi des comportements à désapprendre, le fait de ne pas "taper sur fille" en est un.

Maintenant, si c'est vraiment un instinct protecteur de ne pas vouloir taper sur une fille, c'est paradoxalement le pire "cadeau" à faire à la fille. En effet, elle est dans un cours d'arts martiaux pour apprendre à se défendre! Si elle n'a jamais l'occasion de pratiquer contre un gars qui la frappe, elle ne sera jamais en mesure de se défendre pour vrai.

Soyons réalistes, une fille qui se fait agresser, statistiquement parlant, les chances sont pour que l'agresseur soit un gars plus costaud qu'elle et qui ne fera pas attention à elle: il va la brutaliser. Autant habituer la fille tout de suite à ce rapport de force.

Et je me permets une autre parenthèse: le principe de "ne pas taper sur une fille", c'est complètement ridicule et sans bon sens. On ne tape pas sur les gens. Point. Ça s'arrête là. Il n'y a pas de distinction de sexe là-dedans. Si on t'apprend que taper sur une fille c'est pas bien, la logique veut alors que le contraire soit correct? On peut taper sur les gars? Et ça mène à des illogisme du genre si une fille t'attaque, tu ne va pas te défendre... parce que c'est une fille?

Si je suis agressé par quelqu'un, homme ou femme, je vais me défendre de façon proportionnelle à l'attaque. Si un homme ou une femme me frappe, je vais esquiver et fuir si possible. Si la fuite n'est pas possible, je vais neutraliser mon adversaire, sans faire de cadeau peu importe le sexe. Si ma vie est mise en danger par un agresseur (entendre agression armée, etc), homme ou femme, je ne vais pas hésiter à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour défendre ma vie, ce qui inclut prendre celle de mon agresseur. Et si on ne m'agresse pas, alors je n'ai aucune raison d'agresser.

Vincent a dit…

@Alex: À ta deuxième question, je epux dire que je n'ai jamais assisté à des combats de haut niveau mixtes.

Maintenant, qui de l'homme ou la femme va gagner le combat à haut niveau, je ne peux pas te répondre, c'est du cas par cas. Le gars a un avantage au niveau de la puissance. Mais tu ne peux pas trouver un "moule à combattant". Chacun a son propre style. Les styles dictent beaucoup les combats.

Je ne parle pas du style d'art martial d'origine, même si ça joue, je parle du style de combattant personnel qui est développé à partir des caractéristiques physiques de chaque combattant, de son niveau technique, de ses connaisances, etc.

On dit (ne me demander pas qui est ce "on") que ce sont les styles qui font les combats. Alors une femme combattante de haut niveau peut très bien battre un homme combattant de haut niveau. Les chances ne sont pas en faveur de la femme, mais ce n'est pas déséquilibré au point d'avoir une victoire certaine pour le gars.

Vincent a dit…

Oh tandis que j'y pense, avant qu'on m'accuse d'être une brute, j'ajoute un détail!

(Au cas où le fait de frapper les filles autant que les gars dans les cours d'arts martiaux vous donnerais l'impression que je suis brutal.)

La communication est très importante dans un cours d'arts martiaux. Les dangers de blessure sont réels et il vaut mieux toujours être sur la même longueur d'onde. Bref, avant de faire un exercice ou un combat contre un adversaire, homme ou femme, on discute et on s'ajuste.

Je retourne à l'exemple de combat homme-femme. Si le gars a peur d'être trop brutal, on en parle avant, pendant et après. Autrement dit, si on est trop doux, la femme peut dire d'augmenter l'intensité des frappes ou le contraire si on est trop dur. Le but n'est pas de brutaliser la fille à outrance et que, si elle s'en plaint, on utilise mon argumentation comme excuse pour valider la brutalité! :p À la longue, on connaît ses partenaires et on sait si on pratique plus intensivement ou moins intensivement.

C'est sûr que la fille a tout avantage a demander d'augmenter l'intensité avec le temps lorsque son assurance va se bâtir. C'est vrai peu importe le sexe des pratiquants.

Faut savoir se servir de sa tête tout de même! ;-)

Gen a dit…

@Alex : Le paramètre "je ne tape pas sur les filles", d'un point de vue féminin, il fait juste chier!

Si la fille est dans un cours d'arts martiaux, c'est qu'elle veut s'entraîner, qu'elle est prête à recevoir des coups, qu'elle connaît les risques et qu'elle s'attend juste que ses adversaires soient respectueux (c'est-à-dire la traitent en fonction de son gabarit, sans distinction de sexe).

Anyway, les gars qui disent ne pas vouloir taper sur les filles ont juste, la majorité du temps, peur de perdre contre une fille. Ce qui est ridicule : il n'y a pas de honte à perdre contre meilleur que soit.

Gen a dit…

@Vince : Va falloir que tu finisses par faire un post "Je tape sur les filles" pour expliquer ça clairement ;)

Vincent a dit…

@Gen: J'allais justement ajouter que le orgueil masculin est souvent le moteur qui pousse le gars à ne pas pratiquer avec la fille! Il a tellement peur de perdre et de voir ce que les autres gars vont dire! :p C'est complètement ridicule... Triste, mais vrai.

Vincent a dit…

@Gen: Wow, ma position n'est pas claire par rapport à ça? Je pensais avoir écrit un roman suffisamment long! :P Est-ce qu'il y a des ambiguïtés? Si oui, je peux les clarifier. Faut dire que j'écris ça à toute vitesse!

Ou alors, tu voudrais que je fasse un billet parce qu'il aurait plus de visibilité qu'une série de commentaires?

Gen a dit…

@Alex : Oh, j'y pense : si tu voulais dire "est-il possible qu'un gars se laisse battre par une fille par peur de la blesser", je pense pas, non.

Si la fille sait frapper, le gars aura pas envie d'encaisser des coups sans répliquer (parce que sinon il va se faire blesser). Si la fille sait pas frapper... ben elle va finir par se faire mal toute seule! lol!

Gen a dit…

@Vince : Un billet aurait plus de visibilité, oui :)

Vincent a dit…

@Gen: Okay alors, je pondrai peut-être un petit billet de mon cru... Mais qui va probablement être du copier-coller en bonne partie. ;-)

Vincent a dit…

Haha! Se laisse battre par peur de faire mal à la fille! Hahaha! :P Ce serait pas fort ça! :P

Ça aurait plus l'air d'une manoeuvre pour pouvoir dire à la fin du combat: "La fille m'a battu, mais c'est parce que je lui ai donné des chances." C'est vraiment de la mauvaise foi.

S@hée a dit…

Assez intéressant comme débat, même si j'ai lu un peu en diagonale.

Vincent, j'ai aimé ton: on ne frappe pas, point comme réponse au classique: on ne frappe pas une fille.

Pour les push ups. On m'avait expliqué que les femmes étaient encouragées à faire des push ups sur les genoux pour une raison physiologique fort simple: le plus gros du poids de l'homme est concentré dans la poitrine et les épaules, tandis que celui de la fille est concentré dans les hanches. Les push ups normaux seraient donc plus difficiles à faire pour les femmes que pour les hommes.

Gen a dit…

@Émilie : Ton argument sur la répartition du poids est parfaitement vrai... en tout cas, pour les adultes.

Sauf que... à force de vouloir ménager les bras des femmes, on les endurcit jamais. (Plus difficile veut pas dire impossible)

Je serais plutôt en faveur d'une réduction du nombre de répétitions. (Ou alors on commence en position "homme" et quand on est plus capable on finit sur les genoux)

Gen a dit…

La position sur les genoux devrait être utilisée (chez les hommes comme chez les femmes) comme alternative plus facile. Pas comme un mouvement à part entière.

Vincent a dit…

Selon moi, on ne devrait pas encourager les femmes à faire des push up de femmes. C'est une discrimination trop facile à faire. Elles peuvent très bien les faire comme les hommes. Si c'est plus difficile, tant mieux pour elles, le surplus d'effort va leur faire gagner de la force plus rapidement. Si elles ne sont carrément pas capable, alors elles peuvent commencer sur les genoux le temps de s'endurcir, puis elles peuvent passer à la position normale lorsque c'est plus facile. Cela dit, c'est vrai pour les hommes aussi. Si faire un push up est trop difficile, ils n'ont qu'à commencer sur les genoux!

Avec une appelation comme "push up d'homme" et "push up de femme", ça met une frontière là où il ne devrait pas y en avoir. Les femmes qui font des push up d'homme ont l'air de des monstres aux yeux des femmes qui n'en sont pas capables et les hommes qui font des push ups de femme ont l'air de lavettes aux yeux des autres hommes.

On devrait les appeler "push up sur genoux" et "push up sur pieds", y'en a un plus facile, l'autre plus difficile et chacun fait ce qu'il arrive à faire, sans mettre en danger son identité sexuelle! Haha! :D

De toute façon, peu importe le type d'exercice, on en fait tant qu'on peut et ensuite on se repose. Enfin... Tout dépend de l'objectif visé, c'est sûr.