vendredi 4 septembre 2009

Lu : Zone grise de Christine Brouillet

Poursuivant ma lecture des livres prêtés par belle-maman, je viens de terminer un Christine Brouillet, "Zone grise" (son avant-dernier je crois).

Celui-là, après mon expérience avec les Grisham, je m'y suis mise sans rechigner. Après tout, j'avais dévoré "Chère voisine", "Le collectionneur" et les "Marie Laflamme" avec autant d'enthousiasme que les Grishams quand j'étais au secondaire.

Ah ben... On peut pas toujours avoir des bonnes surprises.

Entendons-nous : c'était pas mauvais. Juste tiré par les cheveux (quelles sont les chances pour qu'il se produise deux histoires reliées aux nazis en même temps à Montréal, autour du même enquêteur et que ces deux affaires se croisent en plus?) et trop lent pour qu'on l'oublie. Faut aussi s'habituer à l'écriture de Brouillet, qui transitionne brutalement entre les scènes. Le personnage principal (Frédéric Fontaine, le pendant masculin et montréalais de Maud Graham) est un enquêteur moderne et légèrement tourmenté, que j'ai trouvé plutôt sans surprise. Par contre, la relation entre deux personnages secondaires, le peintre et son épouse-agente, qui tourne peu à peu au sordide, est extrêmement bien amenée. Les dix dernières pages du livre tombent dans le matante avec leur déferlement d'événements de type "tout est bien qui finit bien", mais ça ne jure pas avec le reste.

Au final, ça m'a agréablement occupée dans le bus, mais je dois être trop jeune ou trop vieille pour apprécier un roman policier aussi gentil. Plus gris que noir mettons... ce qui fait que le titre est parfaitement approprié. À donner en cadeau à votre maman à l'occasion.

Oh, j'oubliais un gros bémol: la deuxième moitié du livre compte pas mal de fautes. Et pas des fautes de coincés du Grévisse, du genre "Ma chère, comment accorde-t-on garde-robe?" ou "Y a-t-il toujours un s à compte-gouttes, les enfants?" Non, des vraies grosses fautes, du type "nuisant à la compréhension du texte". Un exemple parmi d'autres : en parlant d'une scène de crime "[...] oublier des détails qui la rendent crédibles". Heu... Des détails rendent qui? la mis pour scène. Ils la rendent comment? crédible. Pourquoi y'a un s alors? Et ça c'est quand on intervertit pas les pronoms "il" et "elle" dans un dialogue... Faut donc pas que la maman ait été prof de français.

Parce que y'a rien à faire : quand je tombe sur des fautes comme ça, je décroche instantanément. C'est probablement même pas la responsabilité de l'auteure, mais ça lui nuit.

4 commentaires:

ClaudeL a dit…

Responsabilité de l'auteure en premier et celle de l'éditeur ensuite, via le réviseur. Je juge aussi la maison d'édition quand je vois ce genre de fautes.

Si je ne l'ai pas dit, je l'avais pensé: on ne lit pas Christine Brouillet après du Grinsham. Il est certain que l'auteure québécoise part perdante. Ça prendra encore quelques auteur(es et quelques années avant d'arriver à la cheville des auteurs américains ou français dans le roman policier. À mon humble avis.

Gen a dit…

Y'a Jacques Côté et Jean-Jacques Pelletier quand même! :) Côté trépidation et richesse des intrigues, ils ont rien à envier aux anglophones... ni aux verbiages des polars français, mais là je sais que je suis pas neutre (je fais une Paris-ianite aiguë).

ClaudeL a dit…

Et moi je succombe à cette maladie que je reproche aux autres: croire que visiblité de l'auteure-artiste = qualité de l'oeuvre. Pas parce que ta photo est dans le journal que ce que tu fais est super. Pas le contraire non plus. Ne pas se contenter des apparences. Merci donc de me faire connaître d'autres noms d'auteurs ce qui m'a conduite à chercher leurs bibliographies. D'autres livres à faire venir à la biblio!!!!

Isa Lauzon a dit…

Moi aussi, quand il y a des fautes, je décroche. Même si l'histoire est bonne, j'ai l'impression de lire un torchon. Ça m'énerve quand les divers intervenants ne font pas fait leurs devoirs! Dures exigences du public...